vendredi 7 octobre 2022

CAPTAIN AMERICA : SENTINEL OF LIBERTY #5, de Collin Kelly & Jackson Lanzing et Carmen Carnero


Pénultième épisode avant la conclusion du premier arc, Captain America : Sentinel of Liberty #5 relève un peu la tête après la déception du mois dernier. Toutefois, Collin Kelly et Jackson Lanzing se sont lancés dans une histoire plombée par des clichés trop nombreux. C'est dommage, c'était bien parti, et surtout Carmen Carnero est une fois de plus exceptionnelle.


Grâce à l'agent qu'il a réussi à retourner, l'Expurgé, Captain America apprend la localisation du reapire du Cercle Externe, le Capitole de l'Ombre, et s'y fait parachuter avec Bucky.


Tandis que l'Expurgé s'occupe de détruire la salle des machines, les membres du Cercle apparaissent en hologrammes pour expliquer comment ils se sont organisés pour changer le monde.


Encerclés par des soldats, Cap et Bucky réussissent à les convaincre de se rebeller car les bombes dans leurs armures sont à présent désactivées par l'Expurgé.


Cap ety Bucky rejoignent le seul membre du Cercle à n'avoir pas fui. Mais Bucky veut l'éliminer pour se venger d'avoir été manipulé toute sa vie. Cap s'interpose...

Cette reprise de Captain America, avec Steve Rogers dans le rôle, me laissera de gros regrets. J'espérai beaucoup (trop) du dup de scénaristes, Collin Kelly et Jackson Lanzing, pour me donner à nouveau envie de lire les aventures du héros étoilé, mais ça n'a pas fonctionné.

Le premier arc s'achevera le mois prochain, au terme de six épisodes, un format classique, mais aussi impitoyable pour mesurer les qualités d'un titre. Sur la construction de l'intrigue elle-même, il n'y a pas grand-chose à redire : c'est efficace, plaisant à lire, Captain America est bien écrit, bien senti par les auteurs.

Non, là où ça coince pour moi, c'est sur le contenu de l'histoire elle-même. J'aurai dû m'en apeercevoir plus rapidement, mais toutefois est-il que cette intrigue reposant sur une énième organisation secrète qui veut changer le monde et manoeuvre  en coulisses depuis des lustres est archi-cliché et rebattue : ça m'est progressivement littéralement tombé des mains.

C'est un reproche qu'on pourra adresser à bien de séries actuelles où entre des auteurs qui prétendent réinventer des personnages et se vautrent dans des récits vulgaires, et d'autres qui veulent conserver un aspect classique mais ne font que répéter des trucs éculés, ce qui manque cruellement, c'est une volonté affirmée d'imaginer les personnages, leur univers avec un regard subtilement décalé, qui surprend le lecteur sans que celui-ci estime que les fondamentaux sont trahis.

Il faut savoir s'effacer derrière ses personnages. Et encore, par-dessus le marché, leur donner à vivre des aventures qu'on n'a pas déjà l'impression d'avoir déjà lues. Kelly et Lanzing pèchent de ce côté-là : ils sont assez humbles, mais leur inspiration est décevante dès lors que tout ce qu'ils trouvent à dire pour relancer Captain America est de lui opposer une nouvelle organisation secrète, pas plus originale que l'Hydra (par exemple) en orchestrant une nouvelle déchéance de Bucky (qui, bien entendu, joue encore une fois le rôle du pantin, cette fois carrément manipulé depuis l'enfance).

C'est regrettable car Kelly et Lanzing avait à leur disposition une dessinatrice qui, elle, était vraiment inspirée par Captain America et qui prouve au bout de cinq épisodes qu'elle en a encore sous le pied. Carmen Carnero produit des planches magnifiques, les meilleures de sa jeune carrière, et l'épisode est ponctuée par des splash-pages somptueuses, magnifiées par les couleurs de Nolan Woodard.

Cette fois-ci, il nous manque peut-être une double-page comme elle sait si bien en faire avec une action décomposée, ce qui aurait été impeccable lorsque Cap et Bucky sont encerclés par les soldats du Cercle jusqu'à ce que Steve Rogers les persuade de baisser les armes pour recouvrer leur liberté, désormais sans risques (car l'Expurgé a désactivé les bombes dans leurs armures).

Et puis Carnero, ce n'est pas que ces moments de bravoure dans l'action, c'est aussi la capacité à découper une page en "gaufrier" et en cadrant uniquement en gros plan pour montrer l'extrême tension qui s'empare de Cap et Bucky à la fin de l'épisode. Une intensité rare, parfaitement traduite par l'image.

On voit surtout que, sur les deux séries Captain America, Marvel a donné les clés à Kelly et Lnazing puisque c'esst à partir de cette histoire que va être bâti le futur crossover Cold War. Mais ce sera sans moi : après le sixième épisode, le mois prochain, j'arrête les frais.

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