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vendredi 24 juin 2016

Critique 929 : MARVEL SAGA 1 - THE ASTONISHING ANT-MAN (Juin 2016)


MARVEL SAGA 1 : THE ASTONISHING ANT-MAN - RETOUR AUX AFFAIRES rassemble les épisodes 1 à 6 de la série, écrits par Nick Spencer et dessinés par Ramon Rosanas (#1-5) et Annapaola Martello (#6), publiés en 2016 par Marvel Comics et Panini Comics.
 (Extrait de The Astonishing Ant-Man #1.
Textes de Nick Spencer, dessins de Ramon Rosanas.)

Huit mois ont passé depuis les précédentes aventures de Scott Lang (et les événements de la saga Secret Wars, au terme desquels l'univers Marvel a été reformaté).
Ant-Man est toujours basé à Miami où il dirige son agence "Ant-Man Solutions Sécurité" avec comme adjoints Grizzly et le Technoforgeron, tous deux en liberté conditionnelle. Son bailleur de fonds est encore Mary Morgenstern, ex-super héroïne des années 40 (sous le nom de Miss Patriot), qui essaie de lui décrocher des contrats pour récupérer sa mise.
Ainsi Scott Lang va-t-il postuler à la sécurité des musées de la ville, sous la direction de l'adjoint aux Arts Fritz Harden, et la supervision d'un agent de liaison de la police, Blake Burdick - qui est le compagnon de son ex-femme, Peggy, et donc le beau-père de sa fille, Cassie (avec laquelle il est brouillé depuis qu'il a choisi de se tenir loin d'elle afin que ses ennemis ne lui fassent pas de mal).
Cependant, le millionnaire et malfrat Darren Cross entre en concurrence avec le Marchand de pouvoirs qui commercialise comme lui une application pour smartphone permettant de recruter des super-vilains, de leur procurer du matériel, contre la désignation de missions.
Occupé à seconder occasionnellement Captain America (alias Sam Wilson), à se réconcilier avec Darla Deering (dont il devient le bodyguard après avoir été l'amant quand ils étaient membres des FF), à renouer avec Beetle (une autre de ses ex, qui poursuit ses activités d'avocate et de mercenaire), à former Raz Malhotra (à qui il a donné le costume et le pouvoir de Giant-Man), Scott Lang ignore que sa fille Cassie, désireuse de posséder à nouveau des super-pouvoirs, intègre les rangs de l'organisation du Marchand de pouvoirs... 
(Extrait de The Astonishing Ant-Man #6.
Textes de Nick Spencer, dessins de Annapaola Martello.)

Tout d'abord, saluons la performance de Panini Comics qui publie ces épisodes en France seulement un mois après la parution du 6ème épisode de la série, inclus dans cette revue. Même si "Marvel Saga" a une périodicité bimestrielle et que le prochain numéro proposera le premier arc de Contest of Champions (ce qui est déjà nettement moins alléchant), cette livraison express est notable.

Le contenu permet donc de découvrir The Astonishing Ant-Man, la suite de la série Ant-Man parue en 2015, et la première bonne nouvelle est qu'elle est animée par la même excellente équipe créative. On reconnaît d'ailleurs dans le qualificatif "astonishing", soit "épatant", l'ironie savoureuse du scénariste.

Comme toutes les séries Marvel, après la saga événementielle Secret Wars (de Jonathan Hickman et Esad Ribic), huit mois se sont écoulés depuis la refondation de l'univers de super-héros de la "Maison des idées" et l'éditeur a promis qu'on apprendrait progressivement ce qui s'est passé pendant ce temps : le procédé est pratique pour entretenir un certain de suspense et donc maintenir ou relancer l'intérêt de lecteurs toujours exigeants, parfois capricieux.

Je ne révélerai pas dans quelle situation se trouve donc Scott Lang au tout début de ces six épisodes mais j'attends avec gourmandise d'apprendre comment il s'y trouve. Même ceux qui découvriront ces chapitres ne seront pas égarés car l'essentiel de la narration consiste en longs flash-backs et surtout, donc, le ton de la série est intacte, mélange subtil et efficace d'humour distancié et d'action foutraque.

On retrouve avec plaisir ce sympathique loser de Ant-Man qui est plus que jamais au coeur d'un véritable tourbillon sentimentalo-professionnel : Nick Spencer est toujours à son avantage pour doser ce cocktail délicat qui voit le héros miniature affronter l'adversité sous toutes ses formes (brouille avec sa fille, embrouilles de ses adjoints, association avec Captain America - version Sam Wilson, ce qui nous vaut quelques réflexions jubilatoires sur le fait de reprendre l'alias d'un super-héros emblématique - , retrouvailles orageuses avec Darla Deering - le scénariste prend soin de rappeler l'époque des FF de Matt Fraction où elle et Scott Lang furent partenaires et amants - , liaison "compliquée" avec Beetle...).

Pourtant, cette fois, Spencer a le bon réflexe de nuancer d'un peu d'abattement la bonne humeur de son héros, façon intelligente de signifier que, malgré sa bonne composition, il en bave. Le subplot impliquant Cassie (et qui est développé durant tout l'épisode 6) ajoute de la consistance aux aventures à la fois pathétiques et valeureuses d'Ant-Man : on est curieux de voir où cela mènera et comment cela sera dénoué (d'autant qu'il ne s'agit pas d'une simple affaire de trahison, de double-jeu, de revanche).

L'intrigue sur fond d'application pour super-vilains est originale, s'appuyant sur la technologie actuelle sans se contenter de surfer sur un effet de mode. Spencer s'appuie aussi sur une culture de l'univers Marvel assez bluffante en incluant dans son récit des personnages vraiment très méconnus (merci là encore à Panini qui clarifie les origines de ces seconds rôles dans la postface de la revue), comme le Magicien (tiré de Tales to Atonish #56, dans les années 60) ou Giganto (issu de Fantastic Four #1 en 1961 !), mais l'usage qu'il fait d'eux correspond aux critères de la série, opposant Ant-Man à des ennemis mineurs et volontiers grotesques pour mieux sympathiser avec Scott Lang.

Les dialogues et une voix-off décalée ajoutent au plaisir de la lecture, tout comme les dessins de Ramon Rosanas : l'artiste affiche toujours la grande forme avec ses personnages dotés d'expressions variées, de gestuelles bien typées, et de finitions très soignées pour les décors. Il ponctue chaque épisode, découpé simplement mais avec beaucoup de fluidité, de splash-pages, ce qui aère le récit avec à-propos.

La régularité de l'espagnol n'étant pas en cause (il fait partie de dessinateurs actuels à pouvoir enchaîner mensuellement sans faiblir), le choix de confier le 6ème épisode à l'italienne Annapaola Martello peut surprendre, mais s'avère malin puisque l'action se focalise alors exclusivement sur Cassie Lang. En outre, il n'y a pas de grande rupture esthétique entre elle et Rosanas, donc la cohérence visuelle est assurée et témoigne d'un bon suivi éditorial de la part de Marvel.

Retour gagnant donc. Il ne reste plus qu'à souhaiter que Panini ne nous fera pas trop attendre pour traduire les six prochains épisodes (la série en étant à son 9ème actuellement en v.o.).   

vendredi 18 décembre 2015

Critique 774 : LES GARDIENS DE LA GALAXIE HORS SERIE #2 (Décembre 2015)

 Les Gardiens de la Galaxie Hors Série #2 :

Panini boucle la publication des séries au programme de la revue avant le crossover Secret Wars, qui débute le mois prochain et impactera toutes ses revues. Ce Hors Série est donc davantage un n° 13 des Gardiens de la Galaxie qu'un véritable HS, et l'éditeur a, comme souvent, bâclé son affaire (pas de couvertures des séries au sommaire). Reste le contenu, plus agréable.

- Rocket Raccoon #10-11 : Dernière page (1 & 2/2) (Skottie Young / Jake Parker) :
 (Extrait de Rocket Raccoon #10.
Textes de Skottie Young, dessins de Jake Parker.)

Rocket et Groot sont menacés d'être arrêtés par la justice s'ils ne paient pas une amende, mais le raton-laveur a l'occasion de récupérer le livre du demi-monde, un ouvrage qui pourrait lui révéler ses origines...

Comme à son habitude, Skottie Young nous plonge dans cette ultime aventure pied au plancher. Ce parti-pris est un des grands atouts de la série, avec l'humour - jusqu'à la chute du dernier épisode, jubilatoire. 

Production atypique mais heureusement reconduite après Secret Wars (dans une formule un peu différente), ce titre aura aussi été un plaisir grâce aux dessins très cartoony de Jake Parker (qui, hélas ! quitte l'aventure), mis en valeur par la colorisation au diapason de Jean-François Beaulieu

- Nova #30-31 : Retrouvailles (2 & 3/3) (Gerry Duggan / David Baldeon) :
 (Extrait de Nova #11.
Texte de Gerry Duggan, dessins de David Baldeon.)

Sam Alexander retrouve son père mais les Chitauri veulent aussi récupérer cet ex-gladiateur avec ses compagnons en fuite. Pour éloigner Nova, le Guerroyeur menace alors la Terre...

La série écrite par Gerry Duggan s'achève de manière médiocre, avant elle aussi d'être relancée (avec une nouvelle équipe créative que je souhaite plus inspirée) : l'émotion espérée n'est pas au rendez-vous et l'action est trop confuse et sans suspense pour convaincre. 

Les dessins de David Baldeon n'arrangent rien, parfois à la limite du lisible. Quel gâchis depuis les tout premiers épisodes si sympathiques du duo Loeb / McGuinness.

- Les Gardiens de la Galaxie #26-27 : Quill président (1 & 2/2) (Brian Michael Bendis / Valerio Schiti) :
 (Extrait des Gardiens de la Galaxie #26.
Textes de Brian Michael Bendis, dessins de Valerio Schiti.)

Peter Quill est rattrapé par ses responsabilités : élu, sans avoir été sollicité, nouveau président de l'empire de Spartax, il s'y rend avec son équipe lorsque des Chitauri attaquent pour éliminer Gamorra car elle est la fille de Thanos. Cette situation va obliger chacun à faire des choix...

Brian Bendis a deux mérites essentiels à mes yeux : d'abord, il ne se prend pas trop au sérieux, rendant cool une série dont les personnages et les situations profitent, et ensuite, n'hésitant pas à bousculer le statu quo (ce que irrite bien des lecteurs finalement très conservateurs). 
En faisant de Peter Quill un dirigeant, il précipite un héros immature et aventurier dans un rôle à responsabilité qui impacte tout son entourage - en premier lieu son récent couple avec Kitty Pryde. Ces deux derniers épisodes sont également riches en spectacle.

Valerio Schiti, qui reprendra les dessins du prochain volume, s'est affirmé rapidement non seulement comme un artiste au trait dynamique et expressif et donc comme un complément idéal pour Bendis. Il nous régale ici de quelques planches superbes, souvent découpées sur toute la largeur de doubles pages. L'italien a réussi à s'imposer régulier et efficace.

- Star-Lord #12 : Une Aube nouvelle (Sam Humphries / Paco Medina, Andrea Sorrentino) :
(Extrait de Star-Lord #12.
Texte de Sam Humphries, dessin de Paco Medina.)

Victoria, la soeur de Star-Lord, se rend chez le Collectionneur pour récupérer son père, J-Son, figé dans l'ambre. Mais la jeune femme en profite surtout pour dérober autre chose à son hôte...

Sam Humphries, comme Duggan sur Nova, n'est jamais parvenu, jusqu'à présent, démontrer un talent à part, se contentant de dérouler laborieusement des intrigues sans relief (à la direction du crossover Black Vortex, ses faiblesses ont été encore plus criantes). Ce dernier épisode ne fait pas exception, même s'il pose les bases d'une histoire à venir : comme il reste aux commandes du prochain volume du titre, on verra si et comment il la développera.

Paco Medina illustre cela sans étonner non plus : son style évoque parfois celui de Coipel, mais manque de consistance. Les fans de Andrea Sorrentino, crédité au sommaire, ne doivent pas s'emballer : il ne signe que la première page ! (Pour info, c'est Javier Garron qui dessinera la prochaine version de Star-Lord, ce qui est prometteur.)

Bilan : Toutes les séries existantes se concluent donc... Mais Marvel les a toutes relancées depuis (alors même que Secret Wars n'est pas encore terminé en vo). Les lecteurs français sont assurés de retrouver cette revue, dès le mois prochain avec des tie-in au nouvel event, mais aussi ensuite.
Néanmoins, la création d'un titre dédié à Drax, un autre en projet avec Gamorra, le sommaire est susceptible d'être modifié autour des Gardiens de la galaxie, Rocket Raccoon & Groot et Star-Lord (déplaçant Nova dans un nouveau mensuel ?).  

lundi 7 décembre 2015

Critique 767 : LES GARDIENS DE LA GALAXIE #12 (Décembre 2015)

 Les Gardiens de la Galaxie #12 :

Ce mois-ci s'achève le crossover du Vortex Noir avec trois séries impliquées (dont l'une fait son apparition surprenante dans la revue). Les deux autres titres complètent le sommaire. Je vais donc, comme précédemment, synthétiser la critique concernant la saga principale.

- Captain Marvel # 14 : Le Vortex Noir (11) (Kelly Sue DeConnick / David Lopez) :
(Extrait de Captain Marvel #14.
Textes de Kelly Sue DeConnick, dessin de David Lopez.)

- Star-Lord #11 : Le Vortex Noir (Sam Humphries / Paco Medina) :
 (Extrait de Star-Lord #11.
Textes de Sam Humphries, dessins de Paco Medina.)

- Les Gardiens de la Galaxie / X-Men : Le Vortex Noir (13) (Sam Humphries / Ed McGuinness, Javier Garron) :
(Extrait de Les Gardiens de la Galaxie / X-Men.
Textes de Sam Humphries, dessin de Javier Garron.)

Captain Marvel a récupéré le Black Vortex et s'emploie à le ramener sur Spartax comme le lui a demandée Kitty Pryde. Mais les Saigneurs la poursuivent, puis Mr Knife/J-Son et Thane, et enfin Gara, la doyenne des Viscardi.
Une fois à nouveau à proximité de l'artefact, Kitty Pryde s'y soumet et communie avec le cosmos, écartant tout danger de Spartax et facilitant la neutralisation des Saigneurs et de Mr Knife. Groot, Iceberg, le Fauve moderne, le jeune Scott Summers/Cyclope, transformés par le Vortex Noir, recouvrent leur condition normale, mais le jeune Warren Worthington/Angel et Gamorra restent dans leur nouvel état. 
Gara emporte le miroir à l'abri. Peter Quill/Star-Lord demande sa main à Kitty Pryde qui accepte de l'épouser.

La conclusion de cette saga est au diapason de ses épisodes précédents, décevante et prévisible. Le fameux Vortex Noir passe de main en main et, in fine, fournit une résolution paresseuse après avoir semé une incroyable pagaille. Tout ça pour ça, même si Sam Humphries, le chef d'orchestre de ce crossover, laisse en suspens quelques pistes narratives... Dont on peut légitimement se demander si Marvel les exploitera après le remue-ménage opéré suite à Secret Wars (dont la parution en français débutera pour 6 mois dès Janvier prochain).

Les mêmes interrogations demeurent concernant la nécessité d'impliquer les All-New X-Men dans une intrigue déjà abondamment peuplée mais à l'intensité dramatique assez pâlichonne. Par ailleurs, la modeste participation de Brian Michael Bendis dans la construction de cette histoire, qui concernait pourtant deux de ses séries (Les Gardiens de la Galaxie et All-New X-Men), a visiblement peu aidé toute cette affaire à décoller : je ne prétendrai pas que s'il avait tout piloté, ç'aurait été meilleur mais en tout cas cela souligne le caractère artificiel de la réunion de tous ces personnages sans celui qui les anime d'habitude.

Enfin, après avoir publié les 6 premiers épisodes de l'excellente série Captain Marvel (dans un n° hors-série de la revue "Avengers") il y a plus d'un an et sans avoir traduit la suite (qu'on ne lira sans doute donc jamais), Panini a inclus dans le sommaire le 14 chapitre du titre écrit par Kelly Sue DeConnick et dessiné par David Lopez, en se rendant compte que l'héroïne était de la partie. C'est un traitement indigne pour cet excellent comic-book qui aurait bien mérité sa place en kiosque ou en librairie.

Visuellement, ce final est d'une bonne tenue : outre donc David Lopez (qui est désormais le nouvel artiste de la nouvelle version de Wolverine), Paco Medina livre des planches moyennes mais honorables, avant de céder la place pour l'ultime épisode (long de 30 pages) au duo Ed McGuinness-Javier Garron (une quinzaine de planches chacun, avec parfois des vignettes commencées par le premier et terminées par le second, ce qui confirme le peu d'inspiration de McGuinness et les bonnes dispositions de Garron). 

- Nova #29 : Retrouvailles (1) (Gerry Duggan / David Baldeon) :
 (Extrait de Nova #29.
Textes de Gerry Duggan, dessin de David Baldeon.)

Sam Alexander revient sur Terre et annonce aux parents de l'ex-Nova, Richard Ryder, que celui-ci est bien mort. Mais le garçon repart vite, résolu à retrouver son père. Pour l'aider, il propose à tous les aliens intéressés une prime contre des informations pour le localiser...

Gerry Duggan écrit la première partie de l'ultime arc en deux épisodes de la série : comme d'habitude, rien de très bon, et même un clin d'oeil assez lourdingue à Deadpool (l'autre titre qu'il anime).

Les dessin de David Baldeon ne me plaisent toujours pas. C'est médiocre, laid. Panini aurait bien plus inspiré de proposer dans la revue Captain Marvel ou Silver Surfer (de Slott et Allred) que ce mauvais Nova, qui n'a fait qu'illusion que le temps des cinq épisodes par Loeb et McGuinness.

- Rocket Raccoon #9 : Monstres en folie (2) (Skottie Young / Jake Parker) :
(Extrait de Rocket Raccoon #9.
Dessin de Jake Parker.)

Où l'on découvre la vérité sur la folie destructrice de Groot dans le futur et le rôle de Rocket Raccoon pour l'arrêter...

Honteusement coupé en deux, cet épisode se termine avec un twist habile que je n'avais pas vu venir. Skottie Young s'amuse et nous avec ce qu'il raconte : c'est une bonne nouvelle de savoir qu'il reste à son poste pour la future série Rocket Raccoon & Groot (qui sera dessinée par Felipe Andrade) dans le futur "All-new, all-different Marvel".

Jake Parker, avec les couleurs acidulés de Jean-François Beaulieu, aura lui aussi mérité de conserver sa place sur ce titre : son trait cartoony et son découpage à la fois simple et énergique sont un régal.

Bilan : l'aventure n'est pas tout à fait terminée puisque Panini, qui entame la parution du crossover géant Secret Wars dès Janvier 2016, a décidé de boucler toutes ses publications à toute vitesse ce mois-ci. Les fins des versions actuelles des Gardiens de la Galaxie, Rocket Raccoon, Nova, et Star-Lord, au total sept épisodes, seront donc proposées un hors-série disponible dès le 15 Décembre. Du grand n'importe quoi éditorial, mais on n'est plus à ça près, mais que je me procurerai quand même et dont je vous parlerai donc bientôt. Stay tuned !

lundi 9 novembre 2015

Critique 745 : LES GARDIENS DE LA GALAXIE #11 (Novembre 2015)

 Les Gardiens de la Galaxie #11 :

Le sommaire de la revue est quasiment monopolisé par la suite du crossover Le Vortex Noir, seule la série Rocket Raccoon n'est pas impactée par cette saga (et d'ailleurs l'épisode a été coupé en deux).
Vous trouverez donc ci-dessous un résumé des épisodes et une critique globale pour ces quatre nouveaux chapitres de l'histoire.

- Les Gardiens de la Galaxie / X-Men : Le Vortex Noir (6) (Sam Humphries / Mike Mayhew) :

Ronan l'accusateur rédige son rapport dans lequel il relate la manière dont il a repoussé, contre l'avis de l'Intelligence Suprême des Krees, l'attaque menée par Gamorra, le Fauve et Angel, qui se sont soumis au Vortex Noir mais qui leur a été dérobé par les Gardiens de la galaxie et les X-Men...

- Les Gardiens de la Galaxie #25 : Le Vortex Noir (7) (Brian Michael Bendis / Valerio Schiti) :

En désaccord avec l'Intelligence Suprême des Krees qui veut supprimer Gamorra, le Fauve et Angel, les Gardiens de la galaxie et les X-Men lui reprennent le Vortex Noir. Mais J-Son et ses alliés, les Saigneurs, veulent à leur tour reprendre l'artefact et bombardent la planète Hala jusqu'à provoquer sa destruction. Nova a réussi à fuir avec le Vortex Noir mais il erre, sans connaissance dans le vide sidéral, soufflé par l'explosion de Hala... 

- Nova #28 : Le Vortex Noir (8) (Gerry Duggan / David Baldeon) :

Nova revient à lui et décide de ramener le Vortex Noir pour le confier aux Vengeurs. Mais le Collectionneur surgit pour le lui dérober. Il fuit avec l'artefact dans l'espace où il est capturé par J-Son et Thane qui se soumet au pouvoir du Vortex Noir...

- Star-Lord #9 : Le Vortex Noir (9) (Sam Humphries / Paco Medina) :

J-Son livre aux Broods, en échange de leur collaboration, la planète Spartax, dont il fut l'empereur avant d'en être chassé par son fils, Peter Quill/Star-Lord. Thane fige toute la population dans l'ambre pour que des Broods "infestoïdes" déposent leurs oeufs et multiplient leurs rangs. Pour empêcher les Gardiens de la galaxie et les X-Men de contrarier ce plan, les Saigneurs sont envoyés pour les tuer...
  
Le Vortex Noir souffre, c'est flagrant après la lecture de ces quatre épisodes successifs, tirés de quatre séries, d'être trop long - et encore je ne lis pas les chapitres écrits du point de vue des All-New X-Men, dans la revue "X-Men" !
L'idée principale de Sam Humphries apparaît depuis le début comme trop mince pour être aussi diluée dans autant de séries : les rebondissements revêtent un caractère artificiel, prétexte à impliquer une quantité toujours plus grande de personnages, pour lesquels le lecteur n'éprouvera pas toujours de sympathie. Il y a trop de héros mais aussi de méchants qui se disputent la propriété et l'usage de cet artefact, dont le pouvoir manque par trop d'originalité (ce n'est qu'une énième variation sur la corruption liée à la puissance, convoité soit pour pacifier l'univers, soit pour l'asservir).

Mais incidemment un crossover permet aussi d'apprécier la légitimité d'une série : à ce compte-là, Guardians team-up et Star-Lord, écrites par Humphries, confirment qu'elles n'existent que pour exploiter le filon du succès de la franchise des Gardiens de la galaxie. Nova tente, avec le style plus léger qu'ambitionne Gerry Duggan, de jouer une carte plus légère, voire comique, mais avec des péripéties grotesques (le Collectionneur qui débarque chez les Alexander).
Dans ce contexte, Les Gardiens de la Galaxie, écrit par Brian Bendis, s'en sort bien mieux et la série aurait amplement suffi pour développer ce pitch : le scénariste en profite d'ailleurs pour livrer un épisode spectaculaire, le 25ème de son volume, d'une trentaine de pages.

Graphiquement, Valerio Schiti, partenaire de Bendis, illustre avec beaucoup de talent sa partie : il se révèle très complet dans tous les registres, aussi bien pour animer les personnages, composer des scènes de groupe, ou mettre en images les ravages de la bataille. Décidément, l'italien confirme qu'il est un artiste en plein boum.
Mike Mayhew dessine dans son style photo-réaliste l'épisode de Guardians team-up : bizarrement, le résultat évoque surtout Mike Deodato (impression renforcée par la colorisation de Rain Breredo, qui fut longtemps associé au brésilien). C'est beau, quoique un peu figé.

Les prestations de Paco Medina (Star-Lord) et David Baldeon (Nova) sont égales à elles-mêmes : pour ma part, je n'apprécie guère le premier et déteste le second. 

- Rocket Raccoon #9 : Monstres en folie (1) (Skottie Young / Jake Parker) :

Sur Terre en 2046, Groot devenu géant détruit tout sur son passage après une expérience ratée menée par les Vengeurs pour répliquer ses capacités régénératrices. Le seul recours pour raisonner l'extra-terrestre est Rocket Raccoon, qui, approché par Iron Man, refuse d'aider les humains...

Bien que Panini soit coutumier du fait (alors que Christian Grasse le nie dans sa postface... Quel bouffon, ce bonhomme !), l'épisode de Rocket Raccoon a été coupé en deux, parce que celui des Gardiens de la Galaxie compte trente pages, et apparemment il est impensable pour l'éditeur de vendre une revue de plus de 120 pages, même exceptionnellement (par contre, ça ne le gêne pas pour sortir le prochain numéro et un hors-série en Décembre pour liquider tous les épisodes des séries "cosmiques" avant le début de la saga Secret Wars en Janvier...).

Malgré tout, la nouvelle histoire imaginée par Skottie Young est aussi délirante que d'habitude. Jake Parker revient la dessiner, après le fill-in de Felipe Andrade, dans son style cartoony et tonique, rehaussé par les couleurs acidulés de Jean-François Beaulieu.

Bilan : compliqué - Le Vortex Noir n'est pas désagréable à suivre, mais l'intrigue n'est pas suffisamment riche pour cannibaliser autant de séries. Bendis et Schiti dominent la mêlée facilement, tandis que Rocket Raccoon continue de ravir le lecteur en quête d'autre chose. Suite et fin (de la saga et de la revue) le mois prochain.

mardi 20 octobre 2015

Critique 731 : LES GARDIENS DE LA GALAXIE #10 (Octobre 2015)

Les Gardiens de la Galaxie #10 :

Suite du crossover Le Vortex Noir oblige, le sommaire de la revue est encore divisé en deux parties : d'un côté, les séries impactées par la saga (Les Gardiens de la Galaxie et Star-Lord), de l'autre, le reste du programme (Rocket Raccoon et Nova  - même si la fin du 2ème épisode de ce dernier relie le personnage au crossover).

- Les Gardiens de la Galaxie #24 : Le Vortex Noir (2) (Brian Michael Bendis / Valerio Schiti) :
(Ci-dessus : extrait des Gardiens de la Galaxie #24.
Textes de Brian Michael Bendis, dessin de Valerio Schiti.)

- Star-Lord #9 (Sam Humphries / Paco Medina) : 
(Ci-dessus : extrait de Star-Lord #9.
Textes de Sam Humphries, dessin de Paco Medina.)

Après avoir dérobé le Vortex Noir à Mr Knife alias J-Son, Peter Quill/Star-Lord et Kitty Pryde se disputent sur la nécessité de le conserver ou de le détruire. Gamorra a déjà été transformée par l'artefact, le Fauve n'y résiste pas longtemps. Est-ce une opportunité pour régler bien des problèmes ? Ou en créer de nouveaux?
L'intervention du père de Star-Lord va certainement précipiter l'issue de ce débat...

Bon, inutile de se bercer d'illusions, ce crossover ne s'annonce pas renversant et Brian Bendis ironise volontiers sur cette intrigue à base de possession cosmique et de corruption mentale : la métaphore est soulignée et aboutit à un récit divertissant mais guère original.
L'épisode des Gardiens... écrit par Bendis a le grand mérite de recentrer le problème autour de quelques personnages (Peter, Kitty, Gamorra, le Fauve et Tornade) mais le scénariste ne fait pas de miracles et le nombre pléthorique de protagonistes reste absurde.
La transition avec l'épisode de Star-Lord est organique puisque les événements qui y sont narrés prolongent directement ceux des Gardiens.... Sam Humphries écrit avec moins de distanciation mais ce n'est pas déplaisant.

Visuellement, Valerio Schiti produit de superbes planches (souvent découpées en profitant de toute la largeur de doubles pages), où l'expressivité de ses personnages, son art de la composition et le dynamisme de sa mise en scène sont un régal.
La prestation de Paco Medina est inférieure en qualité : un dessin sans personnalité ni invention, où l'encrage et la colorisation n'arrangent rien.

- Rocket Raccoon #8 : Le Froid (2) (Skottie Young / Felipe Andrade) :

Rocket part avec la princesse Jink trouver l'antidote qui guérira Groot : l'occasion pour le couple de se confier sur leur passé avant d'accomplir cette mission périlleuse.

Skottie Young déçoit un peu avec cette aventure qui manque de l'énergie des précédents épisodes en une partie de la série : l'issue ne fait aucun doute et la caractérisation des personnages est sommaire, rappelant juste comment le duo Rocket-Groot s'est formé.

Les dessins de Felipe Andrade manquent parfois d'une élémentaire lisibilité, mais la colorisation de Jean-François Beaulieu produit des ambiances spectaculaires.

- Nova #27 & Annual #1 : Mr Carnage goes to Carefree & Les Aventures de Doc et Sammy (Gerry Duggan / John Timms, David Baldeon) :
Sam Alexander règle son compte à Carnage en s'efforçant de préserver sa double identité secrète. Puis après avoir tenté de faire réparer son casque par le Fauve et Iron Man, il s'en remet à Doc Green (aka Hulk).

Le niveau de la série reste toujours aussi pauvre, avec un premier épisode particulièrement calamiteux. L'Annual est un peu meilleur mais trente pages pour raconter ça, c'est tout de même long. Gerry Duggan finit par introduire son personnage au crossover du Vortex Noir, dans lequel, honnêtement, on se demande ce qu'il va apporter (comme s'il n'y avait pas déjà assez de monde dans cette affaire).

Graphiquement, le contraste entre le Sam Alexander dessiné par John Timms (qui a l'air d'avoir 20 ans) et celui de David Baldeon (qui a l'air d'en avoir 10) produit un effet grotesque, mais on n'est plus à ça près.

Bilan : pas fameux - je me suis engagé à lire le crossover donc je vais acheter jusqu'à la fin, qui coïncidera avec celle de la revue que va relancer/renuméroter Panini dès Janvier 2016. L'éditeur a d'ores et déjà décidé de publier les épisodes des diverses séries dans la plus grande précipitation d'ici à la fin de l'année (avec carrément un Hors-Série en plus du n° de Décembre !). Consternant.   

dimanche 4 octobre 2015

Critique 719 : LES GARDIENS DE LA GALAXIE #9 (Septembre 2015)

Critique en retard... Tout simplement parce que j'ai beaucoup hésité avant d'acheter ce numéro de la revue. J'ai finalement craqué... Et voilà que je replonge dans un crossover, après m'être juré qu'on ne m'y reprendrait plus.
En avant, donc, pour la première partie de Black Vortex.
*
 Les Gardiens de la Galaxie #9 :

La revue est divisée en deux parties : la série Star-Lord et l'épisode Les Gardiens de la Galaxie / X-Men sont consacrés à l'histoire du Vortex Noir, je vais donc écrire une critique commune. Rocket Raccoon et Nova poursuivent des récits indépendants.

- Star-Lord #8 : Le Règne du Vortex Noir (3) (Sam Humphries / Freddie Williams II, Paco Diaz) :

- Les Gardiens de la Galaxie / X-Men : Le Vortex Noir (1) (Sam Humphries / Ed McGuinness, Kris Anka) :

Après avoir sauvé Peter Quill alias Star-Lord des griffes de son père J-Son alias Mr Knife et des Bouchers, Kitty Pryde accepte désormais de vivre avec lui en sillonnant le cosmos. Mais avant cela, elle le convainc de reprendre à Mr Knife le Vortex Noir.
Pour accomplir cette mission, les Gardiens de la Galaxie (Rocket Raccoon, Drax, Gamorra, Groot, Venom, Captain Marvel) et les X-Men (Tornade, le Fauve, Magie, les premiers X-Men - Scott Summers, Jean Grey, Bobby Drake, Warren Worthington III, Laura Kinney) sont appelés à la rescousse.
Mais qu'est-ce que le Vortex Noir ? Un miroir créé par un Céleste, légué au peuple Vikardi, qui permet à ceux qui s'y soumettent de devenir plus puissants, pour le meilleur et le pire...

Sam Humphries est donc aux commandes de ce crossover, avant de le partager avec les scénaristes des séries concernées (comme Brian Michael Bendis pour Les Gardiens... et les X-Men). L'idée n'est pas très originale : il s'agit de confronter une tripotée de héros et de vilains à un artefact cosmique capable d'en faire des êtres surpuissants, quitte à réveiller leur côté obscur.
Les méchants veulent en profiter pour se venger et dominer, les bons pour éviter cela. Mais parmi ces derniers, certains ont aussi envie de saisir l'opportunité d'accéder à une force supérieure pour être plus efficaces : c'est le point le plus intéressant car le plus équivoque.
Néanmoins, était-il nécessaire d'impliquer autant de personnages dans cette histoire ? Mr Knife, les Bouchers (qui deviennent les Saigneurs, après avoir succombé au Vortex Noir), Thane (le fils ridicule de Thanos), les Gardiens de la Galaxie, et un bon paquet de X-Men, ça fait beaucoup de monde - et la présence des mutants apparaît forcée (même si on devine que pour le Fauve, l'artefact représente un instrument tentant à bien des égards, en premier lieu pour corriger ses initiatives récentes, comme d'avoir ramené du passé les premiers X-Men).
Quoi qu'il en soit, l'épisode spécial (d'une trentaine de pages) qui noue les retrouvailles les Gardiens et les X-Men et présente leur affrontement contre Mr Knife, les Saigneurs et Thane manque d'intensité et s'avère presque dispensable, tout cela aurait pu être amené plus directement, sans passer par ce prologue.
Espérons que Bendis donnera plus de nerf à tout ça et surtout que le dénouement ne soit pas anecdotique (il semble que les Gardiens seront substantiellement impactés).

Graphiquement, Star-Lord est affreusement dessiné par Freddie Williams II et Paco Diaz (qui le supplée sur 8 pages). 
Ensuite, Ed McGuinness, en petite forme (22 pages), se partage l'épisode des Gardiens et des X-Men avec Kris Anka, lui aussi peu inspiré (8 pages). Ils ne sont pas aidés par une colorisation criarde de Marte Gracia et Marcelo Maiolo.

- Rocket Raccoon #7: Le Froid (1) (Skottie Young / Felipe Andrade) :

Rocket et Groot se sont échoués sur la planète Fron, au climat glaciaire. Après avoir été attaqués par des Nogu, des grands loups aux morsures empoisonnées, ils sont sauvés et recueillis par les indigènes peu hospitaliers. Mais Groot se meurt et Rocket doit, pour qu'il s'en sorte, voler le jaune d'oeuf de la reine Nogu...

Skottie Young nous embarque dans une nouvelle aventure en deux parties (suite et fin dans le prochain n°) à peine moins pétaradante que les précédentes : le suspense concernant l'état de Groot est vite installé et accroche le lecteur simplement. Le décor choisi, hostile au possible, participe aussi à l'efficacité du récit.

Pour les dessins, c'est Felipe Andrade (qui sera l'artiste régulier de la série lors de son relaunch) qui s'en occupe, toujours secondé par le coloriste Jean-François Beaulieu. Le résultat est superbe, moins cartoony qu'avec Jake Parker, mais aussi stylisé. 

- Nova #25 & 26 : Carte de membre & Regarde qui a pris le bus ! (Gerry Duggan / David Baldeon, John Timms) :

Carnage en a après Sam Alexander qui lui a avoué (lors de la saga Axis) qu'il était Nova. Alors que l'ado renoue avec une vie plus conforme à son âge, il doit repartir au combat contre cet adversaire...

Gerry Duggan conclut l'épisode spécial (le #25) et enchaîne avec une intrigue impliquant Carnage, un vilain issu de l'univers de Spider-Man. Les motivations du méchant pour qu'il s'en prenne au héros ne sont même pas définies, et la psychologie de Sam Alexander est sommairement traitée. C'est médiocre au possible.

Mais les dessins n'arrangent rien et laissent même pantois : si David Baldeon représente Sam comme un gamin à peine sorti de l'enfance, John Timms en fait un jeune homme qui paraît dix ans de plus ! Dans les deux cas, le trait est laid, et les couleurs de David Curiel sont vraiment dégueulasses.

J'ignore ce que donnera le relaunch de la série, mais ça ne sera pas difficile de faire mieux.

Bilan : holala... A part Rocket Raccoon, rien de bien fameux. Le crossover du Vortex Noir n'est guère prometteur, même si Bendis va sûrement relever le plat. Nova est toujours aussi affligeant. La seule consolation après une lecture aussi pauvre, c'est que la suite ne peut pas être pire.

mardi 11 août 2015

Critique 687 : LES GARDIENS DE LA GALAXIE #8 (Août 2015)

 Les Gardien de la Galaxie #8 :

- Les Gardiens de la Galaxie #23 : Planète Venom (Brian Michael Bendis / Valerio Schiti) :

Flash Thompson découvre que le symbiote Venom dont il était l'hôte a agressé les Gardiens de la galaxie et possède actuellement Drax. L'équipe est entraînée sur la planète dont sont originaires ces extra-terrestres dont elle va apprendre le véritable rôle...

Brian Bendis conclut cet arc, finalement très bref, en livrant des révélations étonnantes sur les symbiotes. Après avoir fait référence à un récit des New Avengers, il adresse cette fois un clin d'oeil appuyé au film Aliens de James Cameron et par ricochet à la saga des Broods de Chris Claremont. Le personnage de Flash Thompson en sort profondément redéfini. Et le cliffhanger est très drôle.
J'hésite encore à poursuivre la lecture de la revue puisqu'on va avoir droit à un crossover pendant quatre mois, qui oblige aussi à se procurer le mensuel "X-Men". Mais j'y reviendrai certainement pour la fin de la série actuelle (au #27) puis l'intermède Guardians of Knowhere (durant l'event Secret Wars) avant le relaunch (en vf courant 2016).

Valerio Schiti produit toujours de planches impeccables : l'expressivité de ses personnages est son point fort, assorti d'un découpage très fluide et énergiques. L'italien s'est imposé naturellement comme un artiste à suivre, et c'est heureux qu'il rempile pour le relaunch (Mike Deodato le remplacera durant Guardians of Knowhere).
Le fan du Hawkeye de Fraction et Aja notera le clin d'oeil sympa en observant le tee-shirt que porte Peter Quill à la fin de l'épisode.

- Guardians Team-Up #2 : Rencontre Gardiens de la Galaxie / Avengers (2) (Brian Michael Bendis / Stéphane Roux) :

Nebula a enlevé Gamora pour la livrer au régent d'une planète dont Thanos voulait se rendre maître. Les Avengers aident les Gardiens de la galaxie à retrouver leur amie et à la sauver d'une mort certaine...

Soyons honnête, ce n'est pas la deuxième partie de cette histoire qui va en relever le niveau : Bendis a collé avec application au cahier des charges de ce titre lancé pour surfer sur le succès du film de James Gunn, en utilisant Nebula et aussi les Avengers. Mais tout ça est très faiblement exploité, sans intérêt, aussi vite lu qu'oublié.

J'attendais aussi beaucoup mieux de Stéphane Roux au dessin, même si le français a du mal à s'imposer partout où il s'engage (en étant toujours en retard notamment) : ses meilleures pages prouvent sa capacité à représenter des personnages très expressifs, avec des décors fouillés, mais l'ensemble demeure très inconstant, malgré le renfort de l'encreur Jay Leisten.

- Star-Lord #7 : Le règne du Vortex Noir (2) (Sam Humphries / Freddie Williams II) :

Kitty Pryde a volé un quinjet aux Avengers pour partir à la rescousse de Peter Quill, fait prisonnier par son père, qui n'est autre que le sinistre Mr Knife en possession du redoutable Vortex Noir...

Un épisode de plus toujours aussi peu convaincant de la part du scénariste Sam Humphries, même s'il comporte un peu plus d'action : le titre accuse sévèrement le fait de n'être qu'un prétexte pour exploiter une marque désormais à la mode (une série pour chaque Gardien de la galaxie), sans proposer un contenu original.

Freddie Williams II remplace Paco Medina pour cette fois : dessinateur médiocre, il ne fait donc pas de miracles.

- Rocket Raccoon #6 : Robots de foire (Skottie Young / Jake Parker) :
Rocket Raccoon accepte de s'acquitter d'une vieille dette envers le chien Cosmo en aidant un robot pacifique à délivrer certains de ses confrères prêts à être reprogrammés pour combattre...

Heureusement que cette série existe pour maintenir le lecteur éveillé : Skottie Young se contente désormais de signer le scénario et les dialogues et anime une histoire dont la simplicité, l'énergie et la drôlerie sont vraiment rafraîchissantes. Totalement atypique, et improbable, ce titre est un régal.

Jake Parker assume seul la partie graphique sans démériter : son découpage basique et l'expressivité cartoonesque de son dessin compensent avantageusement des plans un peu pauvres parfois en décors. La colorisation flashy de Jean-François Beaulieu convient parfaitement à la série.

- Nova #25 : Carte de membre (Gerry Duggan / David Baldeon) :

Après son combat épique et victorieux contre Hulk, le jeune Sam Alexander est abordé par Steve Rogers qui le conduit au manoir des Avengers. Nova en devient membre mais reçoit aussi une mise en garde : pour conserver sa place, il ne devra plus affronter de telles menaces seul...

Bien que le graphisme de David Baldeon me rebute, je dois reconnaître que cet épisode anniversaire (qui compte en vérité trente pages mais que Panini, avec sa fantaisie coutumière, a choisi de couper en deux parties de 20 et 10 pages, suite et fin le mois prochain...) est sympathique.

Gerry Duggan officialise le nouveau statut de Sam Alexander avec bonne humeur, quelques Avengers font de la figuration : c'est sympa. Dommage que ce soit si moche.  

Bilan : toujours aussi mitigé - GOTG de Bendis et Schiti et Rocket Raccoon de Young et Parker portent une revue en manque de séries fortes. C'est déplorable quand on sait que des titres à vocation "cosmique" ont été développés en parallèle mais que Panini a préféré les publier en librairie ou dans des HS. 

samedi 8 août 2015

Critique 684 : AVENGERS NOW ! #3 (Août 2015)

Avengers Now ! #3 :

- Superior Iron Man #4 : Odieusement supérieur (4) (Tom Taylor / Yildiray Cinar):

A San Francisco, le duel entre Iron Man et Daredevil se poursuit, d'autant plus que le premier surveille désormais toute la ville grâce à des drones et qu'il héberge la jeune Abomination, dans un but secret. Le SHIELD tente de s'en mêler avant de reculer.

La série écrite par Tom Taylor peine toujours autant à décoller et se cantonne depuis le début à un affrontement entre Iron Man, devenu plus arrogant et agressif, et Daredevil, basé comme lui à San Francisco. Ce combat ne manque pas de sel, mais il est certain que Mark Waid (le scénariste de la série Daredevil) lui aurait apporté plus d'intensité.
Néanmoins, il faut admettre que le cliffhanger est glaçant. Mais bon, le titre connaîtra sans doute une meilleure direction quand Brian Bendis le reprendra (avec David Marquez, à partir d'Octobre en v.o., courant 2016 chez nous).

Yildiray Cinar s'essouffle aussi sensiblement, puisqu'il a besoin de deux encreurs pour achever ses planches (le vétéran Tom Palmer et Cory Hamsher). Le dessin demeure, malgré ces renforts, d'un niveau moyen, à l'image de l'histoire.

On a du mal à voir dans ce run autre chose qu'une période de transition, surfant le succès du Superior Spider-Man de Dan Slott et du twist balourd de la saga Axis de Rick Remender.
   
- Thor #3 : Lorsque les seigneurs de glace déclarent la guerre (Jason Aaron / Russell Dauterman):

Thor, la nouvelle déesse du tonnerre, toujours privée de Mjolnir, affronte les géants de glace qui veulent la supprimer et récupérer le crâne de leur défunt roi, Laufay, détenu par le patron de la Roxxon. Ce dernier dévoile son surprenant secret à l'elfe noir Malekith, complice des géants, juste avant que Thor Odinson ne fasse son retour.

Jason Aaron, si on examine bien sa série depuis le début, ne raconte pas grand-chose, mais il le raconte bien, avec beaucoup de nerf, ce qui fait (presque) tout passer. Le petit jeu sur l'identité de la nouvelle Thor est toujours efficace, et en s'inscrivant dans un fantastique échevelé (avec l'apparition du Minotaure, en plus des géants de glace et de Malekith), le dépaysement est garanti, bien que l'action se situe dans un lieu unique.
Tout ça affiche un potentiel... Du tonnerre (je sais, c'est facile, mais c'est vrai).

Les dessins de Russell Dauterman conservent une puissance exceptionnelle, seulement amoindrie par quelques plans parfois confus, trop chargés. Si l'artiste se calmait avec ses découpages inutilement tarabiscotés et éclaircissait ses compositions, ce serait irréprochable. Mais le garçon a du talent et de l'audace : Thor n'a pas seulement changé de genre, il a repris des couleurs et de la vigueur.

- All-New Captain America #3 : Le réveil de l'Hydra (3) (Rick Remender / Stuart Immonen):

Sam Wilson découvre le cadavre égorgé de Nomad puis affronte Sin, la fille de Crâne Rouge, qui essaie de le convaincre que, depuis ses origines, il a été manipulé pour espionner Steve Rogers. Cependant, l'Hydra, mené par le Baron Zémo, enclenche son terrible plan visant à stériliser l'humanité.

All-New Captain America ressemble au mode d'emploi du logiciel de Rick Remender : bastons sur un tempo d'enfer, flash-backs introductifs particulièrement mélodramatiques, voix-off assommante, tentation de retcon...
Tout ça possède une efficacité indéniable. Pourtant, le héros n'en ressort pas ni plus attachant, l'intrigue s'étire artificiellement. On éprouve la sensation tenace que l'auteur gagne du temps sans savoir où il veut en venir, sinon justifier par des actions spectaculaires la capacité de Sam Wilson à incarner Captain America. Pour ma part, ça m'ennuie. 

La série a de la chance d'avoir Stuart Immonen aux dessins car l'artiste confère au script un sacré dynamisme. Mais, en même temps, c'est assez désolant de voir un tel dessinateur cantonné à des pages et des pages de bagarre, avec des personnages grimaçants, le tout sous une colorisation épouvantablement sombre.

Comme Iron Man, tout laisse espérer que la reprise du titre par Nick Spencer et Daniel Acuña aura plus de relief et d'originalité. 

- Hulk #8-9 : L'oméga Hulk (4-5) (Gerry Duggan / Mark Bagley):

Doc Green/Hulk continue à traquer tous ceux qui ont été exposés aux rayons gamma et s'oppose à présent à Betty Ross. Il doit aussi demander l'aide de Kitty Pryde pour se débarrasser d'une tumeur causée par le virus extremis de Tony Stark. Peu après cette opération, il a la vision de son futur - et de celui des autres super-héros qu'il a fréquenté durant toute sa carrière.

Si l'on juge une série sur la ligne maintenue entre son projet et le résultat (ce qu'on lit à chaque épisode), alors, aussi étonnant que ça puisse paraître, le Hulk de Gerry Duggan est le titre le plus solide de la revue.
L'argument n'a rien de renversant mais il est fidèlement traité, avec une efficacité jamais prise en défaut, ça va vite, il y a de l'action, du sens, des surprises, des développements intéressants. Difficile à la fois de trouver un défaut à cette entreprise élémentaire mais vigoureuse et de comprendre comment le même auteur écrit (dans la revue "Les Gardiens de la Galaxie") le nullissime Nova.

Mark Bagley produit le même sentiment : ce n'est pas la nouvelle star ni un artiste virtuose, mais pour ce job, il remplit parfaitement son rôle en livrant des pages qui se lisent facilement, qui ont du punch. C'est aussi basique que l'histoire et c'est justement pour cela que ça fonctionne. 

Bilan : une drôle de revue décidément - Thor de Aaron et Dauterman domine le lot, mais Hulk de Duggan et Bagley surprend très agréablement. Immonen et Remender ne sont pas au top avec Captain America, comme s'ils ne faisaient que passer. Et Superior Iron Man reste d'un opportunisme grossier, très dispensable. 
Avengers Now ! ne prendra certainement son envol qu'après la saga Secret Wars, avec de nouvelles équipes artistiques, de nouvelles orientations (même si Hulk aurait gagné à conservé ses auteurs actuels). Du coup, je vais certainement arrêter les frais en attendant cette prochaine version de la revue.

vendredi 17 juillet 2015

Critique 668 : ANT-MAN #1 (Juillet 2015)

 ANT-MAN #1 :

- Ant-Man #1-2 : Travail de fourmi (Nick Spencer / Ramon Rosanas) :
(Ci-dessus : extrait de Ant-Man #1.
Textes de Nick Spencer, dessins de Ramon Rosanas.)

Scott Lang alias Ant-Man se présente à un entretien d'embauche chez Stark Industries à San Francisco pour en diriger la sécurité. Tony Stark l'humilie en le mettant en concurrence entre trois autres prétendants et en ne misant pas sur lui. La nuit venue, Ant-Man se réintroduit dans les locaux pour pirater le système de surveillance afin de prouver ses compétences : il obtient alors le poste... Sauf que son ex-femme lui apprend qu'elle part s'installer à Miami avec leur fille. Il doit choisir entre son job et sa fille...
(Ci-dessus : extrait de Ant-Man #2.)

Etabli à Miami, Ant-Man obtient un prêt auprès d'une banque pour louer un local pour son agence de sécurité. Grizzly, un ennemi de l'ancien Homme-Fourmi Eric O'Grady, débarque alors avec l'intention de se venger. Réalisant sa méprise, il accepte de seconder Scott Lang dans son boulot...

Publié depuis le mois de Mars aux Etats-Unis, cette série consacrée à Ant-Man est opportunément et rapidement traduite par Panini dans une revue bimestrielle à son nom pour profiter de la sortie du film de Peyton Reed (en salles depuis le 14 Juillet chez nous).
Si on ne peut que se féliciter d'avoir aussi vite ce titre en France, on peut néanmoins s'interroger sur sa publication, tous les deux mois et dans une revue de 72 pages à 4,60 E, avec en complément un épisode d'Iron Man datant de Décembre 2010 (!), alors que le mois dernier Panini sortait un autre bimestriel, SHIELD, pour surfer sur la vague du feuilleton télé (diffusé sur W9). N'aurait-il pas été plus judicieux de publier un seul bimestriel, certainement plus solide et attractif artistiquement et commercialement, avec deux épisodes de SHIELD et Ant-Man à 4,90 E ? Ou une formule, bimestrielle aussi et avec deux épisodes d'une série, sans complément de programme bizarroïde, à disons 4 E-4,20 E ? (Bien entendu, ces hypothèses suggèrent qu'on soutire moins d'argent aux clients, ce qui est naïf de ma part)
On parie combien que tout ça finira par être reformaté et renuméroté dans quelques mois si les ventes sont décevantes ?

Mais soit, passons sur cela et concentrons-nous sur le contenu. Et de ce côté-là, n'hésitez pas, vous ne serez pas déçu.

S'il y a un enseignement à tirer des succès du Hawkeye de Matt Fraction et David Aja ou du run de Daredevil par Mark Waid et Paolo Rivera puis Chris Samnee, c'est qu'ils ont permis à Marvel de développer des séries qui ne se posent pas en concurrentes des blockbusters classiques mais ciblent un public en quête de productions différentes, mixant des éléments super-héroïques avec un ton emprunté aux comics indépendants (sur le modèle de Vertigo chez DC Comics ou d'Image Comics, par exemple).
Cela passe par une écriture qui propose une vision iconoclaste d'un héros et un graphisme soigné mais original. Et l'équipe formée par Nick Spencer (révélé par Morning Glories, chez Image, puis scribe entre autres de Avengers World ; Superior Foes of Spider-Man) et Ramon Rosanas (artiste sur Spider-Man 1602 ; Night of the Living Deadpool) répond à ces critères.

La situation de Scott Lang (qui a aussi été choisi pour être Ant-Man au cinéma, interprété par Paul Rudd) est clairement exposée dans un flash-back, facilitant la compréhension des origines du héros : ex-repris de justice, successeur de Hank Pym, père divorcé à la recherche d'un emploi, membre secondaire des Avengers ou des FF, c'est un personnage immédiatement attachant qui, au moment où il pense sortir des ennuis, est confronté à un dilemme moral.

Nick Spencer raconte ces deux premiers épisodes avec beaucoup de rythme, un humour pince-sans-rire bienvenu, dans des décors dépaysants (San Francisco puis Miami) et un supporting cast bien défini (la relation père-fille entre Scott et Cassie, le couple défait de Scott et Peggy, la hiérarchie établie avec Iron Man version Superior - qu'on peut suivre dans la revue "Avengers Now !" - , l'irruption de l'improbable vilain Grizzly). La voix-off est très présente également, mais ce que pense Ant-Man ne répète pas bêtement ce qu'il fait donc l'effet est inspiré. Le deuxième épisode s'achève sur un cliffhanger accrocheur.

Les dessins de Ramon Rosanas témoignent d'une réelle exigence de sa part : même si le traitement des décors est parfois un peu froid (car entièrement conçu par un assistant numérique), il faut retenir qu'une grande majorité de plans possède un décor fouillé. Les attitudes et expressions des personnages sont aussi très bien rendues, et le nouveau design du costume de Ant-Man est réussi.

Un sentiment de densité graphique est palpable avec ces cases, ces pages bien remplies, au découpage classique mais fluide. C'est exceptionnel, mais sur 50 pages (le premier épisode en fait 30), on ne compte que deux splash-pages - et bien disposées ! Le trait est élégant, avec un encrage bien net (réalisé par Rosanas) et une colorisation nuancée (due à Jordan Boyd).

Bilan : si le format de la revue aurait mérité mieux, cette nouvelle série est un plaisir auprès duquel il ne faut pas passer. On tient là un remplaçant possible à Hawkeye et Daredevil (même si le projet est moins ambitieux, narrativement et visuellement). Par contre, épargnez-vous la lecture d'Iron Man : Titanium (par Matteo Casali et Steve Kurth) : ça vous gâcherez la vue, à moins que (comme pour moi) ça ne vous tombe des mains.

mardi 14 juillet 2015

Critique 665 : LES GARDIENS DE LA GALAXIE #7 (Juillet 2015)

 LES  GARDIENS DE LA GALAXIE #7 :

- Les Gardiens de la Galaxie #22 : Planète Venom (2) (Brian Michael Bendis / Valerio Schiti, David Lopez) :

Le symbiote Venom a pris possession de Groot et sème la pagaille dans le vaisseau des Gardiens avant de sa faufiler dans les gaines d'aération. L'équipe fouille leur appareil... Pendant ce temps, Captain Marvel découvre qu'une campagne d'affichage incite la galaxie à élire Peter Quill comme prochain président !

Les familiers du run de Brian Bendis sur New Avengers reconnaîtront, avec amusement (ou pas, selon que vous soyez fan du scénariste ou non), la trame qu'il avait déjà exploité dans l'arc Possession (New Avengers, vol. 2, #1-6) : Venom a besoin d'un nouvel hôte et s'en prend à plusieurs des Gardiens de la Galaxie (comme jadis Agamotto attaquait Dr Strange et d'autres héros).
Cette partie qui occupe les 3/4 de l'épisode est pleine d'action, menée sur un rythme infernal et résume bien la tonalité avec laquelle le scénariste écrit la série, comme un divertissement léger et punchy
Bendis plante aussi le décor pour la suite avec la campagne électorale de Peter Quill, menée à son insu : farfelu mais accrocheur. 

Valerio Schiti dessine 15 pages sur les 20 que compte ce chapitre, dans son style si dynamique, avec des personnages très expressifs et un sens de la composition épatant. David Lopez, artiste en charge de la série Captain Marvel (écrite par Kelly Sue DeConnick - dont Panini tarde à publier le deuxième arc), vient le seconder pour cinq planches où figure Carol Danvers, sans que la prestation de l'espagnol ne jure avec celle de l'italien.

Du tout bon.  

- Les Gardiens de la Galaxie / Avengers #1 : Rencontre (1) (Brian Michael Bendis / Arthur Adams) :


Les Gardiens sont poursuivis jusque sur Terre par un vaisseau Chitauri. Ils atterrissent en catastrophe à New York et sont rejoints par les Avengers qui découvrent en même temps qu'eux qui est à la tête de leurs assaillants...

Eniéme déclinaison de la série-mère, Guardians Team-Up (en v.o.) renoue avec une vieille tradition, la rencontre de héros aux univers distincts habituellement. Brian Bendis joue la sécurité en organisant la réunion des Gardiens et des Avengers dans une aventure en deux volets (suite et fin le mois prochain). Le résultat est cependant très décevant, sans nerf, ni humour : c'est le problème de ces spin-off, juste là pour profiter du succès récent d'une franchise.

Les dessins sont fournis par Art Adams, dont je n'ai jamais été fan (et dont la popularité m'a toujours sidéré) : ses planches sont pauvrement découpées, mal encrées (par lui-même), avec des plans inutilement chargés et mal composés. 

On verra si le prochain épisode, dessiné par Stéphane Roux, relève le niveau.  

- Star-Lord #6 : Le Règne du Vortex Noir (1) (Sam Humphries / Paco Medina) :


Peter Quill a arrangé un rendez-vous romantique avec Kitty Pryde par liaison holographique mais en lui cachant que les Bouchers de Mr Knife sont à ses trousses. Il est bientôt capturé par ses adversaires et découvre la véritable identité de leur chef...

Cet épisode, qui précède le crossover Vortex Noir (avec les séries Gardiens de la Galaxie, All-New X-Men, X-Men et Star-Lord), est un peu plus sympa que celui du mois dernier : Sam Humphries propose une construction distrayante avec ce rencard entre Peter Quill et Kitty Pryde qui dégénère. Malgré ça, rien de renversant alors que le titre a un potentiel évident mais mal exploité par un script traité sans personnalité.

Les dessins de Paco Medina sont du niveau habituel de l'artiste : très inégaux - découpage confus, personnages peu expressifs, le tout noyé sous un encrage quelconque et surtout une affreuse colorisation.

Bof.

- Rocket Raccoon #5 : Il était un Groot... (Skottie Young / Skottie Young, Jake Parker) :

Rocket Raccoon laisse le soin à son ami Groot de raconter une de leurs mésaventures passées, "l'histoire de la carte". Pas sûr cependant qu'avec la seule phrase que connaisse l'arbre humanoïde ("Je suis Groot"), tout le monde la comprenne...

Voilà à la fois l'ovni de la revue et sa perle rare : je dois avouer que Skottie Young m'inspire des sentiments partagés (grand talent qui se galvaude avec des variant covers de babys super-héros). Mais je découvre ici ce qu'il fait de la série consacrée à Rocket Raccoon et c'est un régal. Le scénario est d'une réjouissante absurdité, à la fois loufoque et très maîtrisé, avec une vraie prouesse narrative (puisque quasiment basée sur un dialogue unique et répétitif - le fameux "Je suis Groot").

Young dessine seulement trois pages (le prologue et la fin) mais c'est superbe. Et il passe la main pour le reste à Jake Parker, dont le style graphique est très proche du sien, assurant une belle unité esthétique à l'épisode.

Délicieusement déjanté.

- Nova #24 : Vive les cours ! (Gerry Duggan / David Baldeon) :


Toujours aussi navrant, cet épisode m'est tombé des mains : j'ai du mal à croire que Gerry Duggan, qui écrit aussi, plutôt brillamment Hulk (dans la revue "Avengers Now !"), puisse commettre un truc aussi accablant avec Nova (même s'il doit composer avec le crossover Axis, dont le pitch n'est, il est vrai, pas piqué des hannetons).

Les "dessins" de David Baldeon achèvent de décourager le plus courageux des lecteurs.

Bilan : inégal - le pire (Nova) côtoie le meilleur (GOTG et Rocket Raccoon). La revue repose sur un programme fragile, qui aurait beaucoup gagné à ne pas accueillir certains titres au profit d'autres confiés à des hors-séries (comme Captain Marvel) ou la librairie (comme Le Surfeur d'Argent), pour des raisons commerciales bien nébuleuses (un euphémisme chez Panini).