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mardi 6 mars 2018

STARMAN, VOLUME 6 : TO REACH THE STARS, de James Robinson, Jerry Ordway, Tony Harris, Mitch Byrd, Stefano Gaudiano, Peter Krause, Gena Ha, Steve Yeowell et Gary Erskine


La préface de ce sixième tome de la série est écrite par Tony Harris, le dessinateur et co-créateur de Starman, qui indique que s'y trouvent les derniers épisodes qu'il a mis en images (même s'il continuera ensuite à produire des couvertures pour le titre). C'est aussi un tournant pour le scénariste James Robinson qui prépare pour Jack Knight un nouvel acte dans ses aventures qui se prolongera dans les deux recueils suivants.


- Annual #2 (dessiné par Mitch Byrd et, pour les flash-backs, Stefano Gaudiano, Gene Ha et Steve Yeowell.) - Sa relation en couple avec Sadie Falk oblige Jack Knight à réfléchir au risque que fait courir sur elle son activité de héros. Il en discute avec elle en relatant trois histoires où divers protecteurs d'Opal City ont dû sacrifier leur amour pour leur devoir :

- Brian Savage alias Scalphunter fut le shérif de la ville dans les années 1900 et vécut une romance avec la riche Margaret DeVere au détriment d'Annie. Mais mal en l'aise dans la haute société, et menacé par un bandit qu'il finira par exécuter, il préféra se retirer et retourner auprès de sa première maîtresse ;

- Ted Knight, son propre père, vécut une passion éphémère avec sa partenaire au sein de la Justice Society of America, Dinah Lance alias Black Canary. Mais ils se séparèrent lorsqu'un détective maître-chanteur menaça de tout révéler et pour épargner leur conjoint respectif ;

- David Knight, le frère aîné de Jack, rompit avec sa fiancée Anne la veille de sa mort pour ne pas négliger l'héritage de Starman.

Aujourd'hui, Sadie avoue à Jack que son frère était Will Patton, le prédécesseur de David en tant que Starman, et lui demande de partir à sa recherche dans l'espace.


- Crossover Starman (#39-40. Dessinés par Tony Harris) / The Power of Shazam (#35-36. Ecrits par Jerry Ordway, dessinés par Peter Krause.) - 1942. Starman et Bulletman sont envoyés par le président Roosevelt pour une mission secrète en Alaska, supervisée par Jack Weston alias Minute-Man. 

Pendant ce temps, à New York, des nazis équipés de jets dorsaux coulent le bateau "le Normandie" et l'attaque est filmée par un caméraman. Sur son film on peut voir que c'est Bulletman qui mène cette agression !


De nos jours, ce document refait surface dans les médias et Jim Barr (Bulletman) est sommé de s'expliquer. Il s'évade de la prison, dans laquelle l'a enfermé le commandant Steel, avec l'aide de sa fille Deanna et part se réfugier à Opal City chez Ted Knight. Shazam est chargé d'aller l'y chercher et, pour le distraire, Jack doit lui faire face. 

Cependant, Jim Barr et Ted Knight retournent à Fawcett City où Mary Marvel prouve l'innocence de l'ex-Bulletman. Une conférence de presse en plein air est organisée au cours de laquelle Shazam et Starman appréhendent un groupuscule nazi qui avait piéger Barr et voulait le tuer.


- Villain's redemption (#41. Dessiné par Gary Erskine.) - Jack parle à son père de son projet de voyage dans l'espace pour retrouver le frère de Sadie dans l'espoir qu'il lui trouve un vaisseau. Cependant, Matt O'Dare et the Shade éliminent tous ceux qui pourraient entacher la carrière du policier autrefois corrompu. Matt parle avec Carl Earl, the Shade tue le caïd Milo Draper. Hope, la soeur de Matt, lui pardonne ses méthodes puis the Shade est disposé à lui parler de Brian Savage/Scalphunter dont il croit que l'aîné des O'Dare est la réincarnation.
  

- Knight's past (#43. Dessiné par Tony Harris.) - Jack ouvre enfin sa nouvelle boutique et la fait visiter à Ted - celui-ci a contacté Jay Garrick qui a appelé Flash pour trouver une fusée à Jack. Ce dernier rencontre alors la Justice League of America mais l'équipe ne peut lui prêter un vaisseau sans savoir s'il sera récupérable. The Shade intervient alors et présente à Jack l'appareil ayant appartenu à Brian Savage. Durant son absence, la boutique est confiée à Sadie.


- Destiny (#45. Dessiné par Tony Harris.) - Jack confie à Jake "Bobo" Benetti le soin de veiller, avec les O'Dare et the Shade, sur Opal City. Ted équipe le vaisseau de Brian Savage d'une boîte-mère prêtée par Orion pour pister la signature énergétique de Will Patton. Mikaal Tomas (le Starman alien bleu) avoue à son amant qu'il accompagne Jack qui demande à Sadie de l'épouser à son retour. Puis c'est l'heure du départ pour Starman.

On le devine avec le résumé des huit épisodes de ce recueil, ce sixième tome marque une transition dans la série. Comme le dit Ted Knight dans le dernier chapitre, Starman rejoint les étoiles auxquels, finalement, il appartient, comme son nom l'indique.

James Robinson écrit tout cela avec un mélange de légèreté et de mélancolie comme on peut en ressentir à la veille d'un grand voyage qui vous éloigne des être aimés et qui vous entraîne dans une quête grisante mais improbable. Mais ce qui se joue ici, c'est surtout la fin d'une époque et le début d'une autre pour Jack Knight : devenu un héros digne de ce nom, assumant son rôle de protecteur d'Opal City, ayant prouvé sa valeur, s'étant attaché des alliés, il n'a plus rien à prouver sur ce plan-là. Il s'envole donc pour l'espace par amour après que Sadie lui ait avoué s'appeler en vérité Jayne Patton et que son frère était Will Patton, le Starman actif entre la retraite de Ted Knight et le bref service de David Knight. Présumé mort, elle a pourtant la conviction qu'il est encore là, quelque part, ailleurs mais loin.

Jack doit donc se débrouiller avec ça : il est d'abord stupéfait de découvrir que Sadie lui a menti et s'/l'interroge pour savoir si elle l'a séduit uniquement pour avoir son aide. Puis, une fois qu'il a la conviction que leur amour est sincère et partagé, il prépare son départ et son voyage. Il essuie plusieurs échecs avant de pouvoir partir - la Justice League refuse de lui prêter un vaisseau spatial, mais finalement the Shade va le dépanner.

Avant cela, on a droit à un crossover entre les séries Starman et The Power of Shazam. Honnêtement, on s'en serait passé, mais il semble que DC ait voulu à l'époque exploiter le succès du titre de James Robinson pour aider celui de Jerry Ordway, qui s'employait à restaurer le lustre de Shazam (dont l'éditeur ne savait trop quoi faire). L'intrigue est bien ficelée et a le mérite de ne pas s'étendre (quatre épisodes), mais la mayonnaise ne prend jamais vraiment, comme si le choc culturel était trop fort. En effet, quoi de plus incongru que d'opposer puis réunir Jack Knight, alors l'archétype du héros moderne (tout en honorant le passé des super-héros), et Shazam, le "big red cheese", créée à la même époque que Superman (dont il fut un sérieux rival commercial à l'origine, quand Fawcett en détenait les droits) et parangon du surhomme magique en collants et encapé ? Par ailleurs, si Tony Harris affiche la grande forme graphiquement, le duo Peter Krause-Dick Giordano supporte mal la comparaison avec un dessin peu dynamique, déjà vieillot.

L'Annual #2 de Starman qui ouvre le recueil est une merveille en revanche : Robinson a recours à un procédé qu'il affectionne en mettant en parallèle présent et passé, le second éclairant le premier, pour philosopher sur le sacrifice des héros amoureux. Ce dilemme moral touche de plein fouet Jack Knight et entretient ses doutes à la lumière des mésaventures traversées par Brian Savage/Scalphunter, Ted Knight et Black Canary, et David Knight. De façon subtile et touchante, le lecteur comprend avec ces trois exemples le tourment de l'actuel Starman. Les segments se déroulant dans le passé profitent de très bons artistes comme Stefano Gaudiano (qui sera plus tard, longtemps, l'encreur de Michael Lark sur Gotham Central puis Daredevil), Gene Ha (le co-créateur avec Alan Moore de Top Ten - le flash-back le plus réussi du lot - et Steve Yeowell - qui succédera éphémèrement à Harris comme dessinateur de la série).

Les épisodes 41, 43 et 45 sont autant d'étapes avant le grand saut. Le tandem Matt O'Dare et the Shade est le plus dispensable, cette idée de faire du policier la réincarnation de Scalphunter convaincant difficilement. Tony Harris livre ses deux dernières contributions ensuite avec une inspiration visuelle inégale : il est clair qu'il fatigue, ses décors sont moins fouillés (hormis pour l'intérieur de la boutique de Jack et le design du vaisseau de Brian Savage), son découpage moins inventif, mais quand il s'en donne la peine (comme lors du décollage de la fusée), il sait encore nous en mettre plein la vue. Quant à Robinson, il reste fidèle à sa pudeur exemplaire pour la scène des adieux (ou plutôt des au revoir).

Inégal dans le fond comme sur la forme, To Reach the Stars n'est cependant pas sacrifiable pour apprécier la suite des aventures de Starman, qui vont prendre un tour beaucoup plus cosmique tout en restant profondément humain. La suite dans A Starry Knight...  

lundi 12 février 2018

STARMAN, VOLUME 5 : INFERNAL DEVICES, de James Robinson, Tony Harris, Steve Yeowell, Mark Buckingham et Dusty Abell


J'avais commencé à critiquer cette série mythique qu'est Starman il y a plusieurs années (cinq-six ans ?) puis je m'en étais détourné après les trois premiers tomes, attiré par d'autres publications. Puis récemment, en quête d'une bonne lecture, je me suis souvenu de Jack Knight et eu la chance de trouver pour un bon prix cinq recueils (les Volumes 5, 6, 7, 9 et 10) qui me permettraient (avec certes quelques trous mais qui ne nuisent pas à la compréhension de l'ensemble) de terminer l'aventure. C'est donc reparti avec Infernal Devices qui regroupe les épisodes 28 à 35 et 38-38, écrits par James Robinson avec une belle bande de dessinateurs soutenant Tony Harris.


- The Return of Bobo (#29. Dessiné par Tony Harris) "Bobo", c'est Jake Benetti qui est de retour à Opal City après avoir purgé une longue peine de prison et se demande ce qu'il va faire - se réinsérer ou replonger. Pendant ce temps, Jack Knight apprend par une lettre de The Mist qu'elle est enceinte de lui et compte élever seule l'enfant à venir pour qu'il haïsse son père. Les O'Dare, famille de flics de la ville, surveillent Benetti mais quand celui-ci se décide à braquer une banque, il est précédé par le Royal Flush Gang. L'ex-gangster prête alors main forte à Starman pour maîtriser les malfrats : il sera ensuite embauché comme chef de la sécurité de l'établissement.


- Infernal Devices (#30-31-32. Dessinés par Tony Harris.) Le Professeur Pip commet plusieurs attentats à la bombe dans Opal City où rôde le pirate fantôme Jon Valor, autrefois exécuté pour trahison et le meurtre de son fils, Justin.


Le spectre souhaite être réhabilité et s'associe à Starman contre le Pr. Pip et son complice, Copperhead, essayant d'anticiper son prochain attentat.


Dans un geste héroïque inattendu, Salomon Grundy sauve des victimes au prix de terribles blessures. Jon Valor a regagné son honneur également mais Pip disparaît sans que nul ne sache s'il a survécu à sa dernière explosion.


- With Some Help from his Friends (#33-34. Dessinés par Tony Harris, Mark Buckingham et Steve Yeowell.) Pour sauver Grundy, entre la vie et la mort, Jack demande l'aide de son père, Ted Knight, le premier Starman. Celui-ci appelle en renfort ses amis Alan Scott/Sentinel (le premier des Green Lantern, son partenaire à l'époque de la Justice Society of America), et Batman. Ce dernier emmène avec lui Woodrue, un pensionnaire de l'asile d'Arkham à Gotham.
  

En explorant la psyché de Grundy, les héros affrontent sa part maléfique puis rencontre sa part positive qui accepte de mourir avec la satisfaction d'avoir sauvé des innocents. Le retour à la réalité laissera Starman, son père, Sentinel, Batman et Woodrue désoeuvrés et malheureux pour le géant albinos qui s'est sacrifié en sachant qu'il ne serait pas sauvé.
   

- Mr. Pip and Mr. Black (#35. Dessiné par Steve Yeowell et Tony Harris) Sentinel et Ted Knight savourent leurs retrouvailles. Jack renoue avec Sadie et couche enfin avec elle, prêt à s'engager amoureusement. Batman ramène Woodrue à Gotham. Mais Pip resurgit alors, prêt à se faire sauter et à détruire Opal City devant ses ennemis. Shade apparaît alors et le neutralise définitivement.


- Talking with David, '97 (#37. Dessiné par Tony Harris.) Comme chaque année, Jack retrouve son frère défunt, David, qui l'a précédé éphémèrement comme Starman, pour faire le point sur sa carrière de protecteur de Opal City. Cette fois, les deux frères participent à un dîner avec d'anciens membres décédés de la JSA - Mr. Terrific, Dr. Mid-Nite, Giovanni Zatara, Black Canary, Atom et Red Bee) et Jack écoute leurs conseils pour bien agir sans se laisser griser.
  

- La Fraternité de Justice et Liberté (#38. Dessiné par Dusty Abell.) Réfugiée en Grèce, The Mist élève seule son bébé tout en préparant son retour aux affaires. Elle attaque un musée à Paris gardé par la Justice League Europe. Elle en exécute méthodiquement tous les membres - à l'exception du trop puissant Firestorm, qu'elle a attiré dans un piège - pour s'emparer des diamants de Comtalle provenant de Markovie.

Faute d'avoir pu me procurer le tome 4 (Times Past), qui ne contient que des épisodes relatant des rencontres entre Jack et David Knight et un Annual, j'étais un peu soucieux au moment d'entamer ce recueil, mais mes craintes ont été rapidement levées car les épisodes présents sont parfaitement accessibles. Il est même étonnamment simple de redevenir aussi familier avec l'univers de Starman après avoir cessé de le lire pendant aussi longtemps, et on saluera donc d'abord l'effort de James Robinson en ce sens.

L'autre exploit de la série, c'est que ces épisodes ont déjà vingt ans d'âge et ils n'ont pas pris une ride. Le ton imprimé par l'auteur reste unique et original, prouvant que la modernité du projet n'était pas qu'un phénomène ponctuel : la singularité de Jack Knight reste valide alors qu'elle a été pensée en réaction aux stéréotypes d'une époque précise. A la fin des années 1990, les super-héros traversaient une période trouble et le marché des comics était frappé par une crise terrible. Dans ces conditions, les éditeurs laissaient aux créateurs la liberté d'oser tout pour tenter de redresser la barre et c'est dans ces conditions que Robinson opéra cette miraculeuse synthèse incarnée par Starman.

Jack Knight, il faut le rappeler, n'était pas voué à devenir Starman : son frère David avait repris le surnom, le costume et le bâton cosmique de leur père, Ted, avant d'être rapidement assassiné. Obligé de reprendre le flambeau, Jack devenait malgré lui le nouveau protecteur de Opal City et ses premiers exploits ne lui montaient guère à la tête, accomplissant son devoir sans enthousiasme, composant avec la famille O'Dare (qui dirigeait la police locale) et le mystérieux Shade, revendiquant le titre de vrai sauveur de la cité sans qu'on soit certain de son honnêteté.

Mais pas question tout de même d'enfiler un costume moulant ou un masque, et le bâton cosmique de Ted Knight devint une lance redesignée. Starman, c'était donc d'abord l'histoire d'un héros contrarié, d'un héritier malgré lui, d'un justicier improvisé. Vingt ans après, il a conservé sa modernité intacte.

Dans ce Volume 5, cependant, on constate une évolution sensible : après presque trente épisodes, la série ne peut plus se contenter d'exploiter cette veine cynique et nostalgique à la fois et son héros ne peut continuer à se comporter comme un héros par accident. Jack Knight commence à prendre plaisir à sa tâche et veut s'améliorer dans ce drôle de job. Ses relations avec son père sont plus apaisées, sa collaboration avec les O'Dare est devenu un partenariat (au point que les irlandais ont maintenant un des leurs en contact permanent avec Starman pour qu'il intervienne en cas de coup dur), et Shade tolère la présence de Jack comme il le ferait avec un allié.

Le talent de Robinson consiste à ne jamais sacrifier les deux éléments qui ont fait la marque de sa série : d'un côté, nous suivons toujours les aléas de la vie privée de Jack (il apprend que son ennemie, The Mist, a un enfant de lui et qu'elle va l'élever pour en faire son disciple criminel ; il fréquente Sadie qui devient son amante ; il s'appuie sur l'expérience de son père et des amis de celui-ci), et de l'autre, nous assistons à des actions spectaculaires contre des méchants coriaces (le Pr. Pip et Copperhead avec des attentats à la bombe - en 97-98, nous sommes à l'époque où "Unabomber" a été arrêté après avoir commis des attentats similaires pendant une quinzaine d'années).

Surtout, ce qui épate, c'est la manière dont le scénariste réussit à convoquer l'émotion dans cette combinaison d'intimisme et d'héroïsme : Robinson invite un pirate fantôme qui veut laver son honneur après avoir été trahi et tué son fils par mégarde, et pour cela il aide Starman. Puis il y a Salomon Grundy auquel l'auteur consacre une large part en l'impliquant inopinément dans l'affaire : gravement blessé après avoir sauvé des innocents, Batman, Sentinel, Woodrue (un méchant en quête de rédemption) et Jack (puis Ted) doivent explorer son esprit pour le ramener à la vie. Mais leur trip étonnant s'achève sur une note poignante qui saisit le lecteur.

Le recueil se conclut par deux récits autonomes : le premier est un de ces rendez-vous annuels entre Jack et son frère mort, David, et Robinson en profite pour questionner la notion d'héroïsme, la griserie que provoquent de bonnes actions mais aussi le danger que fait courir cette ivresse, l'aigreur que peut susciter le manque de reconnaissance, la camaraderie (et plus, si affinités) que peuvent ressentir les justiciers entre eux... Superbe réflexion, formulée avec clarté et force.

Puis on assiste au retour de The Mist, seule contre la Justice League Europe, éphémère déclinaison de la JLA, composé de "C-listers". Pas le meilleur segment de l'album, plutôt un prétexte pour montrer que la maternité n'a en rien diminué la dangerosité de la criminelle - en outre, ce sont, graphiquement, les pages les plus faibles du lot (même si le style de Dusty Abell ne sont pas laides, simplement quelconques).

Pour ce qui précède, visuellement, on est en revanche gâté, même si certains chapitres voient se succéder jusqu'à trois artistes aux styles très différents et nuisent donc à la cohérence esthétique de la série. Tony Harris, co-créateur de Jack Knight, se taille encore la part du lion et sa prestation montre un dessinateur qui s'est affirmé depuis ses débuts, détaché de l'influence de Mignola, et soignant ses planches par un trait réaliste très détaillé, avec des compositions audacieuses et des cadres ornementés de manière très sophistiquée, magnifiquement mis en valeur par l'encrage de Wade Von Grawbadger.

Il est ensuite épaulé par Mark Buckingham, dont la personnalité picturale n'était pas encore aussi définie que dans Fables et qui déçoit donc un peu. Par contre, Steve Yeowell (déjà salué pour sa prestation sur le titre Zenith écrit par Grant Morrison) séduit sans mal et préfigure même l'avenir de la série quand il succédera à Harris puis laissera la place à Peter Snejbjerg, avec ses images épurées, d'une élégance folle, mais aux effets mémorables (un sens de la lumière, du cadre, imparable).

Starman mérite bien sa qualité de classique moderne des comics super-héroïques, à côté de Watchmen, The Dark Knights returns ou Kingdom Come, pas seulement parce qu'il réinterprète les codes du genre mais parce que l'habileté avec lequel il le fait a gardé toute sa fraîcheur et sa pertinence.     

mercredi 25 juillet 2012

Critique 339 : STARMAN, VOLUME 3 - A WICKED INCLINATION... de James Robinson et Tony Harris, Chris Sprouse, Steve Yeowell, Guy Davis, JH Williams III, Gary Erskine


Starman 3 : A Wicked Inclination... rassemble les épisodes 17 et 19 à 27 de la série écrite par James Robinson, publiés en 1996-1997 par DC Comics. Les dessins sont signés par Tony Harris (#17, 19-26), Chris Sprouse ( pages 10, 12, 15, 15, 18, 20 du #24), Guy Davis (pages 10 à 20 du #22), Gary Erskine (pages 8-9, 12, 17-19 du #26) et JH Williams III (pages 8-9, 11, 15-16, 19 du #26), Steve Yeowell (#27).
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- #17 : Encounters. Dessiné par Tony Harris. Tandis que Jack Knight se remet de son affrontement avec the Mist et fait de nouveaux projets (comme acheter un nouveau local pour sa boutique), les O'Dare préparent avec the Shade un raid contre un repaire de Damon Merritt, qui veut récupérer son poster magique (ouvrant sur des dimensions parallèles). Mais l'opération tourne mal...

- #19 : Talking with David, '96. Dessiné par Tony Harris. Jack Knight retrouve son frère aîné David, mort prématurèment alors qu'il avait succédé à son père Ted comme Starman. Cette deuxième entrevue est plus apaisée entre les deux frères, qui font le point sur l'année écoulée dans un décor de film de pirates. Ce sera aussi l'occasion pour Jack de renouer, brièvement, avec un autre être cher de sa famille...

- #20-23 : Sand and Stars. Dessiné par Tony Harris et Guy Davis (pour le #22). Préoccupé par ce que lui a dit the Mist (comme quoi ils seraient tous deux les deux faces d'une même médaille), Jack Knight entreprend d'aller récupérer une médaille ayant appartenu au père de son ennemie. Cette relique serait en possession de Wesley Dodds, le mythique premier Sandman de la Société de Justice d'Amérique, aujourd'hui octogénaire. Mais à New York, les deux hommes vont devoir faire équipe pour éviter un attentat préparé par un malfrat ayant ursupé l'identité du patron d'une compagnie d'aviation...

- #24-26 : Hell and Back. Dessiné par Tony Harris, Chris Sprouse (#24), Gary Erskine et JH Williams III (pour le #26). Jack Knight est sollicité par la famille O'Dare, dont Clarence est devenu le contact de la mairie pour tout ce qui concerne les affaires surhumaines, pour les aider à récupérer Matt et the Shade, aspirés dans une dimension parallèle par le poster magique. Damon Merritt cherche par ailleurs toujours à récupérer son bien et nos héros vont essayer de profiter de la situation pour pièger le malfrat...

- #27 : Christmas Knight. Dessiné par Steve Yeowell. La nuit de Noël réunit les Knight, les O'Dare, Charity la diseuse de bonne aventure et Mikaal Tomas (le Starman alien à la peau bleue). Tout ce beau monde attend Jack qui rencontre un homme déguisé en père Noël et victime de voleurs...
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Pour ce troisième tome, James Robinson propose deux arcs encadrés par deux épisodes.
Le recueil s'ouvre par un one-shot (Encounters) qui est en vérité le prologue de la 2ème histoire (Hell and Back), dans lequel the Shade (dont un extrait du journal sert d'introduction au livre et permet de résumer les évènements antérieurs) et la famille de policiers irlandais, les O'Dare, s'unissent pour tenter de capturer l'occultiste malfaisant Damon Merritt. Mais leur opération dégénère, et cela servira d'argument au récit susmentionné.
Robinson a établi les liens entre ses protagonistes et s'en sert désormais pleinement comme d'un sorte de gang paranormal, uni pour préserver Opal City d'ennemis divers. Jack Knight occupe, dans cet épisode, un rôle plus en retrait mais entre ses projets professionnels et les prédictions cryptiques que lui communique Charity, le scénariste indique qu'il a des plans d'envergure pour le futur de la série.

On a ensuite droit à un intermède  (Talking with David, '96), mais c'était attendu : dès le premier tome, David Knight, qui a été abattu "en service", dans le costume de Starman, avait prévenu son frère cadet, Jack, qu'il se rencontrerait toutes les années pour faire le point. Leur premier entretien avait été houleux, dans un cimetière. Cette fois, c'est dans un cadre digne des films de pirates et de zombies que les deux frangins dressent un nouveau bilan.
Robinson emploie cette parenthèse avec habileté pour évoquer le statut de super-héros, protecteur d'une ville, mais aussi les rapports fraternels, la transmission d'un rôle, la relation des vivants avec la mort (la leur et celle de leurs proches). Pourtant il ne se contente pas d'aligner 20 pages de dialogue, si inspiré soit-il, il pimente cela avec une scène d'action spectaculaire, qui, elle, renvoie, à la cinéphilie de Jack Knight.
La chute offre un moment d'émotion qui tombe, hélas !, un peu à plat, les comics super-héroïques, même un peu décalés, s'accommodant mal de ce registre.

Le premier arc de ce recueil démarre ensuite vraiment : Sand and Stars compte quatre parties et s'appuie sur un élément survenu dans l'album Night and Day, lorsqu'à la fin de son affrontement contre Nash, la fille de the Mist, Jack a dû l'entendre énoncer une affirmation dérangeante - si elle existe et fait le mal, c'est pour justifier sa condition de héros, leurs destins et leurs actes sont donc liés.
Jack est littéralement hanté par cette hypothèse (il rêve de Nash, et incidemment a une vision de Sandman) et veut la démentir. Pour cela, il lui faut accomplir un acte symbolique, bienfaisant, envers le père désormais déchu de sa némésis. Il entreprend de récupérer une médaille qui lui fournit le prétexte pour se rendre à New York et rencontrer son idole, Wesley Doods.
Celui qui a été le Sandman de la Société de Justice d'Amérique, compagnon d'armes du premier Starman, est maintenant un octogénaire retiré avec sa femme, l'écrivain Dian Belmont (autre figure vénérée par Jack). Peu après, la vie de Dodds est menacée par un mystérieux tueur masqué et avec Jack, il mène l'enquête, ce qui va les conduire à déjouer un attentat fomenté par un usurpateur.  
En entraînant le vieux Sandman dans sa mission, Jack va s'offrir quelques frissons (avec en point d'orgue une bataille dans les airs contre un dirigeable) mais surtout réveiller l'esprit de l'aventure du frère d'armes de son père. Wesley Dodds résumera cela très bien, après s'être remémoré une ancienne mission partagée avec Ted Knight/Starman : "qu'importe si cela me coûte la vie, au moins je mourrai content". C'est l'intensité de l'existence qui permet d'estimer sa qualité, pas le nombre d'années vécues.
Même si le récit est un peu confus et d'un rythme inégal, Robinson est encore une fois très malin pour brasser quelques thèmes qui lui sont chers via le prisme des super-héros : le temps qui passe, le respect des aînés, le plaisir procuré par le danger, les générations de justiciers, la persistance du mal à vaincre (qu'il s'agisse de la vieillesse, de la peur, ou des terroristes).

L'arc suivant, en trois parties, Hell and Back, offre à la fois une conclusion à Sand and Stars (avec une visite surréaliste entre Jack et the Mist, devenu sénile) et le retour à l'intrigue entamé dans le premier épisode du recueil (Encounters). Les O'Dare demandent à Jack de les aider à la fois à piéger Damon Merritt qui veut récupérer son poster magique et à récupérer the Shade et Matt O'Dare, passés de "l'autre côté" de l'image.
Tout d'abord, avant la bataille décisive, chacun des O'Dare se promet, en silence, de changer un peu ses priorités existentielles s'il survit - et cela aura des conséquences rapides dans l'épisode #27.
Puis, durant le combat contre Merritt et ses sbires, Jack traverse à son tour le portail dimensionnel du poster et atterrit... En enfer (littéralement). Retrouvant the Shade et Matt O'Dare, il est mis à l'épreuve par le démon avec lequel a pactisé Merritt. L'héroïsme de Jack, la corruption de Matt, la position de the Shade sont franchement bousculés et leurs liens renforcés.
Robinson signe là son meilleur récit du recueil : il y manie les rebondissements, joue avec le rythme, creuse la caractérisation de ses personnages, et rebat les cartes, tout en aboutissant à une chute malicieuse. De la belle ouvrage.

Enfin, Christmas Knight (jeu de mots !) est un joli conte Noël, anecdotique mais qui confirme que la notion de temporalité est très présente dans la série, comme si chaque aventure se déroulait en temps réel, au rythme des saisons et des années (l'autre indicateur de cette notion tient bien entendu dans les entretiens entre Jack et David). 
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Jack Knight, par Tony Harris

Mais en vérité, malgré l'inégalité du matériel de ce recueil, la diversité qualitative des histoires, ce qui en fait le sel, ce sont ses dessins.
Tony Harris réalise encore la majorité des épisodes et ne ménage pas ses efforts, avec des jeux de lumière expressionnistes remarquables, des cadrages audacieux, un soin particulier accordé aux ambiances et aux décors (notamment les extérieurs où sa passion pour l'urbanisme fait merveille - Starman est une bande dessinée où les vills sont des personnages à part entière).

La série accueille des guest-stars de premier ordre : d'abord, Guy Davis, qui à la même époque avait relancé avec les scénaristes Matt Wagner et Steve Seagle le personnage de Sandman dans le titre Sandman Mystery Theatre (se déroulant durant l'âge d'or), co-anime la troisième partie de l'arc Sand and Stars en signant une dizaine de planches. Son style très différent de celui de Harris, tout en hâchures, au trait fin et aux couleurs pâles, offre un contraste visuel très intelligent pour le flash-back avec Wesley Dodds.
Sandman, par Guy Davis.

Puis Chris Sprouse (Tom Strong) revient pour quelques splash et doubles pages magnifiques dans le prologue au second arc, Hell and Back, où est dévoilé, via le journal de the Shade, le passé de Damon Merritt.

Gary Erskine (Global Frequency) et JH Williams III (Promethea) co-illustrent l'épisode 26 avec Harris. A Erskine, dont le trait précis et épuré (proche d'un Blanc-Dumont en France), les séquences avec Matt O'Dare et Scalphunter ; et à Williams III (encré par Mick Gray), dans une tonalité plus sombre mais raffinée, les passages avec the Shade, lorsqu'ils sont en Enfer avec Jack.

The Shade, par Tony Harris

Le découpage de cet épisode souligne de manière remarquable la finesse avec laquelle doit être écrit le script de Robinson.

Enfin, Steve Yeowell dessine l'épisode de Noël : son dessin, dépouillé, lumineux, élégant, est un vrai plaisir.
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Encore une fois, même si les épisodes sont peut-être moins efficaces que précédemment, ce troisième tome confirme que Starman était une grande série, avec une musique unique, et servie par des artistes de premier choix. 

lundi 12 mars 2012

Critique 316 : STARMAN, VOLUME 2 - NIGHT AND DAY, de James Robinson et Tony Harris

Starman 2 : Night and Day rassemble les épisodes 7 à 10 et 12 à 16 de la série écrite par James Robinson et dessinée par Tony Harris, publiée en 1995-1996 par DC Comics. Lépisode 14 est également illustré par Tommy Lee Edwards, Stuart Immonen, Chris Sprouse, Andrew Robinson, Gary Erskine et Amanda Conner.
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- A (K)Night at the Circus 1-2 (#7-8). Jack Knight va démarcher des fermiers vivant à l'extérieur d'Opal City pour leur acheter des antiquités. Il s'arrête dans un cirque où il découvre que le directeur est un démon asservissant sa troupe, parmi laquelle se trouve Mikaal Tomas, un autre Starman. Jack va s'employer à délivrer ces freaks...

- Shards (#9). Jack Knight assume de plus en plus son rôle de protecteur d'Opal City, soutenu par son père Ted qui héberge désormais Mikaal Tomas avec lequel il essaie (sans grand succès) de communiquer. The Shade, lui, est sur la piste du mystérieux détenteur d'une affiche magique absorbant des habitants de "sa" ville...

- The Day before the Day to come (#10). The Shade rend visite à Jack Knight à qui il a confié le premier tome de son Journal et qu'il informe de l'affaire de l'affiche magique. Mais pendant ce temps, un drame se prépare, qui va impliquer tous les acteurs importants d'Opal City : Nash, la fille de the Mist, s'évade de prison et acquiert les pouvoirs de son père, déterminée à venger son frère en attaquant Jack et ses proches...

- Sins of the Child : Jack's Day (1-2) - Ted's Day - The Opal's Day : the O'Dare's Day - Mikaal's Day (#12-16). Nash lance plusieurs attaques sur Opal City en s'en prenant à Jack, qu'elle kidnappe ; à Ted Knight, contre qui elle lance le Dr Phosphorus ; aux O'Dare, la famille de flics irlandais aux prises avec plusieurs agressions en ville ; et à Mikaal, qui se fait torturer par des hommes de main.
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Ce second recueil contient un copieux sommaire avec neuf épisodes, qui composent deux actes distincts.

Dans une première partie, Jack vit donc une aventure dans un cirque : James Robinson fait explicitement référence au film Freaks de Tod Browning et saisit parfaitement l'atmosphère étrange et oppressante de ce décor et de sa troupe de monstres assujettis par un démon. Bien que le scénariste use (et même abuse) de la voix off et du "name dropping" (autre tic qui plombe un peu la narration, et qui peut inciter à zapper les commentaires du héros pour mieux suivre l'action), le récit demeure efficace et revient sur un élément aperçu dans le précédent tome : l'existence d'un autre Starman, d'origine extraterrestre, Mikaal.
Cette idée suggère qu'il existe toute une lignée de Starmen en dehors de Ted et Jack Knight. C'est une figure récurrente chez Robinson qui avait également bâti le relaunch de la JSA sur cette base que tous les héros (et leurs ennemis) incarnent une descendance de bons et de méchants s'affrontant en permanence par-delà l'espace et le temps, vengeant leurs ancêtres éternellement. De là à affirmer qu'il existe une fatalité du Bien et du Mal, il n'y a qu'un pas et aujourd'hui, Geoff Johns, le chef d'orchestre du DCverse, l'utilise abondamment. C'est à la fois un hommage à la continuité de DC et le symbole d'une maison d'édition qui, même quand elle veut se réinventer, aime se reposer sur ses fondements (le récent reboot en atteste puisque si la situation change, les personnages et ce qu'ils représentent restent essentiellement les mêmes).
Après ce dyptique, Robinson enchaîne avec deux épisodes moins inspirés, consistant principalement à souligner le fait que Jack assume de plus en plus son rôle de protecteur d'Opal City, le plaisir qu'il prend à son rôle, son rapprochement avec son père. Le 10ème épisode prépare plus activement à la suite, qui, elle, est d'un tout autre calibre.

En effet, dans une seconde partie, avec les cinq chapitres suivants, on a affaire à un ensemble d'une authentique virtuosité narrative : Nash, la fille de the Mist, déclare la guerre à Opal City pour venger son frère tué par Jack. Pour traiter le plus largement ce conflit d'envergure, Robinson décide de montrer l'action selon cinq points de vue différents, et même, dans le 14ème épisode, selon 7 points de vue (les O'Dare, la famille irlandaise de policiers proche des Knight, et deux autres personnages). Le scénariste réussit à jongler avec les situations, les protagonistes, les lieux, da manière éblouissante. Le rythme est trépidant, les ambiances diverses et puissantes, on est comme aspiré dans un tourbillon sans jamais être égaré par ces allers-retours spatio-temporels.
Il y a quelque chose de grisant à lire une bande dessinée quand elle propose un tel challenge et que son auteur réussit son coup. Qui plus est, le dénouement de ce combat avec le face-à-face de Jack et Nash aboutit à un dialogue, certes un peu verbeux, mais qui noue de façon très originale et perverse les belligérants, définissant la relation d'un héros et de sa némésis avec une richesse et une subtilité rares. Un grand moment.
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Graphiquement, la série reste également d'un excellent niveau : Tony Harris s'affranchit progressivement de ses influences tout en conservant un trait anguleux et expressionniste, au découpage inventif, aux ambiances bien senties. Les quelques maladresses de ses compositions sont compensées par la vitalité communicative entre texte et image, comme en témoigne cette scène d'action :  
une géométrisation des cadrages mais où la "continuité cinématographique", le flux de lecture ne sont pas sacrifiés pour des effets graphiques faciles.
En prime, quelques invités prestigieux (même si, en vérité, à l'époque, ils n'étaient pas les vedettes qu'ils sont devenus depuis) ont été convoqués pour le 14ème épisode : le temps de quelques planches, chacunes consacrées à un personnage spécial, Tommy Lee Edwards (méconnaissable par rapport à ce qu'il fait aujourd'hui), Stuart Immonen (dans son registre pré-Nextwave, influencé par Adam Hughes), Chris Sprouse, Andrew Robinson, Gary Erskine et Amanda Conner (elle aussi, pas encore arrivée à maturité esthétiquement parlant) suppléent Harris, qui n'est cependant pas absent de ce segment.
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Même si tout n'a pas bien vieilli (notamment la colorisation), ce nouveau tome de Starman confirme la singularité et l'efficacité de cette série, prouvant à quel point elle a effectivement compté dans la rénovation narrative des super-héros à l'époque. 

mardi 6 mars 2012

Critique 315 : STARMAN, VOLUME 1 - SINS OF THE FATHER, de James Robinson et Tony Harris

Starman 1 : Sins of the Father rassemble les six premiers de la série écrite par James Robinson et dessinée par Tony Harris, publiée par DC Comics en 1994-1995.
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Knightfall... Les 3 premières pages de Starman #1. 

- Sins of the Father. David Knight est le fils de Ted Knight, le premier Starman, dont il a hérité le surnom, le costume, le bâton et le rôle de protecteur d'Opal City. Il est rapidement abattu par un sniper : cet assassinat marque le début de la vengeance d'un ennemi de Ted, the Mist, déterminé à éliminer toute la famille Knight. Bien qu'il dénigre le folklore super-héroïque, quand il comprend que la vie de son père et la sienne sont en danger, Jack Knight décide de reprendre le flambeau et de riposter. Il va découvrir qu'une famille de flics, les O'Dare, et un mystérieux personnage, prétendent aussi protéger la ville...


Jack Knight reprend la flambeau :
les 3 premières pages de Starman #3.

- A Day in the Opal. Jack Knight, dont le magasin d'antiquités a été détruit lors des attaques de the Mist, reprend ses affaires et rencontre le curieux émissaire d'un client intéressé par un tee-shirt dont le motif ouvrirait un passage au paradis. The Shade lui remet ensuite le premier volume de son journal afin qu'il apprenne à mieux connaître l'histoire de la ville...

- Talking with David, '95. Jack retrouve au cimetière son frère David, tué par the Mist. Cette rencontre irréelle permet aux deux hommes de discuter du rôle de héros, et de leur relation. Jack comprend qu'il reverra ainsi David une fois par an...
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Starman est l'exemple même de la série réussie alors qu'elle est issue d'une saga calamiteuse puisque sa publication a commencé après Zero Hour de Dan Jurgens et Jerry Ordway. James Robinson, le scénariste de l'excellent JSA : The Golden Age en 1993, allait en effet créer une version mémorable d'un héros tombé en désuétude, mais plus encore participer à la réinterprétation des canons super-héroïques, comme le firent Alan Moore, Kurt Busiek, Grant Morrison ou Neil Gaiman.
Le Starman originel était Theodore "Ted" Knight et fut imaginé en 1941, James Robinson (qui participa au lancement de la JSA avec David Goyer) s'appuie sur ce personnage d'un lointain passé pour livrer un récit sur la transmission, l'héritage, la responsabilité, comme le suggère le titre du recueil (qui est aussi celui du premier story-arc). Le fils aîné de Ted, David, est, comme son père, un scientifique et un "brave", c'est donc logiquement qu'il devient le nouveau Starman, en revêtant son costume et en brandissant son bâton cosmique. En revanche, Jack Knight est un cynique, usant de sarcasmes pour parler à la fois des apparats héroïques et du rôle de justicier dans une ville comme Opal City où la criminalité est quasi-inexistante. Mais tout cela va changer quand un vieil ennemi du père, the Mist (la Brume), resurgit avec l'objectif de supprimer toute la lignée des Knight. Jack qui refusait d'être impliqué dans ce "super-hero business" doit assumer son héritage à la fois pour sauver sa peau et celle de son père. Mais il n'est pas dit qu'il sera un justicier ordinaire...
Toute l'originalité de Robinson tient dans ce personnage de héros malgré lui, à la fois verbeux, ironique et farouche : de fait, Jack Knight est un individu qui tranche avec ce qu'on a l'habitude de trouver dans les comics de ce genre et il a conservé presque vingt ans après son apparition toute sa singularité, en inspirant d'autres qui, comme lui, n'ont pas la vocation mais y font face. 
Le scénario est très dense et introduit de nombreux éléments, suggérant que l'auteur voyait loin pour la série dès le début : d'abord, il y a la ville d'Opal City elle-même décrite comme un protagoniste à part entière (et superbement représentée dans un style art déco par le dessinateur Tony Harris) ; puis il y a certains de ses habitants (comme la famille Knight, les O'Dare, the Shade, la famille de the Mist, une diseuse de bonne aventure...). Le lecteur n'a pas besoin de posséder une culture des comics du "Golden Age" pour apprécier cet ensemble qui brille par sa cohérence, sa richesse et son accessibilité.
Pourtant, et c'est son plus beau tour de force, Starman est une bande dessinée sur l'Histoire, la généalogie de l'héroïsme, la famille. Et cela lui confère une humanité étonnante : on rigole aux saillies de Jack, on est ému par le vieux Ted, on évolue avec eux... Bref, le récit noue un lien immédiat et solide avec le lecteur.
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A ceux qui ont découvert plus récemment Tony Harris, son style sur ces premiers épisodes de Starman déroutera. Les influences de Mike Mignola (surtout), P. Craig Russel et Michael Golden sont très présentes, mais néanmoins l'artiste a un sens du storytelling indéniablement personnel.


The Shade et the Mist palabrent : deux autres pages de Starman #3.

Ses découpages sont nerveux, l'expressivité de ses personnages est soignée, son trait anguleux et la beauté de ses décors (résumée lors d'une double-page présentant Opal City dans l'épisode A Day in the Opal) est spectaculaire.
L'encrage appuyé de Wade Von Grawbadger renforce l'aspect expressionniste de ces planches, et a mieux vieilli que la colorisation de Gregory Wright.
Le seul vrai bémol concerne le lettrage de John Workman Jr (notamment sa façon d'écrire les "D" qu'on peut facilement confondre avec des "O") qui gêne la lecture.
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Finalement, à la fin de ce premier recueil, Starman peut aisèment être interprété comme une variation moderne sur un genre qui irrigue souvent les comics super-héroïques, à savoir les récits de chevalerie. Oui, c'est cela le charme de Starman et de Jack Knight : le charme de la romance chevaleresque et du héros qui naît parce qu'il est fait pour ça.

jeudi 25 juin 2009

Critiques 64 : JUSTICE LEAGUE OF AMERICA 0 & TORNADO'S PATH, de Brad Meltzer et Ed Benes



Après avoir passé en revue tous les crossovers importants de DC depuis 1985, force est d'admettre que les cartes ont été amplement rebattues, pour le pire et/ou le meilleur. Quoiqu'il en soit, au terme de 52, la firme de Broadway avait le champ libre pour relancer au numéro 0 ses deux séries-phares (du moins celles dont les équipes de super-héros tenaient la vedette) : la JLA et la JSA.
Il est donc temps de voir ce que ces "relaunchs" ont donné, et je commencerai donc par le premier arc de la nouvelle JLA, inauguré par un curieux n°0...
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Justice League of America #0 a été publié par DC Comics en Juillet 2006, sur un scénario (ou plutôt un canevas) signé Brad Meltzer et illustré par plusieurs dessinateurs (dont je donnerai la liste complète à la fin de cet article).
Puisqu'il n'y a pas d'histoire à proprement parler dans ce numéro, mais plutôt une succession de séquences se déroulant dans le passé, le présent et le futur de l'équipe, passons tout de suite à l'analyse de l'ouvrage.
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Avec les bouleversements survenus à la fin d'Infinite Crisis, le retour de la JLA se devait d'être un évènement piloté par des auteurs à la hauteur. Une année s'était passée, dont les détails furent racontés dans l'hebdomadaire 52, et DC devait proposer une refonte du titre à la fois surprenante et accessible, respectant cependant le "bagage" de la continuité avec toutes les incarnations que connut son groupe de super-héros le plus fameux : synthèse périlleuse...
Relancer la Justice League of America avec une nouvelle équipe créative était un challenge difficile, pour ne pas dire impossible : des fans allaient forcèment râler, et rien n'assurait que de nouveaux lecteurs seraient séduits. Mais c'était aussi une opportunité de revitaliser le titre, en le purgeant de nombreuses scories, en osant emprunter une nouvelle direction, un nouveau casting.
En confiant cette tâche à Brad Meltzer, DC faisait le choix de la qualité et de l'audace : n'était-il pas l'homme qui avait réussi avec Identity Crisis à bousculer les conventions en rédigeant une histoire dérangeante mais à l'écriture soignée ?
Mais avant d'entrer dans le vif du sujet, Meltzer a pris les chemins de traverse : dans ce numéro 0, c'est à un voyage au coeur de l'histoire de la JLA qu'il nous convie, un périple dont la "trinité" formée par Superman, Batman, et Wonder Woman sont les guides. A travers eux, nous allons revivre en une multitude de flashes des épisodes d'hier, d'aujourd'hui et même de demain, au moment même où ils se réunissent pour décider si leur équipe doit renaître de ses cendres - et avec qui, comme nous le révèlera Tornado's path.
Pour chaque période, Meltzer s'exprime via un de ces trois illustres personnages, avec leur sensibilité, leur vision des choses : qu'ont-ils retenu de toutes leurs aventures communes ? Et dans quelle mesure l'enseignement qu'ils vont en tirer va les inspirer ? Plus encore : quel avenir se dessine pour eux et la Ligue ?
On peut reprocher au scénariste, avec ce procédé, d'égarer le lecteur (a fortiori débutant) et de ne pas avoir (su choisir) un vrai point de vue. C'est particulièrement éloquent lorsque Meltzer nous montre d'hypothétiques scènes dans le futur, où l'on se demande s'il nous révèle de possibles et réelles histoires à venir ou s'il s'amuse simplement à nous lancer sur des pistes n'ayant aucune chance d'être exploitées. Les éditeurs de DC ne voient eux-même certainement pas aussi loin que Meltzer... Même si certaines scènes sont troublantes (ainsi, on devine qu'il arrivera malheur à Batman lors d'un dialogue entre Superman et Wonder Woman. Meltzer savait-il alors que Grant Morrison allait signer Batman R.I.P. ?).
Chacun appréciera (ou non) cet exercice d'anticipation...
En revanche, l'évocation du passé ponctuée par ce qui se passe aujourd'hui et ce qui a suscité la réunion de Superman et Wonder Woman dans la Batcave de Batman (la décision de ranimer la JLA et le choix de ses membres) est tout à fait plaisante : c'est exposé avec rythme, connaissance, souci de clarté, et l'entreprise permet d'apprécier la contribution d'une foule d'artistes très différents pour illustrer chaque époque. Tous ces dessinateurs ont effectué un formidable travail, certains recréant même le style des épisodes passés cités par Meltzer. Il se dégage de tout cela un étrange mélange de sentiments : nostalgie, excitation, expectative...
Si le but recherché était dee mettre l'eau à la bouche tout en adressant un clin d'oeil à la mythologie, c'est indéniablement réussi.
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Et comme promis, en conclusion, voici la liste des artistes crédités pour ce n°0 : Ed Benes, George Pérez, Jim Lee, J. H. Williams, Gene Ha, Dick Giordano, Eric Wight, Tony Harris, Kevin Maguire, Dan Jurgens, Howard Porter, Luke McDonnell, Rags Morales, Ethan Van Sciver and Phil Jimenez.
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Maintenant, place à l'action !

Justice League of America : Tornado's path est donc le premier récit, comptant 7 chapitres, mettant en scène la nouvelle muture de l'équipe. Le scénario a été écrit par Brad Meltzer et les dessins ont été réalisés par Ed Benes (encrés par Sandra Hope). Ce story-arc a été publié en 2006-2007 par DC Comics.
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La Bat-cave sert de décor à une réunion importante entre Batman, Superman et Wonder Woman : ceux-là même qui avaient dissous la Ligue de Justice (après Infinite Crisis) débattent de l'opportunité de la reformer puis de qui y intégrer. Chacun a ses favoris et ses arguments pour défendre ses candidats, le casting va être l'objet d'âpres négociations.
Diana vise l'efficacité et la complémentarité. Clark désire des membres motivés et aux aspirations nobles. Bruce privilégie la confiance (normal, après que ses "collègues" aient voulu le rendre amnésique suite à ce qui s'est passé dans Identity Crisis...).
Cependant, Roy Harper et Hal Jordan s'entretiennent de leurs projets lorsqu'ils sont interrompus par la bague de Green Lantern : Kathy, la compagne de Red Tornado, s’inquiète car l'androïde, sévèrement blessé mais normalement capable de se reconstruire, ne revient pas à lui aussi vite que d'habitude...
Par ailleurs, Jefferson Pierce, alias Black Lightning, mène l'enquête, en se faisant passer pour un émissaire de Lex Luthor, au sujet de la disparition inexpliquée et récente de plusieurs super-vilains - spécialement Plastique et l'Electrocuteur.
Celle qui pourrait le savoir est Vixen mais elle est justement piègée en allant à la rencontre de la Question ...
Dans l'ombre sont à l'oeuvre T.O. Morrow, l'inventeur de Red Tornado, qui s'est allié avec Felix Faust et Salomon Grundy. Et si Morrow est là, Amazo n'est pas loin non plus : la situation s'annonce explosive et la JLA n'attendra pas longtemps pour reprendre su service !
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Comme Red Tornado, la JLA est encore en pleine reconstruction et il faudra 7 épisodes à Brad Meltzer pour réassembler toutes les pièces d'une intrigue complexe mais, disons-le tout net et sans attendre, bien moins convaincante qu'Identity Crisis (qu'il considèra comme sa première histoire avec la JLA).
Si l'on cherche une analogie au processus de fabrication du récit ici proposé, c'est à une recette de cuisine qu'on pense : une pincée d'existentialisme chez Red Tornado, un peu de totem de Vixen, un zeste de magie de Felix Faust, quelques grains de savant fou façon T.O. Morrow, une pointe de mort-vivant avec Salomon Grundy, quelques gouttes de réplicant fou genre Amazo, le tout pimenté par les négociations du trio Batman-Wonder Woman-Superman, et le plat est prêt à être servi !
Mais le met est-il bon pour autant ? Pas autant qu'il aurait pu (dû ?)... En fait, Meltzer s'amuse avec le lecteur en ne lui donnant pas ce à quoi il s'attend - ce à quoi il était en droit d'attendre même. Finalement, c'est moins la refondation de l'équipe que des intrigues séparées mais se croisent qu'il s'agit : ces jonctions doivent former par la force des choses un groupe et un récit, mais si cette nouvelle Ligue comporte quelques bonnes surprises, ce dans quoi elle est embarquée est moins captivant à force d'être délayé.
Le lien entre tous ces évènements est l'androïde Red Tornado, décrit comme une version de Pinocchio... mais plus violente. Choisir d'axer l'histoire autour de ce héros de seconde zone n'est pas une option vraiment passionnante (à moins d'adorer le personnage). Ensuite, Meltzer, fidèle à sa réputation, ne ménage pas le lecteur avec des effets "gore" qui sont franchement complaisants ici. On a alors la désagréable impression qu'Authority s'est invité dans les pages de la JLA, comme si la parodie avait eu raison de l'original dont elle s'est inspirée - un comble !
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Le dessin détaillé et massif d'Ed Benes souligne cette tendance "dure" avec laquelle Meltzer traite son sujet. L'artiste brésilien est un bon artisan au style solide, dans la veine d'un Jim Lee, et il respecte fidèlement les directives du scénariste. Les amateurs de planches (souvent doubles) spectaculaires seront comblés, mais ceux qui préférent la fluidité et la finesse devront passer leur chemin.
J'ai en outre trouvé que Benes affichait des faiblesses préjudiciables dans ce type d'entreprises, incapable de varier le physique de ses héros et héroïnes - les premiers sont tous des armires à glace aux mâchoires carrées, les secondes des créatures pulpeuses aux poses exagérèment sexys. Le casting fourni de cette nouvelle Ligue souligne ces lacunes.
Lorsqu'on repense à l'association de Meltzer avec un graphiste bien plus complet comme Rags Moralès, la comparaison n'est pas favorable à Benes.
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Néanmoins, le scénariste a bien compris 5 points essentiels à une renaissance de la JLA comme équipe et comme titre :
- 1/ elle doit inclure les icônes du "DCverse",
- 2/ elle doit s'ouvrir à de nouvelles recrues,
- 3/ elle doit être intimement connectée à l'Univers DC,
- 4/ elle doit avoir des ennemis dignes d'elle,
- et 5/ elle doit savoir surprendre ses lecteurs.
A l'évidence, Meltzer aime ces personnages et écrire leurs aventures, mais justement cette affection l'empêche de rendre une copie plus satisfaisante et plus mesurée.
Le précédent "revival" de la JLA avait été dirigé par Grant Morrison et l'écossais s'était appuyé sur une formation plus classique mais aussi plus dense, celle des "big 7" – Superman, Batman, Wonder Woman, Green Lantern, Flash, Martian Manhunter et Aquaman. L'équipe avait de l'allure et de la consistance car elle n'était composée que de héros icôniques.
Meltzer a converti le concept des "big 7" de Morrison en "big 3" : sa Ligue repose toute entière sur le trio emblèmatique Superman-Batman-Wonder Woman, qui, du coup, fait immanquablement de l'ombre au reste de l'équipe. On passe trop de temps à passer en revue tous les membres susceptibles d'intégrer la Ligue et pas assez à les voir en action. 7 épisodes, souvent long d'une trentaine de pages, avec d'abondants dialogues et des voix-off envahissantes, ont raison de notre patience.
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Même si ce n'est pas une mauvaise bande dessinée, ce recueil ne provoque pas une adhésion suffisante, à la fois compte tenu des enjeux d'un tel relaunch et des qualités de ses auteurs. Un départ aussi laborieux plombe une série, a fortiori quand elle doit être relancée, et c'est la raison pour laquelle, après le crossover avec la JSA qui suivit cet arc, je n'ai suivi que de loin le titre.