Affichage des articles dont le libellé est Paul Rudd. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Paul Rudd. Afficher tous les articles

dimanche 5 mars 2023

ANT-MAN ET LA GUÊPE : QUANTUMANIA, de Peyton Reed (Critique avec spoilers !)


La Phase V du MCU débute donc avec Ant-Man et la Guêpe : Quantumania, 31ème film produit par Kevin Feige, et troisième chapitre des aventures de l'homme fourmi. Le long métrage de Peyton Reed a la lourde tâche de faire oublier une Phase IV très inégale et très moyenne artistiquement, où Feige a voulu que les séries sur Disney + et les films en salles se complètent, sans convaincre, mais aussi d'introduire celui qui doit succéder à Thanos comme le grand méchant de cet univers : Kang le conquérant. Verdict ?


Après avoir survécu au "snap" de Thanos et avoir retrouvé Janet Van Dyne détenue pendant trente ans dans le royaume quantique, Hank Pym et sa fille Hope ont pleinement accueilli au sein de leur famille Scott Lang et sa fille Cassie, qui partage avec les Pym le goût de la science. Contre l'avis de Janet, Cassie a conçu un appareil permettant de cartographier le microvers, mais un incident se produit qui attire tout le monde dans cette dimension. Scott et Cassie sont séparés de Hope, Hank et Janet et bientôt appréhendés par des rebelles qui évoquent un conquérant inquiétant.


Janet, elle, renoue avec de vieilles connaissances dans le royaume quantique et demande de l'aide à Krylar. Mais celui qui avait combattu Kang à ses côtés travaille désormais pour ce dernier. Hope se défend et avec Hank et Janet réussit à s'enfuir à bord du propre vaisseau de Krylar. Cependant, évoquant Janet devant les rebelles, Scott comprend que le conquérant est l'ennemi de sa belle-mère et qu'il a envoyé son plus féroce tueur contre le campement. Scott et Cassie sont capturés par M.O.D.O.K., qui n'est autre que Darren Cross, l'ancien Yellowjacket, transformé par Kang.


Présenté à ce dernier, Scott passe un marché avec le conquérant qui lui explique que Janet a détruit le réacteur de son vaisseau temporel et s'il le récupère, il laissera la vie sauve à Cassie. Scott se jette dans le vide quantique pour récupérer le réacteur alors que, au même moment, Hope avec Hank et Janet approche. Hope rejoint Scott et ensemble ils trouvent le réacteur. Mais au moment de le remettre à Kang, Janet s'interpose. Kang neutralise Scott et Hope tandis que MODOK laisse Hank pour mort. Janet est emmenée dans la citadelle de Kang.


Cassie, pendant ce temps, réussit à s'évader de sa cellule et elle accède aux quartiers de Kang depuis lesquels elle en appelle aux rebelles pour qu'ils attaquent la citadelle du conquérant. Scott et Hope se joignent à eux et causent d'importants dégâts, tandis que profitant que Kang soit distrait par cet assaut, Janet endommage à nouveau le réacteur. Kang est obligé de descendre s'occuper lui-même des rebelles. Affrontant Scott et Hope, il les domine. Jusqu'à ce que Hank et des fourmis du microvers arrivent et ne l'écrasent. 


MODOK, rejeté par Kang, meurt en soutenant les rebelles. Janet ouvre un portal quantique qu'elle emprunte ensuite avec Cassie, Hank et Hope. Mais Kang tente de se glisser dans l'ouverture à la place de Scott qui l'en empêche. Hope revient l'aider à tuer le conquérant et ils rentrent chez eux après avoir vu les rebelles prendre le contrôle de la citadelle. Quelque temps après, alors qu'il rejoint Hope, Hank, Janet et Cassie, Scott s'interroge sur les conséquences de cette bataille dans le microvers en espérant que tout ira pour le mieux...

Deux scènes additionnelles sont visibles après le générique de fin : dans la première, Immortus, la version la plus futuriste de Kang, réunit tous les variants du conquérants pour préparer une riposte d'envergure contre notre ligne temporelle susceptible de perturber le multivers ; dans la seconde, Loki et l'agent M. Mobius de la T.V.A. assistent à une représentation du spectacle de Victor Timely, un autre variant de Kang dans les années 1900, que le dieu asgardien estime être une menace sérieuse...

Ant-Man et la Guêpe : Quantumania n'a plu ni à la critique ni au grand public - aux Etats-Unis, le film a même vu sa fréquentation en salles diminuer dramatiquement lors de sa deuxième semaine et il ne faut donc pas espérer qu'il fasse un aussi bon score que les deux autres volets de la trilogie. Autant dire que cette Phase V du MCU démarre mal.

Les commentateurs et analystes ont beaucoup glosé sur les raisons de cette déconvenue, surtout après une Phase IV qui a déjà beaucoup déçu artistiquement et commercialement. On a pointé la stratégie de Kevin Feige, le grand architecte du MCU, qui a voulu que films en salles et séries en streaming sur Disney + forment un grand tout. On a aussi remarqué que les films Marvel, en perdant Iron Man/Robert Downey Jr. et Captain America/Chris Evans n'avaient plus de héros aussi fédérateurs. Et puis on a aussi évoqué une possible lassitude du public, comblé au terme de la Phase III avec le diptyque Avengers : Infinity War/Endgame, bouqet final d'une entreprise menée durant dix ans.

Il y a du vrai dans toutes ces hypothèses. Feige a certainement vu trop gros, trop grand, et le public n'a sans doute pas voulu être obligé de suivre séries et films pour être sûr de ne rien rater. Ni Downey Jr. ni Evans n'ont été remplacés. Et depuis Infinity War/Endgame, aucune super-production Marvel n'est parvenu à nous faire frissonner autant. Thanos et la menace qu'il incarnait manquent.

Mais faut-il tout jeter, brûler ce qu'on a adoré ? Il reste des choses excitantes à venir, comme le vol. 3 des Gardiens de la Galaxie, The Marvels. Même si on préferait que Kevin Feige s'occupe plus de Doctor Strange, de Scarlet Witch, de Hawkeye, et que Thor ait au moins un dernier tour d'honneur à sa mesure, on peut aussi être curieux de voir ce que va donner le prochain Captain America, New World Order, avec Sam Wilson/Anthony Mackie dans le rôle. Par contre, c'est vrai que la perspective de revoir les Eternels, de découvrir les Thunderbolts, voire Blade, est beaucoup moins attirante (à mon goût à tout cas).

Quantumania ne me semble pas mériter toutes les critiques négatives qu'il a eues. Certes, il est moins bon que le premier Ant-Man et que Ant-Man et la Guêpe, qui jouaient à fond la carte du "petit" film récréatif et tenaient grâce à la sympathie qu'on avait pour Paul Rudd (malgré son manque total d'alchimie avec Evangeline Lilly). Les effets spéciaux sont parfois moyens et les designs du royaume quantique sont inégaux. Mais de là à le traiter comme Thor : Love and Thunder, non, quand même pas.

Pour ma part, et je sais que je risque d'être isolé, j'ai apprécié l'histoire, qui met vraiment en avant Janet Van Dyne, explique bien sa relation avec Kang, la raison pour laquelle le conquérant temporel est coincé dans le royaume quantique. Le scénario de Jeff Loveness est bien construit à défaut d'être toujours original et captivant, avec ses trois actes classiquement développées (l'errance dans le microvers, le marché que passe Kang avec Ant-Man, la rébellion finale). Il y a du rythme, le film n'est pas trop long (juste 2h. 05).

Evidemment, ce n'est pas parfait ni suffisant. Bill Murray ne fait que passer et il déçoit (j'attendais un grain de folie avec lui, qui n'est pas venu). Michael Douglas est sous-exploité. Kathryn Newton (troisième actrice à incarner Cassie Lang) est incapable de donner de la chair à son personnage. Evangeline Lilly confirme qu'elle est un total miscast.

Mais bon sang, Paul Rudd est fantastique, charmeur et charmant, une vraie perle. Et puis Michelle Pfeiffer éblouit : elle a une partition à défendre et elle le fait avec cette présence intacte, un jeu nuancé. Enfin, Jonathan Majors est tout sauf un acteur sobre, il en fait à peine moins que dans le final de Loki saison 1, mais le bonhomme a un sacré charisme. Je doute encore qu'il puisse rivaliser avec le Thanos que campait Josh Brolin, mais il a les épaules pour être ce grand adversaire impitoyable, dangereux qu'exige la suite du MCU.

Par ailleurs, j'ai lu beaucoup de trucs sur la laideur du film et honnêtement je n'ai pas compris pourquoi. Il était fait mention d'un mauvais pastiche de Star Wars pour la population et quelques décors du royaume quantique. Mais comme l'univers Star Wars ne m'a jamais passionné, je n'ai pas été gêné. D'autant moins que, faut-il la rappeler, Star Wars n'a absolument rien inventé puisque George Lucas a tout pompé sur Valérian et les graphismes de Mézières (et ceux de Moebius aussi).

Bien sûr, ce n'est pas parfait non plus sur ce plan-là et il faudrait vraiment que les concepteurs des effets spéciaux soient mieux traités par Marvel/Disney (la grogne dure depuis un moment maintenant), alors que, auparavant, il n'y avait pas grand-chose à redire. On se serait passé d'un MODOK aussi ridicule (même si la véritable erreur réside davantage dans le fait de l'avoir intégré à du live action parce que même mieux écrit qu'ici, impossible de garder son sérieux avec une telle créature). Toutefois, la diversité du bestiaire deu royaume quantique, la diversité des environnements, jusqu'à la citadelle de Kang (vraiment impressionnante, j'ai trouvé) compensent ces faiblesses et montrent l'investissement de Peyton Reed et ses équipes pour faire le show.

Peut-être suis-je trop bon public, trop gentil, trop indulgent avec ce Ant-Man et la Guêpe : Quantumania. Mais je l'ai trouvé plus satisfaisant que tous les films de la Phase IV. Je crois (et j'en suis même sûr) que Les Gardiens de la Galaxie vol. 3 et The Marvels cette année me plairont plus, seront plus aboutis. Que cette Phase V sera aussi très différente (Feige a déjà tenu à rassurer que le multivers ne serait pas au programme de tous les prochains films), y compris avec les séries Disney +. 

mardi 31 janvier 2023

S.O.S. FANTÔMES : L'HERITAGE, de Jason Reitman


Une autre bonne résolution que j'ai prise pour 2023, c'est de moins écrire de critiques de film, puisque la vocation de ce blog est de se consacrer aux comics. Donc, je vais tâcher de m'en tenir aux films adaptés de comics, et quand je ferai exception à cette règle, ce sera pour des films comme S.O.S. Fantômes : L'Héritage, qui ne dépareille pas trop.
 

2021. Callie Spengler hérite de la ferme à l'abandon de son père, Egon, où elle s'installe avec ses deux enfants, Trevor, qui traîne vite avec Lucky, une jolie serveuse dont il s'est amourachée, et Phoebe, sa cadette, fan de sciences, qui devient l'ami de Podcast, un camarade de classe, et Gary Grooberson, son prof, féru de sismologie et intrigué par la fréquence inhabituelle des tremblements de terre dans ce trou perdu de l'Oklahoma.


Lorsque Pheobe découvre que la ferme est hantée et qu'en pistant le fantôme qui l'occupe, elle tombe sur le laboratoire secret de son grand-père, elle en parle à Podcast et Gary. De son côté, Trevor, pour séduire Lucky, répare la voiture de Egon et la conduit jusqu'à la mine désaffectée de Summerville où ils sont témoins d'étranges phénomènes.


Avec Podcast, Phoebe teste l'étrange métériel de Egon lorsqu'elle surprend un ectoplasme dans l'usine abandonnée voisine. S'ensuit une course-poursuite avec Trevor dans les rues de Summerville au terme de laquelle le spectre est capturé mais au prix de gros dégâts métériels. Phoebe profite de pouvoir passer un coup de fil pour appeller Ray Stantz, dont elle trouvé le numéro dans les affaires de Egon. Gary le connaît aussi de réputation et lui explique ensuite qu'il s'agissait d'un membre des Ghosbusters de New York dans les années 1980.


Pendant que Gary tente de rassurer Callie au sujet de ses enfants, ceux-ci avec Podcast et Lucky visitent le mine où une installation de Egon empêche des démons de s'enfuir.. Mais deux de ces créatures trouvent quand même la sortie et possèdent Callie et Gary qui viennent libérer leur maîtresse Gozer, une vieille ennemie des Ghostbusters. Le chaos s'empare de la ville et les apprentis chasseurs de fantômes doivent s'interposer en récupérant le matériel de Egon au commissariat... Avant de recevoir des renforts bienvenus et de faire leurs adieux à Egon.


Je suis assez vieux maintenant pour avoir vu Ghostbusters en salle (c'était en 1984). Il n'empêche, tout ça semble venir d'une autre époque, d'un autre temps, celle d'un cinéma qui mixait comédie et fantastique avec des effets spéciaux rudimentaires, une époque où Ivan Reitman allait pour un temps devenir le roi du pétrole en signant deux blockbusters en compagnie de Harold Ramis, Dan Aykroyd, Bill Murray, Ernie Hudson et Sigourney Weaver (qui, elle, avec Alien et Aliens, était déjà une sorte d'égérie de la s.-f. horrifique).

Pendant des années, Dan Aykroyd et Ivan Reitman voulurent complèter une trilogie, sans y parvenir. Il faudra attendre 2016 pour que ce troisième acte prenne forme, mais sous la houlette de Paul Feig et avec un casting entièrement féminin, qui s'attirèrent les foudres de la critique et des fans - je me garderai de tout jugement, ne l'ayant pas vu.

N'empêche, S.O.S. Fantômes semblait mort et enterré. Jusqu'à ce que le propre fils de Ivan Reitman, pourtant peu connu pour signer des films de ce genre, fasse ce cadeau à ceux qui ne l'attendaient plus. Il faut dire qu'entre-temps, en 2014, Harold Ramis, un des Ghosbusters originaux, disparut et il s'agissait alors presque d'un devoir de mémoire. Et de transmission. Deux thèmes au centre de L'Héritage.

Plutôt que de rappeler les acteurs originaux, autrement que pour le fan-service, Jason Reitman et son co-scénariste Gil Kenan ont eu l'heureuse inspiration de faire d'une bande de gamis leurs héros. Du coup, cet opus en évoque un autre, je veux parler des Goonies (Richard Donner, 1985) avec ces aventuriers en culottes courtes.

Le cinéaste fait souffler un air frais sur cettee histoire de revenants tout en adressant un clin d'oeil appuyé aux deux premiers films (surtout au premier), oubliant le reste. Ce qui s'appelle revenir à la source mais en allant de l'avant - d'ailleurs, une suite est déjà prévue.

L'intrigue est rondement menée et on ne voit pas passer les deux heures du film, qui réserve une place de choix aux deux adultes, la mère dépassée et le prof complice, qui vont tomber amoureux - ce qui est certes convenu mais bien amené. Reitman fils peut s'appuyer sur deux excellents acteurs pour cette partie de l'histoire puisqu'il a sollicité Carrie Coon, comme d'habitude formidable, et Paul Rudd, comme toujours impeccable.

Le casting des jeunes héros est également une réussite. Les fans de Stranger Things (dont je ne suis pas) reconnaîtront Finn Wolfhard dans le rôle de ce benêt de Trevor, mais les autres préféreront retenir le nom de Logan Kim, irrésistible Podcast, et surtout de McKenna Grace, extraordinaire comédienne qui emporte tout sur son passage.

Olivia Wilde campe le rôle de la méchante Gozer, mais, et c'est mon seul bémol, le personnage apparaît un peu tardivement et n'a donc que peu de temps pour s'imposer comme la terrible menace qu'elle est censée incarner. 

Certains ont reproché au film de justement trop jouer la carte fan service, mais ce n'est pas mon avis. J'ai trouvé que c'était sobre et mesuré. Et de toute façon, comme je l'ai déjà dit, j'ai accroché sans effort à la proposition.

Le mauvais sort a voulu que Ivan Reitman parte à son tour, il y a presque un an (en Février 2022), mais le succès commercial du film a dû le combler. Amen.

Vivement la suite donc - en souhaitant que la franchise ne perde plus un seul de ses éléments cette fois (avant ou après).

dimanche 12 mai 2019

AVENGERS : ENDGAME, d'Anthony et Joe Russo


Le voici : le dernier acte de "la saga de l'infinité" et la dernière aventure des Avengers dans l'incarnation que nous connaissons depuis 2012. Une page se tourne pour le MCU et ses fans, en fanfare compte tenu des scores pharamineux au box office mondial pour le film depuis sa sortie. Mais aussi avec une vraie émotion. Ce qui constitue le vrai exploit réalisé par les frères Russo.

Captain Marvel, la Veuve Noire, War Machine, Thor, Captain America, Rocket
(Brie Larson, Scarlet Johansson, Don Cheadle, Chris Hemsworth, Chris Evans, Bradley Cooper)

Trois semaines après le claquement de doigts de Thanos qui a fait disparaître la moitié de toute vie dans l'univers, Captain Marvel sauve Tony Stark et Nebula à la dérive dans l'espace. Elle les ramène sur Terre où demeurent les survivants de la bataille du Wakanda - Bruce Banner, Steve Rogers, James Rhodes, Natasha Romanoff, Rocket et Nebula. Grâce aux connaissances de cette dernière, ils localisent Thanos et partent à sa rencontre pour réparer ce qu'il a causé en récupérant les pierres d'infinité. Mais le titan a détruit les gemmes. Thor le tue dans un accès de rage.

Cinq après...

Cinq ans passent. Scott Lang/Ant-Man réussit miraculeusement à sortir du royaume quantique et gagne le Q.G. des Avengers, en comprenant en route ce qui s'est produit en son absence. Il explique à Steve Rogers et Natasha Romanoff que le temps s'est écoulé différemment pour lui et que là réside peut-être la solution pour sauver l'humanité, en remontant le temps. Contacté, Tony Stark refuse d'aider car il ne veut pas perdre Pepper Potts et leur fille, Morgan, sur un coup de dés. 

Clint Barton, James Rhodes, Tony Stark, Steve Rogers, Nebula, Rocket, Scott Lang,
Natasha Romanoff (Jeremy Renner, Don Cheadle, Robert Downey Jr., Chris Evans,
Karen Gillan, Bradley Cooper, Paul Rudd, Scarlett Johansson)

Rogers, Romanoff et Lang font ensuite appel à Bruce Banner (qui a réussi à concilier la force de Hulk en conservant ses capacités intellectuelles). Il est disposé à construire une machine temporelle mais en précisant que s'ils altèrent le passé, ils crééront des univers parallèles et ne répareront rien. Tandis que Hulk et Rocket partent chercher Thor, qui a sombré dans l'alcoolisme, en Norvège où il a bâti une nouvelle Asgard avec Valkyrie, Natasha traque Clint Barton, reconverti en tueur de gangsters depuis la disparition de sa famille, et Tony Stark, encouragé par Pepper, rejoint le projet des Avengers.

 En route pour le "casse temporel"...

L'opération vise à un "casse temporel" (dixit Ant-Man) en subtilisant les pierres d'infinité dans le passé avant Thanos. Quatre groupes sont formés pour atteindre des années et des lieux distincts. Rocket et Thor partent pour Asgard en 2013 où Jane Foster se remettait après avoir intégré l'Ether, l'énergie à la base de la pierre de Réalité.

 Tony Stark et Steve Rogers

Stark, Rogers, Banner et Lang se retrouvent à New York en 2012, lors de la bataille contre les Chitauri et Loki, pour reprendre à ce dernier la pierre de l'Esprit. Banner convainc l'Ancien de lui confier la pierre du Temps. Mais Rogers et Stark sont obligés de remonter jusqu'en 1970, dans une base du SHIELD, pour avoir la pierre de l'Espace.

 Nebula et War Machine

Nebula et War Machine arrivent en 2014 sur Morag où ils doivent voler la pierre du Pouvoir avant Peter Quill. Mais au moment de revenir en 2019, Nebula est stoppée par sa version de l'époque qui l'a repérée grâce à leurs implants cybernétiques communs et qui va permettre, sous la torture, à Thanos d'atteindre 2019.

 Natasha Romanoff et Clint Barton

La même année, sur Vormir, la Veuve Noire et Hawkeye récupèrent, au prix d'un terrible sacrifice, la pierre de l'Âme. Les Avengers sont à nouveau en 2019 avec les six pierres d'infinité. Il ne reste plus qu'à annuler le sort de Thanos... 

 Thanos (Josh Brolin)

Thor, toujours accablé par son échec cinq ans auparavant, se porte volontaire pour enfiler le gant d'éternité conçu par Stark. Mais craignant qu'il ne soit pas assez lucide à cause de son alcoolisme, Hulk prend sa place. Il claque des doigts...

 Le Q.G. des Avengers

... Et, grâce à un appel de sa femme sur le téléphone de Barton, l'équipe peut constater que les disparus sont revenus parmi les vivants. Malheureusement, les héros ne savourent pas longtemps leur joie.

 Thor (Chris Hemsworth)

Thanos, amené en 2019 par la Nebula de 2014, détruit avec son vaisseau le QG des Avengers. Il charge sa fille de récupérer le gant d'infinité et les pierres. Emergeant des décombres, Thor puis Iron Man et Captain America défient Thanos, sans réussir à l'abattre. Le titan va détruire la Terre et ses habitants pour avoir osé contrarier son plan, son armée débarque de son gigantesque vaisseau. La situation paraît perdue.


Mais les héros désintégrés ayant été ramenés à la vie, les voici qui surgissent, téléportés par le Dr. Strange, sur le théâtre de la bataille finale, formant une armada aussi impressionnante que celle de Thanos. La charge est lancée et se soldera par la victoire des héros, non sans avoir essuyé la perte d'un des plus emblématiques d'entre eux.

Depuis sa sortie le 24 Avril en France et deux jours après aux Etats-Unis, Avengers : Endgame n'est plus un simple film de plus dans le MCU ou même dans l'Histoire du cinéma : c'est un phénomène, en passe de devenir le plus grand succès commercial du Neuvième Art. Dans ces conditions, la critique devient étrangement décalée.

Mais pas impossible ni superflue. Car la question reste de savoir s'il s'agit d'un bon film, et aussi d'une conclusion satisfaisante aux dix premières années et à la vingtaine de longs métrages Marvel qui l'ont précédé.

Anthony et Joe Russo avec leurs scénaristes Christopher Markus et Stephen McFeely ont eu à relever un défi fou car Infinity War, le précédent opus des Avengers, avait marqué les esprits des spectateurs et des critiques par un dénouement extraordinairement culotté - la défaite des héros et la mort d'un paquet d'entre eux contre Thanos.

Le début de Endgame surprend franchement puisqu'en un quart d'heure ce qui reste des Avengers plus Captain Marvel, Rocket et Nebula débusquent fissa Thanos et Thor le décapite par dépit et colère en apprenant qu'il a fait en sorte que son grand nettoyage ne soit pas corrigé. Thor le décapite, dépit et furieux.

Une ellipse de cinq ans nous montre la situation des survivants et l'état du monde après la catastrophe jamais réparée. Les deux réalisateurs évoquent brillamment la magnifique série The Leftovers en quelques scènes où New York dans la brume semble abandonnée, vidée de toute population, puis une réunion à laquelle participe Steve Rogers ou la veillée de Natasha Romanoff, seule gardienne du QG des Avengers. Le climat est pesant, d'une infinie tristesse, témoignant de l'impuissance des héros, de leur quête de résilience, de leur impossible deuil.

Puis le deuxième acte s'ouvre avec le retour de Scott Lang, qu'on avait laissé prisonnier du royaume quantique à la fin de Ant-Man et la Guêpe. Découvrant la situation, il rallume l'espoir chez les Avengers en leur soumettant une idée folle pour ramener leurs chers disparus.

Le scénario mute alors en un récit d'aventures pur, devient un film de "casse temporel", où il s'agit de récupérer les pierres d'infinité avant que Thanos ne se les approprie dans le passé. L'argument, souvent supposé chez les fans, se vérifie mais son exécution est remarquable, à la fois divertissante et palpitante - avec à la clé une mise au point sur les risques d'altération du continuum espace-temps (dont les conséquences ne se lisent pas dans le présent mais par la création de nouvelles réalités parallèles).

Endgame s'offre alors le luxe jubilatoire  de revisiter de précédents opus du MCU comme le premier Avengers de 2012, Thor : le monde des ténèbres de 2013, Les Gardiens de la galaxie de 2014 et bien entendu Infinity War de 2018. Une fascinante et ludique rétrospective.

Mais pas seulement car, déjà, le scénario sacrifie un de ses personnages emblématiques. Le procédé est casse-gueule car dans les comics, on ne meurt jamais définitivement, tandis qu'au cinéma il faut convaincre le spectateur du contraire tout en parvenant à communiquer une émotion à la mesure de l'événement dans la narration. McFeely et Markus abattent parfaitement leur carte en rendant cette mort logique, étonnante et émouvante. On sent alors que Endgame mérite son nom : c'est bien la fin de la partie. Et pourtant ce n'est pas encore terminé.

Car, à la faveur d'une astuce, difficile à bien résumer, alors qu'elle est admirablement exposée dans le déroulement du récit, le troisième acte s'ouvre sur un coup de théâtre qui voit se succèder un moment de bonheur (l'opération réussie) et de terreur (la revanche de Thanos).

Ce dernier chapitre s'inscrit le plus franchement dans le registre super-héroïque, avec un déploiement d'effets spéciaux, de scènes spectaculaires, de morceaux de bravoure, à la fois attendus et encore surprenants. C'est sans doute là la plus grande gageure du film : surprendre encore avec de vieilles recettes, le folklore directement issu des comics.

On a droit au cri de guerre tant espéré, desiré ("Avengers rassemblement !"), Captain America digne de brandir Mjolnir, son bouclier brisé, le retour des disparus (grandiose), un clin d'oeil au "girls power" (un plan qui a bien entendu hérissé le plus machos, et tous les trolls qui passent leur temps libre à vomir sur Brie Larson à qui ils ne pardonnent pas ses propos sur la diversité et l'égalité - pauvres abrutis !), Spider-Man virevoltant, et ce final vraiment grisant et sobre à la fois - où un deuxième héros iconique fait ses adieux, tombant au combat. Avoir résisté au mélo, au pathos, à la grande scène d'agonie démontre encore la maîtrise et le talent et le bon goût des scénaristes et des réalisateurs.

Pas de scène post-générique de fin pour Endgame non plus : c'est vraiment la fin du livre (même si, évidemment, dans quelques années, Marvel relancera sa franchise, avec une nouvelle équipe, et peut-être une nouvelle saga). Les jouets sont rangés, non sans malice (l'arc narratif de Captain America, joué excellement par Chris Evans, alimentera les conversations) et avec des promesses alléchantes (Thor, à qui Chris Hemsworth a apporté un "relief" vraiment épatant, dont l'avenir prend une tournure très intéressante).

Le film suscite une certaine frustration car il ne donne pas à voir une grande réunion épique de tous les héros Marvel, comme dans Infinity War. Mais c'est aussi bien, et même mieux : c'est un retour aux basiques, un hommage à l'équipe initiale (même avec les additions de circonstances de War Machine, Ant-Man, Nebula et Rocket). Scarlett Johansson incarne de manière remarquable cet adieu à la fois triste et plein de panache, entourée par Mark Ruffalo et Jeremy Renner (qu'on retrouvera dans une série télé consacrée à Hawkeye). Les autres, apparus après Avengers en 2012, n'ont droit qu'à des miettes, mais forment une sorte de haie d'honneur pour la bande qui a rendu leurs carrières possibles - y compris Captain Marvel (dont les scènes ici ont en fait été filmées avant celles de son propre film !).

Pour tout cela, plus que des félicitations, on a surtout envie de dire, simplement mais sincèrement : merci. Ce fut un sacré voyage. Le MCU est désormais face à son destin (exister et continuer à prospérer avec de nouvelles têtes, faire fructifier les derniers arrivés). Périlleux mais exaltant. Cette partie est finie, la prochaine peut commencer.  

jeudi 4 octobre 2018

ANT-MAN ET LA GUÊPE, de Peyton Reed


Dans la vaste galerie des héros Marvel portés sur grand écran, Ant-Man est à part parce que dans son premier film il se distinguait pas son humour et ses ambitions décalées - pas de monde à sauver, pas de menace énorme. Peyton Reed (qui avait remplacé Edgar Wright à la réalisation au grand dam des geeks) s'est pris au jeu et d'affection pour ce justicier et Marvel lui a confié la suite de ses aventures avec ce Ant-Man et la Guêpe qui s'avère encore plus réussi mais toujours aussi atypique.

 Scott Lang et Hope Van Dyne (Paul Rudd et Evangeline Lilly)

Assigné à résidence, un bracelet électronique à la cheville, pour avoir pris part à la "guerre civile" entre les Avengers (cf. Captain America III : Civil War), Scott Lang a remisé son costume de Ant-Man et n'a plus de contact avec Hank Pym et sa fille Hope Van Dyne, eux-mêmes recherchés pour lui avoir procuré cette technologie (conçue pour le SHIELD). Ces derniers travaillent donc en secret à la construction d'un portail pour explorer le plan sub-atomique, le "royaume quantique" dans lequel Janet Van Dyne s'est perdue en mission en 1987. Or, après avoir rêvé d'elle, Scott laisse un message sur la boîte vocale de Hank... Et se fait enlever peu après par Hope !

La Guêpe et Ant-Man (Evangeline Lilly et Paul Rudd)

Convaincus que Janet a placé une sorte d'antenne-relais miniature dans le crâne de Scott pour leur donner sa position dans le "royaume quantique", Hank et Hope vont précipiter leurs manoeuvres. En commençant par se procurer une pièce essentielle à leur portail auprès de Sonny Burch, un trafiquant. Mais celui-ci, flairant la bonne affaire, exige d'être leur associé. Le deal dégénère mais Hope/la Guêpe s'empare de la pièce avant que n'entre en scène le Fantôme. Scott/Ant-Man vient lui prêter main-forte mais échoue à arrêter leur adversaire.

Bill Foster (Lawrence Fishburne)

Pour retrouver la pièce, Pym accepte à contrecoeur de faire appel à son ancien partenaire, Bill Foster, pour concevoir rapidement un détecteur. Ils localisent vite le repaire du Fantôme mais tombent dans un piège car Foster est son complice. La jeune femme qui se cache derrière le masque du voleur est Ava Starr qu'une expérience ratée de feu son père, lui aussi associé à Pym au SHIELD, a transformé en créature intangible et mourante.  

Ava Starr/Le Fantôme (Hannah John-Kamen)

Pym promet de l'aider mais c'est par la ruse de Scott que lui et Hope réussissent à s'enfuir en récupérant la pièce. Dans le laboratoire miniaturisé de Pym, Hope stabilise cette fois le portail vers le royaume quantique et, grâce à Scott, elle et son père situent la position de Janet dans cette dimension. Cependant Sonny Burch surgit chez Luis, l'associé de Scott, et lui soutire l'adresse de Pym grâce à un sérum de vérité, puis il informe un agent véreux du FBI pour procéder à l'arrestation du scientifique et de sa fille en cavale contre la garde de sa technologie.

Ant-Man et la Guêpe

Obligé de rentrer chez lui pour qu'on ne remarque pas qu'il a violé son assignation à résidence, Scott échappe donc au coup de filet du FBI ainsi qu'à la récupération du labo miniature de Pym par le Fantôme. Mais, quand Hank et Hope sont conduits au poste, il l'apprend par l'agent Woo, chargé de vérifier sa présence chez lui, et une fois celui-ci reparti, il va libérer ses amis. Cette fois, grâce à une balise placée dans le labo, ils n'ont aucun mal à remonter la piste du Fantôme.

Hank Pym dans le royaume quantique

La Guêpe s'échine à reprendre au Fantôme le labo tandis que Ant-Man s'occupe de Burch et ses sbires à leur poursuite. Pendant ce temps, Pym s'est réintroduit dans son labo et emprunte le portail pour accéder au royaume quantique. Il suit le signal émis par Janet et finit par la retrouver puis, ensemble, ils reviennent dans notre dimension... Juste à temps après que la Guêpe ait maîtrisé le Fantôme et rendu au labo sa taille normale et que Ant-Man avec l'aide de Luis ait livré Burch et ses hommes à la police.

Hope et Scott

Grâce à l'énergie quantique assimilée depuis trente ans, Janet rétablit l'instabilité moléculaire d'Ava Starr qui repart avec Bill Foster. Scott, dont les exploits ne sont pas passés inaperçus auprès de Woo en étant retransmis en direct à la télé, a juste le temps de rentrer chez lui pour mystifier l'agent du FBI. Mais sa peine est de toute façon purgée et on lui retire le bracelet électronique : il peut aller voir sa fille Cassie chez son ex-femme et le nouveau compagnon de celle-ci.

Deux scènes supplémentaires apparaissent durant le générique de fin et au terme de celui-ci :

- Scott retourne dans le royaume quantique pour une expérience menée par Janet, Hank et Hope. Mais ceux-ci sont désintégrés par le claquement de doigts de Thanos (cf. Avengers III : Infinity War) et Scott ne peut plus rentrer dans notre dimension.

- Chez Scott, une fourmi géante, qui le remplaçait en son absence pour porter le bracelet électronique, joue de la batterie.

Chacun des personnages portés sur le grand ou petit écran par Marvel a ses qualités et ses défauts, on peut s'amuser à classer quelles sont les adaptations les plus réussies à chaque fois qu'un nouveau film ou une nouvelle série apparaît - si tant est qu'on regarde tout.

Mais, évidemment, avec le temps - dix ans maintenant que le MCU existe et se développe, avec en guise d'apogée attendue Avengers IV l'an prochain, qui devrait à la fois conclure une ère et en démarrer une autre - , le fan a observé qu'il existe différents échelons dans cette production foisonnante et que ceux-ci correspondent à la personnalité des héros et à l'ambition des longs métrages. Autrement dit, tout le monde n'est pas sur un pied d'égalité. Et tant mieux.

A côté des icônes de Marvel (comme Captain America, Iron Man, Thor), il y a les protagonistes en devenir - amenés certainement à prendre du galon dans les prochaines années (comme Black Panther et Captain Marvel) - et les outsiders - dont la renommée est marginale (comme Dr. Strange). Ant-Man appartient à cette seconde catégorie et non seulement s'y est placé dès son premier film mais s'y conforte dans cette suite, jusqu'à partager l'affiche avec sa partenaire, la Guêpe (dont la "naissance" était annoncée à la fin du premier opus).

La genèse du premier opus avait été très laborieuse parce que le cinéaste Edgar Wright avait développé le projet de son côté, soucieux de se lancer dans sa réalisation seulement quand il serait satisfait des effets visuels. Puis des différends concernant son scénario (pourtant jugé brillant par plusieurs de ses confrères) ont abouti au divorce avec Marvel. Quand Peyton Reed hérita du bébé, les geeks se désespérèrent... Avant de de constater que le résultat valait quand même leur indulgence. Quant à Wright, il s'est refait avec Baby Driver (pourtant moins fabuleux que prévu).

Reed s'est attaché aux personnages (sans doute aussi au chèque de Marvel) et cela se voit car sa réalisation abonde en excellentes idées. Le film est très rythmé, on ne voit pas passer les quasi deux heures de l'histoire, et on se met à rêver qu'un comic-book consacré aux héros déploie autant de trouvailles que le long métrage. Tout y passe : miniaturisations à gogo, gigantisme mal contrôlé, courses-poursuites échevelées, rebondissements incessants, interactions multiples... Presque trop d'ailleurs car parfois on se rend compte que certains éléments sont en vérité superflus (le méchant Sonny Burch, campé par Walton Goggins, est surnuméraire dans un scénario avec un adversaire comme le Fantôme, joué par Hannah John-Kamen, dont l'état est suffisamment captivant).

Mais il faut sans doute y voir un reliquat du script écrit à cinq mains, dont celle de Paul Rudd qui enfile à nouveau le costume de Ant-Man. Le comédien a visiblement contribué, comme dans le premier film, à injecter beaucoup de comédie et c'est salutaire. En faisant du héros une sorte de pantin constamment dépassé par ce qui se joue autour de lui, à commencer par l'obligation de rester chez lui pour purger sa peine, les ruses qu'il imagine avec ses compères deviennent autant de ressorts pour les gags que de moyens de l'humaniser.

On pouvait déplorer dans le film précédent la romance tardive qui unissait Scott à Hope, mais l'histoire a pris en compte les événements de Captain America : Civil War et démarre donc avec une brouille entre les deux personnages et Hank Pym. De quoi relancer la machine sans pour autant effacer complètement ce qui avait été mis en place. Rudd et Evangeline Lilly ont une vraie complicité à l'écran, et l'ex-star de la série Lost pique volontiers la vedette à son partenaire grâce à la caractérisation tonique de la Guêpe. Au milieu, Michael Douglas est royal en savant grincheux dont les évocations de son passé révèlent qu'il n'a jamais été un partenaire exemplaire.

Lawrence Fishburne a peu d'espace pour s'exprimer et Michelle Pfeiffer apparaît finalement peu au regard de l'importance que son rôle a dans l'intrigue, mais tout de même le casting a belle allure grâce à eux aussi.

On passe vraiment un très chouette moment avec Ant-Man et la Guêpe, sans doute le plus humble des films Marvel, celui qu'on peut apprécier sans réserve car il ne cherche pas être plus que ce qu'il n'est. Entre deux Avengers et avant Captain Marvel, c'est une récréation salutaire. 

vendredi 13 mai 2016

Critique 886 : CAPTAIN AMERICA - CIVIL WAR, de Anthony et Joe Russo

 Ci-dessus : l'affiche du film.
 Ci-dessus : le poster peint par Paolo Rivera
(dommage que le studio ne l'ait pas retenu comme affiche...)

CAPTAIN AMERICA : CIVIL WAR est un film réalisé par Anthony et Joe Russo, sorti en salles le 27 Avril 2016. Il s'agit du treizième film produit par les Studios Marvel et du premier film de la Phase 3 de Marvel Cinematic Universe.
Le scénario est écrit par Christopher Markus et Stephen McFeely, d'après la mini-série événement écrite par Mark Millar, inspirés par les personnages créés par Stan Lee et Jack Kirby. La photographie est signée Trent Opaloch. La musique est composée par Henry Jackman.
Dans les rôles principaux, on trouve : Chris Evans (Steve Rogers / Captain America), Robert Downey Jr (Tony Stark / Iron Man), Sebastian Stan (Bucky Barnes / Winter Soldier), Scarlett Johansson (Natasha Romanoff / Black Widow), Anthony Mackie (Sam Wilson / Falcon), Elizabeth Olsen (Wanda Maximoff / Scarlet Witch), Don Cheadle (James Rhodes /War Machine), Paul Bettany (Vision), Jeremy Renner (Clint Barton / Hawkeye), Paul Rudd (Scott Lang / Ant-Man), Tom Holland (Peter Parker / Spider-Man), Chadwick Boseman (T'Challa / Black Panther), Emily VanCamp (Sharon Carter), William Hurt (Général Ross), Martin Freeman (Everett Ross), Daniel Brühl (Helmut Zemo), Marisa Tomei (May Parker).
*
*

1991. Bucky Barnes alias Winter Soldier est encore sous l'emprise des russes qui le réactive et le conditionne pour une mission. Il se lance à la poursuite d'une voiture sur laquelle il tire avant de descendre de sa moto pour achever les passagers.

De nos jours, à Lagos (Nigéria), Captain America dirige un groupe d'Avengers (Falcon, Scarlet Witch, Black Widow) pour arrêter Crossbones et son commando, sur le point de voler une arme chimique dans un laboratoire. L'opération dégénère quand Scarlet Witch, en voulant éloigner le malfrat qui veut se faire exploser, provoque la destruction d'un étage d'un immeuble, causant plusieurs morts de civils à l'intérieur. Parmi les victimes se trouvent des ressortissants du Wakanda voisin.
 Le Général Ross
(William Hurt)

De retour aux Etats-Unis, les Avengers actifs (donc avec Tony Stark/Iron Man, James Rhodes/War Machine et Vision) au complet écoutent le Général Ross, missionné par les Nations Unies, leur expliquer que leurs dernières interventions ont décidé les autorités à légiférer. En effet, les super-héros agissent en territoire étranger sans permission mais surtout infligent des dégâts matériels considérables et des morts parmi les populations - images à l'appui, ils revoient New York attaqué par Loki et les Chitauris (voir Avengers), la chute de l'héliporteur du SHIELD (voir Captain America : Winter Soldieret les ravages subis par la Sokovie contre Ultron (voir Avengers : L'ère d'Ultron). 
 De gauche à droite : Tony Stark/Iron Man, James Rhodes/War Machine,
Natasha Romanoff/Black Widow, Steve Rogers/Captain America, 
Sam Wilson/Falcon, Vision et Wanda Maximoff/Scarlet Witch
(Robert Downey Jr, Don Cheadle, Scarlett Johansson,
Chris Evans, Anthony Mackie, Paul Bettany et Elizabeth Olsen). 

L'ONU soumet donc un cahier des charges aux Avengers, encadrant leurs actions : ils ne pourront plus intervenir que sur ordre et en étant évalués en fonction de la dangerosité de leurs pouvoirs. Le débat fait rage au sein de l'équipe après le départ de Ross : certains (Iron Man, War Machine, Vision, Black Widow) acceptent ces conditions pour pouvoir continuer à protéger le monde, d'autres (Falcon, Captain America, Scarlet Witch) refusent de dépendre des intérêts politiques. Ceux qui ne voudront pas obéir aux Nations Unies savent néanmoins qu'ils seront soit hors-la-loi, soit forcés de se retirer.
 Captain America et Iron Man
(Chris Evans et Robert Downey Jr)

A Vienne, les chefs d'Etat ou leurs représentants sont réunis pour voter la loi encadrant les super-héros. Parmi eux, Black Widow fait la connaissance du roi du Wakanda, T'Chaka, et son fils, T'Challa. Celui-ci remarque des mouvements suspects dans la rue et, peu après, une camionnette explose, soufflant le bâtiment et tuant plusieurs personnes - dont T'Chaka.
Rapidement, l'enregistrement d'une caméra de vidéo-surveillance de la rue où a eu lieu l'attentat circule et permet d'identifier le terroriste : il s'agit de Bucky Barnes alias Winter Soldier ! T'Challa jure de le tuer, même si Black Widow tente de le raisonner tout comme elle essaie de dissuader Captain America de vouloir appréhender son ami avant les force spéciales lancées à ses trousses. 
Mais Steve Rogers bénéficie d'informations, transmises par l'agent Sharon Carter, et localise Bucky dans une de ses planques à Bucarest.
 Black Panther
(Chadwick Boseman)

A Bucarest, avec Falcon, Captain America essaie de stopper Bucky tout en affrontant Black Panther. Mais finalement tous se font arrêter par les forces spéciales. Black Panther se démasque alors et se révèle être le prince T'Challa.
Bucky est incarcéré et mis à la disposition d'un psychologue, le Dr Broussard, qui l'interroge : ce dernier est en réalité Helmut Zemo, ressortissant de la Sokovie, en possession d'un carnet contenant des codes stimulant le conditionnement mental du Winter Soldier. Celui-ci réussit à se libérer et prend la fuite. Il affronte et écarte ceux (Tony Stark, Sharon Carter, Natasha Romanoff et T'Challa) qui s'interposent jusqu'à atteindre un hélicoptère. Mais Steve Rogers provoque le crash de l'appareil et en profite pour exfiltrer Bucky, k.o..

L'évasion du Winter Soldier et la disparition de Captain America et Falcon tend encore plus les relations entre le Général Ross et Tony Stark : le premier veut lancer ses troupes aux trousses des fugitifs avec la permission de les tuer, le second obtient un délai de 36 heures pour raisonner Rogers, Barnes et Wilson.
Iron Man et Black Widow convoquent des renforts en appelant Vision, en recrutant Spider-Man et  en invitant Black Panther.
De son côté, Captain America obtient de Hawkeye qu'il sorte de sa retraite, que Scarlet Witch quitte Vision et que Ant-Man les rejoigne. Ils gagnent un aérodrome pour partir en Russie où Bucky pense que Helmut Zemo va aller pour réanimer d'autres super-soldats formés comme lui au sein de la "Red Room". 
 L'équipe de Captain America avec, de gauche à droite :
Falcon, Ant-Man, Hawkeye, Scarlet Witch, Captain America, Winter Soldier
(Anthony Mackie, Paul Rudd, Jeremy Renner, Elizabeth Olsen
Chris Evans, Sebastian Stan).

Mais, à l'aéroport, les Avengers dissidents sont attendus par ceux rassemblés par Iron Man. 
 L'équipe d'Iron Man avec, de gauche à droite :
Black Panther, Vision, Iron Man, Black Widow, War Machine
(Chadwick Boseman, Paul Bettany, Robert Downey Jr
Scarlett Johansson, Don Cheadle).

Stark surprend Rogers lorsque Spider-Man intervient en lui subtilisant son bouclier. Ce geste déclenche les hostilités. 
 Spider-Man
(Tom Holland)

Un affrontement spectaculaire s'ensuit entre les deux formations et personne ne retient ses coups.

In fine, pourtant, Bucky et Captain America réussissent à monter dans le quinjet des Avengers et à quitter le champ de bataille grâce à Black Widow qui empêche Black Panther de tuer le Winter Soldier.
Iron Man et War Machine les prennent en chassent mais Vision, en voulant neutraliser Falcon dans le sillage du quinjet, blesse gravement James Rhodes. Stark laisse filer Captain America et Bucky pour sauver son ami, mais sans compter en rester là.
Iron Man et War Machine

Tandis que Rogers et Barnes retrouvent la base de la "Red Room", Stark se rend dans la prison pour super-humains du RAFT, où l'accueille le Général Ross. Ici ont été placés en détention Hawkeye, Scarlet Witch, Ant-Man et Falcon. A ce dernier, en brouillant les micros du complexe pénitentiaire, Stark demande de lui communiquer la destination de Captain America et Bucky, qu promet d'aider sans violence ni prévenir les forces spéciales car il a compris que Helmut Zemo les avait tous mystifiés en usurpant l'indentité du Dr Broussard et en manipulant l'image et la personnalité du Winter Soldier.
Iron Man s'envole pour la Russi après avoir juré à Ross que Sam Wilson ne lui avait rien avoué. Mais il ne s'est pas rendu compte que Black Panther l'a pris en filature.
Captain America et Bucky

En Russie, dans la base abandonnée, Captain America, Bucky et Iron Man retrouvent les super-soldats tués par Zemo. Celui-ci a gardé sa dernière manoeuvre pour la fin : il dévoile l'identité des deux personnes tuées par le Winter Soldier en 1991, une révélation bouleversante pour Iron Man.
Le malfrat prend la fuite en laissant ses trois adversaires s'entretuer. Sur le point de se suicider maintenant qu'il a vengé sa famille, il est stoppé par Black Panther. 
Mais Zemo a réussi à briser les Avengers de l'intérieur : Captain America, laissant son bouclier à Iron Man, et Bucky s'échappent. Black Widow prend le maquis. Rhodes suit une rééducation. Les Avengers détenus au RAFT s'évadent avec l'aide de Rogers. Stark reçoit une lettre de ce dernier, lui assurant qu'il répondra toujours présent si le monde est en danger.

Deux scènes supplémentaires sont présentes durant le générique de fin :

- Bucky accepte d'être à nouveau endormi pour ne plus être manipulé mentalement. Steve Rogers a confié cette opération à T'Challa, revenu au Wakanda.

- Peter Parker, rentré à New York, auprès de sa tante May, découvre que Tony Stark a intégré à ses lance-toile un signal lumineux à l'effigie de Spider-Man et de quoi lui permettre de joindre (et d'être joint par) les Avengers. ("Spider-Man reviendra", peut-on ensuite lire.)

On pourrait facilement écrire une très longue critique après ces 2h 30 de grand spectacle au scénario exemplaire, qui font de Captain America 3 une des productions les plus abouties des studios Marvel. Revenir en détail sur les principaux "morceaux de bravoure" du film suffirait à produire un article fourni en compliments concernant l'écriture, la réalisation, l'interprétation : oui, tout cela prouve que Anthony et Joe Russo, qui avait déjà marqué les esprits avec le précédent opus consacré au Vengeur étoilé, ont brillamment pris la place laissée vacante sur le haut du podium par Joss Whedon (malgré l'inégal Avengers : L'ére d'Ultron) dans le "Marvel Cinematic Universe". Kevin Feige, le big boss des films de la firme, ne s'y est pas trompé en leur confiant les prochains longs métrages Avengers (qui formeront un diptyque).

Pourtant, la réussite de ce premier film ouvrant la 3ème Phase du "MCU" tient d'abord à sa simple maîtrise et son sens de la synthèse. Civil War s'inspire de la célèbre saga en sept épisodes écrite par Mark Millar  en 2006-2007, mais a été adapté intelligemment par le duo Christopher Markus-Stephen McFeely, déjà aux commandes du script de Winter Soldier (le précédent Captain America) : ils ont su en tirer la substantifique moelle en exploitant aussi les événements survenus dans Avengers1 et 2.

L'argument de départ est une habile conjugaison des dommages collatéraux causés antérieurement par les super-héros, non seulement sur un plan matériel mais aussi humain, et de l'issue de la mission qui ouvre l'histoire actuelle. C'est aussi efficace même si complètement différent de ce qui se passait dans la mini-série en comics il y a neuf ans. Dans les deux cas, la situation des Avengers est sérieusement et légitimement remise en question et la crise qui en découle est logique, admirablement exposée et développée. On retrouve les deux camps fédérés par Iron Man et Captain America, avec certes deux formations bien moins nombreuses que dans la saga de Mark Millar mais aussi spectaculairement et profondément agitées.

Entretemps, les studios Marvel ont commencé à initier les carrières d'autres personnages, dont il n'est pas impensable d'imaginer qu'à terme ils remplaceront les vedettes déjà au centre des films produits (soient Iron Man, Thor, Captain America). Avant de découvrir cet automne la première aventure de Dr Strange et ensuite de Black Panther, voire Black Widow et Captain Marvel, ou de retrouver Thor et les Gardiens de la Galaxie, on a fait ainsi connaissance l'an dernier avec Ant-Man et Spider-Man aura droit à un nouveau reboot (grâce à un accord enfin conclu entre Marvel et Sony, qui en détenait les droits cinématographiques exclusifs).

Civil War introduit donc Black Panther mais aussi la nouvelle version de Spider-Man. Le premier s'intègre très bien dans l'intrigue, même si ses origines seront sans doute plus complètement développées dans son propre film : avec le prince héritier du Wakanda, les scénaristes évoquent directement la provenance du métal dont est fait le bouclier de Captain America (et que Howard Stark, le père de Tony, a forgé), agrandissent la cartographie du monde selon Marvel, et offrent même un substitut très efficace à Wolverine (qui, comme tous les mutants de l'éditeur, appartient pour le cinéma à la compagnie Fox). Porté par l'interprétation charismatique et subtile de Chadwick Boseman, la Panthère Noire a fière allure.

Pour ce qui est de Spider-Man, la greffe est plus délicate : les studios Marvel ont voulu à l'évidence fêter au plus vite le retour au bercail d'un de leurs héros les plus emblématiques, mais il entre dans l'histoire avec moins de fluidité. Là, l'origine de ses pouvoirs et de la vocation secrète de justicier de Peter Parker, qui est désormais un adolescent beaucoup plus jeune que chez Sam Raimi (joué alors par l'horripilant Tobey Maguire) et Marc Webb (joué par le plus talentueux Andrew Garfield), sont mentionnées de façon très allusive. Mais une fois le tisseur en action, le plaisir est indéniable, le personnage ayant l'humour, la tchatche et l'ingéniosité de son modèle de papier, et Tom Holland l'incarne à la perfection.

Le scénario est donc, comme j'ai essayé d'en rendre compte le plus fidèlement possible dans le résumé, très riche en rebondissements, déployant un récit dense, complexe, mais impeccablement clair, dynamique. Pour les deux tiers de l'histoire, on a en vérité davantage l'impression d'assister à un film Avengers 2-bis tant les péripéties en découlent organiquement et parce que l'équipe de héros est présente. Pourtant il est indiscutable qu'il s'agit bien du troisième chapitre des aventures de Captain America car il est le personnage conducteur et Bucky Barnes/le Soldat de l'Hiver son pivot narratif. Dans le troisième et dernier acte du film, une fois les Vengeurs écartés et malgré les présences encore décisives d'Iron Man (Robert Downey Jr, plus sobre, et c'est bienvenu, que d'habitude) et (dans une moindre mesure) de Black Panther, les deux survivants de la 2nde guerre mondiale sont au premier plan.

Comme tout bon action movie qui se respecte, il faut un bon méchant : Helmut Zemo, interprété avec une rage contenue très inspirée par Daniel Brühl, est mieux que ça - c'est un vilain intéressant, dont le mobile, classique au demeurant (la vengeance), est exploité de manière très raffinée (il cause une fracture nette et durable au sein des Avengers, fragilisés dès le début par le fait que l'ONU veut désormais les encadrer). C'est plus diabolique que la tentative de conquête par Loki et les Chitauris ou le plan d'épuration de Ultron. La façon dont le script amène la révélation des victimes tués lors d'une mission en 1991 par le Winter Soldier est franchement excellente et choquante, justifiant la réaction d'Iron Man et obligeant le spectateur plutôt acquis à Captain America à réévaluer son indéfectible soutien à Bucky (et donc son refus d'être soumis à une loi sur les actions des justiciers).

A l'intérieur de cette intrigue passionnante, Markus et McFeely ont aussi réussi là où Whedon s'était pris les pieds dans Avengers 2 en parvenant à animer un casting pléthorique sans oublier personne en route, et même en précisant quelques relations, comme celle entre Vision (Paul Bettany, épatant parce qu'il semble vraiment sortir des pages de la BD) et Scarlet Witch (Elizabeth Olsen, dosant mieux ses effets pour traduire le désarroi de son personnage), ou entre Steve Rogers (Chris Evans, franchement parfait en boy-scout fidèle en toutes occasions à ses convictions, ses amis) et Sharon Carter : deux romances à la fois assez naturelles et contrariées par les circonstances). Tout en devant composer avec les présences du Faucon (irréprochable Anthony Mackie) et Black Widow (à laquelle Scarlett Johansson prête hélas ! peu de relief, mais dont les rapports avec le reste des héros s'enrichit très habilement - pour Natasha, sa position finale devient même idéale pour qu'elle ait enfin droit à son propre film maintenant), on assiste aux retours de Hawkeye (auquel Jeremy Renner donne enfin sa pleine mesure d'emmerdeur attachant) et de Ant-Man (Paul Rudd na besoin que d'une scène pour conserver son capital sympathie - et ce, sans compter la surprise jubilatoire que réserve Scott Lang aux fans des comics...).

Trois séquences, en plus du prologue déjà musclé, offrent de grands moments de baston aux spectateurs : entre un assaut incroyable façon close-combat dans un escalier à Bucarest (avec Captain America et Bucky) et le "triel" à la fin (entre Capt, Bucky et Iron Man), on a droit à une bataille ahurissante lors du face à face des deux factions d'Avengers à l'aéroport. Les frères Russo la mettent en scène avec maestria, les pouvoirs de chacun sont fabuleusement bien utilisés et représentés, le montage est à la fois nerveux et lisible, et les oppositions entre Spidey et Cap et Black Panther et Bucky sont simplement jouissives. On oublie complètement que durant ce long fight Black Widow ou Vision sont finalement bien discrets. Mais c'est incontestablement la meilleure séquence de ce genre depuis le réglement de comptes entre les Avengers et les Chitauris dans le premier film de Whedon (même si ce dernier osait des plans sans coupures encore plus impressionnants).

Tout n'est pas accompli dans ce film : ainsi, le personnage du Général Ross (William Hurt, qui se contente du minimum) est interchangeable (lié à Hulk, qui n'apparaît pas dans l'histoire, il n'a pas le charisme d'un Nick Fury, également absent - une première depuis le début du "MCU" !) et celui d'Everett Ross (Martin Freeman, transparent) est inutile. Sharon Carter demande, elle aussi, à être plus fortement définie dans l'avenir (Emily Van Camp est ravissante, mais moyennement crédible en agent de terrain). Quant au sort infligé à War Machine (que Don Cheadle joue à l'économie), il laisse au goût mitigé : il est sacrifié sans provoquer une grande émotion.

Mais ces faiblesses et réserves n'entament pas la qualité globale du film, qui bouscule vraiment le statu quo et promet beaucoup pour la suite (à laquelle se mêleront en prime de nouveaux personnages et autant d'éléments originaux accrocheurs). Encore une fois, Marvel nous en donne pour notre argent, comblant le fan, épatant l'amateur, et imposant les frères Russo comme une paire d'as : Kevin Feige peut être tranquille, sa (plus du tout) petite entreprise n'est pas prêt de connaître la crise en s'appliquant aussi bien dans ses productions.