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dimanche 7 septembre 2014

Critique 505 : LA RIBAMBELLE, L'INTEGRALE TOME 2, de Roba, avec Jidéhem, Vicq et Maurice Tillieux


LA RIBAMBELLE, L'INTEGRALE TOME 2 rassemble en un seul volume les tomes 4 à 6 de la série créée par Roba, publié en un volume par Dargaud  en 2001.
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LA RIBAMBELLE AUX GALOPINGOS est le 6ème tome dans l'ordre chronologique de la série, écrit par Vicq et dessiné par Roba avec Jidéhem, publié en 1968 par Dupuis. 
Il ouvre cependant cette seconde Intégrale puisque l'histoire est la suite directe de La Ribambelle s'envole (le tome 3 de la série, in L'Intégrale tome 1 - critique 499).
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6 mois après avoir gagné le concours de construction d'un engin volant uniquement mue par l'énergie musculaire du pilote (voir l'Intégrale tome 1, La Ribambelle s'envole !), la Ribambelle attend toujours de recevoir son prix, un voyage tous frais payés pour les îles Galopingos. Et quand celui-ci arrive enfin, c'est la désillusion car il n'y a qu'un seul billet ! 
Aucun membre de la bande ne se résolvant à partir sans les autres, il est décidé d'offrir le billet à Berlingaud, le confiseur du quartier dont la grande passion est la paléontologie. Mais quand il arrive sur place, il fait une mauvaise rencontre sans s'en douter avec le capitaine Schlapp, complice d'un savant fou, le Dr Schikelgrüber, cultivant une plante locale pour en faire une drogue asservissant ses consommateurs.
La Ribambelle apprend la disparition de Berlingaud et, avec l'argent d'Archibald, part à sa recherche, quitte à affronter des indigènes hostiles et le mystérieux dragon de Grododo.
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LA RIBAMBELLE ENQUÊTE est le 3ème tome dans l'ordre chronologique de la série, écrit par Maurice Tillieux et dessiné par Roba avec Jidéhem, publié à l'origine en 1966 dans Spirou par Dupuis. LA RIBAMBELLE ENGAGE DU MONDE !, écrit par Roba et Yvan Delporte et dessiné par Roba, publié à l'origine en 1964 dans Spirou par Dupuis, complète le sommaire de l'album.
Les deux histoires trouvent leurs suite et fin respectives dans La Ribambelle contre-attaque ! et La Ribambelle au bassin.
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La Ribambelle enquête ! et La Ribambelle contre-attaque ! forment un seul récit mais découpé en deux parties de 30 pages chacune.

Alcide Levase est un brocanteur malhonnête qui a localisé un précieux coffret enterré sous le bus dans le terrain où la Ribambelle a son QG. Pour éviter les pièges d'Archibald après une première visite nocturne agitée, il enlève le petit écossais pour le forcer à lui indiquer un itinéraire sûr.
Sans nouvelles de leur ami, le reste de la bande, alerté par le majordome James, se met à sa recherche, sans savoir qu'entretemps Arsène Grofilou (voir Intégrale tome 1, La Ribambelle gagne du terrain) a eu vent de cette histoire de coffret et veut aussi s'en emparer.
Archibald libéré, la Ribambelle n'est pas au bout ses peines car Grofilou a recruté Tatane et ses Caïmans pour récupérer le coffret... 

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LA RIBAMBELLE CONTRE-ATTAQUE ! est le 4ème tome dans l'ordre chronologique, écrit par Maurice Tillieux et dessiné par Roba avec Jidéhem, publié à l'origine dans Spirou en 1966 par Dupuis. LA RIBAMBELLE AU BASSIN, écrit par Roba et Yvan Delporte et dessiné par Roba, publié à l'origine dans Spirou en 1964 par Dupuis, complète le sommaire de cet album.
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La Ribambelle engage du monde et La Ribambelle au bassin sont deux mini-récits complets de 16 pages chacun, et dont la parution (en 1964) est en fait antérieure à toutes les autres histoires de cette 2nde Intégrale.

Dans La Ribambelle engage du monde, les Caïmans postulent pour entrer dans la bande afin de s'approprier son terrain. Ils passent les tests d'usage et les réussissent, mais James, le majordome, se méfie : il a raison car il s'aperçoit que Tatane et ses deux acolytes veulent revendre à un ferrailleur le vieux bus en pièces détachées.
Dans La Ribambelle au bassin, nos héros et les Caïmans assistent à l'arrestation dans un square d'un homme par deux policiers. Grenadine apprend que le fugitif a jeté son mystérieux butin dans le bassin du parc. Chacune des deux équipes s'emploient à le récupérer (la Ribambelle pour le rendre à son propriétaire, les Caïmans pour le vendre au plus offrant). Tatane et ses sbires prennent l'avantage mais en découvrant la nature du butin, vont avoir une mauvaise surprise...

La chronologie du sommaire de cette seconde Intégrale est pour le moins chaotique : on commence par le tome 6 de la série paru en album en 1968, puis on enchaîne avec une histoire en deux parties de 1966 qui n'a été publié qu'en 1984 en album, et enfin deux courts récits complets antérieurs à tout le reste puisque datant de 1964 (et en albums en 1984).
Néanmoins, on peut penser que si Dargaud a choisi de repositionner La Ribambelle aux Galopingos en ouverture de cette Intégrale tome 2, c'est parce qu'il s'agit de la suite directe de La Ribambelle s'envole ! qui concluait l'Intégrale tome 1. En revanche, avoir saucissonné La Ribambelle enquête ! et La Ribambelle contre-attaque ! et placer La Ribambelle engage du monde et La Ribambelle au bassin laisse beaucoup plus perplexe.

Cela ne doit, cependant, empêcher d'apprécier la suite et fin du run de Roba, même s'il est vrai que ces histoires sont moins convaincantes dans l'ensemble et que le concept même de la série reste inabouti.
Contrairement à d'autres auteurs qui ont délaissé des créations parallèles ou précédentes au titre qui a fait leur succès, Roba nourrissait le projet de reprendre un jour La Ribambelle (il l'avait évoqué dans les années 80), convaincu que les personnages avaient encore du potentiel et pouvaient revenir dans des aventures actualisées. Mais accaparé par Boule et Bill, puis embarrassé par des problèmes de santé (il souffrait d'arthrose à une main), il n'a jamais pu concrétiser ce souhait.

S'il avait pu, Roba aurait quand même dû corriger la principale faiblesse de la série : le déséquilibre dans la caractérisation de ses personnages et une véritable modernisation pour certains d'entre eux. C'était déjà flagrant dans la première Intégrale mais le jeune Archibald concentre l'intérêt quand Grenadine est par trop rétrograde, cantonnée à un rôle d'infirmière-couturière dont l'absence ne se remarquerait même pas (mis à part dans La Ribambelle au bassin, mais c'est vite plié). 
Ces gamins sympathiques ne dépassent pourtant jamais les clichés de leurs origines sociales et culturelles, et de ce point de vue, la série a quand même beaucoup vieilli. On la lit comme le témoignage d'une époque où les moeurs étaient loin d'être aussi libérées, où la censure paralysait les éditeurs et écrasait les auteurs. Mais pour peu qu'on ne soit pas disposé à l'indulgence, il est facile de n'en retenir qu'une succession de lieux communs, avec Dizzie le petit noir qui ne jure que par le jazz, Atchi et Atcha les asiatiques qui pratiquement forcément le kung-fu et ne communiquent que par des pseudo-dictons, ou Phil le mignon et courageux blondinet.

Mais ça, c'est si on est un peu méchant et cynique. Sinon, La Ribambelle conserve un vrai charme, une fraîcheur authentique, et on aurait, à mon avis, tort de reprocher à Roba et ses collaborateurs d'être de frileux petits bourgeois. Ils n'étaient que le produit de leur époque, produisant donc des bandes dessinées pour des enfants, sous la direction d'éditeurs qui leur imposaient de respecter les bonnes manières (alors que Roba désirait au départ faire de ses héros des gosses des rues moins apprêtés).

La suite de La Ribambelle s'envole ! entraîne la bande dans un décor exotique propice à de nombreuses péripéties, et Vicq au scénario ne se prive pas d'y instiller une vraie fantaisie. La présence et l'apparition du dragon de Grododo prouve qu'entre les mains d'un narrateur débridé, la série pouvait prétendre à une certaine étrangeté, une cocasserie, et en entraînant ses héros à l'étranger, leurs aventures n'en étaient que meilleures.

Le récit imaginé par Maurice Tillieux (le créateur de Gil Jourdan) dans La Ribambelle enquête ! / Contre-attaque ! ramène la bande en terrain plus convenu, avec le retour des méchants Grofilou et Caïmans. Cette chasse au trésor profite du talent de son scénariste, très à l'aise dans ce registre quasi-policier, et la morale de l'histoire révèle l'aspect dérisoire de qui s'est déroulé, soulignant du même coup que l'avidité est un vilain défaut.

Les deux petits récits, La Ribambelle engage du monde et Au bassin, associent les talents d'Yvan Delporte et de Roba pour des aventures minimalistes mais pleines de rebondissements, de rythme. Qui sait si en fait ce format bref n'aurait pas mieux convenu à la série que des histoires plus amples ? Roba a gagné un public large et fidèle avec les gags en une page de Boule et Bill, et la concision naturelle de son écriture aurait peut-être pu lui permettre de réanimer La Ribambelle avec des "short stories", procédé repris par des auteurs actuels (comme Benoît Féroumont ou Fabien Vehlmann) avec succès.

Visuellement, en tout cas, tout le bien qu'on peut penser de la première Intégrale se confirme dans cette seconde. 
Vraisemblablement pour tenir les délais, Roba reçoit le soutien de Jidéhem, que les fans de Franquin (dans de nombreux Spirou et Fantasio jusqu'à ses premiers Gaston Lagaffe) connaissent bien. Dargaud n'a hélas ! pas cru bon d'indiquer, dans un nouveau texte en préface, quelle était la nature exacte de la contribution de Jidéhem, mais on peut supposer qu'il a, comme avec Franquin, réalisé les décors et participé à l'encrage (quoique Roba était un excellent encreur).
Le résultat est superbe, notamment dans la virée aux Galopingos, avec sa jungle très ouvragée, le design des indigènes ou la création du dragon de Grododo. Roba donne même un aperçu de ses talents (peu exploités par ailleurs) de caricaturiste en donnant au capitaine Schlapp les traits de l'acteur  Gert Fröbe (qui joua le méchant Goldfinger dans l'épisode du même nom de la série de films James Bond).

Jidéhem est encore là pour La Ribambelle enquête ! / Contre-attaque !, et on y trouve de belles ambiances nocturnes dans des décors urbains, de superbes voitures (comme la limousine de Grofilou). Dans La Ribambelle engage du monde, la casse du ferrailleur avec lequel Tatane négocie la vente du bus est plus brièvement traitée mais procure aussi de belles vignettes.

Néanmoins, j'avoue un faible pour La Ribambelle au bassin, dans lequel Roba réussit à représenter le parc, décor quasi-unique de l'histoire, avec un découpage, des jeux d'ombres et de lumière, de manière très réussie. De même, le siège du repaire des Caïmans à la fin évoque une version efficace des films de gangsters, avec une ambiance inspirée.

La Ribambelle n'est pas une grande BD, mais c'est une oeuvre à redécouvrir chez un auteur-artiste dont le génie pour animer les enfants reste fabuleux. C'est plein de charme, et cela compense presque toujours le côté daté de cette création (qui, reprise aujourd'hui, n'a gagné pas en caractère et perdu en fraîcheur).   

mardi 17 juin 2014

Critique 467 : SPIROU ET FANTASIO, TOME 19 - PANADE A CHAMPIGNAC & BRAVO LES BROTHERS, de Franquin (avec Peyo, Gos et Jidéhem)


SPIROU ET FANTASIO : PANADE A CHAMPIGNAC & BRAVO LES BROTHERS est le 19ème tome de la série, écrit par Franquin avec Gos et Peyo (pour la première histoire) et dessiné par Franquin avec l'aide Jidéhem pour les décors (pour la première histoire), publié par Dupuis en 1969.
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 (Extrait de Panade à Champignac.
Textes de Franquin, Gos et Peyo, dessins de Franquin et Jidéhem.)

- Panade à Champignac (36 pages). Pour changer les idées à Fantasio, en pleine crise de surmenage à la rédaction du "Journal de Spirou", Spirou l'emmène rendre visite au Comte de Champignac, qu'ils n'ont pas vu depuis longtemps. A leur arrivée au château du savant, il le trouve épuisé, et pour cause : il doit s'occuper de Zorglub qui, victime de sa zorglonde, a régressé au point de se conduire comme un nourrisson !
Pour soulager le Comte et lui permettre d'accélérer ses recherches pour guérir Zorglub, Spirou et Fantasio acceptent de jouer les baby-sitters. Mais, dans l'ombre, un ancien soldat de leur adversaire, Otto Paparapap, se prépare à récupérer son chef qu'il croit retenu contre son gré...

(Extrait de Bravo les Brothers.
Textes et dessins de Franquin.)

- Bravo les Brothers (21 pages). Gaston Lagaffe offre à Fantasio pour son anniversaire trois singes savants qu'il a achetés à un cirque dont le dresseur a été renvoyé par le directeur. Les animaux sèment une pagaille folle dans les bureaux du "Journal de Spirou", bien aidés par Gaston, et malmènent durement les nerfs de Fantasio. Spirou part alors à la recherche du dresseur...
 
Trois ans après la publication chaotique de QRN sur Bretzelburg, André Franquin entame la réalisation de son 19ème tome des Aventures de Spirou et Fantasio en s'estimant à nouveau prêt. Il déchante vite en affrontant une nouvelle crise d'inspiration que sa déprime persistante aggrave. Se confiant à son ami et collègue Peyo (alias Pierre Culliford, le papa de Johan et Pirlouit et des Schtroumpfs, qu'il a commencé à côtoyer lors de son apprentissage au studio Gillain à la fin des années 40), ils conviennent d'un marché : Peyo, avec son assistant Gos (alias Roland Goosens, qui a travaillé sur les Schtroumpfs et dessiné quelques Gil Jourdan), aide Franquin à développer son histoire et réciproquement.

Je vais être direct : je n'ai pas une grande affection pour cet album, le dernier du run de Franquin sur la série. Pourtant, l'auteur en était très content, malgré sa conception difficile, il le considère même (dans ses Entretiens avec Numa Sadoul : Et Franquin créa Lagaffe) comme un de ses préférés, surtout graphiquement, un des rares qu'il a plaisir à refeuilleter.
Pour moi, les soucis commencent dès le début de l'histoire avec la présence de Gaston, qui n'en est pas à sa première apparition dans Spirou mais qui symbolise ici la préférence affichée de Franquin - cette préférence ne se discute pas : Gaston est sa création, sa série représente d'une certaine manière le sommet de la carrière de Franquin, et après 23 années consacrées à Spirou, il est légitime que l'auteur se soit lassé du groom. 
Or, tout comme il estimait que ce fut une ânerie de réunir Gaston et le Marsupilami dans le recueil Tembo Tabou (un album assemblé de récits épars par Dupuis, compté comme le 24ème tome de la série et sorti après les 4 premiers épisodes de Fournier), je considère comme une erreur d'avoir voulu intégrer Gaston aux aventures de Spirou, car cela entraîne la série vers la comédie burlesque au détriment de l'aventure humoristique, en dénaturant donc le caractère même.

Dans Panade à Champignac, l'effet n'est pas trop flagrant car Gaston n'apparaît que brièvement au début, mais la suite ne rattrape pas vraiment l'affaire. Déjà dans QRN..., le personnage du tortionnaire Dr Kilikil semblait traduire l'agacement et la volonté de maltraiter les héros (Fantasio en particulier qui était écrit de manière schizophrène en apparaissant à la fois dans les pages de Spirou, en tant que partenaire sympathique du héros, et celles de Gaston, où il était le supérieur hiérarchique de ce dernier mais nettement plus irritable et désagréable). Franquin a décidé ici de pousser le bouchon encore plus loin en montrant d'abord Fantasio au bord du burn-out (comme celui que subit l'auteur) puis le Comte de Champignac comme un vieillard usé par la garde d'un Zorglub ayant régressé intellectuellement comme un bébé. Il y a comme une volonté de casser la série, ses codes, qui est, je trouve malvenu, bêtement méchante, comme si Franquin avait décidé de se passer les nerfs sur des personnages dont il ne voulait plus.

L'histoire proprement dite avait pourtant du potentiel et Franquin révéla son projet initial à Numa Sadoul, une intrigue ambitieuse qui devait courir sur deux tomes mais qu'il a abandonné parce que cela réclamait une documentation importante (en montrant Zorglub retourner à l'école, traverser à nouveau l'adolescence jusqu'à redevenir mentalement adulte et peut-être libéré de ses frustrations qui en faisaient un apprenti dictateur). Je ne sais pas si cela aurait été meilleur, moins ouvertement farceur - j'en doute, mais c'est sans doute parce que Zorglub ne m'a jamais beaucoup plu, tout son folklore (la zorglonde, la zorglangue, sa rivalité avec Champignac) ne m'a jamais passionné, et il avait quand même déjà eu droit à deux albums.
Quoi qu'il en soit, ça n'a abouti qu'à un récit lourdingue, que je ne trouve pas drôle. Franquin a, à mes yeux, loupé son coup - et sa sortie. Il subsiste un morceau de bravoure (la course folle de Zorglub dans son landau, poursuivi par Spirou, Fantasio, Spip, le Marsupilami et Otto Paparapap) qui ferait passer la séquence mythique du Cuirassé Potemkine pour une broutille, mais c'est tout.

Le dessin est lui aussi inégal. Si le sens du mouvement de Franquin est et reste fabuleux, avec un découpage prodigieux, et que la contribution du précieux Jidéhem permet aux décors (la campagne, le château, Champignac-en-Cambrousse, etc) d'être très bien campés, le trait du dessinateur n'a plus rien à voir avec celui de mes épisodes préférés de la série - on est ici en plein mode Gaston, avec cette nervosité, cette tension, ce "lancé" (pour reprendre un terme de l'artiste) typique de la deuxième partie de sa carrière, et qui rompt trop avec la ligne plus élégante et pourtant aussi dynamique des albums des années 50.
Ce n'est pas ainsi que j'aime tout simplement Spirou par Franquin.

Passons ensuite, mais rapidement, au second chapitre de l'album, le cultissime Bravo les Brothers. Il s'agit d'un vrai crossover entre Spirou et Fantasio et Gaston, mais là, Lagaffe vole vraiment la vedette au duo de héros, entraînant avec lui tout l'épisode dans son univers déjanté.
Pourtant, ce qui peut se lire comme une sorte de super-épisode de Gaston Lagaffe avec Spirou et Fantasio en guest-stars ne réussit pas à être aussi drôle et abouti que les gags en une page du célèbre héros sans emploi de Franquin. C'est plutôt un objet bâtard, souvent prétexte à dessiner des animaux plus qu'à animer une histoire (dont l'argument est déjà bien mince).
Les trois singes ravageurs offerts à Fantasio et qui provoquent une série de catastrophes aussi prévisibles que spectaculaires sont moins drôles que Gaston dans ses strips ou ses inventions (comme en témoigne d'ailleurs la cire pour parquets qui brille sans glisser vue au début de Panade à Champignac, très efficace - au point de dissoudre le sol !). Qu'est-ce qui a pu faire croire à Franquin que dessiner ces chimpanzés serait si drôle et tiendrait le coup sur une vingtaine de pages ? Et tout ça pour conclure de manière si niaise... 
Pourtant, cet épisode est porté aux nues par de nombreux fans, et Dupuis l'a même réédité dans un album à part !

Le dessin, entièrement réalisé par Franquin, est bien, sans être transcendant. Je ne sais pas quoi en dire de plus. Quand j'étais plus jeune et que je préférai Gaston à Spirou, le style de Franquin à cette époque me plaisait davantage, mais en me replongeant dans l'oeuvre du maestro, je suis tombé amoureux de son trait des années 50, d'une lisibilité et d'une beauté bien plus grande. Aujourd'hui, quand je relis Panade à Champignac et Bravo les Brothers ou les albums de Gaston, je suis dérangé par l'hystérie du trait, qui reflétait en fait l'évolution personnelle de l'artiste, les conséquences de ses ennuis de santé, sa relation à la bande dessinée.

Voilà, en fait, pourquoi, j'ai tant tardé à critiquer la fin du run de Franquin sur Spirou et Fantasio (même si je suis content d'avoir écrit sur tous ses albums) : je n'aime pas rédiger d'articles comme celui-ci parce qu'il est toujours délicat de ne pas sombrer dans une prose qui confond la déception et le ressentiment. Je suis un grand fan du Spirou de Franquin (et de Franquin en général) même si j'ai plus de mal avec ses derniers tomes, et son tout dernier en particulier - mais une grande oeuvre, c'est aussi cela, une somme de livres où tout n'est pas bon et qui donne à voir une évolution sur une période conséquente. 

mercredi 12 janvier 2011

Critique 202 : SPIROU ET FANTASIO, TOME 14 - LE PRISONNIER DU BOUDDHA, de Franquin, Greg et Jidéhem



Spirou et Fantasio : Le Prisonnier du Bouddha est le 14ème album de la série, écrit par Greg et dessiné par Franquin, assisté de Jidéhem pour les décors, publié en 1960.
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Venus rendre visite au comte de Champignac, Spirou, Fantasio, Spip et le Marsupilami découvrent son parc envahi par une flore géante mais aussi équipé d'un système de sécurité inattendu.
Leur hôte élude leurs questions mais, la nuit venue, Fantasio rôde dans le château et découvre ce que le comte leur cachait en la personne du scientifique russe Nicolas Nicolaïevitch Inovskyev, co-concepteur du G.A.G. (Générateur Atomique Gamma). Cet engin peut supprimer la pesanteur et accélerer la croissance des plantes ou dérégler le climat. Mais le savant refuse qu'il soit employé à des fins militaires et se cache. Mais des espions sont à ses trousses.
Après avoir fait arrêter lesdîts barbouzes à la foire aux bestiaux de Champignac-en-cambrousse, nos héros apprennent que l'autre inventeur du G.A.G., l'américain Harold W. Longplaying, est prisonnier en Extrème-Orient (le pays n'est pas nommé mais il ne fait aucun doute qu'il s'agit de la Chine).
Spirou entraîne toute la bande sur place où ils apprennent par des agents anglais que le scientifique est détenu dans la vallée des 7 Bouddhas. Jugeant urgent d'intervenir, ils vont le libérer et avec l'aide opportune du Marsupilami, ils parviennent à s'introduire dans la prison et à sauver Longplaying. Il leur faut encore quitter le pays en évitant l'armée lancée à leur poursuite.
De retour à Champignac-en-cambrousse, Longplaying et Inovskyev perfectionnent le G.A.G. et, en le testant, mettent carrèment en orbite la statue du maire !

Ce long récit de 60 pages officialise Greg comme scénariste de la série, après trois albums composés de deux histoires de différents formats. C'est donc une date dans l'histoire de Spirou et Fantasio et le run de Franquin.
Depuis 1955, l'artiste a développé sa production à un rythme échevelé et la rencontre avec Greg se produit alors qu'il est passé chez le concurrent, les Editions du Lombard, où, dans les pages du "Journal de Tintin", il crée Modeste et Pompon (auquel participera également Goscinny). Franquin s'était alors fâché avec Charles Dupuis à cause des royalties qu'il touchait et avait carrèment démissionné pour signer un contrat de cinq ans chez le rival du "Journal de Spirou". Rapidement, il se réconcilie avec son premier éditeur et doit donc fournir des planches à la fois pour "Spirou" et "Tintin" ! Le Lombard acceptera de réduire la durée de son engagement et Modeste et Pompon sera repris par Dino Attanasio.
Mais se consacrer à Spirou et Gaston épuise Franquin, qui doute en permanence de la qualité de ses scripts et n'est jamais content de son dessin (il ne le sera jamais vraiment, et c'est le drame de ce génie que d'avoir été toujours si exigeant alors qu'il avait de l'or au bout du crayon). Greg va l'aider à écrire et Jidéhem deviendra son assistant pour les décors, mais contrairement à Hergé qui refusa de créditer Edgar P. Jacobs sur les albums de Tintin qu'ils recomposèrent ensemble, Franquin tiendra à citer ses partenaires (à une époque où les scénaristes n'étaient guère considérés et les assistants encore moins).

Le Prisonnier... est donc la première grande collaboration du trio, avant le dyptique du "Z" qui restera comme leur sommet. C'est un récit d'aventures très réussi, même si Franquin trouva ensuite à redire sur des éléments comme le nom du G.A.G. et ses facultés (qu'il aurait voulu limité à la suppression de la gravité).

L'action est typique des meilleurs Spirou avec la découverte imprévue (le G.A.G.), la décision de partir au secours de Longplaying, et une cascade de rebondissements alternativement causés et réparés par le Marsupilami et/ou Fantasio. Spirou s'affirme encore davantage comme un meneur, entraînant la bande à sa suite, dirigeant les manoeuvres, ne reculant devant aucun danger, tout en n'étant pas impassible ou infaillible.

Greg déploie sa verve de dialoguiste avec un peu trop de générosité pour ne pas ralentir parfois l'action : c'est le signe de la dualité qui sera au centre du dyptique Zorglub, avec d'un côté un scénariste bavard et de l'autre un artiste qui n'est jamais meilleur que dans le pur mouvement, quitte à sortir des rails du récit. Mais si Greg freine un peu le tempo d'un côté, il apporte à Spirou un plus grande rigueur dans la construction narrative justement et l'album ne faiblit jamais durant 60 pages, en donnant de grands moments à chaque héros, avec d'authentiques morceaux de bravoure (l'escalade de la montagne des Bouddhas est un chef-d'oeuvre d'humour et de suspense).

Graphiquement, l'énergie de Franquin est intacte et donne lieu à des planches admirables, sublimées par les décors incroyablement peaufinés de Jidéhem : le découpage est irréprochable et la composition des plans est soignée à l'extrème.
A bien des égards, il y a là parmi les plus belles planches de la série, pleine de dynamisme, de fluidité, avec un trait à la fois élégant et nerveux dont il faut savoir qu'elles étaient encrées au pinceau : quel coup de main pour arriver à ce résultat que la plupart des dessinateurs n'atteignent pas avec une panoplie entière de plumes et de feutres !
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Un grand cru que l'année 1960 et ce numéro en témoigne : un incontournable absolu !

vendredi 31 décembre 2010

Critiques 196 : SPIROU ET FANTASIO, TOMES 15 & 16 - Z COMME ZORGLUB-L'OMBRE DU Z, de Franquin, Greg et Jidéhem

Double dose de rigueur puisqu'il s'agit du célébrissime dyptique du "Z" :


Les Aventures de Spirou et Fantasio : Z comme Zorglug est le 15ème album de la série, écrit par Greg et Franquin et dessiné par Franquin et Jidéhem (pour les décors) sorti en 1961. Il s'agit de la première partie d'un récit dont la suite est le tome 16, L'Ombre du Z.
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Tout commence par le cadeau inattendu d'une admiratrice que Fantasio reçoit dans un colis : un sèche-cheveux ! Spirou arrive au moment où il l'essaie et est apparemment victime d'une électrocution. Pourtant, peu après, Fantasio revient à lui et sort de chez lui, tel un zombie, pour monter dans une voiture sans chauffeur - mais télécommandée depuis un autre véhicule.
La balade se termine dans la vitrine d'une boutique et Fantasio est hospitalisé. Spirou en raccompagnant son ami chez lui est à son tour victime du même sort et conduit dans une maison abandonnée où il écoute un message sous hypnose.
Lorsqu'il réapparaît chez Fantasio, ses souvenirs sont confus, il ne se rappelle que d'avoir écouté le mystérieux "Z" s'adressant à travers lui au comte de Champignac - lequel est mis au courant par téléphone et a deviné qui se cachait derrière tout ça.
En effet, le savant reçoit dans la soirée la visite de Zorglub, un ancien camarade de promotion, mégalomane grotesque qui lui propose d'être son partenaire dans son projet de conquête du monde. Mais le comte le congédie vigoureusement. Zorglub repart, non sans avoir assujetti et embarqué le gendarme Jérôme, qui lui a manqué de respect.
Spirou et Fantasio rejoignent le comte à Champignac et, après avoir appris la disparition du policier, voient revenir Zorglub, à bord d'un vaisseau futuriste, le Zorgléoptère. Il renouvelle son offre au comte qui la refuse encore et menace alors de prouver sa puissance le lendemain.
Via les ondes radios, il pousse la population de Champignac à s'attaquer au château du comte, mais Spirou les neutralise avec l'aide du Marsupilami et de quelques mixtures de son ami savant. Fantasio se moque alors de Zorglub qui le kidnappe en en faisant un de ses zorglhommes décérébré (à moins qu'un gadget mis au point dans la nuit par le comte ne l'ait immunisé contre la zorglonde...).
Grâce à la zorglumobile de Jérôme, Spirou, Spip, le Marsupilami et le comte remontent la piste du repaire de Zorglub. Drogué par son rival après avoir été malmené par Fantasio (qui jouait donc la comédie du pantin), le pathétique "Z" s'avoue vaincu et promet de détruire ses bases dans le monde (construites en extorquant de l'argent) mais obtient de réaliser son rêve : inscrire sur la Lune une publicité visible depuis la Terre. Mais l'expérience échoue, le slogan étant écrit en zorglangue, donc à l'envers !
Humilié, Zorglub s'éclipse, la tête basse, tandis que nos héros libèrent ses anciens sujets...


Les Aventures de Spirou et Fantasio : L'ombre du Z est le 16ème album de la série, écrit par Greg et Franquin, et dessiné par Franquin et Jidéhem (pour les décors), sorti en 1962. Il s'agit de la suite directe du tome 15, Z comme Zorglub.
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Zorglub vaincu mais laissé libre car accablé par son échec, Spirou, Fantasio, le comte de Champignac, Spip et le Marsupilami rentrent au château, mais, en survolant le village, découvrent que ses habitants ont été zorglhommisés par Jérôme, le gendarme laissé k.o. mais pas guéri sur place.
Nos héros s'emploient donc à "ranimer" les malheureux d'un côté tout en essayant d'arrêter Jérôme de l'autre, ce qui les occupe pour la journée.
Mais, quelque temps après, Zorglub resurgit, sans être reconnu grâce à un nouveau procédé - sauf par le Marsupilami. Cependant, à Champignac, de nouveaux zorglhommes sont présents et confirment que le malfrat n'a pas tenu sa promesse de se tenir tranquille. Démasqué, il prend la fuite avec ses troupes, mais Fantasio, qui a averti l'armée, sait où ils se réfugient : en Palombie !
C'est donc l'occasion de retourner dans le pays du Marsupilami, toujours agité par de nouveaux désordres : cette fois, les habitants sont pris de fièvres consuméristes subites, derrière lesquels le comte devine vite la main de Zorglub pour financer ses recherches.
Lorsque des zorglhommes commettent directement un hold-up, Spirou et ses amis les suivent dans la jungle et localisent le nouveau repaire de Zorglub... Avant de découvrir qu'il est en affaires avec le sinistre Zantafio !
Zorglub reconnaît avoir influencé la population dans ses achats mais le maître d'oeuvre des braquages est Zantafio, remis à la police avant que le comte, grâce à un champignon particulièrement puissant, ne détruise la base.

Le dyptique de Zorglub est un classique de la série, tenu par beaucoup de fans comme le chef-d'oeuvre du run de Franquin. Il faut noter que l'auteur comptait produire un troisième volet consécutif, mais Charles Dupuis, craignant de lasser les lecteurs (et il était le premier d'entre eux), refusa. On peut le remercier car cela aurait effectivement été abusif et qu'en l'état le résultat est impeccable.
Ce ne sont cependant pas mes tomes favoris, et j'oserai même dire que l'âge d'or de la période Franquin vient de s'achever. A cette époque, l'auteur est surchargé de travail : il anime Spirou et Fantasio depuis plus de dix ans, a lancé Gaston, et, à cause d'une brouille passagère (pour des affaires financières) avec Dupuis, il est même passé chez le concurrent, Tintin, où il a créé Modeste et Pompon (ce qui fait que Franquin a, brièvement, produit pour le Journal de Spirou et le Journal de Tintin simultanément). Comme il le racontera à Numa Sadoul dans leur livre d'entretiens (Et Franquin créa Lagaffe), il commençait par ailleurs à lentement mais sûrement se lasser du groom.
La génèse des deux albums précédents (Le Voyageur du Mésozoïque et Le Prisonnier de Bouddha) fut déjà difficile. On a envie de dire "comme toujours" tant Franquin était peu sûr de lui, improvisait souvent ses histoires à partir d'une vague trame et de dialogues, mais, donc, le calendrier dément qui était le sien rendit les choses encore plus compliquées. Pour Modeste et Pompon, il reçut l'aide de Goscinny et Greg, et ce dernier devint son co-scénariste (et souffre-douleur) sur Spirou.
Greg a témoigné de la difficulté de travailler avec Franquin, une tâche à la fois très stimulante grâce à l'exigence du maître mais aussi ingrâte car il s'ennuyait vite, discutait tout, intervenait constamment. De fait, les albums co-écrits avec Greg sont moins fluides et légers : c'est la rencontre de deux imaginaires, l'un du verbe, de la structure (Greg), l'autre du mouvement, de l'imprévu (Franquin), et cela se sent à chaque page. Ce que les Spirou de Franquin gagneront en rigueur, ils le perdront en fantaisie.
Par exemple, il n'est plus question de pages entières décalées, déconnectées, où le Marsupilami peut aérer le récit en libérant des gorilles sur un paquebot ou en affrontant un lion dans la savane. D'ailleurs, le dyptique de Zorglub, même s'il nous ramène en Palombie au second acte, clôt une sorte de "cycle des aventures exotiques" (avant cela, seul Le Prisonnier de Bouddha refera voyager les héros, mais la Chine y est moins bien exploitée que l'Afrique ou l'Amérique Latine). Parfois, on sent Franquin à l'étroit dans cette histoire trop bien calibrée, où la bd Spirou est devenue un vrai team-book (avec le comte, Spip, le Marsupilami, Fantasio, le retour de Zantafio - il ne manque que Seccotine à l'appel).
Mais attention ! Pas de méprise, cela reste très bon et ces quelques 120 pages répartis sur deux albums constituent un projet ambitieux et abouti dans le run de Franquin. Le talent de narrateur de Greg (aussi à l'aise dans les registres comiques que réalistes) est exemplaire et la lecture est formidablement rythmée, avec un enchaînement de rebondissements merveilleux. Franquin continue de peupler le Spirouverse en inventant Zorglub qui, tout en étant un adversaire d'envergure, épaississant le passé du comte (même si on peut pinailler en constatant l'évidente différence d'âge entre ces deux camarades de promotion...), est un pathétique et drôlatique loser. Contrairement à Zantafio, avec lequel Greg l'associe tardivement (et de manière maladroite car on voit qu'il s'agit d'un prétexte pour permettre aux héros de localiser la nouvelle base de Zorglub), il n'est pas méchant, mais inconséquent, donc juste assez dangereux pour ne pas être négligé. Il deviendra en tout cas un personnage récurrent de la série après le départ de Franquin et la source d'inspiration de nombreux auteurs, y compris dans les hors-série Une histoire de Spirou par...(cf. Les Marais du Temps, de Le Gall).
Le dyptique de Zorglub témoigne de l'esprit gentiment anarchiste de Franquin, qui se radicalisera dans Gaston : les critiques du conditionnement des individus, de l'hyper-consommation, des dérives totalitaires (déjà abordées dans Le Dictateur et le champignon) et scientifiques, de la publicité (le message inscrit sur la lune est d'ailleurs inspiré d'un projet du savant allemand Werner Von Braun, leader du programme spatial de la Nasa), tout cela démonté par l'absurde et l'énergie d'aventuriers justiciers, c'est du pur Franquin, et du meilleur, ordonné par Greg.

Les deux opus bénéficient d'illustrations au style de plus en plus nerveux, moins élégant mais plus tonique, où l'apport de Jidéhem pour les décors est décisive : grâce à son lieutenant, Franquin a pu donner à cette aventure au long cours une tenue irréprochable, jamais bâclée.

Sans être donc mes préférés, ces deux tomes sont indispensables : la série par Franquin entame sa dernière ligne droite et, sous le signe du "Z", brille d'un feu qu'elle ne retrouvera pas avant longtemps.