Le moins que l'on puisse dire, c'est que She-Hulk : Avocate laissera de nombreux regrets. Cette nouvelle série promettait beaucoup sur le papier mais sa créatrice, Jessica Gao, semble souvent s'être fixée comme objectif de rater copieusement ce qu'elle avait annoncé. Longue de neuf épisodes d'une trentaine de minutes, le projet a souvent sombré dans l'anecdote, le comique gênant, sans parler de ses effets spéciaux bâclés. Avant de se resaissir miraculeusement à deux longueurs de sa fin...
Avant d'aller plaider, Jennifer Walters s'adresse au spectateur pour lui raconter comment elle est devenue She-Hulk. Quelque mois auparavant, elle a eu un accident de la route avec son cousin, Brice Banner/Hulk. Blessés, leurs sangs se sont mélangés et elle a acquis les mêmes pouvoirs que Bruce. Après s'être entraîné à ses côtés, elle refuse cependant de devenir une super-héroïne et rentre retrouver son travail. Alors qu'elle défend un client, elle est interrompue par Titania et doit se transformer pour la stopper.
Cet outing lui vaut le surnom de She-Hulk dans les médias, mais aussi son renvoi du cabinet pour lequel elle travaillait. Heureusement, elle reçoit dans la foulée une offre de recrutement de GLK & H (Goodman, Lieber, Kutzberg & Holliway). Elle est embauchée à la condition de se présenter devant les tribunaux comme She-Hulk. Et son premier dossier consiste à représenter Emil Blonsky/l'Abomination, un ancien ennemi de Hulk.
Apprenant que durant sa détention, Blonsky a participé, grâce au sorcier suprême, à des combats clandestins, Jen contacte Wong, qui lui confirme cela. Il témoigne en faveur de Blonsky qui est libéré sur parole mais avec un bracelet inhibiteur à la cheville. On lui confie ensuite la défense d'un ancien collègue, Dennis Bukowski, souhaitant poursuivre Runa, une elfe métamorphe asgardienne qui l''a séduite en se faisant passer pour la rappeuse Megan Thee Stallion. De retour chez elle, Jen est agressée par la bande des Démolisseurs qui essaient de lui préveler du sang, mais elle leur inflige une raclée.
Wong fait appel à She-Hulk pour attaquer en justice Donny Blaze, un de ses anciens élèves à Kamar-Taj, pour usage dangereux de la magie. Se sentant seulle, Jen s'inscrit sur une application de rencontres et créé aussi un profil pour son alter ego. Elle s'aperçoit, dépitée, que She-Hulk a plus de succès qu'elle. Pour ne rien arranger, elle apprend que Titania a déposé le nom de She-Hulk pour un produit cosmétiques qu'elle vend et la poursuit pour fraude.
Chez GLK & H, on refuse que Jen se défende seule et Mallory Book est donc chargée de plaider la cause de She-Hulk. Jen suit son assistante Nikki chez Luke Jacobson, styliste des super-héros, afin qu'il lui confectionne une tenue plus appropriée de super-héroïne. Mallory réussit à gagner l'affaire contre Titania qui promet de ne pas en rester là.
Jen est invitée au mariage d'une amie mais débarque en She-Hulk. Titania est également présente et la défie en combat singulier. Elle se fait corriger mais cette bagarre attire davantage l'attention des invités sur She-Hulk que sur la mariée. De leur côté, Mallory aidée de Nikki défend Mr. Immortal qui a simulé sa mort plusieurs fois pour se marier avec différentes femmes. Aux noces, Jen fait la connaissance du séduisant Josh Miller avec qui elle finit la nuit chez elle.
Les jours suivants cette aventure, Jen est sans nouvelles de Josh. Elle rend visite à Emil Blonsky dans la retraite où il accueille des super-héros et vilains en thérapie. D'abord réticente, She-Hulk accepte d'y participer et se confie sur ses difficultés à mener une double vie et ses déboires amoureux. Josh, de son côté, remet à l'Intelligencia un échantillon sanguin de Jen et la copie du contenu de son téléphone.
Jen défend Leapfrog, un justicier masqué, contre Luke Jacobson qu'il accuse de lui avoir fourni un costume défectueux. Mais le styliste est représenté par Matt Murdock qui démonte les arguments de la partie adverse facilement. Leapfrog rappelle plus tard Jen en lui expliquant être poursuivi par le diable. Elle le rejoint et affronte Daredevil qu'elle démasque, découvrant qu'il est Murdock. Ce dernier lui révèle qu'il poursuivait Leapfrog car il a enlevé Jacobson. Ils sauvent le styliste et remettent Leapforg à la police. Matt et Jen finissent la nuit ensemble. Le lendemain, Jen assiste à une remise de récompenses mais quand elle reçoit son trophée, des images intimes d'elle sont diffusées par l'Intelligencia. Elle rentre dans une rage incontrôlée et se fait arrêter par Damage Control.
Enfermée dans l'ancienne cellule d'Emil Blonsky, Jen en sort rapidement grâce à Mallory Book et la pose d'un bracelet inhibiteur. Avec Nikki, elle remonte la piste de l'Intelligencia et se rend à leur repaire. Emil Blonsky est leur invité d'honneur avec Titania. Hulk surgit. Jen franchit el quatrième mur pour rejoindre la salle d'écriture des scénaristes de sa série puis l'antre du producteur K.E.V.I.N., une intelligence artificielle dont elle obtient qu'il modifie cette fin grotesque. Jen peut célébrer sa réhabilitation avec sa famille et Matt Murdock puis son cousin. Elle reprend son travail en tant que She-Hulk.
Adapter She-Hulk en déclarant d'entrée de jeu que la série allait s'inspirer des runs de John Byrne et Dan Slott représentait sans doute un défi impossible à relever. Mais Jessica Gao, la showrunner de She-Hulk : Attorney at Law (en vo) s'en est moquée et a eu le feu vert de Kevin Feige pour produire les neuf épisodes de cette saison.
Bon, ça partait bizarrement avec un premier épisode en forme d'origin story notoirement modifiée par rapport aux comics, mais passons. Jennifer Walters devenait She-Hulk en moins de trente minutes, s'entraînait avec son cousin, refusait de devenir une super-héroïne, et s'adressait directement au spectateur par moments, comme le personnage le faisait chez Byrne et Slott. Un début encourageant à défaut d'être parfait. Agrémenté d'une scène post-générique où on blaguait sur la virginité de Captain America.
L'intention était claire : on n'allait pas avoir droit à une série d'action mais plutôt à une comédie sentimentale et juridique dans la veine d'Ally McBeal, référence assurmée et affichée par les auteurs. Pourquoi pas ? Même si Ally McBeal date quand même d'il y a 25 ans et que ça ne parlera certainement pas à tout le monde.
Le souci cependant, au-delà de cette référence, c'est qu'il fallait être à la hauteur du modèle. Et on comprend vite que ça ne sera pas le cas, loin s'en faut. La comédie dans She-Hulk : Avocate aboutit à des résultats plus embarrassants qu'autre chose, avec des gags pas drôles tout simplement, mais surtout un manque terrible de ryhtme - un comble pour des épisodes qui durent à peine trente minutes.
En vérité, tout cela manque affreusement de consistance pendant une bonne partie de la saison. Les affaires défendues par Jen sont insignifiantes, et il faut quand même patienter jusqu'au septième épisode pour avoir un début de subplot qui se révélera dans le final. Les dossiers de Mr. Immortal, Dennis Bukowski sont aussi grotesques que gênants : on finit chaque épisode affligé.
Par ailleurs, il faut souligner que Marvel a communiqué sur l'apparition de Matt Murdock/Daredevil, sa deuxième après celle dans Spider-Man : No Way Home, et ce fut une terrible erreur. Car, alors, les fans de l'homme sans peur, plus nombreux et bruyants (sur les réseaux sociaux) que ceux de She-Hulk, se sont mis à ronger leur frein sans voir le bout des cornes du diable de Hell's Kitchen. Le sommet de cette frustration a été atteint à la fin de l'épisode 5 quand on aperçu un carton à chapeau chez le styliste Luke Jacobson contenant le amsque de DD. Finalement, il faudra attendre l'épisode 8 pour voir débarquer le héros !
Car, visiblement certains de leur coup, les auteurs de la série ont glissé à de multiples reprises des attaques en règle contre les trolls qui, sur les réseaux sociaux, attaquent régulièrement l'introduction de super-héroïnes ou de représentants de minorités visibles dans les comics et les films. Le problème n'est pas tant de se moquer de ces parasites qui n'ont de fans que le nom, c'est surtout l'insistance lourdingue avec laquelle cela est fait. A tel point qu'on a l'impression de lire une sorte de tract récurrent néo-feministe et raillant tous les fans, avec leur passion parfois excessive. Ce n'est jamais drôle, jamais piquant, juste indigeste (même si, au début, ça fait mouche).
Au passage aussi la série gâche complètement (lors de l'épisode 3) l'apparition des Démolisseurs, une bande de super-vilains outillés par Loki dans les comics et ici réduits à une bande de pieds nickelés soris de nulle part et y retournant aussitôt (sauf pour l'un d'eux qu'on revoit dans l'épisode 7). A force de tout vouloir tourner en dérision, She-Hulk ruine des opportunités dans son propre show, compme lui donner un adversaire physiquement à sa hauteur : Titania a droit à un traitement abominable et une interprétation calamiteuse (de Jameela Jamil), dont on se serait bien passé.
Quand arrive enfin l'avant-dernier épisode et donc Matt Murdock/Daredevil, on considère le gâchis de la série, qui, pour la première fois, nous gratifie d'un épisode bien plein, vraiment drôle, audacieux, rythmé, avec deux acteurs dont l'alchimie est miraculeuse. De plus le cliffhanger final est parfait, relançant la machine de manière formidable.
Mais là encore, que de de regrets puisqu'il ne reste qu'un épisode. Pourtant, contre toute attente, comme s'ils écrivaient enfin un script en se lâchant franchement, tel qu'ils auraient dû le faire depuis le début, les auteurs osent enfin vraiment briser le quatrième mur, comme chez Byrne, et pas seulement pour un aparté minusucule de Jen. Celle-ci se fraie un chemin jusqu'à la salle d'écriture en passant par la page d'accueil de Disney +, puis poursuit jusqu'à rencontrer le producteur tout-puissant du MCU : K.E.V.I.N..
Le clin d'oeil à Kevin Feige est hilarant puisqu'il apparaît comme une Intelligence Artificielle intraîtable et infaillible, négociant pied à pied avec She-Hulk, les dialogues sont brillants avec des allusions savoureuses aux effets spéciaux cheap de la série (l'épisode s'ouvre d'ailleurs comme une parodie de la série Hulk de 1977) et d'autres productions récentes du MCU, des questions sur l'arrivée des X-Men, pour se finir sur une modification de la fin de l'épisode. Tout ce qu'aurait pu/dû être She-Huk : Avocate tient dans cet ultime chapitre.
Alors, bien entendu, la réussite de ce dénouement a déjà conduit pas mal de détracteurs du show à retourner leur veste pour encenser la totalité de la saison. Mais c'est hypocrite et malhonnête car, non, deux épisodes (les deux derniers) ne sauvent pas une série qui, avant ça, a accumulé les erreurs, a réussi à livrer des épisodes qui passaient trop vite sans rien raconter d'intéressant, souvent mal réalisé et moyennement inteprété.
Car, outre les effets spéciaux dégueulasses auxquels on a eu droit, le casting est franchement limite. Ginger Gonzaga (Nikki) est horripilante, Mark Ruffalo fantômatique, Tim Roth fait de la peine, et Benedict Wong lasse même carrément. Seul Charlie Cox s'en sort parfaitement, avec un charme indéniable et pour le plaisir de le revoir tout simplement.
Les producteurs ont beau dire qu'ils ne voulaient que Tatiana Maslany depuis le début, il faut se rappeler que l'actrice, révélée par la série Orphan Black, a beaucoup hésité à s'engager, et qu'en l'attendant, le nom d'Alison Brie avait circulé pour le rôle-titre. Elle aurait largement ma préférence. Maslany n'est pas mauvaise en soi, mais elle est beaucoup trop empruntée la plupart du temps et a vraiment du mal dans les scènes de comédie pure. Alors, non, je ne fais définitivement pas partie de ceux qui souhaitent la revoir ni supporter une sauson 2.
Décidément, le séries Marvel, ça fonctionne un coup sur deux : après le calamiteux Moon Knight, Ms. Marvel m'avait réjoui (grâce à Iman Vellani), puis patatras ! She-Hulk : Avocate s'étale lamentablement. C'est quoi la prochaine série ? Secret Invasion, si je m'abuse. Croisons les doigts !
Pourquoi regarder un film quand on a déjà lu le roman dont il a été adapté, lequel a connu une version en bande dessinée ? Pour juger la manière dont un grand cinéaste, confirmé, vénéré même, en donne son interprétation. Shutter Island était un matériau fait pour Martin Scorsese avec son héros hanté par son passé, son intrigue fièvreuse et les possibiltiés de mise en scène qu'offrait son décor principal. Le résultat ne déçoit pas.
1954. Deuc marshalls, Edwards 'Teddy" Daniels et Chuck Haule, débarquent sur l'île de Shutter où se trouve un asile pour patients dangereux. L'un d'eux, une jeune femme du nom de Rachel Solando, qui y était internée après avoir noyé ses enfants, s'en est échappée, comme le leur explique le Dr. Cawley. Daniels repère un phare à proximité de l'établissement mais McPherson, le responsable de la sécurité, lui répond qu'il a déjà été inspecté, sans succès.
En interrogeant le personnel soignant, Daniels apprend que le psychiatre référent de la jeune femme a quitté l'île le matin même et il est injoignable à cause de l'orage qui empêche les communications avec le continent. Par ailleurs, Cawley refuse de communiquer aux marshalls le dossier de la patiente et les fichiers des encadrants sans une réunion préalable du conseil d'administration. La nuit venue, Daniels fait un rêve où sa femme, Dolores, l'assure que Rachel est encore en vie et sur l'île tout comme Andrew Laeddis.
Le lendemain, avec Haule, Daniels questionne les autres patients du groupe de thérapie collective dont faisait partie Rachel. L'un d'eux glisse en douce à Daniels un billet où il lui est conseillé de quitter l'île au plus tôt. Remarquant le trouble de son collègue, Haule lui demande ce qui se passe et Daniels avoue s'être porté volontaire pour cette enquête car il cherche ici Andrew Laeddis, un pyromane responsable de l'incendie de l'immeuble dans lequel il habitait et où sa femme a péri. Il est convaincu que les patients sont soumis à des expériences pour les transformer en agents dormants. Sur ces entrefaîtes, Cawley vient prévenir que Rachel a été retrouvée, saine et sauve, mais les deux marshalls constatent son état très confus.
Victime de migraines récurrentes, Daniels prend une aspirine administrée par Cawley. A son réveil, il apprend par Haule que l'orage a cessé mais que l'alimentation électrique de tout l'asile a grillé, semant le chaos. Les deux hommes en profitent pour visiter le bâtiment où se trouvent les patients les plus dangereux. Daniels sème Haule pour trouver Laeddis mais découvre dans une cellule George Noyce, un homme qu'il avait arrêté et qui lui explique que cet endroit est un piège. Daniels sort et entreprend de gagner le phare. Haule tente en vain de l'en dissuader et en descendant un paroi rocheuse, Daniels découvre une grotte à l'intérieur de laquelle se cache la véritable Rachel Solando.
Elle lui raconte se cacher car elle est traquée apr Cawley pour avoir voulu dénoncer les expériences qu'il mène sur les patients les plus dangereux. Elle suggère aussi que les migraines de Daniels sont causés par des drogues que lui donné Cawley en voulant le soulager. Daniels jure de revenir et de faire quitter l'île à Rachel Solando mais elle lui répond qu'elle change de cachette chaque nuit. Il nage jusqu'au phare et grimpe jusqu'à son sommet où l'attend Cawley et le Dr. Shehan, son psy référent, alias Chuck Haule qui lui explique l'avoir pour patient depuis deux ans, après qu'il ait tué sa femme, qui elle-même avait noyé leurs enfants. Edward Daniels est l'anagramme d'Andrew Laeddis comme Rachel Solando est celui de Dolores Chanal, des créations pour supporter ses traumatismes depuis qu'il est entré dans le camp de Dachau avec l'armée américaine à la fin de la guerre.
"Teddy" semble revenir à la raison en reconnaissant son délire. Mais le lendemain, il est à nouveau confus et paranoïaque, comme le constate Shehan/Haule. Cawley autorise son collègue, Naehring, à lobotomiser son patient pour l'apaiser.
A l'origine, Shutter Island est un roman écrit par Dennis Lehane, un excellent thriller, noir et dense. Je l'ai pourtant lu après son adaptation en bande dessinée par Christian de Metter, déjà magistrale (j'en avais parlé dans une critique sur ce blog il y a longtemps). Sachant tout cela, je n'étais pas pressé de découvrir le film qu'en avait tiré Martin Scorsese.
J'ai, je l'avoue, un rapport compliqué avec son cinéma, car si j'adore ce qu'il a fait dans les années 70, avec Taxi Driver ou Raging Bull et en poussant dans les années 80 jusqu'à After Hours, ensuite j'ai plus de mal. Il me semble que "Marty" s'est perdu dans des oeuvres inégales, trop marqués par des obsessions religieuses (Scorsese est un catholique pratiquant que la foi interroge beaucoup). Même si je ne nie pas qu'il a produit d'autres chefs d'oeuvre comme Les Affranchis ou Casino, tout le reste me passe au-dessus de la tête et j'en garde peu de souvenirs sinon celui d'avoir souvent eu l'impression d'assister à des démonstrations de mise en scène pour des histoires qui m'indifféraient.
En vérité, ce que j'apprécie le plus chez Scorsese, c'est le cinéphile et le pédagogue : cinéphage érudit et passionnant, il a réalisé des documentaires sur le cinéma américain fabuleux, tout comme quand, dans le domaine musical, il se penche sur la personnalité et l'oeuvre de Bob Dylan. A l'instar d'un Bertrand Tavernier en France, Scorsese sait vous parler de films, de cinéastes, connus ou oubliés, en vous donnant l'envie de les (re)découvrir.
Malgré tout, je reste curieux quand Scorsese adapte des polars, dans ce qui peut ressembler à des films de commande mais où, au moins, il ne pontifie pas ni n'en profite pour revenir sur ses obsessions catholiques. Les Infiltrés, par exemple, est un long métrage que beaucoup de ses fans méprisent (parce que c'est un remake, un véhicule pour deux stars, etc) mais que j'adore pour son efficacité sans prétention et effectivement pour ses interprètes incroyables.
Donc, pour en revenir à Shutter Island, c'est ce qui m'a finalement convaincu de le voir pour la première fois il y a quelques jours sur Netflix. L'envie de regarder un Scorsese dans le cadre d'un pur exercice de style. Et le résultat est assez formidable. Pas parfait, mais jubilatoire.
Même en connaissant bien l'histoire (qui, il faut le dire, est imparable), on est emporté. Scorsese, avec le concours de ses proches collaborateurs - Robert Richardson à la photo, Thelma Schoonmaker au montage - emballe ça avec une maestria consommé. Le film dure presque 2h 20, mais on ne voit presque pas le temps passé. J'aurai préféré qu'il soit plus court, plus ramassé, pour qu'il soit encore plus intense, et surtout je crois que pour que l'illusion soit parfaite, il aurait fallu qu'il soit filmé en noir et blanc pour rappeler encore plus ses influences esthétiques (le film noir des années 50, un genre et une période que le cinéaste connaît sur le bout des doigts et qu'il s'applique à reproduire avec des cadrages, des valeurs de plans, des mouvements d'appareils).
Dès le début, on sait que quelque chose cloche - comment s'échapper d'un endroit pareil ? Pourquoi le personnel de l'asile se comporte aussi bizarrement ?. Tout est too much : l'orage démentiel, les regards insistants et ronds, le décor digne d'un film d'épouvante, le cas de Rachel Solando, les migraines et les cauchemars de Teddy Daniels; Scorsese ose tout, sans gêne, comme de dresser un parallèle entre l'asile et le camp de Dachau, source d'un trauma incurable qui oriente jusqu'aux déductions du marshall. C'est tordu, mais jouissif et atroce, d'un mauvais goût assumé et surprenant. Mais cela colle avec les critères de la série B où on peut tout se permettre pour faire vibrer, frémir, le spectateur.
Les indices sont gros comme des montagnes, les ficelles narratives grosses comme des cables, et les symboles tellement abondants et soulignés que seul ce pauvre Teddy, complètement à la ramasse, ne les voit pas. Ne serait-ce que le fameux phare : quelle "subtilité", n'est-ce pas ? Le bâtiment va éclaircir forcément tous les mystères et le twist final demeure, en dépit de tout, redoutable (peut-être moins dans le film que dans le roman et la BD, c'est là la limite des adaptations multiples).
Mais alors le jeu des acteurs vient à la rescousse du cinéaste pour faire passer cette énorme pilule. Ben Kingsley comme Max Von Sydow sont trop évidents dans leurs rôles, mais sans doute était-ce trop tentant de les engager, car ce sont de fabuleux monstres, le public sait immédiatement qu'ils ne sont pas dignes de confiance, capables des pires horreurs avec leur filmo remplie d'individus affreux.
En revanche, Scorsese se rattrape avec Michelle Williams, formidable comme toujours (sauf quand elle se compromet dans Venom), et Mark Ruffalo, d'une sobriété admirable et qui offre un contrepoint parfait à Leonardo di Caprio. Ah, di Caprio ! En voilà un autre sacré client : celui qui a succédé à de Niro dans le coeur de Scorsese en repliquant mécaniquement des "performances" électriques, avec des personnages toujours plus borderline. Shutter Island lui offre encore un beau prétexte pour rouler des yeux, suer à grosses gouttes, devenir de plus en plus agité. Il est très fort dans son numéro, et on sent qu'il se donne complètement, donc c'est appréciable mais si ça ressemble à du cirque plus qu'à de la comédie parfois. Mais bon, depuis Once upon a time... In Hollywood, je lui pardonne volontiers car Tarantino ma prouvé qu'il savait faire autre chose et qu'en fait, ce qu'il joue chez Scorsese forme sa légende d'acteur racé.
Souvent téléphoné, rarement dans la finesse, mais tout de même plaisant et bien ficelé. Shutter Island est un piège exquis.
Le voici : le dernier acte de "la saga de l'infinité" et la dernière aventure des Avengers dans l'incarnation que nous connaissons depuis 2012. Une page se tourne pour le MCU et ses fans, en fanfare compte tenu des scores pharamineux au box office mondial pour le film depuis sa sortie. Mais aussi avec une vraie émotion. Ce qui constitue le vrai exploit réalisé par les frères Russo.
Captain Marvel, la Veuve Noire, War Machine, Thor, Captain America, Rocket
(Brie Larson, Scarlet Johansson, Don Cheadle, Chris Hemsworth, Chris Evans, Bradley Cooper)
Trois semaines après le claquement de doigts de Thanos qui a fait disparaître la moitié de toute vie dans l'univers, Captain Marvel sauve Tony Stark et Nebula à la dérive dans l'espace. Elle les ramène sur Terre où demeurent les survivants de la bataille du Wakanda - Bruce Banner, Steve Rogers, James Rhodes, Natasha Romanoff, Rocket et Nebula. Grâce aux connaissances de cette dernière, ils localisent Thanos et partent à sa rencontre pour réparer ce qu'il a causé en récupérant les pierres d'infinité. Mais le titan a détruit les gemmes. Thor le tue dans un accès de rage.
Cinq après...
Cinq ans passent. Scott Lang/Ant-Man réussit miraculeusement à sortir du royaume quantique et gagne le Q.G. des Avengers, en comprenant en route ce qui s'est produit en son absence. Il explique à Steve Rogers et Natasha Romanoff que le temps s'est écoulé différemment pour lui et que là réside peut-être la solution pour sauver l'humanité, en remontant le temps. Contacté, Tony Stark refuse d'aider car il ne veut pas perdre Pepper Potts et leur fille, Morgan, sur un coup de dés.
Clint Barton, James Rhodes, Tony Stark, Steve Rogers, Nebula, Rocket, Scott Lang,
Natasha Romanoff (Jeremy Renner, Don Cheadle, Robert Downey Jr., Chris Evans,
Karen Gillan, Bradley Cooper, Paul Rudd, Scarlett Johansson)
Rogers, Romanoff et Lang font ensuite appel à Bruce Banner (qui a réussi à concilier la force de Hulk en conservant ses capacités intellectuelles). Il est disposé à construire une machine temporelle mais en précisant que s'ils altèrent le passé, ils crééront des univers parallèles et ne répareront rien. Tandis que Hulk et Rocket partent chercher Thor, qui a sombré dans l'alcoolisme, en Norvège où il a bâti une nouvelle Asgard avec Valkyrie, Natasha traque Clint Barton, reconverti en tueur de gangsters depuis la disparition de sa famille, et Tony Stark, encouragé par Pepper, rejoint le projet des Avengers.
En route pour le "casse temporel"...
L'opération vise à un "casse temporel" (dixit Ant-Man) en subtilisant les pierres d'infinité dans le passé avant Thanos. Quatre groupes sont formés pour atteindre des années et des lieux distincts. Rocket et Thor partent pour Asgard en 2013 où Jane Foster se remettait après avoir intégré l'Ether, l'énergie à la base de la pierre de Réalité.
Tony Stark et Steve Rogers
Stark, Rogers, Banner et Lang se retrouvent à New York en 2012, lors de la bataille contre les Chitauri et Loki, pour reprendre à ce dernier la pierre de l'Esprit. Banner convainc l'Ancien de lui confier la pierre du Temps. Mais Rogers et Stark sont obligés de remonter jusqu'en 1970, dans une base du SHIELD, pour avoir la pierre de l'Espace.
Nebula et War Machine
Nebula et War Machine arrivent en 2014 sur Morag où ils doivent voler la pierre du Pouvoir avant Peter Quill. Mais au moment de revenir en 2019, Nebula est stoppée par sa version de l'époque qui l'a repérée grâce à leurs implants cybernétiques communs et qui va permettre, sous la torture, à Thanos d'atteindre 2019.
Natasha Romanoff et Clint Barton
La même année, sur Vormir, la Veuve Noire et Hawkeye récupèrent, au prix d'un terrible sacrifice, la pierre de l'Âme. Les Avengers sont à nouveau en 2019 avec les six pierres d'infinité. Il ne reste plus qu'à annuler le sort de Thanos...
Thanos (Josh Brolin)
Thor, toujours accablé par son échec cinq ans auparavant, se porte volontaire pour enfiler le gant d'éternité conçu par Stark. Mais craignant qu'il ne soit pas assez lucide à cause de son alcoolisme, Hulk prend sa place. Il claque des doigts...
Le Q.G. des Avengers
... Et, grâce à un appel de sa femme sur le téléphone de Barton, l'équipe peut constater que les disparus sont revenus parmi les vivants. Malheureusement, les héros ne savourent pas longtemps leur joie.
Thor (Chris Hemsworth)
Thanos, amené en 2019 par la Nebula de 2014, détruit avec son vaisseau le QG des Avengers. Il charge sa fille de récupérer le gant d'infinité et les pierres. Emergeant des décombres, Thor puis Iron Man et Captain America défient Thanos, sans réussir à l'abattre. Le titan va détruire la Terre et ses habitants pour avoir osé contrarier son plan, son armée débarque de son gigantesque vaisseau. La situation paraît perdue.
Mais les héros désintégrés ayant été ramenés à la vie, les voici qui surgissent, téléportés par le Dr. Strange, sur le théâtre de la bataille finale, formant une armada aussi impressionnante que celle de Thanos. La charge est lancée et se soldera par la victoire des héros, non sans avoir essuyé la perte d'un des plus emblématiques d'entre eux.
Depuis sa sortie le 24 Avril en France et deux jours après aux Etats-Unis, Avengers : Endgame n'est plus un simple film de plus dans le MCU ou même dans l'Histoire du cinéma : c'est un phénomène, en passe de devenir le plus grand succès commercial du Neuvième Art. Dans ces conditions, la critique devient étrangement décalée.
Mais pas impossible ni superflue. Car la question reste de savoir s'il s'agit d'un bon film, et aussi d'une conclusion satisfaisante aux dix premières années et à la vingtaine de longs métrages Marvel qui l'ont précédé.
Anthony et Joe Russo avec leurs scénaristes Christopher Markus et Stephen McFeely ont eu à relever un défi fou car Infinity War, le précédent opus des Avengers, avait marqué les esprits des spectateurs et des critiques par un dénouement extraordinairement culotté - la défaite des héros et la mort d'un paquet d'entre eux contre Thanos.
Le début de Endgame surprend franchement puisqu'en un quart d'heure ce qui reste des Avengers plus Captain Marvel, Rocket et Nebula débusquent fissa Thanos et Thor le décapite par dépit et colère en apprenant qu'il a fait en sorte que son grand nettoyage ne soit pas corrigé. Thor le décapite, dépit et furieux.
Une ellipse de cinq ans nous montre la situation des survivants et l'état du monde après la catastrophe jamais réparée. Les deux réalisateurs évoquent brillamment la magnifique série The Leftovers en quelques scènes où New York dans la brume semble abandonnée, vidée de toute population, puis une réunion à laquelle participe Steve Rogers ou la veillée de Natasha Romanoff, seule gardienne du QG des Avengers. Le climat est pesant, d'une infinie tristesse, témoignant de l'impuissance des héros, de leur quête de résilience, de leur impossible deuil.
Puis le deuxième acte s'ouvre avec le retour de Scott Lang, qu'on avait laissé prisonnier du royaume quantique à la fin de Ant-Man et la Guêpe. Découvrant la situation, il rallume l'espoir chez les Avengers en leur soumettant une idée folle pour ramener leurs chers disparus.
Le scénario mute alors en un récit d'aventures pur, devient un film de "casse temporel", où il s'agit de récupérer les pierres d'infinité avant que Thanos ne se les approprie dans le passé. L'argument, souvent supposé chez les fans, se vérifie mais son exécution est remarquable, à la fois divertissante et palpitante - avec à la clé une mise au point sur les risques d'altération du continuum espace-temps (dont les conséquences ne se lisent pas dans le présent mais par la création de nouvelles réalités parallèles).
Endgame s'offre alors le luxe jubilatoire de revisiter de précédents opus du MCU comme le premier Avengers de 2012, Thor : le monde des ténèbres de 2013, Les Gardiens de la galaxie de 2014 et bien entendu Infinity War de 2018. Une fascinante et ludique rétrospective.
Mais pas seulement car, déjà, le scénario sacrifie un de ses personnages emblématiques. Le procédé est casse-gueule car dans les comics, on ne meurt jamais définitivement, tandis qu'au cinéma il faut convaincre le spectateur du contraire tout en parvenant à communiquer une émotion à la mesure de l'événement dans la narration. McFeely et Markus abattent parfaitement leur carte en rendant cette mort logique, étonnante et émouvante. On sent alors que Endgame mérite son nom : c'est bien la fin de la partie. Et pourtant ce n'est pas encore terminé.
Car, à la faveur d'une astuce, difficile à bien résumer, alors qu'elle est admirablement exposée dans le déroulement du récit, le troisième acte s'ouvre sur un coup de théâtre qui voit se succèder un moment de bonheur (l'opération réussie) et de terreur (la revanche de Thanos).
Ce dernier chapitre s'inscrit le plus franchement dans le registre super-héroïque, avec un déploiement d'effets spéciaux, de scènes spectaculaires, de morceaux de bravoure, à la fois attendus et encore surprenants. C'est sans doute là la plus grande gageure du film : surprendre encore avec de vieilles recettes, le folklore directement issu des comics.
On a droit au cri de guerre tant espéré, desiré ("Avengers rassemblement !"), Captain America digne de brandir Mjolnir, son bouclier brisé, le retour des disparus (grandiose), un clin d'oeil au "girls power" (un plan qui a bien entendu hérissé le plus machos, et tous les trolls qui passent leur temps libre à vomir sur Brie Larson à qui ils ne pardonnent pas ses propos sur la diversité et l'égalité - pauvres abrutis !), Spider-Man virevoltant, et ce final vraiment grisant et sobre à la fois - où un deuxième héros iconique fait ses adieux, tombant au combat. Avoir résisté au mélo, au pathos, à la grande scène d'agonie démontre encore la maîtrise et le talent et le bon goût des scénaristes et des réalisateurs.
Pas de scène post-générique de fin pour Endgame non plus : c'est vraiment la fin du livre (même si, évidemment, dans quelques années, Marvel relancera sa franchise, avec une nouvelle équipe, et peut-être une nouvelle saga). Les jouets sont rangés, non sans malice (l'arc narratif de Captain America, joué excellement par Chris Evans, alimentera les conversations) et avec des promesses alléchantes (Thor, à qui Chris Hemsworth a apporté un "relief" vraiment épatant, dont l'avenir prend une tournure très intéressante).
Le film suscite une certaine frustration car il ne donne pas à voir une grande réunion épique de tous les héros Marvel, comme dans Infinity War. Mais c'est aussi bien, et même mieux : c'est un retour aux basiques, un hommage à l'équipe initiale (même avec les additions de circonstances de War Machine, Ant-Man, Nebula et Rocket). Scarlett Johansson incarne de manière remarquable cet adieu à la fois triste et plein de panache, entourée par Mark Ruffalo et Jeremy Renner (qu'on retrouvera dans une série télé consacrée à Hawkeye). Les autres, apparus après Avengers en 2012, n'ont droit qu'à des miettes, mais forment une sorte de haie d'honneur pour la bande qui a rendu leurs carrières possibles - y compris Captain Marvel (dont les scènes ici ont en fait été filmées avant celles de son propre film !).
Pour tout cela, plus que des félicitations, on a surtout envie de dire, simplement mais sincèrement : merci. Ce fut un sacré voyage. Le MCU est désormais face à son destin (exister et continuer à prospérer avec de nouvelles têtes, faire fructifier les derniers arrivés). Périlleux mais exaltant. Cette partie est finie, la prochaine peut commencer.
Le dieu du tonnerre a droit, comme Iron Man et Captain America, à son troisième film dédié avec ce Thor : Ragnarok, déjà fort d'un succès ayant dépassé ses deux premières aventures et de critiques favorables. Annoncé comme très différent de ses prédécesseurs, sous influence esthétique des Gardiens de la Galaxie (si on se fiait aux bandes annonces), qu'est-il ?
Thor vs. Surtur (Chris Hemsworth et Clancy Brown)
Après avoir retiré sa couronne de feu au démon Surtur (et l'avoir ainsi renvoyé au néant), Thor regagne Asgard où il surprend une représentation théâtrale donnée en hommage à son demi-frère Loki. Mais il devine la supercherie et oblige Loki à révéler qu'il a pris l'apparence de leur père, Odin.
Thor et Loki (Chris Hemsworth et Tom Hiddleston)
Direction : Midgard (la Terre), où Loki a exilé Odin. Surpris par le Dr. Strange qui veille à toutes les intrusions mystiques, les deux asgardiens apprennent que leur père se trouve en Norvège et les y téléporte. Sur place, le père de toutes choses leur annonce qu'il est mourant mais aussi qu'il leur a caché l'existence de leur soeur aînée, Hela, déesse de la mort, sur le point de revenir après s'être échappée de sa prison, précédant le Ragnarok (la fin du monde des dieux). Odin se volatilise juste avant que sa fille n'apparaisse devant Loki et Thor dont elle brise le marteau Mjolnir.
Hela et Scourge (Cate Blanchett et Karl Urban)
Evacués via le bifrost, les deux frères sont suivis par Hela qui les expulse du passage inter-dimensionnel entre la Terre et Asgard. Quand elle surgit sur son monde d'origine, elle tue sans sommation les guerriers Fandral et Volstagg mais se fait un allié de Scourge, puis elle part conquérir le trône vacant d'Odin et ses sujets, avec la ferme intention d'étendre son empire aux autres royaumes célestes, comme avant que son père ne la bannisse.
Topaz, le Grand Maître et Valkyrie (Rachel House, Jeff Goldblum et Tessa Thompson)
Thor s'est échoué sur la planète Sakar gouverné par l'excentrique mais puissant Grand Maître qui, pour divertir son peuple, entièrement composé d'égarés des quatre coins de l'espace, organise le tournoi des champions. Capturé par Valkyrie, Thor est livré au Grand Maître avec lequel il négocie sa liberté contre une victoire sur le champion en titre. En revanche le dieu du tonnerre comprend que Loki, qui a gagné la confiance de son hôte, ne compte pas l'aider à fuir.
Thor contre Hulk (Chris Hemsworth vs. Mark Ruffalo)
Une fois dans l'arène, Thor a toutefois la surprise de découvrir que le champion du Grand Maître n'est autre que Hulk, son collègue au sein des Avengers. Mais ce dernier ne retient pas ses coups et leur affrontement s'achève sur un match nul. Pendant ce temps, Hela extermine Hogun et la garde royale puis expose à Scourge son plan de conquête en ressuscitant des guerriers morts et son loup géant Fenris. A présent il lui faut la clé du bifrost pour se rendre sur d'autres mondes mais l'épée qui en fait office a été reprise par son possesseur, chassé précédemment par Loki, Heimdall.
Heimdall (Idris Elba)
Sur Sakar, Thor convainc, difficilement, Hulk et Valkyrie de l'aider à regagner Asgard pour vaincre Hela. Ils emmènent avec eux Loki qui, une fois la fuite de son champion avec les asgardiens, est considéré comme un traître par le Grand Maître - mais Thor, méfiant, l'abandonne après avoir trouvé un vaisseau que son frère comptait prendre seul. Les gladiateurs en profitent alors pour se révolter contre le tyran et ses sbires.
Thor et Hulk
Heimdall organise l'évacuation des asgardiens opprimés mais Hela et ses troupes leur barrent la route vers le bifrost. Ayant réussi à fuir Sakar via un passage dimensionnel, Thor, Valkyrie et Hulk arrivent juste à temps pour s'interposer.
Le dieu du tonnerre
Le duel entre le dieu du tonnerre et sa soeur est terrible, coûtant même un oeil au premier (comme son père avant lui). Mais Thor libère toute sa puissance, autrefois régulée par son marteau, pour reprendre temporairement l'avantage. C'est alors que Loki surgit avec un gigantesque vaisseau véhiculant les révoltés de Sakar, dans lequel les asgardiens se réfugient. Le dieu de la malice reçoit l'ordre de son frère d'aller chercher la couronne de Surtur et de la replonger dans le feu pour ressusciter le démon.
Les "Revengers"
Scourge, pressentant la défaite de Hela, défend ses compatriotes contre l'armée de zombies soulevée par la déesse de la mort qui, en retour, le tue. Mais elle est ensuite surprise par l'apparition de Surtur qui provoque le Ragnarok, détruisant Asgard et la privant ainsi de la source de ses pouvoirs.
Hulk vs. Surtur
Ayant tout perdu, les asgardiens trouvent en Thor leur nouveau roi qui décide de les mener jusqu'à Midgard, avec à ses côtés Valkyrie, Hulk et Loki.
Deux scènes supplémentaires ponctuent le générique de fin :
- Loki interroge Thor sur l'accueil que vont lui réserver les terriens lorsque leur vaisseau en croise un autre, bien plus imposant et menaçant, celui de Thanos ;
- sur Sakar, après la révolte des gladiateurs, le Grand Maître est encerclé par des ferrailleurs dans la décharge de la planète et tente de les convaincre, alors qu'ils avancent d'un air peu amical vers lui, qu'une nouvelle ère s'ouvre pour eux.
Comme la trilogie consacrée à Iron Man, celle de Thor aura soufflé le chaud et le froid. Pourtant, comme l'a récemment rappelé Kenneth Branagh, si le premier film consacré au dieux du tonnerre avait été un échec, nul doute que la suite des plans cinématographiques des studios Marvel en aurait été fragilisé (quand bien même le premier Avengers fut tourné dans la foulée).
Entre temps, toutefois, le triomphe critique et commercial des deux opus dédiés aux Gardiens de la Galaxie a, de toute évidence, pesé sur la production de Thor : Ragnarok. D'abord dans le choix d'en confier la réalisation à Taika Waititi qui partage avec James Gunn la passion des fans de comics sans être un dévot, ensuite dans l'esthétique même du long métrage qui reprend les codes couleurs bigarrés des aventures des pirates de l'espace. Après le look un peu terne du premier film et celui trop sombre du deuxième, Thor 3 est nettement plus flashy.
Ce qui distingue aussi, plus généralement, les productions Marvel de celles de la Fox (avec la franchise X-Men) ou de Warner (les adaptations de DC Comics), c'est la volonté de traiter les histoires en réservant une place à l'humour. Parfois de manière efficace, parfois de façon plus balourde (pour ne pas dire déplacée). Et, là aussi, les scénaristes - le duo Chris Yost & Craig Kyle + Stephanie Folsom - ont pris le parti de rendre une copie franchement plus drôle.
A tel point, et c'est à la fois la force et la limite principale du film, qu'on a souvent l'impression que l'humour joue contre l'intrigue, que la comédie parasite l'action. A plusieurs reprises, les personnages sont dans une situation qui les ridiculise (pour les humaniser - ce qui est bien pratique quand on veut susciter de l'empathie pour des dieux ou des surhommes) ou s'échangent des dialogues ironiques (là aussi avec l'intention manifeste de rompre avec le côté un peu trop théâtral de dieux qui ne s'expriment pas naturellement). Mais l'instant d'avant ou d'après, voici les mêmes personnages aux prises avec des choix dramatiques, sujets à des émotions plus graves, et alors la blague désamorce maladroitement l'intensité invoquée pour la scène.
Waititi use (et abuse même) de ce procédé, si bien qu'on a l'impression que rien n'est jamais sérieux, compromis pour les héros. Une petite vanne et ça repart... Sauf qu'il est question d'une déesse de la mort, de la destruction du domaine des dieux, qu'on assiste à des scènes de tuerie massive. C'est tout de même assez dommage car, pour une fois, la méchante l'est vraiment, l'histoire ne lui cherche pas d'excuses, elle assume ses actes, ses méthodes (expéditives) et affiche ses ambitions (conquérantes). Le film donne d'ailleurs un coup de balai radical : plusieurs personnages secondaires apparus dans les deux premiers volets (les Trois Guerriers, Odin, sans compter les Valkyries dans un flash-back... Mais sans dire où est passée Sif, la grande absente de l'affaire) passent à la trappe, exécutés sans ménagement ni avoir eu le temps de briller une dernière fois.
L'ambition de Thor : Ragnarok s'affiche dans ses lignes narratives parallèles et simultanées, qui demeurent plutôt bien gérées entre ce qui se passe sur Asgard et Sakar (même si, là encore, on en est quitte pour savoir comment Hulk y a atterri depuis qu'il avait fui la Sokovie dans Avengers : l'ère d'Ultron). Le script opère des coupes drastiques sur certains plans (deux scènes sur Terre, mais qui suffisent avec la participation irrésistible de Benedict Cumberbatch en Dr. Strange et les adieux sobres d'Anthony Hopkins) mais, avec 130 minutes au compteur, le spectateur n'est pas volé.
Les prestations des comédiens - Chris Hemsworth très à son aise dans cette révision de son personnage, Tom Hiddleston qui se fait voler la vedette par la superbe Tessa Thompson, Mark Ruffalo épatant (le tournoi du Grand Maître est directement inspiré de la saga Planet Hulk et habilement intégré), et Cate Blanchett qui s'amuse comme une folle dans un registre inhabituel - y est pour beaucoup. La seule déception, d'autant plus grande que le comédien promettait beaucoup, provient de Jeff Goldblum, bizarrement un peu éteint (là où on attendait une composition survoltée).
Porté par la musique savamment décalée de Mark Mothersbaugh (compositeur habituel de Wes Anderson), Thor : Ragnarok est aussi divertissant que, parfois, creux et maniéré. Mais son réalisateur décape comme nul autre son héros, créant la surprise après le décevant Thor : les monde des ténèbres ou, cette année, Les Gardiens de la Galaxie 2. Prochains arrêts : au Printemps 2018 pour Black Panther, puis le gargantuesque Avengers : Infinity War l'été prochain, avant de découvrir Ant-Man & the Wasp dans un an environ.
COLLATERAL est un film réalisé par Michael Mann, sorti en salles en 2004.
Le scénario est écrit par Stuart Beattie. La photo est signée Dion Beebe et Paul Cameron. La musique est composée par James Newton Howard, avec la collaboration de Clay Duncan et Antonio Pinto.
Dans les rôles principaux, on trouve : Tom Cruise (Vincent), Jamie Foxx (Max), Jada Pinkett-Smith (Annie), Mark Ruffalo (Fanning), Javier Bardem (Felix).
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Max est un chauffeur de taxi à Los Angeles, véhiculant ses client la nuit. Il dépose devant le gratte-ciel où elle a son bureau une procureur, Annie, qui, séduite par la conversation échangée durant son transport, lui laisse sa carte de visite.
Vincent et Max
(Tom Cruise et Jamie Foxx)
Un homme, cheveux gris, costume anthracite, monte dans la voiture de Max et lui offre 600 $ pour qu'il le conduise à cinq rendez-vous professionnels durant la nuit. La somme est si importante qu'elle permettrait à Max de financer son rêve - ouvrir une agence de location de limousines - et il l'accepte.
Vincent et Max
Mais dès la première course, la situation dégénère : Max découvre que Vincent est, en vérité, un tueur professionnel, qui doit exécuter des contrats en supprimant plusieurs témoins à charge pour un procès impliquant son employeur. Le chauffeur n'a d'autre choix que de le convoyer sinon il sait qu'il sera également exécuté.
En laissant ses cadavres derrière lui, tous tués de la même manière (deux balles dans la poitrine, une dans le crâne), Vincent attire l'attention de l'inspecteur Fanning, chargé de la protection de sa première victime. Le policier est convaincu que c'est le même homme qui liquide les témoins et convainc son supérieur puis des agents du FBI, en planque devant l'établissement d'un mafieux, Felix, chez qui Max finira par entrer pour récupérer la liste des cibles de Vincent après avoir réussi à détruire le premier fichier électronique où il avait leurs adresses.
Vincent
Max, après une fusillade spectaculaire dans une discothèque où Fanning trouve la mort alors qu'il allait l'exfiltrer, pense que Vincent finira de toute manière par se débarrasser de lui à l'aube et envoie son taxi dans le décor en espérant s'en sortir tout en neutralisant son passager. Mais le tueur survit et part, seul, remplir son dernier contrat : Annie !
Max et Annie
(Jamie Foxx et Jada Pinkett-Smith)
Max part à sa poursuite, résolu à sauver la jeune femme et à affronter Vincent...
Rediffusé sur W9, donc sans rapport avec "le Printemps du Polar" sur Arte, Collateral aurait pu parfaitement faire partie du cycle de la chaîne franco-allemande. C'est en tout cas un authentique film noir, et même déjà un classique du genre.
Pourtant, comme nombre de grands films, la genèse de ce long métrage n'a pas été un long fleuve tranquille : son scénariste, Stuart Beattie, en rédige la première mouture alors qu'il est encore étudiant. Son script est quand même assez accompli pour attirer l'attention du studio DreamWorks SKG.
Les producteurs songent d'abord à en confier l'adaptation et la réalisation à deux cinéastes de second plan, Mimi Leder (ancienne réalisatrice de la série Urgences) puis Janusz Kaminski (ex-chef opérateur). Mais le projet va stagner de longues années avant que Michael Mann n'en hérite.
C'est parce que l'acteur Russel Crowe est attaché à l'histoire et qu'il a tourné sous la direction de Mann (dans Révélations) que l'affaire reprend forme. Pourtant Crowe se lasse vite car le casting met du temps à se former. Nous sommes alors en 2003 et Mann propose le rôle de Vincent à Tom Cruise qui l'accepte. Adam Sandler est approché pour jouer le rôle de Max, un cotre-emploi pour lui, mais les négociations n'aboutissent pas. Jamie Foxx décroche le job. De même, Val Kilmer, initalement pressenti pour camper l'agent Fanning, se désistera au profit de Mark Ruffalo.
Le scénario est remanié par Frank Darabont (non crédité au générique, il officie donc en qualité de script doctor) avec Beattie, déplaçant l'action de New York à Los Angeles. Mann ambitionne de tourner en une seule nuit, à la manière d'un reportage, en profitant des progrès techniques enregistrés pour une caméra haute définition, mais renoncera à cette idée. Toutefois, la résolution de l'image, testée en pré-production, convainc le metteur en scène qui sait qu'il pourra filmer des scènes nocturnes avec des éclairages réduits et une grande maniabilité pour les mouvements d'appareil.
L'histoire de Collateral séduit par sa simplicité et son ambiance : cette traversée de Los Angeles, la série de contrats de Vincent (culminant par la fusillade dans la discothèque, absolument extraordinaire), les rapports tendus entre le tueur et le chauffeur, les confidences que se font les deux hommes, l'enquête parallèle menée par Fanning (résumée au strict minimum pour ne pas parasiter la première piste narrative), est captivante.
Tout The American (dont j'ai parlé récemment), l'ombre de Jean-Pierre Melville (une influence revendiquée par Mann) plane sur tout le film, avec son anti-héros, un tueur à gages impitoyable, extrêmement efficace, mais dont on devine l'usure, la lassitude, les failles. Dès son apparition, le spectateur a l'intuition que c'est un voyage sans retour, l'ultime mission de cet homme, qui va se perdre dans la nuit de la cité des anges comme le loup qu'il finira par croiser, lors d'une scène mémorable, surgissant de nulle part avant de retourner aux ténèbres.
Le charisme du personnage est tel, et son interprétation par Tom Cruise, magnétique, minéral, hanté, avec un look fascinant (les cheveux teints en gris, une barbe de trois jours, un costume anthracite élégant), qu'il éclipse celui de Jamie Foxx, dont la prestation, souvent cabotine, peine à donner le change, malgré sa nervosité, sa fébrilité. Difficile de dire si un autre (Adam Sandler, qui aurait été dans un contre-emploi total, ou qui que ce soit) aurait fait mieux, mais le comédien est vraiment exceptionnel, encore une fois (que ceux qui le raillent à cause de son appartenance à l'église de scientologie se rappellent que ses croyances loufoques dans cette secte n'ont rien à voir avec la qualité de son jeu et l'excellence de sa filmographie, sous la direction de très grands cinéastes).
La réalisation est elle aussi fabuleuse : Michael Mann tire le meilleur parti de la caméra HD dont il a disposé (et dont il a fait son instrument favori depuis). La façon dont il filme Los Angeles fait de la ville un personnage à part entière, plus important en fait que Mark Ruffalo (pourtant parfait), Jada Pinkett-Smith (interchangeable) ou Javier Bardem (dans une scène invraisemblable mais néanmoins décisive). La traque dans les bureaux du procureur, plongés dans le noir, est aussi un morceau de bravoure, auquel la photo de Don Beebe et Paul Cameron apportent une intensité affolante.
Ce voyage au bout de la nuit finit mal comme tout bon et vrai film noir, réflexion crépusculaire et sèche sur la fatalité, la mort à l'oeuvre et la chance. Un très grand film par un orfèvre du genre.
AVENGERS : L'ERE D'ULTRON (Age of Ultron, en v.o.) est le deuxième film consacré à l'équipe de super-héros (après le premier sorti en 2012). C'est aussi le 11ème film adapté d'un comic-book Marvel produit par Marvel Studios et distribué par Disney (après Iron Man 1, 2 et 3 ; Captain America 1 et 2 ; Hulk 1 et 2 ; et Les Gardiens de la Galaxie).
Le film est écrit et réalisé par Joss Whedon, d'après les personnages créés par Stan Lee et Jack Kirby. D'une durée de 122', sa direction artistique est signée par Mike Stallion, sa photographie par Ben Davis.
Avengers 2 est sorti en salles en France le 22 Avril 2015.
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Dans les rôles principaux, on trouve : (ci-dessus, de gauche à droite) Elisabeth Olsen (Wanda Maximoff/Scarlet Witch), Samuel L. Jackson (Nick Fury), Jeremy Renner (Clint Barton/Hawkeye), Mark Ruffalo (Bruce Banner/Hulk), Robert Downey Jr (Tony Stark/Iron Man), Chris Evans (Steve Rogers/Captain America), Chris Hemsworth (Thor), Scarlett Johansson (Natasha Romanoff/Black Widow) et Aaron Taylor-Johnson (Pietro Maximoff/Quicksilver).
S'ajoute à la distribution : Paul Bettany (JARVIS/La Vision), James Spader (Ultron), Cobie Smulders (Maria Hill), Andy Serkis (Ulysses Klaw), Don Cheadle (James Rhodes/War Machine), Anthony Mackie (Samuel Wilson/Falcon), Stellan Skarsgard (Dr Erik Selvig), Claudia Kim (Dr Helen Cho), Idris Elba (Heimdall), Hayley Atwell (Peggy Carter), Julie Delpy (Madame X) et Josh Brolin (Thanos).
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ATTENTION ! SPOILERS !
Un an après le démantèlement du SHIELD (voir Captain America : Le Soldat de l'hiver ), l'équipe de super-héros des Avengers - Iron Man, Captain America, Thor, Hulk, Black Widow et Hawkeye - sont à nouveau en action pour prendre d'assaut une des bases de l'organisation terroriste d'HYDRA en possession du sceptre de Loki (demi-frère de Thor).
L'objet se trouve en Sokovie, un petit pays d'Europe de l'Est, dans un Q.G. tenu par le Baron Strucker, qui rechigne à utiliser contre les héros ses "jokers", deux jumeaux "optimisés" grâce à l'arme venue d'Asgard, Pietro et Wanda Maximoff (respectivement doués de super-vitesse et d'un mélange de télépathie-télékinésie), mais ses soldats ne font pas le poids face à l'adversaire.
Captain America et Thor à l'assaut de la base de l'Hydra en Sokovie
(Chris Evans et Chris Hemsworth)
Strucker préfère, avant de se rendre, que son bras-droit (le Dr List) efface toutes les données informatiques sur ses projets scientifiques. Mais les jumeaux désobéissent à leur maître et interviennent après sa reddition : tandis que Pietro distrait les Avengers dehors, blessant notamment Hawkeye, Wanda manipule psychiquement Tony Stark en lui montrant une vision futuriste où il cause la mort de ses amis. Malgré tout, les Avengers repartent en ayant récupéré le sceptre de Loki.
Tony Stark/Iron Man et Bruce Banner/Hulk débattent du projet Ultron.
(Robert Downey Jr et Mark Ruffalo)
Revenu à New York, dans la tour Stark (reconvertie partiellement en QG pour l'équipe), Tony Stark compte mettre à profit les deux jours que lui accorde Thor pour analyser le sceptre afin de s'en servir pour finaliser un programme d'intelligence artificielle grâce auquel il pense pouvoir sécuriser la Terre.
Ce projet baptisé Ultron n'enchante pas son collègue Bruce Banner (l'alter ego de Hulk) même s'il accepte finalement de l'aider à "doper" l'unité informatique JARVIS pour créer une nouvelle génération de l'Iron Legion, l'armée de soldats mécaniques de Stark destinée à suppléer les Avengers en cas de nouvelle menace globale.
Les Avengers et leurs amis fêtent leur victoire contre l'Hydra
(de gauche à droite : Cobie Smulders/Maria Hill, Chris Evans/Steve Rogers,
Don Cheadle/James Rhodes, Claudia Kim/Dr Helen Cho, Chris Hemsworth/Thor,
Robert Downey Jr/Tony Stark, Jeremy Renner/Clint Barton, Mark Ruffalo/Bruce Banner,
Scarlett Johansson/Natasha Romanoff).
Les procédures de Stark et Banner échouent, mais cela n'empêche pas le milliardaire d'organiser une soirée avec ses alliés pour fêter leur victoire en Sokovie. S'y joignent James Rhodes (alias War Machine, l'officier de l'armée ami de Stark), Sam Wilson (alias Falcon, partenaire de Steve Rogers), Maria Hill (l'ex-adjointe de Nick Fury au SHIELD) et le Dr Helen Cho, une savante coréenne qui a soigné Barton grâce à un protocole révolutionnaire de reconstitution cellulaire.
Natasha Romanoff/Black Widow flirte avec Bruce Banner/Hulk.
(Scarlett Johansson et Mark Ruffalo)
Ce cocktail donne l'occasion aux héros de mieux faire connaissance : ainsi Romanoff et Banner flirtent, et les hommes de l'équipe sont défiés par Thor à soulever son marteau Moljnir (sans succès). Personne ne sait que pendant ce temps Ultron s'est auto-activé, a absorbé JARVIS et pris les commandes de l'Iron Legion afin de concrétiser le but de son concepteur de manière radicale : assurer la paix mondiale en éradiquant l'espèce humaine.
Attaqués par le robot, encore en cours de finition, les Avengers contiennent l'assaut de ses troupes mais sans l'empêcher de s'enfuir avec les sceptre ni d'infiltrer le réseau Internet (où il va chercher un moyen d'améliorer son incarnation physique). Mais la bataille a révélé à tous le projet secret de Stark et provoqué de vives tensions au sein du groupe.
Ultron veut se renforcer avec l'aide d'Ulysses Klaw.
(James Spader et Andy Serkis)
Ultron gagne la Sokovie où il fabrique une armée de drones. Les jumeaux le rejoignent et concluent une alliance avec lui car ils veulent se venger de Stark, dont les armes ont détruit leur village et tué leurs parents (entraînant leur engagement dans l'HYDRA comme volontaires pour leurs expériences, à l'origine de leurs pouvoirs).
Ultron est en quête de vibranium, ce métal rare avec lequel a été façonné le bouclier de Captain America : bien que ses filons sont officiellement épuisés, le robot contacte un trafiquant, Ulysses Klaw, capable de lui en procurer. La négociation est âpre mais à l'avantage d'Ultron, jusqu'à ce que les Avengers débarquent, après avoir remonté sa piste grâce à la technologie de Stark (qui a fait aussi affaire autrefois avec Klaw).
Iron Man affronte Ultron pendant que le reste de l'équipe tente de neutraliser les jumeaux. Wanda torture mentalement Black Widow, Thor et Captain America en les confrontant aux démons de leur passé (pour elle sa formation en Russie, pour le dieu du tonnerre la décadence d'Asgard et le super-soldat le souvenir de sa vie dans les années 40). Seul Hawkeye évite l'envoûtement et éloigne les jumeaux en devançant leurs attaques.
Mais Wanda n'a pas fini de causer des dégâts puisqu'elle déchaîne la colère de Hulk qui dévaste alors la ville voisine. Iron Man est obligé de laisser fuir les jumeaux et Ultron pour tenter de raisonner le colosse. Leur duel aboutit à la victoire de Stark mais force l'équipe à battre en retraite car la population civile et les forces de l'ordre les considèrent à présent comme un danger public.
Clint Barton/Hawkeye songe à se retirer après cette mission.
(Jeremy Renner)
Hawkeye offre alors à ses partenaires une solution de repli en les conduisant chez lui, à la campagne - l'occasion de leur présenter sa famille (il est marié et père de deux enfants, sa femme est enceinte), dont tous (sauf Romanoff) ignorait l'existence.
Les héros font le point sur la situation et leurs relations (la romance compliquée entre Romanoff et Banner, les divergences philosophiques entre Rogers et Stark), mais Thor s'éclipse pour analyser les visions qu'il a eues auprès de son ami, le Dr Erik Selvig.
Ultron est à présent à Séoul où il a investi le laboratoire du Dr Helen Cho afin qu'elle l'aide avec sa machine de régénération cellulaire : il veut produire un nouveau corps de synthèse à base de vibranium et avec l'énergie contenue dans la gemme du sceptre de Loki.
Une fois cette enveloppe presque prête, Ultron commence à y transférer sa personnalité mais Wanda en profite alors pour la sonder et y découvre le plan du robot. Les jumeaux, bouleversés par ce projet cataclysmique, préfèrent fausser compagnie à leur allié.
Chez Barton, les Avengers reçoivent la visite inattendue de Nick Fury, disparu depuis la fin du SHIELD, et qui les remotive pour vaincre Ultron dont il a deviné les intentions (évoluer pour être plus puissant). Rogers, Barton et Romanoff s'en vont en Corée du Sud pour sauver le Dr Cho et Stark part pour Oslo où il pourra mieux protéger le réseau Internet et empêcher Ultron d'accéder aux codes de l'armement nucléaire.
Natasha Romanoff/Black Widow est captive d'Ultron.
(Scarlett Johansson)
À Séoul, Captain America combat Ultron qui voient les jumeaux se retourner contre lui. Black Widow réussit à subtiliser la réplique du robot que récupère Hawkeye. Mais l'espionne est capturée par le robot qui se replie. Wanda et Pietro se joignent aux héros avec lesquels ils repartent.
Extension de JARVIS et d'Ultron à la fois, la Vision choisit d'aider les Avengers.
(Paul Bettany)
A la tour des Avengers, Stark voit dans le corps synthétique façonné par Ultron et ramené par Hawkeye une opportunité de battre leur ennemi car il pense que cette créature a intégré la bienveillance de JARVIS et la puissance de la gemme du sceptre de Loki. Mais l'activation de cette réplique ne plait pas aux autres héros. C'est Thor lui-même, qui resurgit soudainement, qui le libère avec Mjolnir.
Le dieu du tonnerre justifie ensuite son action en expliquant qu'il a compris que les différentes pierres d'infinité sont toutes à l'origine des événements survenus dans l'univers récemment (le Tesseract, l'Éther, l'Orbe et la Pierre de l'Esprit). Le "fils" d'Ultron qui en porte une désormais pourrait donc effectivement être la solution contre le robot fou.
Appelé La Vision, l'androïde accepte d'aider les Avengers contre son créateur et achève de les convaincre de sa valeur en réussissant à soulever Mjolnir.
D'abord alliés d'Ultron, Pietro Maximoff/Quicksilver et
Wanda Maximoff/Scarlet Witch décident aussi de l'affronter.
(Aaron Taylor-Johnson et Elisabeth Olsen)
En Sokovie, dans l'ancienne forteresse de Strucker, Ultron a planté un gigantesque pilier jusque dans les profondeurs de la terre. Ainsi, il compte soulever la ville voisine puis la laisser retomber, le choc provoquera une secousse telle qu'elle pourrait détruire toute vie sur la planète. Tandis qu'il part "recevoir" les Avengers, Ultron laisse Black Widow dans une cellule où la retrouve Banner. Dehors, la bataille a débuté et Romanoff pousse son ami à se transformer en Hulk pour partir aider les héros.
Les Avengers s'occupent d'évacuer les habitants de la ville attaqués par l'armée d'Ultron pendant qu'Iron Man défie Ultron. La cité commence son irrésistible ascension.
Les Avengers réunis pour le dernier round contre Ultron.
(De gauche à droite : Hulk, Captain America, Thor, Iron Man, Black Widow et Hawkeye)
Nick Fury, aux commandes d'un héliporteur et de plusieurs agents dissidents du SHIELD, arrive pour assister l'équipe auprès des civils. War Machine est aussi là en renfort. Pietro Maximoff tombe sous le feu nourri des drones ennemis ce qui fait quitter son poste, auprès du pilier central, à sa soeur jumelle, Wanda.
La ville complètement évacué, Iron Man laisse Thor détruire avec sa foudre le pilier, ce qui pulvérise l'endroit sans créer de dommages au sol.
Aux alentours du cratère formé par le décollage de la ville, la Vision retrouve le dernier avatar d'Ultron et le détruit, préférant donner une chance à l'humanité.
Dans la confusion, Hulk a préféré s'éclipser pour ne plus mettre en danger ses co-équipiers et les civils. Alors qu'ils s'installent dans un nouveau bâtiment financé par Stark, les Avengers assistent au départ de Thor pour Asgard (où il va enquêter sur les Pierres d'Infinité) puis de Tony Stark (qui songe à se retirer comme Barton). Captain America devient de facto le nouveau leader, aux côtés de Black Widow, avec un groupe composé de la Vision, Wanda Maximoff, Falcon et War Machine.
Ailleurs, Thanos enfile le Gant d'Infinité et annonce qu'il va désormais récupérer les gemmes tout seul.
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Artwork pour Avengers : Age of Ultron.
Trois ans après le premier film qui a réuni les Vengeurs, Joss Whedon a donc livré une nouvelle super-production (au budget estimé de 250 millions de $ !) avec l'ambition de faire plus fort mais aussi plus sombre, tout en prenant en compte des éléments développés dans les aventures solos d'Iron Man, Thor et Captain America mais aussi des Gardiens de la Galaxie (même si ces derniers ne sont ni présents ni même évoqués ici).
Les références citées par le cinéaste sont à la (dé)mesure du projet : il a évoqué Le Parrain 2 (de Francis Ford Coppola) et L'Empire contre-attaque (d'Irvin Kershner, deuxième volet de la première trilogie de Star Wars). Concilier ces exigences cinéphiles et le pur plaisir d'un blockbuster d'action n'était pas une mince affaire. Le résultat est une production qui ne manque pas de souffle, ni d'humour, mais souffre de coutures un peu trop grosses et d'une intrigue inégale.
La grande qualité du premier film Avengers résidait dans sa simplicité : c'était un récit en crescendo qui parvenait à réunir une demi-douzaine de héros (dont quatre avaient eu droit à leur propre production - Iron Man, Captain America, Thor et Hulk) plus un méchant (déjà présent dans le premier Thor). Certes, tout n'était pas parfait, avec des personnages parfois psychologiquement sommaires (Hawkeye surtout), un sentiment d'artificialité dans la réunion de ces super-héros. Mais pour le fan de comics comme pour le simple spectateur avide de sensations fortes ou à la recherche d'un divertissement musclé et fun, subsistaient le plaisir de voir en live les héros de son adolescence dans une aventure tonique et une collection de séquences spectaculaires jouissives (culminant avec la bataille finale, un morceau de bravoure d'une vingtaine de minutes avec une invasion extraterrestre dévastatrice en plein coeur de New York).
Il faut maintenant rappeler que Joss Whedon, qui a écrit et mis en scène ce nouvel opus, vient de la télé où sa réputation d'auteur n'est plus à faire depuis le succès de la série-culte Buffy contre les vampires (et son spin-off Angel, et dans une moindre mesure Firefly, autre production d'inspiration SF). Pourquoi préciser cela ? Parce que Avengers : L'ère d'Ultron ressemble, avec ses défauts et ses qualités, davantage à une mini-série sur grand écran qu'à un film à grand spectacle classique.
Ce que je veux dire, c'est qu'avec Age of Ultron on n'a pas un gros film mais plutôt trois épisodes mis bout à bout : la construction de l'histoire fait plus penser à un agglomérat qu'à un récit fluide de 140'. Il n'y a même pas besoin d'attendre la fin pour remarquer les trois actes qui forment l'intrigue comme autant de chapitres réunis et dont le montage souligne les transitions.
La première partie commence avec la séquence du pré-générique où les Avengers abattent une base de l'HYDRA et récupèrent le sceptre de Loki jusqu'à l'affrontement entre Iron Man (en armure Hulkbuster) et Hulk, manipulé mentalement par Scarlet Witch.
Puis une deuxième partie, que les plus sévères qualifieront de "ventre mou" du film, se déroule lorsque les Avengers se réfugient chez Hawkeye par la force des choses, à la fois parce qu'ils sont désormais considérés comme un danger public et parce qu'ils doivent se remobiliser pour trouver un moyen de vaincre Ultron et ses alliés.
Enfin, une troisième partie met en scène le groupe de héros, auquel vont venir s'ajouter Scarlet Witch, son frère jumeau Quicksilver et l'androïde la Vision, "rejeton" d'Ultron, contre Ultron lui-même, sur le point de déclencher une catastrophe pouvant détruire l'humanité.
L'écriture et la réalisation de Whedon révèlent à quel point les mécanismes narratifs des séries télé imprègnent son film. Si l'on est bien disposé, on se dit, en quittant la salle de projection, qu'on a eu droit à trois films en un. Mais en vérité, il est difficile de ne pas être gêné par un film dont les blocs narratifs sont si nettement visibles.
Toutefois, soyons juste (ce qui ne veut pas dire qu'il faut être exagérément indulgent), il est aussi délicat d'être franchement dérangé par le contrepoint d'une telle construction et sa mise en scène. Avengers 2 n'est certes pas un film de gourmet, c'est un film de gourmand (pour reprendre une métaphore exprimée autrefois par Christophe Gans) et c'est un film généreux même s'il est un "hénaurme", excessif, surpeuplé.
Whedon a su, notamment, corriger des erreurs et des faiblesses présentes dans Avengers 1. Les améliorations les plus notables concernent la caractérisation de ses héros : c'est particulièrement remarquable dans le cas de Hawkeye, qui devient un personnage avec un vrai background, doté de dialogues sobres mais profonds, avec un impact indéniable sur l'histoire.
La dynamique du groupe peine encore parfois à convaincre, même si, sur le papier, le principe d'une équipe comme les Avengers demeure d'une désarmante simplicité (se réunir pour affronter des menaces qu'un seul d'entre eux ne pourrait vaincre). Il faut avouer que, par la force des choses et de l'interprétation de certains des acteurs, cette évidence n'est pas toujours effective : Thor et Iron Man écrasent un peu le groupe par leur puissance de feu et/ou leur importance tactique.
Mais Whedon est malin et réactif : la distribution est mieux équilibré que dans Avengers 1 et les rapports entre certains personnages sont à la fois mieux définis (avec un potentiel certain pour de futurs développements) et plus originaux. Par exemple, la complicité entre Black Widow et Hawkeye est encore plus nette, les divergences philosophiques entre Captain America et Iron Man plus marquées, et surtout la romance inattendue entre Black Widow et Hulk capte l'intérêt (même chez un fan averti car, à ma connaissance, rien de commun n'existe dans les comics).
Les dialogues permettent à tous ces faisceaux de relations d'exister très naturellement, de manière vivante, subtile. Whedon glisse même quelques punchlines efficacement drôles qui offrent des respirations bienvenues dans un récit qui ne ménage pas le public en action ou enrichissent les articulations dramatiques du récit.
Le deuxième acte du film est celui qui suscitera sans doute le plus de réserves, quel que soit le spectateur. Le rythme s'apaise d'une manière si prononcée qu'il ne peut en être autrement. Pourtant, si la manoeuvre est risquée, elle m'a semblé intelligente car elle s'inspire d'un code bien propre aux comics (grosso modo : les héros affrontent le méchant qui leur inflige une dérouillée, les héros se retirent pour panser leurs blessures physiques et psychologiques et réfléchir à une riposte, les héros repartent au combat et gagnent).
C'est moins, en vérité, le break rythmique qui m'a dérangé que ce que Whedon fait alors de Thor - ou plutôt ce qu'il n'en fait pas : le dieu du tonnerre préfère partir trouver des réponses ailleurs, en l'occurrence auprès du Dr Selvig, personnage pénible depuis le premier film consacré à Thor, et toujours aussi mal campé par son interprète : tout cela aboutit à quelques scènes très/trop fugaces, peu compréhensibles, et qui rendent ensuite le retour de Thor à la fois trop abrupt et providentiel. Peut-être est-ce là que Joss Whedon a dû le plus couper de scènes puisqu'il a reconnu que son premier montage approchait les 180' et que la production a exigé un rabotage (le dvd permettra sans doute de revoir le film dans une version plus longue, et donc plus conforme aux souhaits du cinéaste).
Avant et après cela, Avengers 2 est un film à grand spectacle extraordinairement jubilatoire, qui donne à voir des scènes d'action, d'affrontements les plus bluffantes des productions Marvel.
Le prologue possède même un plan-séquence formidable, si réussi qu'on ne s'en rend d'abord même pas compte avant que le mouvement continu de la caméra s'achève. L'autre grand moment de ce premier acte a lieu dans le duel titanesque opposant Hulk fou furieux, désorienté par Wanda Maximoff, à Iron Man (qui revêt alors une armure adaptée) : il est impossible de ne pas être soufflé par l'échange de coups et l'ampleur des dégâts causés par les deux héros.
Un délicieux frisson, comparable à celui qui a parcouru les fans du premier Avengers lors de la bataille finale, revient alors et Joss Whedon prouve qu'il est aussi à l'aise dans ces grandes manoeuvres, exercice de style et passage obligé du genre, que lorsqu'il filme simplement un dialogue plein de sous-entendus (dans le registre de la séduction surtout).
Le troisième et dernier acte a (presque) du mal à rivaliser avec le premier, malgré une nouvelle démonstration de force. Sans doute parce qu'on éprouve à nouveau un sentiment familier mais trop voyant, trop claqué : tout comme Loki conduisait l'armée de Chitauris contre New York dans les premier Avengers, Ultron, trahi par Scarlet Witch et Quicksilver puis Vision, mène une armée de robots contre les Avengers, dépassés donc en nombre mais point dépourvus de ressources (et de renforts opportuns, comme Nick Fury, son héliporteur, War Machine... Ne manque bizarrement à l'appel que Falcon).
La bagarre est homérique, l'ascension d'une ville entière ahurissante, Ultron est un adversaire coriace, diabolique (au moins autant que Loki, même si on ne ressentira jamais avec un robot ce plaisir coupable qu'on a avec un méchant comme le renégat asgardien, dont les motivations sont plus touchantes), mais le procédé est un peu trop grossier pour que sa répétition ne soit pas rapidement remarquée.
Par ailleurs, dans cette bataille finale, le film souffre d'un mal prévisible car intégré dans le déroulement même de l'intrigue, c'est-à-dire une distribution trop abondante. Qu'un des héros ne survive pas à cette baston (même si, dans ce domaine, il ne faut jurer de rien car il est rare qu'on meurt pour toujours chez les super-héros...) ne change rien à l'affaire : il y a beaucoup trop de monde sur scène à ce stade de la représentation et Whedon, qui ne peut pas être partout à la fois, semble s'en rendre compte en même temps que nous. Comptez bien : nous avons là les six Avengers plus les jumeaux plus la Vision plus Ultron (et son armée de robots) plus Nick Fury (et son héliporteur plein d'agents du SHIELD)... Soit plus d'une dizaine de rôles à animer !
Les pouvoirs de chacun sont alors diversement bien mis en scène et en évidence : Thor utilise (pour la seconde fois seulement) la foudre, on distingue à peine que la Vision peut altérer sa densité (en devenant intangible ou invulnérable) et que la gemme sur son front peut projeter un rayon, la super-vitesse de Pietro est peu (et mal) exploité (comme, du reste, dans tout le film : un grand regret quand on pense au potentiel cinématographique d'un tel pouvoir).
En revanche, lorsque Hulk se déchaîne à nouveau, que Black Widow et Captain America refont la paire, que Hawkeye réussit à nouveau des tirs à l'arc impossibles, ou qu'Iron Man vole autour de la ville dans le ciel, on se régale sans faire la fine bouche grâce à une réalisation virevoltante, un montage très dynamique, des effets spéciaux déployés avec intelligence (sur ce point, Avengers 2 échappe aux excès de beaucoup de grosses productions en ne sacrifiant jamais les personnages aux figurants et décors numériques - il y en a pourtant mais toujours mis en scène sans qu'ils éclipsent l'essentiel, sans que le spectateur soit submergé par les artifices).
Un mot sur les comédiens : à la tête d'un casting très fourni, le savoir-faire d'un directeur d'acteurs comme Joss Whedon est crucial, qu'il s'agisse de réserver aux vedettes des scènes qui les mettront en valeur ou de donner aux nouveaux visages une exposition digne de ce nom.
C'est un sans-faute sur ces plans-là : Robert Downey Jr assure toujours le show même si son Tony Stark s'est (heureusement) calmé (depuis Iron Man 3) ; et Chris Hemsworth incarne toujours Thor avec un charisme épatant (au point même qu'il semble le vrai leader de l'équipe parfois), dans un registre très sobre mais avec une présence très physique.
Les autres bonnes surprises du film sont le "couple" formé par Scarlett Johansson (de mieux en mieux à chaque film Marvel) et Mark Ruffalo (qui joue aussi tout en retenue et s'impose sans forcer), puis Jeremy Renner (c'est vraiment lui à qui ce nouvel épisode profite le plus, son Hawkeye héritant de plus de place pour s'exprimer : ce mix de lassitude et d'abnégation qu'il dégage est excellent).
Chris Evans est par contre un peu décevant (après ses formidables prestations dans les deux premiers Captain America), tandis qu'Elisabeth Olsen et Aaron Taylor-Johnson sont convaincants en jumeaux ambivalents (sans plus, mais pas moins - comme il est acquis qu'on reverra la première dans le futur, il sera intéressant de surveiller si elle peut livrer une interprétation plus intense).
James Spader a prêté sa voix (même si je n'ai pu voir le film qu'en vf, mais c'est le même comédien qui le double habituellement qui officie dans Avengers 2 et il n'y a pas lieu de finasser) et sa gestuelle à Ultron (grâce au procédé de motion capture) : une performance un peu en demi-teintes, mais pouvait-il en être autrement avec ce personnage ?
Paul Bettany, qui était déjà la voix (en v.o.) de JARVIS dans les films Iron Man et le premier Avengers, campe cette fois la Vision et on ne pouvait rêver meilleur casting tant l'acteur ressemble à l'androïde et le joue avec justesse.
La participation de Samuel L. Jackson et l'apparition finale de Josh Brolin sont frustrantes : là encore, Avengers 3 (qui devrait en fait compter deux longs métrages) permettra sans doute de corriger ça.
En bref, Avengers : L'ére d'Ultron n'est pas un grand film, mais c'est un divertissement tout de même haut de gamme, riche en morceaux de bravoure, spectaculaire, généreux. On peut juste déplorer que son écriture soit si visible et que quelques répétitions soient trop systématiques, avec un nombre de personnages excessif.
Ces réserves ne sauraient cependant occulter la qualité première de cette super-production : on en prend plein les yeux mais sans jamais être pris pour des abrutis. A cet égard, c'est tout de même exemplaire : peu de blockbusters sont aussi puissants, possèdent autant de souffle, ont le souci de proposer des personnages et une histoire dignes de ce nom, sans se contenter de n'être qu'une suite si ébouriffante soit-elle.
Son aspect hybride, parfois bancal, mais intense et fun à la fois, est en définitive au diapason de son sujet : ce récit d'une machine conçue par un apprenti sorcier qui en perd le contrôle est une réflexion punchy et maline sur le genre dans lequel il s'inscrit, et les failles qu'il dessine sont pleines de promesses.