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dimanche 21 août 2016

Critique 995 : SPIROU N° 4088 (17 Août 2016)


Ah, quel plaisir ! Fabien Vehlmann et, surtout, le trop rare Denis Bodart sont de retour avec un récit complet (8 pages), Meteorman, un splendide hommage aux super-héros d'antan. C'est un événement qui suffit à lui seul l'acquisition de la revue, dont ce numéro comporte également (et pas que pour les abonnés, comme je le croyais depuis depuis le début) une nouvelle partie du poster géant de Lucky Luke par Achdé.

J'ai aimé :

- Harmony : Indigo (3/8). Harmony, Eden et Payne découvrent, avec effroi, le nouvel entraînement auxquels ils sont soumis, à des fins militaires. Si l'un refuse de s'y soumettre, les deux autres seront privés de distraction. Même Steinman regrette d'avoir accepté la récupération du projet.
Matthieu Reynès mène toujours aussi bien son affaire : la narration est décompressée mais permet d'apprécier pleinement le calvaire des trois gamins. L'auteur ne cache pas ses influences, mais les a bien intégrées à son récit. Par ailleurs, comme il l'explique dans son interview en préambule, il fait l'effort de produire de façon soutenue sa production pour que les lecteurs impatients suivent la série : le troisième tome est d'ores et déjà annoncé pour début 2017.

- Autour d'Odile. Madaule s'amuse, à sa manière très ingénieuse, du faible débit des messageries dans ce gag en un page très réussi.

- Meteorman : Le Héros sous l'oreiller. Le jeune Tom reçoit du vieux Jack un cadeau inestimable : un fragment de l'extra-terrestre Meteorman qu'il a vu s'écraser sur Terre avant d'en devenir le pacificateur. Lorsqu'il rencontre le justicier venu d'ailleurs, Tom accepte de lui rendre ce bout de lui-même s'il lui permet quelques distractions. Jusqu'au jour où il doit choisir d'honorer ou non sa promesse...
Seulement huit pages, mais quelles pages ! Relire Denis Bodart est un privilège qui ne se boude pas tant l'artiste est rare (sa dernière livraison date d'il y a plus de deux ans pour le dernier épisode en date de Green Manor !). Avec son complice Fabien Vehlmann, depuis 2000, il a quelquefois produit de courts récits fantastiques, des variations sur les super-héros (un registre qui inspire visiblement le scénariste depuis quelque temps - voir son récent Supergroom avec Yoann).
Le résultat est magnifique, avec une morale digne d'une fable, qui interroge autant le jeune héros que le lecteur. Graphiquement, c'est évidemment un régal. Espérons qu'on n'aura pas à attendre encore deux ans avant de retrouver cet immense dessinateur dans les pages du journal.

- Le Voyage à travers les siècles (5/6). Salma et Libon abordent les voyages modernes, les motivations des globe-trotters : une page encore très dense, et rigolote. L'idée aurait mérité une série régulière au-delà des six semaines prévues. Suite et donc, hélas ! fin la semaine prochaine.

- L'Atelier Mastodonte. Obion s'y perd un peu avec le scénario que lui a donné Trondheim, tout aussi embrouillé avec sa création. Nob est indigné par un sous-entendu de Frédéric Niffle sur sa succession. Deux doubles bandes très réussies : une bonne semaine donc.

- Tash & Trash. Dino adresse un clin d'oeil à Peyo et aux Schtroumpfs : inhabituel mais toujours drôle. / Zizi chauve-souris. Bianco et Trondheim continuent le dialogue surréaliste entre Suzie et ses grands-parents : marrant, mais toujours aussi frustrant, avec même le risque que les auteurs tirent un peu trop sur la corde...

En direct de la rédak donne la parole à Vehlmann et Bodart pour parler de leurs intentions avec Meteorman. La semaine prochaine, Les Tuniques bleues reviennent pour leur 58ème aventure (et leur 60ème tome !).
Les aventures d'un journal évoquent la création de la Schtroumpfette, qu provoqua le courroux de Nine Culliford, la femme et coloriste de Peyo.

Et sur ces mots se concluent mes articles du journal de "Spirou" : je reste abonné à cette parution, mais n'en rédigerai plus de compte-rendu puisque, c'est décidé, ce blog s'arrêtera à sa millième critique, dans quelques jours (j'aurai alors l'occasion de vous en dire plus sur la suite).
Merci donc à tous ceux qui auront lu ces entrées sur la revue, en espérant qu'elles vous auront donnés envie de l'acheter (voire de vous y abonner). Vive "Spirou" : "Ami partout toujours" ! 

dimanche 14 août 2016

Critique 983 : SPIROU N° 4087 (10 Août 2016)


Le Petit Spirou est en couverture pour un récit complet de 6 pages : une nouvelle occasion de constater la déchéance terrible de Tome et Janry, le tandem qui a réalisé les meilleures aventures de Spirou et Fantasio (après Franquin), aujourd'hui littéralement incapable de produire ne serait-ce qu'un gag drôle... Cédric est présent sur le bandeau (un autre exemple de BD "pour enfants" affligeante, et écrite par un septuagénaire - cherchez l'erreur...).

J'ai aimé :

- Harmony : Indigo (2/8). La firme Sigmacorp a isolé ses recherches dans un complexe à l'écart de tout. Plusieurs adolescents sont testés, mais seuls deux sont retenus pour suivre la même formation que Harmony. Toutefois, les partenaires financiers de la compagnie exigent des résultats rapides, ce qui signifie une formation plus dure...
Mathieu Reynès développe son récit avec une belle habileté et assume ses références avec brio : comme il l'explique dans l'interview en préambule de ce nouvel épisode, il est influencé par le manga mais aussi les comics super-héroïques. L'ambiance tendue alterne avec un rythme plus posé. Graphiquement, les personnages sont très expressifs, les décors soignés, le découpage dynamique. C'est très efficace. (Et pour info, l'auteur est déjà en train de réaliser le tome 3 : la suite devrait donc arriver vite, en 2017).

- Le Voyage à travers les siècles (4/6). Salma et Libon ont mis l'humour en veilleuse pour ce nouveau chapitre : c'est un peu dommage mais ce sacrifice était sans doute inévitable avec la somme d'infos à diffuser. Espérons quand même que la suite sera à nouveau plus drôle.

- Capitaine Anchois. Nouveau trésor en vue, mais il faut composer avec les allergies de Louis : Floris ne force pas son talent pour ces deux pages, mais son humour fait mouche.

- Rob. Clunch accepte, par amour pour Clémisse, de fuir ses parents en leur laissant Rob : James et Boris Mirroir livrent deux nouveaux doubles strips rigolos, où la lâcheté du couple comme le sort pathétique du robot font la paire.

- L'Atelier Mastodonte. Obion serait-il devenu invisible ? Il met Trondheim à l'épreuve lorsque Frédéric Niffle passe par là. Pas renversant, les gags de la semaine (au diapason de toute la revue en fait), mais la chute du double strip de Trondheim est "savoureuse" (les guillemets s'imposent, vous comprendrez pourquoi en sachant ce qu'il y a au bout des doigts d'Obion).

- Tash & Trash. On est bien peu de choses dans l'univers et Dino philosophe avec à-propos à ce sujet. / Zizi chauve-souris. Suzie est encore une fois dépitée quand elle espère découvrir une photo de son père chez ses grands-parents : Le lecteur, lui, n'est pas dépité par la nouvelle bande de Trondheim et Bianco (même si j'aimerai plus qu'un strip par semaine).

- Dad. Où Dad fait "aplouf" devant Bébérinice qui a voulu nourrir des canards... Et où Nob fait bien marrer le lecteur avec cette page imparable. (Voir ci-dessous :)

En direct de la rédak donne la parole à Janry : sans intérêt (sinon, donc, de nourrir les regrets des fans de sa grande époque). La semaine prochaine, un événement : le retour de Denis Bodart aux dessins d'un récit complet de huit pages, écrit par Fabien Vehlmann !
Les aventures d'un journal revient sur la série Les paparazzi de Cauvin et Luc Mazel, qui renoua avec le succès grâce à ce titre, avec l'aide de Will et Deliège.

(Et, comme prévu, j'ai laissé tomber la critique du Spirou de Frank Pé et Zidrou : cinq pages encore joliment dessiné, mais d'un vide abyssal. Merci bien, mais cette arnaque a assez duré.) 

Les abonnés ont droit à la deuxième partie du poster Lucky Luke dessiné par Achdé.

dimanche 7 août 2016

Critique 971 : SPIROU N° 4086 (3 Août 2016)


Après la parution du premier tome 1 l'automne dernier, Harmony revient pour huit semaines. A partir de ce numéro aussi, on peut, si on est abonné, commencer à collectionner un poster en quatre parties de Lucky Luke dessiné par Achdé (le résultat final promet d'être vraiment très grand), un avant-goût du prochain album écrit par Jul prévu pour la rentrée. 
La semaine de Spirou par Sti et Priou
et Animal lecteur de Salma et Libon sont excellents :
très frappants chacun dans leur genre...

J'ai aimé :

- Harmony : Indigo (1/8). William Torres dirige un programme secret avec pour "cobaye" Harmony encore enfant et déjà détentrice de pouvoirs télékinésiques. Il tente d'oublier la mort de sa propre fille et la fin de son couple dans le travail jusqu'à ce son supérieur, Steinman, lui retire le projet et le licencie subitement, après avoir conclu un accord financier avec un mystérieux partenaire...
J'avais apprécié le premier chapitre des aventures de l'héroïne écrite et dessinée par Mathieu Reynès, malgré quelques longueurs et beaucoup de questions en suspens. Ce nouveau volet commence de façon déroutante puisque l'histoire se déroule plusieurs années dans le passé. Autant prévenir tout de suite : si on ne lit pas l'interview de l'auteur en préambule, impossible de deviner que William Torres est Nita, le colosse barbu qui a recueilli Harmony dans le tome 1.
Les cartes sont complètement rebattues mais le scénario semble solidement construit et voué à être développé sur le long terme. Il faudra donc être patient. Mais cette entame est accrocheuse, toujours aussi bien mise en images. Et puis cette création à la fois originale et aux influences multiples mérite d'être soutenue.

- Une aventure de Spirou et Fantasio : La lumière de Bornéo (4/13). Où il est question de l'identité en passe d'être dévoilée du mystérieux peintre dont les toiles exposées à la galerie Bernard sont très convoités... De Spirou découvrant avec stupéfaction un secret de Fauvette, la fille de Noé... Noé qui a bien du mal avec son ourang-outang, le fameux Bornéo... Tout comme le comte de Champignac et Follicule avec son éco-quad...
Tout le monde est à la peine dans ce quatrième épisode, moi le premier : ça n'avance pas, je me lasse des (trop) nombreux mystères de l'histoire, de ces quatre intrigues pour l'heure toujours sans lien apparent. 30 pages pour ça ?! Alors certes, c'est joli, mais il va falloir que ça bouge sinon j'abandonne. Il est déjà acquis que ce one-shot est un échec (surtout après celui, jouissif, de Feroumont) : Pé et Zidrou sauveront-ils les meubles ?

- Le Voyage à travers les siècles (3/6). Salma et Libon poursuivent leur rigolote leçon d'Histoire en abordant les transports et leurs influences sur l'évolution du monde. C'est un chouia moins drôle mais quand même distrayant et, au-delà de la blague, instructif.

- Rob. Le père de Clunch, comme sa mère, se demande ce que leur fils trouve à sa fiancée, Clémisse : pour ma part, je trouve la série toujours aussi bien menée, piquante sans être méchante. Encore deux doubles bandes gagnantes par James et Boris Mirroir.

- Le Club des Huns. Où Attila est carrément expulsé ! Dab's, lui, est solidement installé dans le top des titres les plus drôles du journal. Vous avez dit : "Lapin !" ?

- Les Campbell : La Race. Inferno est présenté à une puissante amicale d'aristocrates désirant se débarrasser de la concurrence commerciale : les pirates. Prometteur, et réjouissant de voir que, cette fois, (enfin !) Munuera et la rédaction proposent les épisodes de la série à intervalles plus réguliers et rapprochés : la lecture est grandement fluidifiée.

Cartes blanches. On découvre qui a gagné le premier prix du concours "A chacun sa bulle", dans la catégorie 10-13 ans, du festival de Puteaux : cette planche du Royaume de Feroumont a été effectivement bien dialoguée (les couleurs trahissent davantage l'âge des participants, mais c'est mignon).

- L'Atelier Mastodonte. Tonton Freddy revient faire peur à la bande : même Trondheim se laisse impressionner ! Et Toulmé se montre très (trop !) prudent... Peut-être bien le début d'un nouvel arc narratif. C'est alléchant : l'atelier en plein flip collectif et irrationnel, voilà qui peut inspirer des gags savoureux.  

- Tash & Trash. Dino livre un strip toujours aussi fulgurant et terrible. / Zizi chauve-souris. Trondheim et Bianco présentent enfin Suzie à ses grands-parents : mémorable !

- Dad. Papa en monde Boney M : traumatisme pour Roxane et Ondine ! Le gag est élémentaire mais le résultat est très marrant : du très bon Nob. (Voir ci-dessous :)

En direct de la rédak donne la parole à Achdé qui s'explique sur son méga-poster pour les abonnés et évoque (à peine) le prochain Lucky Luke écrit par Jul. La semaine prochaine : Le petit Spirou part en vacances (bof - beauf ! - d'avance...).
Les aventures d'un journal revient sur le premier disque des... Schtroumpfs : une nouvelle occasion d'être sidéré par le merchandising affligeant de Peyo, dès 1965. 

Pour finir, si j'ai bien deviné, dans deux semaines (pour le n° 4088 donc), j'ai l'impression qu'on va avoir droit à un événement avec un récit complet inédit dessiné par Denis Bodart d'après une histoire de Kid Toussaint...

mardi 1 septembre 2015

Critique 699 : SPIROU N° 4037 (26 Août 2015)


Spirou fête la rentrée des classes et c'est Cauvin et Laudec, avec Cédric, qui ont droit à la couverture. Plus engageant : Imbattable figure sur le bandeau.

J'ai aimé :

- Les Tuniques bleues : Les quatre évangélistes (5/7). Chesterfield rattrape Blutch qui, après avoir vu Stark sur sa monture, est parti précipitamment du camp de Pendleton pour la récupérer. L'infâme Cancrelat se dresse sur leur chemin et les deux soldats sont alors obligés de se cacher en espérant semer les sudistes qui les ont démasqués...
Un épisode assez mitigé : le découpage de la pré-publication, établi sur sept semaines, oblige à publier des pages en interrompant le flux de l'action, c'est regrettable, même si Cauvin arrive à placer un nouveau cliffhanger bienvenu. Lambil met ça en scène efficacement. La lecture de cette aventure est toujours aussi agréable, c'est une mécanique classique mais bien huilée.

- Dad. Nob a droit à deux pages (ce qui justifie que sa série soit déplacée au centre de la revue) et il produit qui sort de l'ordinaire, vraiment émouvant, d'une grande tendresse, sans céder à l'envie de conclure sur une pirouette, un gag. Simplement, l'auteur cueille le lecteur.

- Boni : Bruno et le directeur. Ian Fortin cueille aussi le lecteur à sa manière avec quatre nouveaux strips d'une cruauté irrésistible où l'on apprend pourquoi le terrible Bruno qui brutalise Boni est et reste impuni. C'est méchant mais tellement drôle, et le dessin ajoute au plaisir de la lecture avec son style naïf, acidulé.

- Imbattable. Jousselin est comme son héros : même dans une situation impossible, il s'en sort toujours, quitte à s'amuser avec le paradoxe temporel qui rendra fou son ennemi comme le lecteur. On reparle d'Imbattable dans L'Atelier Mastondonte plus loin...

- Spouri et Fantaziz : Trop spourie, la rentrée ! Fred Neidhardt ramène ses deux avatars version banlieue 100% cliché mais inspirée et très drôle. La manière dont Spouri case "tissu associatif", "développement durable" et "laïcité positive" dans sa dissertation est hilarante.

- Happy Birds. Trois nouveaux strips par le tandem Trondheim-Piette : l'humour de ce titre est étonnant, s'appuyant beaucoup sur les dialogues et les situations absurdes. J'aime beaucoup, mais c'est très atypique.

- L'Atelier Mastodonte. Y aurait-il une fronde des vedettes de cette série contre la rédaction de la revue ? C'est encore assez allusif dans les deux doubles strips de cette semaine, où Jousselin est au centre de l'action en compagnie de Trondheim. Mais ça va devenir encore plus clair la semaine prochaine...

- Tash & Trash. Les deux voyageurs dans une classe de poules : ça suffit à Dino pour signer un strip toujours aussi détonant. Frustrant à résumer, dit comme ça, mais imparable.

- Game Over. Midam nous réjouit encore une fois avec un gag, disons rugissant. L'usage des onomatopées est brillant dans une série qui souvent se prive de tout texte. 

En direct de la rédak donne la parole à Blenus, le créateur de Harry, une des nouveautés de la rentrée (que je ne trouve pas terrible : un gag peu drôle et un dessin numérique qui est plus proche du navrant Nelson que du superbe Dad). Le courrier d'une lectrice permet d'apprendre pourquoi Libon a appelé sa série Les cavaliers de l'Apocadipse. Et la semaine prochaine l'Atelier Mastodonte a droit à la couverture (et, je peux vous le dire, à deux doubles strips cinglants contre la rédaction qui ouvre sa porte à de nouveaux pseudos auteurs...).
Les aventures d'un journal revient sur le "marronnier" de la rentrée scolaire dans la revue, dans son n° de Septembre 2005.
C'est également la première fois que l'on a droit à L'école de Spirou, une rubrique dont la fréquence est encore indéterminée mais qui met en scène la rencontre entre un auteur Dupuis et une classe de collège pour un petit cours de BD : c'est l'excellent Benoît Féroumont (Le Royaume) qui ouvre le bal en répondant aux questions de marmots de 10 à 12 ans et avec une planche de démonstration. L'initiative est prometteuse et bienvenue.

C'est en tout cas bien mieux que le minable supplément pour les abonnés : six étiquettes pour cahiers scolaires... Si vous vous abonnez en ce moment, ne le faîtes pas pour les bonus exclusifs. 

vendredi 28 août 2015

Critique 697 : BATMAN SAGA #40 (Août 2015)

 Batman Saga #40 :

- Batman #38 : Fini de jouer, quatrième partie (Scott Snyder / Greg Capullo) :

Le virus lâché par le Joker continue de rendre folle la population de Gotham. Batman oriente ses recherches en direction du docteur Paul Dekker, dont les travaux sur la régénération cellulaire pourrait permettre de concevoir un antidote. Mais le savant est du côté du Joker et va obliger Batman à s'en remettre à un autre de ses adversaires...

Le récit de Scott Snyder marque, pour la première fois depuis son commencement, légèrement le pas dans ce 4ème chapitre : on y renoue avec un Batman moins engagé dans des scènes d'action spectaculaires, même si la folie qui traverse Gotham réserve encore des moments saisissants, et davantage occupé à enquêter sur les complices du Joker et la recherche d'un antidote.
Néanmoins, l'intrigue demeure passionnante, avec une mise en perspective vertigineuse entre les légendes sur les immortels et la figure du Joker elle-même, dont le scénariste fait une créature quasi-mythologique - un angle de vue fascinant.
Le cliffhanger indique que Snyder compte lier cette saga avec le tout début de son run, ce qui, si cela est bien établi, formerait un tour de force assez épatant.

Greg Capullo maintient un niveau graphique toujours aussi percutant aux épisodes : son découpage très nerveux, ses cadrages inventifs, son emploi des à-plats noirs (superbement encrés par Danny Miki), donnent à tout ça une dimension épique et angoissante impressionnante.

- Detective Comics #38 : Anarky, deuxième partie (Brian Buccellato, Francis Manapul / Francis Manapul) :

Anarky, après avoir failli faire sauter la tour Wayne, accomplit un nouveau coup d'éclat en effaçant toutes les empreintes digitales des gothamites - et du même coup leurs dettes bancaires, leurs casiers judiciaires... Batman et le détective Harvey Bullock doivent alors faire face à des exactions commises par des malfrats lâchés dans la nature. Jusqu'à ce qu'une bavure se produise...

Ce deuxième volet de l'arc ne change guère l'opinion qu'on peut avoir sur la production scénaristique du duo formé par Brian Buccellato et Francis Manapul : leurs idées ne sont pas mauvaises ni exemptes de rythme, mais peinent à accrocher. La faute en incombe au fait que, pour l'instant, Batman n'affronte pas directement Anarky, trop occupé à contenir le chaos qu'il sème.

On sent bien que la série s'articule autour des inventions graphiques de Manapul, capable effectivement de produire des planches au découpage bluffant, mais le procédé a ses limites. Le titre historique de la chauve-souris est donc superflu, même s'il est séduisant : il ne rivalise pas avec la puissance des épisodes de Snyder tout en marchant étrangement dans ses pas (Gotham dépassé par les événements, méchant possédant un coup d'avance...).

- Batman & Robin #37 : L'éveil de Robin - Trou noir (Peter J. Tomasi / Patrick Gleason) : 

Batman affronte Darkseid sur Apokolips pour récupérer et évacuer la dépouille de Damian Wayne, mais aussi avoir une chance de le ressusciter grâce un éclat du cristal du chaos...

Peter J. Tomasi orchestre un duel de toute beauté entre deux personnages qu'on n'associe pas volontiers car leurs univers sont distincts (le cosmique divin avec Darkseid, la justice urbaine avec Batman). Pourtant, ça fonctionne, et pas qu'un peu : le scénariste réussit à retranscrire avec force l'énergie du désespoir qui anime Batman, au point qu'il défie Darkseid sur son propre territoire, mais avec un objectif imparable (la résurrection de son fils).
Alors que la série approche de son dénouement (au #40), tout porte à croire que sa fin sera grandiose.

Patrick Gleason livre une nouvelle fois des planches magnifiques : chez ce faiseur d'images, la sensation passe avant la construction et on retiendra longtemps la méticulosité folle avec laquelle il représente le seigneur d'Apokolips, son visage de pierre, son royaume infernal, tout comme l'intimité poignante des retrouvailles entre Bruce et Damian.

- Batgirl #38 : Aimée (Brendan Fletcher, Cameron Stewart / Cameron Stewart, Babs Tarr) :

Batgirl voit sa popularité monter en flèche depuis qu'elle communique sur les réseaux sociaux en tant que protectrice du quartier de Burnside. Barbara Gordon, elle, doit composer avec la défiance de son petit ami, l'agent Liam Powell, qui n'apprécie pas qu'une justicière masquée entrave l'action de la police...

Le run de Brendan Fletcher et Cameron Stewart affiche désormais sa singularité, pour le meilleur et le pire : les épisodes se suivent et se ressemblent dans leur structure, partagée entre l'exposition des soucis quotidiens de son héroïne, traités avec légèreté sinon avec superficialité, et la lutte avec un ennemi, au charisme très limité, au pouvoir de nuisance peu élevé.
La fraîcheur du dispositif n'excuse pas un défaut de plus en plus prononcé d'inspiration : c'est dommage, mais ne perdons pas espoir. Si d'aventure, les auteurs finissent par imaginer une menace plus consistante, cela profitera à leur héroïne.

Babs Tarr, toujours d'après le storyboard dressé par Stewart, continue d'illustrer ça avec beaucoup de pep's : en cela, son dessin est parfaitement raccord avec le projet, mais le potentiel de cet artiste gagnerait lui aussi à servir des intrigues plus intenses.

- Grayson Annual #1 : Une Histoire de géants, grands et petits (Tim Seeley, Tom King / Stephen Mooney) :

Helena Bertinelli, la "matrone" de l'agence Spyral, est kidnappé par Rockin' Rob, un expert en explosifs irlandais, qui veut la livrer aux sbires de St Francis en échange d'une rencontre avec ce dernier. Mais dans cette transaction, personne n'est celui qu'il prétend être...

A peine 5 épisodes et la série de Tim Seeley et Tom King a déjà droit à son Annual, un format plus long qu'à l'ordinaire (une trentaine de pages), avec une intrigue qui, tout en restant relié à l'arc en cours, permet un angle de vue un peu décalé.
L'intrigue doit, à l'évidence, beaucoup à Tom King, ancien des forces spéciales, et bien documenté sur l'Irlande. Mais davantage que cela, c'est le jeu sur le fait de raconter des histoires - le propre des espions en somme, qui doivent tromper leurs ennemis pour les démasquer et les vaincre - qui séduit. Toute la nuance entre le récit et le mensonge devient jubilatoire au terme de cet épisode.

Mikel Janin laisse sa place au dessinateur irlandais Stephen Mooney (révélé avec la série indé Half Past Danger chez IDW), dont le style, bien différent, est très efficace. Parfois, quelques plans trahissent des maladresses avec des compositions inégales, mais le trait est affirmé, réaliste, avec un découpage habile.

Bilan : toujours très positif - la revue est vraiment un régal à lire, son programme est riche, dense, varié, et la format anthologique mais thématique (le Bat-verse) profite même aux titres plus faibles (Batgirl, Detective Comics). Des séries comme Batman, Batman & Robin et Grayson affichent un niveau narratif et graphique impressionnant, surtout que DC peut se vanter d'y avoir des auteurs et artistes très réguliers.

dimanche 23 août 2015

Critique 695 : SPIROU N° 4036 (19 Août 2015)


La série Ralph Azham de Lewis Trondheim revient pour un deuxième cycle (comme je n'ai pas suivi le premier et que Trondheim est vraiment un piètre dessinateur, les 8 semaines de pré-publication ne me ravissent pas). En revanche, la présence des Cavaliers de l'Apocadispe sur le bandeau garantit un bon moment de rigolade.

J'ai aimé :

- Dad. Les comptines du papa ne suffisent plus à Bébérénice : Nob mixe un zeste de cruauté sans jamais de départir de sa tendresse. En fait, Dad renoue avec l'esprit bon enfant, bienveillant de Boule et Bill de Roba, dont il est le digne héritier, avec la modernité qui sied à l'exercice.

- Les Tuniques bleues : Les quatre évangélistes (4/7). Lorsque Blutch, depuis le camp de Pendleton, remarque avec une paire de jumelles que Stark monte son cheval, son sang ne fait qu'un tour et Chesterfield doit lui courir après pour que leur mission d'infiltration n'échoue pas...
Un test (parmi d'autres) facile pour savoir si une BD fonctionne, c'est, lorsqu'elle paraît en feuilleton, de vérifier si vous sentez passer chaque chapitre ou non : Après ce 4ème épisode, l'ouvrage de Cauvin et Lambil demeure efficace, avec des cliffhangers bien choisis, une situation aux développements prometteurs.

- Passe-moi l'ciel. Je mentionne ce gag, moins pour sa qualité (ce n'est pas, loin s'en faut, le plus inspiré de Janry) mais parce qu'il doit s'agir d'un des derniers (le dernier ?) du regretté Stuf, auquel la revue rendra un hommage digne de ce nom dans le n° 4039.

- Boni : Grand-papa à la rescousse ! Ian Fortin livre quatre nouveaux strips très drôles et féroces : le papy de Boni est un véritable enfoiré, le pauvre lapin en prend plein la figure, Bruno est félicité. Méchant mais irrésistible.

- Le Club des Huns. Décidément, les hommes d'Attila sont de vraies plaies : piètres guerriers, indisciplinés, stupides, ils sont aussi bordéliques. Dab's agit, mais c'est pas gagné - sauf pour le lecteur qui se marre bien.

- Les Cavaliers de l'Apocadispe : résolvent leurs soucis avec une ficelle. Libon est de retour avec ces trois néo-pieds nickelés et il est en grande forme : c'est une des séries les plus hilarantes de la revue, qui ne déçoit jamais, sa parution fréquente mais irrégulière permet aussi de ne pas l'oublier ni de s'en lasser. 

- Capitaine Anchois. Faire le mort quand on croise des ours, est-ce une si bonne idée ? Floris y répond, bien à sa manière : fort amusante, complètement décalée.

- Happy Birds. Les trois nouveaux strips de Trondheim et Piette confirment que ce titre récent est en train de se faire une place au soleil dans la revue : le ton y est original, absurde sans être franchement drôle. J'aime beaucoup.

- L'Atelier Mastodonte. Mathilde Domecq expérimente l'hypnose pour apaiser Alfred (ça a l'air de marcher) et remotiver Bianco (ça marche... mais pas comme prévu) : deux doubles strips d'Alfred et Mathilde qui semblent conclure le feuilleton dont le premier était le héros depuis quelques semaines.

- Tash & Trash. / Harry. Le 400ème (!) strip de Dino voisine avec le premier de Benus, dont le héros deviendra récurrent dès la semaine prochaine. Je préfère quand même Dino, mais je laisse sa chance à Benus.

- Game Over. Midam jette l'ancre pour un nouveau gag mortel : une bonne manière de refermer la revue chaque semaine. 

En direct de la rédak retrouve Arthur De Pins en pleine pré-production de son dessin animé Zombillenium. Catel et Bouilhac sortent un récit complet alléchant sur Mylène Demongeot (dans les bac le 28 Août). Une lectrice s'émeut (à juste titre) d'un gag particulièrement médiocre de L'agent 212, que la rédaction défend assez faiblement. Et la semaine prochaine, numéro "spécial rentrée" (sauf que je ne l'ai pas encore reçu : demain, j'espère).
Les aventures d'un journal revient sur un article étonnamment virulent sur les adaptations de BD en dessins animés à la télé, paru en 1980, à une époque où le rédac'chef, Patrick Pinchart, tentait de transformer la revue avec des idées assez saugrenues.

Pour les abonnés, encore un supplément moyen avec des cartes de héros à collectionner. Bon sang, faîtes un effort, c'est pas avec ça que vous allez donner envie de s'abonner !

samedi 15 août 2015

Critique 690 : SPIROU N° 4035 (12 Août 2015)


Les Femmes en blanc en couverture, Bulbox sur le bandeau : tout ça n'est pas très attrayant. Et d'ailleurs ce numéro ne restera pas dans les meilleurs (ni de la saison ni de l'année), on sent bien que la torpeur de l'été a aussi gagné la rédaction.

Pas grand-chose à sauver cette semaine donc, mais...
J'ai (quand même) aimé :

- Dad. Le papa de Nob va solliciter une petite avance financière à la mère de Pandora, aussi aimable que sa fille. Le gag est comme toujours très bien amené, avec une chute très marrante. Ce serait bien que Nob nous présente les mères de Ondine (évoquée ici comme étant une actrice), Roxane et Bébérinice à l'avenir.

- Les Tuniques bleues : Les quatre évangélistes (3/7). Chesterfield et Blutch parviennent jusqu'au camp de Pendleton tandis que leur supérieur s'impatiente et prévoit une nouvelle charge avant la nuit...
Comme l'explique Willy Lambil, le dessinateur de la série, dans l'interview en préambule de l'épisode, le récit s'installe, un peu lentement il est vrai, avant que l'action prenne le pas : Cauvin frustre le lecteur, mais la situation est assez originale et l'issue prometteuse pour qu'on lise ceci avec intérêt.

- Boni : Le truc avec Brigitte. Boni tente de prodiguer quelques conseils avisés à son meilleur ami pour qu'il séduise Brigitte : c'est pas gagné, sauf pour Ian Fortin qui produit chaque semaine des strips rigolos, parfois cruels, avec son petit lapin.

- Les Minions. Didier Ah-Koon et Renaud Collin livrent quatre pages (dont une double, située au centre de la revue) pour un gag bien senti, toujours muet et au visuel impressionnant. On peut s'étonner que "Spirou" ne profite pas davantage de l'énorme succès en salles du film consacré aux lutins jaunes, en les mettant en "une"...

- Cartes blanches. Madaule, l'un des auteurs de Givrés ! et Cramés !, surprend positivement avec deux doubles strips à l'humour différent de sa production habituelle. Serait-ce un essai pour un nouveau projet ?

- Le Club des Huns. Ou comment Attila réussit à convaincre sa troupe de courir 20 km ? Quelques indices : lapins, Zsambor... Dab's réussit encore une fois une page drôlissime.

- Happy Birds. Le héros de Trondheim et Piette pénètre enfin dans les locaux de Roveo, l'entreprise qui produit le jeu "Angry birds" : trois strips sympas, qui nous laissent un peu sur notre faim, mais la série s'installe, donc laissons-lui du temps.

- L'Atelier Mastodonte. Le cas d'Alfred ne s'arrange pas, sauf quand Tebo passe par là. Mais Jousselin sacrifie quand même sa barbe après une énième crise de son collègue. Le feuilleton continue, déjanté mais pas que : c'est le sujet du burn-out qui est en fait abordé.

- Tash & Trash. Dino m'a encore bien fait marrer avec ce petit strip si bien inspiré. / Capitaine Anchois. Floris est un peu moins bon que d'habitude, mais difficile de ne pas sourire au minimum avec ses crétins de pirates.

- Game over. Midam s'amuse, et nous avec, avec ce gag (presque) muet sur les effets du Coca-Cola : simple, atroce mais efficace. 

En direct de la rédak donne la parole à Renaud Collin, qui revient sur le succès des Minions au cinéma et en BD. Les petits bonheurs de Kid Toussaint permettent de constater que, même si sa série Magic 7 ne valait pas tripette, il a quand même bon goût puisqu'il recommande la lecture de Hawkeye par Matt Fraction et David Aja. Et la semaine prochaine, le retour de Ralph Azham pour un second cycle d'aventures signé Trondheim.
Les aventures d'un journal revient sur Dr Gladstone, une bd créée par Jadoul et Herbert, auquel Jijé donna un drôle de coup de main... Sans que cela transforme l'essai en succès.

Le supplément pour les abonnés n'a (encore) rien de bien folichon : deux autocollants Capitaine Anchois... C'est limite de l'arnaque.

mardi 11 août 2015

Critique 687 : LES GARDIENS DE LA GALAXIE #8 (Août 2015)

 Les Gardien de la Galaxie #8 :

- Les Gardiens de la Galaxie #23 : Planète Venom (Brian Michael Bendis / Valerio Schiti) :

Flash Thompson découvre que le symbiote Venom dont il était l'hôte a agressé les Gardiens de la galaxie et possède actuellement Drax. L'équipe est entraînée sur la planète dont sont originaires ces extra-terrestres dont elle va apprendre le véritable rôle...

Brian Bendis conclut cet arc, finalement très bref, en livrant des révélations étonnantes sur les symbiotes. Après avoir fait référence à un récit des New Avengers, il adresse cette fois un clin d'oeil appuyé au film Aliens de James Cameron et par ricochet à la saga des Broods de Chris Claremont. Le personnage de Flash Thompson en sort profondément redéfini. Et le cliffhanger est très drôle.
J'hésite encore à poursuivre la lecture de la revue puisqu'on va avoir droit à un crossover pendant quatre mois, qui oblige aussi à se procurer le mensuel "X-Men". Mais j'y reviendrai certainement pour la fin de la série actuelle (au #27) puis l'intermède Guardians of Knowhere (durant l'event Secret Wars) avant le relaunch (en vf courant 2016).

Valerio Schiti produit toujours de planches impeccables : l'expressivité de ses personnages est son point fort, assorti d'un découpage très fluide et énergiques. L'italien s'est imposé naturellement comme un artiste à suivre, et c'est heureux qu'il rempile pour le relaunch (Mike Deodato le remplacera durant Guardians of Knowhere).
Le fan du Hawkeye de Fraction et Aja notera le clin d'oeil sympa en observant le tee-shirt que porte Peter Quill à la fin de l'épisode.

- Guardians Team-Up #2 : Rencontre Gardiens de la Galaxie / Avengers (2) (Brian Michael Bendis / Stéphane Roux) :

Nebula a enlevé Gamora pour la livrer au régent d'une planète dont Thanos voulait se rendre maître. Les Avengers aident les Gardiens de la galaxie à retrouver leur amie et à la sauver d'une mort certaine...

Soyons honnête, ce n'est pas la deuxième partie de cette histoire qui va en relever le niveau : Bendis a collé avec application au cahier des charges de ce titre lancé pour surfer sur le succès du film de James Gunn, en utilisant Nebula et aussi les Avengers. Mais tout ça est très faiblement exploité, sans intérêt, aussi vite lu qu'oublié.

J'attendais aussi beaucoup mieux de Stéphane Roux au dessin, même si le français a du mal à s'imposer partout où il s'engage (en étant toujours en retard notamment) : ses meilleures pages prouvent sa capacité à représenter des personnages très expressifs, avec des décors fouillés, mais l'ensemble demeure très inconstant, malgré le renfort de l'encreur Jay Leisten.

- Star-Lord #7 : Le règne du Vortex Noir (2) (Sam Humphries / Freddie Williams II) :

Kitty Pryde a volé un quinjet aux Avengers pour partir à la rescousse de Peter Quill, fait prisonnier par son père, qui n'est autre que le sinistre Mr Knife en possession du redoutable Vortex Noir...

Un épisode de plus toujours aussi peu convaincant de la part du scénariste Sam Humphries, même s'il comporte un peu plus d'action : le titre accuse sévèrement le fait de n'être qu'un prétexte pour exploiter une marque désormais à la mode (une série pour chaque Gardien de la galaxie), sans proposer un contenu original.

Freddie Williams II remplace Paco Medina pour cette fois : dessinateur médiocre, il ne fait donc pas de miracles.

- Rocket Raccoon #6 : Robots de foire (Skottie Young / Jake Parker) :
Rocket Raccoon accepte de s'acquitter d'une vieille dette envers le chien Cosmo en aidant un robot pacifique à délivrer certains de ses confrères prêts à être reprogrammés pour combattre...

Heureusement que cette série existe pour maintenir le lecteur éveillé : Skottie Young se contente désormais de signer le scénario et les dialogues et anime une histoire dont la simplicité, l'énergie et la drôlerie sont vraiment rafraîchissantes. Totalement atypique, et improbable, ce titre est un régal.

Jake Parker assume seul la partie graphique sans démériter : son découpage basique et l'expressivité cartoonesque de son dessin compensent avantageusement des plans un peu pauvres parfois en décors. La colorisation flashy de Jean-François Beaulieu convient parfaitement à la série.

- Nova #25 : Carte de membre (Gerry Duggan / David Baldeon) :

Après son combat épique et victorieux contre Hulk, le jeune Sam Alexander est abordé par Steve Rogers qui le conduit au manoir des Avengers. Nova en devient membre mais reçoit aussi une mise en garde : pour conserver sa place, il ne devra plus affronter de telles menaces seul...

Bien que le graphisme de David Baldeon me rebute, je dois reconnaître que cet épisode anniversaire (qui compte en vérité trente pages mais que Panini, avec sa fantaisie coutumière, a choisi de couper en deux parties de 20 et 10 pages, suite et fin le mois prochain...) est sympathique.

Gerry Duggan officialise le nouveau statut de Sam Alexander avec bonne humeur, quelques Avengers font de la figuration : c'est sympa. Dommage que ce soit si moche.  

Bilan : toujours aussi mitigé - GOTG de Bendis et Schiti et Rocket Raccoon de Young et Parker portent une revue en manque de séries fortes. C'est déplorable quand on sait que des titres à vocation "cosmique" ont été développés en parallèle mais que Panini a préféré les publier en librairie ou dans des HS. 

dimanche 9 août 2015

Critique 685 : SPIROU N° 4034 (5 Août 2015)


Le troisième tome des Campbell trouve son terme dans le numéro de cette semaine. Et sur le bandeau, une nouvelle série arrive (en remplacement de Zizi chauve-souris) : Happy Birds.

J'ai aimé :

- Dad. La visite au zoo de la semaine dernière a laissé des traces : le papa de Bébérinice, Roxane, Ondine et Pandora va souffrir... Nob nous régale comme toujours avec ce gag où il démontre un art consommé du hors-champ et des onomatopées.

- Les Tuniques bleues : Les quatre évangélistes (2/7). Chesterfiled, déguisé en pasteur, et Blutch, accoutré en idiot du village, infiltrent les lignes ennemis pour saboter la batterie d'artillerie du capitaine Pendleton. Il s'en faut de peu qu'ils soient démasqués quand ils croisent une vieille connaissance...
Cauvin (oui, le même qui n'est jamais drôle avec Cédric, Les femmes en blanc et Pierre Tombal) mène son affaire avec une vraie habileté : c'est certes très classique, mais on ne s'ennuie pas et on a envie de lire la suite. Lambil, au dessin, s'en sort également très bien, sans forcer.
De la "BD à Papa" en somme, mais indéniablement bien faite.

- Le Royaume des lecteurs. Dans le n° 4024 (spécial "Do it yourself"), Benoît Féroumont proposait aux lecteurs une planche aux phylactères blancs : celui qui trouverait les dialogues les plus drôles à partir de la situation dessinée les verraient publiés. Olivier et Matthieu ont relevé le défi et c'est effectivement très marrant. Espérons que ça donnera à Féroumont l'envie de produire plus souvent des pages de sa jubilatoire BD.

- Boni : Manon. Le petit lapin de Ian Fortin doit composer avec une camarade un peu enveloppée qui cherche l'âme soeur : quatre nouveaux strips savoureux de la part de cet auteur québécois indispensable.

- Les Campbell : De la fumée et du bruit. Munuera conclut la troisième aventure de sa famille de pirates dans un épisode de 10 pages plein d'action et de rebondissements : le Turc tombe les masques, et la suite qui verra Inferno et son frère s'affronter pour le salut des brigands des mers promet beaucoup.
C'est vraiment dommage que la parution de cette série ne soit pas mieux gérée par Dupuis parce qu'elle vaut vraiment le coup : en attendant que Munuera dispose de suffisamment d'épisodes à l'avance par exemple pour ensuite être lus plus régulièrement.

- Capitaine Anchois : La bibliothèque. Le capitaine et son second pensaient bien (enfin) avoir mis la main sur un trésor, quitte à remonter le temps : pas de chance, la bibliothécaire a été plus maline... Floris a droit à 3 pages pour cette nouvelle (més)aventure très rigolote.

- Le Club des Huns. Dab's confirme que sa série se déploie maintenant en gags d'une page et on n'y perd pas au change : c'est toujours aussi tordant de voir ce pauvre Attila essayer d'éduquer ses troupes, avec une séance de natation épique.

- Happy Birds. Lewis Trondheim refait équipe avec Hugo Piette (après leur histoire pour le spécial 75 ans de "Spirou") dans cette série de strips (trois par semaine) qui se moquent des concepteurs du jeu vidéo Angry Birds. Le dessin naïf de Piette et le verbe toujours mordant de Trondheim donnent une production prometteuse.

- L'Atelier Mastodonte. Alfred n'est toujours pas calmé, comme vont l'apprendre à leurs dépens Mathilde Domecq et un petit garçon dans un square : c'est ça aussi le charme si spécial de ce titre, alterner des mini-feuilletons loufoques et flippants, où les auteurs se dévoilent sans concessions.

- Tash & Trash. Dino livre encore un strip minimaliste et génial. C'est si bien foutu que je me demande ce qu'il serait capable d'imaginer en s'essayant au gag en une page.

- Game Over. Midam est lui aussi en grande forme. Et finalement son spin-off de Kid Paddle trouve une troublante résonance avec la rubrique des Aventures d'un journal de cette semaine (voir plus bas)...    

En direct de la rédak donne la parole à Trondheim et Piette au sujet de la genèse de Happy Birds. Pas de bol par contre pour la semaine prochaine : Les femmes en blanc ont droit à la couverture...
Les aventures d'un journal revient sur le tragique destin de Jean Portelle : ce jeune aventurier de 23 ans imagina la série Les aventures du capitaine Morgan pour Gérald Forton avant de mourir prématurément lors d'un périple près de l'île Cocos avec Claude Chaliés. Comme le note Fred Neidhardt dans le frontispice de la rubrique, le destin est susceptible...

Les abonnés ont droit à un chouette mini-récit (à assembler eux-mêmes) en supplément : Le précipice par David De Thuin, une poignante histoire de chat.

samedi 8 août 2015

Critique 684 : AVENGERS NOW ! #3 (Août 2015)

Avengers Now ! #3 :

- Superior Iron Man #4 : Odieusement supérieur (4) (Tom Taylor / Yildiray Cinar):

A San Francisco, le duel entre Iron Man et Daredevil se poursuit, d'autant plus que le premier surveille désormais toute la ville grâce à des drones et qu'il héberge la jeune Abomination, dans un but secret. Le SHIELD tente de s'en mêler avant de reculer.

La série écrite par Tom Taylor peine toujours autant à décoller et se cantonne depuis le début à un affrontement entre Iron Man, devenu plus arrogant et agressif, et Daredevil, basé comme lui à San Francisco. Ce combat ne manque pas de sel, mais il est certain que Mark Waid (le scénariste de la série Daredevil) lui aurait apporté plus d'intensité.
Néanmoins, il faut admettre que le cliffhanger est glaçant. Mais bon, le titre connaîtra sans doute une meilleure direction quand Brian Bendis le reprendra (avec David Marquez, à partir d'Octobre en v.o., courant 2016 chez nous).

Yildiray Cinar s'essouffle aussi sensiblement, puisqu'il a besoin de deux encreurs pour achever ses planches (le vétéran Tom Palmer et Cory Hamsher). Le dessin demeure, malgré ces renforts, d'un niveau moyen, à l'image de l'histoire.

On a du mal à voir dans ce run autre chose qu'une période de transition, surfant le succès du Superior Spider-Man de Dan Slott et du twist balourd de la saga Axis de Rick Remender.
   
- Thor #3 : Lorsque les seigneurs de glace déclarent la guerre (Jason Aaron / Russell Dauterman):

Thor, la nouvelle déesse du tonnerre, toujours privée de Mjolnir, affronte les géants de glace qui veulent la supprimer et récupérer le crâne de leur défunt roi, Laufay, détenu par le patron de la Roxxon. Ce dernier dévoile son surprenant secret à l'elfe noir Malekith, complice des géants, juste avant que Thor Odinson ne fasse son retour.

Jason Aaron, si on examine bien sa série depuis le début, ne raconte pas grand-chose, mais il le raconte bien, avec beaucoup de nerf, ce qui fait (presque) tout passer. Le petit jeu sur l'identité de la nouvelle Thor est toujours efficace, et en s'inscrivant dans un fantastique échevelé (avec l'apparition du Minotaure, en plus des géants de glace et de Malekith), le dépaysement est garanti, bien que l'action se situe dans un lieu unique.
Tout ça affiche un potentiel... Du tonnerre (je sais, c'est facile, mais c'est vrai).

Les dessins de Russell Dauterman conservent une puissance exceptionnelle, seulement amoindrie par quelques plans parfois confus, trop chargés. Si l'artiste se calmait avec ses découpages inutilement tarabiscotés et éclaircissait ses compositions, ce serait irréprochable. Mais le garçon a du talent et de l'audace : Thor n'a pas seulement changé de genre, il a repris des couleurs et de la vigueur.

- All-New Captain America #3 : Le réveil de l'Hydra (3) (Rick Remender / Stuart Immonen):

Sam Wilson découvre le cadavre égorgé de Nomad puis affronte Sin, la fille de Crâne Rouge, qui essaie de le convaincre que, depuis ses origines, il a été manipulé pour espionner Steve Rogers. Cependant, l'Hydra, mené par le Baron Zémo, enclenche son terrible plan visant à stériliser l'humanité.

All-New Captain America ressemble au mode d'emploi du logiciel de Rick Remender : bastons sur un tempo d'enfer, flash-backs introductifs particulièrement mélodramatiques, voix-off assommante, tentation de retcon...
Tout ça possède une efficacité indéniable. Pourtant, le héros n'en ressort pas ni plus attachant, l'intrigue s'étire artificiellement. On éprouve la sensation tenace que l'auteur gagne du temps sans savoir où il veut en venir, sinon justifier par des actions spectaculaires la capacité de Sam Wilson à incarner Captain America. Pour ma part, ça m'ennuie. 

La série a de la chance d'avoir Stuart Immonen aux dessins car l'artiste confère au script un sacré dynamisme. Mais, en même temps, c'est assez désolant de voir un tel dessinateur cantonné à des pages et des pages de bagarre, avec des personnages grimaçants, le tout sous une colorisation épouvantablement sombre.

Comme Iron Man, tout laisse espérer que la reprise du titre par Nick Spencer et Daniel Acuña aura plus de relief et d'originalité. 

- Hulk #8-9 : L'oméga Hulk (4-5) (Gerry Duggan / Mark Bagley):

Doc Green/Hulk continue à traquer tous ceux qui ont été exposés aux rayons gamma et s'oppose à présent à Betty Ross. Il doit aussi demander l'aide de Kitty Pryde pour se débarrasser d'une tumeur causée par le virus extremis de Tony Stark. Peu après cette opération, il a la vision de son futur - et de celui des autres super-héros qu'il a fréquenté durant toute sa carrière.

Si l'on juge une série sur la ligne maintenue entre son projet et le résultat (ce qu'on lit à chaque épisode), alors, aussi étonnant que ça puisse paraître, le Hulk de Gerry Duggan est le titre le plus solide de la revue.
L'argument n'a rien de renversant mais il est fidèlement traité, avec une efficacité jamais prise en défaut, ça va vite, il y a de l'action, du sens, des surprises, des développements intéressants. Difficile à la fois de trouver un défaut à cette entreprise élémentaire mais vigoureuse et de comprendre comment le même auteur écrit (dans la revue "Les Gardiens de la Galaxie") le nullissime Nova.

Mark Bagley produit le même sentiment : ce n'est pas la nouvelle star ni un artiste virtuose, mais pour ce job, il remplit parfaitement son rôle en livrant des pages qui se lisent facilement, qui ont du punch. C'est aussi basique que l'histoire et c'est justement pour cela que ça fonctionne. 

Bilan : une drôle de revue décidément - Thor de Aaron et Dauterman domine le lot, mais Hulk de Duggan et Bagley surprend très agréablement. Immonen et Remender ne sont pas au top avec Captain America, comme s'ils ne faisaient que passer. Et Superior Iron Man reste d'un opportunisme grossier, très dispensable. 
Avengers Now ! ne prendra certainement son envol qu'après la saga Secret Wars, avec de nouvelles équipes artistiques, de nouvelles orientations (même si Hulk aurait gagné à conservé ses auteurs actuels). Du coup, je vais certainement arrêter les frais en attendant cette prochaine version de la revue.

jeudi 28 août 2014

Critique 500 : SPIROU N° 3985 (27 Août 2014)

Hé bien, voilà, nous y sommes : c'est ma 500ème critique (mais pour plus de 500 livres et revues) ! 
Bien sûr, j'ai pensé "fêter" ça en vous parlant d'une BD qui me tenait à coeur et à laquelle je n'aurai pas consacrée d'article, ou en publiant une sorte de "manifeste critique"... Mais bon, je n'ai pas trouvé (pas vraiment cherché non plus) et je me suis dit que la meilleure idée consisterait à continuer normalement.


C'est parti pour la critique n° 500, celle du Spirou n° 3985. La couverture met en avant les Minions (du film Moi, moche et méchant), qui sont présents au fil des pages pour faire des bêtises et vedettes de 3 gags d'une page chacun. Comme c'est aussi mon premier n° comme abonné, j'ai reçu un mini-récit à confectionner soi-même, Spouri et Fantasiz : La menace manga (de Neidhart et Raf).
Epluchons le sommaire au rythme du "j'ai aimé / j'ai pas aimé" habituel.

J'ai aimé :


- Ernest et Rebecca : La boîte à blagues 3/7. Rebecca commence à collecter des blagues pour Pépé Bestiole et fait ainsi la connaissance d'une jolie postière, Cassiopée. Pendant ce temps, sa soeur, Coralie se rapproche un peu plus de Eric.
La BD de Bianco (dont une interview ouvre l'épisode) et Dalena est vraiment une réussite enthousiasmante : la narration est très aboutie, dosant parfaitement ses effets sans sombrer jamais dans la mièvrerie, tandis que le dessin, s'appuyant sur un découpage très intelligent (avec des pages très denses, comportant facilement une quinzaine de plans), tonifie tout ça.

- Les Tuniques bleues : Les Bleus se mettent au vert 6/6. C'est la fin de la drôle d'aventure de Blutch et Chesterfield, mal payés de leurs efforts par le général Alexander puisqu'ils sont désormais obligés d'assister le dentiste du camp. 
L'histoire atypique de Cauvin a été plaisante à suivre (sans doute parce que l'auteur ne s'est pas cru obligé de faire drôle), et les dessins de Lambil, sommaires, l'ont bien accompagnée.

- Mélusine. Clarke propose un gag bien mené sur un cours de dessin à l'école des sorciers. L'auteur a une vraie maîtrise de la chute comique, que son dessin simple mais bien découpé sert à merveille.

- Minions. Didier Ah-Koon (scénario) et Renaud Collin (dessin) offrent trois gags en une planche pour ce numéro et les trois sont rigolos : les lutins jaunes sont toujours dépassés par leur technologie ou leur psyché. L'imagerie colorée et l'exploit d'animer ces drôles de héros assurent un bon moment.

- Katz. Le chat de Del et Ian Dairin est de retour dans deux strips en deux bandes. Le premier est savoureux, mais le second est très inspiré (ceux qui ont un félin chez eux comprendront tout à fait la justesse du propos...). Le dessin n'est pas extraordinaire mais efficace.

- Givrés ! Madaule a troussé un gag vraiment bien vu sur la pollution qui touche jusqu'à la banquise de ses héros. Visuellement, ça ne mange pas de pain là non plus, mais l'affaire est bien menée et excuse cet aspect.

- Marzi. Marzean Sowa et Sylvain Savoia reviennent nous enchanter avec leur héroïne dans la Pologne au lendemain de la chute du mur de fer. Les produits américains atteignent le pays, enchantant puis affligeant les enfants : tout sonne si juste, c'est si joliment dessiné, comment ne pas craquer pour Marzi ?

- Rob. James et Boris Mirroir s'occupent du propriétaire humain de leur robot en l'envoyant chercher du travail. Les deux strips sont à la fois cruels et jubilatoires. J'aime ce titre au ton absurde si bien traité, avec un dessin qui sert bien le propos.

- L'Atelier Mastodonte. C'est un de mes rendez-vous favoris dans la revue, chaque semaine je commence par lire cette page, et cette fois encore, pas de déception : Nob est à la manoeuvre pour le premier gag (brocardant le machisme) puis Josselin se moque des attitudes de midinette des mecs. Jouissif et formidablement mis en images.

- Game Over. Patelin, Adam et Midam peuvent mieux faire, mais j'ai du mal à les tacler même quand leur gag hebdo est un chouia moins bon comme ici : leur dispositif est si bien huilé, et livrer ça chaque semaine force le respect.

- Tash et Trash. Trois cases méchantes et très drôles : là encore, complètement décalé mais délectable. / Kahl et Porth. Une petite pépite, qui mériterait comme Tash et Trash une meilleure place dans la revue que vers la fin, sous le bulletin d'abonnement.

- Dad. Nob, c'est ma friandise préférée de la revue : son gag est encore une fois excellent, et qui plus extraordinairement illustré (il a dû s'amuser un moment pour dessiner tous ces ballons et les coloriser  - voir ci-dessous :).

J'ai pas aimé... En fait, plutôt que de vous infliger une nouvelle fois la liste complète, je vais juste m'énerver contre quelques trucs dans le tas. Par exemple, comment peut-on à trois produire une page aussi naze de Boule et Bill ? Comment Tamara peut être aussi pauvrement dessiné par deux artistes ? Qui dira à Gerra, Pessis et Achdé de laisser Lucky Luke à des auteurs dignes de ce nom ? Cauvin fait-il rire quelqu'un avec Pierre Tombal et Les Psys

En Direct de la Rédak donne doublement la parole aux auteurs des Minions (qui vont avoir droit à leur propre film). Et la semaine prochaine, ce sera le grand retour du... Ah, mais non, c'est une surprise !
Les Aventures d'un Journal revient sur un n° de 2004 conçu pour les aveugles, avec à la clé un témoignage admirable d'un fan malvoyant.
Le Grand Référendum de l'été : Le long et périlleux voyage de demoiselle Arthémise. C'est le dernier teaser de Salma et Léturgie, qui fait aussi bien envie. Il y a eu pas mal de choses prometteuses dans le lot, j'espère que les lecteurs votants auront élu un projet que j'ai également aimé.

See you later, and stay tuned !