vendredi 13 mai 2022
SUICIDE SQUAD : GET jOKER ! #3, de Brian Azzarello et Alex Maleev
mercredi 8 septembre 2021
SUICIDE SQUAD : GET JOKER ! #2, de Brian Azzarello et Alex Maleev
jeudi 5 août 2021
SUICIDE SQUAD : GET JOKER ! #1, de Brian Azzarelllo et Alex Maleev
Pas de Eduardo Risso au dessin (il doit encore terminer la série Moonshine, également écrite par Azzarello, publiée chez Image Comics, et qui a connu bien des retards), mais Alex Maleev. On peut s'étonner que le dessinateur soit deux fois à l'affiche en ce moment, avec donc cette mini-série et Checkmate (écrit par Bendis), mais je pense que Suicide Squad : Get Joker ! a été achevée depuis des mois, si ce n'est l'an dernier, en attendant que DC donne le feu vert à Checkmate.
L'artiste bulgare retrouve le coloriste Matt Hollingsworth avec qui il a collaboré sur Daredevil et le résultat est magnifique, fruit d'une complicité évidente. Maleev est bien plus inspiré que sur Event Leviathan ou Checkmate ici, disposant d'un script rigoureux, qui lui laisse visiblement moins de lattitude pour le découpage. On ne compte qu'une seule double page par exemple et elle est très cadrée. Maleev alterne des planches en "gaufrier" et donc avec des cases de la largeur de la bande, c'est précis, il n'y a pas de déchet et pourtant, cette apparente contrainte lui convient bien car elle chaque plan a son utilité. "Un plan. Une idée" comme disait le cinéaste Sergio Leone.
En contrepartie, le fait que la série soit publié sous le Black Label autorise à des révisions esthétiques. Au début Red Hood est montré avec son casque rouge puis, une fois en mission, Jason Tood ne porte plus qu'un loup sur les yeux. Sous son blouson, on reconnaît un gilet ressemblant à celui qu'il avait quand il était Robin. C'est comme si le déguisement le renvoyait à la période tragique où son destin a connu un virage historique. Il est fort possible là encore que ce détail ait été indiqué dans le script.
Mais Maleev a sans doute été plus libre au moment de designer les membres du commando, subtil mélange de costumes super-héroïques (dans le cas de Firefly, Yonder Man, Silver Banshee...) et de vêtements plus casual (Peebles, Meow Meow...). Dans le cas particulier de Harley Quinn, Maleev a opté pour son costume contemporain mais sans l'hypersexualiser (pas de short moulant donc, mais un pantalon avec un bustier), pas non plus de chapeau mais des couettes bicolores.
Le découpage est sec, avec des angles de vue neutres, pas de fantaisie. Il y a quelque chose de minimaliste, d'austère, comme si Maleev avait refusé toute complaisance dans la représentation de la violence, tout enjolivement. C'est payant même si, évidemment, pas dynamique, mais le talent de Maleev ne s'est jamais exprimé par l'énergie de ses dessins, plutôt par leur intensité.
C'est donc une réussite. Pour Eduardo Risso, c'est un beau retour, pour Alex Maleev l'occasion de briller avec une histoire bien tenue. Et pour les fans de Suicide Squad, une excellente synthèse entre l'identité de l'équipe, sa fonction, et une aventure en dehors de clous et des limites du mainstream.
Avec, en prime, une fabulesue variant cover de Jorge Fornes :
mercredi 20 décembre 2017
SOLO #6 : JORDI BERNET
mercredi 20 juillet 2016
Critique 956 : BATMAN #43-44 + ANNUAL #4, de Scott Snyder, Brian Azzarello, James Tynion IV, Greg Capullo, Jock et Roge Antonio
Après ça, l'histoire va dévier, le temps d'un épisode et pour son quatrième Annual.
Pourtant, est-ce que ça méritait ce gros chapitre parallèle de 40 pages, aux rebondissements convenus, au rythme alternatif, et au graphisme moyen (Roge Antonio a un style qui ressemble à celui de Rafael Albuquerque, mais sans des finitions aussi maîtrisées) ? La réponse est dans la question.
Plus indécis est l'impact de cette épreuve sur Bruce Wayne pour la suite de l'arc Superheavy ? Il faudra attendre le retour de Scott Snyder et Greg Capullo aux manettes pour l'estimer - et donc la parution de "Batman Universe" #6 le mois prochain. Stay tuned !
mercredi 25 février 2015
Critique 579 : WONDER WOMAN, VOLUME 5 - FLESH, de Brian Azzarello, Cliff Chiang et Goran Sudzuka
mardi 20 janvier 2015
Critique 560 : WONDER WOMAN, VOLUME 4 - WAR, de Brian Azzarello, Cliff Chiang, Goran Sudzuka et Tony Akins
Critique 559 : WONDER WOMAN, VOLUME 3 - IRON, de Brian Azzarello, Cliff Chiang, Tony Akins et Goran Sudzuka
Les dessins sont signés par Cliff Chiang (#0, 15-16 et 3 pages du # 18), Tony Akins (# 14, avec Rich Burchett ; # 17, avec Amilcar Pinna) et Goran Sudzuka (#18, avec 7 pages par Tony Akins).
Mais ce "gadget" ne dispense pas son auteur de raconter des choses importantes pour mieux appréhender l'héroïne, notamment la relation qui l'a uni à War, présenté comme son tuteur, son mentor - une relation conflictuelle, qui souligne déjà le caractère affirmé de la jeune femme (quand le Minotaure est à sa merci mais qu'elle refuse de le tuer).
Cela légitime surtout la formation de guerrière de Diana, mais révèle aussi son empathie, ce qui en fait une figure dotée d'un vrai relief. C'est la première fois que la part psychologique du personnage est abordée avec cette importance, au sein d'une série où l'action prime.
Cliff Chiang illustre cela parfaitement grâce à un trait épuré qui lui permet de représenter Diana de manière crédible dans ses jeunes années, dans un cadre à l'exotisme bien dosé, des ambiances fortes mais subtiles. Son encrage un peu épais, avec des zones noires profondes, donne une texture particulière à l'histoire qui ressemble à ce dont on peut se souvenir, sans être encombré de détails. Et encore une fois, le design des personnages est remarquablement original, évitant tous les clichés de l'imagerie du panthéon et des amazones.
Avoir réussi à donner un véritable nouvel élan à Wonder Woman, qui en impose à nouveau, en la débarrassant de tout ce qui en faisait une héroïne ayant moins d'aura que d'autres vedettes du DCU (comme Green Lantern, Batman), voilà assurément le meilleur de la série : on lit à présent les aventures d'une femme forte, charismatique, qui n'a pas peur de se battre, mais qui comporte une vraie noblesse (parce qu'elle ne tue pas sans raison en premier lieu). Elle a depuis le début été un soutien infaillible pour Zola et ses origines modifiées en font désormais l'égale des dieux qui se mettent parfois en travers de son chemin.
Brian Azzarello a atténué tout ce qui pouvait conférer trop de glamour au personnage, sa féminité n'est plus un élément déterminant (notamment en ayant écarté très vite la relation mère-fille entre Hyppolita et Diana).
En vérité, Wonder Woman est moins une série super-héroïque qu'une histoire avec des surhommes, des dieux, des monstres, ce qui la distingue du tout-venant par leur ambiguïté morale et physique. L'intrigue développée ne se révèle que progressivement, nourrissant un authentique suspense.
Mais cette charge de travail ajoutée à une capacité de production déjà moyenne a son revers : en ne dessinant pas tous les épisodes, parfois en se contentant juste d'en signer quelques planches, il doit céder la place à des collaborateurs occasionnels plus ou moins doués.
Dans le présent recueil, il n'intervient que sur trois épisodes sur sept : c'est frustrant quand on voit avec quel brio il représente un dieu comme War (avec ses membres continuellement ensanglantés comme stigmates de ses victimes de guerre - une idée simple mais intelligente et impressionnante). Son trait anguleux et un peu gras renforce cette apparence brute, conforme à l'ancienneté des divinités. Le Premier Né est également une réussite, qui est immédiatement mémorable.
Mais cela n'excuse pas d'autres éléments : par exemple, le costume de Diana possédait un raffinement séduisant au début mais qui, à la longue, est devenu un peu absurde pour la même raison (le collier ou le bandeau à son bras gauche en forme de WW tous les deux). Chiang pêche aussi par le manque de variété dans l'expressivité de ses personnages ou ses décors urbains.
Azzarello, avec la venue au monde du bâtard de Zeus, fruit de ses amours avec Zola et les diverses machinations du panthéon pour tirer profit de l'absence du père des dieux, a fort à faire pour animer tout cela et le rendre intéressant. L'apparition du Premier Né complexifie encore une fresque déjà fournie. Du coup, on a le sentiment que Diana se démène avec beaucoup trop de monde contre elle, elle paraît submergée comme l'est le lecteur.




































