Affichage des articles dont le libellé est Immortal X-Men. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Immortal X-Men. Afficher tous les articles

dimanche 7 mai 2023

FALL OF X : la fin de l'âge de Krakoa ?

J'ai décidé, ce Dimanche, de vous parler de Fall of X, le prochain event dédié aux mutants et qui promet de bouleverser toute la franchise. Il sera lancé en Août prochain et Marvel a commencé par communiquer à ce sujet avec cette image promotionnelle dessinée par Bryan Hitch :


Comme vous le voyez, ce n'est pas fête et scénaristes et editors trollent allègrement les fans en prédisant la chute de Krakoa, sur l'air de "jusqu'ici tout allait bien, mais maintenant les véritables ennuis commencent : les mutants et leur nation y survivront-ils ?".

C'est la nouvelle tendance chez Marvel actuellement : lancer une série, un event, un crossover en plongeant directement héros et lecteur dans une situation de crise dont on apprend ensuite la cause. C'est ainsi qu'ont été relaunchées les séries Amazing Spider-Man (par Zeb Wells et John Romita Jr.), Fantastic Four (par Ryan North et Iban Coello) ou plus récemment Invincible Iron (par Gerry Duggan et Juan Frigeri) et j'en passe.

C'est une approche singulièrement opposée à celle en vigueur chez DC avec le statu quo post-Dark Crisis (on Infinite Earths), Dawn of DC, qui veut renouer avec une vision plus positive des héros. Bien entendu, ne soyons pas naïfs : la vie de super-héros n'est pas un long fleuve tranquille et donc il faut relativiser l'optimisme de mise en question.

Cela fait maintenant un peu plus d'un an que l'architecte du renouveau mutant, Jonathan Hickman, a quitté la franchise avec le quartette Inferno. Le scénariste a été empêché par la pandémie de Covid de réaliser toutes le idées qu'il avait en tête mais il s'est retiré en laissant aux auteurs de nombreuses pistes à explorer - et Gerry Duggan, notamment, sur le titre X-Men, en a repris un certain nombre. Aujourd'hui, il n'y a plus officiellement de capitaine à la barre du navire X comme le fut Hickman, mais certains se sont imposés malgré cela.

Gerry Duggan pilote X-Men, le vaisseau amiral de la franchise, et va (re)lancer Uncanny Avengers en Août. Al Ewing a démontré son adresse pour développer des intrigues complexes sur X-Men : Red. Et surtout Kieron Gillen a mené rapidement deux events dans lesquels les mutants étaient aux premières loges : A.X.E. : Judgment Day et Sins of Sinister, pour lesquels sa série Immortal X-Men a servis de rampe de lancement.

Depuis la refonte de l'univers mutant, Marvel a établi des séquences : après House of X/ Powers of X, il y a eu Dawn of X, puis Reign of X, et enfin Destiny of X. Fall of X s'inscrit donc dans une continuité et semble bien prévu pour remettre en question ce que des critiques ont appelé "l'âge de Krakoa" (pour désigner ce qu'avait commencé Hickman).

Fall of X est difficile à définir car, d'une part, on ne sait pratiquement rien sur ce que ça va raconter (tout juste a-t-on appris que quelqu'un allait voler le costume de Captain Krakoa et commettre grâce à lui une série d'actions violentes contre les mutants - ce qui conduira Captain America et Malicia à créer une nouvelle formation des Uncanny Avengers), et, d'autre part, parce que cela ressemble à un mix de crossover (avec les séries X actuelles, Invincible Iron Man et de nouveaux titres) et d'event. Ce qui est sûr, c'est qu'il n'y a pas de mini-série centrale autour de laquelle s'agrégeraient des tie-in.
 

Ainsi, parmi, les "nouveaux" titres lancés à cette occasion, Marvel ressort de son chapeau Alpha Flight. C'est le scénariste Ed Brisson et le dessinateur Scott Godleswski qui auront la délicate mission de séduire les fans avec cette énième nouveau départ. Sur la couverture ci-dessus de Leonard Kirk, on remarque des absents dans l'équipe comme Sasquatch, Marina, Talisman mais également Vega et Aurora (résidant désormais sur Krakoa).


Steve Orlando pour le scénario et Vicenzo Carratu au dessin sont en charge de Astonishing Iceman, pour laquelle il est dit que Bobby Drake va assumer son statut de mutant oméga (combien de fois a-t-on eu droit à cette promesse ?).


Children of the Vault a droit à son titre par Deniz Camp (scénario) et Luca Maresca (dessin). Et la couverture de Yanick Paquette suggère qu'ils sortent de leur voûte pour régler leurs comptes avec les mutants (et plus ?).
 

Dark X-Men est une nouvelle itération de ce groupe par Steve Foxe (scénario) et Jonas Scharf (dessin), et la couverture de Steven Segovia montre Madelyne Pryor aux côtés de Havok, Archangel et Gambit (!) dans ce groupe.


Realm of X investit les teritoires magiques avec Magik et Mirage comme on les voit sur la couverture de Stéphanie Hans, pour ce comic-book écrit par Torunn Gronbekk et dessiné par Diogenes Neves.


Uncanny Spider-Man mettra en scène Diablo déguisé en tisseur sous la houlette de Si Spurrier (scénario) et Lee Garbett (dessin) - sans doute pour dévoiler la nouvelle vie de Kurt Wagner après son départ de Krakoa (dans le n° Before the Fall - Sons of X, paru la semaine dernière).

Que penser de cette collection ? Pour être tout à fait franc avec vous, je ne vois rien là-dedans susceptible de m'intéresser. Les équipes artistiques sont au mieux moyennes, les pitchs sont improbables. Je ne comprends pas l'intérêt et je ne vois rien susceptible de survivre au-delà de Fall of X. Même si des retrouvailles avec l'Alpha Flight ont pu me faire plaisir, je doute que Brisson et Godleswi par exemple fassent des miracles et les héros canadiens retourneront certainement dans les oubliettes où ils passent le plus clair de leur temps. Un concept comme Uncanny Spider-Man, qui plus est écrit par l'insupportable Spurrier, est au minimum foireux, encore une fois Diablo (mon X-man préféré) est victime de l'inspiration débile de cet auteur.


En ce qui concerne les série déjà établies, Fall of X impactera X-Men à partir de son n° 25, écrit par Gerry Duggan et dessiné par Stefano Caselli (qui ne revient donc pas sur X-Men : Red et alternera les arcs avec Joshua Cassara). Marvel, fidèle à ses mauvaises habitudes, spoile déjà l'après Hellfire Gala 2023 en révélant que Kitty Pryde (héritant du pseudo ShadowKat - avec un "K"...) intègre l'équipe première en mode ninja. Je n'aime clairement pas cette idée (le mode ninja) mais bon...
 

Bien que j'ai cessé de lire X-Force depuis un moment, Benjamin Percy va profiter de Fall of X pour renouveler l'effectif de la CIA de Krakoa, avec Colossus à la tête de l'équipe, à partir du n°23, qui sera dessiné par Robert Gill. Vous noterez aussi que Deadpool sera présent dans le groupe, dans son propre titre et dans Uncanny Avengers : bonjour l'overdose !


X-Men : Red #14 accueillera son nouvel artiste régulier en Août : Yildiray Cinar devient le nouveau partenaire de Al Ewing sur Arakko, où Genesis, l'épouse d'Apocalypse, fera son retour, ce qui devrait provoquer du remue-ménage au sein du gouvernement local.


Immotal X-Men #14 sera produit par Kieron Gillen et Lucas Werneck, mais j'ai lâché l'affaire depuis un moment là-aussi. On remarquera toutefois que Charles Xavier, comme sur l'image de Bryan Hitch annonçant Fall of X, est au centre de ce numéro et je crois qu'on peut raisonnablement interpréter ça comme un gros indice sur la chute du co-fondateur de Krakoa...


Wolverine, toujours par Benjamin Percy, sera, en Août, au coeur d'une aventure avec Ghost Rider, dessinée par Geoff Shaw. Mais bon, n'ayant jamais suivi cette série, ça m'en touche une sans... Vous connaissez la suite.
 

Gerry Duggan n'est peut-être pas un architecte comme Hickman mais au mois d'Août il sera à la tête de trois mensuels avec X-Men, Uncanny Avengers et Invincible Iron Man qu'il a relancé en Février dernier. Tony Stark va donc faire partie de Fall of X et on sait déjà pourquoi puisque Feilong, le milliardaire chinois allié d'Orchis, a racheté Stark Industries pour fabriquer de nouvelles Sentinelles basées sur la technologie Stark. Eh oui, le retour des Sentinelles, voilà qui est follement original...
 

Mais donc, la grande relance alignée sur Fall of X, c'est celle de Uncanny Avengers par Gerry Duggan (qui avait déjà signé un excellent run sur ce titre à partir de 2015 (je ne suis pas loin de penser que c'est ce que je préfère de lui), avec le dessinateur Javier Garron (qui a illustré une bonne partie des Avengers de Jason Aaron). La line-un comprend Captain America et Malicia (qui reforment cette unité), Monet, Deadpool, Psylocke, Vif-Argent et certainement encore un membre surprise (un Inhumain ? Un Eternel ?).

On en vient alors au fond du problème : depuis le départ de Hickman, après le premier Hellfire Gala (où il passa le relais sur X-Men à Duggan), j'avais de nombreux doutes sur le futur de la franchise X. J'ai toutefois voulu donner sa chance aux séries qui étaient le plus susceptibles de continuer à me plaire. Mais la tournure que ça a prise, notamment à partir de l'arrivée dans le staff des scénaristes de Kieron Gillen m'a progressivement découragé.

Je n'aime pas la manière dont Gillen écrit les mutants et surtout l'omniprésence de Mr. Sinistre qu'il a mis partout où il le pouvait, même quand finalement c'était inutile (comme par exemple dans A.X.E. : Judgment Day). Je n'ai pas lu Sins of Sinister (et d'après ce qu'on m'en a dit, j'ai eu raison). Immortal X-Men m'a profondément déçu, puis un peu plus plu, avant de m'horripiler.

Duggan est un scénariste correct, qui ne manque pas d'efficacité, mais dont le bilan sur X-Men me laisse perplexe. Le fait de chambouler l'effectif des X-Men chaque année avec le Hellfire Gala me semblait amusant, stimulant, mais Duggan a bouclé la première "saison" sur la série en ne convaincant pas, échouant à caractériser certains membres, à instaurer une vraie dynamique dans le groupe, et accouchant d'intrigues mal foutues. La seconde saison m'ennuie, avec des arcs débutant bien mais ne menant nulle part, avec toujours les mêmes faiblesses dans la caractérisation; la dynamique de groupe. De plus, si j'aime bien Stefano Caselli, Joshua Cassara n'a pas un dessin qui me séduit assez, donc je vais en rester là.

Je passe donc sur X-Force et Wolverine.

Idem pour Legion of X et tout ce que touche Si Spurrier, absolument imbuvable (alors qu'il est capable de pondre des merveilles comme Saison de Sang). Je lui reproche surtout son traitement de Nightcrawler (mais en vérité, je n'aime pas ce qu'il en a été fait depuis Dawn of X), si loin de l'idée de Cockrum.

Reste X-Men : Red. Al Ewing m'a souvent impressionné, par sa capacité à s'adapter à tout ce qui impactait sa série, mais surtout par la construction virtuose de ses intrigues. Pourtant, je suis réservé sur la suite, avec le retour annoncé de Genesis (et d'Apocalypse) sur Arakko, et après tout ce qu'il avait imaginé autour de Abigail Brand, du SWORD. Peut-il fait aussi bien ? Mieux ? Ou même puis-je encore lire seulement X-Men : Red en abandonnant tout le reste alors que Ewing ne refuse jamais de composer avec les idées des autres (et ce sera encore le cas avec Fall of X) ? C'est la limite avec Ewing : il joue trop le jeu, alors que je pense qu'il gagnerait à étanchéifier son titre.

Cette notion d'étanchéité a disparu avec Hickman qui avait conceptualisé son projet autour de Krakoa, de mutants désormais affranchis, ne courbant plus l'échine, se coupant même du reste du monde quand celui-ci ne reconnaissait plus son statut. 

Il n'est guère étonnant dans ces circonstances que pendant ce temps Hickman s'occupe du retour de l'univers Ultimate avec la mini Ultimate Invasion (dessinée par Bryan Hitch) et prépare le très alléchant G.O.D.S. (dessiné par Valerio Schiti). On voit bien que ce scénariste démiurge investit des territoires sur lesquels il aura la main, sans être parasité par des tie-in, d'autres séries, d'autres auteurs, une sorte de pré carré qu'il contrôle comme un auteur-editor comme pour House of X/Powers of X.

J'ai souvent pensé qu'après Hickman, les mutants couraient le risque de redevenir génériques, animés par des auteurs plus soucieux de faire fructifier des séries, une franchise, que par apporter de nouveaux concepts, d'enrichir la base d'idées initiale de Hickman. Et j'ai aujourd'hui le sentiment qu'on y est, à l'aube de Fall of X (même si cette impression a été alimenté depuis un an). Je ne veux pas lire de titres mutants sans passion pour ce qu'ils racontent. Et là, je sens que c'est comme quand Grant Morrison avait lâché l'affaire, à cause des editors qui n'aimaient plus ses idées, et que les X-Men sont rentrés dans le rang (à quelques exceptions près comme Astonishing X-Men de Whedon/Cassaday, Wolverine & the X-Men de Aaron/Bachalo, All-New X-Men de Bendis/Immonen).

Donc, pour résumer, je cesse là mon aventure avec les mutants. Seules exceptions : je lirai le prochain Hellfire Gala, et peut-être donnerai-je sa chance à Uncanny Avengers. Je sais que mes critiques sur ces titres X avaient de nombreuses vues et je remercie tous ceux qui les ont lues en y trouvant des analyses honnêtes. Mais la mer des comics est pleine de parutions et je trouverai certainement de quoi compenser ces arrêts.

jeudi 17 novembre 2022

IMMORTAL X-MEN #8, de Kieron Gillen et Michele Bandini


A.X.E. : Judgment Day terminé, Kieron Gillen revient aux affaires courantes avec ce huitième numéro de Immortal X-Men. Vraiment ? Pas tout à fait, mais j'y reviendrai. En tout cas, la série renoue avec son niveau précédent l'event, c'est-à-dire moyen (pour ne pas être méchant). Lucas Werneck au repos, Michele Bandini revient officier au dessin, sans que ça change vraiment grand-chose.


1943. Alamogordo, Nouveau Mexique. Mystique pénètre dans cette base de l'armée américaine où Destrinée travaille mais surtout surveille Nathaniel Essex/Mr. Sinistre et ses expériences.
  

1895. Londres. Mystique/Sherlock Holmes et Irene Adler/Destinée enquêtent sur l'agression dont a été victime Nathaniel Essex, un savant qu'elles visitent et qui est visibkement mentalement instable.


Attirant son agresseur dans un piège, Mystique le poursuit jusqu'au domicile de Essex où attend déjà Destinée qui a découvert que les deux individus étaient un seul et même homme.


Se prétant à des expériences malsaines, elles livrent Essex aux autorités. Il meurt peu après dans un asile. Mais Destinée découvre ses recherches et leur objectif...

Y a-t-il un personnage sur Krakoa qui intéresse davantage Kieron Gillen que Mr. Siinstre ? La question n'appelle pas de réponse tant celle-ci est évidente. Le scénariste se débrouille pour glisser Nathaniel Essex partout, jusque dans son event A.X.E. : Judgment Day où je me demande toujours quelle était son utilité (si vous avez une réponse, n'hésitez pas à me la transmettre en commentaire).

Déjà quand il écrivait Uncanny X-Men il y a de cela une dizaine d'années, il avait consacré une partie de son run à une histoire impliquant Mr. Sinistre. C'est dire si le bonhomme l'obsède. Maintenant que le personnage siège au Conseil de Krakoa, que son destin funeste a été évoqué dans Powers of X, Gillen peut à nouveau alimenter ses récits avec Nathaniel Essex comme bon lui semble et il ne s'en prive pas.

Mieux (ou pire, c'est selon) : dès Janvier 2023, ceux qui le voudront seront gavés de Sinistre puisque Kieron Gillen orchestrera le nouvel event "X" Sins Of Sinister qui montrera une réalité entièrement façonnée à l'image du personnage. Si Spurrier et Al  Ewing reconfigureront leurs séries à cette occasion avec de nouveaux titres (outre Immoral X-Men qui prendra la place de Immortal X-Men, on aura donc droit à Nightcrawlers à la place de Legion of X et Storm and the Brootherhood of Mutants à la place de X-Men : Red).

Ne vous méprenez donc pas : la couverture de Immortal X-Men #8 a beau mettre en scène Destinée et Mystique, c'est bien encore et toujours de Mr. Sinistre dont il est question. Et devinez qui fait face à Kitty Pryde sur la couverture du n°9 le mois prochain ?

Aussi, outre que cet épisode n'est pas passionnant à lire, malgré quelques blagues faciles comme Mystique qui aurait personnifié Sherlock Holmes en 1895 à Londres pour une enquête leur révélant à elle et Irene Adler (hé oui, ça tombe bien, Destinée a le même nom que la seule femme ayant intimidé Sherlock !) que Nathaniel Essex est Mr. Sinistre. L'ouverture se situe dans la base d'Alamogordo où se sont croisés plusieurs mutants en 1943, mais où Irene travaillait aux côtés, pour mieux le surveiller, Essex, alors en pleine tambouille eugéniste.

Gillen se montre d'ailleurs assez adroit pour relier les deux époques : à Londres au XIXème siècle, Essex est encore ce savant relativement inoffensif qui raconte comment "l'Egyptien" (En Sabah Nur/Apocalypse) l'a profondément changé. Il est quand même bien à l'Ouest, pensent Mystique et Destinée, quand il se met à évoquer une guerre entre Essex-Men (Esse-X-Men, jeu de mots...) et humains auxquels viendraient s'ajouter les machines. On reconnaît sans mal la trame tissée par Hickman avec Orchis et Nimrod. Et ce que découvre Destinée à la toute fin de l'épisode dans le domicile de Essex renvoie à ses travaux sur le clonage, le rêve de l'immortalité, l'obsession d'influer sur le cours de l'Histoire en survivant à tout.

Mais à part ça, bon sang, que c'est lourd ! Je n'ai pas encore décidé si je suivrai Sins Of Sinister (qui m'amuse surtout pour ce qu'en fera Al Ewing), mais je ne suis pas motivé, honnêtement, car j'en ai jusque-là de Sinistre et de cette lubie de Gillen pour lui. A vrai dire, ça n'a jamais été n personnage que j'ai apprécié, qui m'a intéressé. La façon dont Hickman l'a introduit dans House of X était pertinente même si son caractère de bouffon vicieux n'en faisait pas le membre le plus passionnant du Conseil de Krakoa (et quand je vois l'importance qu'il prend à cause de Gillen alors qu'on n'a plus de nouvelles d'Apocalypse depuis X of Swords, je suis bien dégoûté).

Même si cet épisode était excellent (ce qu'il est loin d'être), j'en aurai quand même marre. A nouveau je me demande si j'irai jusqu'au douzième numéro de Immortal X-Men (c'est-à-dire une fois que Gillen aura consacré un épisode à chacun des membres du Conseil). Mais si j'y arrive, je n'irai pas au-délà, c'est certain, quoi qu'il puisse arriver d'ici là.

Pour ne rien arranger, Immortal X-Men est une série qui, visuellement, n'est pas bonne. Qu'il s'agisse de Lucas Werneck (dont je me demande comment Marvel peut le considérer comme un de ses artistes les plus prometteurs) ou Michele Bandini, qui revient ce mois-ci, c'est trop faible.

Bandini a pour lui d'être meilleur narrativement, il a quelques idées de mise en scène (comme l'escalier en colimaçon de la base d'Alamogordo qui figure le mouvement même de l'aventure qui aura mené Mystique de Londres au Nouveau Mexique, comme une spirale infernale). Mais bon, pas de quoi se relever la nuit.

La plupart du temps, Bandini oublie purement et simplement les décors, ce qui donne à ses planches un aspect vide, désincarné. On ne sait jamais trop bien où on est puisque tout se ressemble, les intérieurs ne disent rien des personnages qui y vivent. Quand il s'agit de représenter des ruelles mal famées de Londres pour pièger un tueur, le rendu est beaucoup trop propre, informatisé, pour que l'ambiance suscite une quelconque menace, une menace, un danger.

Les personnages eux-mêmes sont peu expressifs et leurs vêtements sont peur détaillés, comme si Bandini s'en fichait, ou ne s'était pas documenté (c'est même embarrassant quand on voit, en comparaison la peintiure superbe signée Mark Brooks pour la couverture). C'est fait par-dessus la jambe, par un type qui a été appelé pour remplacer l'artiste habituel et qui a décidé de ne pas se forcer (alors qu'en s'appliquant, il avait tout à gagner pour que l'editor le considère mieux que comme un banal fill-in).

Immortal X-Men est proche de la trappe. C'est un gâchis car une telle série a un potentiel énorme (si tant est qu'elle s'intéresse aux X-Men et pas à un seul d'entre eux), surtout après des épisodes tie-in plutôt convaincants. Rendez-vous le mois prochain. Ou pas.

jeudi 13 octobre 2022

IMMORTAL X-MEN #7, de Kieron Gillen et Lucas Werneck - Tie-in A.X.E. : Judgment Day

 

J'attendais cet épisode de Immortal X-Men avec une certaine appréhension entendu que Diablo n'a pas été bien traité depuis House of X/Powers of X, comme si aucun scénariste ne savait comment l'écrire et respecter le personnage tel que l'avait créé Dave Cockrum. Kieron Gillen réussit là où tous les autres se sont cassés les dents et ce septième numéro est également le meilleur travail de Lucas Werneck.


Lors d'une séance du Conseil de Krakoa, Diablo devine que Destinée ne dit pas tout sur l'issue du Jour du Jugement. Et il l'enlève donc pour appliquer un plan pouvant sauver mutants et humains.


Ensuite, il obtient de Charles Xavier et Hope de rassembler les krakoans pour un grand sacrifice qui doit leurrer le Céleste quand il détruira l'île.


Puis, ceci fait, Captain America est ressucité, devenant ainsi le premier non-mutant à bénéficier de ce privilège. Mais avec un objecif bien précis...


Diablo n'a pas terminé : il se téléporte, avec l'aide de Magik, dans la station Orchis où il réussit, par la ruse, à convaincre Moira et Nimrod de s'allier aux mutants et aux héros contre l'Ancêtre...

Si je devais désigner mon X-man favori, ce serait sans doute Diablo. Il s'est toujours distingué à mes yeux, depuis que j'ai lu Giant-Size X-Men de Len Wein et Dave Cockrum car, alors que les autres mutants de la seconde génération recrutés par Charles Xavier, avaient tous une apparence normale, Kurt Wagner était ce curieux elfe à la peau bleue. Il n'était pa comme les autres, il avait ce côté inquiétant, démoniaque, démenti par son caractère amical, sympathique.

Pourtant, Cockrum exprimera souvent par la suite ses désaccords sur la manière d'écrire ce mutant qu'il adorait particulièrement et qu'il avait d'abord imaginé pour Legion of Super-Heroes chez DC, inspiré par Erroll Flynn et les films de cape et d'épee. Il détestait par exemple qu'on fasse de lui un héros aussi religieux au détriment de son attitude charmeuse et bondissante. Il avait raison : à part dans Excalibur, et spécialement lors du run d'Alan Davis, Diablo a rarement ressemblé à l'idée initiale de son créateur.

Depuis le début de l'âge de Krakoa (terme utilisé pour définir la refondation de la franchise X par Jonathan Hickman), ça n'a pas été beaucoup mieux, même si Hickman semblait vouloir revenir aux fondamentaux lors de HoX 6-7. Mais ensuite, le scénariste est retombé dans les clichés d'un Kurt Wagner curaillon projetant d'ouvrir une église et fonder une religion sur Krakoa. Je n'ai pas lu Way of X ni Legion of X de Si Spurrier, mais je n'ai aps l'impression que quoi que ce soit ait été corrigé dans la bonne direction.

Immortal X-Men #7 m'a donc fait plaisir car Kieron Gillen me rend en quelque sorte le Diablo que j'aime, celui de Cockrum. L'épisode procède, logiquement, par bonds, au gré des actions entreprises par Kurt Wagner qui force Destinée à lui confier ses visions sur ce va entreprendre l'Ancêtre (Progenitor en vo).

L'épisode reprend des bouts de A.X.E. : Judgment Day #5 pour nous aider à situer l'action et développer ce que l'event ne peut que survoler. On notera que Gillen s'est vraiment bien employé, comme Gerry Duggan et Al Ewing, à faire des tie-in de vrais compléments au titre central, et pas seulement des numéros dispensables, collés à la saga pour satisfaire au staff éditorial. A chaque fois, ces trois scénaristes ont apporté un plus, détaillé des actions, en s'appuyant sur des personnages intéressants dans ce contexte.

Ainsi, revit-on la mort de Captain America et Diablo devant le Céleste, puis leur résurrection, mais encore et surtout assiste-t-on au dévoilement de ce que l'event ne disait pas comme la mise en scène destinée à leurrer l'Ancêtre sur le sort des krakoans (dont une majorité a accepté de se sacrifier). Une data page nous explique aussi de manière très claire qu'en réalité il y a non pas une mais deux missions pour contrer ce jugement dernier : d'une part, comme on l'a vu dans A.X.E. : Judgment Day #5, il y a cette équipe qui infiltre le Céleste pour le détruire, et d'autre part, une autre expédition au centre de la Terre, dans la Machine éternelle qu'il faut protéger de l'Ancêtre.

Et sur ce dernier point, cet épisode introduit un renfort aussi inattendu que captivant puisque Diablo va aller chercher Moira X et Nimrod, les ennemis jurés de Krakoa. J'espère vraiment qu'une fois l'event terminé, cela aura des conséquences sur les relatiosn entre les deux camps, d'autant que, en passant, le Céleste détruit la station Orchis et que Diablo sauve Moira et Nimrod juste avant que cela ne se produise...

Au dessin, j'attendais aussi beaucoup de Lucas Werneck qui m'a peu impressionné depuis le début et parce que rares là aussi sont les artistes à bien dessiner Diablo. Bonne surprise (bis) : l'artiste brésilien livre sa meilleure copie.

Il reste quelques maladresses, mais l'ensemble des planches est d'un niveau très supérieur à ce que j'ai eu l'habitude de voir de sa part. Toutefois, il réussit à représenter Kurt dans toute sa classe, sa malice et son mouvement.

Mon seul (et gros) regret, c'est le costume dont est désormais affublé Diablo. Marvel devrait le savoir : à chaque fois qu'on a essayé de relooker Diablo, ça n'a pas fonctionné. Mais actuellement, c'est n'importe quoi : il porte une sorte de long manteau rouge sans manches sur une justaucorps noir mais avec ses bottes et ses gants d'origine. Je ne comprends pas ce design qui est laid, n'apporte rien, alors que celui de Cockrum est indémodable, épuré, classe. Je n'aime pas tellement non plus Kurt avec sa moustache et sa barbichette actuelles, mais à la rigueur je m'en accomoderai si on lui rendait son costume originel.

Kieron Gillen a en tout cas bien pensé l'écriture de A.X.E. : Judgment Day, c'est la première fois depuis longtemps (Secret Wars de Hickman ?) que j'ai cette impression d'un event sur lequel on a fiché la paix au scénariste. Immortal X-Men a en tout cas prouvé (comme X-Men : Red) qu'on pouvait produire des tie-in utiles et intelligents dans ce contexte. 

jeudi 8 septembre 2022

IMMORTAL X-MEN #6, de Kieron Gillen et Lucas Werneck - A.X.E. : JUDGMENT DAY TIE-IN

 

Après deux précédents épisodes plutôt réussis (consacrés à Exodus et Emma Frost), Immortal X-Men pique à nouveau un peu du nez. Toujours en liaison avec l'event Judgment Day (l'action se situe après le 3ème numéro), ce chapitre se penche sur le cas de Sebastian Shaw. Kieron Gillen perd beaucoup de temps avant d'en arriver au coeur du sujet. Et Lucas Werneck, de retour, livre une copie moyenne.


Le Conseil de Krakoa est réuni. Plusieurs de ses membres ont été jugés par le Progéniteur, mais tous ne sont pas disposés à révéler s'ils ont passé le test avec succès ou pas. Sebastian Shaw prend la parole.


Shaw part pour New York avec l'objectif de protéger son business et de sauver sa peau à tout prix. C'est alors qu'il est jugé par le Progéniteur se manifestant sous la forme d'Emma Frost. Il échoue au test.
 


Reconnu pour ses talents de négociateur, le Roi Noir du Club des Damnés part pour New York afin de négocier avec un représentant des Eternels, Eros/Starfox, récemment sorti de sa prison.


En attendant de savoir ce que leurs communautés pensent de leurs palabres, Shaw se rend dans la cave du Club des Damnés de New York et y invoque une puissante alliée...

Pour Kieron Gillen, Immortal X-Men à l'heure de Judgment Day représente une occasion d'ausculter le Conseil de Krakoa en temps de crise. C'était déjà le cas avant cet event, me direz-vous et vous n'aurez pas tort, mais désormais le gouvernement mutant est sur les charbons ardents et cela permet de révéler le caractère profonde de chacun. Pour un peu, on souhaiterait que cette situation perdure afin que l'intensité de la série soit conservée.

C'est pourquoi je me demande si, une fois tous les membres du Conseil examinés par la série, Immortal X-Men aura encore une raison d'exister. Il restera bien encore des intrigues de palais à inventer pour le scénariste, c'est certain, mais la formule qui veut qu'à chaque épisode il se penche sur un personnage différent risque quand même d'être difficile à tenir sur le long terme. Et c'est pour cela que je pense m'arrêter au n°12 quand l'intégralité de la table aura été examinée.

Pour l'heure, ce n°6 est consacré à Sebastian Shaw. Dans son run sur Marauders, Gerry Duggan en avait fait un personnage plus tordu et détestable que jamais, mais qui essuya des revers cinglants après avoir tenté de tuer Kitty Pryde et de doubler Emma Frost.

Gillen suit en cela Duggan : Shaw est donc le personnage qu'on adore détester par excellence. Mais Gillen veut tout de même essayer de nuancer cela en sondant le passé de Shaw au moment où les mutants sont jugés par le Céleste. Et disons que ça fonctionne moyennement.

Souvent, cela revient à chercher sinon des excuses du moins une justification au comportement d'un salaud. Ici, en deux flashbacks lourdingues, on apprend que Sebastian était méprisé déjà enfant par son père, un affairiste en difficulté, et que, devenu adulte et richissime, Sebastian s'était recueilli sur la tombe paternelle en montrant avec orgueil qu'il avait réussi contre toute attente et ne s'arrêterait pas là.

Bon, était-ce bien nécessaire ? A mon avis, non. C'est grossier, manichéen au possible, on s'en fiche complètement. Quand Gillen est le plus juste, c'est précisèment quand il ne cherche pas à expliquer Shaw autrement que ce qu'il a toujours profondément été : un businessman et un négociateur. Pour le pouvoir et l'argent, il est prêt à tout car il sait que cela assurera sa survie, même si la Terre est détruite par un Céleste. Shaw veut récupérer son trône, être le Roi Noir du Club des Damnés, quelqu'un qui compte au sein du Conseil de Krakoa, ou sinon il est prêt à s'allier avec quiconque lui permettra de s'en tirer (Orchis ou la mystérieuse entité qu'il convoque à la fin de l'épisode).

Plutôt que nous infliger un trop long début d'épisode avec Destinée ou les débats du Conseil de Krakoa et les cachotteries de ceux qui ont déjà passé le test du Céleste, Gillen aurait gagné à aller droit au but et à développer le dialogue, ici à peine effleuré, entre Shaw et Eros par exemple.

Lucas Wernneck revient donc dessiner la série. Entretemps, le jeune artiste brésilien vient d'être inclus par Marvel dans la promotion 2023 des "stormbreakers", ces talents sur lesquels l'éditeur mise pour l'avenir (il est entouré ce Martin Coccolo, Elena Casagrande, Nic Klein, Jan Bazaldua, C.F. Villa, Chris Allen et Federico Vicentini).

Malgré tout, je continue de trouver Werneck très moyen. Il ne sait pas composer une image correctement, ses enchaînements sont maladroits, il ne varie quasiment ses angles de vue, son découpage est mou. 

Qu'il s'agisse d'animer une scène d'action (le jugement d'Exodus) ou un dialogue avec une tablée de personnages, on a l'impression dérangeante qu'il pose d'abord les personnages puis qu'il cadre ensuite au petit bonheur la chance en espérant que cela formera une page correcte. Sauf que c'est tout le contraire : on a plutôt le sentiment de voir des acteurs surjouer dans un théâtre, impression renforcée par la voix-off qui commente l'action et en souligne le peu d'impact dramatique.

Werneck préfère ostensiblement dessiner de jolies femmes, mais narrativement c'est d'une pauvreté accablante. Et si c'est sur des dessinateurs comme lui (ou Bazaldua) que mise Marvel, ça ne sent pas bon (même si Klein  Coccolo, Casagrande sont bien supérieurs).

Le mois prochain, j'espère que l'épisode consacré à Diablo ( Nightcrawler) fera honneur à l'elfe (même si je ne me fais pas trop d'illusions, étant donné que personne - excepté Rainbow Rowell dans She-Hulk - ne semble se souvenir du personnage tel que l'avait créé Dave Cockrum).

jeudi 4 août 2022

IMMORTAL X-MEN #5, de Kieron Gillen et Michele Bandini - A.X.E. : JUDGEMENT DAY tie-in


Kieron Gillen écrivant l'event A.X.E. : Judgment Day, il était logique qu'il utilise la série Immortal X-Men dont il est également le scribe comme tie-in. Pour autant, le scénariste n'abandonne pas le procédé consistant à consacrer un épisode à un membre du conseil de Krakoa - cette fois : Exodus. Une réussite. Même si le titre se porterait tellement mieux avec un vrai bon dessinateur...


Exodus est un des plus anciens mutants du Conseil de Krakoa : il a participé aux croisades quand il a rencontré Apocalypse qu'il a pris par erreur pour le messie.


Le Grand Esprit des Eternels lance son attaque psychique sur les télépathes du Conseil. Exodus a croisé par le passé Sersi aux côtés de Black Knight qu'il a épargnés en désobéissant à Apocalypse.


Emma Frost et Hope soutiennent Exodus pour percer les défenses du Grand Esprit. Jadis, Exodus fut retrouvé par Magneto qui lui fit comprendre que le géne X avait un sens religieux.


Aujourd'hui, Exodus fait reculer le Grand Esprit et a placé sa foi dans Hope Summers. Druig lance alors à l'assaut de l'île les six Hex que Bennet de Paris part affronter seul pour gagner du temps.

C'est assez rare pour être noté mais Immortal X-Men est une série à laquelle il faut s'accrocher car elle s'améliore d'épisode en épisode. Kieron Gillen a démarré de manière un peu désinvolte et ironique, comme s'il ne voulait pas traiter trop sérieusement le gouvernement de Krakoa (alors que de son côté Al Ewing sur X-Men : Red embrassait le Grand Cercle d'Arakko). Puis il s'est ressaisi.

Et, maintenant que A.X.E. : Judgment Day est lancé, Gillen se sert de sa série comme d'une chambre d'écho pour son event, montrant à quel point les tie-in (du moins sous sa responsabilité) sont organiquement liés à sa saga. 

Pour autant, le principe d'Immortal X-Men est conservé : un épisode pour un membre chaque fois différent du Conseil de Krakoa. Gillen se penche ce mois-ci sur le cas de Bennet de Paris alias Exodus. Créé en 1993 par Scott Lobdell et Joe Quesada, apparu dans les pages de X-Factor, c'est un personnage qu'on a surtout remarqué sous l'ère Hickman pour ses fréquentes prises de bec avec Mr. Sinistre et pour son rôle de conteur auprès des enfants mutants à qui il vante les exploits des champions de leur communauté (en particulier Magneto).

L'épisode revient sur l'attaque du Grand Esprit (Uni-Mind) des Eternels vu dans Judgment Day #1. Alors que Exodus sent l'assaut arriver, il se remémore les grands périodes de sa longue existence depuis les croisades du XIIIème siècle au cours desquelles il cherchait une tour mythique en Egypte et où il croisa Apocalypse qui en fit son lieutenant (car ses enfants, les 4 Cavaliers, l'avaient rejeté). Ce flashbback permet de justifier la connaissance qu'a Exodus des Eternels puisqu'il combattit Sersi en affrontant le premier Black Knight (Eobar Carrington), son amant, sur ordre de Apocalypse.

Gillen va et vient entre présent et passé de façon formidable car chaque retour dans le temps permet de souligner la tension et la gravité de ce qui se joue aujourd'hui. On revoit son association avec Magneto, son premier combat contre les X-Men, et ses déceptions successives aux côtés de ceux qu'il a pris pour les messies de sa race. Car la dimension religieuse est omniprésente chez Bennet de Paris.

Ainsi, il interpréta, sous l'influence de Magneto, le X du gène mutant comme un croix chrétienne renversée. Et, on a pu voir, dans Immortal X-Men #2, lors de l'élection de Hope Summers pour une place au Conseil de Krakoa à quel point Exodus était convaincu qu'elle était la sauveuse des mutants qu'il cherchait depuis si longtemps - et qu'une vision dans le désert d'Egypte lui rappela. C'est habile, un peu opportuniste, pas très subtil, mais ça fonctionne.

Car l'autre aspect mis en avant par Gillen pour le personnage est son côté chevaleresque. Au fond Bennet de Paris est resté un croisé au sens littéral du terme, portant la sainte parole de son église, affrontant le dragon. Il perce les défenses du Grand Esprit avec le soutien d'Emma Frost et Hope, puis se lance seul contre les Hex, ces géants éternels invoqués par Druig à la fin de Judgment Day. Exodus acquiert une sorte de noblesse héroïque que son costume, sa peau rouge, ses laïus raillés par Sinistre nous emmpêchaient d'apprécier. Un remarquable effort de caractérisation pure accompli par Gillen donc.

Fort de tout cela, la série ne manque que d'une chose : un vrai bon dessinateur, qui la ferait décoller au même niveau que X-Men : Red. Car Michele Bandini a beau être un meilleur anrrateur que Lucas Werneck, il demeure moyen, quelconque. Bien entendu, il est capable de produire des pages convaincantes (la préparation de la contre-attaque par Emma, Hope et Exodus, Exodus face au dragon), mais ce n'est pas suffisant.

Bandini a un trait trop lisse pour porter un récit épique comme celui-ci, et la comparaison est terrible après avoir vu les planches insensées de Valerio Schiti sur Judgment Day #1. Les visages sont fades, la gestuelle est pauvre, le découpage est paresseux. Tout est insuffisant, tout manque de souffle, d'envergure. Ce n'est pas aussi maladroit, emprunté que Werneck qui dessine sans avoir l'air de savoir comment composer décemment une image ou d'enchaîner les cases, mais ça manque de relief, de texture.

Tant que Immortal X-Men n'aura pas résolu cette faiblesse esthétique, elle restera derrière X-Men : Red, malgré les efforts vraiment louables de Gillen. Mais faute de mieux, on continuera à suivre pour apprécier ce que le scénariste portraituera dans les prochains mois - à commencer par Sebastian Shaw, un autre gros client, dans le 6ème numéro.

vendredi 15 juillet 2022

IMMORTAL X-MEN #4 + A.XE. : EVE OF JUDGMENT #1, de Kieron Gillen, Michele Bandini + Pasqual Ferry

Excpetionnellement, j'ai décidé de grouper en une seule entrée deux critiques car les deux épisodes dont je vous parle ici sont organiquement liés et forment une transition entre X-Men : Hellfire Gala et l'event Judgement Day (dont la parution démarre la semaine prochaine). Il d'ailleurs, sinon essentiel, du moins profitable de lire Immortal X-Men #4 et A.X.E. : Eve of Judgment #1 avant.


On commence donc par Immortal X-Men #4, où Kieron Gillen est désormais accompagné au dessin par Michele Bandini. Bien que j'avais décidé de lâcher cette série le mois dernier, j'avais réservé les six premiers numéros et donc je vais tout de même les couvrir (et plus si  affinités, selon la formule consacrée).
 

Lors du Gala du Club des Damnés, Emma Frost est abordée par un ambassadeur qui souhaite que le protocole de résurrection bénéficie aux humains. Emma lui explique que ce ne sera pas possible avant d'avoir ramené à la vie les 16 millions de mutants morts à Genosha.


Le lendeman, une séance du conseil de Krakoa se tient au cours de laquelle Emma partage télépathiquement ce que lui a transmis Cyclope au sujet de l'identité du Dr. Stasis.


Confondu, Mr. Sinistre prend la fuite et il est aussitôt pris en chasse par Duablo, Colossus et Exodus. Il se réfugie dans son labo afin de le détruire puis se ravise, devinant que Destinée l'aura anticipé.


Sinistre ressort et se rend. Mystique est prête à l'exécuter. Destinée préférerait qu'il soit englouti dans le Puits. Mais Sinistre disparaît subitement, visiblement sans qu'il en soit responsable...


On enchaîne aussi sec avec A.X.E. : Eve of Judgment, sorte de prologue à Judgment Day, qui commence le semaine prochaine. Kieron Gillen est aux commandes et, avec Pasqual Ferry au dessin, il dispose ses pions pour l'event en même temps qu'il donne une suite directe à Immortal X-Men #4.


Druig ayant désigné les mutants de Krakoa comme des Déviants au développement excessif et donc dangereux charge l'ingénieur Domo de préparer une arme pour les exterminer rapidement.


A Lemuria, capitale des Déviants, Sersi, Ikaris et Thena aident Kro et son peuple à rebâtir leur cité après la récente attaque de Thanos. Mais Ikaris a du mal à s'habituer à cette vie, loin des combats.


Ajak et Makkari invitent Phastos à Celestia pour solliciter son aide sur un projet. Mais il décline, préférant travailler à un moyen de conjurer le prix à payer pour l'immortalité des Eternels. Il ignore ainsi que ses deux amies détiennent Mr. Sinistre.


Domo appelle Druig pour le lancement de la bombe qu'il a conçue contre Krakoa. Mais à peine le la mise à feu a-t-elle débuté que la Machine prévient les Eternels que cela causerait la fin de la Terre...

Le mois dernier, j'avais annoncé, convaincu, que Immortal X-Men #3 serait le dernier épisode de la série sur lequel j'écrirai, bien que je le trouvai mieux que les deux premiers. Mais comme j'avais réservé chez mon dealer les six premeirs numéros, j'ai quand même lu celui sorti ce Mercredi. Et il est encore meilleur que le précédent.

Que faire ? Rester sur ma position et ne pas le critiquer ? Ou revenir sur ma décision ? En fait, la solution s'est imposée d'elle-même à la faveur d'un rebondissement dans Immortal X-Men #4 qui allait être développé dans A.X.E. : Eve of Judgment #1, sans que je le sache à l'avance. Kieron Gillen a en effet lié les deux épisodes des deux séries de telle manière qu'il est impossible de comprendre ce qui se passe dans l'une sans avoir lu l'autre. Mieux (ou pire, c'est selon) : tout cela forme à la fois une transition entre X-Men : Hellfire Gala (dont j'ai parlé hier) et Judgment Day, l'event dont la parution débute la semaine prochaine.

Une telle configuration m'oblige à prévenir ceux qui me lisent et qui voudront lire Judgment Day qu'il est fortement conseillé donc de se procurer Immortal X-Men #4 et A.X.E. : Eve of Judgment #1 avant si vous voulez que rien ne vous échappe.

Ceci étant posé, revenons au contenu desdits épisodes.

Comme c'est l'habitude désormais (et qui me fait penser peut-être que cette série ne serait peut-être en vérité qu'une mini-série en 12 numéros), Immortal X-Men #4 se focalise sur un membre du conseil de Krakoa. Et comme la couverture (sublime, signée Mark Brooks) l'indique, il s'agit d'Emma Frost cette fois.

Bref retour sur le Hellfire Gala avec une séquence remarquable, non montrée auparavant : Emma est abordée apr un ambassadeur au sujet de la résurrection des mutants. Si ce privilège pouvait être partagé avec tous les Etats qui soutiennent Krakoa, ce serait gagant-gagnant, lui explique le diplomate. Sauf que Emma lui rappelle que pour l'instant les Cinq ne peuvent que ramener à la vie des mutants et que, ensuite, les humains ne sauraient en profiter qu'une fois les seize millions de victimes de Genosha ressucitées.

A peine a-t-elle eu le temps de raisonner son interlocuteur que Emma reçoit un seau plein de sang sur sa robe de gala. Elle sonde télépathiquement l'esprit de la femme qui vient de l'agresser (et qui est aussitôt maîtrisée par la sécurité) et comprend qu'elle est veuve, donc qu'elle ne tolère pas que les mutants aient caché leur privilège et refusent de le partager.

On trouve une sorte d'écho à cette séquence dans la suite immédiate de l'épisode quand le conseil de Krakoa est réuni; Charles Xavier est troublé car il lit le chagrin et le ressentiment dans l'esprit des humains, certains allant jusqu'à s'injecter des hormones de croissance mutantes puis se suicider afin d'être éligibles à la résurrection comme néo-mutants. Pourtant, malgré le brio de ces scènes, ce n'est pas là ce que veut dire Kieron Gillen.

Emma va partager avec le conseil ce qui lui a révélé Cyclope au sujet du Dr. Stasis, à savoir qu'il s'agit de Nathaniel Essex, donc Mr. Sinistre. S'ensuit une course-poursuite puis la reddition de Sinistre. Mais alors que plusieurs membres du conseil s'interrogent sur la sanction à lui infliger, il disparaît subitement, et visiblement sans l'avoir préparé...

A.X.E. : Eve of Judgment #1 va nous apprendre où Sinistre est passé. Entre autres choses. Si Gillen s'est montré efficace et inspiré sur Immortal X-Men #4, son prologue à Judgment Day tourne un peu trop autour du pot pour convaincre. Ce n'est pas inintéressant mais beaucoup trop bavard et en vérité seuls trois scènes sont à retenir.

La première et la troisième suiovent Druig, désormais Prime Eternel, et qui a décidé de se débarrasser des mutants de Krakoa désignés comme des Déviants excessifs : or, c'est la maission des Eternels d'éliminer ce genre de Déviants. Gillen se garde bien de toute affirmation et donc la conviction de Druig reste sujette à caution, rien ne dit formellement que mutants = déviants. C'est quand même une retcon importante, et elle divise énormément les fans depuis que Marvel a communiqué dessus. Druig charge donc l'ingénieur Domo de concevoir une arme d'extinction massive et il obtient une bombe qui, sur le point d'être larguée, déclenche l'alarme de la Machine, prévenant que son explosion serait fatale aux mutants mais aussi au reste du monde car Krakoa est un élément à part entière de la Machine.

C'est, honnêtement, bien pensé, en vue de l'event. Voilà une complication bienvenue pour le suspense de cette saga et qui prouve qu'effacer les mutants de la carte ne sera pas si simple (on s'en doutait, mais disons que, là, c'est clair). C'est surtout logique de souligner que Krakoa a beau être une île mutante, un biome, elle est donc partie intégrante de la Machine, donc de la Terre. Si les Eternels s'en prennent à Krakoa, ils se condamnent du même coup et trahissent leur voeu de protéger la Machine/la Terre.

La deuxième scène, qui s'intercale entre la première et la dernière, renvoie donc à la disparition surprise de Mr. Sinistre. Il ne s'est pas enfui, il a été kidnappé et il est aux mains de Ajak et Makkari. J'avoue que si je n'ai pas tout saisi de leur plan consistant à créer un nouveau Dieu en comptant sur l'avis de Phastos sur la faisabilité d'un tel projet, quand on voit qu'elle détienne le mutant, sans l'avoir dit à personne, on est franchement intrigué.

Car, malgré sa caractérisation de bouffon mégalo et menteur, Sinistre est depuis House of X/Powers of X une des pièces les plus importantes de la communauté X. Pas seulement parce qu'il siège au conseil de Krakoa, mais parce que c'est lui qui a collecté l'ADN de tous les mutants, en fournit des échantillons aux Cinq lors des résurrections et, dernièrement, travaille sur des clones de Moira MacTaggert (sans qu'on sache à quel fin). Une telle prise de guerre pour les Eternels, ce n'est donc pas rien, et on peut donc penser que Gillen va l'exploiter dans Judgment Day.

Nous avons donc, entre Immortal X-Men et A.X.E. : Eve of Judgment, non seulement une additoon au Hellfire Gala, mais surtout une passerelle jusqu'à Judgement Day, avec Sinistre comme élément relais. Si je me garde bien de tout enthousiasme débordant vis-à-vis de ce que prépare Gillen, je dois admettre qu'il pique ma curiosité pour Judgment Day et qu'il se ressaisit bien sur Immortal X-Men.

Si A.X.E. : Eve of Judgment (en passant, A.X.E., ce sont les initiales pour Avengers-X-Men-Eternels, les trois groupes au coeur de Judgment Day) est dessiné par Pasqual Ferry, qui retrouve là son scénariste de Journey into Mystery, Immortal X-Men accueille Michele Bandini au dessin. Sans être un grand artiste, il livre une copie bien plus agréable et solide que ce qu'a produit auparavant Lucas Werneck. C'est très appréciable. Le découpage est simple mais fluide, avec un sens du storytelling plus affirmé.

Ferry, lui, s'est fait discret ces derniers temps, après avoir abandonné son projet de creator-owned, Alice, en financement participatif (dommage, vraiment, parce que ce qui avait été montré était superbe). Colorisé par Dean White, il produit de jolies planches, avec ce trait fin, expressif, et des compositions soignées. J'espère qu'on le reverra bientôt sur une série régulière (même si je doute qu'il soit le dessinateur titulaire, n'ayant jamais été très ponctuel).

Voilà, maintenant, vous savez ce qui vous reste à faire si vous voulez profiter pleinement de Judgment Day (et finir Hellfire Gala 2022). Croisons les doigts pour que Gillen (avec le formidable Valerio Schiti au dessin) nous ponde un event décent.

samedi 2 juillet 2022

IMMORTAL X-MEN #3, de Kieron Gillen et Lucas Werneck


Sorti la semaine dernière, le troisième épisode de Immortal X-Men est le moins mauvais que j'ai lu. Cela signifie-t-il qu'il est bon ? Et que j'ai pris plaisir à le lire ? Ce sont là des questions délicates, à laquelle cette critique va tenter de répondre. Kieron Gillen s'y montre un peu moins maniériste alors que Lucas Werneck semble souvent avoir dessiné ses planches sans qu'elles soient relues...
 

Destinée se remémore la première fois que son pouvoir mutant s'est manifesté. Cela l'a conduit à rédiger des journaux pour consigner ses visions. Avant qu'elle ne rencontre Mystique...


Le Conseil de Krakoa se réunit et doit décider de sanctions contre Mystique puisqu'elle a usurpé les identités du Pr. X et de Magneto pour que Destinée soit ressucitée.


Alitée, souffrant de migtaines, Destinée voit le futur de façon chaotique. Toutefois, ce qui lui apparaît est suffisamment menaçant pour qu'elle rejoigne le Conseil et l'avertisse d'une guerre imminente.
 

Cette annonce suspend la séance et ajourne les sanctions éventuelles contre Mystique. Celle-ci raccompagne Destinée dans leurs quartiers où elle reprend la rédaction de son journal...

Ce que fait/tente de faire Kieron Gillen avec Immortal X-Men n'est pas dénué d'intérêt. Je tiens à le dire d'entrée de jeu pour ne pas paraître totalement intolérant à ses efforts. Ce n'est pas une écriture dont je suis friand, mais je reconnais que l'intention de l'auteur est louable. Toutefois, on le sait, les bonnes intentions ne suffisent pas toujours.

Ainsi, donc, Gillen bâtit chaque épisode autour d'un membre du Conseil de Krakoa. Après Mr. Sinistre et Hope, c'est au tour de Destinée. Celle-ci est réapparu finalemen depuis peu, à l'occasion de Inferno, la dernière histoire écrite par Jonathan Hickman. Comme la parution des séries mutantes a été un peu mis en stand-by entretemps (à l'exception de X-Men), on n'a pas eu l'occasion de mesurer vraiment l'impact de son retour.

Pourtant, Destinée qui revient, Moira qui a été chassée de Krakoa, voilà deux événements importants dans "l'Âge de Krakoa" instauré par Hickman. Les deux mutantes ne pouvaient cohabiter étant donné que les plans de Moira ne toléraient pas la présence sur l'île de voyants, les seuls à même de détecter sa présence et de prévoir ce qu'elle planifiait.

En vérité, c'est par elle que, logiquement, Gillen aurait dû commencer Immortal X-Men, plutôt que de nous infliger deux mauvais épisodes avec Sinistre et Hope. Mais c'est dans ce troisième épisode finalement que Destinée revient au premier plan. On apprend les circonstances de la première manifestation de son pouvoir mutant, sa rencontre avec Mystique, l'ordre qu'elle lui donne de brûler Krakoa si on ne la ressucite pas, et son retour à la vie, rajeunie certes mais en proie à des migraines qui troublent ses visions.

A deux reprises, illustrées par deux pleines pages, on assiste donc à des visions déterminantes, la première et une autre qui intervient alors que le Conseil de Krakoa est réuni pour décider de sanctions contre Mystique qui a usurpé l'identité de Charles Xavier et Magneto pour faire revenir Destinée.

Pendant la quasi-totalité de l'épisode, Destinée est alitée, souffrant de migraines, que même Emma Frost est impuissante à soulager. Pourtant, Lucas Werneck en plusieurs occasions trouve le moyen de caser Irene Adler siégeant à la table du Conseil ! Soit le dessinateur brésilien n'a pas bien lu le script de Gillen, soit le script de Gillen n'était pas suffisamment précis sur le nombre de membres présents lors de cette session du Conseil. Mais ce qui est certain c'est que l'editor de la série (Lauren Amaro, assistante de Jordan White) n'a pas verifié les planches assez soigneusement et exigé des corrections. Quoiqu'il en soit, ça fait tâche.

C'est dommage car, comme je le disais plus haut, c'est le moins mauvais épisode de la série jusqu'à présent. Les dialogues de la séance du Conseil sont bien tendus et le débat est intéressant car il revient sur les manoeuvres condamnables de Mystique pour avoir fait ressucité Destinée. 

Comme l'ambiance n'est plus au beau fixe depuis Inferno et le fait que tout le monde dans le Conseil sait que Charles Xavier et Magneto ont caché l'implication de Moira McTaggert dans la fondation de la Nation X, il s'en trouve suffisamment pour reprocher à Xavier sa manière de gouverner. Pourtant, le Professeur a aussi raison de riposter en s'indignant qu'on le traite de tyran à demi-mots alors qu'il a donné à toute sa communauté un nouveau statut en reconnaissant avoir été trop cachottier.

Par ailleurs, critiquer Xavier en épargnant Mystique révèle la profonde hypocrisie de certains puisque Raven Darkholme n'a jamais été en reste quand il s'est agi de trahir les siens. On voit surtout que, à présent, Emma Frost, comme c'était couru d'avance à la fin de Inferno, n'est plus l'alliée de Xavier, lui-même isolé depuis le départ de Magneto sur Arakko et en l'absence de Tornade (également sur Mars et qui n'assiste pas à cette réunion), mais surtout la Reine Blanche du Club des Damnés préfère désormais attaquer le Pr. X à la moindre occasion plutôt qu'écouter ses arguments. Si Gillen est intelligent, il appuiera sur ce conflit interne et développera une lutte pour la présidence du Conseil et donc de Krakoa entre Emma et Charles (mais ça ne semble pas être dans ses plans immédiats si j'en juge par les textes de présentations de prochains épisodes).

Lorsque, donc Destinée qui était là sans y être à cause des dessins de Werneck surgit en pleine séance et annonce une guerre à venir, même si elle reste vague, on sait bien qu'il s'agit sûrement d'une allusion à l'event Judgment Day, écrit par Gillen (qui démarrera le 20 Juillet). C'est de bonne guerre, même si on a alors le sentiment que Gillen se sert d'Immortal X-Men pour teaser sa saga plus pour développer une intrigue propre. Sur ce point, je sui facilement exaspéré parce que les events me préoccupent toujours et celui-ci en particulier, étant donné que je ne suis pas fan de Gillen et que j'ai peur de ce qu'il va faire.

En revanche, sur les deux dernières pages, il se rattraperait presque pour tout ce qui a précédé en révélant ce qui tracasse vraiment Destinée dans ce qu'elle a vu du futur (ou des futurs) et qui concerne directement sa dulcinée, Mystique. Je ne spoile pas, mais c'est assez intrigant.

Je ne reviens pas davantage sur la prestation de Lucas Werneck au dessin. Il semble de toute façon que ce soit le dernier épisode qu'il signe, puisque les trois prochains seront réalisés apr l'italien Michele Bandini, dont le niveau n'est pas franchement meilleur. Trois prochains épisodes qui seront des tie-in au Hellfire Gala 2022 et à Judgment Day, avec notamment Emma Frost, Exodus et Sebastian Shaw.

Franchement, je ne sais pas quoi faire de cette série. J'ai lu sur Twitter que certains fans estimaient qu'elle était la meilleure de franchise X avec X-Men : Red, mais autant cette dernière dispose avec Al Ewing d'un auteur extraordinaire, autant Gillen et ses propositions me laissent froid. J'espérai bien mieux pour ces Immortal X-Men, qui explorait un concept (le Conseil de Krakoa) "Hickmanien" si prometteur. Mais il ne faut jamais lire en se forçant, donc : stop.