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jeudi 26 mai 2022

HELLBOY AND THE B.P.R.D. : NIGHT OF THE CYCLOPS, de Mike Mignola et Olivier Vatine


Et on en arrive au n° de Hellboy and the B.P.R.D. sorti cette semaine. Night of the Cyclops est un mini-événement puisque Mike Mignola, qui a écrit seul le scénarion de ce one-shot, en a confié les dessins au français Olivier Vatine. Artiste trop rare, celui-ci doit être (corrigez-moi si je me trompe) le premier de nos compatriotes à s'illustrer sur le détective du paranormal. Et le résultat est à la hauteur des espérances.



Thessalie, Grèce. 1962. Après avoir arrêté un minotaure, Hellboy laisse l'agent Dryades l'embarquer pour aller visiter les environs. Il fait une chute dans une crevasse en suivant une chèvre et rencontre alors Aelita.
 

Celle-ci le prend pour Egipan, associé au dieu Pan, et le mène à sa mère, Sybil, qui lui explique comment, parce que Eros, envoyé par Aphrodite, jalouse de Aelita, a provoqué la malédiction sur leur peuple.


Victime des ravages d'un cyclope, tous comptent sur Hellboy pour les en débarrasser. Mais le monstre, gigantesque, n'est pas facile à vaincre. Et, même une fois terrassé, les ennuis continuent avec l'apparition d'Aphrodite et Eros.


Toujours furieuse, la déesse exige que Eros renonce à son amour pour Aelita. Il s'exécute en tirant une flêche en or sur Hellboy...

Celui-ci, je l'avais noté sur mes tablettes depuis son annonce : pensez, Olivier Vatine dessine un one-shot de Hellboy and the B.P.R.D.  ! Immanquable ! Et avec Mike Mignola seul au scénario ! C'était certain que ça allait être beau et bon. Et c'est bien le cas.

L'action de cette histoire se situe au début des années 60 en Grèce. Le décor est déjà atypique car, après les histoires de maisons hantées que j'ai critiquées récemment, on est là à Thessalie, en plein soleil, loin de tout. Hellboy vient d'appréhender un minotaure - la routine, quoi - le confie à l'agent Dryades du BPRD. Lui reste sur place pour visiter les environs car on devine qu'il ressent quelque chose de spécial sans savoir le nommer. Il ne se doute pas à quel point, effectivement, ce qui l'attend est renversant.

Mignola, cette fois, abandonne toute ironie et nous embarque dans une aventure dépaysante et poétique, avec de nombreuses allusions mythologiques. Mais ici pas de Grands Anciens à la H.P. Lovecraft, pas d'horreur, plutôt une échappée belle, avec quelques péripéties spectaculaires, de la romance aussi.

En voulant attraper une chêvre dont il est persuadé qu'elle lui a parlé, Hellboy fait une chute impressionnante mais à laquelle il survit sans problèmes (le démon a la peau dure et la carapace forgée). Il découvre que la chèvre est devenue une faune séduisante, qui se balade dans le plus simple appareil et qui s'appelle Aelita. Le paysage a également complètement changé pour faire place à un coin de nature paradisiaque. Sauf que cet éden est menacé...

La colère jalouse d'Aphrodite, la romance entre Eros et Aelita, un cyclope : tout s'enchaîne alors à vive allure. Mignola appuie sur l'accélérateur sans pourtant bâcler : son récit est fascinant, dramatique aussi, mais malgré tout empreint d'une sorte de béatitude grâce à la somptuosité des planches d'Olivier Vatine. Ce dernier fait des merveilles : il n'a pas besoin de grand-chose pour planter un cadre (une magnifique double page) et orne les cases de la largeur de la bande d'une frise pour renvoyer à l'imagerie des illustrations antiques. 

Il faut aussi ajouter que, chose rarissime, Dave Stewart a cédé sa place de coloriste au français qui s'acquitte de la charge avec une maestria folle.

On suspend souvent sa lecture pour le simple plaisir de contempler les vignettes, d'apprécier la composition générale des planches. Vatine n'utilise pas beaucoup de cases, il a une narration très aérée, et aucun cadre n'est chargé en informations graphiques. Le trait est fluide, élégant. C'est un enchantement.

Lorsque paraît le cyclope, Mignola emballe l'histoire dans une suite de scènes spectaculaires où le sens du découpage de Vatine rend tout encore plus dynamique. Le combat, déséquilibré, entre le monstre et Hellboy s'achève avec une châtiment qui renvoie à la manière dont Ulysse s'était débarrassé de Polyphème dans L'Odyssée.

Mais le meilleur reste à venir avec le retour d'Aphrodite que Vatine représente dans toute sa grandeur et sa majesté terribles. Lorsqu'elle va écraser Hellboy et Aelita sous son pied, l'artiste fait sentir tout le poids de la géante en montrant progressivement que le couple s'enfonce dans le sable tandis que Eros tente de la raisonner. Il consent à un cruel sacrifice pour qu'elle épargne les malheureux qu'elle a autrefois maudit.

L'épisode se conclut de manière troublante. Presque une pirouette. Tout est allé très vite mais le lecteur comme Hellboy se demande si c'était un rêve. Mignola ne répond pas à cette interrogation, intelligemment il laisse à chacun le soin de se faire un avis. Mais avec Vatine, il nous a conviés à une des plus belles aventures de Hellboy (le BPRD a été singulièrement absent, comme souvent en fait dans ces nouvelles).

mercredi 25 mai 2022

HELLBOY AND THE B.P.R.D. : THE SECRET OF CHESBRO HOUSE, de Mike Mignola, Christopher Golden et Shawn McManus


Hellboy and the B.P.R.D. : The Secret of Chesbro House est une histoire complète en deux parties. Mike Mignola l'a co-écrite avec Christopher Golden et en a confié les dessins à Shawn McManus. Une nouvelle fois, il est question d'une maison hantée et de secrets de famille bien flippants : on est donc en terrain connu. Mais c'est efficacement mené et superbement mis en images.


New Paltz, Etat de de New York. 1983. Hellboy rejoint dans la maison de feu Peter Chesbro Mme Helen Zemprelli, une spirite, et Carter Stroud, l'héritier, avec sa fiancée, Serena Wilkins.


Ils sont rejoints par Nigel, le gardien, qui revient sur la mort de Sarah, tuée par son père, Peter, dont le fantôme hante l'endroit. Il aurait caché le corps de sa fille et son trésor dans une pièce secrète.
 

Nigel parti, Helen commence une séance pour contacter l'esprit de Sarah afin qu'elle connaisse enfin le repos éternel. Mais c'est le fantôle de Peter, son père, qui apparaît. Hellboy intervient.


Le spectre de Sarah apparaît ensuite et semble possédée par une force inconnue... (Fin de la première partie.)


On enchaîne avec la suite et fin de cette histoire à réveiller les morts sans attendre.


Consumée par l'effort requis pour invoquer les morts, Helen a le temps de montrer le passé à Hellboy qui découvre que Peter Chesbro a effectivement tué sa fille en en faisant la mère porteuse d'un démon.


Helen meurt. Carter se carapate en direction du sous-sol, guidé par le crâne de son aïeul comme l'indique Serena à Hellboy, qui part à sa poursuite.


Attiré par le trésor qui se cacherait dans la chambre où Sarah fut sacrifié, Carter suivi par Hellboy découvrent un oeuf qui éclot et dont sort une bestiole monstrueuse et enragée.


Carter s'enfuit mais la maison prend feu et il périt écrasé par un lustre. Hellboy se débarrasse du monstre et quitte la demeure pour retrouver Serena qui a suivi son conseil d'en sortir.

Hier, je vous ai parlé du one-shot The Seven Wives Club, dans lequel Mike Mignola et Adam Hughes s'amusaient déjà avec le cliché de la maison hantée. On retrouve ce motif au coeur de The Secret onf the Chesbro House, un diptyque co-écrit par Mignola et Christopher Golden.

Cela vient confirmer ce que je disais la veille quand j'indiquai que Hellboy and the B.P.R.D. répétait volontiers une formule éprouvée. C'est ce qui rend l'entreprise à la fois un brin facile et en même toujours divertissante, comme autant de variations sur le même thème.

En vérité, comme pour The Seven Wives Club, Mignola s'amuse avec son univers et son héros. Il se le permet car il s'agit ici encore d'un Hellboy en formation et non du héros qui agira sans sa série solo dans des aventures beaucoup plus épiques et dramatiques. 

Hellboy est en effet encore jeune, même s'il est difficile de lui donner un âge précis. Il a déjà son petit caractère, mais ce n'est pas une créature achevée, un détective du paranormal aguerri et quelque peu blasé. A cet égard, la première scène qu'il partage avec la spirite Helen Zemprelli est éloquente puisqu'elle est une femme représentée dans sa maturité et qui cerne déjà le Hellboy à venir, suggérant même la violence qui couve en lui et qui ne demande qu'à s'exprimer. On voit à quel point ces réflexions mettent mal à l'aise le démon.

Tout comme il n'est pas tranquille dans cette grande maison décorée de portraits de Peter Chesbro et sa fille Sarah qu'il aurait tuée, la condamnant à ne jamais connaître le repos. Hellboy distribue les rôles en disant qu'il est "les muscles" et Helen Zemprelli "la médium", autrement dit lui s'occupe de cogner et elle de penser. Niveau psychologiue, c'est élémentaire, mais plus fouillé que dans The Seven Wives Club.

L'histoire se complète avec un casting de seconds rôles aussi fouillés : il y a Carter, l'héritier de la maison dont il jouira seulement s'il réussit à apaiser le fantôme de Sarah et qui recevra un joli pactole avec lequel il a promis à sa fiancée, Serena, un beau voyage exotique. Et puis il y a Nigel, le gardien de la maison, un petit bonhomme aux yeux vairons, à la trogne inquiétante, dont les récits sur les soirées dépravées des enfants de Peter Chesbro contribuent à établir une ambiance défintivement flippante. Tout est en place pour que la nuit soit bien agitée...

Et on n'est pas déçu, entre une séance de spiritisme, un monstre dans le sous-sol,, la révélation sur la triste fin de Sarah Chesbro, et la chute de la maison. La mission est un échec pour Hellboy compte tenu des pertes enregistrées, mais le lecteur a eu son compte d'émotions fortes tout ne souriant franchement devant cette succession de péripéties grand-guignolesques. Mignola et Golden ont enfilé les clichés comme des perles avec l'envie manifeste de se moquer d'eux-mêmes et de la série : c'est en cela que ces petites histoires sont si savoureuses, alors que dans les titres Hellboy et B.P.R.D., le ton est beaucoup plus grave.

Shawn McManus est un artiste méconnu mais que j'apprécie beaucoup et que j'aimerai lire plus souvent. Jusqu'à présent, j'ai surtout pu en profiter dans Fables, où il a signé des chapitres annexes. Il a un style très expressif, que le coloriste Dave Stewart met magnifiquement en valeur, comme d'havitude sans empiéter sur son trait et son encrage mais en le réhaussant de nuances parfaites (voir la scène de la séance de spiritisme notamment).

Ce qui est intéressant avec ces artistes invités à s'exercer sur Hellboy, de Alex Maleev à Adam Hughes en pensant par Paolo Rivera ou Stephen Green et Matt Smith, c'est que chacun peut animer le démon à sa manière. Il y a certes un cahier des charges et Mignola n'hésite pas à suggérer (fortement) certains éléments (en particulier au niveau des décors et du design des monstres), mais sinon, chacun est libre d'investir Hellboy comme il le souhaite.

Mc Manus tire Hellboy vers une sorte de cartoon très soigné. Son goût pour les trognes est évident et le détective du paranormal est une créature fabuleuse à cet égard pour le représenter en soulignant ses mimiques. Ainsi, il est amusant de le voir sursauter quand Mme Zemprelli le surprend alors qu'il rôde dans la maison au tout début, un peu comme si le loup avait peur de la biche. Plus tard, quand les fantômes apparaîtront, Hellboy se montrera encore plus nerveux, frappant dans le vide comme s'il espérait en finir sans se rendre compte que cela ne règlera rien. Par contre, une fois face au monstre du sous-sol, il aura matière à se passer les nerfs sans se retenir.

Mais avec les autrs personnages, McManus a aussi un beau terrain de jeu et il a visiblement pris plaisir à donner à chacun un visage et des attitudes que son dessin ne flatte pas. Carter est une sorte de bellâtre surtout attiré par l'argent et n'hésitant pas, dans la confusion, à planter sa fiancée, tandis que celle-ci se montre à la fois dubitative et impressionnable. Helen Zemprelli se distingue par sa classe complètement décalée (on la croirait sortie d'un film noir des années 50 dans cette intrigue datée de 1983), porte cigarette, fourrure, bibi sur la tête, tailleur super chic. Et ne parlons pas de l'affreux Nigel, avec son regard torve, son sourire glaçant, et sa petite taille qui fait penser davantage à celle d'un gnome qu'à celle d'un humain.

McManus, enfin, dessine des décors incroyablement détaillés : le mobilier de la maison, chaque mur, les escaliers en colimaçon, la chambre secrète, tout témoigne d'une recherche bluffante pour faire de cet endroit l'archétype parfait de la maison hantée, autrefois bourgeoise, aujourd'hui abandonnée mais entretenue. On a presque de la peine de la voir partir en fumée, comme on pourrait regretter d'entamer un beau gâteau.

Hellboy and the BPRD : The Secret of Chesbro House est un délice dans le genre de l'épouvante parodique. A savourer pour tous les fans d'Hellboy, mais pas qu'eux. 

mardi 24 mai 2022

HELLBOY AND THE B.P.R.D. : THE SEVEN WIVES CLUB, de Mike Mignola et Adam Hughes

 

Comme ce sera une semaine très maigre en nouveautés à critiquer, je vais revenir sur des lectures que je n'ai pas commentées quand elles sont parues. Et quelque chose que j'aime bien lire pour, disons, me changer les idées, ce sont les one-shots ou mini-séries Hellboy and the B.P.R.D.. C'est rapide, souvent divertissant, on n'a pas besoin d'être très cultivé sur cet univers. Et The Seven Wives Club par Mike Mignola et Adam Hughes est un régal.



Savannah, Georgie. 1992. Hellboy vient au secours de Jane Howell, une amie passionnée par les maisons hantées, et qui vient d'être arrêtée pour avoir tué accidentellement son fiancé.


L'agent du BPRD Pauline Raskin présente à Hellboy Joey Ford dont la mère fut infirmière durant la première guerre mindiale et qui pratiqua plusieurs autopsies sur le corps de Walter Wakeman.


C'est dans la maison de ce dernier que Jane a tué son fiancé et où la mère de Ford avec six autres infirmières commirent des atrocités avant d'être victimes d'étranges accidents.


Hellboy est assailli par leurs fantômes lorsque Pauline découvre sur le corps de Wakeman des coeurs en tissu par lesquels elles ont uni leurs âmes à la sienne....

Hellboy, c'est toujours un peu la même chose :des histoires de monstres, de Grands Anciens inspirés par la littérature de H.P. Lovecraft, de maisons hantées, de fins du monde, de sorciers, etc. Si lire ces histoires intégrées à des séries au long cours, comme celles de Hellboy (en solo) ou du B.P.R.D. (le Bureau de recherche et de défense sur le paranormal, au sein duquel opérent les amis de Hellboy comme Liz Sherman et Abe Sapien) peut être fastidieux, en revanche il existe des productions plus modestes et sympathiques patronnées par Mike Mignola.

Aujourd'hui, alors qu'il prépare(rerait) son retour à sa table de dessin, Mignola est plus actif comme scénariste, ou en tout cas comme chef d'orchestre de son univers aux côtés d'autres auteurs (John Arcudi, Chris Roberson, Chrsitopher Golden...). Mais de temps à autre, le maestro s'offre une escapade en compagnie d'un prestigieux collègue artiste pour un one-shot sur les années de formation de Hellboy au sein du BPRD (avant qu'il y soit rejoint par Sapien et Sherman et compagnie).

C'est ainsi qu'il a écrit The Seven Wives Club pour Adam Hughes, avec lequel il avait déjà collaboré sur Hellboy : Krampusnacht (par ailleurs assez décevant). C'est donc un mini-événement parce que, comme Mignola, Hughes ne dessine plus guère de pages intérieures, ayant acquis gloire et fortune comme cover-artist. Ajoutez-y le coloriste Dave Stewart et vous avez l'équipe complète et prestigieuse de ce numéro.

Comme je l'écrivais en préambule, Hellboy fonctionne sur des recettes éprouvées par son créateur et donc il ne faut pas chercher une quelconque originalité, plutôt le confort qu'assure une histoire complète de vingt pages. 

Ici, on a donc droit à une affaire de maison hantée qui a causé le meurtre accidentel d'un jeune homme par sa fiancée, qui se trouve être une amie de Hellboy. L'action se situe en 1992 dans l'Etat de Georgie dans le Sud-Est de l'Amérique. Flanqué de l'agent Pauline Raskin du BPRD, Hellboy promet de sortir la malheureuse de prison. Pour cela il va devoir suivre Joey Ford dans la demeure précitée où il s'en est passé de belles.

Mignola convoque des motifs familiers avec une sombre histoire qui évoque Barbe-Bleue, dans une ambiance de série Z, avec des infirmières déjantées qui pratiquent des autopsies peu orthodoxes sur un cadavre et unissent leurs âmes à celle de leur cobaye, avant de toutes succomber à d'étranges accidents comme autant de punitions pour leurs péchés. On ne peut réprimer un sourire en lisant ces scènes, voir même un rire franc tellement c'est croquignolet. Mignola s'autoparodie (ou alors se prend vraiment trop au sérieux en croyant nous faire peur) et c'est effectivement très efficace.

La contribution d'Adam Hughes est ici plus concluante que sur Krampusnacht. L'artiste produit des planches somptueuses, dans un style plus expressionniste qu'à l'accoutumée. En effet, il n'a pas ici le loisir de s'adonner à la représentation de jolies filles girondes comme il sait si bien le faire (même si c'est loin d'être son unique talent, mais enfin après toutes ces couvertures de Wonder Woman ou Catwoman, difficile d'occulter cette spécialité).

Son trait réaliste donne une dimension moins effrayante à Hellboy dont, par ailleurs, la caractérisation est plus bonhomme, moins bougonne. La beauté de Pauline Raskin ne parasite pas son tempérament téméraire et résolu. Et Joey Ford s'avère un vrai trouillard dès qu'il entend la voix de sa défunte maman lui conseiller de ne pas rester dans le sous-sol de la maison Wakeman. L'apparition des spectres est d'une élégance funeste imparable tandis que celle du cadavre de Wakeman fait son petit effet (le seul véritable horrifique du récit).

Les couleurs de Dave Stewart sont merveilleuses. Bien que Hughes ait employé un encrage très marqué avec des effets de clair-obscur prononcés, la palette employée créé des contrastes intéressants et habille le dessin sans jamais chercher à le concurrencer. C'est de la très belle ouvrage.

San surprise donc, Mignola et Hughes donnent le meilleur d'eux-même dans cet exercice où affleure une bonne dose d'auto-dérision. Mais avec quelle classe !