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vendredi 25 octobre 2019

ACTION COMICS #1016, de Brian Michael Bendis et Szymon Kudranski


Tristement prévisible : voilà comment résumer ce nouveau piteux numéro d'Action Comics. La bonne nouvelle, c'est qu'il marque la fin de cet arc et que le titre, comme Superman, s'apprête à connaître une onde de choc dès le mois prochain. Szymon Kudranski tire aussi sa révérence (John Romita Jr le remplace). Ouf !


Trish Q., la "commère" du "Daily Planet, enregistre les témoignage des civils qui ont assisté au combat titanesque entre Superman et Red Cloud - dont les pouvoirs ont été sérieusement augmentés par Lex Luthor.


L'affrontement a vu Superman en difficulté, mais surtout frustré et en colère car il retenait visiblement ses coups pour épargner les passants. Il n'empêche que Red Cloud l'a mis en difficulté, provoquant l'inquiétude des habitants de Metropolis.


Pendant ce temps, au Hall de Justice, l'examen de Naomi McDuffie touchait à sa fin lorsqu'une retransmission télé en direct montrait Superman contre Red Cloud. Batman appelle des membres de la Ligue de Justice, sans succès. Naomi se propose de l'accompagner.


Malgré le refus de Batman, l'adolescente passe outre et corrige Red Cloud, permettant à Superman de se ressaisir. Red Cloud riposte mais, en difficulté à son tour, préfère battre en retraite. Les civils apprécient ce retournement de situation.


Superman et Batman, avec une équipe de scientifiques de S.T.A.R. Labs, escortent Naomi chez elle où elle retrouve ses parents. A Metropolis, Red Cloud hors de leur contrôle, Mr. Strong et Mme Leone conviennent d'un changement de stratégie dans la conduite de leurs affaires...

Comme je l'avais anticipé le mois dernier, le contenu de ce 1016ème épisode d'Action Comics s'avère très décevant parce que sans surprise. Brian Michael Bendis fait preuve d'une paresse rare pour boucler cet arc, qui aura été une vraie purge.

Passons tout de suite sur la médiocrité graphique de Szymon Kudranski : il tire sa révérence pour aller illustrer Fallen Angels chez Marvel (une série "X"). Je ne le regretterai sûrement pas, ni se planches noircies et retouchées d'après des fichiers photos. La lisibilité de ses épisodes a été épouvantable. C'est John Romita Jr. qui le remplace et même s'il est très inégal, ce sera tout de même plus solide (d'autant qu'il sera encré par Klaus Janson), avec la promesse d'une histoire spectaculaire (son registre de prédilection).

Mais, de toute manière, le mal était plus profond que la qualité esthétique. J'ignore où a voulu en venir Bendis avec ces derniers épisodes, mais le résultat est affligeant. Le procédé ressemble beaucoup à ce qui s'est déroulé dans les numéros récents de Superman, avec l'introduction de la Légion des Super Héros. Sauf qu'ici l'intégration au récit de Naomi est nettement moins fluide, naturel, et le dénouement trop convenu, trop prévisible.

A la décharge de Bendis, on peut tout de même dire qu'il doit composer, comme d'autres de ses collègues sur d'autres séries, avec Year of the Villain, initiée par Scott Snyder, où on suit les manoeuvres corruptrices de Lex Luthor, devenu le sbire de Perpetua, la mère du Dark Multiverse. Des méchants voient leurs capacités de nuisance dopées pour l'avènement d'un règne du mal, et dans Action Comics, c'est donc Red Cloud qui en profite.

D'une certaine manière, Snyder a imposé à tous son agenda et contraint des séries à modifier leur course en tenant compte des vilains augmentés par Luthor. Red Cloud n'a plus à rendre de compte à Mme Leone et sa mafia invisible, et obligée de sortir du bois, celle-ci perd en route une bonne part de son originalité (car c'était bien trouvé, ces criminels ayant ingénieusement réussi à se cacher de Superman depuis des années, avec des moyens de fortune). On verra comment Bendis va développer cela, en espérant que ce sera inspiré.

Mine de rien, Action Comics a piqué du nez, après un démarrage canon sous la houlette de Bendis. Dommage. Même si rien n'est perdu.


dimanche 29 septembre 2019

ACTION COMICS #1015, de Brian Michael Bendis et Szymon Kudranski


La notion d'univers partagé est au coeur des comics super-héroïques. Mais si elle est acceptable généralement, il arrive aussi qu'elle encombre plus qu'elle n'améliore vraiment lesdits comics. C'est ce qui se passe avec les séries de Brian Michael Bendis en ce moment, où il doit composer avec des personnages qui se croisent - et ralentissent substantiellement ses intrigues en cours. Et, pour ne rien arranger dans le cas d'Action Comics, c'est visuellement moche.


Naomi McDuffie vient de se crasher à Metropolis. Superman arrive sur place et rassure la jeune fille en lui proposant son aide. Elle lui explique n'avoir découvert ses pouvoirs que depuis une heure et ne désire faire aucun mal autour d'elle.


Superman conduit Naomi au Hall de Justice pour qu'elle y soit examinée. Le Dr. Ray Palmer (Atom) se joint à eux tandis que la jeune fille révèle ses origines à Superman. Ainsi apprennent-ils leur point commun : tous deux sont des orphelins venus d'une autre planète.


Batmana arrive, sollicité parce qu'il a l'habitude des jeunes. Il teste Naomi sur ses pouvoirs, après qu'elle ait tenté, en vain, de situer sa planète natale sur une carte du Multivers. Batman l'écoute évoquer Zumbado, qui a détruit son monde et menace la Terre.
  

Superman doit s'absenter. Il s'interpose entre Red Cloud et Rose and Thorn dans un club attaqué par cette dernière. Mais Red Cloud a désormais des pouvoirs nettement augmentés grâce à l'intervention de Lex Luthor, lui-même investi d'une partie de la puissance cosmique de Perpetua.


Le combat qui s'engage entre Superman et Red Cloud se déplace ailleurs dans la ville. Mais l'homme d'acier est en sérieuse difficulté. Il subit et retient ses coups, espérant que son adversaire acceptera de se faire aider. Mais Red Cloud s'acharne et met Superman à terre...

Avec l'irruption de Naomi dans les pages d'Action Comics, c'est un peu la répétition de celle de la Légion des Super Héros dans Superman que semble nous rejouer Brian Michael Bendis. Mais autant les héros du futur ont rapidement justifié leur intervention (due à l'idée de Jon Kent d'unifier les planètes en une formation similaire aux Nations Unies), autant Naomi tombe comme un cheveu dans la soupe et son passage promet d'être pénible.

Je l'ai écrit à l'occasion de la parution de la série qui lui était consacrée, mais Naomi a été une déception. Copie peu inspirée de Miles Morales, et ersatz de Superman, la créature de Bendis manque singulièrement de relief et n'égale franchement pas ses modèles. Bien qu'une seconde saison de sa série soit prévue, on sait par ailleurs que la jeune fille va ensuite grossir les rangs déjà bien garnis de Young Justice, comme s'il fallait lui trouver un endroit où exister.

L'idée, ici, c'est qu'elle se crashe à Metropolis (coup de bol puisque c'est justement là où elle voulait aller) juste une heure après la découverte de ses pouvoirs. C'est donc la suite directe du dernier épisode de sa propre série... Qui date d'il y a quand même deux mois ! Mais, baste, passons sur ce léger décalage horaire.

Bendis est habile et consacre les trois quarts de l'épisode à l'examen de Naomi que Superman rencontre, puis emmène au Hall de Justice pour qu'elle soit analysée par Ray Palmer (Atom) puis Batman. Les scènes que le scénariste écrit sonnent très juste, on reconnait son talent pour faire vivre des personnages d'âges divers et tisser entre eux des liens naturels (Naomi est orpheline, comme Batman, et vient d'une autre planète, comme Superman. Mais elle traîne un adversaire potentiellement dangereux à sa suite).

Néanmoins, je me suis dit, en lisant cela, que tout aurait eu mieux sa place dans Naomi, la série. On s'en rend compte avec le dernier quart de l'épisode quand Superman doit subitement partir du Hall de Justice. "Leviathan ?" demande Batman (comme le lecteur). Non : Red Cloud (la méchante intermittente de la série). Comme elle a été upgradée par Luthor, elle flanque une raclée au kryptonien. Qui va l'arrêter ?

La réponse, évidente, puisqu'elle est en couverture, devient embarrassante. Peut-être est-ce une ruse, une fausse piste - et je l'espère. Mais ce serait bien pratique : Naomi neutralise Red Cloud, elle fait ainsi ses preuves devant Batman et Superman - qui se trouve débarrassé à bon compte, avant de pouvoir s'inquiéter à nouveau de Leviathan (dont on saura tout en Novembre).

Comme je le disais en préambule, l'univers partagé est un des piliers des comics de super-héros. En soi, ça ne me pose aucun problème. Mais je préfère quand ça n'implique pas ce genre de parasitage où un personnage est en transit dans une série où il n'a rien à faire, surtout au moment où le héros de la série en question ne manque déjà pas d'occupations.

Je préférerai aussi qu'on soit déjà en Novembre pour être débarrassé de Szymon Kudranski dont les planches me sortent par les yeux tant elles sont laides et mal foutues. Que DC attribue à Action Comics un vrai dessinateur, régulier, à ce titre !

Pénible à presque tous les égards.

dimanche 1 septembre 2019

ACTION COMICS #1014, de Brian Michael Bendis et Szymon Kudranski


A cause du report de la parution de Superman #14, l'autre série consacrée à l'homme d'acier, Action Comics, sort donc la même semaine. Et il est troublant d'y déceler les mêmes erreurs, les mêmes faiblesses (même si Superman bénéficie d'un meilleur dessinateur). Brian Michael Bendis est un peu fatigué en ce moment, et ce ne sont pas les planches de Szymon Kudranski qui aident le lecteur.


Au "Daily Planet", Perry White reçoit la visite de Marisol Leone, qui est la nouvelle propriétaire du journal. Elle est prête à mettre les moyens pour le soutenir à une condition : que les meilleurs reporters de la rédaction enquêtent sur Leviathan et le démasque.


A ce moment-là, la télé retransmet en direct une intervention de Superman qui neutralise un monstre en centre-ville. Les responsables sont les scientifiques de Star L.A.B.S., dont le héros découvre la dangerosité des travaux et l'absence de mesure de protection pour les civils voisins.


De retour au "Daily Planet", Clark Kent en tire un article lorsque Perry l'entraîne dans son bureau pour lui présenter Marisol Leone. Elle veut l'augmenter et rencontrer Lois Lane afin qu'ils mènent les investigations sur Leviathan.


Cependant, Red Cloud affronte Thorn avec ses pouvoirs augmentés par Lex Luthor. A Chicago, Superman retrouve Lois Lane à qui il explique la situation au "Daily Planet". Elle se montre méfiante envers Leone même si Clark tente de la rassurer.


Leur conversation est interrompue par une traînée lumineuse dans le ciel. Superman part à sa poursuite jusqu'à Metropolis où il évite de justesse une collision avec elle. C'est ensuite qu'il fait la connaissance de Naomi McDuffie, venue chercher son aide.

Tout comme Superman #14 semblait n'avoir été écrit que pour écarter (une fois pour toute ?) Rogol Zaar et (moins sûrement) Jor-El au profit de l'introduction de la Légion des Super-Héros, Action Comics #1014 n'a visiblement guère d'autre objectif que de mettre en scène l'arrivée officielle dans le DCU de Naomi McDuffie, après son éclosion au sein du label "Wonder Comics".

Brian Michael Bendis case donc sa dernière création originale, mais avec une visée un peu différente de la LSH. En effet, Naomi est désormais sans série fixe (une nouvelle salve d'épisodes est prévue, mais sans qu'on sache quand - pas avant un bout de temps puisque le dessinateur Jamal Campbell est désormais en train de travailler sur un nouveau titre, Far Sector, avec un nouveau Green Lantern, pour la collection de Gerard Way, "Young Animals"). Cela ne va pourtant pas durer car Bendis va l'intégrer à Young Justice (ce qui est assez logique vu que le groupe rassemble de jeunes héros).

On comprend d'autant moins alors ce passage par les pages d'Action Comics où le personnage va en quelque sorte être formée à son nouveau statut de super-héroïne par Superman (et Batman, qui se joint à la fête le mois prochain). Certes, faire de Superman le coach d'une jeune héroïne qui a été marquée par sa visite dans le bled où elle a grandi se tient, mais le timing paraît pour le moins maladroit puisque le kryptonien est en ce moment accaparé par Leviathan.

D'ailleurs, Bendis insiste lourdement à ce sujet en animant Marisol Leone, la patronne de la mafia invisible de Metropolis qui vient d'acquérir le "Daily Planet" et exige en contrepartie de son financement l'investissement des meilleurs reporters du journal pour démasquer Leviathan. Elle le réclame à Perry White puis à Clark Kent dans deux scènes répétitives.

Le scénariste, en revanche, ne fait que survoler un moment bien plus intéressant et pertinent quand Lois Lane affiche sa méfiance envers Leone et s'étonne que Clark Kent ne soit pas plus vigilant à ce sujet. Trop tard : Naomi débarque, littéralement, comme un boulet de canon et coupe court à la conversation. Vraiment, c'est très mal construit - étonnant de la part d'un narrateur expérimenté comme Bendis.

Normalement, après ça, je devrais dire du mal, une fois encore, de Szymon Kudranski, le pseudo-artiste de cet arc. Mais est-ce nécessaire ? Sa médiocrité parle pour lui et il suffit de voir avec quel toupet il se contente de reproduire le visage de Viola Davis pour personnifier Marisol Leone pour constater à quel point rien de tout ça n'est du dessin. Plus accablant encore : la dernière page montre l'usage paresseux d'images retouchées quand le pied normalement botté de Superman est représenté comme s'il avait un collant à la place. C'est hideux, grotesque. Vivement que ça se termine et qu'on passe à un véritable graphiste (si je ne me trompe, John Romita Jr. sera le prochain).

A tout prendre, Superman est quand même meilleur que Action Comics ce mois-ci, mais dans les deux cas, c'est un Bendis peu inspiré aux manettes. 
La variant cover de Ben Oliver.

samedi 27 juillet 2019

ACTION COMICS #1013, de Brian Michael Bendis et Szymon Kudranski


Action Comics va donc tourner au ralenti pendant quelques mois puisqu'il est désormais évident que Brian Michael Bendis fait du titre un tie-in à son Event Leviathan. Le scénariste compose aussi avec la"Year of the Villain" de manière conséquente. C'est un peu dommage, surtout qu'il faut aussi supporter les dessins médiocres de Szymon Kudranski.


Mme Leone reçoit la visite de l'hologramme de Lex Luthor venu lui remettre un de ses présents en vue de la guerre qu'il mène, au nom de Perpetua, la mère du Multivers, contre les super-héros. Mais la chef de la mafia refuse.


Tandis que Leone fuit sa maison et la détruit, son alliée au "Daily Planet", la reporter Robinson Goode, raconte l'histoire de Rose et Thorn, approchée par Leviathan. Mais surtout appliquant sa justice expéditive en toute impunité.


Comme elle a refusé de s'allier à Leviathan, elle est poursuivie par ses sbires. Jusqu'à ce que Superman s'en mêle. Il interroge un des agents de l'ennemi mais s'aperçoit que l'armure qu'il porte le protège et est peut-être piégée.


Pourtant elle n'explose mais téléporte Superman à New Dehli. De retour à Metropolis, Clark Kent soumet sa théorie à Perry White : Leviathan ne détruit pas les immeubles et ne tue pas ses occupants, mais les déplace on ne sait où.


Perry charge Clark d'enquêter là-dessus avec Robinson Goode. Mais celle-ci, à qui ses pouvoirs jouent des tours, est rentreé chez elle. Luthor l'y attend et lui offre son aide...

Qu'on ne se méprenne pas sur ce que j'écris en préambule : ce que Bendis raconte dans Action Comics demeure étonnamment efficace. La lecture de ce nouvel épisode en témoigne, où il se passe pas mal de choses intéressantes, et qui forme un complément à Event Leviathan.

Parfois, l'auteur rabâche un peu la même chose - on a bien compris désormais que Leviathan ne tue pas des centaines d'innocents en faisant disparaître des bâtiments, mais qu'il les téléporte. Parfois, il ajoute des précisions moins spectaculaires mais sont des indices supplémentaires sur ce méchant peu banal - les armures de ses agents sont impénétrables à la super-vision de Superman, ce qui suppose l'accès à une matière rare et donc des moyens conséquents.

En revanche, il ne faut pas cacher non plus que la série souffre sur d'autres points. En l'attachant si fort à Event Leviathan, Bendis en fait une extension un peu laborieuse, où tout ce qui concernait la mafia invisible est mis de côté. Le "dossier Rose and Thorn" n'est pas très passionnant non plus (et effectivement, on se demande, comme Robinson Goode, pourquoi la police de Metropolis et Superman ne l'appréhendent pas alors qu'elle tue sans sommation ceux qui la harcèlent.).

Enfin, et là on accordera des circonstances atténuantes à Bendis, il doit composer avec "Year of the Villain", donc avec ce que développe Scott Snyder depuis Justice League, et donc la présence de Luthor comme émissaire de Perpetua. Cette fois, il approche Mme Leone (en vain) puis Robinson Goode/Red Cloud (avec réussite). Ce qui suprend quand même, c'est que, à part Mme Leone, personne n'a l'air de se poser la question de ce qu'il devra à Luthor pour ses présents (Circé dans Justice League Dark, censée être très maline, accepte son aide sans discuter et Goode est trop heureuse qu'on vienne corriger ses pouvoirs déréglés).

Mais un épisode moyen, lesté comme celui-ci, pourrait mieux passer s'il était bien mis en images. Or ce n'est pas le cas avec Szymon Kudranski dont les planches sont pénibles à lire.

C'est le plus souvent affreusement sombres, donc à peine déchiffraches. Le nombre de cases copiées-collées atteint un score grotesque. le manque de dynamisme des scènes d'action est accablant. L'inexpressivité des personnages est affligeante.

Il va falloir supporter cela jusqu'en Octobre, et la fin de cet arc (après le dessianteur retournera chez Marvel). Le temps va être long... Et dire que pendant ce temps-là, Chris Samnee est disponible (et rêve de travailler pour DC)...
   
La variant cover "Year of the Villain" de Frank Quitely.

jeudi 27 juin 2019

ACTION COMICS #1012, de Brian Michael Bendis et Szymon Kudranski


Ce nouveau numéro d'Action Comics est un tie-in à Event Leviathan - mais dont la lecture n'apporte pourtant pas grand-chose, si ce n'est dans ses ultimes pages. Brian Michael Bendis meuble un peu, et même beaucoup, en attendant que Superman n'apparaisse vraiment dans sa saga. L'autre point noir de l'épisode est son graphisme : après un an en compagnie d'illustres artistes, Szymon Kudranski n'est vraiment pas à la hauteur.


Mr. Strong convoque ses associés dans son bunker pendant que son technicien surveille les allers et venues de Superman. Comme il est assez loin, la discussion permet de trancher sur le commerce d'une nouvelle drogue : l'Apocalypse.


Pendant ce temps, à la Forteresse de Solitude, Superman se prépare à rejoindre son père, Jor-El, en conflit ouvert avec plusieurs adversaires (voir Superman). Lois, elle, doit peaufiner la rédaction de son manuscrit et mettre à jour son dernier article.


Justement, au "Daily Planet", Perry White s'impatiente et confie à Robinson Goode un papier sur la destruction de l'Odyssée, le nouveau siège de l'ARGUS. Puis, alors que Trish lui montre des photos de Lois avec Superman, la reporter reçoit un coup de fil.


Rose Canton lui donne rendez-vous dans une serre pour lui raconter comment, sous son autre personnalité, Thorn, elle s'en prend aux dealers d'Apocalypse, sans être dérangée ni par Superman ni par la police.


Goode fait son rapport à Mme Leone qui compte en tirer profit pour dénoncer une corruption au sein des forces de l'ordre. Thorn, elle, est abordée par Leviathan pour intégrer son organisation.

Un an après avoir pris en main la direction d'Action Comics, c'est malheureusement le moment choisi par Brian Michael Bendis pour livrer son épisode le plus faible. On sent que le scénariste a clairement la tête ailleurs et qu'il essaie, poussivement, de rattacher ce qui se passe dans cette série au début récent de son Event Leviathan.

C'est que Bendis a préparé cette saga dans les pages d'Action Comics, donc avec Superman. Or l'homme d'acier n'est pas encore apparu dans Event Leviathan et cela créé un drôle de décalage, comme si l'acteur principal du récit n'était pas encore dans le cadre. Ce qui ne saurat tarder bien entendu, mais bon.

Une nouvelle fois, donc, Bendis construit son épisode en montrant très peu Superman (tout comme Clark Kent et Lois Lane). Il est mentionné la bataille dans l'espace représenté dans Superman #12, également les récents déplacements à Londres (dans l'épisode du mois dernier). Mais C'est tout.

Etrange impression donc que de lire une série sans son héros. Robinson Goode est aux premières loges : on remarque fugitivement qu'elle semble ne pas (plus ?) maîtriser complètement ses pouvoirs de Red Cloud, puis surtout elle rencontre Rose Canton alias Rose & Thorn. Cette schizophrène aux capacités semblables à celles de Poison Ivy (elle agit sur les végétaux) combat les dealers de Mr. Strong en toute impunité.

Bendis renoue alors avec le thème du premier arc - comment discréditer discrétement Superman - : par la voix de Rose & Thorn, on s'interroge sur le fait qu'une déséquilibrée puisse agir sans que l'homme d'acier ni la police ne s'interpose. Voilà la matière pour un scandale potentiel. Puis la jeune femme est abordée par Leviathan : celui-ci, pour l'instant, semble recruter des personnages de seconde zone (le Golden Guardian), mais sans trop d'effort pour les convaincre.

Sur un rythme assez pépére, l'épisode se déroule, sans ennui, sans captiver non plus. Mais le métier de Bendis aide quand même à rendre la lecture supportable car ce ne sont pas les dessins de Szymon Kudranski qui aident.

On a été gâtés en un an : Gleason, Sook, Paquette, Epting... La série n'a pas d'artiste régulier mais de sacrés invités. Quand on pense que, pendant ce temps-là, Chris Samnee subsiste en vendant des commissions arts, c'est quand même incompréhensible que DC ne le signe pas (alors qu'il est employé par l'éditeur pour des couvertures de Batman Beyond)... 

Quoi qu'il en soit, Kudranski produit des planches médiocres, visiblement le plus souvent composées de photos retouchées, auxquelles la colorisation de Brad Anderson n'apporte rien. C'est très sombre, à la limite du lisible même, affreusement chargé : pénible.

Un anniversaire raté donc. 

La variant cover de Ben Oliver.