lundi 6 février 2023

BATMAN : ONE BAD DAY - MR. FREEZE, de Gerry Duggan et Matteo Scalera


Sorti en Novembre dernier, Batman : One Bad Day - Mr. Freeze est le fruit de la collaboration entre le scénariste Gerry Duggan et le dessinateur Matteo Scalera. Une belle équipe crétive donc pour ce récit complet consacré à un des méchants emblématiques du dark knight, long de 64 pages. Situé dans le passé, ce one-shot revient sur la relation entre Victor et Nora Fries en y jetant un éclairage troublant mais polémique.


Espérant trouver un reméde pour sa femme malade, Victor Fries entrepris de la cryogéniser. Mais cette procédure risquée fut compromise par l'intervention du G.C.P.D. venu arrêter Victor. Résultat : plusieurs officiers de police morts, le caisson de Nora endommagé et la naissance de Mister Freeze, devenu fou de rage.


A la suite d'une patrouille, une nuit d'hiver, avec Batman, Robin (Dick Grayson) est confus car son mentor estime que certains malfrats sont irrécupérables. Tous ? Non car selon Batman, Mr. Freeze a failli suite à une peine sentimentale. Et il va chercher à l'aider en lui fournissant du matériel et des données susceptibles de soigner Nora. A moins que Victor ne tienne pas tant que ça à ce que son épouse se rétablisse...


Après avoir lu et écrit récemment sur Catwoman dans le cadre de cette collection de one-shots intitulée Batman : One Bad Day, je me suis procuré le tome qui me tentait le plus, celui consacré à Mr. Freeze. C'est un vilain qui m'a toujours fasciné parce qu'il me semble distinct des autres ennemis de Batman. Je me souviens aussi du premier arc de Gotham Central (par Ed Brubaker, Greg Rucka et Michael Lark), dans lesquel il était formidablement terrifiant.


La présence au dessin de Matteo Scalera a été l'autre point qui m'a motivé pour lire ce récit complet car je suis un grand admirateur de l'artiste italien, notamment pour ses collaborations avec Mark Millar (Space Bandits, King of Spies). Il est ici soutenu par l'excellent Dave Stewart aux couleurs et leur tandem produit des planches absolument extraordinaires.


Scalera est un narrateur phénoménal, ses planches ont une énergie grisante et grâce à lui, cette histoire file à toute allure. D'ailleurs elle se déroule principalement en une nuit, ponctuée de quelques flashbacks. Le cadre hivernal est une convention pratique pour souligner les pouvoirs frigorifiques de Mr. Freeze, mais Scalera compose des plans envoûtants de Gotham sous cette couche virginale.

Le dessinateur nous régale avec nombre de splash-pages et doubles pages où il donne à voir sa maîtrise de l'espace, son sens de la composition. Scalera a une facilité virtuose et avec les années, il a épuré son trait, passant d'un dessin un peu chargé et brouillon (sur Secret Avengers) à quelque chose de plus dynamique et aéré, en sachant compter sur ses coloristes (Dean White, Dave Stewart...). On y a gagné en lisibilité mais surtout en esthétisme, aujourd'hui la mue semble complète et Scalera a atteint une maturité impressionnante qui en font un des tout meilleurs dans la partie.

DC n'a pas que réussi son coup en attirant Scalera sur ce projet puisque l'éditeur a convaincu le scénariste actuel de X-Men, Gerry Duggan, de faire une infidélité à Marvel. On sent qu'il avait envie d'écrire sur Mr. Freeze, qu'il avait une opinion sur le personnage et il réussit l'exprimer avec éloquence.

Toutefois, il est également certain que sa vision de Mr. Freeze ne plaira pas à tout le monde car elle s'avère critique et discutable. On peut, je crois, dire qu'il existe deux façons d'envisager ce personnage : soit comme un homme victime d'une affreuse tragédie (la maladie de sa femme, l'accident qui l'a transformé lui-même et compromis ses recherches), soit comme un mari toxique qui ne souhaite pas tant guérir sa femme que la garder auprès de lui, éternellement figée dans son caisson de cryogénisation.

Dans Tom Strong, Alan Moore s'était inspiré de Mr. Freeze et Nora Fries pour un arc introduisant le vilain Dr. Permafrost et Greta Gabriel, une ex du héros de Millenium City. Encore une fois, c'est l'occasion pour moi de vous conseiller de lire Tom Strong, une des meilleures oeuvres de Moore, même si on la cite moins que Watchmen ou V pour Vendetta. Mais en tout cas le scénariste anglais prouvait encore une fois à quel point il savait cerner les archétypes pour en tirer la substantifique moëlle.

Duggan revient lui aussi dans des flashbacks au moment fondateur où Victor Fries est devenu Mr. Freeze, convaincu que cette bascule explique tout. Son analyse est simple : avant que la maladie de Nora Fries n'empire jusqu'à un état critique, Victor était un homme jaloux, suspicieux, possessif, qui ne fréquentait pas les amis de son épouse.

Une fois Nora condamnée par la médecine traditionnelle, Victor a écarté les proches de Nora et son comportement est devenu de plus en plus obsessionnel. Il allait s'occuper seul d'elle, la sauver. Ou simplement la garder pour lui seul. Toute l'ambiguïté de sa démarche tiendrait donc là. Victor ne tiendrait pas tant que cela à guérir Nora, il veut la posséder exclusivement. De là à dire que sa maladie a été une opportunité...

Duggan ne le dit pas franchement mais il le pense assez fort pour qu'on croit que c'est son verdict. Par conséquent, la dimension tragique de Mr. Freeze fait place à un comportement toxique, abusif, celui d'un homme qui s'acharne à maintenir en vie sa femme, non pas pour avoir le temps de trouver un remède mais pour la garder auprès de lui et loin de tous les autres.

J'avoue que cet avis ne me plait pas des masses, même si Duggan le défend avec talent. Disons que c'est une version du personnage, un peu comme Sean Murphy a réinterprété le Joker dans la saga White Knight en en faisant un dément schizophrène capable de longs passages lucides après un traitement de choc alors que Batman, excédé, l'a forcé à ingurgiter des pilules. Certains diront que Batman n'en arriverait jamais là dans la continuité. La différence, c'est que Murphy envisage cela dans un univers détaché de la continuité alors que le récit de Duggan s'inscrit dans cette continuité.

Pour ma part, je crois que nombre de méchants (y compris chez Batman) sont des individus tragiques et non maléfiques par nature, et c'est le cas de Mr. Freeze (mais aussi Gueule d'argile). D'autres sont d'authentiques vilains, certainement irrécupérables comme l'affirme Batman à Robin au débur de ce récit (comme le Sphinx, Bane, l'Epouvantail). Et d'autres sont à la croisée des chemins, dramatiquement atteints mais ayant commis l'irréparable (Double-Face).

Quoi qu'il en soit, même si on peut discuter le point de vue de Duggan, ce Batman : One Bad Day - Mr. Freeze est une réussite, efficacement écrite et somptueusement illustrée.

dimanche 5 février 2023

BLACK PANTHER : WAKANDA FOREVER, de Ryan Coogler

 

Je n'avais guère été satisfait du premier film Black Panther, en 2018. Aussi n'attendais-je rien de cette suite, sous-titrée Wakanda Forever, qui plus est tournée sans son acteur principal, Chadwick Boseman, mort en 2020. Ryan Coogler a relevé le défi d'écrire une sequel sans sa star dans un (très) long métrage. Dont il ne fallait éffectivement rien attendre.



Le roi T'challa meurt d'un mystérieux mal que sa soeur Shuri est impuissante à guérir après la destruction de l'herbe-coeur par Killmonger. Un an plus tard, le royaume du Wakanda est sous pression car la communauté internationale lui reproche de ne pas vouloir partager son vibranium, ce minerai rare qu'on trouve uniquement dans ses profondeurs. La reine Raimonda, mère de T'challa, implore Shuri de produire une herbe-coeur de synthèse pour désigner un nouveau Black Panther mais elle s'y refuse, estimant qu'il s'agit d'un vestige du passé. Au même moment, dans l'océan atlantique, une plateforme de forage est attaquée par des créatures sous-marines en tentant de forer les profondeurs pour en extrire du vibranium. La CIA accuse le Wakanda d'être responsable du massacre de l'équipage.


Namor, le chef des créatures sous-marines, aborde Raimonda pour lui proposer une alliance si elle lui remet la scientifique qui a conçu la foreuse. Shuri accompagne Okoyé aux Etats-Unis où l'agent Everett Ross leur donne l'identité de celle qu'elles cherchent. Elles convainquent Riri Williams de les suivre au Wakanda mais les soldats de Namor les enlèvent, elle et Shuri. Désespérée, Raimonda dégrade Okoyé et la chasse de sa garde rapprochée puis part pour Haïti où Nakia, l'amante de feu T'challa, s'est installée. Elle lui confie la mission de retrouver Shuri et Riri.


Celles-ci ont été conduites à Talocan, la cité sous-marine de Namor, qui leur explique pourquoi il hait les hommes, responsables du génocide de ses ancêtres méso-américains. Shuri tente de le raisonner en lui proposant de prendre la place de Riri qu'il laissera rentrer au Wakanda. Grâce aux bijoux géo-localisables de Shuri, Nakia la retrouve, elle et Riri, et organise leur évasion en tuant leur gardienne. Pendant ce temps, Namor rend visite à Raimonda pour savoir si elle accepte l'alliance entre leurs deux peuples.


De retour à Talocan, Namor comprend que Raimonda l'a diverti pour que Shuri et Riri s'évadent. En représailles, il va attaquer le Wakanda avec son armée. L'assaut provoque des dégats matériels énormes mais surtout la mort de Raimonda. Les wakandais sont obligés de se réfugier dans les montagnes, où habite la tribu des Jibari de M'baku. Seules Shuri et Riri restent en ville : le première pour développer une herbe-coeur de synthèse, la deuxième pour perfectionner des armes. Nakia assiste Shuri lors du rituel au cours duquel elle absorbe la potion à base d'hebe-coeur qui la dote des pouvoirs de Black Panther.


Avec le renfort de M'baku et ses soldats, les wakandais tendent un piège à Namor et son armée. en lui faisant croire à un nouveau forage sous-marin dans l'océan atlantique. Les wakandais et les créatures sous-marines se battent au large tandis que Shuri attire Namor sur une plage pour un duel. Défait, Namor est néanmoins épargné quand Shuri a la vision de sa mère lui rappelant d'être digne du titre de Black Panther. Le prince des mers ordonne à ses troupes de se replier. Shuri est couronnée nouvelle reine puis part à Haïti à l'invitation de Nakia, qui lui présente le fils qu'elle a eu de T'challa et qu'il lui avait demandé d'élever loin de la pression de la cour.

En définitive, je crois que le problème que j'ai avec Black Panther vient simplement que je ne suis pas fan du personnage dans les comics. Quand il est membre des Avengers, pourquoi pas, mais lorsque Jason Aaron en a fait le leader de l'équipe durant son run, cela ne m'a pas convaincu, comme s'il s'agissait d'un acte un peu forcé, pour changer de l'habituel direction bicéphale entre Captain America et Iron Man.

Mais je dois bien avouer que chaque fois que j'ai essayé de suivre la série Black Panther, cela m'est tombé des mains, et ce ne sont ni Ta-Nehisi Coates ni John Ridley ces dernières années qui y auront changé quoi que ce soit.

Alors quand Kevin Feige a voulu porter le personnage à l'écran avec l'ambition d'en faire l'égal de la trinité Iron Man-Captain America-Thor, j'ai d'abord demandé à voir. Dans Captain America : Le Soldat de l'Hiver, l'introduction de Black Panther était efficace, bien conduite. En revanche, lorsqu'il a été question de retrouver T'challa dans son propre film, le résultat m'a déçu. Avec son scénario banal et sa mise en scène impersonnel, culminant avec le duel Black Panther-Killmonger complètement illisible, ce fut une désillusion.

Le décès de Chadwick Boseman en 2020 a été un choc : ayant souffert en secret d'un cancer du colon, ce comédien charismatique, d'un courage exceptionnel, a laissé un vide qui semblait ne pouvoir être comblé. Pourtant, Kevin Feige comme Ryan Coogler n'abandonnèrent pas le projet d'une suite au gros succès commercial que fut Black Panther

Je n'en attendais rien et j'ai d'ailleurs longuement hésité à aller voir le film puis à y consacrer une critique. Ayant joué la carte du suspense, d'une manière que je trouve déplacée, sur l'identité de celui qui succéderait à T'challa sous le masque de Black Panther, Marvel n'a pas brillé par sa subtilité comme en témoigne l'affiche où Leticia Wright occupe le centre de l'image. C'est déjà un problème.

Car de tous ceux qu'on pouvait imaginer dans le rôle, Ryan Coogler a choisi à la fois le plus évident, le plus facile et le moins charismatique. Lorsque vous dirigez des actrices comme Danai Gurira ou Lupita Nyong'o et que vous préférez donner le rôle de Black Panther à Leticia Wright, comment ne pas lever les yeux au ciel de dépit ? Et ça, c'est sans compter avec les déclarations antivaxx de la comédienne, opportunément oubliées pendant la promotion du long métrage et que les attachés de presse ont fait passer pour des propos déformés par les médias ou un malentendu.

L'autre souci, et il esst autrement plus embarrassant, c'est que le film se veut émouvant, évoquant Chadwick Boseman, son souvenir, son influence, son exemplarité. Or jamais le scénario ne parvient à rendre cela poignant. Le casting semble le plus souvent gêné de jouer le deuil dans une superproduction qui a un cahier des charges à respecter, avec son lot de scènes d'action spectaculaires, l'introduction de Namor et quelques subplots lourdingues (tout ce qui implique Everett Ross, la comtesse Valentina Allegra de Fontaine, Riri Williams) qui délaient inutilement la sauce (en rallongeant substantiellement la durée du film).

C'est une chose de rendre hommage à un acteur, c'en est une autre de vouloir le faire dans le cadre formaté d'un blockbuster, et à tout prendre, mieux aurait fallu s'en tenir à l'ouverture du film avec les obséques de T'challa, mort d'un mystérieux mal - encore que je me demande si, là aussi, le mieux n'aurait pas été de ne pas mentionner cettee maladie, citation maladroite au cancer qui emporta Boseman. Mais on a quand même échappé au pire avec un recasting de T'challa/Boseman...

Du coup, qu'est-ce qui reste ? Namor. Même si là encore je ne comprends pas le choix d'en avoir fait un méso-américain (autrement que pour les spectateurs ne le confondent pas avec Aquaman), il faut admettre que ça a de la gueule. Tenoch Huerta, pour son premier rôle, est une vraie révélation et il incarne avec autorité et sobriété le prince des mers. Les flashbacks sont plutôt fluides et surtout brefs pour justifier son attitude vis-à-vis des humains de la surface. L'acteur ne cherche jamais à en rajouter, du coup il en impose naturellement. A tel point que les meilleurs moments du film sont ceux où il est là, au premier plan, volant facilement la vedette à ses partenaires.

Mai bon, pas besoin de vous faire un dessin, je n'ai pas davantage aimé Wakanda Forever que Black Panther 1. Ryan Coogler n'a rien d'un bon metteur en scène ni d'un scénariste intéressant, il n'amène rien de spécial. A ce niveau, quitte à recevoir des cailloux, je préfère encore Taika Waititi qui ose, même s'il se plante. Coogler est ennuyeux, comme le premier opus la photo est souvent trop sombre, les acteurs semblent trop livrés à eux-mêmes (mais quand on a le talent de Lupita Nyong'o ou Angela Bassett, ça ne se voit pas trop). 2h 45 pour ça, c'est encore l'occasion de se demander où est passé le monteur car rien ne justifie un tel format pour une intrigue aussi paresseuse et empruntée.

Il paraît que Kevin Feige et Coogler ont encore envie de faire vivre la panthère noire. Si c'est le cas, ce sera sans moi. De toute façon, le grand architecte du MCU devra d'abord redresser son affaire après cette Phase IV si décevante. Rendez-vous aux alentours du 15 Février pour savoir si Ant-Man et la Guêpe : Quantumania réussira à redonner des couleurs aux films Marvel...

vendredi 3 février 2023

SCARLET WITCH #2, de Steve Orlando et Sara Pichelli


Ce deuxième épisode de Scarlet Witch confirme les bonnes dispositions de la série initiée par Steve Orlando et Sara Pichelli. Une fois encore, l'intrigue se présente sous la forme d'un done-in-one très efficace et joliment mis en images. Mais un subplot commence à courir et va alimenter la suite... En prime, pour le Black History Month, le numéro est agrémenté d'une back-up story où Wanda fait équipe avec Tornade.


Viv Vision, la fille de Vision, s'adresse à Wanda car elle est la proie de cauchemars récurrents altérant ses fonctions d'androïde et la poussant au suicide. Scarlet Witch pénètre sa mémoire et affronte la DreamQueen, responsable de la situation...
 

Et si cette série était vraiment la bonne surprise de ce début d'année 2023 ? En tout cas, Steve Orlando semble avoir trouvé la bonne formule pour écrire Wanda et l'inscrire dans un nouveau chapitre de son existence tourmentée.


Le scénariste ne réussira certainement pas à égaler sa prestigieuse référence (All-Star Superman, de Grant Morrison et Fran Quitely, qui l'a, dit-il, inspiré), mais en deux numéros, il est parvenu à extraire Scarlet Witch de son itinéraire doloriste en la dotant d'un caractère et d'une mission qui se nourrissent de son passé sans qu'elle en soit prisonnière.


Ce nouvel épisode la met en présence de Viv Vision, la fille synthézoïde de Vision, apparue pour la première fois (corrigez-moi en commentaire si je me trompe) dans la mini-série Vision (de Tom King, Gabriel Hernandez Walta et Michael Walsh). Or la mère de Viv a été programmée à partir de la personnalité de Wanda, qui fut longtemps la compagne de Vision (vous suivez ?). C'est donc presque une affaire de famille.

Orlando n'a pas peur, dès le deuxième épisode de sa série, d'aborder de front un thème aussi grave que le suicide puisque Viv souffre de cauchemars récurrents qui la poussent à en finir. Le scénariste traite l'affaire avec pudeur et subtilité, grâce à des dialogues soignés. Il prend son temps pour poser la situation et nous faire partager à la fois le malaise de Viv mais aussi l'attention que lui prête Wanda.

Ainsi établit-il un parallèle bien vu entre la jeune fille et la sorcière qui, elle aussi, a été sujette à un profond mal de vivre. Il est question de résilience pour Wanda qui, il n'y a encore pas si longtemps, était une paria, considérée comme une des pires criminelles pour les mutants (à cause des événements de House of M), mais aussi à cause de la séparation des Avengers (remontant au début du run de Bendis sur New Avengers avec la saga Disassembled), de sa possession par Chton, etc.

Le grand mérite de Orlando est donc de ne pas occulter toutes les épreuves de son héroïne mais sans la réduire à cela. Wanda a surmonté tout cela et veut désormais aider ceux qui sont au bord du précipice comme elle le fut. La source des ennuis de Viv amène Scarlet Witch à affronter DreamQueen, qui se repaît de la tristesse, du mal-être des vivants, quelle que soit leur nature. Viv est une proie facile pour elle car elle a vu sa mère tuer quelqu'un avant de mourir à son tour.

Sara Pichelli est en très grande forme et illustre cette histoire avec un mélange de finesse et d'énergie qui fait plaisir. Le dialogue entre Wanda et Viv permet d'apprécier le talent de l'artiste italienne pour restituer l'expressivité des personnages, sans verser dans la grimace, les moues ou une gestuelle trop démonstratives.

Puis quand Scarlet Witch se débat contre DreamQueen, la manifestation de la magie est mise en scène de façon suffisamment spectaculaire pour que le lecteur en ait pour son argent, avec des représentations puissantes et originales. Pichelli donne aux deux adversaires des silhouettes distinctes et marquantes, l'élégance du costume de Wanda contre celui plus vulgaire et baroque de DreamQueen.

Bref, c'est du tout bon, et les dernières pages introduisent un subplot impliquant Darcy Lewis, l'assistante de Wanda à l'Emporium, qui va alimenter la série dans les prochains numéros (tout comme l'intrigue secondaire concernant la pierre récupérée dans le premier numéro et soumise à l'expertise de Polaris). 
 

AN UNLIKELY FORECAST (Ecrit par Stephanie Williams et dessiné par Chris Allen.) - Tornade évoque avec Wanda la mort récente de Magneto puis accepte de l'aider à collecter un ingrédient pour une potion...

Le mois de Février est l'occasion de célébrer l'Histoire de la communauté noire aux Etats-Unis, et pour l'occasion (comme dans d'autres séries, je présume, mais je n'ai pas vérifié), Scarlet Witch a droit une back-up story de 8 pages.

Elle est écrite par Stephanie Williams (scénariste en plein essor actuellement chez DC, mais surtout avec son creator-owned Grim chez Boom ! Studios) et dessinée par Chris Allen (qui a fait partie de la dernière promotion des "Stormbreakers" de Marvel, ces artistes sur lesquels mise l'éditeur).

Bon, on ne va pas se cacher que le résultat est très anecdotique. La présence de Tornade doit justifier le Black History Month, mais l'histoire n'a rien de revendicatif ni d'instructif. C'est bien la limite de ce genre de commémorations, très américaines, pleines de culpabilité judéo-chrétienne, très communautaristes aussi.

Chris Allen dessine cela très bien, c'est effectivement un talent prometteur (il sera d'ailleurs l'artiste titulaire de la prochaine série Black Panther à partir de Juin 2023).

jeudi 2 février 2023

MINOR THREATS #4, de Patton Oswalt, Jordan Blum et Scott Hepburn


Absent des bacs depuis Novembre dernier, Minor Threats revient pour sa conclusion ce mois-ci. Mais il semble bien que Patton Oswalt, Jordan Blum et Scott Hepburn aient envie de continuer à développer leur titre comme le suggère la dernière page et sa fin ouverte. Tant mieux si Dark Horse le leur permet car on n'a vraiment pas envie que ça s'arrête là.
 

Leur ayant révélé qu'il avait un espion dans leur formation depuis le début, Stickman compte bien sacrifier les Minor Threats en en faisant des bombes humaines qu'il téléporte dans la caverne de Insomniac, son ennemi juré dont il a déjà  tué le sidekick. Une fois là, la bande se déchire pour savoir qui est le traître dans leurs rangs, ce qui va forcer Stickman à intervenir, en attendant Insomniac...
 

Je ne vais évidemment pas vous dévoiler l'identité du traître ni le dénouement de l'histoire, mais on peut dire que Patton Oswalt et Jordan Blum ont écrit un dénouement très efficace à leur mini-série, qui établit un nouveau statu quo aussi bien pour les méchants que pour les gentils. De quoi voir loin.


Car, comme je l'écrivais en préambule, Minor Threats appelle une suite : les deux scénaristes ont envie d'aller plus loin. On ignore si cette sequel est déjà accordée par Dark Horse, mais l'éditeur aurait tort de s'en priver car l'univers de Minor Threats se distingue par sa richesse et son dynamisme et pourrait même devenir une ongoing qui ne dépareillerait pas dans le catalogue, aux côtés de Hellboy ou Black Hammer.


Pourtant, en quatre petits numéros, difficile de bâtir quelque chose de très consistant. Mais Oswalt et Blum sont parvenus à livrer une histoire dense, au potentiel énorme, avec cette aventure de super-vilains de bas étage qui entreprennent de livrer au Continuum (la Justice League locale) Stickman, qui a assassiné le sidekick d'Insomniac (le Batman du coin) avant que ne soit mis à sac leur quartier et que le justicier ne tue son ennemi juré.

Comme Jeff Lemire, Oswalt et Blum recyclent des archétypes emblématiques de DC et Marvel, le lecteur est en territoire familier avec des ersatz de super-héros connus. Mais comme Lemire aussi, Oswalt et Blum profitent de la liberté que permettent les comics indés pour aller au bout des choses et oser l'impensable, avec plus de violence, plus d'ironie aussi, et en se plaçant du côté des outsiders, des vilains.

La raison pour laquelle on s'attache aux gredins qui forment les Minor Threats, c'est qu'ils agissent en héros à leur manière : conscients qu'ils sont donc des menaces mineures, du menu fretin, mais aussi qu'ils peuvent apaiser une situation de crise qui risque de tourner à la débâcle totale, ils entreprennent de s'attaquer à plus fort, plus dangereux qu'eux.

La révélation dans le précédent numéro de la présence d'un traître dans leurs rangs pimente un peu plus la partie mais les deux scénaristes s'en amusent pour aboutir à un twist savoureux où l'agent double est doublement puni d'avoir voulu faire affaire avec un fou et de finir au ban de la société dont il faisait partie. Son identité est d'ailleurs évidente comme le souligne le flashback qui ouvre l'épisode, montrant comment un malfrat minable comprend que l'époque change trop brutalement pour lui et s'en remet à celui qui est responsable de ce déclin sans se rendre compte qu'il n'a aucune valeur à ses yeux.

Ce sont ces marges de cahier qui distinguent qualitativement Minor Threats : si le récit est explosif, violent, ironique, un peu méta aussi, c'est d'abord pour ces personnages attachants  qu'il gagne nos coeurs. On éprouve de la sympathie pour ces crapules aux yeux plus gros que le ventre, on souhaite leur réussite sans fermer les yeux sur leurs activités coupables mais où ils font preuve de plus de mesure, de sens des responsabilités, de solidarité que les super-héros qui n'ont rien d'exemplaire et agissent avec brutalité, autoritarisme.

Cela créé un contraste imparable avec le dessin énergique de Scott Hepburn qui met vraiment tout ce qu'il a sur la planche. Artiste sous-exploité chez Marvel (où a servi de doublure à Chris Bachalo quand il ne devait pas illustrer une mini-série Drax écrit par un catcheur), on sent chez lui comme chez les personnages qu'il anime une volonté de revanche.

Pour faire passer les éclairs de violence les plus crues, son trait cartoony fait merveille, désamorçant le plus provoquant pour privilégier l'enormité de l'action, le paroxysme des situations. En même temps, lorsqu'il doit saisir des expressions, faire monter la pression et orchestrer des dialogues, Hepburn n'est pas maladroit et son découpage se fait inventif, toujours tonique mais aussi plus précis que ne laisserait penser son habilité à cogner fort.

Croisons à présent les doigts pour que Dark Horse nous offre une nouvelle virée dans les bas-fonds de Twilight City.

LE DCEU EST MORT ! VIVE LE DCU !


De la fin du DCEU au début du DCU...


Les architectes du DCU : Peter Safran - James Gunn

James Gunn nous aura fait (un peu) attendre mais depuis le début de cette semaine, on en sait plus sur le plan qu'il a établi pour le DCU dont il est à la tête désormais avec le producteur Peter Safran. Le cinéaste a été désigné comme l'architecte des films, séries télé et jeux vidéos produits par Warner Bros. à partir du catalogue de DC Comics, après l'échec du Snyderverse, initié avec Man of Steel de Zack Snyder il y a tout juste dix ans.

David Zazlav, le nouveau patron de Warner Bros. Discovery, cherchait depuis qu'il avait pris la tête du studio l'équivalent de Kevin Feige, celui qui a fait de Disney/Marvel l'empire multimédia qu'on connaît. Il s'agissait de proposer un univers partagé cohérent avec un fort potentiel commercial, une manière de tourner la page aux années Zack Snyder polluées par une fanbase toxique, le director's cut de Justice League, et pas d'errements artistiques (dont le dernier en date a abouti au navrant Black Adam par lequel Dwayne Johnson s'est rêvé calife à la place du calife).

On raconte que la quête de cet architecte a été une valse-hésitation et que beaucoup on refusé le siège (Todd Phillips notamment, mais aussi Phil Lord et Chris Miller), avant que James Gunn ne soit désigné. Le réalisateur des Gardiens de la Galaxie chez Marvel s'apprête à sortir le troisième et ultime volume des aventures de ces héros et, entre-temps, avait signé pour WB le film The Suicide Squad et la série dérivée du film, Peacemaker, deux succès critiques. Par ailleurs, c'est un authentique fan du DC-verse, soucieux de remettre les auteurs au centre du jeu.

Il sera secondé par le producteur Peter Safran, son partenaire sur The Suicide Squad et son ami. Avec ces deux hommes, c'en est fini du DCEU (pour DC Extended Universe) car Gunn a rebaptisé son initiative DCU (pour DC Universe), comme on le dit pour les comics. Dès leur nomination, le tandem a subi les attaques des trolls pro-Snyder, qui rêvaient encore à une suite de Justice League et aux retours de ses acteurs fêtiches (Henry Cavill, Ben Affleck, Gal Gadot, Ray Fisher) en affirmant, sans rire, que le long métrage remonté pour HBO Max avait été un succès comparable aux Avengers de Marvel (c'est cela, oui...).

Il reste des reliquats du DCEU a exploiter en salles : d'abord avec Shazam ! the Fury of Gods ; puis The Flash (avec Ezra Miller, dont les tribulations ont alimenté les gazettes ces derniers mois tout comme la production chaotique du film), puis Blue Beetle (que Gunn présente comme le premier vrai jalon de son DCU), et enfin Aquaman and the Lost Kingdom (avec Jason Momoa, qui serait dans les petits papiers de Gunn et Safran). Toutefois il semble acquis que c'est l'histoire de The Flash qui justifiera le reboot incarné par le DCU (quand bien même, très diplomatiquement, Gunn a expliqué que le cas Ezra Miller sera tranché une fois l'acteur débarrassé de ses casseroles pyschologico-judiciaires - je parie donc qu'on ne le reverra plus dans le DCU et j'en suis heureux).

Maintenant que ceci est posé, passons au programme dévoilé par James Gunn sous le titre générique Gods and Monsters, et qui concerne à la fois le cinéma, la télé mais aussi les jeux vidéos. Car désormais tout sera lié et les futurs acteurs qui personnifieront les héros du DCU signeront pour une longue durée et joueront leurs rôles aussi bien dans les productions pour le grand que pour le petit écran.


Le 11 Juillet 2025 sera une date à cocher d'une croix blanche car ce jour-là sortira en salles Superman Legacy, premier étage de la fusée du DCU. James Gunn est déjà à l'écriture de ce long métrage qui ne sera pas une origin story mais réintroduira un Superman plus jeune, apprenant à composer avec son héritage kryptonien sur Terre.
La photo postée sur Twitter par James Gunn du hardcover de All-Star Superman (de Grant Morrison et Frank Quitely) a affolé les fans car cette mini-série en douze épisodes est unanimement considérée comme un chef d'oeuvre. Toutefois, je serai plus prudent car l'intrigue raconte douze travaus accomplis par Superman avant sa mort et ça ne me paraît pas être le récit idéal pour ramener le personnage, même si des éléments peuvent inspirer le cinéaste.
D'ailleurs, Gunn réalisera-t-il aussi ce long métrage ? C'est fort probable, mais pas assuré par l'intéressé. Pas de casting non plus, même si on sait que Henry Cavill ne sera plus le Man of Steel, désormais trop âgé pour l'histoire envisagée et surtout plus sous contrat avec le studio (sans compter que le comédien ne manque pas de projets de son côté).


On reste avec les kryptoniens avec Supergirl : Woman of Tomorrow, qui semble bien parti pour être l'adaptation fidèle de la magistrale mini-série en huit épisodes de Tom King et Bilquis Evely. King avait évoqué son séjour récent à Hollywood pour écrire un script, qui serait donc inspiré de son propre récit. Gunn a expliqué que le film suivrait une Supergirl très différente de son cousin, engagée dans une aventure âpre et dans l'espace. Tout ça colle avec Woman of Tomorrow le comic-book.
Pas de réalisateur ni d'actrice annoncés, mais c'est très prometteur.


The Brave and The Bold va permettre à Gunn d'intégrer son Batman dans le DCU. Car lui et Safran ont clarifié les choses : des films comme The Batman (de Matt Reeves) et The Joker (de Todd Phillips) ne sont pas partie de la continuité, ils ont un statut à part, tout comme le dessin animé Teen Titans Go !, appartenant à ce qui s'appelera DC Elseworlds (là encore une référence à une collection de comics).
Si Gunn a prévenu qu'il n'y aurait plus une multitude de Batmen ou de Supermen, il semble avoir obtenu qu'un Batman existe dans le DCU et qu'il sera introduit dans The Brave and The Bold, un long métrage où il partagera l'affiche avec Damian Wayne, son propre fils, dernier Robin en date (et Robin préféré de Gunn).
Incorporé à la continuité des comics par Grant Morrison (encore lui), Damian Wayne a d'abord fait équipe avec son père Bruce, avant d'être le partenaire de Dick Grayson sous le masque de Batman. Mais je doute que Gunn fasse de Dick Grayson son Batman. En revanche, il semble résolu à présenter la Bat-family à terme, donc Batgirl (dont le film a carrèment été annulé après avoir été terminé), Nightwing, voire Tim Drake, Jason Todd, ou Alfred Pennyworth.
 

Avant-dernier film annoncé pour cette Phase 1 : Swamp Thing. Après une série qui n'aura connu qu'une saison (acclamée) sur HBO Max, la créature des marais va revenir sur le grand écran et s'annonce déjà comme quelque chose de très différent du reste (mais qui pourrait ouvrir la porte à un pan plus surnaturel, magique du DCU).
On reconnaît là à la fois le goût de Gunn pour des personnages inattendus, marginaux. Et, aux dernières nouvelles, le réalisateur James Mangold (Logan) serait déjà attaché au projet, ce qui serait une excellente recrue.


Mais la surprise du chef pour conclure ce volet cinéma, c'est bien entendu l'annonce concernant l'adaptation ciné de The Authority, la série créée par Warren Ellis et Bryan Hitch, qui révolutionna le genre super-héroïque chez Wildstorm à la fin des années 1990-début des années 2000.
Cette réponse violente et impertinente à la Justice League, qui devança Ultimates aussi, est taillée pour le grand écran et serait une manière d'introduire des personnages que DC Comics a le plus grand mal à intégrer à sa continuité depuis la fin de Wildstorm tout en offrant une solution de rechange (provisoire) au retour de la Justice League en salles. Croisons les doigts pour que celui qui s'en chargera soit à la hauteur et qu'il choisisse la formation originale (ci-dessus) pour le film.


En parallèle des films prévus, Gunn va aussi développer des séries télé ambitieuses, à commencer par Creature Commandos, interprétation libre d'un obscur comic-book, et qui prolongera ce qu'il avait fait sur The Suicide Squad. Cette série mélangeant animation et prises de vues réelles comptera sept épisodes écrits par Gunn et diffusés sur HBO Max.


Plus prévisible, Booster Gold aura droit à sa propre série en live action. Grand fan du héros venu du XXXVème siècle, Gunn en confiera--il l'interprétation à Chris Pratt que beaucoup voit dans le rôle (et avec qui le cinéaste veut retravailler après Guardians of the Galaxy vol. 3) ? Et en voyant plus loin, Booster Gold préparera-t-il une adaptation (ciné ou télé) de Justice League International (de J.M. DeMatteis, Keith Giffen et Kevin maguire), pour laquelle Gunn serait le réalsateur idéal ?


Présentée comme True Detective avec Hal Jordan et John Stewart dans les rôles de deux Green Lanterns enquêtant sur un sombre mystère, la série pour HBO Max Lanterns ne manque pas d'ambition. Cela fait un moment qu'on parle d'une série sur le Green Lantern Corps, mais celle-ci serait écrite par des scénaristes de Watchmen (version Damon Lindelof). Alléchant.


Paradise Lost se déroulera avant les événements narrés dans Wonder Woman et Wonder Woman 1984 de Patty Jenkins sur l'île des amazones, Themyscira. Toutefois la cinéaste ne sera pas impliquée (elle ne semble pas faire partie des plans de Gunn et Safran et a des projets chez Marvel). A priori, cela aboutira à un recast de Diana Prince (Gal Gadot étant elle aussi sur la touche) et de ses semblables, avant un retour de WW sur grand écran (dans une Phase 2 ?).


Enfin, c'est acquis : Amanda Waller incarnée par Viola Davis va avoir droit à son propre show, sobrement intitué Waller. Là aussi, c'était depuis un moment dans les tuyaux mais la comédienne va enfin disposer d'une série où elle aura du temps d'écran. Et comme une saison 2 de Peacemaker est d'ores et déjà confirmée, Viola Davis pourrait bien devenir la Nick Fury du DCU, proche comme le personnage des comics d'une surveillante des surhumains (et avec Superman, Batman, Robin, Swamp Thing et les autres, elle ne manquera pas de taf).

James Gunn a également précis, pour les gamers, que les futurs jeux estampillés DC raconteraient des histoires complémentaires aux films et aux séries. Univers partagé au maximum donc.

Alors oui, il y a des personnages qui manquent, et oui, tout dépendra des succès commerciaux de ces projets pour que le plan prévu sur 8-10 ans de Gunn et Safran puisse être mené à bien. Mais il y a des motifs pour se réjouir car Gunn est un créatif aux commandes de ce gros paquebot qu'est le DCU, il est animé par un amour sincère pour cet univers, c'est un vrai fan de comics, et son plan est intelligent, varié. David Zazlav paraît lui avoir accorder sa confiance et des moyens à la hauteur. 

Par ailleurs, comme l'a précisé le cinéaste, ce n'est pas un "Gunn-verse", chaque auteur aura les mains libres (tant qu'il respectera la cohérence du plan) - ça signifie surtout, pour tous ceux qui râlent en espérant le retour impossible de Snyder, que Gunn ne va pas écrire et réaliser tout (pour ceux qui craignent qu'il transforme le DCU en un MCU-bis, en important son humour, son esthétique, etc.).

Pour ma part, si ça intéresse qui que ce soit, j'ai confiance. Je n'ai jamais apprécié le DCEU, Zack Snyder, et surtout ses fans toxiques. J'ai juste envie de voir de bons films adaptés des comics DC, qu'il y ait une vraie émulation entre Marvel et DC (condition sine qua non pour que la qualité soit là des deux côtés). Gunn a tourné une page, chaotique, et si je peux comprendre l'attachement de certains fans, raisonnables, à ce qui a été fait, il faut admettre que Safran et Gunn veulent repartir sur de nouvelles bases, avec leurs idées au lieu de recycler celles des autres ou d'établir une sorte de multivers ciné-télé cacophonique sans vrais chefs d'orchestre.

Si vous aimez les super-héros, leurs films, leurs séries, les comics qui sont la base de tout, et DC en particulier, vous devez au minimum accorder sa chance au DCU. Question de fair-play.