jeudi 10 mars 2022

DEVIL'S REIGN #5, de Chip Zdarsky et Maarco Checchetto


Le pénultième épisode de Devil's Reign est un bon condensé de ce qu'aurait pu être cet event et de ce que, finalement, il est. Chip Zdarsky a laissé beaucoup de choses en plan (peut-être développées dans des tie-in, mais c'est un autre problème) pour se diriger vers une conclusion très convenue sur la forme. Reste un divertissement efficace quoique brouillon. Et les dessins de Marco Checchetto, qui aura tenu la baraque avec une constance qu'on ne lui connaissait plus depuis longtemps.


Jessica Jones et les Champions viennent au secours des enfants de l'Homme Pourpre appréhendés par les Thunderbolts. Les héros ne peuvent en sauver qu'un à cause de l'intervention de l'Abomination, trop fort pour eux.


Otto Octavius transfère l'énergie des enfants Kilgrave dans le corps de leur père. Ceci fait, Fisk peut se débarrasser du Dr. Octopus dont il contrôle les adjoints venus d'une dimension parallèle. Puis il libère l'Homme Pourpre à qui il commande de supprimer tous les héros, quel qu'en soit le prix.


Prévenu de troubles en ville par Kristen McDuffie, Daredevil rassemble les héros pour intervenir contre les Thunderbolts sous le contrôle mental de l'Homme Pourpre. Ils sont immunisés grâce à des brouilleurs psychiques conçus par Spider-Man en urgence.


Alors que le chaos règne en ville, Mike murdock pénètre chez Matt où il a dissimulé une pierre des Nornes grâce à laquelle il espère pouvoir empêcher la situation de complètement dégénèrer. Mais le Caîd lui tombe dessus en le prenant pour Dardevil...

Arrivé à ce stade, n'importe quel event se ressemble peu ou prou. On a droit à une cascade de scènes empiriques plus qu'à une véritable narration, un enchaînement de moments chocs qui culmine avec un (ou même deux) cliffhanger(s) pour annoncer la fin de l'event.

Sur ce plan, Chip Zdarsky fait le boulot proprement. La tension monte et la chaos explose avec beaucoup d'efficacité. Les lignes narratives convergent avec la capture des enfants de l'Homme Pourpre, l'éviction du Dr. Octopus, le rassemblement des héros, une énorme bataille urbaine, et le destin d'un personnage périphérique qui se noue tragiquement.  C'est sans aucune surprise, tout se déroule comme du papier à musique, mais ça a le mérite d'être clair, net.

Malgré tout, Devil's Reign n'aura pas échappé à l'écueil de tous les events (ceux de Marvel en tout cas) et Chip Zdarsky aura été impuissant à en changer le mécanisme. Rappelez-vous : au début, Wilson Fisk, animé d'une rage féroce et d'une frustration énorme, décidait de déclarer hors-la-loi tous les justiciers de New York et ambitionnait même de se présenter à l'élection présidentielle pour étendre cette mesure, tout ça parce qu'il avait constaté que des dossiers sur la véritable identité de Daredevil avait disparu et que ses souvenirs avaient été effacés (sans qu'il sache comment).

Munis d'une équipe de Thunderbolts, dont il faisait un usage semblable à celui de Norman Osborn après Secret Invasion (c'est-à-dire une milice chargée d'appréhender tous les contrevenants, y compris en usant de la force léthale), le Caïd obligeait les héros à prendre le maquis. Mais Tony Stark suggérait alors une riposte à la mesure de cette répression en se présentant contre Fisk à la mairie de New York. Les héros préféraient cependant que Luke Cage soit le candidat adverse.

C'était prometteur et original, tout n'allait donc pas se résumer à de la baston, même si la partie chasse à l'homme subsistait (avec des prisonniers célèbres comme le Fantastic Four, Moon Knight) et des résistants improbables (comme les jeunes Champions). Mais Zdarsky s'est à la fois éparpillé et sans doute fait recadrer par son editor (dont on sait tous l'interventionnisme incorrigible, car ils sont obligés de superviser moults tie-in - pas moins d'une vingtaine pour Devil's Reign).

Comme Devil's Reign avait démarré avec l'éternel animosité du Caïd contre Daredevil, ce dernier allait recentrer l'intrigue en en (re)devenant la vedette, quitte à laisser des éléments narratifs plus intéressants en friche. On a alors assisté à l'abandon de plusieurs pistes qui s'annonçaient passionnantes, comme le duel Luke Cage-Wilson Fisk au profit de rebondissements sans suite (la révélation maladroite où on découvrait que Tony Stark avait été arrêté et remplacé par le Caméléon). Même dans le camp des méchants, la mini-série débordait de toutes parts avec le Dr. Octopus qui avançait ses pions et qui se voit dans cet épisode dégagé sans ménagement. Jusqu'à ce que le Caïd se rappelle providentiellement qui se cache sous le masque de Daredevil et ne s'engage (et le récit tout entier avec lui) dans une vengeance breaucoup plus convenue, prétexte à une grosse baston finale.

C'est dommage, mais était-ce évitable ? Sans doute pas. La faute aux trop nombreux tie-in qui ont dispersé sans doute des éléments de l'event pour inciter (obliger) le lecteur compulsif à tout acheter pour tout savoir. La faute à l'équipe éditoriale qui a préféré sans doute recadrer l'histoire pour un épilogue plus basiquement spectaculaire et manichéen. Peut-être aussi la faute à Daredevil lui-même qui n'est sans doute pas un personnage (et par extension une série) susceptible d'amorcer un event classique (on se souvient de l'échec artistique que fut Shadowland) où l'essentiel tient à un grand raout de super-héros face à un adversaire que, par définition, un seul héros ne peut vaincre.

La forme de cet épisode trahit tout ça : il ne s'agit plus de raconter quoi que ce soit mais de préparer la fin de l'event. Parfois on a droit à des moments bien sentis (l'emprise de l'Homme Pourpre sur toute la population, la furie déchaînée sur Mike Murdock qu'il prend pour Matt). Parfois aussi c'est tout bonnement grotesque (le baroud de Jesscia Jones, l'intervention de l'Abomination, l'évocation de la campagne électorale de Luke Cage - des scènes trop expédiées, des développements escamotés). Un résumé de l'écriture de Zdarsky, qui est capable d'idées inspirées, mais aussi incapable de leur donner l'ampleur ambitionnée.

On peut heureusement compter sur Marco Checchetto pour profiter du spectacle. Le dessinateur italien qui n'a pas dû aligner plus de cinq épisodes d'affilée depuis qu'il officie sur Daredevil affiche toujours une forme épatante et devrait finir le sixième chapitre en beauté.

Checchetto est généreux dans l'effort, ne rechignant pas à enchaîner des pages avec une figuration importante et/ou dans des décors soignés, avec de l'action à revendre. L'exercice qui consiste à illustrer un event est épuisant, et il a essoré bon nombre d'artistes. Tout le monde n'a pas, loin s'en faut, le ressort d'un Stuart Immonen ou d'un Valerio Schiti pour produire sans retard des épisodes épiques. 

A son niveau, Devil's Reign est sans doute moins exigeant que d'autres events (six épisodes, c'est un arc classique). Mais Checchetto a fait le taf avec sérieux. Il excelle à représenter des personnages charismatqiues, même si avec des scènes moins hâchées ses efforts auraient été encore plus appréciés car c'est un narrateur qui s'épanouit dans des variations rythmiques. Le cadre urbain est fait pour lui, et c'est tout simplement agréable de le voir croquer, même un peu, des héros comme Captain America, les Champions, les FF, ou des méchants comme Doc Ock, l'Home Pourpre, les Thunderbolts. En plus il bénéficie d'un coloriste, Marcio Méniz, qui ne cherche vraiment pas à tirer la couverture sur lui, avec une palette très sobre.

Plus que quelques semaines d'attente pour découvrir la conclusion de Devil's Reign, pour laquelle auteurs et editors nous ont promis des bouleversements (on peut déjà, nénanmoins, en deviner quelques-uns...). Il sera alors temps de voir si ces promesses seront tenues et de savoir si ça vaut le coup d'aller jusqu'à Devil's Reign : Omega.

mercredi 9 mars 2022

THE NICE HOUSE ON THE LAKE #7, de James Tynion IV et Alvaro Martinez


Après cinq mois d'interruption, The Nice House on the Lake revient. Nous avions laissé les héros de cette mini-série, le cerveau lavé par Walter, leur "ami", en fait un extraterrestre, qui les avait invité dans sa superbe demeure près d'un lac pour les protéger de la fin du monde et en faire ses cobayes. Un coup de théâtre allait changer le cours de la partie et James Tynion IV et Alvaro Martinez reprennent exactement là où les choses en étaient en Novembre dernier. Le jeu peut reprendre, plus pervers que jamais.


Les habitants de la maison ont tout oublié, à nouveau. Mais, à présent, Walter vit parmi eux tandis que Norah Jacobs a disparu. Walter suggère, pour aller de l'avant, de compartimenter la maison entre un espace de travail et un espace de vie.


Où est passée Norah ? Elle est prisonnière dans la deuxième maison, où fut retenu avant elle Reginald "Reg" Madison. Elle, se souvient de tout. Et pense savoir pourquoi Walter l'a écartée. Jadis, lors de leur rencontre, elle s'appelait Norman, a changé de sexe depuis, désorientant Walter.


Alors que les autres s'organisent dans la première maison, Reg dessine les plans pour réaménager l'esapce habitable en deux sections. Il évoque Norman/Norah et les sentiments que Walter avait pour lui/elle. Walter se trouble et fait oublier cela à Reg.


Une fois tout le monde endormi, Walter quitte la première maison et s'enfonce dans les bois environnants pour rejoindre la deuxième maison et Norah. Bien qu'il jure comprendre son ressentiment, il lui demande son aide pour la suite...

On pouvait légitimement se poser deux questions à la fin du sixième épisode de The Nice House on the Lake. La première : la série allait-elle souffrir d'une interruption de cinq mois ? Autrement dit : le lecteur aurait-il toujours envie de se replonger dans cette histoire ? La seconde : comment James Tynion IV et Alvaro Martinez, justement, allaient rebondir, proposer un second acte aussi passionnant et intense que le premier ?

Pour ne pas être perdu, il faut comprendre et admettre le principe narratif sur lequel a misé Tynion IV à partir de ce septième épisode. Celui d'une sorte de Reset, de Réinitialisation. En effet, c'est comme si l'histoire repartait avec une mise à jour. En apparence, rien n'a changé : la fin du monde a toujours eu lieu, une dizaine de personnes sont coincés dans une somptueuse maison près d'un lac, et tentent encore de composer avec la situation, entre résignation et combativité, acceptation et volonté d'aller de l'avant.

Mais un élément majeur, fondamental a changé : Walter, celui qui les attirait dans ce lieu et dont, nous, lecteurs, savons qu'il a provoqué la fin du monde, qu'il est un extraterrestre avec des pouvoirs mentaux très puissants et une apparence véritable différente de celle que ses amis lui connaissent, Walter donc vit désormais en compagnie de ses invités. Ceux-ci, la dernière fois que nous les avons vus, venaient de retrouver, dans une seconde maison à proximité, Reginald Madison dit "Reg", qui, il y a quelques années, avait appris le plan de Walter et l'avait aidé à le réaliser. Mais en mesurant, une fois celui-ci accompli, l'ampleur de l'horreur commise, Reg était prêt à contre-attaquer avec le soutien des invités. Malheureusement, Walter l'avait anticipé et avait fait oublier tout cela à tout le monde.

Retour donc à la première maison pour tous, y compris Walter. Pour tous ? Pas tout à fait et c'est l'autre élément de taille à prendre en compte : Norah Jacobs n'était plus là et personne ne le remarquait. Reg avait pris, numériquement, sa place. Walter conseille à ses invités de compartimenter l'espace de la maison : un pour y vivre, un autre pour réfléchir et travailler au moyen de se sortir de là - par exemple en essayant de communiquer avec l'extérieur, où, peut-être, restaient des survivants. Chacun se répartit alors les tâches, qui pour confectionner une antenne capable d'augmenter le signal émetteur, qui pour réaménager la maison, etc. Walter est à la baguette, et personne ne se doute évidemment qu'il est manipulé par ce dernier. C'est Molly Reynolds, la comptable du groupe, qui narre cet épisode dans la scène d'ouverture (en flash-forward comme d'habitude, dans un paysage désolé) et le passé (quand Walter assemblait encore le groupe).

Et puis, donc, Norah Jacobs. Elle n'est pas morte. Non, elle aussi a pris la place de quelqu'un : c'est elle qui, maintenant, est prisonnière de la deuxième maison, où fut retenu Reg. Elle n'a rien oublié, elle sait que Walter l'a écartée et a lavé le cerveau des autres pour vivre avec eux. Et elle se souvient, en criant sa rage dans sa geôle, du passé. Autrefois, Norah s'appelait Norman, c'était un homme, très proche de Walter. Celui-ci lui avait confié aimer autant les femmes que les hommes, troublé par Norman autant que Norman était troublé par Walter. Mal dans sa peau, sentimentalement frustré, Norman a entrepris sa transition pour changer de sexe et d'identité, pour devenir Norah. Peut-être pour séduire Walter, peut-être pour être enfin elle-même. Jusqu'à l'invitation à la maison près du lac, jusqu'à la fin du monde...

Il faut savoir, à ce stade, que ces informations sur Norah ne sont pas qu'une volonté de Tynion IV de faire un effort pour la représentatitivé de ses héros. Il ne s'agit pas, autrement dit, d'écrire un transexuel pour complèter une sorte de groupe représentant tous les genres. Tynion IV lui-même a affiché publiquement sa bisexualité et milite pour les droits de la communauté LGBTQ+. On peut donc aisément deviner que Norah est un personnage emblématique de la cause qu'il défend, mais surtout une créature métaphorique dans un récit qui joue beaucoup sur la notion de transition - d'un lieu à l'autre, d'un personnage à un autre, d'un être d'une planète à un être d'une autre, d'une situation à une autre.

Tout The Nice House on the Lake est fait de transition : une invitation dans un endroit paradisiaque/la fin du monde, des humains/un extraterrestre, une maison/ une autre maison, etc. Norah est à cet égard l'incarnation la plus vibrante, déchirante, de cette notion de transition, dans ce qu'elle suggère et ce qu'elle établit. Est-ce qu'au fond Walter ne fait pas tout ce qu'il fait pour Norah ? C'est une piste (même si ça métonnerait que ce soit la seule), car comme on peut le voir dans la dernière scène de cet épisode, Walter revient vers Norah, essuie ses remontrances, puis sollicite son aide pour que "tout se passe bien", que tout se réalise selon ses plans. Mais quels plans exactement ? Que veut vraiment expérimenter Walter avec son groupe d'"amis", la fin du monde, le fait de leur laver le cerveau dès qu'il est contrarié, etc. ?

Sur ces interrogations Alvaro Martinez porte un regard toujours aussi impressionnant. Car The Nice House on the Lake est une oeuve aussi remarquable sur le plan narratif que graphique. Le style du dessinateur espagnol a complètement changé pour ce projet, se passant d'encreur, et évoluant à mille lieues du folklore super-héroïque dans lequel on pouvait déjà admirer ses planches.

Martinez doit jongler avec un casting important et donc donner à chaque personnage un physique identifiable rapidement. Personnellement, si je trouve que ses efforts en la matière sont louables, j'apprécierai volontiers que les protagonistes dialoguent plus souvent entre eux en rappelant au lecteur leur prénom car ce n'est pas toujours évident de s'en rappeler, surtout après cinq mois sans les avoir fréquentés. Cette réserve ne s'applique pas qu'à cette seule série, beaucoup d'auteurs aujourd'hui semblet parfois oublier que le lecteur ne peut pas tout mémoriser, quand il a de quoi mémoriser (car il arrive aussi que des scénaristes oublient purement et simplement de spécifier le nom de certains characters).

C'est aussi une série exigeante car elle ne laisse pas au lecteur l'occasion de souffler. Tynion IV et Martinez maintiennent une pression constante qui est certes épatante, mais qui, disons-le, par les temps qui courent, est étouffante. Lorsque la série a débuté, nous étions encore en pleine pandémie, et maintenant qu'elle reprend, c'est la guerre en Ukraine. Il faut être bien disposé pour lire ça, sans quoi c'est très pesant. Il n'y a strictement aucune légèreté, aucun humour là-dedans. Je sais bien que ces personnages sont dans un endroit après avoir vu le monde dévasté et donc ils n'ont certainement pas le coeur à blaguer, mais c'est une lecture en apnée.

Pourtant, la force de cette mini-série, sa qualité, c'est de vous accrocher avec une intrigue et des images puissantes, addictives. Il reste cinq numéros pour en connaître le fin mot et, sauf monumental dérapage, les auteurs ont toutes les cartes en main pour signer un néo-classique des comics.

mardi 8 mars 2022

SUPERMAN : SON OF KAL-EL #9, de Tom Taylor et Bruno Redondo (suite et fin de NIGHTWING #89)


Superman : Son of Kal-El #9 est la suite de Nightwing #89, paru le 15 Février dernier, qu'il faut absolument avoir lu avant. En revanche, autant être clair tout de suite : cette histoire ne trouve pas son terme ici et il semble bien qu'il faudra suivre Superman : Son of Kal-El pour en connaître la fin. En revanche, Bruno Redondo signe encore les dessins, ce qui est toujours une bonne nouvelle.


Suite aux meurtres de trois méta-humains, Oracle prévient les super-héros de ne plus sortir seuls. Nightwing et Superman (Jon Kent) enquêtent et attirent l'attention des tueurs. Ceux-ci, au nombre de trois, se font appeler l'Ascension et entendent bien exécuter d'autres victimes.


Mais face à Superman et Nightwing, ils sont défaits. L'un est fait prisonnier tandis que les deux autres battent en retraite. Mais avant d'avoir pu interroger leur prisonnier, Superman et Nightwing assistent à sa désintégration ordonnée à distance par Henry Bendix.


De retour chez les Kent, Dick Grayson confie à Lois Lane qu'il va financer "La Vérité", le site d'infos de Jon Kent, et il aimerait qu'elle en soit le visage. Puis il monte à l'étage réconforter Jon à qui il offre d'être son mentor.


Sur ces entrefaîtes surgit Jay Nakamura que Jon présente à Dick comme le créateur de "La Vérité". Celui-ci montre sur une tablette une vidéo mise en ligne par Gamorra (donc Bendix) et suggérant que Superman a tué un des membres de l'Ascension...

Bon, on va commencer par être désagréable. J'espérai lire ce crossover en deux parties, entre les séries Nightwing et Superman : Son of Kal-El, en ayant une histoire complète. Ce n'est pas le cas et c'est frustrant. On a quand même le sentiment que Tom Taylor a voulu alpaguer au passage les fans de Nightwing pour les convaincre de lire aussi Superman : Son of Kal-El, et la démarche est trop grossièrement affichée pour ne pas déplaire.

Qu'un scénariste écrive plusieurs séries, ce n'est pas un problème. Ce qui me pose davantage problème, c'est quand ils les connectent en croyant que les lecteurs de l'une vont forcément, apr un tour de passe-passe éditorial et narratif, aussi acheter l'autre. Le principe d'un crossover, ce n'est pas d'hameçonner les fans pour leur tordre leur poignet mais plutôt les inviter temporairement à naviguer d'un titre à l'autre.

Donc, vous l'auree compris, on ne connaîtra pas le terme de l'intrigue amorcée le mois dernier dans Nightwing #89 dans ce Superman : Son of Kal-El #9. L'épisode se conclut sur un cliffhanger déplaisant parce que, justement, Tom Taylor a profité de Nightwing pour débuter une histoire qui sera développée dans Superman : Son of Kal-El. Or, moi, et je ne pense pas être le seul, je n'ai aucune intention de suivre cette série, même pour connaître le fin mot de cette intrigue.

Superman : Son of Kal-El... Déjà, c'est un mauvais titre. On peut comprendre évidemment que ni DC ni Tom Taylor n'ait voulu renoncer à conserver le nom de Superman car il reste attractif. Mais ce "Son of Kal-El" alourdit l'énoncé et sème la confusion. On pourrait dire que tout est la faute de Brian Michael Bendis qui a accéléré (un peu artificiellement, il est vrai) l'âge de Jon Kent et que, désormais, il faut bien faire avec, et donc qu'il est nécessaire de préciser que Superman est désormais incarné dans la série éponyme par son fils.

Mais on peut également objecter que DC aurait pu donner à Jon Kent un pseudonyme propre et une série avec cet alias, car honnêtement, personne n'est dupe : Superman, c'est Kal-El, Clark Kent, pas le fils de Kal-El. Et d'ailleurs, c'est ce qu'illustre le traitement du personnage par Tom Taylor.

Car, si on met de côté l'intrigue, le propos véritable de ce crossover, c'est bien le malaise existentiel de Jon Kent, qui assume difficilement de succéder à son père en portant le même pseudo que lui - et c'est compréhensible. Par ailleurs, Taylor revient, avec à-propos, sur l'épreuve qu'a vécu le jeune homme durant le run de Bendis, et qui a accéléré sa croissance. Un trauma de plus dont il n'a jamais parlé à personne de proche. Etait-il si incongru de titrer cette série simplement Superboy ? En tout cas, ç'aurait été plus approprié. Car Jon Kent est encore un Superboy.

Dans un dialogue éloquent, Dick Grayson évoque le fait que lui et Jon Kent sont les fils (même si Dick n'est qu'un fils adoptif) de légendes. C'est difficile de vivre, de grandir, et d'exister dans l'ombre de héros tels que Superman et Batman. Dick parle avec d'autant plus d'expérience qu'il a endossé à plusieurs reprises le costume et l'identité de Batman et a pu mesurer quelle resposnabilité écrasante cela induisait. En tant qu'ex-Robin, il s'est émancipé de Batman en devenant Nightwing. Mais aucun scénariste ni editor n'a fait l'erreur de publier une série intitulée "Batman : Son of the Dark Knight"...

Ce sont ces moments-là, où Nightwing endosse le rôle de grand frère pour Jon qui fournissent le meilleur de cet épisode (et du crossover). On voit bien la différence entre les deux héros, Dick ayant hérité du surnom de Nightwing par Superman (Kal-El), en échappant à Batman, et en ayant juré à Superman qu'il veillerait sur son fils. Au fond, Jon Kent est encore un gamin avec l'âge mental d'un ado de seize ans dans le corps d'un jeune adulte et quand on prend en compte ce décalage, on comprend son malaise (par rapport à fait de ne pouvoir sauver tout le monde, de remplacer son père, de voir un ennemi mourir sans qu'il puisse l'empêcher, d'être accusé de meurtre....). Je me répéte mais avec une série Superboy, tout cela serait beaucoup plus percutant, éloquent.

En revanche, l'excellente surprise de cette deuxième partie du crossover, c'est que Bruno Redondo la dessine. Ainsi le projet conserve son unité esthétique et sa qualité graphique. Redondo peut parfois être un poil lassant par son usage de l'infographie (notamment dans les décors, impersonnels au possible), mais c'est un vrai narrateur, qui veut bien faire et soigne ses détails.

Il met en valeur de manière brillante la complicité sur le terrain de combat entre Nightwing et Superman, chacun pouvant compter sur l'autre. Sa maîtrise de Nightwing offre au lecteur les meilleures pages, avec un découpage des acrobaties toujours aussi dynamique. Au passage, on découvrira une nouvelle capacité du costume du justicier de Blüdhaven, sans que cela ne soit un gadget un peu facile (après tout ce costume a été conçu par Mr. Terrific et on admet donc qu'il en a peaufiné les attributs).

Néanmoins, Redondo n'est pas non plus maladroit quand il met en scène Superman, dont il souligne la force tranquille, mais aussi, donc, la fragilité émotionnelle. Avec ce dessinateur, on en a pour son argent car il sait comment rendre vivante aussi bien une bagarre qu'une discussion dans une chambre, sans même avoir à recourir à des pages farfelues. On notera aussi que Redondo a reçu le soutien pour l'encrage de Wade von Grawbadger, dont l'expérience avec Stuart Immonen lui permet de se fondre dans n'importe quel style (et effectivement, on ne voit absolument pas sur quelles planches il est intervenu, collant parfaitement au trait de Redondo).

Bref, s'il fallait tirer un bilan de ce crossover de poche, je dirai qu'il est frustrant, et même un peu triché, mais tout de même sympathique et touchant. 

lundi 7 mars 2022

DES NOUVELLES NOUVELLES TOUTES FRAÎCHES

Bonjour à tous ! J'espère que tout le monde va bien. Ce Lundi comme tous les Lundi, je vais vous parler des news comics qui ont retenu mon attention. Pas grand-chose à partager cette fois, mais quand même quelques annonces sympas. 

ABRAMS BOOKS :


Quand il a officialisé le transfert de ses projets en creator-owned chez Dark Horse Comics, Brian Michael Bendis pouvait laisser croire que désormais c'était uniquement là que tout se passerait pour ses oeuvres les plus personnelles. Aussi a-t-il surpris ses fans en annonçant que son prochain (et plus ambitieux) projet à ce jour serait publié par la prestigieuse maison d'édition Abrams Books : son titre ? Phenomena.


En fait il s'agit d'un comic-book auquel Bendis avait déjà fait allusion sans le nommer et pour lequel il collaborera avec André Lima Araujo (Avengers A.I.). Cette fois on en sait plus : Phenomena sera une collection de graphic novels en trois volumes de 144 pages chacun. Le premier tome paraîtra en Septembre 2022 avec le sous-titre The Golden City of Eyes.


Cette double-page ci-dessus, très impressionnante, montre que l'histoire sera en noir et blanc. Elle suivra, dans un monde post-apocalyptique un jeune garçon, Bolden, son meilleur ami, le guerrier Spike, etune orpheline, Matilde, à la recherche du royaume mythique de la Cité Dorée des Yeux. Le tome 2 sortira à l'automne 2023, et le 3 à l'automne 2024 - le temps pour les deux auteurs de se consacrer en parallèle à d'autres projets.

DARK HORSE COMICS :
 

Connaissez-vous Soroush Barazeh ? Moi non plus. Mais peut-être avez-vous entendu parler de lui sous son surnom, Koteri Ink. Il a financé grâce à la plateforme Kickstarter le premier volume de son comic-book, Kings of Nowhere dont Dark Horse a acquis les droits de publication. Cette série suit Bili, un ado de la ville fictive de Lo Divino dont certains des habitants ont été mis au ban de la société après s'être transformés en hybrides mi-homme, mi-animal. Bili a l'apparence d'un singe et il va devoir s'habituer à sa nouvelle condition. Mais la rencontre avec deux autres jeunes va l'entraîner dans la délinquance...
Si vous allez sur le site de Koteri Ink, vous pourrez lire gratuitement les trente premières pages de cette histoire et apprécier le talent du bonhomme avant d'acheter l'album en Septembre prochain.
 

En revanche, je n'ai pas besoin de vous présenter le mythique Dave Gibbons, dont le nom reste attaché pour la postérité à deux mini-séries cultes : Watchmen (écrite par Alan Moore) et Give Me Liberty (écrite par Frank Miller). Aujourd'hui âgé de 72 ans, l'artiste, également scénariste, va publier chez Dark Horse son autobiographie intitulée Confabulation : An Anecdotal Biography.


Cete ouvrage de plus de 300 pages reviendra sur la riche carrière de cet artiste anglais, ses collaborations avec les illustres scénaristes qu'il a côtyés et les dessinateurs pour qui il a écrit, mais également sur ses rapports avec le milieu de l'édition. Autant dire que sa lecture devrait être passionnante. Rendez-vous en Octobre (pour la v.o.).

MARVEL COMICS :


En Juin, Marvel nous promet un one-shot intitulé Thor : Lightning and Lament, une histoire originale qui va nous faire réviser tout ce qu'on croit savoir sur le dieu du tonnerre. Bigre !


On aimerait y croire, mais l'équipe artistique ne vend pas du rêve, en tout cas Ralph Macchio et Todd Nauck ne semblent pas être les plus évidents pour révolutionner la mythologie de Thor. C'est d'ailleurs le problème de tous ces one-shots et mini-séries que produit actuellement Marvel : ceux chargés de les écrire et de les dessiner ne sont pas des vedettes, seules capables de peser vraiment durablement sur le futur (ou le passé) d'un personnage emblématique.


Et l'autre souci actuel de Marvel, c'est quand même une propension à lancer des projets improbables mais aux influences grossières. Il y a peu, la semaine dernière, je relayai la publication prochaine de DC Mech. Hé bien, "la maison des idées" va proposer Mech Strike : Monster Hunters.
 

Le principe est le même : des héros (ici des membres des Avengers) se glissent dans des robots géants pour affronter des monstres aliens. Waouh ! Quelle originalité ! On a de la peine pour Christos Gage, un scénariste qui mérite mieux que ça, et Paco Diaz, qui dessinera ce machin grotesque.


Le run de Christopher Cantwell sur Iron Man actuellement doit suffisamment plaire pour que Marvel donne le feu vert à la publication d'un Annual dans lequel tête de fer partage l'affiche avec sa nouvelle conquête, Patsy Walker alias Hellcat. Ce sera pour le mois de Juin aussi.


Cantwell fera équipe avec le dessinateur Ruairi Coleman dans cette histoire où Iron Man et Hellcat s'aventureront en Enfer. Y croiseront-ils l'ex de Patsy Walker, Daimon Hellstrom ? Ou l'inévitable Méphisto, qu'on sait toujours enclin à briser les couples ?

SUBSTACK :


La plateforme Substack vient de gagner à sa cause une artiste de plus, mais pas n'importe laquelle puisqu'il s'agit de la talentueuse cover-artist Jen Bartel. Celle qui officie actuellement sur les couvertures de She-Hulk (dont j'essaierai, promis, de vous parler un jour parce que c'est vraiment bien), y ouvre son Jen Bartel Club.


Késako ? Hé bien, tout simplement une invitation à découvrir les coulisses de son métier, et gratuitement en plus ! Si découvrir comment une dessinatrice conçoit ses couvertures, quelles sont ses inspirations, ses influences, les différentes étapes qui précédent la version finale, alors vous vous régalerez (comme moi). Et, au-delà, Jen Bartel y dévoilera aussi des dessins qu'elle réalise pour son plaisir et qui sont souvent délicieusement sexy (voir ci-dessus). Un vrai plaisir pour les yeux (qui commence par Jen Bartel elle-même, très jolie...).

Hé voilà pour cette fois ! N'hésitez pas à déposer un commentaire si une info ou si la rubrique elle-même vous inspire. En attendant de se retrouver pour de nouvelles aventures, prenez soin de vous et de ceux que vous aimez.

samedi 5 mars 2022

BATMAN : KILLING TIME #1, de Tom King et David Marquez


Comme promis dans ma critique de Batman #121, je vais vous parler d'une histoire vraiment réussie avec  le dark knight. Il s'agit de Batman : Killing Time, la nouvelle mini-série écrite par Tom King et dessinée par David Marquez. Cette production s'inscrit dans la continuité, elle n'est pas publiée au sein du Black Label, et se situe dans le passé, alors que Batman est en activité depuis peu. Mais le projet est étonnant et déborde d'une énergie grisante.


Il y a une semaine. Le vigile de la First National Bank of Gotham, Julian Thaun, admire une danseuse de poll dance. Un homme l'invite à profiter d'une session privée. Il rencontre alors le Pingouin qui le soudoie pour un braquage.


Le 4 Mars. Selina Kyle donne un cours de tennis à Cookie Barrington, l'épouse de Ronald Barrington, directeur de la maison-mère de la First National Bank. Elle se change en Catwoman et neutralise les gardes du corps de Cookie qu'elle oblige ensuite à appeler son époux sous la menace.


Au même moment. Killer Croc entre dans la First National Bank avec la complicité de Julian Thaun. Il agresse le caissier. A son bureau du GCPD, le commissaire Gordon est averti. Batman intervient et neutralise Croc.


Mais la police et Batman ignore que Croc fait diversion car, pendant ce temps, le Sphinx force Ronald Barrington à le mener jusqu'à une chambre forte pour y dérober un petit boîtier. Avec Catwoman, il doit ensuite le remettre au Pingouin mais la transaction dégénère...

On le sait mais Tom King et Batman, c'est une histoire particulière. Le scénariste a succédé, au début de l'ère DC Rebirth, à Scott Snyder et s'est impliqué dans un long run qui devait compter une centaine d'épisodes. L'aventure fut abrégée par l'editor Bob Harras qui trouvait la narration de King trop déprimante et le remplaça par James Tynion IV. King obtint de terminer son histoire avec la mini-série Batman/Catwoman (toujours en cours de parution), mais hors-continuité, au sein du Black Label.

Pendant et après son run sur Batman, King s'est imposé comme l'auteur de plusieurs mini-séries multi-récompensées où il a réinventé des super-héros méconnus (Adam Strange dans Strange Adventures, Scott Free dans Mister Miracle, Christopher Chance dans The Human Target entre autres). En parallèle, Tynion IV a fini par lâcher Batman pour se consacrer à ses projets en creator-owned, Joshua Williamson lui a succédé, et bientôt ce sera à Chip Zdarsky de tenter sa chance.

Batman : Killing Time marque donc le retour de Tom King sur une histoire dans la continuité du dark knight. Elle se situe dans le passé du héros, au début de sa carrière, et comptera six chapitres. En lisant ce premier épisode, on a le sentiment que, plus qu'un retour sur le personnage, c'est pour King l'occasion de prouver à Bob Harras qu'il avait tort en jugeant sa manière de raconter trop déprimante. Aussi a-t-il choisi un récit plein d'action, de mystère, avec un casting iconique, une sorte de popcorn comic, complètement inattendu de sa part.

La narration ressemble à celle d'un action movie : une voix-off accompagne chaque scène comme pour détailler le déroulement d'un plan pour un audacieux braquage. On est dans une ambiance de série noire classique, avec deux attaques simultanées dans deux banques, dont l'une sert de diversion pour l'autre. Les quatre vilains de l'histoire - le Pinguoin, Catwoman, Killer Croc, le Sphinx - correspondent tous à des archétypes - le "cerveau" de l'opération, la femme fatale, l'homme de main, le filou. La police est dépassée comme Batman. Et le butin a un lien avec l'antiquité et la mort d'Euripide.

C'est peu dire qu'on est accroché par le dynamisme de ce récit. Tom King nous mène par le bout du nez avec une construction dramatique éclatée parfaitement maîtrisée jusqu'aux dernières pages qui nous choquent et nous laissent dans l'expectative. Dégagé des éléments qu'il avait lui-même mis en place durant son run (notamment en ce qui concerne la relation romantique entre Batman et Catwoman), King a les mains libres pour s'amuser et nous distraire en nous entraînant sur une fausse piste.

Lire Batman : Killing Time, c'est tourner les pages avec gourmandise, un sourire comblé aux lèvres en permanence. C'est jouissif. Si vous aimez les heist stories, Batman détective, Catwoman féline fatale, Killer Croc grosse brute, et le Sphinx plus malin que tout le monde, si vous avez une certaine tendresse pour le Pingouin, alors vous vous régalerez. King adresse même un clin d'oeil à la fin de Batman : Year One, son livre de chevet, avec la toute dernière scène sur le toit du GCPD, en compagnie de Jim Gordon et Batman. Et le scénariste est d'une sobriété impeccable, avec un texte moins verbeux que souvent chez lui, et sans une once de dépression.

C'est aussi l'occasion d'un retour en force pour le dessinateur du projet : David Marquez. Depuis son transfert chez DC, c'est peu dire qu'il n'a pas brillé, comme si l'éditeur ne savait pas trop quoi faire de lui et comme si, aussi, lui-même n'était plus inspiré, comme égaré. Les six épisodes de Justice League qu'il a signés pour Brian Michael Bendis ne resteront pas dans les mémoires (la faute à un arc affligeant mais aussi à des planches d'une faiblesse indigne).

Dessiner un script de King, c'est courir le risque de se heurter à une écriture trop contraignante, trop formaliste. Si l'auteur a ses habitudes avec Mikel Janin, Jorge Fornes, Mitch Gerads ou Clay Mann,  qu'allait-il en être avec Marquez, nourri au sein de Marvel et de Bendis ? Hé bien, c'est un mariage réussi et heureux.

On renoue avec l'artiste pêchu de Ultimate Spider-Man et Defenders, qui soigne ses images et impose sa narration rigoureuse. Comme Greg Smallwood, il apporte à King une tonicité et une classe nouvelles. Cet épisode est ponctué de splash-pages qui claquent mais qui ne sont jamais gratuites, jamais tape-à-l'oeil. Le reste oscille entre motifs familiers chez King (avec des "gaufriers") et des compositions grisantes, où le sens de l'espace de Marquez fait merveille.

Surtout Marquez s'est approprié ces personnages mythiques avec une aisance formidable, bien plus convaincante que sur Justice League. Sa Catwoman, en particulier, est extraordinaire de beauté et de sensualité. Son Killer Croc est vraiment imposant. Et son Sphinx allie séduction et dangerosité. Batman surgit avec une grâce féroce jubilatoire. Les décors sont fouillés.

Enfin les couleurs d'Alejandro Sanchez conviennent bien mieux à Marquez (que celle de Tamra Bonvillan sur Justice League). Elles mettent valeur son trait qui lui-même laisse de la place au coloriste pour s'exprimer, établir des ambiances intenses aux scènes.

Batman : Killing Time est un divertissement haut de gamme, qui se lit tout seul mais intrigue suffisamment pour n'être pas que divertissant. C'est une consolation après avoir subi les quatre épisodes du premier arc de Joshua Williamson sur la série régulière du dark knight.