jeudi 23 juillet 2015

Critique 672 : CONVERGENCE SHAZAM ! #2 (of 2), de Jeff Parker et Evan Shaner


CONVERGENCE SHAZAM #2 : RETURN OF THE THUNDER est la seconde partie de l'histoire écrite par Jeff Parker et dessinée par Evan Shaner, publié en Mai 2015 par DC Comics.

Rappel des faits : Telos, une entité née d'une planète hors du temps, veut tester les champions de terres parallèles en provoquant des batailles entre leurs super-héros. Il s'en prend, entre autres, à la Terre-S, le monde dont Captain Marvel/Shazam est le champion, en la recouvrant d'un dôme qui prive Billy Batson, son alter ego, et ses alliés, Mary Marvel et Freddy Freeman, de leurs pouvoirs. Les trois adolescents surprennent le Dr Sivana et ses acolytes, Mr Atom, King Kull et Ibac dans les souterrains de Fawcett City, sur le point de profiter de la crise, lorsque des explosions en surface retentissent. Le ciel est envahi par un escadron de dirigeables qui dévaste la ville... 

La Terre-S est attaqué par celle du Gaslight Universe, dont le champion est un Batman de l'ère anglo-victorienne. Les deux héros s'affrontent brièvement avant de comprendre que leurs mondes risquent la même fin. Mais Mr Atom a saisi l'occasion pour disparaître et afin de s'assurer la victoire il a libéré les ennemis de Batman. A moins que l'immense robot ne soit qu'une diversion pour un autre ennemi...

J'ai bien cru ne jamais pouvoir lire ce second épisode, mais grâce à un libraire et le reasort, j'ai pu récupérer un exemplaire de ce dernier volet du diptyque écrit par Jeff Parker et dessiné par Evan Shaner. Ouf !

Contre quelle terre parallèle du Multivers, le monde de Captain Marvel/Shazam allait-il devoir prouver sa valeur dans le test cosmique lancé par Telos ? DC Comics avait annulé tout suspense dès le premier numéro en annonçant au verso de la couverture l'identité de l'adversaire : c'est ballot, mais ça restait prometteur puisqu'il s'agissait du Gaslight Universe, découvert en 1989 dans le récit complet Gotham by Gaslight de Brian Augustyn (scénario) et Mike Mignola (dessins).

J'ignore si Jeff Parker a choisi cet opposant ou si l'éditeur le lui a imposé, mais l'idée a inspiré l'auteur qui a compris tout le parti qu'il pouvait tirer d'une confrontation entre l'univers coloré et optimiste de Shazam et celui sombre et glauque de ce Batman issu de l'ère victorienne. Le contraste philosophique et esthétique entre ces deux mondes et leurs champions donne du relief au récit et assure un spectacle de qualité.

Par ailleurs Parker est dans son élément avec cet argument qui lui permet d'assumer son goût prononcé pour l'action, les rebondissements et une sorte de fantaisie foutraque : la forme même de ce diptyque l'autorise à jouer avec un casting étonnamment fourni pour une aventure de seulement deux épisodes et 40 pages. Certes, le dénouement est un peu précipité du coup, mais c'est aussi un gage de réussite que de faire ressentir au lecteur l'envie d'en avoir plus... Même si, hélas ! il semble peu probable que DC Comics lance une série régulière avec cette version de Shazam (ou de Batman), et avec cette équipe artistique.

La révélation concernant Mr Atom rappellera aussi certainement aux fans de Photonik de Ciro Tota le dénouement de la mythique "Saga du Minotaure", parue dans les années 80 dans les revues "Mustang" puis "Titans" (même si Jeff Parker et le staff éditorial de DC ne doivent jamais l'avoir lue)...

Visuellement, Evan Shaner produit une nouvelle fois une superbe prestation : toute l'affection qu'il porte à Shazam transpire de ses planches et il anime ce personnage magnifiquement, avec une candeur appropriée mais sans niaiserie. Familier de son casting (qu'il a dessiné à maintes reprises avant de pouvoir enfin réaliser ces épisodes), il les maîtrise tous parfaitement : Mary Marvel, Captain Marvel Jr, Tawny, Oncle Dudely, Sterling Morris, Mr Atom... C'est un régal.

Restait à savoir comment il s'appropriait les designs si spéciaux de Mignola avec l'intervention du Gaslight Universe. Pas de souci là non plus : sans chercher à imiter le créateur d'Hellboy, il s'empare de ce Batman bien particulier avec une facilité confondante et nous donne à voir à quel point le personnage ainsi relooké avait de l'allure. Le temps de quelques plans, Shaner dispose même de l'opportunité de dessiner des versions victoriennes de la rogue gallery de l'homme chauve-souris : le Joker, Poison Ivy, l'Epouvantail, Clayface, Killer Croc, Two-Face, le Pingouin, Mr Freeze, Batlash, Harley Quinn !

Il faut enfin saluer la colorisation encore une fois remarquable de Jordie Bellaire, qui colle à merveille au style de Shaner et embellit encore plus ces deux chapitres grâce à une palette bien choisie (ce second acte privilégie les gris et bleus).

C'est jubilatoire mais trop court, trop vite passé ! Si le crossover Convergence avec sa saga centrale a reçu des critiques très mitigées, la réussite du Shazam de Parker et Shaner n'a pas fait débat. Dommage vraiment que DC n'ait pas prolongé l'expérience après de les si bons retours déjà obtenus par The Multiversity : Thunderworld Adventures de Grant Morrison et Cameron Stewart.    

mardi 21 juillet 2015

Critique 671 : PIN-UP, EDITION INTEGRALE CYCLE 3, de Yann et Berthet


PIN-UP : EDITION INTEGRALE CYCLE 3 rassemble en un seul volume le tomes 7 à 9 de la série, écrits par Yann et dessinés par Philippe Berthet, publiés par Dargaud.
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PIN-UP : LAS VEGAS est le 7ème tome de la série (et le premier du 3ème cycle), écrit par Yann et dessiné par Philippe Berthet, publié en 2001 par Dargaud.
Cette histoire se termine dans le tome 8.
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Dottie est devenue physionomiste au casino "Flamingo", tenu par Gus Greenbaum, à Las Vegas. En coulisses, les propriétaires de ces établissements, financés par la mafia, s'organisent pour dissuader Hugh Hefner, le patron du magazine de charme "Playboy", de lancer le "Golden Rabbit" dans les murs de l'ancien "New Frontier".
Dottie est harcelée par Frank Sinatra, qui se produit au "Sands", et doit composer avec les accès suicidaires de sa co-locataire, Millicent, fille du défunt parrain Bugsy Siegel, dont le mythique magot caché attise encore les convoitises. 
Sinatra provoque le renvoi de Dottie qui est alors approchée par Pinky, la maîtresse de Hefner, pour devenir la future directrice du "Golden Rabbit". Mais la tâche s'annonce délicate à cause la jalousie de Pinky, les happenings de militantes féministes et les manoeuvres de la pègre...

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PIN-UP : BIG BUNNY est le 8ème tome (et le 2ème du 3ème cycle) de la série, écrit par Yann et dessiné par Philippe Berthet, publié en 2002 par Dargaud.
Ce tome conclut l'histoire débutée au tome 7.
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"Snaky", un GI de retour du Vietnam, assiste aux obsèques de sa fiancée, une des playmates de Hugh Hefner dont l'assassin court toujours. Dottie fait sa connaissance à cette occasion et ils ne tardent pas à devenir amants.
Gus Greenbaum, croyant capturer Dottie, kidnappe Pinky et en profite pour la mutiler afin d'obtenir d'Hefner qu'il renonce à son projet de casino. Au même moment, Virginia Hill, qui fut la maîtresse de Bugsy Siegel et qui gère désormais les affaires d'Hefner à Chicago, arrive à Las Vegas en espérant y retrouver le butin de son défunt amant - ce qui l'opposera fugacement mais violemment à Dottie, qu'elle confond avec Millicent.
"Snaky" fausse subitement compagnie à Dottie quand il apprend à la télé que Jane Fonda participe à une manifestation pacifiste à Los Angeles : il veut la tuer après avoir échoué dans ce projet au Vietnam car il estime qu'elle trahit l'engagement de l'Amérique.
Gus Greenbaum, désormais débarrassé de Hefner, tente de convaincre Dottie de revenir au "Flamingo" mais elle refuse - et pour ne plus être ennuyée, elle le dénonce à la brigade des stupéfiants après l'avoir piégé.
Puis la jeune femme part loin de Las Vegas, après avoir vendu sa voiture à un joueur : direction Hawaï.
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PIN-UP : VENIN est le 9ème tome (et le dernier du 3ème cycle) de la série, écrit par Yann et dessiné par Philippe Berthet, publié en 2005 par Dargaud.
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Dottie réside désormais à Hawaî où, pour se protéger de la mafia, elle circule sous une fausse identité. Pour vivre, elle chasse les serpents aquatiques dont elle extrait le venin revendu à un laboratoire pharmaceutique. Mais cela ne suffit pas à semer la tueuse lancée à ses trousses : Dottie trouve alors refuge parmi une étrange communauté formée par des kanaks adeptes et dessinateurs de tatouages…

Cette troisième Intégrale diffère des deux précédents puisqu'elle ne propose pas un seul récit en trois épisodes mais d'abord un diptyque et un one-shot : c'est là un signe frappant de l'évolution éditoriale de la série après l'accueil critique et public mitigé du 2ème cycle. On notera aussi que si les tomes 7 et 8 ont été réalisés en 2001 et 2002, le tome 9 n'aura été livré qu'en 2005 - désormais le titre ne se déclinera plus qu'en récit complet d'un épisode et à intervalles de plus en plus irréguliers, les auteurs s'engageant dans d'autres projets (nombreux et très inégalement intéressants pour Yann, plus sélectifs pour Berthet).

L'aventure de Las Vegas est une heureuse surprise : on y renoue avec le meilleur de Pin-Up. Le cadre et l'époque étaient parfaitement désignés pour une série comme celle-ci puisque l'intrigue est construite autour du patron du magazine de charme "Playboy" : Hugh Hefner. A la sortie du tome 7, Yann ne cachait pas le plaisir qu'il avait pris à imaginer ce récit et à se documenter sur ce qui le compose (on le comprend, et quand on s'y intéresse à son tour, on découvre que cela dépasse le simple attrait érotique).

Las Vegas, c'est aussi une manière de convoquer toute une mythologie américaine ayant connu une sorte d'âge d'or dans les années 60, avec les casinos, les crooners qui s'y produisaient et les liens que les établissements et les vedettes entretenaient notoirement avec la mafia. Logiquement, Yann fait de Frank Sinatra, figure emblématique de l'époque, un des seconds rôles mémorables de cette histoire en le faisant courir après Dottie : le portrait qu'en dresse le scénariste n'est pas tendre, il préfère mentionner la muflerie du chanteur-acteur que ses talents de performer, et le procédé rappelle le traitement infligé à Milton Caniff et Howard Hughes précédemment. Mais c'est amusant et l'impact sur la trajectoire de Dottie est astucieux.
Frank Sinatra devant la façade du casino "Sands".

Dottie elle-même, si elle ne vieillit miraculeusement pas physiquement, s'est considérablement endurcie depuis sa première apparition et il est évident qu'à travers elle, c'est désormais Yann, le cynique à la langue bien pendue, qui parle, à coups de répliques vachardes, souvent savoureuses. Le contraste entre l'extrême beauté de l'héroïne et son caractère féroce en fait une des créatures les plus irrésistibles et puissantes de la BD moderne : pas besoin dans ces circonstances d'affirmer que les auteurs n'ont pas voulu la réduire à une belle plante, elle n'a peur de rien et calme tous les mâles en quelques mots, quand ils ne sont pas envoûtés par elle.

L'intrigue est très plaisamment développée avec l'ambition d'Hefner (nabab équivalent à Howard Hughes, mais envers lequel Yann se montre bien plus indulgent : n'a-t-il pas déclaré qu'il aurait aimé être soit Walt Disney, soit le boss de "Playboy" ?) de diriger son propre casino en toute indépendance, contre donc la mafia qui avait la main basse sur ces établissements. Le scénario sait rester à distance raisonnable de ce qui aurait été un argument facile pour attirer les lecteurs les plus voyeurs en ne montrant guère les playmates et toutes les parties à la Playboy Mansion, préférant animer une authentique modèle du magazine dans un registre souvent humoristique avec Pinky - qui est inspirée de Barbi Benton (alias Barbara Klein), miss Juillet 1969.
La playmate Barbi Benton, le modèle de Pinky.

A la fin de Big Bunny (référence au jet privé de Hugh Hefner, rebaptisé ici "Bunny One" comme le "Air Force One" des présidents américains), Dottie prend la direction d'Hawaï. Et il faut bien admettre que ce qu'elle va y vivre est moins intéressant, même si le tome 9 conserve une originalité certaine. 

Il est d'ailleurs troublant de remarquer que Pin-Up est une série où le graphisme et les scripts ont évolué de façon inverse : le trait de Berthet n'a cessé de gagner en sensualité, en finesse, avec une colorisation subtile (désormais due à Bernard Denoulet), au point de devenir l'argument de vente principale du titre et de ses dérivés dans le merchandising, quand les histoires de Yann, sont passés de sagas d'envergure à des oeuvres de moins en moins cohérentes, dont Venin est le symbole criant.

En inscrivant sa série dans une temporalité soulignée, au gré des conflits armées et d'autres événements historiques, Yann n'a pas su éviter le piège d'animer une héroïne qui ne vieillit pas physiquement malgré les années qui défilent. De plus, alors que les premiers tomes de Pin-Up séduisaient par leur mélange de fantaisie et de documentation, ce 9ème opus se complaît dans une collection de clichés exotiques pour un récit capillotracté.

Passe encore que Dottie ait été tour à tour ouvreuse de cinéma, modèle pour un comic-strip, épouse d'espion, physionomiste, mais la voilà désormais pêcheuse de serpents. Si on accepte cet aspect complètement invraisemblable, c'est encore assez savoureux, mais sinon, on peut s'interroger sur la tentation parodique de l'auteur.

Encore une fois, c'est visuellement que l'album gagne à être lu : Berthet, aussi à l'aise dans la Sin City que dans les décors paradisiaques des îles de la Polynésie, produit des planches somptueuses où son héroïne irradie. 

Le méchant de l'affaire, très inspiré par le Docteur No de James Bond, ou la rivale manchot sont plus amusants qu'inquiétants, mais le savoir-faire de l'équipe créative suffit à ce que le lecteur tourne les pages sans jamais décrocher.

Et après ? Il y aura la brêve tentative d'une série futuriste, injustement incomprise, Yoni (deux tomes parus), et le spin-off  Les exploits de Poison Ivy. Yann et Berthet attendront 2011 pour revenir à leur Pin-Up, reconvertie en détective amateur, dans un album intitulé Le dossier Alfred H. (comme Hitchcock). 

lundi 20 juillet 2015

Critique 670 : PIN-UP, EDITION INTEGRALE CYCLE 2, de Yann et Berthet


PIN-UP : EDITION INTEGRALE CYCLE 2 rassemble en un seul volume le tomes 4 à 6 de la série écrite par Yann et dessinée par Philippe Berthet, publié par Dargaud.
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PIN-UP : BLACKBIRD est le 4ème tome (et le premier du cycle 2) de la série, écrit par Yann et dessiné par Philippe Berthet, publié en 1998 par Dargaud.
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Francis Gary Powers était aux commandes de son U2 Grevdlosk pour y photographier, pour la CIA, la base russe de Mchanina quand il est abattu en vol. Il s'éjecte de son appareil plutôt que de mourir lors du crash et il est fait prisonnier.
Aux Etats-Unis, le milliardaire Howard Hughes apprend la nouvelle et charge Jeff Chouinard de savoir si Powers a survécu. Le détective lui révèle que le pilote est marié à Dorothy "Dottie" Partington, l'ancien modèle des comic-strips de "Poison Ivy".
La jeune femme est accablée par la disparition de son mari et le comportement de son beau-fils, Rusty, qui la déteste et fugue.
De son côté, Milton, le dessinateur de "Poison Ivy", qui anime désormais la série "Steve Canyon", espère aussi tirer parti de la situation, harassé par sa femme Tallulah et leur fille (prénommée Dottie).
Gary comprend que les russes veulent connaître l'altitude maximale que peut atteindre un U2 afin de peaufiner la portée de leurs missiles, mais s'il a été touché, c'est parce que son engin a été saboté. Par qui ?
Dottie récupère Rusty dans la zone 51, une base militaire du Nevada. Sur le route du retour, ils s'arrêtent au Bates Motel. Dans la nuit, elle est enlevée par plusieurs hommes qui l'emmènent chez Howard Hughes : le milliardaire promet de faire libérer Gary si elle consent à tourner un film et à coucher avec lui...
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PIN-UP : COLONEL ABEL est le 5ème tome (et le 2ème du cycle 2) de la série, écrit par Yann et dessiné par Philippe Berthet, publié en 1999 par Dargaud.
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Dottie a entamé le tournage de l'adaptation des aventures de Poison Ivy produite par Howard Hughes, avec Robert Mitchum comme partenaire.
Le colonel Abel, chef du réseau des espions russes sur le sol américain, confie à Gladys la mission d'éliminer plusieurs de ses éléments soupçonnés de trahir leur pays. Elle loge Hayhanen mais il lui échappe en la blessant.
En Russie, Gary est condamné à une peine de dix ans de prison, au lieu de la peine capitale, grâce à l'influence de Howard Hughes auprès de Khroutchev. Dottie, qui a assisté au procès, rentre aux Etats-Unis, désespérée. Mais l'avion de la TWA à bord duquel elle se trouvait avec Chouinard s'écrase et elle est portée disparue.
Milton, de son côté, s'inspire de la mésaventure de Gary pour le comic-strip de "Steve Canyon", ce qui lui attire les foudres des autorités et sa mise sous surveillance par Gladys...  
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PIN-UP : GLADYS est le 6ème tome (et le dernier du cycle 2) de la série, écrit par Yann et dessiné par Philippe Berthet, publié en 2000 par Dargaud.
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L'agent Hayhanen a négocié son impunité avec la CIA et, en échange, il leur livre le colonel Abel. L'arrestation de ce dernier provoque l'arrivée en Amérique de l'agent Lioubov, précédemment chargée de la garde de Gary (qui a trompé Dottie avec elle), et de Likhoï pour prêter main forte à Gladys dans le "gel" du réseau.
Chouinard, qui a aussi survécu au crash, retrouve Dottie en suivant Milton qu'elle a contactée pour lui demander de l'argent : le détective ne veut plus travailler pour Hughes qui l'a trop humilié mais veut aider la jeune femme qui lui remontait le moral à Iwo Jima via les comic-strips de "Poison Ivy". Mais Angell, le bras-droit de l'enquêteur, le trahit pour empocher la récompense promise par le milliardaire. Dottie réussit à s'échapper et Chouinard se sacrifie pour elle.
Gladys comprend que Lioubov la supprimera quand le réseau sera décimé et préfère se suicider.
Dottie retourne chez Hughes et lui accorde une faveur sexuelle afin qu'il tienne sa promesse de faire rentrer Gary. Mais elle découvre au même moment son mari à la télévision de retour en Amérique et embrassant Lioubov, qui coopère désormais avec la CIA...

Ce deuxième cycle de la série a suscité des commentaires moins flatteurs de la critique et du public, qui l'a d'ailleurs moins acheté que les trois premiers tomes : on a reproché à Yann et Berthet une intrigue trop complexe et une certaine complaisance dans l'exploitation de l'érotisme du titre - blâmes qui ne sont pas complètement infondés, quoiqu'un peu sévères. Mais cela a impacté notablement la série, dont le cycle suivant ne comportera que deux épisodes, rompant aussi avec des éléments et personnages familiers.

Après avoir pris pour cadre la seconde guerre mondiale et les années 40, ces trois nouveaux chapitres se situent entre la fin des années 50 et le début des années 60, au coeur de la guerre froide, lorsque les relations diplomatiques entre les Etats-Unis et l'URSS étaient au plus mal et qu'un conflit nucléaire menaçait le monde à cause de cela.

Yann ne s'embarrasse pas de précisions sur la politique et le contexte historique, il se contente de l'évoquer à grands traits comme pour inviter/forcer (selon l'humeur avec laquelle on aborde sa méthode) le lecteur à s'informer tout seul de son côté pour en savoir davantage. C'est audacieux mais guère confortable si on n'a pas révisé cette période. Il procède de la même manière, très elliptique, pour disposer ses personnages, et c'est encore plus frustre car on retrouve Dottie dans une situation tout à fait différente de celle où on l'avait quittée à la fin du tome 3 : la voilà mariée à un pilote espion de la CIA avec un beau-fils qui la déteste (alors qu'au terme du cycle 1, elle renouait avec Joe Willys, qui se contente d'une apparition dans ce nouveau récit).

Rétrospectivement, on peut donc comprendre que les fans de la "saison 1" de la série n'aient que peu apprécié cette entrée en matière, et guère plus son développement, menée certes tambour battant mais sans préparation. Le vrai problème qui va se poser ensuite, c'est qu'on a souvent le sentiment de lire moins les nouvelles aventures de l'ex-pin-up, quand bien même son passé lui revient en pleine figure d'une façon perverse, qu'une affaire d'espionnage typique des années 50, avec une collection de seconds rôles inégalement exploités.

Ce qui fonctionnait superbement dans le premier cycle, avec deux ou trois niveaux de narration (la carrière de Dottie, la guerre vécue par Joe, la mise en abyme avec le comic-strip de "Poison Ivy" par Milton), est beaucoup moins fluide ici et de nombreux effets semblent forcés. Le plus notable de ces problèmes réside dans l'utilisation de l'érotisme : quand les trois premiers tomes s'en servaient de manière suggestive, ludique et justifiée ; là, même si Berthet s'en est défendu, on ressent une complaisance certaine quand plusieurs personnages succombent au charme d'autres, aboutissant à des représentations dénudées trop répétitives.

Gary trompe bien vite Dottie avec Lioubov, Milton est toujours aussi obsédé par Dottie (au point d'avoir donné son prénom à sa fille - un artifice lourdingue), Dottie est convoitée par Howard Hughes, a provoqué la mutilation de Chouinard, s'abandonne dans les bras de Gladys... Certaines scènes frisent le ridicule comme l'étreinte entre la pin-up et la tueuse sous la douche. Et sur bien des points, les invraisemblances plombent le récit (Gladys avec son physique de mannequin, noire et russe à la fois). 
Quant à Howard Hughes, même si le personnage était, c'est avéré, aussi névrosé en réalité que ce qu'écrit Yann, il n'est en vérité que la déclinaison du motif libidineux incarné par Milton dans le premier cycle, l'effet de surprise en moins, les machinations et la fortune en plus : il y avait moyen d'employer cette figure mystérieuse et célèbre de meilleure façon, mais le scénariste n'a pas su trouver la bonne distance pour le faire (tout comme sa manière d'employer Milton Caniff en le réduisant à un éternel soupirant pathétique devient embarrassante à cause du mépris qu'il lui inspire - on a le droit de ne pas aimer un artiste, fusse-t-il génial, mais à ce point, ça devient de l'acharnement et ce n'est même plus traité avec humour).

Voilà en somme un des travers de Yann : c'est un conteur très habile, documenté, qui distribue des rôles bien sentis dans des bandes dessinées qui ne manquent que rarement de caractère. Mais c'est aussi un auteur qui ne ménage personne, ni ses créatures, ni ses têtes de turc, ni ses lecteurs (encore moins les critiques), et cela peut vite passer pour une forme de suffisance, qui déteint sur sa production. Pin-Up est certainement un de ses titres les plus aimables, mais il a peu gâché son affaire avec ces trois tomes qui suintent d'une étrange agressivité : on a l'impression d'un type finalement peu satisfait du succès des débuts de sa série et qui s'échine à la rendre antipathique.

Pourtant, quand à la fin du tome 6, toutes les pièces du puzzle sont assemblées et dessinent cette nouvelle saga, on se rend compte que, hormis quelques facilités et une décompression narrative un peu trop visible (effectivement, deux épisodes seulement auraient atténué ces défauts), c'est efficace, original, ambitieux : séduisant donc, malgré tout.

Philippe Berthet ne souffre pas de critique comparable dans sa partie : sa prestation est remarquable et permet d'apprécier de nouveaux atouts. Dès les premières pages de cette histoire, l'artiste affiche d'épatantes dispositions pour représenter les avions, notamment le fameux U2 au centre de l'intrigue. Il ne fait pas que bien le dessiner, il s'en sert comme d'un objet iconique au moyen duquel il effectue des enchaînements inspirés (l'engin de Gary s'écrase, le jouet de son fils Rusty brise le verre d'une vitre).

A plusieurs reprises, Berthet va découper ses planches en jouant sur les transitions spatiales grâce à la lumière qui fait place aux ténèbres, à la ville qui cède la place au désert (de la zone 51) ou la campagne (où se crashe l'appareil de la TWA), de la torture subie par Gary aux assauts sexuels de sa geôlière Lioubov, etc. Tout se meut autour de contrastes forts (la peau blanche de Dottie et celle noire de Gladys, la réalité en couleurs et le noir et blanc du film produit par Hughes, le jour du dehors et l'obscurité de la chambre du milliardaire).

Les cases sont parfois audacieusement placées et détonent avec le découpage classique du premier cycle : par exemple, une scène avec Gary dans une cellule de prison russe est disposée selon un plan général dans lequel sont insérées six vignettes latérales (trois à droite, trois à gauche), signifiant le cheminement de sa réflexion à cet instant et sa réaction. Berthet qui aligne les pages en trois bandes triche avec ses propres règles en en superposant parfois quatre, voire cinq, mais dans une composition d'ensemble qui ne rend pas tout de suite sensible cet empilement. 

Ces constructions graphiques répondent à une narration dont j'ai souligné l'étonnante brusquerie. Mais l'effet est atténué par la représentation des personnages, toujours aussi élégante et racée, avec un trait égal, mais des à-plats noirs plus importants (là aussi en rapport avec l'ambiance plus lourde). Trois femmes dominent la distribution : l'agent Lioubov avec ses cheveux blonds et son visage qui masque à peine le feu sous la glace ; Gladys dont la couleur de peau atypique par rapport à son origine dégage une surprenante délicatesse dans son rôle de tueuse lesbienne ; et bien entendu il y a toujours Dottie, dotée d'une nouvelle coupe de cheveux mais à la classe intacte, avec cette détermination irrésistible.

Ces trois créatures éclipsent les hommes qu'elles croisent, comme le falot Gary (dont on n'arrive jamais à croire qu'il puisse inspirer un tel dévouement chez Dottie), Howard Hughes (trop détraqué et sans nuances pour qu'on éprouve la moindre sympathie à son égard), ou Robert Mitchum ("guest" de luxe mais un peu gadget, et Berthet loupe complètement). Seul Jeff Chouinard (malgré son nom grostesque) sort du lot, avec une évolution intéressante.

Ce deuxième cycle est donc globalement décevant : ses qualités narratives et visuelles ne rattrapent jamais suffisamment ses défauts, même si sa lecture n'est pas déplaisante. C'est la promesse de nouvelles aventures à Las Vegas, annoncées en dernière page du tome 6, qui convainc de suivre encore la Pin-Up la plus craquante de la BD franco-belge.            

dimanche 19 juillet 2015

Critique 669 : SPIROU N° 4031 (15 Juillet 2015)


Le strip Animal Lecteur fête son 500ème gag et a droit, avec une belle couverture hommage au n° 1000 de Spirou (voir en fin d'article), a 4 pages intérieures en plus de sa colonne à côté du sommaire et Sergio Salma, son scénariste, a réalisé le supplément pour les abonnés (un chouette stripbook sur sa double vie d'auteur et libraire : Le Maga). Il fallait bien ça pour relever le niveau d'un numéro plutôt décevant...

J'ai (quand même) aimé :

- Boni : Bruno la terreur. Ian Fortin ne déçoit toujours pas avec quatre strips où le lapin balèze Bruno fait de nouvelles misères au copain de Boni. Je dois avouer que j'ai aussi bien ri parce que mon meilleur ami se prénomme Bruno et qu'il n'a rien d'une brute épaisse, mais il faudra que je lui fasse lire ça un de ces jours...

- Le Club des Huns. Attila commence à en avoir assez de faire des rêves influencés par la lecture des contes et, du coup, relance ses troupes pour qu'elles s'entraînent : c'est pas gagné, sauf pour Dab's qu'on retrouve avec le même plaisir. Ô joie ! Les héros de cette série ont droit à la couverture et un mini-récit la semaine prochaine.

- Capitaine Anchois. Floris nous gâte aussi avec un gag en une page et ses pirates toujours aussi couillons : difficile de s'en passer.

- Les Campbell : Le conseil des pirates (1/2). Munuera revient avec sa série pour un épisode en deux parties (suite et fin la semaine prochaine) : superbement dessiné, le récit souffre quand même d'une narration très décompressée et d'une parution très espacée. Bonne résolution : relire tout ça quand cette aventure sera terminée.

- Rob. Clutch va-t-il changer de robot ? James et Boris Mirroir lancent une piste qui s'avère frustrante car vite liquidée, mais le titre demeure agréable (quoiqu'on aimerait bien que ça swingue un peu plus...).

- Zizi chauve-souris. Suzie est désignée, bien malgré elle, pour rendre visite à un camarade hospitalisé : ne comptez pas sur Trondheim et Bianco pour sombrer dans la sensiblerie. Cruel mais jubilatoire.

- L'Atelier Mastodonte. Jérôme Jouvray se prend pour Léonard génie (de Turk et De Groot) et Mathilde Domecq rêve de Corto Maltese... Enfin, jusqu'à ce que Tebo passe par là. Décidément le retour de ce turbulent collaborateur génère des gags imparables. Et bravo pour l'exercice de style (surtout la copie de Hugo Pratt par Mathilde Domecq).

- Tash & Trash. L'effroyable voyage des créatures de Dino prend une nouvelle fois tout son sens en seulement trois cases bien rigolotes.

- Game Over. Midam relance son titre et y prouve son talent pour le gag muet et percutant. Bien meilleur que Kid Paddle.

- Animal Lecteur. Le strip du sommaire revient sur la folie des sorties de nouveautés : être libraire, c'est physique, avec tous ces cartons de BD à porter ! Puis, pleines pages, le libraire de Salma et Libon récupère gratis 500 BD avec une surprise à la clé ; essaie de se rappeler le métier à ses débuts ; et rêve de Martine. A chaque fois, c'est bien vu et le dessin de Libon, dans un registre moins déconnant que Les cavaliers de l'Apocadispe, colle aux situations à peine romancées par Salma.

En direct de la rédak donne la parole à plusieurs libraires qui témoignent de la justesse d'Animal Lecteur. Bientôt Trondheim proposera le premier tome d'un nouveau cycle de Ralph Azham (bof). Et donc la semaine prochaine, les Huns montent en grade.
Les aventures d'un journal revient sur Richard Bantam, un piètre copie de Valerian publié éphémèrement en 1970 dans la revue.

Pour terminer, je vous poste la couverture mythique de Spirou n° 1000 par le génial Franquin. Admirez le tour de force !

vendredi 17 juillet 2015

Critique 668 : ANT-MAN #1 (Juillet 2015)

 ANT-MAN #1 :

- Ant-Man #1-2 : Travail de fourmi (Nick Spencer / Ramon Rosanas) :
(Ci-dessus : extrait de Ant-Man #1.
Textes de Nick Spencer, dessins de Ramon Rosanas.)

Scott Lang alias Ant-Man se présente à un entretien d'embauche chez Stark Industries à San Francisco pour en diriger la sécurité. Tony Stark l'humilie en le mettant en concurrence entre trois autres prétendants et en ne misant pas sur lui. La nuit venue, Ant-Man se réintroduit dans les locaux pour pirater le système de surveillance afin de prouver ses compétences : il obtient alors le poste... Sauf que son ex-femme lui apprend qu'elle part s'installer à Miami avec leur fille. Il doit choisir entre son job et sa fille...
(Ci-dessus : extrait de Ant-Man #2.)

Etabli à Miami, Ant-Man obtient un prêt auprès d'une banque pour louer un local pour son agence de sécurité. Grizzly, un ennemi de l'ancien Homme-Fourmi Eric O'Grady, débarque alors avec l'intention de se venger. Réalisant sa méprise, il accepte de seconder Scott Lang dans son boulot...

Publié depuis le mois de Mars aux Etats-Unis, cette série consacrée à Ant-Man est opportunément et rapidement traduite par Panini dans une revue bimestrielle à son nom pour profiter de la sortie du film de Peyton Reed (en salles depuis le 14 Juillet chez nous).
Si on ne peut que se féliciter d'avoir aussi vite ce titre en France, on peut néanmoins s'interroger sur sa publication, tous les deux mois et dans une revue de 72 pages à 4,60 E, avec en complément un épisode d'Iron Man datant de Décembre 2010 (!), alors que le mois dernier Panini sortait un autre bimestriel, SHIELD, pour surfer sur la vague du feuilleton télé (diffusé sur W9). N'aurait-il pas été plus judicieux de publier un seul bimestriel, certainement plus solide et attractif artistiquement et commercialement, avec deux épisodes de SHIELD et Ant-Man à 4,90 E ? Ou une formule, bimestrielle aussi et avec deux épisodes d'une série, sans complément de programme bizarroïde, à disons 4 E-4,20 E ? (Bien entendu, ces hypothèses suggèrent qu'on soutire moins d'argent aux clients, ce qui est naïf de ma part)
On parie combien que tout ça finira par être reformaté et renuméroté dans quelques mois si les ventes sont décevantes ?

Mais soit, passons sur cela et concentrons-nous sur le contenu. Et de ce côté-là, n'hésitez pas, vous ne serez pas déçu.

S'il y a un enseignement à tirer des succès du Hawkeye de Matt Fraction et David Aja ou du run de Daredevil par Mark Waid et Paolo Rivera puis Chris Samnee, c'est qu'ils ont permis à Marvel de développer des séries qui ne se posent pas en concurrentes des blockbusters classiques mais ciblent un public en quête de productions différentes, mixant des éléments super-héroïques avec un ton emprunté aux comics indépendants (sur le modèle de Vertigo chez DC Comics ou d'Image Comics, par exemple).
Cela passe par une écriture qui propose une vision iconoclaste d'un héros et un graphisme soigné mais original. Et l'équipe formée par Nick Spencer (révélé par Morning Glories, chez Image, puis scribe entre autres de Avengers World ; Superior Foes of Spider-Man) et Ramon Rosanas (artiste sur Spider-Man 1602 ; Night of the Living Deadpool) répond à ces critères.

La situation de Scott Lang (qui a aussi été choisi pour être Ant-Man au cinéma, interprété par Paul Rudd) est clairement exposée dans un flash-back, facilitant la compréhension des origines du héros : ex-repris de justice, successeur de Hank Pym, père divorcé à la recherche d'un emploi, membre secondaire des Avengers ou des FF, c'est un personnage immédiatement attachant qui, au moment où il pense sortir des ennuis, est confronté à un dilemme moral.

Nick Spencer raconte ces deux premiers épisodes avec beaucoup de rythme, un humour pince-sans-rire bienvenu, dans des décors dépaysants (San Francisco puis Miami) et un supporting cast bien défini (la relation père-fille entre Scott et Cassie, le couple défait de Scott et Peggy, la hiérarchie établie avec Iron Man version Superior - qu'on peut suivre dans la revue "Avengers Now !" - , l'irruption de l'improbable vilain Grizzly). La voix-off est très présente également, mais ce que pense Ant-Man ne répète pas bêtement ce qu'il fait donc l'effet est inspiré. Le deuxième épisode s'achève sur un cliffhanger accrocheur.

Les dessins de Ramon Rosanas témoignent d'une réelle exigence de sa part : même si le traitement des décors est parfois un peu froid (car entièrement conçu par un assistant numérique), il faut retenir qu'une grande majorité de plans possède un décor fouillé. Les attitudes et expressions des personnages sont aussi très bien rendues, et le nouveau design du costume de Ant-Man est réussi.

Un sentiment de densité graphique est palpable avec ces cases, ces pages bien remplies, au découpage classique mais fluide. C'est exceptionnel, mais sur 50 pages (le premier épisode en fait 30), on ne compte que deux splash-pages - et bien disposées ! Le trait est élégant, avec un encrage bien net (réalisé par Rosanas) et une colorisation nuancée (due à Jordan Boyd).

Bilan : si le format de la revue aurait mérité mieux, cette nouvelle série est un plaisir auprès duquel il ne faut pas passer. On tient là un remplaçant possible à Hawkeye et Daredevil (même si le projet est moins ambitieux, narrativement et visuellement). Par contre, épargnez-vous la lecture d'Iron Man : Titanium (par Matteo Casali et Steve Kurth) : ça vous gâcherez la vue, à moins que (comme pour moi) ça ne vous tombe des mains.