mercredi 9 janvier 2013

Critiques 369 : HAWKEYE #1-2-3, de Matt Fraction et David Aja


HAWKEYE #1 : LUCKY
(Août 2013)
"This is what he does when he's not being an Avenger." :
le credo de la série.

Blessé après une mission en solo, Clint Barton passe six semaines à l'hôpital et regagne son domicile, dans un immeuble où des mafieux russes viennent prélever les loyers et n'hésitent pas à expulser les habitants qui ne les paient plus. Notre héros décide de prendre les choses en main et propose à Ivan, le chef des "Dracula tracksuits", de racheter l'immeuble. Mais la transaction dégénère et dans la bagarre qui suit, un chien est blessé. Clint transporte l'animal chez un vétérinaire...
"Okay... This looks bad." : le leitmotiv de la série.

Clint découvre que son immeuble est sous la coupe
de mafieux russes...

On note d'entrée deux points essentiels pour le projet de Matt Fraction quand il reprend la série Hawkeye : d'abord, le titre complet tel qu'on le lit sur la page des crédits est "Clint Barton, a.k.a. Hawkeye", ce qui signifie clairement que le vrai héros est moins l'archer vedette des Vengeurs que son alter ego au civil, et ensuite, comme pour souligner ce fait, il est précisé que l'on va découvrir ce qu'il fait quand il n'est pas avec les Vengeurs.

Les codes super-héroïques sont donc détournés pour se focaliser sur l'aspect humain du personnage. Et c'est un angle pertinent car, si l'on y réfléchit, Hawkeye n'est pas un super-héros au sens où il n'a pas de super-pouvoirs. Il n'est ni un super-soldat scientifiquement amélioré comme Captain America, ni un savant avec une armure comme Iron Man, ni un dieu comme Thor, ni un mutant comme Wolverine, etc. Ce n'est "que" un formidable archer, ancien vilain repenti, désormais chef des Secret Avengers.

Le résumé de cet épisode tel que je l'ai rédigé peut donner le sentiment d'un récit anecdotique et plat. Fraction déjoue ces écueils en déstructurant sa narration, avec des flashbacks resserrés : les lignes de temps sont en effet étroites, entre les deux périodes principales de l'histoire - du moment où Clint sort de l'hôpital et découvre la situation de ses voisins puis celui où il va négocier avec les russes avant de les affronter. Cette déconstruction dynamise les évènements et introduit du suspense, une profondeur de champ. Elle permet au scénariste de jouer avec les ellipses tout en, finalement, zappant peu de scènes une fois dans le vif du sujet (à partir du moment où Clint propose de l'argent à Ivan jusqu'à sa nuit chez le vétérinaire, on a droit à une longue séquence pratiquement d'un trait).

L'autre enjeu, c'est de donner une humanité au héros : cela passe, visuellement, par le fait qu'on ne le voit que deux pages en costume (lors de son accident) puis le reste en civil, mais surtout en le représentant au prise avec des problèmes très quotidiens, terre-à-terre. Matt Fraction nous montre les coulisses, ce qu'est un justicier costumé quand il n'est pas en mission avec d'autres collègues : ainsi Clint Barton réside dans un quartier populaire, assez pauvre même, entouré de gens ordinaires, de condition modeste, de plusieurs ethnies et d'âges différents. Lui-même est décrit comme un type banal, discret, plein d'auto-dérision, mais aussi volontaire. Sa décision de débarrasser son immeuble des russes est au moins autant motivé par son souci d'être tranquille que par l'envie d'aider ses voisins.

Dernier point, et non des moindres, le parcours effectué par le personnage dans cet épisode est mis en parallèle avec celui du chien qu'il va sauver : tout commence à l'hôpital avec Clint bien amoché et se finit dans le cabinet d'un vétérinaire avec le cabot esquinté. Bien qu'il se défende d'être le maître de l'animal, il est clair que Clint s'y attache plus que par amour des bêtes : comme Arrow, dont le nom est un clin d'oeil du destin à ses armes de prédilection, Barton est aussi un chien errant, abandonné, élevé dans la rue, et sauvé par la providence d'une rencontre (en l'occurrence sa jeunesse dans un cirque). La métaphore est peut-être simpliste et trop sentimentaliste mais elle fonctionne joliment, et il est impossible à la fin de l'épisode de ne pas aimer ce clébard, d'être ému par sa relation avec le héros.

... Et il décide de le racheter.

Visuellement, l'épisode est très impressionnant et donne à la série un cachet remarquable. Depuis son run sur Immortal Iron Fist, David Aja s'était fait discret, dessinant ici un one-shot de Wolverine (Debt of death, écrit par David Lapham), là des épisodes de Secret Avengers (le #6 avec Michael Lark, écrit par Ed Brubaker, puis le #18, écrit par Warren Ellis), et se consacrant surtout à l'illustration de couvertures et de character's designs (pour Valiant comics notamment). Une réserve frustrante pour cet artiste virtuose.

Son engagement sur Hawkeye signe son grand retour, avec un personnage qu'il apprécie visiblement beaucoup, depuis longtemps (dans la postface de ce #1, on trouve un dessin datant de 1991). La couverture distingue déjà la production avec son utilisation très esthétique de l'espace négatif, une colorisation franche (de Matt Hollingsworth) et un lettrage élégant (signé Chris Eliopoulos). Les pages intérieurs confirment la forme éclatante du dessinateur.

Aja réalise toutes ses planches digitalement puis les scanne pour les encrer. Son trait s'est épaissi (depuis Iron Fist) et épuré, évoquant encore davantage l'influence de Mazzucchelli sans l'imiter platement. Avec une économie d'effets prodigieuse, il prodigue de l'expressivité à ses personnages, soignant notamment leurs attitudes.
Mais c'est surtout son découpage, la disposition de ses vignettes, sa manière de jongler avec le texte (une voix-off très présente notamment), les raccords qui servent de liaison entre les lignes temporelles du récit, qui sont extraordinaires. Il se dégage de ses planches une densité et une vivacité incomparables, qui bonifie le script.

Pour un début, c'est (déjà) un coup de maître.
*

HAWKEYE #2 : THE VAGABOND CODE
(Septembre 2013)


Sa précédente aventure a fait prendre conscience à Clint Barton qu'il avait à coeur d'agir en dehors des Vengeurs mais qu'il avait quand même besoin d'aide : il demande donc à Kate Bishop, membre des Jeunes Vengeurs, archer comme lui et qui avait pris son alias d'Hawkeye quand il opérait sous le masque de Ronin, de lui prêter main-forte. Intrigué par des graffitis en ville, Clint reconnaît le "code des vagabonds", une astuce graphique qu'utilisaient les gens du cirque et les s.d.f. pour éviter les forces de l'ordre. La représentation que donne le mystérieux Cirque de Nuit à l'hôtel Metropol, en présence du gotha, met la puce à l'oreille du héros sur une opération criminelle d'envergure...
"Le Cirque de Nuit" : une parodie du Cirque du Soleil...
Et une troupe de "voleurs de voleurs".

Pour ce deuxième épisode, Matt Fraction modifie un peu son projet tout en gardant le sel du premier chapitre. La modification principale vient de l'ajout d'un personnage à la série, qui mériterait alors de s'appeler "Hawkeyes" au pluriel, puisque Kate Bishop devient la partenaire de Clint Barton. 

Il ne s'agit cependant pas pour le scénariste de créer un couple romantique de plus (actuellement, Clint, rappelons-le, vit une relation avec Spider-Woman), mais plutôt de s'inspirer d'un tandem tel que celui de la série Chapeau melon et bottes de cuir (The Avengers en vo...), avec John Steed et Emma Peel - cette inspiration sera confirmée dans l'épisode suivant, avec des clins d'oeil esthétiques évidents. 

L'idée est astucieuse et amusante : elle insuffle une dynamique malicieuse, un suspense habile, à la série. Kate Bishop est décrite comme une jeune femme au caractère bien trempée, qui teste Clint Barton pour savoir pourquoi il veut vraiment faire équipe avec elle. Clint voit davantage en elle qu'une héritière (au propre - car elle vient d'un milieu aisé - comme au figuré - car elle est archer et a pris le même surnom que lui) que comme une surdouée, supérieure à lui (dans la pratique du tir à l'arc comme dans l'action en général). 

Cela se traduit concrètement dans l'intrigue puisque encore une fois il est rudoyé et mis k.o. par ses adversaires et c'est elle qui le tire de ce mauvais pas. Avant cela, c'est aussi elle qui leur permet d'infiltrer la soirée à l'hôtel Metropol où le Cirque de Nuit donne son spectacle, devant une assemblée de notables, dont certains sont des malfrats bien connus (on voit le Caïd, Mme Masque, Tombstone, le Hibou, Hammerhead...). En fait, c'est le coeur de l'histoire : les saltimbanques sont des voleurs de voleurs - et Clint et Kate vont à leur tour voler les voleurs de voleurs (ce qui, quand Wilson Fisk le découvrira, annonce une revanche future...).

Narrativement, Fraction traite cet épisode en employant une narration éclatée comme précédemment, afin là aussi de donner du nerf au récit : il l'ouvre d'ailleurs avec une scène spectaculaire où les héros sont en fâcheuse posture.Cependant, ce chapitre est moins découpé que le premier et se concentre davantage sur l'action, avec bonheur. 

En passant, Clint se trouve confronté à un épéiste qui a été formé par Jacques Duquesne, le Swordsman, mentor d'Hawkeye quand il a intégré le cirque dans sa jeunesse. Fraction se sert de cette référence sans que le lecteur qui ne connait pas tout le passé du héros soit perdu mais en faisant plaisir au fan de longue date.

David Aja livre des planches encore plus sidérantes que pour l'épisode précédent et sa complicité avec le coloriste Matt Hollingsworth (qui excelle à utiliser une palette réduite, où dominent le bleu et le mauve - les couleurs du costume d'Hawkeye - et laisse quelques cases en noir et blanc - comme des arrêts sur image ou des ralentis) et le lettreur Chris Eliopoulos est jubilatoire.
Peu d'artistes actuels (à part JH Williams III, et des indépendants comme David Mazzucchelli ou Chris Ware) savent aussi bien que Aja découper leurs planches sans céder à l'esbrouffe mais en cherchant à rendre chaque image, chaque page éloquente, en dosant leurs effets.

Le "morceau de bravoure" de l'épisode est la planche ci-dessous, composée de 24 plans (!), où l'expressivité des personnages, la valeur de chaque vignette, leur enchaînement, l'architecture même de la page est un tour de force en même temps qu'une démonstration d'intelligence narrative.
Une planche de 24 plans qui n'est pas là que pour épater la galerie :
un chef d'oeuvre de David Aja.

Encore plus haut, encore plus fort : la série fait vraiment très fort.
*
HAWKEYE #3 : CHERRY
(Octobre 2013)
"Okay... This looks bad. Really... Really bad.
But believe or not... It's only the third most-terrible idea
I've had today and today I have had nine terrible ideas."

Résolu à trier ses flèches et à les étiqueter pour les reconnaître quand il s'en sert, Clint s'absente pour acheter du café quand Kate lui fait remarquer qu'il n'en a plus. Il rencontre alors une séduisante rousse qui possède une Dodge challenger 1970, la voiture de ses rêves. Elle est prête à la lui vendre sur-le-champ. Après une partie de jambe-en-l'air avec la belle Cherry, Clint voit débarquer les "Dracula tracksuit" (ces mafieux russes à qui il s'est déjà frotté dans le #1) qui enlève la fille et sa voiture. Kate arrive à la rescousse peu après et c'est parti pour une folle course-poursuite...

Avec ce troisième épisode, Matt Fraction livre son meilleur travail depuis le début de sa reprise de la série : tout ce qui fonctionnait précédemment est encore plus jouissif ici et le principe du titre, fonctionnant sur le principe de "done-in-one stories" (des épisodes avec une intrigue bouclée), est exploitée à merveille.

Soit donc des ingrédients, somme toute classiques, mais parfaitement développés en une vingtaine de pages à la fois drôles et palpitantes, où Clint Barton commence sur une bonne intention (ranger son arsenal) et dérape très vite (il trompe Spider-Woman avec une inconnue, qui ressemble d'ailleurs de manière troublante à la Veuve Noire Natasha Romanov, une de ses ex) puis se fait rosser par les malfrats russes (des homologues de ceux rencontrés dans "Lucky"), et enfin s'engage dans une car-chase mouvementée avec Kate Bishop.

C'est peu dire qu'on se régale en lisant ce qu'a mijoté Fraction qui fait feu de tout bois, avec des personnages bien caractérisés, un tempo infernal, des réparties savoureuses (le duo Clint-Kate est digne des meilleurs couples de la "screwball comedy" classique avec le gimmick des flèches - en particulier la flèche-boomerang dont l'emploi se révèlera crucial in fine).

L'autre prouesse qu'accomplit le scénariste est de livrer une histoire aussi efficace que n'importe comic-book super-héroïque digne de ce nom en déjouant les codes du genre (pas de costumes, pas de super-vilain). Surtout, il joue à fond la carte de la référence à Chapeau melon et bottes de cuir, avec un humour pince-sans-rire, où Kate Bishop assure les arrières de Clint Barton (deux fois k.o. dans l'affaire).   
"Boomerang arrow, Kate -- It comes back
to you in the end. Boomerang. Respect it."

David Aja s'est visiblement lui aussi éclaté à dessiner cet épisode dans lequel il fait encore une fois des étincelles.
Son découpage est une leçon (encore) : ses pages sont construites comme de vraies morceaux de musique, avec des séries de vignettes identiques dans leur format puis de plans plus larges, ce qui donnent un rythme extraordinairement fluide à la lecture. A l'heure où tant de dessinateurs adeptes du "tape-à-l'oeil" usent et abusent des doubles pages, Aja ne réalise pas une seule "splash-page" de tout l'épisode et pourtant c'est fabuleusement aéré, vivant, avec une gestion de l'espace impeccable. 

Chez lui, chaque plan est pensé, soupesé, juste, et personnages comme décors sont au diapason, avec des expressions, une gestuelle naturelles.

Il glisse lui aussi des clins d'oeil à Chapeau melon et bottes de cuir en habillant Kate Bishop d'une tenue identique à celle que portait Emma Peel/Diana Rigg dans le feuilleton.
Ce talent qu'il a pour animer des scènes intimistes, avec juste deux personnages qui discutent, est intact quand il s'agit de traiter les séquences d'action : savoir dessiner une course-poursuite est un exercice redoutable qui exige de varier les angles, de donner l'illusion du mouvement, de la vitesse, de traduire les impacts, le crissement des pneus, etc. Il faut imiter le cinéma sans renoncer à la bande dessinée, et donc choisir chaque image avec soin, produire des enchaînements de cases. Aja s'acquitte de cette tâche avec une maestria confondante.

La colorisation donne la part belle à des teintes plus chaudes, avec des bruns, des beiges, du rouge, du marron, donnant un look typique des photos de films des 70's à l'épisode : encore, là aussi, un travail admirable de Matt Hollingsworth.

Trois épisodes, trois réussites. Quelle somptueuse relance ! Droit dans le mille !

mardi 1 janvier 2013

Critique 368 : PHOTONIK - LA SAGA DU MINOTAURE, de Ciro Tota


Photonik : La Saga du Minotaure est la première histoire de la série créée, écrite et dessinée par Ciro "Cyrus" Tota, sous la supervision de Marcel "Malcom Naughton" Navarro. Cet arc narratif compte 12 épisodes, publiés de Juin 1980 à Mai 1981 dans la revue "Mustang", éditée par Lug.
*

Le Minotaure arrive sur Terre...

La naissance de Photonik...

Nazel Ziegel s'apprête à passer à l'action...

Tom Pouce comprend que quelque chose cloche...

Le 24 Décembre, un imposant vaisseau en forme de building se pose au coeur de Central Park à New York. A son bord, une créature extra-terrestre, le Minotaure, et son équipage de techniciens asservissent rapidement à l'aide de sondes audio-hypnotiques toute la population du monde entier.
Toute ? Pas vraiment. Trois individus résistent à l'emprise du monstre. D'abord, il y a Thaddeus Tenderhook, un jeune homme bossu qui travaille comme homme de ménage dans le laboratoire de l'université : un appareil appelé le Luminotron s'active alors qu'il est prisonnier dans la pièce où il se trouve, après une coupure de courant dûe à l'arrivée du Minotaure et de son vaisseau. Irradié, il est transporté à l'hôpital dans un état critique, mais se transforme durant la matinée suivante en Photonik, "l'homme-lumière", et s'échappe.
Ensuite, il y a le Docteur Nazel D. D. Ziegel, un vieil homme aux capacités mentales supérieures (télépathe et télékinésiste), ayant pressenti l'arrivée de l'alien sur Terre.
Enfin, il y a Tom Pouce, un adolescent qui vit clandestinement dans une grotte souterraine de Central Park.
Ces trois résistants se rencontrent, incrédules, dans la rue et comprennent rapidement la situation lorsqu'ils sont pris à parti par les passants qu'ils essaient de "réveiller". Le Minotaure a bien sûr remarqué que son emprise ne touchait pas Photonik, Ziegel et Tom Pouce, qui se jurent alors de le vaincre... (#1 : Black-Out)
"Suppose qu'à l'instant même où tu lis ces lignes,
un être guide tes pensées et tes gestes à ton insu !"


Le Dr Ziegel dôte Photonik d'un costume lui permettant de contenir son énergie et l'entraîne à se servir de ses pouvoirs, puis il équipe Tom Pouce de gadgets (bottes à réaction et lance-pierre avec divers projectiles), permettant ainsi à leur trio de faire face au Minotaure.
Ils investissent le vaisseau-building de l'extra-terrestre en espérant rapidement découdre avec lui, mais c'est un échec. Toutefois ils prennent conscience de la puissance de leur ennemi et comprennent qu'il leur faudra être patient et rusé pour le vaincre. 
Ils se séparent temporairement pour faire le point. Photonik perd ses pouvoirs et redevient alors le pauvre Thaddeus Tenderhook...  (#2 : La Nuit des Dupes)

Le Minotaure décide de prendre les choses en main et capture le Dr Ziegel puis Tom Pouce, comptant sur ces prises pour piéger Photonik. Thaddeus, qui a assisté à l'affrontement du Minotaure et Tom Pouce quand celui-ci l'empêchait d'être tabassé par Freddy, Max et Sarah, trois loubards, retourne à l'université et réactive le Luminotron pour se retransformer en Photonik.
Le Minotaure envoie aux trousses de "l'homme-lumière" le Chasseur Aîlé, conçu pour le pister. Photonik ruse en se laissant prendre afin d'infiltrer le repaire de l'ennemi et libérer ses compagnons. En fuyant, ils découvrent que le vaisseau-building dispose d'un salle des machines extraordinaire peuplée d'homo-ordinateurs... (#3-4 : David et Goliath - Pièges)



Ziegel, Tom Pouce et Photonik à nouveau libres, le Minotaure utilise une nouvelle arme pour les débusquer et les assujettir : le Sagittaire est un centaure extra-terrestre qui va affronter le trio de héros à Central Park. Mais la créature se bat à  contrecoeur et avoue à ses adversaires qu'elle sert le tyran pour protéger son peuple.
Le Minotaure préfère neutraliser le Sagittaire et lui faire quitter le champ de bataille avant de perdre son contrôle sur lui.
Cependant, Hugh et Jenny, deux étudiants, inspectent la salle du Luminotron à l'université, convaincus qu'il existe un lien entre Thaddeus Tenderhook et Photonik... (#5-6 : Le Bulbe - Panique à Central Park)
Le Dr Ziegel révèle à Photonik qu'il connaît son identité civile et le pousse à tester ses pouvoirs puis à empêcher Jenny et Hugh de poursuivre leur enquête sur Thaddeus Tenderhook. Tom Pouce, lui, corrige à nouveau Freddy, Max et Sarah qui ennuie un des gardiens du zoo de Central Park.
Le Minotaure, ayant constaté que ses attaques directes contre les héros n'ont pas les effets escomptés, entreprend de les neutraliser par la ruse. Il envoie l'Exécuteur libérer les animaux du zoo de Central Park, ce qui oblige Tom Pouce, Ziegel et Photonik à intervenir. 
Photonik s'épuise et redevient Thaddeus Tenderhook. Quant à Tom Pouce, il est capturé et amené pour être sondé mentalement au vaisseau-building du Minotaure, qui veut savoir pour quelle raison le gamin résiste à son emprise (la résistance de Ziegel s'expliquant par ses pouvoirs mentaux et celles de Photonik par sa condition surhumaine). (#7-8 : La Souricière - Lâchez les Fauves !)
Couverture de Mustang n°61 par Jean-Yves Mitton
(où figure l'épisode #8)

L'analyse psychique de Tom Pouce par les techniciens du Minotaure dévoilent les origines du jeune garçon et pourquoi il n'a pas été hypnotisé : après avoir fui sa famille et vagabondé, il a fait la connaissance d'un vieil indien, Sage-qui-parle-avec-le-feu, ayant prophétisé la venue de l'extraterrestre. Initié à un rite tribal, Tom a ainsi été immunisé contre le Minotaure. (#9 : Petit-homme-blanc)
Pendant ce temps, le Dr Ziegel et Thaddeus Tenderhook conctent un plan pour sauver leur ami. Le bossu s'introduit dans le vaisseau-building en se mêlant à la foule et accède jusqu'à la salle où est retenu Tom Pouce. Mais Jenny l'a suivi et l'Exécuteur les a repérés.
Ziegel pense Thaddeus et Jenny morts mais le tueur du Minotaure a, avec ses rayons optiques, permis à Photonik de renaître car il a absorbé leur énergie. Guidés mentalement par le Doc, Photonik (évacuant au passage Jenny inconsciente) et Tom Pouce s'évadent en kidnappant le Mentor, leader des homo-ordinateurs, ce qui cause des dommages sévères à l'antre du Minotaure - et conséquemment lui ôte toute emprise sur la population terrienne ! (#10-11 : Et L'Empire s'effondra - Cauchemar)
Le Chasseur Aîlé est envoyé une nouvelle fois aux trousses de Photonik pour que le Minotaure s'en débarrasse en même temps que Ziegel et Tom Pouce. La bataille finale entre l'alien et le trio est disputée et se soldera par un sacrifice héroïque... (#12 : Résurrection ou La Fin d'une Saga)
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C'est au scénariste et éditeur Marcel Navarro (1923-2001) qu'on doit le lancement dans le mensuel "Mustang", n°54 du 5 Juin 1980, de la série Photonik, écrite et dessinée par Ciro Tota.
Trente ans avant, en 1950, Navarro et Alban Vistel fondent les éditions Lug qu'ils dirigeront ensemble jusqu'en Janvier 1989 et qui va traduire en français la majorité du matériel de Marvel Comics via les revues "Strange", "Spécial Strange", "Spidey", "Titans", et diverses collections d'albums.
Le succès de ces périodiques, bien que leurs séries soient souvent retouchées et censurées (en raison de la loi concernant les publications destinées à la jeunesse), incite Navarro à lancer les "Sup'Héros" dans la revue "Mustang", qui proposait des westerns jusqu'alors. C'est ainsi qu'apparaissent Mikros ("Titan microscopique"), écrit et dessiné par Jean Mitton alias "John Milton" (pour coller aux crédits des vrais comics américains) ; Mustang (les aventures d'Ozark et du Magi-Circus) écrit par Jack Nolez et dessiné par Frank Honest ; et enfin Photonik écrit et dessiné par Ciro "Cyrus" Tota. Navarro rebaptisé "Malcom Naughton" supervise les trois séries.
Photonik est considéré comme le "sleeper" de la revue, la petite dernière des trois séries qui créer la surprise auprès des fans (dans les faits, Mikros restera la "locomotive" du mensuel jusqu'à son transfert dans "Titans", et Photonik acquérera son statut de vedette à part entière quand elle sera installée dans "Spidey").
Ciro "Cyrus" Tota est né en 1954 en Italie et s'est fait un peu remarquer en dessinant notamment Blek le roc quand Navarro lui offre de créer son titre, misant sur sa jeunesse. L'artiste assure également l'écriture et se lance alors dans une vaste saga qui s'étalera sur douze épisodes, une année entière, en mixant des éléments super-héroïques, des contes et légendes, de la mythologie grecque et de la science-fiction. L'ambition de la démarche est étonnante, et c'est sans doute pour cela que 33 ans après Photonik a conservé cette qualité et cette modernité (alors que les premiers épisodes de Mikros ont mal vieilli, au moins scénaristiquement).
Pour composer Photonik, Tota s'appuie sur des ingrédients dont il a pu vérifier l'efficacité sur Blek le roc, en particulier un trio de héros représentant plusieurs générations et valeurs. Il y a Photonik lui-même, un héros adulte très "Marvel-ien", puisque son alter-ego, Thaddeus Tenderhook, est l'archétype du "personnage à problèmes" : bossu, vivant dans une famille où il n'est pas aimé, travaillant comme homme de ménage dans une université où il est râillé par les chercheurs et les étudiants, il évoque des figures comme Peter Parker/Spider-Man (l'université, la science) ou Don Blake/Thor-Steve Rogers/Captain America (un gringalet blond, infirme, qui devient un surhomme). Ensuite, le Dr Nazel D.D. Ziegel incarne le vieillard, le sage, l'expérience : on découvrira dans des épisodes ultérieures à cette saga que ce vétéran juif est un rescapé des camps de concentration, ayant développé des capacités psychiques extraordinaires (il est télépathe - comme le Pr Charles Xavier, mentor des X-Men - et télékinésiste - comme Jean Grey/Marvel Girl/Phoenix). Enfin, il y a Tom Pouce, un adolescent (personnage donc auquel le lecteur visé peut le plus facilement s'identifier) qui a fui sa famille, erré à travers les Etats-Unis, été initié par un indien, et rejoint New York pour se cacher dans une grotte souterraine de Central Park : son caractère fonceur, à la fois insouciant et déterminé, sa témérité complète ceux de Tenderhook/Photonik et Ziegel (qu'il surnomme "Double-Doc").
Tota ne perd pas de temps pour présenter ses trois héros et les réunir (tout est assemblé à la fin du 1er épisode), tout comme il pose le postulat de sa saga avec rapidité (l'arrivée du Minotaure sur Terre, l'asservissement de la population, l'acquisition des pouvoirs de Photonik). Cette densité ne faiblira jamais durant les 12 chapitres, signe que Tota a non seulement des idées, mais un plan pour les distribuer, avec son lot de rebondissements, d'adversaires, et un dénouement habile et ouvert.
Pourtant, à bien y regarder, c'est la seule fois où Tota articulera sa série autour d'éléments si précis et mélangés à la fois, avec un ennemi d'une telle envergure, une menace aussi vaste, une intrigue aussi longuement déployée. Par la suite, Photonik et ses compères n'affronteront plus jamais un danger équivalent au Minotaure (et ses sbires), la série rentrera un peu dans le rang en jouant sur des codes plus simplement super-héroïques (dès l'arc suivant, un ersatz d'homme-singe fera office de méchant, avec un plan certes diabolique mais d'une envergure moindre et un charisme nettement inférieur). La "saga du Minotaure" affiche donc dès le départ un programme très relevé, qui frappe fort, et que son auteur ne renouvèlera plus (peut-être pour ne plus avoir à s'embarquer dans une suite d'épisodes aussi épiques, car Tota refusant de céder à ses propres standards de qualité aura du mal à tenir le rythme mensuel. Mitton assurera donc quelques intérims pour lui laisser le temps de souffler). 
A l'échelle de bien d'autres séries, Photonik a eu une durée relativement modeste (une cinquantaine d'épisodes), mais ses épisodes sont constants dans le soin avec lequel ils ont été réalisés. Tota ne reviendra jamais sur sa création une fois son run achevé, refusera même longtemps des rééditions (une intégrale collector en deux volumes noir et blanc va voir le jour en 2013) ou la merchandisation de ses personnages (un dessin animé fut ainsi annulé). C'est à cela aussi que Photonik doit son statut de série-culte.
Pour en revenir à la "saga du Minotaure" (terme-générique officieux car cette collection d'épisodes formant une histoire complète n'a jamais eu de titre global), en la relisant, peu de faiblesses se signalent. On peut surtout s'interroger sur la raison pour laquelle Tenderhook survit à l'irradiation du Luminotron et devient Photonik. Pour cela, il faudrait que le personnage ait eu des prédispositions, mais un peu comme Peter Parker devient Spider-Man après que son métabolisme ait intégré miraculeusement la piqûre d'une araignée radioactive, Thaddeus se transforme en "homme-lumière" par chance (au lieu de mourir brûlé).
D'une manière similaire, Tota attend 9 épisodes pour expliquer comment Tom Pouce échappe à l'emprise audio-hypnotique du Minotaure, et les raisons fournies, si elles ne manquent pas de charme, sont quand même très providentielles : il a en effet rencontré autrefois un vieil indien (préfigurant la figure du Dr Ziegel) qui prophétisa la venue du méchant extra-terrestre (un bon vieux cliché des comics super-héroïques dans lequel le vilain est toujours un étranger, symbolisant aussi bien un ailleurs fictif que politico-philosophique - comme le furent les japonais, les russes, les savants fous, les mauvais mutants, etc) et immunisa lors d'un rituel (aussi enfumé que fûmeux) le jeune fugueur. Une sacrée chance !
Quant à Ziegel, il est plus souvent qu'à son tour utilisé comme une béquille scénaristique qui sert à Tota d'issue de secours au gré des péripéties. Ainsi l'ancêtre habite un appartement qui ne paie pas de mine, conduit un tacot digne de celui de Gaston Lagaffe, mais a quand même assez de ressources (matérielles et/ou mentales) pour confectionner d'un épisode à l'autre un costume spécial pour Photonik, des gadgets pour Tom, pour sonder l'immense vaisseau-building du Minotaure (dont il trouve les sorties, la salle des homo-ordinateurs, le moyen de débrancher - sans le tuer ! - le Mentor), hypnotiser Photonik (afin de lui permettre de tester ses pouvoirs) puis Jenny (pour qu'elle oublie tout de la cachette de Tom Pouce et même leur affrontement contre le Minotaure).
Tout ça prête un peu à sourire évidemment, tout comme le fait que le Minotaure soit paradoxalement surpuissant, disposant toujours d'une arme secrète (qu'il remisera aussi sec si elle n'a pas fonctionné comme prévu - le Sagittaire - ou ressortira in fine - le Chasseur Aîlé dans le #4 puis #12, mais pas entretemps)... Quand son emprise mondiale est défaite, Ronald Reagan en personne (alors président des Etats-Unis) exige une enquête sur le vaisseau-building de l'alien mais n'ordonne aucune action de la police, des services spéciaux ou de l'armée... 
La narration de Tota est efficace mais il brode aussi beaucoup pour broder, inventant des personnages souvent sommaires (le Sagittaire étant l'exception notable) juste pour débusquer/défier les héros, puis les rangeant dans leur placard aussitôt après, et utilisant le Minotaure lui-même de manière inégale (soit comme un démiurge, un stratège, soit en le faisant directement descendre dans l'arêne quand il est exaspéré).
Si on relève ces points-là, Photonik et la saga du Minotaure ne valent peut-être pas toute la considération qu'on leur donne.
Mais si on veut être plus modéré, clément et apprécier l'histoire dans son entièreté, le bilan est tout de même plus positif et justifie l'attachement qu'on porte à la série, ses héros.
D'abord, Tota maîtrise très bien le rythme de son intrigue, alternant séquences d'action et scènes plus calmes. Il distribue les cartes avec habileté : après les deux premiers épisodes où il expose la situation et éclaircit les enjeux, faisant de son trio des résistants, forcés à la clandestinité, unis bon gré mal gré, avec des interactions dynamiques, une galerie de seconds rôles fournie (au groupe formé par Photonik, Ziegel et Tom répond celui du gang composé de Freddy, Max et Sarah, qui passe de harceleurs à souffre-douleurs), le scénariste structure son récit souvent en deux temps (l'annonce d'une nouvelle menace, d'une nouvelle manoeuvre du Minotaure, puis le combat des héros contre ce nouveau danger). On frémit avec eux car le rapport de forces est tellement disproportionné qu'on se demande vraiment comment le Minotaure sera vaincu et chassé.
On assiste donc à un défilé d'adversaires originaux : le robot-sondeur (avec son air de R2D2) ne fait pas sensation, mais ensuite le Chasseur Aîlé et surtout le Sagittaire (seul à diposer d'un background atypique, qui rend sa position et l'affrontement avec les héros inattendus) réservent de grands moments. L'Exécuteur, mélange entre le traditionnel androïde et le gangster classique de série noire (avec son costume et son borsalino noirs) fait aussi son effet. Enfin, le Mentor n'est pas un énième méchant surgissant à la fin mais un moyen singulier pour Tota de relancer le récit et préparer son issue.
Le dénouement de la saga, à cet égard, est sensationnel, mené sur un tempo soutenu, avec des coups de théâtre en cascade, une situation compromise, un sacrifice, et une solution inspirée pour clore 12 épisodes sans en expédier la sortie. 
Entretemps, Tota trouve aussi la "kryptonite" de Photonik, ce qui permet à la fois à Thaddeus de réapparaître (et, en passant, à Ziegel de révèler au héros qu'il connaît sa double identité - une découverte qu'il a faîte en le sondant télépathiquement... Mais sans le lui avoir demandé, ce qui ajoute à la ressemblance entre Ziegel et Charles Xavier, qui ne s'est jamais gêné pour lire les pensées, les effacer, les manipuler) tout en exploitant le décor de Tom Pouce. Celui-ci vit sous terre, donc à l'abri des regards mais aussi de la lumière naturelle, or c'est celle-ci qui permet aussi à Photonik d'emmagasiner de l'énergie (comme Superman d'ailleurs). Si "l'homme-lumière" est privé de jour trop longtemps, c'est comme s'il use trop de ses pouvoirs, il redevient le bossu Tenderhook, et cela offre quelques cliffhangers bien employés par Tota, à des moments stratégiques (lorsque Jenny et Hugh enqupetent sur Thaddeus, lorsque les fauves du zoo de Central Park sont libérés par l'Exécuteur, par exemple).
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Enfin, un mot (et même plus) sur le graphisme de la série, qui, lui, est remarquable de bout en bout et fait de Photonik non seulement une série d'un calibre équivalent aux meilleurs comics US mais une bande dessinée qui n'a pas vieilli, et même s'est bonifiée avec les ans.
Avant cela, Ciro Tota avait fait ses armes dans le western, à l'école des fumetti (les comics italiens). C'est donc, à 26 ans, quand il démarre Photonik, un artiste certes jeune mais expérimenté et complet, sachant tout dessiner : le soin qu'il apporte aux décors (aussi bien les extérieurs - son New York, et Central Park en particulier, sont stupéfiants - que les intérieurs - comme la grotte de Tom Pouce ou le vaisseau-building du Minotaure), le réalisme des véhicules, la diversité des costumes, la qualité des designs (comme la tenue simple et élégante de Photonik mais aussi le Sagittaire, superbe centaure, ou le Chasseur Aîlé, rapace métallique très racé, et bien sûr le Minotaure, imposant à souhait) sont exceptionnels.
Ses découpages sont aussi très élaborés, avec des plongées et contre-plongées dynamisant des pages cadrées classiquement mais avec un souci de lisibilité parfait. Il chorégraphie des combats avec beaucoup de fluidité et de punch à la fois, varie les valeurs de plans avec une fréquence jamais prise en défaut.
Tota recycle aussi des gimmicks empruntés aux bandes des années 50 comme ses "opening pages" qui sont de véritables teasers pour chaque épisode, et s'astreignant avec inventivité à des résumés des évènements précédents sur une ou deux pages à chaque fois (celui de l'épisode #2 est resté fameux, mettant en scène un jeune lecteur sur son lit, la revue "Mustang" en mains, avec une voix-off qui suggère que tout ce qui est raconté dans la série est vraie, et que s'il ne s'en est pas rendu compte, c'est parce qu'il est sous l'emprise du Minotaure - une merveille narrative).
Visuellement, Photonik reste (et restera ensuite) avec Tota une série rivalisant avec les canons américains, les dépassant même parfois.
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Pour (re)lire cette saga mémorable, au goût de madeleine de Proust, procurez-vous les n°54 à 65 de "Mustang"... Ou économisez en vue de la parution des prochaines intégrales (50 Euros le volume quand même, tiré à 500 exemplaires seulement...). Mais ne passez pas à côté de cette série-culte !  

Critiques 367 : REVUES VF JANVIER 2013

Batman Saga 8 :

Batman (#8 : Le siège du manoir Wayne & L'appel*) : La Cour des Hiboux lâche ses Ergots sur le manoir de Bruce Wayne... Et Gotham ! Batman est obligé de se réfugier dans sa cache d'armes de la Bat-cave avec son majordome Alfred, qui sonne le rappel de la Bat-family...

Scott Snyder enchaîne avec le second acte de sa saga des Hiboux, mais 8 épisodes pour en arriver là, c'est quand même très long ! Pour être parfaitement honnête, si l'Ergot est un adversaire intéressant, qui rafraîchit la "rogue gallery" de Batman, j'en ai assez de tous ces hiboux partout, tout le temps, qui ont toujours un coup d'avance - un comble pour un tacticien comme Bruce Wayne qui anticipe mieux que quiconque les mouvements de ses adversaires ! Ce sentiment de surenchère narrative a achevé de me lasser.
Ce n'est pas mal écrit, mais j'en ai marre. 

Dommage aussi pour Greg Capullo qui continue à fournir des planches très efficaces, même si, là aussi, je dois dire que je le trouve moins audacieux. La révèlation de ce run, c'est lui : je le connaissais très peu et sa contribution a été primordiale pour ne pas me faire lâcher l'affaire. Mais, bon, ça ne suffit pas pour continuer.

La back-up (*), co-écrite par James Tynion IV et dessinée (remarquablement) par Rafael Albuquerque, est d'un sacré niveau, qui donne envie de voir cette équipe sur un titre à part entière.
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Detective Comics (#8 : Stratégie d'épouvante & Bienvenue du côté obscur*) : L'Epouvantail fait chanter Batman pour assouvir une vengeance personnelle, en s'en prenant d'abord à Catwoman. L'affaire conduit le héros à affronter Eli Strange...

Même si ce nouvel épisode n'est pas renversant, c'est sans nul doute le plus réussi depuis le début du reboot de ce titre. Un "one-shot", avec Catwoman en guest-star, mené tambour battant, sur le principe de la course contre la montre, classique mais impeccable.

Visuellement, Tony Daniel ne fait pas d'étincelles mais s'en sort très bien. Mieux que Szymon Kudransky dans la back-up (*), pâle copie de Maleev.
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Batman & Robin (#8 : Né pour tuer - l'aube noire) : Personne est mort. Bruce Wayne et Damian rentrent au manoir panser leurs plaies... Et faire le point sur leur relation père-fils et la méthode à employer contre leurs ennemis.

L'épilogue de ce premier arc, qui a été parfait de bout en bout, ne déçoit pas et a même le mérite de conclure dignement en posant les questions qui fâchent (les conséquences du geste de Damian, l'attitude de Bruce envers son fils et ses ennemis). Peter Tomasi entraîne vraiment cette série très haut, avec subtilité et intensité. Remarquable.

Il est aidé par Patrick Gleason qui a livré (avec Mick Gray et John Kalisz) un travail exceptionnel à chaque épisode, et qui est aussi à l'aise dans l'action que l'intimisme. Bravo !
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Batgirl (#8 : Aucune ombre aussi profonde) : Bon, là, j'ai pas lu. C'est au-dessus de mes forces.
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Bilan : Trop chère, trop inégale - J'arrête la revue ici. Mais je regretterai B & R.
Marvel Knights 6 :

Daredevil (#10-10.1 : Angoisse au cimetière - Garde à vue) : Daredevil affronte L'Homme-Taupe, responsable de la profanation du cimetière où reposait son père, et doit à cette occasion repenser sa notion du deuil.
Puis Matt Murdock s'occupe du cas d'un certain Nolan, mercenaire employé par l'organisation du Spectre Noir, convoitant le disque Oméga.

J'ai déjà commenté ces épisodes, les deux derniers du 2ème recueil de la série. Mark Waid conclut en beauté le face-à-face entre Daredevil et l'Homme-Taupe, en soulignant leur similarité inattendue (touchant aussi bien à leur handicap qu'à la perte d'êtres chers). 
Cet épisode est magnifiquement mis en images par Paolo Rivera, dont le découpage, notamment, est d'une finesse et d'une inventivité exceptionnelles.

L'épisode ".1" est hélas ! beaucoup moins notable, ou pas pour de bonnes raisons. Waid est victime d'une opération éditoriale stupide et d'un dessinateur parmi les plus mauvais actuellement (l'infâme Koi Pham). A oublier.

A la fin de la revue, on a droit à une back-up issue de Astonishing Tales, datant de... 2009 ! Panini a dû trouver ça sur une étagère, mais qu'est-ce que ça vient faire là ? 
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Ghost Rider (#9 : Enfer et damnation) : je n'ai pas lu l'ultime (et long - 30 pages) épisode du relaunch raté de cette série, annulée alors qu'elle n'aurait jamais dû être lancée. Sa disparition va permettre à la revue de disposer d'un sommaire digne de ce nom désormais.
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Punisher (#9 : Tandem) : Alors que Chris Poulsen, cadre de la Bourse, l'organisation que veut démanteler le Punisher, croyait l'avoir piégé, il découvre son erreur... Et provoque une nouvelle rencontre et l'alliance entre Frank Castle et Rachel Cole-Alvès, qui poursuit le même but que lui.

Greg Rucka clôt un nouvel arc de sa série, dont le dénouement relance complètement les enjeux et le héros, désormais avec une partenaire d'armes. La décompression de la narration est compensée par l'habileté avec laquelle le scénariste utilise le silence et rythme l'action (superbes affrontements entre Castle et Poulsen puis les sbires du Spectre Noir).

Mirko Colak remplace Marco Checchetto (parti dessiner le crossover Omega Effect, publié dans son intégralité dans le prochain numéro de la revue). Son style élégant fait penser à un Clay Mann mais à la palette plus complète, notamment en ce qui concerne le découpage, bien maîtrisé. La colorisation de Matt Hollingsworth est superbe.
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Le Soldat de l'Hiver (#3 : Gare aux dormeurs...) : Bucky et la Veuve Noire commencent à y voir plus clair dans la tentative d'attentat visant le Dr Fatalis, lié au réveil d'un agent dormant du KGB formé par le héros autrefois. Nick Fury identifie Lucia Von Bardas comme l'instigatrice de la machination, et il faut maintenant convaincre Fatalis lui-même de coopérer pour éviter le pire...

Ed Brubaker donne un coup d'accélérateur à son intrigue en en dévoilant un pan entier, qui se réfère à la saga Secret War de Brian Michael Bendis (dans laquelle Nick Fury manipula plusieurs héros pour provoquer un coup d'état en Latvérie). Les éléments de l'intrigue s'emboîtent parfaitement jusqu'à l'alliance finale qui promet une suite accrocheuse. 

Au dessin, Butch Guice donne le meilleur de lui-même, en recevant le soutien de Stefano Gaudiano à l'encrage : ses planches y gagnent en lisibilité et en texture, et l'artiste réussit quelques scènes de toute beauté (comme le parachutage et l'infiltration de Bucky et Natasha, cadrés en plans verticaux).
Bilan : très positif - Daredevil (au moins avec Rivera), Punisher et Winter Soldier offrent de très bons épisodes et formeront à partir du prochain numéro certainement le plus beau sommaire de toutes les revues Panini.
 
Marvel Classic 9 :

Daredevil (#1 ; 15-19 : Les origines de Daredevil ; On l'appelle... Le Boeuf ! - Avec... Spider-Man ! - Au royaume des aveugles ! - Le Gladiateur te salue ! - Seul... Contre la pègre !) : Matt Murdock est le fils de Jack, un boxeur en fin de carrière qui accepte des combats arrangés par le Fixer. Lorsque Matt en voulant sauver un vieil aveugle perd lui-même la vue à cause d'un isotope radioactif tombé d'un camion, son père refuse de se "coucher" lors d'un match : il le paiera de sa vie et inspirera à son fils l'idée d'agir sous le masque et l'identité de Daredevil.
Plus tard, il va affronter le Boeuf, une brute épaisse manipulé par un co-détenu scientifique. Puis en traquant le Maraudeur Masqué, il va s'opposer, sur un malentendu, avec Spider-Man, avant de devoir neutraliser le Gladiateur. Pendant ce temps, Matt Murdock, devenu avocat avec Foggy Nelson, doit aussi composer avec l'amour que lui porte leur secrétaire, Karen Page, et qui suscite la jalousie de son associé...

Que Panini consacre une revue trimestrielle aux classiques de Marvel, comme le faisait "Strange Spécial Origines" en son temps, est une initiative qu'il est difficile de ne pas soutenir. Quand, en plus, il s'agit de proposer des épisodes rares de Daredevil, c'est encore mieux. Mais alors, pourquoi ne pas commencer par le début, ou du moins par les chapitres qui virent le héros prendre sa forme définitive ?
Le sommaire de ce numéro est pour le moins curieux : passé le premier numéro, avec les origines du personnage, écrites par Stan Lee et dessinées par le vétéran Bill Everett (qui quitta la série aussitôt après), on passe sans transition au #15, lorsque John Romita Sr prit le crayon (il avait auparavant encré les #12 et 13, dessinés par Jack Kirby).
Outre que ces épisodes ne soient pas, scénaristiquement, bien fameux (intrigues mollassonnes, méchants sans envergure - à part le Gladiateur qui faisait ses débuts), leur sélection aboutit de facto à zapper le passage de Wallace Wood, l'artiste qui relooka Daredevil en le débarrassant de son ridicule costume rouge et jaune pour sa combinaison écarlate. Par ailleurs, malgré tout le talent de Romita Sr, à l'oeuvre ensuite sur Spider-Man, sa prestation est très en deçà de son niveau, alors que Wood n'est resté que peu de temps, certes, mais avec des illustrations magnifiques (et bien plus collector, ce qui aurait valorisé le contenu de la revue).

C'est donc décevant, même si, par intermittences, ces aventures conservent un charme certain, avec cette propension unique qu'avait Stan Lee à marier le soap opera et les super-héros, à recycler des idées de série en série (DD était alors un héros bondissant à la langue bien pendue, loin des standards de Frank Miller), sans éviter toujours le ridicule (Foggy se déguisant en Daredevil pour impressionner Karen Page... Et déclenchant des catastrophes). 

La classe du dessin de John Romita Sr brille surtout dans les scènes "civiles" : ses personnages possèdent cette élégance, cette beauté, rétro certes mais intacte. Quand il lui faut mettre en scène DD en costume, le résultat est plus mitigé, mais en progression constante : sans doute qu'en restant plus longtemps sur le titre, il aurait produit des planches toujours plus convaincantes.

Bilan : une programmation absurde pour honorer Daredevil. Le prestige des auteurs au menu ne doit pas tromper le fan ou l'amateur du personnage : ces épisodes sont, au mieux, moyens. Dommage.   
Before Watchmen 1 :

J'ai hésité avant de me procurer cette revue car le projet d'une préquelle à Watchmen m'a déplu dès son annonce. Pour les fans de la première heure, et beaucoup d'auteurs, retoucher à Watchmen était un tabou. L'adaptation cinématographique, sans être indigne, n'était déjà pas à la hauteur. Mais, après son reboot, décomplexé, DC a franchi le Rubicon en lançant une préquelle. Ou plutôt une série d'antépisodes, avec 7 mini-séries (de 4 à 6 épisodes chacune), puis récemment des one et double shots... La machine est lancée. On se demande désormais où elle va s'arrêter.
Mais DC a su attirer des scénaristes et dessinateurs accrocheurs pour ce projet (ce qui permet aussi aux auteurs en question de se partager la responsabilité de leur participation). J'ai finalement voulu voir avant de condamner.
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Before Watchmen : Minutemen (#1 : Huit minutes) : Hollis Mason, le premier Hibou, achève la rédaction des ses Mémoires, Sous le masque, dans lesquelles il revient sur sa carrière de justicier masqué, l'apparition de ses homologues dans les années 40, et leur alliance...

Darwyn Cooke : un de ces auteurs complets dont le nom suffit à s'intéresser à un comic-book. Voilà bien l'homme qu'il fallait pour que je surmonte ma désapprobation vis-à-vis de Before Watchmen. Qu'il ait la charge de narrer l'histoire des Minutemen (projet qu'eût aussi Alan Moore) était un autre gâge pour me rassurer. C'est ce qu'il va faire en 6 épisodes.
Dans ce premier numéro, il s'attache à nous présenter les prédécesseurs des Watchmen, situant son récit dans un temps et une réalité où il n'existe pas d'autres super-héros masqués. Il s'acquitte avec brio de l'exercice en introduisant huit personnages, tous très différents dans leurs méthodes, leurs motivations, leurs combats, avec des séquences où l'action prime et où les caractères sont bien définis. Raconté depuis le moment où Hollis Mason s'est retiré et écrit ses souvenirs, le récit acquiert une profondeur, une perspective, qui ne trompent pas sur l'issue pathétique de l'aventure et ajoute un ton mélancolique à l'ensemble : c'est habile et inspiré.

Graphiquement, Cooke rend hommage au célèbre "gaufrier" que Dave Gibbons employait dans la série d'origine, mais il sait en tirer des effets intelligents et percutants, excédant l'exercice de style. Le rythme est soutenu mais le propos est aussi dense, et le sens du storytelling de l'artiste est vraiment exceptionnel.
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Before Watchmen : Spectre Soyeux (#1 : Cruels adieux) : Laurie est la fille de Sally Jupiter, ex-membre des Minutemen, qui souhaite la voir prendre sa succession. Mais elle a d'autres préoccupations, entre le mépris raciste (à cause de ses origines polonaises) des autres filles de son école et le béguin (réciproque) qu'elle éprouve pour Greg (dont le père, militaire, veut qu'il s'engage dans l'armée)...

Darwyn Cooke s'associe à Amanda Conner pour cette mini-série en 4 épisodes où il est question de Laurie avant qu'elle ne fasse partie de l'histoire de Watchmen. Le scénario de ce premier chapitre emprunte majoritairement à la comédie sans négliger de traiter des rapports difficiles d'une mère (célibataire) et de sa fille. Le résultat est sympathique, léger, mais on peut espérer que la suite sorte des sentiers battus...

Amanda Conner (Power Girl)est un bon choix pour dessiner ce récit : l'expressivité de son dessin, ses apartés burlesques (quand Laurie rêvasse), la rigueur de son découpage (lui aussi inspiré par celui de Gibbons) permettent d'apprécier les efforts pour produire quelque chose de prometteur.
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Before Watchmen : Le Comédien (#1 : Souriez !) : Edward Blake alias le Comédien a fait partie de la formation des Minutemen et a poursuivi sa carrière dans les premiers cercles du pouvoir politique. En 1962, il est même devenu intime avec les Kennedy. Mais bientôt, l'assassinat de JFK ébranle sa situation...

Brian Azzarello (auteur de 100 Bullets et aujourd'hui aux commandes de Wonder Woman) paraissait le candidat idéal pour s'occuper d'un personnage aussi extrême que le Comédien, mais la copie qu'il rend est une franche déception. Il attribue au anti-héros un sentimentalisme ridicule envers les Kennedy, la mort de Marilyn Monroe... On est loin de la férocité cynique du personnage de Moore. Il va falloir des efforts conséquents pour redresser cette affaire mal engagée (et qui doit durer 6 épisodes...).

J.G. Jones (l'artiste de Wanted, cover-artist de 52) signe des planches médiocres dans un style photo-réaliste figé et souvent peu flatteur. Les personnages réels qu'il doit reproduire sont loin de ressembler à leurs modèles, le découpage est paresseux... Tout ça est besogneux.
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Before Watchmen : Le Hibou (#1 : Rien n'est gratuit en ce monde) : Daniel Dreiberg est depuis toujours fasciné par le Hibou, au point de réussir à localiser son repaire et le convaincre de devenir son partenaire puis son successeur. Une fois Hollis Mason à la retraite, il poursuit son activité clandestine, rencontre Rorschach avec qui il fait équipe, et fait connaissance avec les Watchmen, que veut réunir le vieillissant Captain Metropolis des Minutemen...

Alan Moore avait subtilement réussi avec le 2ème Hibou une figure de héros atypique, lancé dans la carrière de justicier par admiration pour un des Minutemen, associé au psychopathe Rorschach, amoureux de Laurie... C'était un personnage peu commun, retiré des affaires, ventripotent, dépressif : autant dire que Joe Michael Straczynski s'est attaqué à un sujet délicat. Le résultat est mitigé : bavard et mou, ce premier épisode (sur quatre) expose quand même pas mal d'étapes, mais en les survolant plus qu'en les fouillant. Cela manque de sel et ajoute des éléments dispensables (le père Dreiberg battant sa femme).

Les dessins sont assurés par Andy et Joe Kubert. Ce dernier n'est crédité que comme encreur mais son génie domine toutes les pages et montre que ce dessinateur légendaire, qui s'est éteint l'an dernier, avait encore toute la maîtrise de son art. C'est lui, la véritable attraction de cette mini-série.
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Before Watchmen : Ozymandias (#1 : Je rencontrai un voyageur...) : Comment et pourquoi Adrian Veidt est devenu le véritable maître d'oeuvre de Watchmen ? Gamin surdoué, orphelin précoce, fasciné par Alexandre le grand, son destin se joue quand sa maîtresse, Miranda St-John, tombe dans les griffes de Moloch...

Len Wein, qui fut l'editor de la série originale, entreprend donc de nous conter par le menu ce qui a conduit Adrian Veidt à être celui par qui l'histoire des Watchmen fut bouleversée. Malheureusement, autant le dire tout de suite, ce premier volet (sur six) ne fait que rabâcher ce que Moore résumait. Hormis le fait que le héros apprenne les arts martiaux et qu'on découvre sa romance avec Miranda (personnage artificiellement ajouté pour justifier ce qui suit), rien de nouveau sous le soleil. Pire : le personnage y perd de son aura magnétique, insistant sur sa froideur calculatrice, sa révélation sous l'emprise de la drogue, une expérience homosexuelle avec un tibétain... Bof.

Jae Lee, qui a quitté Marvel pour DC à l'occasion de Before Watchmen, signe les pages intérieures de cet épisode après s'être consacré aux couvertures ces dernières années. Le résultat s'en ressent fortement puisqu'on est plus dans l'illustration que dans la bande dessinée, l'art séquentiel. Séparément, certaines images sont effectivement d'une grande beauté, mais prises dans leur globalité, elles ne forment que des planches désincarnés, aux personnages inexpressifs, dans des décors inégalement traités, à la colorisation chargées.
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La Malédiction du Corsaire Sanglant (#1 : Le diable des profondeurs) : l'initiative la plus ridicule du projet puisqu'il s'agit de détailler l'histoire de pirates que lit le jeune client black du kiosquier dans Watchmen. Huit pages dispensables, à la narration épouvantablement bavarde (par Len Wein) et aux dessins surchargés (par John Higgins, le coloriste de la série originale).
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Bilan : près de 140 pages pour 5,60 E, c'est (de loin) la meilleure offre kiosque d'Urban (qui surprend aussi en publiant cela ainsi plutôt qu'en librairie). Pour ce qui est du contenu, d'autres segments s'y grefferont progressivement (la série sur Rorschach et celle sur Dr Manhattan, peut-être à la fin le one-shot sur Dollar Bill et le diptyque sur Moloch). Pour l'instant, les productions de Darwyn Cooke se détachent nettement du lot. Rendez-vous dans deux mois pour voir comment cela évolue. 

BONNE ANNEE 2013 !

Peanuts (Charles M. Schulz).

Calvin & Hobbes (Bill Watterson)

BONNE ET HEUREUSE ANNEE 2013 !

mardi 25 décembre 2012

JOYEUX NOËL !


Charles M. Schulz 
Bill Watterson

JOYEUX NOËL A TOUS !