dimanche 6 novembre 2022

CAUSEWAY, de Lila Neugebauer (Apple TV +)


Disponible depuis Vendredi sur Apple TV +, Causeway marque donc le vrai grand retour de Jennifer Lawrence au cinéma. Enfin... Pas tout à fait au cinéma puisque donc ce premier long métrage de Lila Neugebauer est visible sur une plateforme de streaming. Mais ça fait plaisir de retrouver cette exceptionnelle actrice dans un premier rôle à la hauteur de son talent dans une production intépendante. Et aux côtés d'un partenaire à la hauteur en la personne de Brian Tyree Henry.


Lynsey, ingénieur dans le génie civil, revient d'Afghanistan après avoir été lbessée dans l'explosion d'une mine lors d'une embuscade qui a coûté la vie à plusieurs de ses compagnons d'armes. Admise dans un centre de rééducation, elle souffre de lourdes séquelles d'un traumatisme crânien et doit tout réapprendre avec l'aide d'une infirmière spécialisée, Sharon. Elle doit également prendre un traitement médicamenteux lourd à base d'anti-dépresseurs à cause d'un syndrome post-traumatique.
 

Au terme de sa convalescence, elle ne pense déjà qu'à reprendre du service mais on lui impose du repos. Elle revient donc chez sa mère avec laquelle la communication est difficile car cette dernière n'a jamais compris la raison de son engagement. Lynsey, pour passer le moins de temps possible chez elle, trouve un boulot de nettoyeuse de piscine, largement en dessous de ses qualifications.


Mais lors de son premier jour, son pick-up tombe en panne. Elle le dépose chez un garagiste, James, qui doit commander une pièce détachée pour le réparer et accepte de la déposer à son travail. Il la croise à nouveau à la fin de la journée et la reconduit chez elle : en route Lynsey découvre qu'elle a fréquenté le même lycée que la soeur de James et lui apprend d'où elle revient. Ils finissent la soirée ensemble dans un bar puis un parc en fumant un joint. James explique avoir perdu sa jambe gauche dans un accident de la route qui a coûté la vie à son neveu.


Lynsey a rendez-vous avec le Dr. Lucas, neurlogue, qui observe son rétablissement et lui prescrit ses médicaments. Il refuse, malgré ses progrès, de lui signer une autorisation qui lui permettrait de repartir car si physiquement elle récupère bien, pyschologiquement elle présente encore un risque pour elle et les autres. Frustrée, Lynsey se concentre sur son travail, monotone et répétitif. Elle revoit James avec qui elle devient ami. Le fait qu'elle lui avoue aimer les femmes lève toute ambiguïté sur leur relation, même si, après avoir à nouveau bu et fumé ensemble, il l'invite, si elle le souhaite, à s'installer chez lui, dans la maison familiale où il cohabitait avec sa soeur avant l'accident.


Lynsey se remet à faire de l'exercice physique mais conserve des troubles moteurs et nerveux, elle dort mal et n'arrive pas à expliquer clairement à sa mère pourquoi elle a fui pour s'engager dans l'armée. Un soir, elle invite James dans la propriété de clients absents et ils se baignent dans leur piscine. James avoue qu'il avait bu quand il a eu son accident et fond en larmes, écrasé par la culpabilité d'avoir tué son neveu et détruit la vie de sa soeur. Lynsey l'enlace et l'embrasse avant de se détacher, confuse, reconnaissant qu'elle a fait ça par pitié. Mais James, furieux, lui répond qu'elle agit ainsi avec tout le monde, préférant fuir que de connaître les autres et admettre qu'ils souffrent comme elle.
 

Ayant perdu la seule personne dont elle se sentait proche, Lynsey revoit le Dr. Lucas qui accède à sa requête et lui délivre l'autorisation de rempiler. Mais avant de repartir, elle visite son frère, Justin, en prison, condamné pour traffic et consommation de drogues. Contre toute attente, il lui explique être mieux derrière les barreaux car protégé de la tentation, même si sa soeur lui manque et que leur mère ne soit toujours pas venue le voir depuis son incarcération.


Lynsey rentre en ville et achète un pack de bières, Elle récupère son pick-up au garage mais ne doit rien au mécano à qui James a dit que les réparations étaient offertes pour les soldats. Lynsey se rend chez James à qui elle annonce son intention de ne pas repartir dans l'immédiat et rappelle son offre de l'héberger qu'elle accepte si c'est toujours valable.

La dernière fois qu'on a vu Jennifer Lawrence au cinéma remonte à 2018-19 avec Red Sparrow (pouces en haut) et X-Men : Dark Phoenix (pouces en bas). L'actrice oscarisée (elle reste la plus jeune laurétate de ce prix) s'est ensuite retirée pour se marier et avoir un enfant tout en militant pour la cause féministe et le vote aux élections présidentielles américaines (en soutien de Joe Biden). L'an dernier, elle partageait l'affiche de la super-production Don't Look Up : Déni Cosmique d'Adam MacKay sur Netflix avec Leonardo di Caprio, mais je n'ai pas écrit de critique à ce sujet car ce fut une grosse déception (même si elle en était le meilleur élément).

Pour son "vrai" comeback au premier plan, Jennifer Lawrence n'a pas choisi la facilité : elle revient dans une petite production indépendante, mise en scène par Lila Neugebauer, dont c'est le premier long métrage (après plusieurs pièces de théâtre), dans un drame intimiste. Mais c'est surtout une forme de retour aux sources piur celle qui fut révélé dans le vibrant Winter's Bone (en 2010).

Lawrence a porté ce projet qui n'a vu le jour que grâce à son statut de star. Le scénario de Luke Goebbel, Ottessa Moshfegg et Elizabeth Sanders raconte le retour d'une femme qui revient d'Afghanistan après avoir sauté sur une mine et survécu à une embuscade dans laquelle ses compagnons d'armes ont tous péri. Victime d'un traumatisme crânien, elle souffre de graves séquelles et doit suivre une longue rééducation.

Le film ne montre aucune image de la guerre mais s'ouvre dans la clinique où Lynsey doit tout réapprendre : on observe un corps en souffrance, un esprit brisé. Elle ne tient plus debout, n'arrive plus à tenir une brosse à dents ni à écrire, elle parle à peine, a des insomnies et des crises d'angoisse nocturnes. Ce qui frappe, c'est l'économie, la sobriété avec laquelle Lila Neugebauer met cela en images : pratiquement pas de dialogues, des scènes courtes, une photographie (de Diego Garcia) crue. Tout est fait pour supprimer le pathos et le jeu de Lawrence est au diapason : on n'est pas dans une "performance" à Oscar, mais dans la retenue.

Le retour à une vie presque normale n'est pas plus simple : Lynsey vit avec sa mère, souvent absente et qui la retrouve en lui disant d'emblée qu'elle ne l'attendait pas si tôt. Lorsqu'elle va chez son neurologue, elle n'a qu'une idée en tête : repartir, même si elle sait qu'il est trop tôt. En vérité, elle veut fuir plus que retourner au combat car elle ne se sent plus à sa place ici. Et on découvrira durant l'heure et demie que dure le film qu'elle ne s'est jamais sentie bien chez elle. Son frère, un toxico et un dealer, est en prison mais elle l'évoque en en parlant toujours au passé, ce qui fait d'abord croire qu'il est mort. Le père n'est jamais mentionné.

Le récit s'attache à montrer des non-événements, il fuit tout spectaculaire, toute démonstration. Lynsey trouve un job où elle n'a pas à penser, à réfléchir (elle nettoie des piscines) alors qu'elle est surqualifiée (elle est ingénieur de formation). Son temps libre, elle le passe avec un garagiste à qui elle a confié son pick-up, à boire des bières et fumer des joints (alors qu'elle prend aussi des anti-dépresseurs), et avec qui elle est devenue amie en apprenant qu'elle avait fréquenté le même lycée que sa soeur.

C'est l'interprète de Phastos dans Les Eternels, Brian Tyree Henry, qui incarne James et fait passer le film dans une autre dimension. Non seulement il tient la dragée haute à Lawrence par sa présence physique imposante mais surtout par la subtiltié de son jeu. Comme Lynsey, James est un survivant hanté par le passé : lors d'un accident qu'il a causé, il a perdu son neveu et sa soeur, qui ne lui a jamais pardonné, a quitté la maison familiale dans laquelle ils habitaient. Sa jambe gauche amputée, il se dplace en claudiquant à cause de sa prothèse qui lui rappelle sans cesse sa faute.

Lynsey et James se trouvent en partageant leurs failles, leurs traumatismes. Leurs paroles se libèrent alors que d'ordinaire ils sont tous deux taiseux. Il n'y a pas de romance entre eux, Lynsey préférant les femmes et James répétant plusieurs fois qu'il ne cherche pas à la draguer quand il se montre attentionné avec elle. Le film est si délicat qu'on en oublie même que lui est noir et elle blanche, ce n'est pas la question, ce qui les unit dépasse tout ça.

Un suspense s'installe, progressivement, imperceptiblement, quand Lynsey exprime à plusieurs reprises (devant sa mère, son neurologue, James) son désir de repartir en Afghanistan. Mais une scène fait tout basculer : lors d'une baignade dans la piscine de clients absents, une discussion entre James et Lynsey dégénère lorsqu'elle le prend maladroitement en pitié et qu'il réplique colériquement en pointant qu'elle préfère fuir que vivre et profiter des gens qui l'aiment. Dans sa dernière ligne droite, alors que Lynsey décroche enfin le droit de repartir, elle visite son frère en prison et comprend son erreur. La fin reste ouverte, d'ailleurs elle déclare ne pas vouloir retourner en zone de guerre "dans l'immédiat" mais veut savoir si l'offre de James de s'installer chez lui tient toujours.

Sans violons ni trémolos, sans effets de manche, Causeway nous touche profondément par sa capacité à simplement montrer le retour à la vie de ses deux héros blessés, qui sont une béquille l'un pour l'autre. Les seconds rôles sont tous tenus par des vétérans à qui il ne faut pas beaucoup de temps de présence à l'écran pour faire exister leurs personnages, comme Jayne Houdyshell (Sharon l'infirmière), Linda Emond (Gloria la mère) ou Stephen McKinley Henderson (le Dr. Lucas). Il faut aussi citer Russell Harvard, qui campe le frère de Lynsey, dans une scène magnifique, sous-titrée car il s'exprime en lague des signes.

Jennifer Lawrence confirme qu'elle est bien l'actrice la plus phénoménale de sa génération et elle se remet à enchaîner les projets. Brian Tyree Henry est aussi exceptionnel, insufflant une humanité dans le film à nulle autre pareille. Le fait que Causeway ne sorte pas en salles montre bien l'évolution du 9ème Art car auparavant, avec deux interprètes pareils, il aurait sans doute connu une belle carrière en salles. Mais qu'importe le support de diffusion, l'essentiel est que ce film existe.

vendredi 4 novembre 2022

ALICE, de Krystin Ver Linden


Voilà un bien curieux film que Alice. L'affiche fait penser à un long métrage de la blaxpoitation des années 70, mais la scénariste et réalisatrice Krystin Ver Linden signe une histoire bien plus bizarre, comme si M. Night Shyamalan rencontrait Quentin Tarantino. Le résultat est aussi tordu que la propostion, avec le sentiment que tout ça est raconté trop rapidement.


Georgie, XIXème siècle. Dans une plantation, Alice et Joseph, deux esclaves, se marient en secret. Mais ils rêvent tous deux de s'échapper. Joseph est le premier à tenter sa chance mais Aaron le contremaître qu'il a blessé le rattrape et le ramène dans un sale état. Bennett, le propriétaire du domaine, qui a appris à lire à Alice et abuse fréquemment d'elle, veut lui montrer ce qui lui arrivera si, elle, aussi, tente de s'évader.



Pourtant, elle se rebelle et après avoir agressé Bennett, se perd dans la forêt de la propriété. Elle en sort pour arriver sur une route départementale où un camion manque de la renverser. Elle s'avanouit. A son réveil, elle est conduite à l'hôpital par Frank, le chauffeur routier qui a faili la percuter. Effrayée, désorientée, elle ne comprend pas où elle est. Et Frank refuse qu'elle soit internée.


Alice est hébergée chez Frank qui lui explique qu'ils sont en 1973 et que l'esclavagisme a été abolie. Tandis qu'il part travailler, il lui laisse des livres et lui apprend à se servir du téléphone et de la télévision. En se documentant, Alice comprend que toute sa vie repose sur un énorme mensonge et projette de libérer ceux qui sont restés à la plantation et de venger Joseph. 


Elle fait part de ses plans à Frank qui rechigne à s'engager dans cette affaire insensée, même si; par le passé, il a milité pour les droits civiques, jusqu'à perdre un de ses amis à cause de la répression policière. Toutefois, il consent à accompagner Alice au rendez-vous qu'elle a donné à Rachel, sa première maîtresse qui l'avait vendue à Bennett. La rencontre se passe mal car Rachel justifie ce qu'ils ont fait en expliquant avoir voulu protéger les traditions et leurs employés.


Furieuse, Alice entend bien libérer ses compagnons d'infortune. Frank hésite encore mais accepte de l'aider. Après avoir provoqué un incendie dans la plantation, ils y entrent avec le camion de Frank qui s'occupe des esclaves tandis que Alice blesse Bennett en lui tirant dans les jambes. Les pompiers et la police arrivent sur place. Alice se présente à eux pour leur expliquer la situation.

Le plus étonnant, c'est que Alice est basé sur une histoire vraie, même si elle a été adaptée avec beaucoup de liberté. En 1961, Mae Louise Miller s'échappa ainsi de la propriété d'un cultivateur et confia son incroyable histoire aux autorités, révélant avoir été réduite en esclavage et vendue à l'âge de cinq ans, puis ayant travaillé dans les champs tout en subissant des mauvais traitements (violences, viols), sans rien savoir du monde extérieur.

C'étaut une formidable matière, mais depuis le succès critique et public de 12 Years of Slave de Steve McQueen, les afro-américains ont eu le sentiment que, racontée par un scénariste (John Ridley) et un cinéaste eux aussi afro-américains, leur tragédie est connue grâce à Hollywood. Désormais, c'est sur le terrain politique que la bataille se poursuit et d'une certaine manière, c'est en partie là-dessus qu'a émergé le mouvement woke, renforcé par le meurtre de George Floyd et le mouvement Black Lives. Matter.

Par un curieux retour de baton, les noirs américains ne veulent plus voir de films traitant de l'esclavagisme, ils préfèrent des oeuvres exaltant le black power, ils réclament de la représentation dans les fictions et dans la classe politique. Evidemment, cela créé une polarisation de la vie publique puisque les Etats-Unis sont aussi peuplés de conservateurs qui considérent que leurs privilèges sont menacées par cette émancipation. Et ce courant de pensée franchit désormais l'Atlantique pour envahir l'Europe avec l'a Gauche qui victimise les musulmans nord-africains et dénonce un racisme systémique, étatique, à des fins électoralistes.

Dans ce contexte, Alice tente malgré tout de trouver un créneau et si le résultat laisse songeur, on ne peut nier une certaine audace à sa scénariste-réalisatrice. Si vous avez vu (et il faut le voir !) Le Village de M. Night Shyamalan (2004), les quarante premières du film en sont un décalque troublant mais plus rapide. Comme l'héroïne jadis incarnée par Bryce Dallas Howard, Alice va, en s'échappant de la plantation, faire une découverte renversante et le film aboutir à un twist très efficace (mais donc pas du tout original).

C'est là que les ennuis commencent pour Krystin Ver Linden car au lieu d'explorer le passé et le présent de son héroïne, elle choisit au contraire d'appuyer sur l'accélérateur. En vérité quand dans Le Village, Shyamalan nous menait patiemment en bâteau jusqu'au sidérant retournement de situation finale, Alice fait l'inverse : le premier acte dans la plantation expédié, le deuxième et le troisième acte développent l'inclusion de l'héroïne dans l'année de 1973.

Le problème, c'est que tout se fait alors en dépit du bon sens : le personnage de Frank ne s'étonne guère de l'accoutrement d'Alice, l'interroge à peine sur d'où elle vient, son histoire. Par contre, il l'héberge chez elle, lui apprend à allumer la télé et à zapper, à se servir du téléphone, et met à sa disposition des bouquins sur l'Histoire américaine. Alice, elle, se remet trop rapidement et comme elle a la chance d'avoir appris à lire, se plonge dans des livres, puis épluche l'annuaire pour trouver Rachel, sa première propriétaire (coup de bol : elle vit toujours dans la région et accepte de la rencontrer sans même songer à la pièger en appelant Bennett, le propriétaire de la plantation).

Alice trouve aussi le temps de se couper les cheveux pour se faire une belle coupe afro inspirée par Diana Ross et Pam Grier. Elle s'habille aussi de façon plus conventionnelle en s'habituant en un éclair à ce nouveau look pour une nouvelle vie. Et tant qu'à faire elle fouille dans les affaires du brave Frank , histoire d'en savoir plus à son sujet et de tomber sur son flingue (qu'elle maniera plus tard avec une adresse épatante).

Tout cela pourrait prêter à rire. C'est surtout à ce moment-là que l'histoire de Mae Louise Miller a disparu du projet de Ver Linden, car dans la vraie vie, il n'y a jamais eu de projet de vengeance. Pourtant malgré le ridicule qui s'est emparé du script, l'influence blaxpoitation est imprévisiblement efficace. et ce mélange incongru de Jackie Brown et du Village, de Shyamalan et de Quentin Tarantino (les dialogues pimentés en moins), s'avère divertissant.

Il faut dire que Ver Linden a choisi une actrice fabuleuse pour co-produire et jouer dans son film. D'abord connue comme chanteuse de funk, Keke Palmer est en train de devenir la nouvelle coqueluche de Hollywood, depuis le succès de Nope de Jordan Peele (je vais tâcher de vous en parler bientôt). Elle est sexy en diable quand elle se la joue comme Coffy, et émouvante en esclave désespérée. Surtout elle a une présence exceptionnelle qui fait que chaque fois qu'elle est à l'image (et elle est de tous les plans), elle ne laisse que des miettes à ses partenaires quand elle les affronte ou les fait briller quand elle le décide.

Common a compris qu'il fallait la jouer sobre face à cette panthère et il interprète Frank avec humilité. Jonny Lee Miller est méconnaissable dans le rôle de Bennett et Alicia Witt, qu'on n'avait plus vue depuis des lustres, est infecte à souhait en esclavagiste certaine d'avoir bien agi.

Alice n'est donc pas un bon film, avec une telle histoire on aurait pu faire une mini-série plus convaincante. Mais sa bizarrerie et surtout son actrice principale en font quelque chose de vértablement singulier, de totalement improbable.

jeudi 3 novembre 2022

X-MEN : RED #8, de Al Ewing et Madibek Musanbekov


X-Men : Red #8 est un chef d'oeuvre !... Attendez, j'ai pas dit ça pour le n° précédent ? En tout cas, c'est encore vrai. Et bon sang, quelle série que Al Ewing écrit là, c'est vraiment incroyablement dense, intelligent, ça relie tout un tas d'histoires et c'est magistral ! Madibek Musanbekov s'impose lui aussi comme bien plus qu'un remplaçant en signant des planches à tomber. Un chef d'oeuvre, je vous dis !


Après avoir découvert grâce Wiz Kid les archives de Abigail Brand, Cable est déterminé à la tuer. Mais avant cela, il forme une équipe pour débusquer Orbis Stellaris avec lequel elle est associée.


Cependant, le conseil galactique se réunit à la demande de Paibok, le Skrull, qui dénonce une infamie perpétrée jadis par les Kree suivant de fausses infos transmises par les Shi'ar.


Grâce à Manifold, Cable et sa bande se téléportent dans le repaire de Orbis Stellaris où ils découvrent ce qu'il conçoit pour Brand mais aussi l'identité de son espion au sein de Krakoa et Arakko.


Le plan de Abigail Brand se dévoile complètement, mûri de longue date, et se développant sur le long terme, pour qu'elle devienne avec le SWORD la nouvelle puissance incontournable de la galaxie...

Quand on lit ce genre d'épisode, on est face à quelque chose de véritablement bluffant. Al Ewing n'écrit pas X-Men, la série-phrare, le vaisseau amiral de la franchise X, mais avec X-Men : Red, c'est lui qui oeuvre de la manière la plus ambitieuse et surtout la plus accomplie pour proposer un projet comparable à ce que Hickman fit jusqu'à Inferno.

Et encore, même en disant cela, on est en dessous de la vérité car ce que Ewing orchestre, sans faire de bruit, englobe plus que la franchise X : il opère une synthèse magistrale et captivante de qu'il semble avoir mis en chantier dans son coin depuis Empyre, donc avant sa série S.W.O.R.D. et aujourd'hui X-Men : Red.

Mais avant d'aller plus loin, il faut considérer la situation actuelle : Cable vient de découvrir que Abigail Brand a trahi la "mutanité" en s'alliant avec Orchis. Toutefois, il a aussi conscience qu'elle peut très bien avoir scellé cette alliance pour se jouer d'Orchis et donc neutraliser les mutants et cette organisation anti-mutants. Il a raison de penser cela quand on lit à la fin de l'épisode le plan de route qu'elle a rédigé et qui révèle depuis combien de temps elle prépare son coup et jusqu'à quand elle compte le développer.

Brand veut la guerre pour s'imposer comme celle par qui il faudra passer obligatoirement pour, sinon faire la paix, en tout cas parvenir à un règlement, un nouvel état. Pour cela, elle veut que les héros de la Terre (Avengers, Fantastic Four en premier) adhèrent à ce projet sans savoir évidemment qu'elle l'a planifié, mais en croyant qu'ils seront partie prenante grâce aux liens qu'ils ont avec différentes parties extra-terrestres.

On assiste donc à une réunion du conseil galactique, avec quelques absences notables (notamment celle de Tornade, qui, comme on l'a suivi récemment, a passé la main comme régente d'Arakko, suite au dénouement de Judgment Day). Une vieille affaire déterrée par Paibok, l'émissaire Skrull, va faire grimper la tension : jadis les Kree, mal informés par les Shi'ar, ont commis un massacre contre les Skrulls dans un endroit où leurs soldats se remettaient de blessures de guerre et non pas y fabriquaient de nouvelles armes. Paibok exige réparation sinon il promet une nouvelle guerre, à laquelle l'empereur Hukling ne saurait s'opposer vu la gravité des faits.

Xandra accède à sa demande mais comment abonder à la requête de Paibok ? Brand a sa réponse et elle abat sa carte maîtresse grâce à un mutant dont elle a su abuser depuis son retour à la vie. A ce stade, mieux vaut avoir lu X-Men #10 par Jonathan Hickman et Leinil Yu (paru en 2020) car Ewing fait référence à ce qu'a vécu un mutant et exploite ce subplot laissé en plan par Hickman (peut-être en suivant ses indications, mais je doute que Hickman ait rédigé un plan détaillé à ce sujet, étant donné qu'il a lui-même admis avoir abandonné en route plusieurs idées à cause de la pandémie et du désordre que cela a provoqué dans ce qu'il avait prévu pour X-Men).

C'est difficile d'en dire plus sans spoiler, même si le mois prochain, quand il me faudra parler de X-Men : Red #9, je ne pourrai pas faire autrement que de révéler l'identité de ce fameux mutant. En tout cas, un peu comme ce que fait actuellement Gerry Duggan avec les Enfants de la Voûte dans X-Men (là aussi en reprenant une idée de Hickman), Ewing fait feu de tout bois et construit une mythologie fgascinante sur ce qu'avait entrepris Hickman. Le plan de Brand rassemble des événements survenus dans X-Men (version Hickman donc), mais aussi l'event Empyre (que Ewing co-écrivit avec Dan Slott), et encore plus loin dans le passé War of Kings (de Dan Abnett et Andy Lanning). Et le plus fort, c'est que tout fait sens, tout est spectaculairement cohérent. Tout cela forme une fresque dont on comprend qu'elle n'en est qu'à sa moitié, si Brand réussit son affaire. Vertigineux.

Mais, bien sûr, Brand a un caillou dans la chaussure et il s'appelle Cable. Comme je l'ai déjà dit, Nathan Summers a découvert la trahison de Brand et son double, voire triple jeu. Il veut se débarrasser d'elle, mais aussi, avant cela, savoir ce qu'elle manigance avec Orbis Stellaris, un généticien marchand d'armes. Grâce aux talents de Manifold et le renfort de l'Epervier (Thunderbird), Wiz Kid, Khora et sa soeur Zsen, il a assemblé une bande pour débusquer le complice de Brand.

Ce qu'ils vont découvrir relie le dossier de ce mutant mystère à une affaire de clonage du virus techno-organique qui a infecté Cable et qu'il maîtrise avec beaucoup d'effort, mais qui pourrait devenir une arme terrible pour l'ennemi. La manière là aussi dont Ewing relie tous ces fils narratifs est impressionnante de clarté et d'intensité. Cet épisode est d'une telle richesse, d'une telle densité que ce qui s'y passe vous submerge dans un premier temps. Il faut digérer tout ce qui arrive pour véritablement comprendre la rigueur du travail du scénariste, sa portée, son envergure, sa puissance. C'est du grand art.

Et Al Ewing peut compter sur un dessinateur de choix pour illustrer tout ça sans que le lecteur n'en perde une miette et, mieux encore, soit embarqué dans cette aventure. Stefano Caselli étant toujours occupé ailleurs (avec le retour de Hack/Slash de Tim Seeley dans l'anthologie Image !), je doutais franchement que Madibek Musanbekov soit à même de supporter la comparaison, lui qui venait des productions Dynamite Comics.

J'avais tellement tort ! Musanbekov est une révélation telle que Caselli peut bien prendre son temps, X-Men : Red a trouvé un artiste plus que capable pour le remplacer avantageusement.

En vérité, quand je lis les planches de ce dessinateur, ce qui me frappe, c'est la ressemblance stylistique avec Juann Cabal, qui faisait équipe avec Al Ewing sur Guardians of the Galaxy : même trait ligne claire, même souci de lisibilité, même efficacité sobre pour la narration graphique. Musabekov est moins audacieux dans ses compositions (là où Cabal faisait parfois penser à J.H. Williams III), mais à vrai dire, cela n'est pas une faiblesse car le script est tellement foisonnant que des planches trop sophistiquées risqueraient de surcharger la lecture.

Ce qui ne veut pas dire que Musanbekov se contente de peu : quand il doit livrer une double page de ouf, il le fait et avec la manière (lors de la scène où Manifold et Wiz Kid pénétrent dans la zone où se trouve le repaire de Orbis Stellaris. Les personnages sont expressifs, les décors sont précis (et le fait qu'ils soient infographiés ne pique pas les yeux). Les couleurs de Federico Blee font merveille sur ce dessin à l'encrage un peu plat, très fin.

Cette semaine de critiques comics s'achève donc avec cet épisode, qui n'a aucun mal à dominer les sorties par son brio. Mais même au coeur d'une semaine plus chargée en publications, il aurait quand dominé les débats. X-Men : Red est tout simplement trop fort.

SHE-HULK #7, de Rainbow Rowell et Luca Maresca


C'est un peu l'heure de vérité pour She-Hulk maintenant que la série sur Disney + est terminée. Il faut pour Rainbow Rowell et Luca Maresca exister sans cette béquille télévisuelle. Et les auteurs en ont visiblement conscience puisque, après six épisodes plutôt pépéres, ce numéro est plus nerveux et apporte des éléments de réponse sur plusieurs points.
 

Après avoir couché ensemble, She-Hulk et le Valet de Coeur se réveillent côte à côte. Elle souhaite qu'il reste, il est d'accord pour y réfléchir. Jen doit passer au bureau car Andy lui a demandée une faveur.


Ce Samedi, en l'absence de Mallory Book, Jen rencontre un client peu commun : un Fatalitbot que la procureur veut inculper pour les crimes du Dr. Fatalis. Victor Mancha demande à Jen de le défendre.


Car le Fatalibot a développé une conscience et il veut se détacher de son concepteur mais aussi parce que Victor Mancha veut règler ça légalement, Jen accepte l'affaire.


Avant de rentrer chez elle, Jen fait un crochet par Brooklyn. Elle se présente chez April et Frank, qui les ont agressés, elle et le Valet de Coeur. Mais ils lui tendent un piège...

Bien que lancée avant la diffusion de la série She-Hulk : Avocate sur Disney +, il est évident que Marvel comptait sur cette production pour promouvoir ce nouveau volume du comic-book consacré à She-Hulk.

Si la série sur Disney + est, à mon avis, médiocre, la série de Rainbow Rowell est bien plus sympathique. la scénariste a sur s'approprier le personnage avec beaucoup d'empathie pour développer un premier qui vient d'être traduit en français (par Panini Comics). Rowell s'inspire ouvertement du run de Dan Slott sans pour autant être aussi humoristique : Jen renoue avec son métier d'avocate après avoir quitté les Avengers et recouvré une apparence plus humaine et ses capacités intellectuelles.

Comme depuis le début de ce relaunch, l'épisode et distinctement découpé en trois actes : dans le premier, on renoue avec Jen et Jonathan Hart (le Valet de Coeur) qui viennent de coucher ensemble. Ce rapprochement romanttique était attendu mais a été bien amené, et les deux amants veulent visiblement s'engager dans une relation sérieuse tout en sachant que ce n'est que le début.

Dans le deuxième acte, Jen se rend au bureau un Samedi car Andy lui a demandée de lui rendre un service sans que Mallory Book soit au courant. Un client peu commun attend et Rowell le traite avec humour mais en prenant en compte sa complexité. Comment défendre un individu qui est le sosie d'un criminel célèbre mais dont il s'est émancipé et qui est même devenu un authentique héros depuis ? Au passage, Rowell utilise Victor Mancha, qu'elle écrivait lors de son run sur Runaways - en vue d'un retour de ces personnages dans cette série ? Ou un simple guest-star ?

Enfin, le troisième acte va entraîner She-Hulk dans un piège qui, incidemment, va lui permettre d'en apprendre plus sur ce qu'a subi le Valet de Coeur. Celui-ci, en effet, lui avait raconté avoir été enlevé et soumis à des expériences à l'origine de la régression de ses pouvoirs, mais sans se rappeler qui l'avait ainsi utilisé comme cobaye. 

Cette construction assure une lecture simple et fluide. Le rythme est tranquille - trop ? Il est certain que She-Hulk ne brille pas par son swing et on a parfois le sentiment que Rowell abuse un peu trop de la décompression narrative. Toutefois, je veux croire que tout ce qu'elle emt en place, même lentement, débouchera sur quelque chose de plus mouvementé et je ne serais pas surpris que cela se décante à la fin de cet arc (donc en vue du douzième épisode).

Les dessins de Luca Maresca participe au plaisir qu'on a à lire cette histoire. L'artiste italien excelle à saisir les expressions des personnages, de manière subtile. Il est en revanche un peu plus emprunté quand l'action s'accélère, comme en témoigne la bagarre dans l'appartement d'April et Frank où les compositions d'image et les attitudes sont plus empruntées.

Le contraste est saisissant avec ce qui précéde car dans les deux premiers actes, tout est très bien dosé. Les moments de tendresse, d'intimité entre Jen et Jonathan sont traduits par des gestes délicats et des plans sur les visages très justes. Idem quand Jen examine le cas du Fatalibot tout en écoutant les arguments de Victor Mancha dans son bureau. Les gags sont bien mis en scène sans être trop encombrants, un peu comme sait si bien le faire un dessinateur comme Steve Lieber.

Au fond, peut-être que la principale qualité de She-Hulk est de reposer le lecteur en se positionnant comme une série super-héroïque en pointillés. Ce n'est pas suffisant pour en faire quelque chose d'indispensable, mais ça relaxe après un event comme Judgment Day ou au milieu d'autres titres plus mouvementés. Je compte au moins aller jusqu'au terme de cet arc avant de décider si ça mérite de s'investir sur le long terme. Et sans doute que Marvel fera aussi ses comptes à ce moment-là...

DARK KNIGHTS OF STEEL #8, de Tom Taylor et Yasmine Putri


Après un hiatus de six mois, Dark Knights of Steel revient ce mois-ci. La saga alternative de Tom Taylor reprend là où elle en était : la guerre entre la maison El d'un côté, et les amazones et la maison Pierce de l'autre, est sur le point d'éclater. Yasmine Putri revient elle aussi dessiner l'histoire (et je l'espère sans plus de fill-in). Un retour explosif.


Alors que les armées des amazones et de la maison Pierce pénétrent dans la forêt voisine de la maison des El, Harley Quinn et le général Waller tentent de négocier la paix. En vain.


Hippolyte laisse partir les deux femmes, au grand dam de Constantine s'apprête à leur lancer un sort. Ivy couvre la fuite de Harley et Waller avant d'être neutralisée par l'Homme Vert.


Mise au courant de l'arrivée des amazones et de la maison Pierce, la reine Lara ordonne à Waller de préparer ses hommes. Mais sa fille Zala et son amie Diana s'interposent entre les deux camps.


Mise à mal par Jacob Pierce, Zala est secourue par sa mère qui accepte la main tendue par Hippolyte pour se rendre. Mais c'est une ruse...

On avait presque oublié Dark Knights of Steel depuis son dernier numéro paru en Juin dernier. Bizarrement, cette mini-série en douze épisodes avait suspendu sa publication au #7. Il faut désormais espérer qu'on pourra la lire sans nouvelle interruption et surtout avec la même artiste, sans fill-in (même si, il faut le reconnaître, les suppléantrs ont été convaincants).

Donc, où en étions-nous ? C'est simple : la maison Pierce, désormais dirigée apr Anissa, scelle une alliance avec les amazones d'Hippolyte pour affronter la maison El, suite à l'assassiinat du roi Jefferson par Zala Jor-El. Depusi toujours considéré comme trop puissante, cette famille venue d'ailleurs et dotée de pouvoirs immenses menace l'équilibre politique des différents royaumes. Par ailleurs, le défunt roi Jor-El a eu un fils illégitime, Bruce, que son fils naturel, Kal-El a laissé pour mort après une dispute sur la guerre à venir. Mais Kal-El a été fait prisonnier par les amazones.

Au moment où débute de huitième chapitre, les armées des amazones et des Pierce avancent vers le château des El. Peut importe les tentatives de Harley Quinn accompagnée de la général Waller pour négocier la paix, ni même l'intervention de Ivy pour couvrir leur fuite, la guerre va éclater. Surtout que pour la provoquer, les amazones et les Pierce sont motivés par l'Homme Vert, dont l'objectif est de les faire s'entretuer.

Tom Taylor est, comme toujours, très à l'aise dans cet univers parallèle, bien plus inspiré à mo,n goût que lorsqu'il anime des séries dans la continuité. Il profite de la libertté qu'on lui accorde et se montre inventif pour redéfinir les personnages dans ce contexte. Surtout le format de la mini-série permet au lecteur d'apprécier pleinement l'histoire en sachant qu'elle aura un début, un milieu, une fin, et que sa progression narrative va crescendo.

Comme Taylor adore ponctuer son récit de scènes chocs qui remettent tout en question, il ne s'en prive pas, mais le fait avec la volonté de surprendre. Le cliffhanger de cet épisode est donc sidérant, d'une violence graphique étonnante. Mais le Black Label permet aussi cela, en tuant des héros importants tout comme il autorise à donner à un individu comme Constantine une rage vengeresse très puissante.

On peut juste regretter que Taylor gâche parfois le potentiel de seconds rôles qu'il a préalablement présentés comme très puissants et qui se font rétamer un peu trop rapidement, un peu trop facilement. Voir Ivy, la fée verte, mordre la poussière aussi vite est frustrant, même si rien ne dit qu'elle est définitivement hors-jeu.

Et puis il reste tout ce que l'épisode ne montre pas, c'est-à-dire la ttroisième colonne de l'intrigue avec Bruce et ses alliés (les Titans), qui vont forcément revenir dans la partie. Tout est en tout cas en place pour un second acte palpitant et spectaculaire.

Enfin, il y a le plaisir de retrouver Yasmine Putri et ses superbes dessins. Certes, à chaque fois qu'elle a été remplacée, la série n'en a pas trop souffert grâce à de bons subsituts. Mais l'artiste en chef de Dark Knights of Steel est un cran au-dessus. Elle a désormais abandonné les couvertures à l'inépuisable Dan Mora pour se concentrer sur le planches intérieures.

On ne peut que souhiater qu'elle réalisera les cinq épisodes qui aboutiront au dénouement de cette histoire après le break qu'à connu le titre car ce qui se passe ce mois-ci et ce qui nous attend promet beaucoup. Putri aura été une révélation dans ce rôle car jusqu'à présent elle était connue pour ses couvertures (magnifiques) et se révèle être une narratrice épatante.

Elle le confirme encore une fois, qu'il s'agisse de mettre en scène un dialogue malicieux entre Oliver Queen et Dinah Lance dans les cachots de la maison El, des palabres de Harley Quinn avec Hippolyte ou bien d'orchestrer des scènes d'acion explosives. De ce point de vue, l'entrée en scène de Ivy est magistrale et donne lieu à des compositions ambitieuses.

Putri sait dessiner tout ce que le script lui demande et sa maîtrise est parfaite. Dans ce cadre, cela donne une plus-value visuelle indéniable. Rien ne lui fait peur, que ce soit la figuration importante (avec les armées des amazones et de Pierce qui se préparent à partir) ou le malaise de Zala à cause d'un sort lancé par Jacob Pierce jusqu'à l'intervention musclée de Lara. Ajoutez-y les couleurs d'Arif Prianto, aux nuances impeccables, et c'est un vrai régal.

Ce mash-up de fantasy et de super-héros est improbable mais la combinaison de l'écriture inspirée de Tom Taylor et de la beauté des dessins de Yasmine Putri en font une lecture divertissante et accomplie.