vendredi 12 janvier 2024

BIRDS OF PREY #5 (Kelly Thompson/Arist Deyn) / FABLES #161 (Bill Willingham/Mark Buckingham)

Retour de lecture sur deux séries DC qui sont sur le point de conclure, pour l'une son premier arc, pour l'autre son histoire éditoriale.



Les Birds of Prey sont confrontés, en particulier Black Canary à Magaera, la créature tapie sur l'île de Themyscera en quête d'un hôte humain. Dans le ventre de la bête va se jouer le destin de Sin Lance...


Cet épisode a été, c'est le moins qu'on puisse dire, fraîchement accueilli par les fans de la série récemment relancée. Non pas tant pour ce qu'il raconte que par la manière dont il le raconte, en particulier graphiquement. Car, oui, autant prévenir tout de suite, ce n'est pas Leonardo Romero (qui signe quand même la couverture) qui le dessine mais Arist Deyn et son style n'est visiblement pas fait pour tout le monde.
 

J'ai découvert Arist Deyn il y a déjà quelque temps sur Tumblr avec des fan art, représentant notamment Wonder Woman. Mais je l'ai ensuite perdu de vue et c'est donc ici que je le retrouve. Si j'en crois Kelly Thompson, la scénariste, il ne s'agit pas d'un fill-in mais bien d'un choix artistique (même s'il aura permis à Romero de souffler). D'après elle, il fallait une rupture visuelle pour coller au propos et surtout à l'environnement de cet épisode qui se déroule majoritairement du point de vue de Magaera.
 

On a appris auparavant que cette créature tapie sur Themyscera cherchait un hôte humain pour s'incarner dans notre monde et certaines amazones avaient ainsi enlevé Sin Lance, la soeur adoptive de Dina Lance/Black Canary, à cette fin. Thompson montre de manière efficace comment Megaera séduit Sin et tente de raisonner Black Canary tout en n'éludant pas la partie la plus inquiétante.

Et c'est là qu'intervient Arist Deyn qui s'emploie avec talent à donner corps et chair à cette créature étrange et flippante. Là où le dispositif atteint ses limites, c'est que, contrairement à ce qu'affirme Thompson, tout n'est pas raconté du point de vue de Megaera et donc, sans doute, aurait-il été préférable, pour les fans les plus tolérants et ceux qui le sont moins (voire pas du tout), que Romero dessine quand même les pages dont l'action se situe à l'extérieur de la bête tandis que Deyn aurait fait le reste. Moi, j'aime bien ce que fait Deyn tout en comprenant qu'on puisse ne pas partager mon ressenti. Mais en aucun cas cela ne justifie les commentaires désobligeants émis à son encontre.

En tout cas, c'est un pari osé, tout en exploitant des figures récurrentes chez Thompson. Et cela augure d'une fin d'arc (le mois prochain) attirante.


Peter Pan n'est pas mort, dévoré par Bigby Wolf. Herne le défie avant que la fée Clochette, liée à Pan par un sort, ne vienne le défendre contre le dieu de la forêt noire. Mais Blanche Neige et sa meute et avant eux Greenjack sont aussi sur le point de croiser le fer avec Pan...


Après le psychodrame ayant entouré la sortie du précédent numéro, et qui est surtout venu confirmer qu'avec la fin de cette histoire, c'en sera bel et bien terminé de Fables, on apprécie cet épisode avec un goût amer. Bill Willingham a beau l'avoir écrit depuis deux ans, c'est comme s'il avait de toute façon prévu de couper les ponts, et pas seulement avec DC.


Le scénariste n'a jamais fait dans le sentimentalisme avec Fables, n'hésitant pas à tuer des personnages chers au coeur des fans, et ne reculant pas devant une certaine cruauté au moment de les faire tomber. On se souvient de ce qui est arrivé à Boy Blue par exemple et sa longue agonie. Fables #161 est un nouvel exemple de la plume impitoyable de Willingham. Mais est-ce que cela n'est pas un peu gratuit ?


En ce qui me concerne, et sans présager de ce que dévoilera la fin de Fables (prévue pour le mois prochain, même si je reste prudent compte tenu des retards récurrents), je trouve que le scénariste y va un peu trop de bon coeur dans le gore et le sadisme. Certes, c'est pour partie justifié par le caractère des adversaires et du méchant de l'histoire, un Peter Pan en mode barjo (et qui ainsi justifie que Willingham voulait en faire le méchant du premier cycle de Fables à la place de Gepetto). Mais disons aussi qu'il y a la manière et de ce côté-là, un épisode comme ça se révèle un brin pénible à supporter tant l'auteur semble se réjouir de casser ses jouets sans se soucier de l'affection que le lecteur porte aux héros.

Mark Buckingham a l'honnêteté de ne pas se défiler devant le spectacle sinistre qu'il doit mettre en images. Ses planches sont épiques, violentes, sanglantes, désespérées. Son découpage très simple, avec très peu de cases par page, renforce cette impression que chaque coup porté est définitif et que rien ne saurait contredire ce qui se passe.

Autant dire qu'entre ceux qui se sont plaints d'Arist Deyn sur Birds of Prey comme si c'était un scandale et ceux qui n'ont pas du lire cet épisode de Fables, les vrais raisons de faire grise mine sont vite trouvées pour moi. Dommage : j'espérai quelque chose de moins lugubre pour la presque fin de Fables - même si, en procédant de la sorte, Willingham est somme toute malin : personne ne le regrettera.

FALL OF THE HOUSE OF X #1 / RISE OF THE POWERS OF X #1 (Gerry Duggan, Kieron Gillen/Lucas Werneck, R.B. Silva)

Et c'est parti ! "Deux séries qui n'en font qu'une" : puisque c'est ainsi que Marvel vend Fall of the House of X et Rise of the Powers of X, autant grouper leurs critiques en un seul lot pour vérifier si c'est vrai. Ce qui l'est, vrai, c'est qu'on entame la fin de l'ère de Krakoa avec ces deux mini en cinq numéros, ce qui nous projette jusqu'en Mai 2024.

  


Aujourd'hui. Cyclope est jugé à Paris pour crimes contre l'humanité parce que la médecine krakoane était empoisonnée (par Orchis). Mais les X-Men encore sur Terre s'organisent pour sauver leur ami. A moins que le Professeur X ait un autre plan en tête...


Gerry Duggan a promis une histoire noire tandis que Jordan White, l'editor-in-chief des séries X, a juré que Fall of the House of X et Rise of the Powers of X seraient deux séries qui n'en font qu'une.. Tout cela évoque bien entendu la démarche de Jonathan Hickman quand il avait écrit House of X/Powers of X et relancé les séries mutantes.
 

On retiendra surtout de ce premier épisode son rythme, trépidant, et sa prime à l'action. La situation critique dans laquelle se trouvent les mutants depuis le massacre du Hellfire Gala et Cyclope en particulier, jugé pour l'exemple par ses opposants qui veulent faire croire que Krakoa a cherché à empoisonner les humains avec leurs remèdes miracle, donne lieu à un récit haletant et désespéré. On voit mal comment le plan des X-Men pourrait effectivement sauver quoi ou qui que ce soit.

En gros, ils lancent une offensive contre Orchis tout en cherchant à faire évader Cyclope. Pas sûr que cette tactique les réhabilite aux yeux d'une foule acquise (dans sa grande majorité) à la propagande d'Orchis - il n'est même pas interdit de penser que ce plan est en définitive assez idiot car on voit mal ce que les mutants ont à y gagner. Mais justement, c'est cela qui intrigue et on se gardera donc de conclure hâtivement. 

D'autant que Charles Xavier, qui vit désormais seul sur Krakoa, semble avoir d'autres projets en tête et compromet la stratégie des X-Men en ordonnant à Rasputin IV de quitter son poste... Ce que cela signifie ajoute au mystère et au suspense.
  

J'aurai adoré que Pepe Larraz, après Big Game, revienne chez Marvel pour dessiner Fall of the House of X puisque R.B. Silva se charge de la partie graphique de Rise of the Powers of X, mais Marvel a préféré confier à la star ibérique son prochain event (Blood Hunt) mais il ne signera que les couvertures. Il faudra donc se contenter de Lucas Werneck. Le brésilien présente à mes yeux moins d'intérêt : son trait manque de puissance, ses compositions sont souvent maladroites, mais reconnaissons qu'il s'en sort bien ici. A voir cependant s'il tiendra sur la durée...

Un début curieux et pessimiste mais prenant.


Dix ans dans le futur. Nimrod, la Sentinelle Oméga et Orchis ont vaincu. Les X-Men se sacrifient dans des poches de résistance pour gagner du temps au groupe mené par Synch et formé par Shadowtiger (Kitty Pryde), Wolverine, Captain Krakoa (Kamala Khan) et Iron Man (ou ce qu'il en reste). Les machines ont donc gagné. Sauf si...


Si Fall of the House of X m'invite à une certaine réserve esthétique, que Kieron Gillen écrive Rise of the Powers of X m'incite à la méfiance. Le scénariste ne m'a jamais convaincu sur un titre X, a fortiori durant l'ère de Krakoa. Il investit qui plus est une partie futuriste, très axée sur la science fiction "dure", un domaine que Hickman avait développé comme peu d'autres avant lui pour les mutants.

L'épisode est dense et consistant (comme Fall of the House of X, on dépasse les trente pages) et nous présente des personnages revisités (à part Wolverine, Rasputin IV et Cypher ainsi que les méchants, Nimrod, la Sentinelle Oméga, Moira X, Dr. Stasis) dans un cadre extrême. Les mutants ne sont plus qu'une poignée et on assiste à la mort de plusieurs de leurs figures emblématiques dans des scènes fulgurantes et cruelles.

Le reste pourra sembler trop touffu : il est question de l'avènement des machines (avec une mention ironique à Terminator), de la fameuse ascension formulée par Hickman (où une planète est absorbée par une entité cosmique). Mais évidemment il y a un grain de sable (comme dans Fall of the House of X) et comme nous sommes avec Gillen, Mr. Sinistre et ses clones ne sont pas loin. Mais il n'y a pas que lui.

Car la noirceur ici doit s'accompagner d'une solution en vue de la refonte prochaine de la collection X. A cet égard la dernière page suggère un dispositif narratif pour justifier la relance annoncée qui sans être originale demande à être examinée plus avant. Plutôt malin donc pour hameçonner le lecteur...
  

Visuellement, R.B. Silva produit des planches superbes. Souvent irrégulier, l'artiste est fait pour ce genre de mini-séries événementielles et particulièrement pour ces environnements futuristes où il fit des merveilles déjà avec Powers of X. Son sens du design, le fait qu'il exploite à fond les effets spéciaux du dessin numérique, la colorisation chiadée, tout concourt à entraîner le lecteur dans quelque chose de peu commun.


Tant pis dès lors si les concepts maniés par Gillen sont moins fluides que lorsque Hickman les utilisait, on est accroché. Mais attention quand même : souhaitons que la montagne n'accouche pas d'une souris, ou, autrement dit, que la relance programmée des X-Men et de leur univers ne tienne pas ç un tour de passe-passe facile. C'est le plus grand défi pour la conclusion d'une des périodes les plus imaginatives et controversées de la franchise.

jeudi 11 janvier 2024

BONNES RESOLUTIONS ET NOUVELLE FORMULE

 

Tout d'abord, j'espère que vous allez bien - vous tous, abonnés à ce blog, curieux de passage.

Je n'ai pas écrit de nouveaux articles sur ce blog depuis le 1er Janvier dernier. Ce n'était pas prévu, ça s'est juste produit. Les jours ont filé sans que j'ai ressenti l'envie de rédiger quoi que ce soit. 

En vérité, car je vous la dois, j'ai hésité à revenir. Cela fait quelque temps que je réfléchis à la tenue de ce blog et à ce que j'écris ici. Je m'y consacre depuis 2009 et 3160 articles. C'est une somme, beaucoup de temps, d'énergie, de mots, de pensées, d'avis. Je ne cours pas spécialement après une quelconque gloriole même si j'admets que c'est un plaisir et une surprise sans cesse renouvelés de voir qu'on me lise.

J'écris en fait d'abord pour moi, pour le plaisir, pour passer le temps, pour partager. Mais je pense que c'est ainsi qu'il faut procéder : écrire pour soi d'abord, parce qu'on aime ça, qu'on en a envie, sans rien attendre en retour.

Malgré tout, il faut être motivé. Je suis quelqu'un de très scolaire dans ma méthode : vous vous souvenez peut-être quand vous étiez à l'école, au collège, des fiches lecture que les professeurs de français donnaient à faire aux élèves que nous étions. C'était un exercice particulièrement laborieux pour moi qui n'avait pas l'esprit de synthèse mais j'aimais cette difficulté à rassembler mes pensées, à résumer un livre, à exprimer ce qui m'avait ou pas plu.

Quand j'ai donc embrassé cette "carrière " de critique, je m'y suis mis avec cette même application scolaire, en tâchant d'être accessible, simple, direct, mais aussi sincère. Ma seule limite, c'est l'acharnement : ne pas écrire quand je n'ai vraiment pas envie et ne pas écrire méchamment, pour casser gratuitement. Je préfère encore m'abstenir (même si évidemment je ne suis pas irréprochable et que j'ai parfois craqué).

Et c'est là où je veux en venir avec cette entrée. L'idée d'abandonner ce blog et l'écriture de critiques m'a tenté ces derniers mois et durant les dix derniers jours parce que j'avais l'impression de tourner en rond. J'aime toujours lire des livres, regarder des séries et des films, mais parfois, récemment, je manquais de motivation pour écrire à leur sujet. A quoi bon continuer si la lassitude se fait sentir de plus en plus ?

Ou alors il fallait prendre de bonnes résolutions, et pour moi ça veut dire des résolutions auxquelles je me tiendrais, et changer de formule. Je vais donc tenter quelque chose d'un peu nouveau, ce n'est pas une révolution, sans doute que ce sera au final plus cosmétique qu'autre chose, mais il y aura aussi des trucs qui vont vraiment changer. Par exemple ?

Je vais arrêter des séries "en plein vol", tout bêtement parce que je ne veux pas me fatiguer avec, en les lisant et en en parlant. Par exemple, concrètement, je ne vais pas continuer à vous parler de Titans : Beast World ni de Wonder Woman, entamés récemment. Je préfère me concentrer sur des comics, des séries (mini ou ongoing) qui me procurent un plaisir immédiat, sans avoir à me forcer pour les suivre et en parler. 

Sur la forme, le changement sera plus visible : plus de paragraphe d'intro, un résumé très résumé, une critique peut-être moins structurée (avec donc des parties plus "floues" et plus une analyse du scénario, du dessin), mais plus sensible, plus spontanée. J'ai envie d'essayer ça. Comme peut-être un format plus court, ou du moins plus modulable, ça dépendra de ce que m'inspirera l'épisode.

Il y a surtout la possibilité que je ne livre pas une critique mensuelle sur une série. Mais plutôt un retour sur un épisode de temps en temps, où j'essaierai au maximum de contextualiser pour que ça n'ait pas l'air de sortir de nulle part. En fait, c'est une manière de se concentrer sur les points forts d'un arc et pas son intégralité mois après mois, épisode après épisode. 

Et puis en prenant ce recul-là, j'aurai, et vous qui me lisez aussi, une vue d'ensemble sur l'histoire en train de se développer, de se déployer. Ecrire sur chaque numéro est vite "épuisant", ou plutôt asséchant : il arrive qu'on ne sache pas vraiment quoi dire d'un épisode, non parce qu'il est mauvais, mais juste parce ce c'est un épisode un peu mou, moyen, de transition - et c'est normal : une bonne histoire, c'est aussi savoir lever le pied. Être toujours à fond serait aussi éreintant.

J'ai compté mes commandes pour Janvier : 13 floppies (au moins). Ramenées au nombre de jour dans le mois, c'est presque comme si je devais écrire un article un jour sur deux. Et c'est trop. Trop pour vous, peut-être. Trop pour moi, désormais, c'est sûr. Il faut aussi que je pense à vous laisser le temps de lire ce que j'écris (non pas parce que c'est profond mais parce que vous avez autre chose à faire). 

Donc, il y aura des critiques groupées, par famille de titres (avec les séries X par exemple) ou selon l'intérêt que m'inspirera telle lecture. Il y aura des critiques plus courtes. Et selon l'inspiration, le temps, l'énergie, la motivation, peut-être des articles plus fouillés - mais ça, c'est imprévisible.

J'espère que cette nouvelle formule vous plaira. Le Net est plein de blogs de critiques, de forums, etc. Plein d'endroits, d'espace d'expressions, d'échange. Mais si vous ne me lisez plus, continuez à lire des des livres, des comics notamment. Aucune critique ne doit vous dérouter de ça.

RDB.

lundi 1 janvier 2024

WHAT IF...? revient en meilleure forme

 

Deux ans après une première salve d'épisodes qui m'avait laissé sur ma faim, j'étais méfiant à l'heure de me lancer dans le visionnage des neuf chapitres de la saison 2 de What if...?. Disney + ne semblait pas non plus très confiant puisque les épisodes ont été mis en ligne à raison d'un par jour depuis le 22 Décembre, comme si la plateforme de streaming voulait se débarrasser du paquet. Et pourtant, non seulement c'est plus réussi, mais surtout une saison 3 est déjà en production.


- Et si... Nebula avait rejoint le Corps des Nova ? - Après la victoire de Ronan l'accusateur kree contre Thanos, Nebula est recrutée par Nova Prime pour intégrer le Corps des Nova. Cinq années ont passé et elle doit enquêter sur l'assassinat de Yondu Udonta. Elle découvre qu'il était en contact avec des kree dont la planète Xandar se protège derrière un bouclier. Pour en savoir plus, Nebula fait libérer Yon-Rogg mais celui-ci la trahit pour le compte de Nova Prime qui veut livrer Xandra à Ronan. Nebula obtient alors le renfort de Howard le canard, Groot et Korg pour l'en empêcher...


- Et si... Peter Quill avait attaqué les héros les plus puissants de la Terre ? - Enlevé par Yondu Udonta, Peter Quill est livré à son père, le Céleste Ego. De retour sur Terre six mois après, Peter a pour mission de planter la graine cosmique qui permettra à son père de contrôler la planète. Howard Stark et Peggy Carter rassemble une équipe composée de Hank Pym/Ant-Man, Bill Foster/Back Goliath, Wendy Lawson/Captain Marvel, T'chka/Black Panther, Bucky Barnes/Winter Soldier et Thor pour le contrer. Pym raisonne l'enfant mais les héros doivent ensuite affronter Ego...
 

- Et si... Happy Hogan avait sauvé Noël ? - Justin Hammer attaque la Tour Stark le soir de Noël avec le projet de dérober un échantillon du sang de Hulk. Livré à lui-même, Happy Hogan le récupère et se l'injecte par accident. Les Avengers interviennent et s'en prennent à lui avant de comprendre la responsabilité de Hammer...


- Et si... Iron Man avait détrôné le Grand Maître ? - Après la bataille de New York, Iron Man ne réussit pas à échapper au néant et il est projeté sur la planète Sakaar. Le Grand Maître l'invite alors à assister à une course à mort. Mais Tony Stark n'apprécie pas le spectacle ni son hôte et entreprend d'évincer le Grand Maître avec l'aide de Valkyrie, Korg et Gamora, qui veut le livrer à son père Thanos...
 

- Et si... Captain Carter affrontait L'Hydra Stomper ? - Peggy Carter sauve Bucky Barnes, devenu le chef du S.H.I.E.L.D., d'un attentat commis par Steve Rogers. Avec Black Widow, elle le neutralise et le transporte en lieu sûr. Black Widow devine qu'il a subi un lavage de cerveau par la Chambre Rouge. Stev, revenu à lui, accepte de les y mener mais elles tombent dans un piège...


- Et si... Kahhori avait refaçonné le monde ? - Le Ragnarok a fait échouer le tesseract d'Odin dans un lac sur Terre à l'époque de l'Amérique précoloniale. Les conquistadors espagnols arrivent sur place, persuadés d'y trouver le fontaine de jouvence. Kahhori, une jeune indienne, tombe dans le lac en cherchant à leur échapper et atterrit dans une dimension parallèle peuplée de mohawks portés disparus et pourvus de pouvoirs. Refusant de profiter de ce paradis, elle retourne sauver les siens...
 

- Et si... Hela avait trouvé les 10 Anneaux ? - Bannie par Odin, Hela, la déesse de la mort, dépossédée de ses pouvoirs, se retrouve dans le Japon médiéval où elle croise la route de Xen Wenwu. Il lui propose une alliance mais elle préfère fuir et découvre le village mythique de Ta Lo. Elle change au contact des habitants du lieu. Mais Odin décide de rechercher Hela, perdue de vue par Heimdall. Elle le défie alors avec Xen Wenwu...
 

- Et si... Les Avengers s'étaient rassemblés en 1602 ? - Peggy Carter a été projetée au début du XVIIème siècle par la Sorcière Rouge pour aider le roi Thor à résoudre des incursions inter-dimensionnelles. Mais face à son échec, il veut la jeter en prison. Elle fuit et s'allie d'abord au chercheur Tony Stark puis au brigand Steve Rogers. Tandis que Stark invente une machine, Rogers dérobe le sceptre de Thor. La magie de la Sorcière Rouge va permettre de découvrir qui est responsable des incursions...
 

- Et si... Le sorcier suprême était intervenu ? - Doctor Strange fait appel au Captain Carter pour pièger Kahhori qui accuse d'avoir ravagé une Terre parallèle. Mais l'indienne révèle à Peggy que Strange capture les héros les plus puissants de toutes les dimensions avec le projet de siphonner leurs pouvoirs et de recréer son monde et d'y retrouver Christine Palmer, son amour perdu. Les deux femmes s'allient pour contrarier le sorcier suprême...

Il est simple de résumer ce qui m'avait déplu dans la première saison de What if...? qui se résumait trop à un jeu de chaises musicales dans lequel les scénaristes remplaçaient trop souvent un personnage par un autre dans le rôle qu'on lui connaît dans les comics ou le MCU.

Ce petit jeu était vite lassant et les combinaisons proposées n'avaient rien de folichon. Deux ans après, le MCU s'est égaré dans ses histoires de multivers où, hormis la série Loki, tout le monde a échoué à rendre ce concept passionnant. Ajoutez à cette faillite le renvoi récent, suite à son procès pour violences conjugales pour lequel il a été condamné, de Jonathan Majors/Kang, et des résultats au box office en berne (excepté pour Spider-Man, Doctor Strange et Les Gardiens de la Galaxie). Le bilan est terrible pour Kevin Feige qui avait tout misé sur un univers partagé intégral entre films et séries télé.

Dans ces conditions, qu'attendre d'une nouvelle saison de What if...? , production qui repose complètement sur le concept du multivers ? Oh, ça ne pouvait pas être pire que la première saison, mais ce n'est pas avec ce genre de mantra qu'on donne envie aux fans. Et le pire, c'est que Disney + semblait presque embarrassé par ces neuf nouveaux épisodes puisque la plateforme de streaming a choisi de les diffuser en rafale, à raison d'un par jour depuis le 22 Décembre dernier.

Et pourtant, miraculeusement, cette saison 2 est bien meilleure que la précédente et figure même parmi les meilleures projets initiés pour Disney + d'après les comics Marvel (rejoignant les réussites que furent Loki saisons 1 et 2, WandaVision, Hawkeye, Werewolf by Night).

Expédions tout de suite le seul vrai reproche que je ferai à cette nouvelle salve et qui concerne son esthétique sur le plan de l'animation. Je trouve qu'il aurait été avisé de proposer des designs plus audacieux à chaque épisode plutôt que de s'en tenir à un même style sur toute cette saison. En la matière, on a vu que le Spider-verse de Sony ne faisait pas peur au public avec son animation rythmé et ces changements graphiques. Si le deuxième film (Across the Spider-verse) m'a personnellement fatigué en abusant de ces parti-pris, je pense que, disséminé sur neuf épisodes de 25 minutes, cela aurait été plus pertinent.

Néanmoins, je ne veux pas jouer les grincheux pour commencer 2024 et l'ensemble est quand même visuellement très bien. Et lorsque la forme et le fond culminent, on a droit à une authentique pépite : il s'agit du sixième épisode, Et si... Kahhori avait refaçonné le monde ?.

Ce chapitre est le plus réussi de la collection. D'abord parce qu'on y fait la connaissance d'un personnage original, jamais vu auparavant, une amérindienne qui va se trouver investie de pouvoirs immenses et les employer pour une cause juste. Le contexte historique fait preuve d'un retour d'expérience épatant puisqu'on revient sur la colonisation par les espagnols de l'Amérique au XVème siècle.

Le scénario ne prend pas de pincettes pour évoquer les massacres commis par les conquistadors ni, avant leur arrivée, pour montrer l'existence paisible, en communion avec la nature, des indiens qui allaient être réduits en esclavage ou décimés. Lorsque le fantastique s'immisce dans le récit, on a droit à un passage enchanteur dans le monde du ciel qui s'avère une cage dorée où ceux qui y vivent ont honteusement oublié leur passé, ceux qui sont restés derrière eux, à la merci des soldats envoyés par la reine Isabelle d'Espagne.

Il semble que cet épisode fasse l'unanimité puisque, si on en croit les retours sur les réseaux sociaux, beaucoup pensent que Kahhori existait auparavant ou en tout cas mériterait de figurer dans les comics. Ce ne serait que justice. Mais encore faudrait-il lui trouver une série et surtout un auteur capable de l'écrire aussi bien car exploiter ce personnage seulement pour surfer sur sa popularité aboutirait inévitablement à un triste gâchis.

Le reste, à savoir les huit autres épisodes, varie en qualité, c'est immanquable. Ainsi le premier (avec Nebula dans le Corps des Nova), le troisième (avec Happy Hogan le soir de Noël) et le quatrième (avec Tony Stark face au Grand Maïtre) se regardent sans ennui mais sans passion. C'est sympathique mais guère palpitant et on craint alors de retomber dans les travers de la saison 1.

Le deuxième (avec Peter Quill), et le cinquième (avec la Chambre Rouge) sont un cran au-dessus, surtout grâce à la prime donnée à l'action. On savoure des scènes mouvementées au service d'intrigues efficaces. Surtout à partir de l'épisode 5, on remarque que le Captain Peggy Carter devient le fil rouge de la saison puisqu'elle figure dans trois chapitres. La série se feuilletonise et prend de l'épaisseur et de l'ampleur, ce qui est très encourageant.

Je suis également content d'avoir pu voir Shang Chi et la légende des 10 anneaux avant cette saison 2 de What if...? car, sans ça, pas sûr que j'aurai apprécié autant l'épisode 7 où Hela rencontre Xen Wenwu et où les dix anneaux sont justement évoqués. Ce mash-up entre l'univers d'Asgard et celui du père de Shang Chi à l'époque du Japon médiéval est curieux mais vraiment pas désagréable, et surtout formellement superbe.

Les deux derniers épisodes forment un diptyque sans en être vraiment un : le Doctor Strange déjà vu dans la saison 1, dévoré par la perte de son amour, Christine Palmer, sert de lien entre les deux chapitres où Peggy Carter fait elle aussi l'expérience d'un deuil impossible en perdant sans cesse, quels que soient lieu et l'époque Steve Rogers. Mais sa rencontre avec Kahhori va bouleverser son personnage et aboutir à une bataille dantesque contre Strange.

Le dernier épisode comporte une longue bataille vraiment épique, visuellement extraordinaire, d'une richesse esthétique folle. Un vrai bouquet final. Sans négliger l'impact émotionnel de l'histoire, vraiment émouvante. On comprend alors que la plus-value de cette saison 2 réside dans l'investissement émotionnel apporté aux personnages dont les aventures sont des parcours initiatiques et plus seulement des prétextes à prendre la place d'un autre.

La plupart des voix sont celles des acteurs ayant incarné en live action les personnages du MCU et on retrouve ainsi Haley Atwell (Peggy Carter), Benedict Cumberbatch (Strange), Taika Waititi (Korg), Chris Hemsworth (Thor), Cate Blanchett (Hela), Elizabeth Olsen (Scarlet Witch), Karen Gillan (Nebula), Jude Law (Yon-Rogg), Seth Green (Howard le canard), Michael Rooker (Yondu), Kurt Russell (Ego), Michael Douglas (Hank Pym), Lawrence Fishburne (Bill Foster), Samuel L. Jackson (Nick Fury), Jon Favreau (Happy Hogan), Kat Dennings (Darcy Lewis), Mark Ruffalo (Bruce Banner), Sam Rockwell (Justin Hammer), Jeff Goldblum (le Grand Maître), Tessa Thompson (Valkyrie), Josh Brolin (Thanos), Sebastian Stan (Bucky Barnes), Tom Hiddleston (Loki). Et Devery Jacobs qui interprète Kahhori, y compris quand elle parle en dialecte mohawk. Sans oublier le timbre grave de Jeffrey Wright dans le rôle de Uatu le Gardien.

Bref, une très bonne surprise. Et on n'aura pas à attendre deux ans pour découvrir la suite puisqu'un premier extrait de la saison 3 est déjà disponible en ligne (avec le duo Winter Soldier-Red Guardian) !

dimanche 31 décembre 2023

10 COMICS POUR 2023... ET BONNE ANNEE 2024 !

Ceci n'est pas un classement, un top 10, mais plutôt une liste de dix comics que je retiendrai de cette année 2023 qui s'achève ce soir. Ils vous apparaissent dans leur ordre alphabétique pour leur titre. Si vous le souhaitez, donnez-moi vos dix comics en commentaire. 

Big Game #5 (Mark Millar/Pepe Larraz) (Image Comics)

Pourquoi ? Parce que c'est le meilleur event de l'année. Non. Le meilleur event depuis des années.

Birds of Prey #1 (Kelly Thompson/Leonardo Romero) (Dc Comics)

Pourquoi ? Parce que Kelly Thompson écrit enfin son team book. Et qu'elle retrouve Leonardo Romero.

Danger Street #12 (Tom King/Jorge Fornes) (DC Comics)

Pourquoi ? Parce que c'est l'oeuvre la plus inattendue et originale et optimiste de Tom King. Avec el excelente Jorge Fornes.

G.O.D.S. #1 (Jonathan Hickman/Valerio Schiti) (Marvel Comics)

Pourquoi ? Parce que Jonathan Hickman nous retourne le cerveau encore une fois. Et Valerio Schiti nous subjugue.

Somna #1 (Becky Cloonan & Tula Lotay) (DSTLRY)

Pourquoi ? Parce que Becky Cloonan et Tula Lotay sont en feu.

The Human Target #12 (Tom King/Greg Smallwood) (DC Comics)

Pourquoi ? Parce que Tom King nous bouleverse. Et Greg Smallwood nous éblouit.

The Immortal Thor #1 (Al Ewing/Martin Coccolo) (Marvel Comics)

Pourquoi ? Parce que, grâce à Al Ewing et Martin Coccolo, le dieu du tonnerre nous foudroie à nouveau.

Ultimate Invasion #1 (Jonathan Hickman/Bryan Hitch) (Marvel Comics)

Pourquoi ? Parce que Hickman, encore lui, déjoue nos attentes. En compagnie de Bryan Hitch.

Batman - Superman : World's Finest #20 (Mark Waid/Dan Mora) (DC Comics)

Pourquoi ? Parce que Mark Waid et Dan Mora forment une dream team sur ce titre, qui est le comic-book mainstream le plus régulier en qualité qui soit
.
X-Men : Hellfire Gala 2023 #1 (Gerry Duggan & Jonathan Hickman/Adam Kubert, R.B. Silva,
Matteo Lolli, Javier Pina, Pepe Larraz, Kris Anka, Russell Dauterman, Joshua Cassara,
Luciano Vecchio) (Marvel Comics)

Pourquoi ? Parce qu'après ça, vraiment, plus rien n'a été comme avant.

Et sur ce :


BONNE ANNEE 2024 ! 
Et lisez des comics !

RDB.