mercredi 6 décembre 2017

INFAMOUS IRON MAN, VOLUME TWO : THE ABSOLUTION OF DOOM, de Brian Michael Bendis et Alex Maleev


Et donc suite et fin de l'aventure de l'Infamous Iron Man avec les six derniers épisodes de la série qui lui est dédié, toujours animé par le duo Brian Michael Bendis-Alex Maleev. Où nous allons découvrir le fin mot à l'intrigue concernant la reconversion de Victor Von Doom et le plan de sa mère Cynthia avec Reed Richards...


Après avoir assisté à une attaque de Doom lors d'une réunion de super-vilains convoquée par le Sorcier et durant laquelle the Hood a voulu organisé une contre-attaque contre lui, le Démolisseur se rend au SHIELD. Grimm l'interroge pour savoir pourquoi il a été épargné : Doom a voulu lui accorder une chance de se repentir. La Chose rentre dans sa chambre d'hôtel à Manhattan et y trouve Doom qui lui présente ses excuses pour l'avoir affronté durant toutes ces années tout en regrettant la disparition de Reed et Sue Richards (suite aux événements de la saga Secret Wars). Sachant bien que ce sera dur de gagner la confiance de son ennemi, Doom promet de faire au mieux pour lui prouver la sincérité de sa démarche. Une fois seul, Grimm, désorienté, découvre dans son salon Reed Richards...


Riri Williams/Iron Heart se rend en Latvérie à la recherche de Doom et l'y trouve dans son ancien laboratoire, méditant sur sa mission. Il jure à la jeune fille ne pas, comme elle l'affirme, salir l'héritage de Tony Stark en prenant son nom de code mais accomplir une vision qu'il a eue du futur. Pour en saisir le sens, il lui demande même de l'attaquer afin qu'il soit en état de choc physique et émotionnel. Elle s'exécute... Pendant ce temps, Reed Richards convainc Grimm qu'il est bien son ami et lui demande de tuer Doom pour le bien de tous - Doom atteint une nouvelle fois l'épiphanie et entre en contact avec l'esprit de Tony Stark, en provenance du futur, où il est devenir le nouveau sorcier suprême venu le mettre en garde contre une terrible menace !
  

Inconscient, Doom a été livré par Iron Heart au SHIELD. Grimm rencontre Johnny Storm/la Torche Humaine pour évoquer sa rencontre avec Reed Richards et sa requête de tuer Doom. Tous deux conviennent que leur ami ne réclamerait jamais ça. Dans l'héliporteur du SHIELD, des agents décident d'exécuter sans autre forme de procès Doom mais ils en sont empêchés par l'intervention de Cynthia qui se téléporte avec son fils à l'abri. Elle est disposée à lui fournir des explications sur sa présence quand il revient à lui.
  

Dans une dimension parallèle, Cynthia explique à Victor qu'enfant elle lui avait demandé de procéder à un sacrifice, auquel il n'avait pas eu le courage de se soumettre. Cette déception originelle a grandi quand, après l'avoir abandonné, elle l'a vu devenir un savant aigri, un tyran politique, un super-vilain. Mais en observant la nouvelle voie qu'il emprunte, elle est à nouveau fière de lui et soucieuse de l'aider : pour cela, elle lui enseigne un sortilège dont elle lui assure l'utilité le moment venu. Cependant, Grimm retourne en Latvérie à la recherche de Doom et assiste à son crash. Effrayé, Doom demande à Grimm de fuir toutes affaires cessantes.
  

Surpris avec sa mère par Reed Richards et effrayé par ce qu'il a découvert sans pouvoir le nommer, Doom exige d'être enfermé dans une cellule du Projet Pégasus. Sharon Carter appelle le Dr. Strange en renfort et le sorcier suprême sonde l'esprit de Doom pour découvrir ce qui lui fait peur. C'est alors que Reed Richards fait irruption sur place et attaque les agents du SHIELD en déployant de pouvoirs mystiques. Carter libère Strange et Doom devant lesquels leur adversaire révèle son vrai visage : Méphisto !


Dérangé, humilié par les actions de Doom quand il a été investi des pouvoirs de Dieu, Méphisto entend bien l'éliminer après l'avoir manipulé en invoquant l'esprit de sa mère et pris l'apparence de Reed Richards. Strange et Doom l'affrontent jusqu'à ce que dernier, utilisant le sortilège enseigné par sa mère, réussisse à le pulvériser. Pour cela, ensuite, Sharon Carter est disposée à accorder sa liberté et sa confiance à Doom, malgré les réticences de Grimm. En prison, les super-vilains, apprenant cela, jurent de se venger de lui, tandis qu'Amara Perera consulte une amie médecin qui lui révèle sa grossesse - mais qui, de Stark ou Doom, est le père de l'enfant qu'elle porte ?

Le premier acte de l'histoire souffrait d'un rythme défaillant, défaut souligné par le fait que son climax se situait véritablement dans son troisième épisode, où étaient détaillés le passé récent de Victor Von Doom, les raisons de sa reconversion, et les objectifs qu'il visait. Par ailleurs, Brian Michael Bendis rattachait durant les six premiers épisodes plusieurs fils narratifs importés de séries diverses - l'enrôlement de Ben Grimm par le SHIELD, l'implication de Riri Williams, la destitution de Maria Hill de la direction du SHIELD - et posait les bases de plusieurs énigmes sans qu'on puisse (comme le héros du titre) démêler le vrai du faux - est-ce que Cynthia Von Doom et Reed Richards étaient réellement vivants ? Quel était le plan qu'ils poursuivaient ensemble ?

Ce second acte devait donc apporter des réponses et aboutir à une résolution globale satisfaisante pour ne pas risquer de frustrer le lecteur tout en conduisant le récit sur un tempo plus soutenu. Et la mission est réussie.

Mine de rien, ces six derniers épisodes manient des questions profondes sur le Bien et le Mal, le pardon, l'absolution (ainsi que l'indique le titre du recueil), mais aussi la filiation et la vengeance. Bendis a pris le pari, audacieux, de ne pas trop informer le lecteur par rapport au héros de manière à les plonger dans un même état de confusion. On doute en permanence de la sincérité de Doom à cause de ses méthodes pour gagner ses galons de justicier, de son état mental quand il parle à Riri Williams de l'épiphanie qu'il eu concernant un futur meilleur et de la part qu'il y joue, puis on est encore plus dérouté quand il se fait enfermer par le SHIELD, étonnamment effrayé par l'attaque de l'allié de sa mère.

En entretenant le trouble ainsi, Bendis suggère habilement (diaboliquement même, peut-on dire à la lumière du final) que tout cela n'est peut-être qu'un délire de la part de Doom, traumatisé par son expérience divine. Puis, comme dans le tome 1, à mi-chemin, le scénariste effectue une pause qui permet à tout le monde de faire le point et de rebondir pour enchaîner vers le terme de la série : pour cela, il emploie le Dr. Strange, autre personnage qui a souvent croisé Victor Von Doom par le passé, et il le fait au premier degré, en le faisant intervenir littéralement comme un médecin.

Alex Maleev est également plus inspiré dans cette seconde mi-temps car il s'appuie sur un script privilégiant les scènes de dialogue à celles d'action (même si la bataille ultime est spectaculaire et superbement découpée). Il bénéficie aussi de la contribue de Matt Hollingsworth aux couleurs qui produit des images magnifiques (mention à la "séance" entre Strange et Doom dans la cellule du Projet Pégasus).

L'artiste prouve qu'il sait exploiter simplement mais avec intensité le meilleur d'un moment poignant quand Doom adresse, fourbu, à genoux, fragile comme un enfant, un adieu (un au revoir ?) à sa mère. Tout comme, en une page, très sobre, il capte le désarroi d'Amara Perera apprenant sa grossesse.

Pour savoir comment Bendis et Maleev vont gérer la suite de cet Infamous Iron Man, il faudra suivre les derniers épisodes d'Invincible Iron Man rédigés par le scénariste, à partir du #583 jusqu'au n° 600 (son dernier épisode avant son départ effectif chez DC Comics), où Riri Williams et Victor Von Doom vont être engagés dans une saga devant aboutir au retour de Tony Stark. Il sera alors temps de savoir si Von Doom continuera sa route comme un héros ou replongera comme super-vilain... 

mardi 5 décembre 2017

INFAMOUS IRON MAN, VOLUME ONE : INFAMOUS, de Brian Michael Bendis et Alex Maleev


Quand Brian Michael Bendis prend en main la série Invincible Iron Man après son run sur Guardians of the Galaxy, il ne tarde pas, comme il en l'habitude, à lancer un spin-off  : International Iron. Dans ce titre qui comptera finalement une poignée d'épisodes, il retrouve son complice de Daredevil, Alex Maleev, au dessin et résout une intrigue laissée en plan par Kieron Gillen en révélant les origines de Tony Stark, abandonné par sa mère et recueilli par la riche famille Stark. Le récit est peu inspiré mais il prépare un autre projet : Infamous Iron Man. Mais qui est cet "Infâme Iron Man" ?


Victor Von Doom (Fatalis en v.f.) vient d'assister à deux événements majeurs pour lui : durant un bref laps de temps, il a été investi des pouvoirs d'un dieu tout-puissant (la saga Secret Wars) mais il a échoué à remodeler l'univers comme il le désirait, puis il a assisté à la défaite de Tony Stark (la saga Civil War II), un des rares hommes qu'il considérait comme un de ses pairs mais avec lequel il était en compétition pour conquérir le coeur du Dr. Amara Perera. Il visite le laboratoire du milliardaire américain et décide de lui succéder sous l'armure et le nom d'Iron Man. Pour débuter cette surprenante reconversion, il sauve Maria Hill de Diablo, mais celle-ci compte l'arrêter pour ses crimes passés : elle profite du retour sur Terre de Ben Grimm/la Chose pour le recruter et l'envoyer traquer son vieil ennemi.


Von Doom se rend en Bolivie et dérobe un instrument au Penseur Fou qu'il neutralise facilement. Cependant, Grimm se rend à l'ambassade de Latvérie et obtient sous la menace la dernière adresse connue de Von Doom. Celui-ci se rend au domicile d'Amara Perera qui le blesse, effrayée. Elle le soigne ensuite en lui rappelant les sentiments qu'il continue d'inspirer au monde malgré son désir de changer. C'est alors que Ben Grimm fait brutalement irruption dans l'appartement de la jeune scientifique.
  

Doom se téléporte avec Amara en Suisse où il s'est installé : il justifie sa conduite par le fait que si Dieu n'est pas un homme, aucun homme ne peut prétendre être Dieu. En ayant admis cela, il a compris qu'il devait réparer le mal qu'il avait commis mais aussi stopper les autres criminels de sa connaissances et, pour cela, succéder à Tony Stark en tant qu'Iron Man. Bien qu'elle sache que les autorités la soupçonneront d'être sa complice, Amara exige de Doom qu'il la renvoie chez elle. Pendant ce temps, Grimm se rend en Latvérie et en inspectant le laboratoire de Doom, rencontre sa mère, pourtant supposée morte depuis des années : Cynthia lui lance alors un sort pour l'empêcher de faire du mal à son fils.
   

Doom s'introduit dans l'héliporteur du SHIELD pour négocier sa collaboration avec Maria Hill et obtenir que Grimm cesse de l'importuner ainsi qu'Amara. Mais quand il a apprend que la Chose se trouve en Latvérie, il interrompt la discussion et part dans son pays. Il découvre son royaume en ruines, négligé par le général Karadick à qui il l'avait confié. Une explosion retentit dans son château où il trouve Grimm sévèrement blessé, devinant immédiatement que c'est à cause de sa mère.


Grimm reprend connaissance dans l'héliporteur du SHIELD, apprenant à Maria Hill que c'est Doom qui l'a sauvé après avoir affronté sa mère. Les agents atterrissent en Latvérie pour agression contre un de leurs agents et réclament Doom mais lui comme sa mère sont repartis. Malgré tout, les retrouvailles ont été hostiles, Cynthia ayant avoué sa déception envers son fils pour son passé criminel et lui l'interrogeant - sans obtenir de réponses - sur le fait qu'elle était en vie. Amara Perera reçoit les visites successives de Doom et du SHIELD et apprend qu'elle est renvoyée de son laboratoire. Observant tout cela depuis leur cache, Cynthia accepte de suivre le plan de son allié : Reed Richards !


Le Sorcier prévient MODOK de la reconversion de Doom après qu'il ait attaqué Diablo et le Penseur Fou. Le nouvel Iron Man surgit pour interrompre leur dialogue mais son adversaire se montre plus coriace et parvient à le semer. Son armure temporairement déchargée, il est encerclé par des agents du SHIELD menés par Sharon Carter. Usant de la ruse, il réussit à s'enfuir mais ses agissements ne passent pas inaperçus et Riri Williams, la mascotte de Tony Stark opérant sous le nom et l'armure d'Iron Heart, part à sa recherche pour savoir si son mentor est de retour ou s'il s'agit d'un imposteur...

Avec ces six premiers épisodes (sur les douze au total que compte le titre), Brian Michael Bendis fait oeuvre de synthèse en réussissant à surprendre, du simple fait de poser Victor Von Doom comme "héritier" de Tony Stark/Iron Man. 

Par le passé d'abord, les deux hommes se sont affrontés, une opposition classique pour deux savants équipés d'armures, à l'ego surdimensionné, l'un oeuvrant parmi les héros (tout en ayant une ligne de conduite souvent limite en bien des circonstances), l'autre comptant comme l'un des pires super-vilains (mais avec une certaine noblesse). Ils partagent également une notion au pouvoir développée : Star est un milliardaire qui a fait fortune en vendant des armes puis en en participant à la fondation des Avengers comme leur mécène, Doom est le roi autoritaire d'un petit pays d'Europe de l'Est et un savant dont le génie égale celui de Reed Richards, Mr. Fantastic des Fantastic Four.

Récemment, la trajectoire de l'un et l'autre a connu une courbe inversée : lors de la saga Secret Wars écrite par Jonathan Hickman, Doom a été investi des pouvoirs d'un dieu tout-puissant mais il a failli à modeler l'univers de manière harmonieuse selon ses critères ; lors de la saga Civil War II écrite Par Bendis, Stark a combattu contre les forces menées par Captain Marvel et la mise en place d'une justice pro-active avant d'être défait et plongé dans un coma programmé. Une jeune fille qu'il avait prise sous son aile lui a succédé sous le nom d'Iron Heart depuis.

Bendis s'appuie de manière intelligente sur Secret Wars pour justifier que Doom veuille totalement changer de vie et devenir un héros en utilisant le surnom d'Iron Man : l'explication est donnée durant le troisième épisode de la série en quelques doubles pages, sublimes. Si Dieu n'est pas un homme, alors aucun homme ne peut être Dieu : c'est la leçon qu'a tirée Doom de son expérience récente et qui lui fait admettre que sa soif de pouvoir est vaine, donc il doit se racheter en devenant un héros. Il sait que la tâche ne sera pas aisé car personne ne lui fera spontanément confiance en raison de son passé criminel - et d'ailleurs il conserve durant ce premier arc de vieux réflexes autoritaires.

Son autre motivation est à trouver du côté d'Amara Perera, femme scientifique qu'il espérait conquérir tout comme Stark et qu'il se résigne à perdre tout en déplorant qu'elle souffre d'être liée à lui (elle le paie cher en perdant son travail). A défaut d'être aimé d'elle, il souhaite du moins être digne de sa droiture morale tout comme il cherche à convaincre Maria Hill de ses bonnes intentions. Il y parvient partiellement en sauvant Ben Grimm/la Chose, qui en est tout désorienté.

L'aventure dans laquelle il s'embarque se complique encore plus quand il découvre que sa mère, Cynthia, qu'il croyait morte depuis longtemps, est vivante. Mais leurs retrouvailles sont complexes, elle lui reprochant son attitude passée tout en le félicitant pour la nouvelle voie qu'il emprunte, tandis que lui veut comprendre comment elle peut être en vie et ensuite pourquoi elle le lui a caché tout ce temps. Bendis introduit par ailleurs un allié mystérieux à Cynthia qui ouvre des perspectives passionnantes pour les six prochains épisodes.

Formellement, la série bénéficie à plein du talent d'Alex Maleev, un partenaire de longue date du scénariste aux côtés duquel il accomplit un run d'anthologie sur Daredevil. Depuis l'artiste bulgare a épuré son trait qui s'il souffre toujours d'un manque de dynamisme compense cette faiblesse par le soin apporté aux ambiances. Il a été dit que pour représenter Doom, à présent avec un visage intact (dernier "cadeau" de ses pouvoirs divins), il se serait inspiré de l'acteur Vincent Cassel : on peut le reconnaître sur certaines cases mais disons que cela ne saute pas aux yeux, autant parce qu'il semble que le dessinateur n'ait pas insisté sur ce point et parce qu'en vérité on l'oublie vite.

Maleev s'attache surtout à rendre le plus lisible possible l'histoire : son découpage est sciemment simple, pas d'extravagance, quelques doubles pages (dont deux directement au crayon dans l'épisode 3 - absolument fabuleuses), une attention soulignée aux scènes de dialogues (même si Bendis reste très mesuré sur ce plan), aux attitudes (souvent Doom est représenté lévitant en contre-plongée pour signifier son ascendant sur les civils ou ses ennemis). On peut s'étonner de ce parti-pris qui refuse ostensiblement le spectaculaire mais aussi l'interpréter comme une envie de rappeler au lecteur qu'il s'agit de raconter la reconversion d'un homme plutôt que ses coups d'éclats comme néo-super-héros.

Ajoutez-y la colorisation, superbe, de Matt Hollingsworth et vous aurez un premier volume qui est un régal pour les yeux.

Suite et fin dans The Absolution of Doom : stay tuned !  

lundi 4 décembre 2017

MYSTIK U : BOOK ONE, d'Alisa Kwitney et Mike Norton


Depuis la dernière série qui lui a été consacrée (par Paul Dini et Cliff Chiang) et son utilisation dans Justice League Dark (par Peter Milligan puis Jeff Lemire et Mikel Janin), Zatanna, la plus jolie magicienne de DC Comics, se faisait discrète. Mais cette lacune est désormais corrigée avec Mystik U, écrit par Alisa Kwitney et dessiné par Mike Norton, qui démarre juste ce mois-ci.


Il y a sept ans de cela, lors d'une représentation à Las Vegas, Zatanna Zatara envoie accidentellement son père, le grand magicien Giovanni, dans une dimension infernale. Le public est ravi, pensant qu'il s'agit du clou du numéro mais pas la jeune femme qui fuit, affolée dans la coulisse. Elle y trouve Rose Psychic, une amie de Giovanni, qui lui offre son aide.


Direction, via un portail dimensionnel, la Mystik University. Rose est convaincue, contrairement à Giovanni, que Zatanna a tout le potentiel requis pour être une magicienne de premier ordre et dans son établissement, elle pourra s'épanouir de manière à sauver son père.


Rapidement, Zatanna fait la connaissance d'autres étudiants, dont les deux filles avec lesquelles elle partage une chambre, Pia Morales (une apprentie guérisseuse) et June Moon (qui préfère être nommée l'enchanteresse), mais aussi Davit Sargon (un indien détenteur d'une pierre magique) et Sebastian Faust (le fils de Felix Faust, un puissant et maléfique sorcier).


Le tuteur du groupe les invite à participer le soir même à la "chasse au charognard", une sorte de jeu de pistes dans l'université. Mais Zatanna tombe nez à nez avec un monstre informe, gélatineux et cyclopéen, Plop, dont Sebastian la sauve in extremis avant qu'un autre étudiant ne disparaisse. Une réunion des professeurs et de la directrice autorise Mr. E à sécuriser l'endroit contre cette menace.


Lorsque Plop resurgit en suprenant Davit et June au lit et en les engloutissant eux puis Zatanna, Rose est sur le point d'intervenir pour l'exterminer mais Pia s'interpose car elle est capable de communiquer avec la créature et devine qu'elle n'est pas mauvaise - ce qu'elle prouve en recrachant Davit, June et Zatanna. Un nouveau conseil du corps enseignant oppose Rose à ses amis car elle a décidé d'intégrer Plop aux élèves. Mais Mme Xanadu a lu dans les cartes qu'un des nouveaux étudiants provoquera la destruction de l'université. Mr. E interroge alors Rose sur ce qu'elle compte faire...

Avec le nombre de personnages liés au monde de l'occulte que DC Comics possède dans son catalogue, il eut été bien dommage de ne pas exploiter ce pan de leur univers, comme ce fut le cas avant "Rebirth" avec la Justice League Dark (du moins durant le bref run de Milligan et celui plus consistant de Lemire).

De tous les magiciens que peut exploiter l'éditeur, deux se détachent : d'un côté, John Constantine, héros de Hellblazer, et Zatanna, à laquelle Paul Dini fut le dernier à s'intéresser dans sa forme classique (inspiré en cela par le fait que l'épouse du scénariste se produit comme illusionniste dans un costume proche du personnage). L'ambition de Mystik U est de placer Zatanna au centre d'une série chorale, avec un supporting cast solide, mêlant nouveaux personnages, héritiers de noms connus, et de figures déjà utilisées mais guère populaires (à part peut-être Mme Xanadu).

Alisa Kwitney débute ce premier épisode par une scène dramatique où l'université qui donne son nom à la série a été dévastée par la Malveillance (Malevolence en v.o.), sans qu'on sache très bien de quoi il s'agit (un sort très puissant vraisemblablement, jeté par un sorcier ennemi de l'endroit). A la fin on apprend qu'un des nouveaux élèves intégrés à l'établissement en même temps que Zatanna est responsable du funeste destin de l'école et la directrice, Rose Pyschic, est face à un dilemme : doit-elle (faire) tuer ses recrues ? Ou repérer et neutraliser le responsable au risque de mettre en péril tous les membres (enseignants et écoliers) ?

Ainsi posée, on a l'impression que l'intrigue ne joue pas la carte du divertissement léger. Or, la scénariste déjoue les attentes en décrivant la vie estudiantine presque comme dans une sitcom : Zatanna nous sert de témoin, on s'identifie à elle qui débarque dans cet endroit fantastique où l'étrange est banal. Ses camarades de classe sont des archétypes habilement typés : le beau gosse ténébreux et suffisant (fils du sorcier Felix Faust), la bonne copine (Pia Morales, qui croit à ses pouvoirs de guérisseuse), la future Enchanteresse (June Moone avec son look gothique) et le timide grassouillet (Davit Sargon élevé dans la tradition familiale). Leur rencontre avec Plop est présenté de manière menaçante avant que l'aventure ne prenne un tour inattendu en forme de leçon sur la tolérance.

Mike Norton n'est pas un dessinateur qui fait beaucoup de bruit, souvent cantonné à jouer les doublures en passant après des artistes plus côtés (il avait ainsi succédé à Cliff Chiang sur l'excellente série Green Arrow & Black Canary de Judd Winick). Mais c'est un artisan solide, au trait propre, expressif, non dénué d'élégance. Il rend ses personnages vivants en tirant partie des situations dans des décors soignés, bien mis en valeur par un découpage sage mais fluide.

L'humilité de son style contribue à souligner la fraîcheur du récit ainsi que son dynamisme en évitant les écueils de la mièvrerie : Mystik U pourrait ne ressembler qu'à une série pour ados, d'ailleurs ce ne serait pas déshonorant (car beaucoup de comics négligent le lectorat plus jeune au profit d'un public acquis d'adultes), mais en donnant aussi de la place aux intrigues en coulisses du conseil professoral de l'établissement, on apprécie mieux le potentiel dramatique de l'histoire encadrée par un prologue et une chute dramatiques.

Plaisir garanti donc et titre à suivre.  

dimanche 3 décembre 2017

BATMAN : CREATURE OF THE NIGHT - BOOK ONE : I SHALL BECOME, de Kurt Busiel et John Paul Leon


Annoncé depuis des années, souvent reporté (à cause des ennuis de santé de son scénariste), le premier épisode de la mini-série Batman : Creature of the Night paraît enfin cet hiver. Conçu comme le pendant à son sublime Superman : Secret Identity (dessiné par Stuart Immonen, publié en 2004), le récit écrit par Kurt Busiek et illustré par John Paul Leon est l'événement de cette fin d'année. 


Bruce Wainwright est le fils unique de Henry et Carol, un couple de bourgeois résidant à Boston. Le jeune garçon est un lecteur passionné de comics et son héros favori est Batman : il s'amuse ainsi à décomposer son nom de famille (Wain/Wayne) et celui de son oncle (Alton-Frederick Jepson/Al-Fred). 

Lors de la nuit de Halloween, déguisé comme le protecteur de Gotham, Bruce est témoin d'un drame atroce : en rentrant chez eux, les Wainwright surprennent trois cambrioleurs qui les abattent. Le garçon est gravement blessé mais survit après deux mois dans le coma. Il apprend par l'officier de police Gordon Hoover le décès de ses parents mais s'avère incapable de fournir un signalement suffisamment détaillé des voleurs.


Son oncle refuse de le recueillir et le confie au collège Cornerstone où doit faire face aux moqueries de certains élèves. Rongé par une colère sourde, Bruce est suivi par un psychothérapeute, le Dr. Lester, mais ne se confie guère à lui. Lors d'une visite au zoo avec son oncle, Bruce se dispute avec lui et se réfugie dans une salle abritant des chauves-souris dont la vitre de la cage se brise soudainement : il interprète cela comme un signe sans réussir à en formuler la signification.


Alors que l'enquête policière piétine sur le meurtre des Wainwright, plusieurs malfrats sont neutralisés par un mystérieux vigilant dont les témoins font une description délirante et effrayante. Bruce poursuit son éducation en faisant un voyage en France, puis dans un camp de vacances où il apprend l'équitation et les bonnes manières. Cependant, le justicier à Boston finit par empêcher la fuite de Donald Bradagh, acteur raté impliqué dans une série de cambriolages et meurtres.


Appelé au poste de police, Bruce identifie formellement Bradagh comme l'assassin de ses parents. Mais, même après cela, il demeure troublé. Une nuit, il monte sur le toit de son collège et la créature de la nuit lui apparaît en lui assurant qu'il est désormais en sécurité.


Bruce y voit comme un souhait exaucé : il a désiré que Batman existe et tel un justicier surgi de son imagination, cela s'est produit. Peu après, son oncle lui offre une radio grâce à laquelle il capte la fréquence de la police, pouvant ainsi suivre leurs actions - et celle de la créature...

Il y a quelque chose d'angoissant et d'excitant, en égales mesures, à lire une bande dessinée attendue, programmée pour être un sommet du genre. Le résultat va-t-il être à la hauteur des espérances ? Et en même temps on s'y plonge avec un sentiment de soulagement - cette fois-ci, c'est la bonne, on va pouvoir vérifier sur pièce.

Dans Superman : Secret Identity, Kurt Busiek (avec Stuart Immonen) brodait une variation magnifique sur le Man of Steel en le suivant sur quatre longs chapitres de l'adolescence à la vieillesse, se référant au mythe du personnage de papier mais en le confrontant à la réalité. Une sorte de variation romanesque et intimiste comme si Superman était considéré non pas comme le produit d'une fiction mais comme une hypothèse vraisemblable.

Le scénariste emploie un procédé semblable avec ce Batman : Creature of the Night. Il ne s'agit pas d'une énième relecture des origines de Batman, les noms sont subtilement altérés, juste assez familiers et malicieux pour créer le trouble. Mais cela est invoqué pour établir une distance qui permet d'apprécier la dimension mythique du personnage.

Busiek pense que Batman est un fantasme qui, si on pense très fort à lui, comme le fait son jeune héros, Bruce Wainwright, se matérialise et exécute son oeuvre de justicier. Le dessinateur (et encreur et coloriste) John Paul Leon le représente non pas comme la figure dont on a l'habitude mais littéralement comme une créature, une sorte de monstre informe et terrifiant aux membres indistincts, camouflés dans sa cape - elle-même comme une extension des chauves-souris qui l'entourent. Ses yeux rouge sang, ses apparitions éclair, son envergure, la fulgurance de ses interventions, tout concourt à la figurer comme un démon, un être cauchemardesque.

Et pourtant, il émane de cette "créature de la nuit" (dixit la traduction littérale du titre en v.o.) une aura aussi saisissante que rassurante, apaisante même : n'assure-t-il pas, après avoir coincé le meurtrier de Bruce, qu'il est désormais en sécurité ("Now... You're safe..."). Son incarnation fait penser à la fois à Dracula (influence revendiqué par ses créateurs historiques, Bob Kane et Bill Finger) et à la version publiée dans la collection Just imagine Stan Lee creating... dans lequel Stan Lee avec Joe Kubert imagina un Batman dont le masque était designé comme le faciès d'une vraie chauve-souris.

Busiek et Leon se gardent bien (parce qu'il ne s'agit que du premier acte de leur histoire mais aussi pour laisser vagabonder l'esprit du lecteur) de dire si oui ou non, tout cela est une extension du chagrin et de la colère de Bruce Wainwright. Beaucoup d'éléments conservent leur part d'ombre (qu'on peut interpréter de bien des manières), comme le mystérieux oncle Alton/Alfred, l'officier Gordon Hoover. L'arrestation de Donald Bradagh ne saurait tout régler non plus.

Autant de pistes qui promettent beaucoup pour la suite de cette production magistrale, à la poésie crépusculaire, esthétiquement impressionnante (peu de scénaristes peuvent se vanter d'avoir eu deux artistes du calibre d'Immonen et Leon pour revisiter les mythes de Superman et Batman), explorant de manière troublante le deuil, la frustration, la vengeance, la justice et le motif du démon (intérieur ou personnifié). Ne passez pas à côté !  

vendredi 1 décembre 2017

QUAI D'ORSAY, de Bertrand Tavernier


Faisons une pause avec les productions du "Millarworld", les comics U.S., pour examiner l'adaptation d'une des bandes dessinées françaises les plus enthousiasmantes de ces dernières années : Quai d'Orsay. J'avais écrit la critique des deux tomes il y a déjà un moment mais pas celle du film, qui mérite pourtant qu'on s'y arrête parce que réalisé par le brillant vétéran Bertrand Tavernier, qui a étroitement collaboré avec les auteurs Abel Lanzac et Christophe Blain. Le résultat est très intéressant.

Arthur Vlaminck et Alexandre Taillard de Worms
(Raphaël Personnaz et Thierry Lhermitte)

Arthur Vlaminck, jeune diplômé de l'ENA, est recruté pour travailler au service d'Alexandre Taillard de Worms, le ministre des Affaires étrangères du gouvernement français. Homme de Droite, charismatique et fougueux, celui-ci impressionne tous ses collaborateurs.

Claude Maupas, Arthur Vlaminck et Alexandre Taillard de Worms
(Niels Arestrup, Raphaël Personnaz et Thierry Lhermitte)

Il est épaulé par Claude Maupas, son flegmatique directeur de cabinet, et une flopée de conseillers ambitieux, qui ne cessent de s'infliger des coups bas dans l'espoir assumé de s'attirer les faveurs de leur patron, comme le constate rapidement, d'abord dépité puis résolu à ne pas se laisser faire, Arthur.

Guillaume Van Effentem, Sylvain Marquet, Arthur Vlaminck,
Alexandre Taillard de Worms, Claude Maupas, Valérie Dumontheil et
Stéphane Cahut (Thierry Frémont, Thomas Chabrol, Raphaël Personnaz,
Thierry Lhermitte, Niels Arestrup, Julie Gayet et Bruno Raffaeli)

La situation internationale est tendue, notamment en Afrique, et requiert les efforts de tout le personnel ministériel, bien moins nombreux et équipé que celui d'autres grandes puissances, mais motivé. Au milieu des feuilles qui volent sur le passage de Taillard de Worms, toujours impatient de recevoir ses fiches et discours, Arthur a la délicate mission de s'occuper du "langage", la mise en forme des textes officiels du ministre, l'expression de la parole publique de la diplomatie française. 

Arthur et Marina
(Raphaël Personnaz et Anaïs Demoustier)

Dans ces conditions, la rédaction d'un discours destiné à être prononcé devant le conseil de sécurité de l'ONU n'est pas une mince affaire : le directeur de cabinet doit l'approuver, mais les divers conseillers sollicités pour l'élaborer le dénigrent, la copie doit être corrigée à toute heure du jour et de la nuit - ce qui impacte la vie amoureuse d'Arthur avec sa fiancée, institutrice engagée à Gauche, compatissante mais aussi souvent étonnée par ces cadences infernales.  

Arthur et Taillard de Worms

Pourtant, au prix d'efforts incroyables, d'un dévouement sans failles, d'une patience à toute épreuve, entre deux crises gérées énergiquement, Arthur parvient à produire pour Taillard de Worms un document qui fera date pour signifier le refus de la France de s'engager dans un conflit aux motivations spécieuses (la détention par un pays d'armes de destruction massive) au Moyen-Orient auprès des Etats-Unis.  

Taillard de Worms

Ce n'est pas la première fois que Bertrand Tavernier explore les coulisses du pouvoir : déjà, en 1975, il avait montré les dessous de la Régence de Louis XV au XVIème siècle dans Que la fête commence. En revanche, c'est la première fois qu'il s'essaie à la comédie pure en adaptant, qui plus est, une bande dessinée. 

Les deux tomes de Quai d'Orsay - Chroniques diplomatiques ont été un gros succès de librairie, où Antoine Baudry alias Abel Lanzac avait puisé dans sa propre expérience de conseiller de Dominique de Villepin qui a inspiré le personnage de Alexandre Taillard de Worms, auquel le dessinateur Christophe Blain avait d'ailleurs donné les traits.

En narrant les efforts d'un plumitif chargé d'écrire les discours de ce hussard tonitruant, planchant en particulier sur le discours prononcé le 14 Février 2003 qui traduisit le refus de la France de s'engager militairement aux côtés des Etats-Unis en Irak, le film s'affiche comme une satire ambitieuse mais légère sur le monde de la diplomatie, ses jeux de pouvoir, ses luttes d'influence, mettant surtout en scène les collaborateurs du ministre et ce dernier.

Certainement conscient qu'il ne pourrait rivaliser avec la puissance visuelle et humoristique du matériau d'origine, Tavernier a pris le parti, avec l'accord des auteurs qui ont participé à l'écriture de l'adaptation, à la fois de tailler dans les abondantes péripéties des albums mais aussi de ne pas coller fidèlement à la représentation graphique des personnages. Dans la BD, Taillard de Worms est un géant à la fois illuminé et avisé et tous ceux qui gravitent autour de lui n'existent qu'en fonction de ce qu'il leur demande ou de ce qu'ils disent de lui. Un film procède d'une mécanique différente où il faut caractériser plus finement les personnages pour ne pas sombrer dans un one-man show, mais surtout parce qu'il n'existe pas un acteur rivalisant physiquement avec son alter ego de papier. A cause de ces contraintes, je me sens d'humeur indulgente face au résultat.

Tavernier privilégie donc une comédie qui s'appuie sur les dialogues (quand bien même il a conservé des tics de langage qui fonctionnent parfois moins bien comme les fameux "Tchac ! Tchac ! Tchac !" qu'emploie Taillard de Worms pour expliquer comment il faut structurer ses discours). Il compose ainsi un étonnant ballet, grâce à une caméra très mobile, empruntant au vaudeville (les portes claquent) avec un rythme soutenu. Ponctué de citations d'Héraclite (comme dans la BD), l'auteur préféré du ministre (même s'il y fait référence de façon parfois très personnelle), le récit défile comme une série de séquences dans un dispositif qui évoque les sitcoms. Les gags qui en découlent sont parfois très amusants (les micro-siestes de Maupas, les explications pleines de sous-entendus tordus - souvent sexuels - de Van Effentem), ironiques (les amis et la fiancée d'Arthur, tous de Gauche, qui s'étonnent qu'il serve un ministre de Droite, la fascination d'Arthur pour Taillard de Worms et ses "visions"), parfois aussi inutilement insistantes (les feuilles qui volent - un truc trop "cartoonesque" pour être transposé littéralement). 

Mais plus que la précision documentaire ou les ressorts de la farce, ce qui fonctionne vraiment tient au tableau du ministère dans son ensemble, véritable ruche aux couloirs interminables, avec ses codes désuets mais immuables, son cérémonial, sa hiérarchie, observée avec malice mais sans complaisance.

Dans la peau de ce diplomate hors normes, Thierry Lhermitte a l'intelligence de ne pas en rajouter : il le joue avec vivacité mais ironie, une sorte de folie douce et élégante, constamment excédé mais joueur. S'agitant au milieu de sa cour, il trouve son parfait contrepoint avec Niels Arestrup, étonnant et épatant dans un contre-emploi, tandis que Raphaël Personnaz incarne parfaitement le Candide de l'histoire, avec une ingénuité subtile. Les seconds rôles sont superbement distribués (Julie Gayet magistrale en conseillère provocante, Thierry Frémont impeccable en éminence grivoise).

Au fond, Tavernier compare, habilement mais justement, le ministère et ses occupants divers à une scène de théâtre/un plateau de cinéma, avec son metteur en scène et sa troupe. Ce parallèle suggère son inspiration : comme pour une pièce/un long métrage, l'équipe doit être soudée et compétente pour obtenir un bon résultat, quand bien même à la fin de la représentation/projection, seule la tête d'affiche retient l'attention et reçoit les lauriers.