mardi 8 août 2017

MOZART IN THE JUNGLE (Saison 2) (Amazon)


La première saison m'a tellement emballé que je n'ai pas tardé à suivre la saison 2 de Mozart in the Jungle, toujours conduite par le quatuor Roman Coppola-Jason Schwartzman-Alex Timbers-Paul Weitz pour Amazon.

Ci-dessus : un petit résumé des relations des principaux personnages de la série

L'orage gronde au New York Symphony quand démarre cette nouvelle saison, qui se situe deux mois et demi après la fin de la précédente : en effet, les musiciens menacent de faire la grève si leurs salaires et leurs revendications sociales ne sont pas renégociés par le conseil d'administration.

Rodrigo et "Hail Lai" (Gael Garcia Bernal et Lola Kirke)

Le souci est d'autant plus grand que l'orchestre se prépare à partir en tournée en Amérique du Sud, après un concert dont l'invité de marque est le violoncelliste Andrew Walsh - notoirement connu aussi pour aimer coucher avec les plus jolies musiciennes, Cynthia a été sa maîtresse, et maintenant il convoite Hailey, ce qui déplaît à Rodrigo, le chef (qui angoisse à la perspective de jouer à Mexico, sa ville natale, où vit encore son mentor, Rivera).

Gloria Windsor (Bernadette Peters)

Cependant, Gloria Windsor, l'administratrice du NYS, bataille avec son rival au conseil, Biben, pour préserver l'orchestre. Elle a recruté un suppléant pour Rodrigo, Lennox (aux méthodes aussi discutables), et entame une liaison avec le régisseur, Pavel, qui a découvert son secret (mais je ne le spoilerai pas).

Nina Robertson et Cynthia Taylor (Gretchen Mol et Saffron Burrows)

A Mexico, entre le vol du violon de Warren Boyd (et les recherches mouvementées pour le retrouver in extremis) et le concert, Rodrigo présente "Hai Lai" à sa grand-mère, qui l'a élevé, puis à Rivera, qui souhaiterait que son disciple reprenne sa classe d'étudiants, des gosses désoeuvrés pour qui la musique est la seule chance de s'élever socialement. Une offre impossible à accepter et donc déchirante pour le maestro... Qui, de retour à New York, se croit maudit alors qu'il souffre d'amusie (le mal qui rendit Beethoven sourd).

Rodrigo De Souza

Nina Robertson, l'avocate engagée par Cynthia pour défendre les intérêts des musiciens, emploie la manière forte pour contraindre le conseil d'administration, ce qui aura de fâcheuses conséquences (pour le couple qu'elle forme avec Cynthia et tout l'orchestre). Thomas Pembridge enterre sa femme, qui décède en écoutant la symphonie qu'il vient de composer. Rodrigo met sa démission dans la balance pour sauver le New York Symphony...

Hailey Rutledge

Mais cela paiera-t-il ? Et évitera-t-il à Hailey de quitter la ville pour partir en tournée avec Walsh et vivre une liaison avec son nouvel amant ?

C'est bien simple, c'est comme si les auteurs de cette nouvelle saison avaient décidé d'appuyer à fond sur la pédale de l'accélérateur tellement il s'y passe de choses, tellement les cartes sont rebattues, et que le spectateur est entraîné dans un grand huit émotionnel.

Pour l'essentiel, on retrouve les fondamentaux de la série, qui est toujours aussi drôle et original (avec son cadre, ses personnages, son lot d'intrigues, de péripéties), en adoptant ce ton unique, subtilement décalé, tour à tour fantasque, sentimental et mélancolique.

Mais Rodrigo n'est plus le seul à capter l'attention : bien que toujours aussi excentrique, il gagne en nuances et cela rejaillit sur le reste de l'orchestre, les relations entre les musiciens sont plus creusées (via la menace de la grève et la tournée sud-américaine). 

Les épisodes s'enchaînent à toute allure, tout en réservant au spectateur des moments suspendus (Rodrigo, la veille du départ en tournée, seul sur la scène, prenant conscience qu'il a trouvé là sa maison - comme il l'avouera à voix haute à son orchestre plus tard - , les retrouvailles avec le maestro Rivera, la rencontre avec Mémé DeSouza, la disparition loufoque et tragique à la fois de la femme de Pembridge...). 

L'histoire s'encanaille aussi avec la liaison entre Nina, l'avocate carnassière (incarnée par la superbe Gretchen Mol), et Cynthia, la violoncelliste "fucking hot", ou entre Gloria "Antoinette" et Pavel (qui souffrira de ne pouvoir être vu avec elle en public), ou encore le couple désormais établi entre Lizzie (la coloc de Hailey) et Bradford Sharp (le podcasteur mélomane - joué par Jason Schwartzman lui-même).

La réussite de la première saison a permis à la production d'attirer des guests incroyables, comme le pianiste Lang Lang ou d'autres virtuoses comme Emmanuel Wax, Joshua Bell. Face à eux, Wallace Shawn (alias Winslow Elliott) et Dermot Mulroney (alias Andrew Walsh) restent parfaitement crédibles.

La distribution est là, dans une forme prodigieuse : Gael Garcia Bernal toujours aussi déchaîné et attachant bien sûr, Malcolm McDowell royal, Bernadette Peters et sa voix flûtée, Saffron Burrows plus que parfaite, et la solaire Lola Kirke. Le show ne serait pas le même sans eux ou avec d'autres qu'eux.

Dix nouveaux épisodes euphorisants !

lundi 7 août 2017

HAWKEYE, VOL. 2 : HAWKEYES, de Jeff Lemire et Ramon K. Pérez


Et donc, Marvel relança All-New Hawkeye après seulement cinq épisodes ! Une décision d'autant plus absurde donc que Jeff Lemire terminait son premier acte sur un cliffhanger saisissant, suffisant pour convaincre les fans de poursuivre l'aventure.
C'est donc parti pour six nouveaux chapitres, avec toujours l'excellent Ramon K. Pérez au dessin (et Ian Herring aux couleurs - impossible de ne pas le mentionner tant sa contribution est essentielle).

2 arcs de trois épisodes forment ce nouvel acte : Bishop's Man et Hawkeyes.


30 ans ont passé : Clint est un old man Barton et Kate n'est plus une jeunette non plus. Malgré leur rupture, en très mauvais termes, jadis, elle vient demander de l'aide à son acolyte en lui expliquant qu'ils ont commis une terrible erreur en laissant l'Hydra re-capturer les trois enfants.


A l'époque, en vérité, le SHIELD avait réussi à les récupérer et s'en est servi comme des armes de destruction massive, notamment en Chine. Le Mandarin, qui a pris le contrôle du pays dévasté, a gardé en otage un des trois terribles gamins, que Kate et Clint vont tenter de libérer.


Retour au présent : Clint apprend par Maria Hill que les trois enfants sont en fait des Inhumains. Pour les délivrer des griffes de l'Hydra, Clint et Kate montent un piège avec la complicité de Barney Barton.


Cette mission rappelle à Kate son enfance, durant laquelle elle découvrit les activités crapuleuses de son père et, déjà doté d'un caractère bien trempé, eut la vocation de de devenir justicière en assistant à l'arrestation du Matador par Hawkeye - et les Avengers...

Plus long d'un épisode, ce volume est pourtant plus nerveux mais aussi plus dense et original que le premier, comme si Lemire et Pérez s'étaient enhardis. Le scénariste nous entraîne trente ans dans le futur, revient sur des événements du présent, explore le passé de Kate, et tout ça sans égarer le lecteur, grâce à une narration formidablement fluide et nerveuse.

Lemire réussit particulièrement bien à caractériser Kate en soulignant son rapport difficile à la paternité : on comprend pourquoi elle refuse de considérer Clint comme son mentor (ce n'est pas qu'un caprice) tout en lui devant sa vocation (magnifique flash-back), et son tempérament volcanique est nuancé dans des scènes légères mais suggestives où Noh-Varr ou America Chavez sont convoqués. Pour Clint, Lemire se contente davantage de respecter la version de Fraction - un aimable loser, incapable de se sociabiliser sans ruiner ses relations, mais attachant, fidèle, pugnace, malin.

Pour illustrer cette trame étonnante, Pérez fait feu de tout bois en mixant trois styles graphiques : le présent est traité de manière classique, avec un trait simple et épuré, au découpage sage ; le passé est en couleurs directes (et Ian Herring accomplit un travail remarquable) façon aquarelles ; tandis que le futur se distingue par des représentations proches du croquis, comme réalisées par un artiste fatigué, à la main tremblante (un parti-pris audacieux, déroutant au début, mais intelligent).

Le run s'achève sur une note à la fois positive et mélancolique, qui offre, rétrospectivement, une passerelle idéale à l'actuelle série animée par Kelly Thompson et Leonardo Romero (avec l'ambition de Kate d'agir indépendamment, sans renier Clint). Ce dénouement produit une émotion inattendue, dont la pudeur est très louable.

Ainsi note-t-on que de Fraction/Aja à Thompson/Romero en passant par Lemire/ Pérez, Hawkeye a été bien gâté après de multiples tentatives infructueuses pour en faire un héros capable de générer un titre viable.

dimanche 6 août 2017

HAWKEYE, VOL. 1 : ALL-NEW HAWKEYE, de Jeff Lemire et Ramon K. Pérez


Je l'avais évoqué récemment, en parlant de la série Hawkeye par Kelly Thompson/Leonardo Romero-Michael Walsh : causons donc de All-New Hawkeye, écrit par Jeff Lemire et dessiné par Ramon K. Pérez, publié d'abord en 2015 pour 5 épisodes. 


Clint Barton et Kate Bishop font équipe pour une mission du SHIELD en découvrant une cache d'armes de l'Hydra. Il s'agit de savoir ce qu'est le programme "Communion".


En fait d'armes, Kate trouve trois enfants sujets à des expériences, qui les ont physiquement transformés et dotés de pouvoirs mortels. Clint persuade sa disciple de les remettre, comme convenu, à Maria Hill.


Mais Kate devine vite que le SHIELD va à nouveau exploiter ces enfants pour leurs pouvoirs et convainc Clint de les cacher chez lui. A leurs risques et périls... Comme ils en prendront conscience des années après.

J'avoue : lorsque ces épisodes furent publiés, je ne me suis pas jeté dessus car j'avais tellement adoré le run de Matt Fraction et David Aja qu'il me paraissait indépassable. Même si la réputation flatteuse de Lemire et le talent exceptionnel de Pérez garantissait une reprise prometteuse, j'aurai aimé que Marvel laisse passer un peu de temps avant de donner une suite aux aventures de Clint et Kate. En outre, les previews me laissèrent sur ma faim...

Puis je me suis procuré tardivement les deux recueils collectant les 11 épisodes de Lemire et Pérez, composés en fait en deux actes (un premier de cinq chapitres, un second de six, à cause d'un énième relaunch entre temps).

Donc, les cinq premiers épisodes : autant prévenir tout de suite, c'est TRES décompressé narrativement. Lemire abuse volontiers de ce procédé en étirant son récit. Pourtant, ça se lit sans ennui grâce à une astuce toute simple : en effet, en parallèle de la trame principale avec les trois cobayes subtilisés à l'Hydra, l'histoire revient sur l'enfance de Clint et Barney Barton, lorsqu'ils étaient adoptés par un fermier violent jusqu'à ce qu'ils intègrent un cirque ambulant où ils rencontrent leur mentor, le Swordman. Ce dernier initie Clint à l'archerie et Barney à la cambriole, ce qui aboutira à une rupture entre les deux frères.

La morale issue de ces deux lignes historiques est élémentaire : on paie toujours le prix de ses erreurs - très karmique, mais guère étonnant de la part d'un auteur comme Lemire (qui illustrera avec maestria ce même motif dans son Moon Knight). Ce premier acte s'achève sur un stupéfiant cliffhanger (même s'il parlera à ceux qui ont lu Old Man Logan de Millar/McNiven) et donne une irrépressible envie de lire la suite (et fin).

Visuellement, difficile de passer après le génial Aja et ses épisodes-tours de force, aux découpages incroyables, mais Ramon K. Pérez relève le défi avec panache. Soutenu par le coloriste Ian Herring, il emploie lui aussi un "truc" facile mais efficace : les flash-backs sont en couleurs directes, avec un rendu évoquant l'aquarelle (mais sans doute s'agit-il d'un mix de diverses techniques, avec une part d'infographie), et c'est superbe, très suggestif.

Les scènes au présent sont dessinées dans un style plus traditionnel, avec un trait épuré, expressif, favorisant les continuités séquentielles (une succession de cases de la largeur de la bande, avec le même angle de vue, où les seuls éléments mobiles sont les personnages). Il tente aussi des choses intéressantes dans le storytelling quand les scènes du passé dominent en leur consacrant les deux tiers ou les trois quarts de la planche, réservant la dernière des trois ou quatre bandes à un moment du présent. Cela renvoie aux manoeuvres déployées dans certains strips (Winsor McCay, par exemple, jouait avec ça déjà, dans Little Nemo in Slumberland).
Et les toutes dernières pages du cinquième épisode sont traitées avec encore un autre style...

Le tout donne à lire quelque chose d'étrange, très différent de ce que firent Fraction/Aja (tout en en soulignant certains aspects - la relation conflictuelle entre Clint et Kate surtout), mais finalement qui ne démérite pas.

vendredi 4 août 2017

MOZART IN THE JUNGLE (Saison 1) (Amazon)


Pas vraiment une nouveauté puisque datant de 2014, mais je vous recommande vivement de découvrir Mozart in the Jungle (trois saisons à ce jour), série créé par Roman Coppola, Jason Schwartzman (son cousin) et Alex Timbers et produite par Amazon. 

Hailey Rutledge (Lola Kirke)

Le maestro Thomas Pembridge dirige pour la dernière fois l'orchestre symphonique de New York et passe la baguette à son jeune successeur, le génial mais imprévisible Rodrigo de Souza, en qui l'administratrice a placé tous ses espoirs pour garder ses auditeurs habituels mais aussi gagner les faveurs d'un nouveau public.

Le maestro Thomas Pembridge (Malcolm McDowell)

Jeune hautboïste, Hailey Rutledge se présente à une audition pour intégrer l'orchestre, bien que le syndicat des musiciens, dont la violoncelliste Cynthia Taylor (ex-maîtresse de Pembridge) est la représentante, se cabre contre cette initiative. Retenue, la jeune femme se plante hélas ! totalement lors d'une répétition quand elle découvre qu'elle est assise à la gauche de la première hautboïste, son idole - mais qui ne lui sera d'aucun réconfort car c'est une vraie peau de vache !

Cynthia Taylor (Saffron Burrows)

Rodrigo recrute alors Hailey comme assistante afin qu'elle s'aguerrisse et elle doit lui rappeler ses obligations contractuelles, qu'il assume avec plus ou moins de sagesse, comme lorsqu'il faut aider Gloria Windsor, la patronne de l'orchestre, à lever des fonds auprès de généreux donateurs.

Le nouveau maestro Rodrigo de Souza (Gael Garcia Bernal)

Tout ce beau monde devient aussi nerveux que Pembridge, qui décide, excédé, de tout plaquer (femme, poste de "directeur émérite", traitement médical - direction : Cuba !), à mesure que le soir de la première approche et que Rodrigo n'a toujours pas choisi quelle oeuvre il conduira.

Ana "fuck the system !" Maria (Nora Arnezeder)

Et quand, enfin, il se décidera pour un concerto de Sibelius, il devra convaincre son ex, la volcanique Ana Maria, d'accepter le rôle de premier violon...

Inspiré des Mémoires de Blair Tindall, Mozart in the jungle : sex, drugs and classical music, cette série est jubilatoire. Découpée en dix épisodes de 25 minutes chacun, on n'a pas le temps de s'ennuyer tant la trame narrative est riche.

Réussir une comédie chorale est un exercice délicat, surtout quand on ambitionne de le faire sur le ton de la fantaisie à la fois lunaire et burlesque sans sombrer dans la farce. Le scénario y parvient parfaitement en soignant la caractérisation d'une belle galerie de personnages soumis au génie excentrique mais investi de ce fameux maestro Rodrigo, qu'on suit essoufflé comme Hailey mais aussi en riant de bon coeur.

Les seconds rôles ajoutent encore au plaisir en développant des intrigues secondaires : de la violoncelliste Cynthia (qui estime ses amants en fonction de leurs qualités musicales, mais qui est aussi accro aux analgésiques à cause d'une tendinite tenace) à l'ex-chef d'orchestre Pembridge (qui préfère finalement tout envoyer valser plutôt que de supporter qu'on insulte Tchaïkovski) en passant par la coloc de Hailey (qui hérite d'une fortune colossale dont elle ne sait quoi faire) ou le danseur qui séduit Hailey (tout en dormant dans le même lit que sa partenaire).

Le format court, plutôt dévolu à la sitcom, se prête idéalement à cette série dense et légère à la fois, dans laquelle on reconnaît le ton des productions de Roman Coppola et Jason Schwartzman (par ailleurs tous deux collaborateurs réguliers du génial Wes Anderson). Et, en plus, divinement mis en musique.

L'interprétation est magistrale, de Gael Garcia Bernal qui cabotine comme seuls les grands savent le faire à la révélation Lola Kirke parfaite en ingénue éberluée en passant par Saffron Burrows sensuellime ou Malcolm McDowell impérial. Mention spéciale à la prestation volcanique de la française Nora Arnezeder, hilarante.

Comme dirait l'autre, ce qui suit est encore du Mozart.

ALL-NEW GUARDIANS OF THE GALAXY #7, de Gerry Duggan et Greg Smallwood


La parution bimensuelle de la série All-New Guardians of the Galaxy, si elle oblige la contribution de fill-in artists, compense cela par la qualité de ces intervenants ponctuels. Et le scénariste Gerry Duggan (dont je découvre actuellement ses épisodes du volume 3 de Uncanny Avengers - il faudra que je vous en parle tantôt) facilite la vie du lecteur, déjà gâté visuellement, par des épisodes où ses dessinateurs intérimaires s'occupent d'histoires compréhensibles sans suivre tout le titre. 
Sachez cependant que les Gardiens de la Galaxie sont réunis pour un dernier coup, mais Gamora en particulier est intéressée par l'acquisition d'une Pierre de l'Âme et a convaincu Drax de l'accompagner dans cette quête. Mais le Destructeur a récemment décidé de devenir pacifiste. Pourquoi ?

On apprend donc qu'en se posant sur une planète, il a découvert une peuplade sous le joug d'un roi cruel. Lorsqu'il croise la route d'esclaves, son sang ne fait qu'un tour et il attaque ce régent. Ce geste de justice aura des conséquences terribles pour les indigènes... Et justifiera que Drax dépose les armes.

Duggan est un auteur décidément curieux : capable d'écrire le pitreries de Deadpool (même si je reste hermétique à cet humour), comme de construire une saga sur-vitaminée de Hulk (où le géant vert décidait de faire le grand ménage parmi ses ersatz -un run hélas ! abrégé par l'event Secret Wars), difficile de se faire un avis sur ses qualités réelles. Scénariste habile ou vraiment inspiré, capable de devenir un scribe qui compte ?

Ce 7ème épisode des All-New Guardians of the Galaxy est en tout cas aussi réussi que le #5 (dessiné par Chris Samnee), bien que possédant une tonalité plus dramatique. L'explication sur le revirement radical de Drax est excellente tout en fournissant une bonne dose d'action. Les plus connaisseurs du personnage ont même droit à un clin d'oeil sur son passé, quand il était différemment vêtu et... Jouait du saxophone !

Et puis, bien entendu, la participation de Greg Smallwood donne à ce chapitre un cachet exceptionnel. Il est d'abord surprenant de retrouver l'artiste dans cet univers après sa prestation fabuleuse à Moon Knight, mais, c'est la marque des grands, il y est comme chez lui instantanément. Son travail sur la texture, dû à ce tracé unique (qui fait penser à l'usage d'un crayon non encré), et le découpage (ce jeu sur la disposition des cases, la séquence des images, le rythme donné par le dessin) sont remarquables, très impressionnants. De quoi rendre impatient de savoir où Smallwood va rebondir cet automne (Samnee, lui, va s'occuper, avec Mark Waid, de la relance de Captain America) - j'adorerai le voir s'emparer de Daredevil (avec un bon scénariste si possible - dommage que Jeff Lemire soit reparti chez DC...).

Incompréhensiblement, ce 7ème épisode ne figurera pas dans le premier tpb des All-New Guardians of Galaxy, comme si quelqu'un chez Marvel avait imaginé qu'il n'était pas important (comme le n°5) à la continuité de la série. Procurez-vous donc cette single issue sans hésiter !