dimanche 5 mars 2023

ANT-MAN ET LA GUÊPE : QUANTUMANIA, de Peyton Reed (Critique avec spoilers !)


La Phase V du MCU débute donc avec Ant-Man et la Guêpe : Quantumania, 31ème film produit par Kevin Feige, et troisième chapitre des aventures de l'homme fourmi. Le long métrage de Peyton Reed a la lourde tâche de faire oublier une Phase IV très inégale et très moyenne artistiquement, où Feige a voulu que les séries sur Disney + et les films en salles se complètent, sans convaincre, mais aussi d'introduire celui qui doit succéder à Thanos comme le grand méchant de cet univers : Kang le conquérant. Verdict ?


Après avoir survécu au "snap" de Thanos et avoir retrouvé Janet Van Dyne détenue pendant trente ans dans le royaume quantique, Hank Pym et sa fille Hope ont pleinement accueilli au sein de leur famille Scott Lang et sa fille Cassie, qui partage avec les Pym le goût de la science. Contre l'avis de Janet, Cassie a conçu un appareil permettant de cartographier le microvers, mais un incident se produit qui attire tout le monde dans cette dimension. Scott et Cassie sont séparés de Hope, Hank et Janet et bientôt appréhendés par des rebelles qui évoquent un conquérant inquiétant.


Janet, elle, renoue avec de vieilles connaissances dans le royaume quantique et demande de l'aide à Krylar. Mais celui qui avait combattu Kang à ses côtés travaille désormais pour ce dernier. Hope se défend et avec Hank et Janet réussit à s'enfuir à bord du propre vaisseau de Krylar. Cependant, évoquant Janet devant les rebelles, Scott comprend que le conquérant est l'ennemi de sa belle-mère et qu'il a envoyé son plus féroce tueur contre le campement. Scott et Cassie sont capturés par M.O.D.O.K., qui n'est autre que Darren Cross, l'ancien Yellowjacket, transformé par Kang.


Présenté à ce dernier, Scott passe un marché avec le conquérant qui lui explique que Janet a détruit le réacteur de son vaisseau temporel et s'il le récupère, il laissera la vie sauve à Cassie. Scott se jette dans le vide quantique pour récupérer le réacteur alors que, au même moment, Hope avec Hank et Janet approche. Hope rejoint Scott et ensemble ils trouvent le réacteur. Mais au moment de le remettre à Kang, Janet s'interpose. Kang neutralise Scott et Hope tandis que MODOK laisse Hank pour mort. Janet est emmenée dans la citadelle de Kang.


Cassie, pendant ce temps, réussit à s'évader de sa cellule et elle accède aux quartiers de Kang depuis lesquels elle en appelle aux rebelles pour qu'ils attaquent la citadelle du conquérant. Scott et Hope se joignent à eux et causent d'importants dégâts, tandis que profitant que Kang soit distrait par cet assaut, Janet endommage à nouveau le réacteur. Kang est obligé de descendre s'occuper lui-même des rebelles. Affrontant Scott et Hope, il les domine. Jusqu'à ce que Hank et des fourmis du microvers arrivent et ne l'écrasent. 


MODOK, rejeté par Kang, meurt en soutenant les rebelles. Janet ouvre un portal quantique qu'elle emprunte ensuite avec Cassie, Hank et Hope. Mais Kang tente de se glisser dans l'ouverture à la place de Scott qui l'en empêche. Hope revient l'aider à tuer le conquérant et ils rentrent chez eux après avoir vu les rebelles prendre le contrôle de la citadelle. Quelque temps après, alors qu'il rejoint Hope, Hank, Janet et Cassie, Scott s'interroge sur les conséquences de cette bataille dans le microvers en espérant que tout ira pour le mieux...

Deux scènes additionnelles sont visibles après le générique de fin : dans la première, Immortus, la version la plus futuriste de Kang, réunit tous les variants du conquérants pour préparer une riposte d'envergure contre notre ligne temporelle susceptible de perturber le multivers ; dans la seconde, Loki et l'agent M. Mobius de la T.V.A. assistent à une représentation du spectacle de Victor Timely, un autre variant de Kang dans les années 1900, que le dieu asgardien estime être une menace sérieuse...

Ant-Man et la Guêpe : Quantumania n'a plu ni à la critique ni au grand public - aux Etats-Unis, le film a même vu sa fréquentation en salles diminuer dramatiquement lors de sa deuxième semaine et il ne faut donc pas espérer qu'il fasse un aussi bon score que les deux autres volets de la trilogie. Autant dire que cette Phase V du MCU démarre mal.

Les commentateurs et analystes ont beaucoup glosé sur les raisons de cette déconvenue, surtout après une Phase IV qui a déjà beaucoup déçu artistiquement et commercialement. On a pointé la stratégie de Kevin Feige, le grand architecte du MCU, qui a voulu que films en salles et séries en streaming sur Disney + forment un grand tout. On a aussi remarqué que les films Marvel, en perdant Iron Man/Robert Downey Jr. et Captain America/Chris Evans n'avaient plus de héros aussi fédérateurs. Et puis on a aussi évoqué une possible lassitude du public, comblé au terme de la Phase III avec le diptyque Avengers : Infinity War/Endgame, bouqet final d'une entreprise menée durant dix ans.

Il y a du vrai dans toutes ces hypothèses. Feige a certainement vu trop gros, trop grand, et le public n'a sans doute pas voulu être obligé de suivre séries et films pour être sûr de ne rien rater. Ni Downey Jr. ni Evans n'ont été remplacés. Et depuis Infinity War/Endgame, aucune super-production Marvel n'est parvenu à nous faire frissonner autant. Thanos et la menace qu'il incarnait manquent.

Mais faut-il tout jeter, brûler ce qu'on a adoré ? Il reste des choses excitantes à venir, comme le vol. 3 des Gardiens de la Galaxie, The Marvels. Même si on préferait que Kevin Feige s'occupe plus de Doctor Strange, de Scarlet Witch, de Hawkeye, et que Thor ait au moins un dernier tour d'honneur à sa mesure, on peut aussi être curieux de voir ce que va donner le prochain Captain America, New World Order, avec Sam Wilson/Anthony Mackie dans le rôle. Par contre, c'est vrai que la perspective de revoir les Eternels, de découvrir les Thunderbolts, voire Blade, est beaucoup moins attirante (à mon goût à tout cas).

Quantumania ne me semble pas mériter toutes les critiques négatives qu'il a eues. Certes, il est moins bon que le premier Ant-Man et que Ant-Man et la Guêpe, qui jouaient à fond la carte du "petit" film récréatif et tenaient grâce à la sympathie qu'on avait pour Paul Rudd (malgré son manque total d'alchimie avec Evangeline Lilly). Les effets spéciaux sont parfois moyens et les designs du royaume quantique sont inégaux. Mais de là à le traiter comme Thor : Love and Thunder, non, quand même pas.

Pour ma part, et je sais que je risque d'être isolé, j'ai apprécié l'histoire, qui met vraiment en avant Janet Van Dyne, explique bien sa relation avec Kang, la raison pour laquelle le conquérant temporel est coincé dans le royaume quantique. Le scénario de Jeff Loveness est bien construit à défaut d'être toujours original et captivant, avec ses trois actes classiquement développées (l'errance dans le microvers, le marché que passe Kang avec Ant-Man, la rébellion finale). Il y a du rythme, le film n'est pas trop long (juste 2h. 05).

Evidemment, ce n'est pas parfait ni suffisant. Bill Murray ne fait que passer et il déçoit (j'attendais un grain de folie avec lui, qui n'est pas venu). Michael Douglas est sous-exploité. Kathryn Newton (troisième actrice à incarner Cassie Lang) est incapable de donner de la chair à son personnage. Evangeline Lilly confirme qu'elle est un total miscast.

Mais bon sang, Paul Rudd est fantastique, charmeur et charmant, une vraie perle. Et puis Michelle Pfeiffer éblouit : elle a une partition à défendre et elle le fait avec cette présence intacte, un jeu nuancé. Enfin, Jonathan Majors est tout sauf un acteur sobre, il en fait à peine moins que dans le final de Loki saison 1, mais le bonhomme a un sacré charisme. Je doute encore qu'il puisse rivaliser avec le Thanos que campait Josh Brolin, mais il a les épaules pour être ce grand adversaire impitoyable, dangereux qu'exige la suite du MCU.

Par ailleurs, j'ai lu beaucoup de trucs sur la laideur du film et honnêtement je n'ai pas compris pourquoi. Il était fait mention d'un mauvais pastiche de Star Wars pour la population et quelques décors du royaume quantique. Mais comme l'univers Star Wars ne m'a jamais passionné, je n'ai pas été gêné. D'autant moins que, faut-il la rappeler, Star Wars n'a absolument rien inventé puisque George Lucas a tout pompé sur Valérian et les graphismes de Mézières (et ceux de Moebius aussi).

Bien sûr, ce n'est pas parfait non plus sur ce plan-là et il faudrait vraiment que les concepteurs des effets spéciaux soient mieux traités par Marvel/Disney (la grogne dure depuis un moment maintenant), alors que, auparavant, il n'y avait pas grand-chose à redire. On se serait passé d'un MODOK aussi ridicule (même si la véritable erreur réside davantage dans le fait de l'avoir intégré à du live action parce que même mieux écrit qu'ici, impossible de garder son sérieux avec une telle créature). Toutefois, la diversité du bestiaire deu royaume quantique, la diversité des environnements, jusqu'à la citadelle de Kang (vraiment impressionnante, j'ai trouvé) compensent ces faiblesses et montrent l'investissement de Peyton Reed et ses équipes pour faire le show.

Peut-être suis-je trop bon public, trop gentil, trop indulgent avec ce Ant-Man et la Guêpe : Quantumania. Mais je l'ai trouvé plus satisfaisant que tous les films de la Phase IV. Je crois (et j'en suis même sûr) que Les Gardiens de la Galaxie vol. 3 et The Marvels cette année me plairont plus, seront plus aboutis. Que cette Phase V sera aussi très différente (Feige a déjà tenu à rassurer que le multivers ne serait pas au programme de tous les prochains films), y compris avec les séries Disney +. 

vendredi 3 mars 2023

THE HUMAN TARGET #12, de Tom King et Greg Smallwood


C'est le genre de critique que je déteste écrire. Celle qui concerne le dernier épisode d'une série que j'ai adorée de bout en bout, par deux auteurs que j'admire et dont j'ignore s'ils retravailleront ensemble, et si oui quand. C'est le douzième et dernier épisode de The Human Target.


Il n'y aura qu'une image pour illustrer cette critique car cette image, une splash-page au début de l'épisode, résume tout, absolument tout. Le propos de l'épisode et mon état d'esprit. Je suis triste, triste que ce soit fini. On devrait tous être triste comme ça quand une série qu'on adore se termine.

Alors bien entendu, c'était écrit, c'était prévu : The Human Target ne durerait que douze épisodes (plus un hors-série Tales of the Human Target, sorti pendant la pause effectuée par les auteurs après le n°6). Je croyais être préparé, être prêt. Mais en vérité, je me racontais des histoires. On n'est jamais prêt à quitter une telle histoire. Pas plus que Ice n'était prête à laisser partir Christopher Chance.

Ce sera le seul spoiler de cette critique : Christopher Chance meurt dans ce douzième épisode, comme c'était montré au tout début du premier. Tom King n'a pas sauvé son héros, et il a eu raison, même s'il nous brise le coeur. Le fan était pourtant prêt à accepter un rebondissement de dernière minute : Dr. Midnight aurait trouvé un antidote, Captain Atom aurait purgé le poison de l'organisme de Chance, Booster Gold aurait remonté le temps ou serait parti dans le futur pour trouver un remède, etc. Mais non, ça n'aura pas eu lieu.

Tom King n'est pas un sentimental et comme il l'a auparavant prouvé, il privilégie la logique implacable de son récit à une happy end qui console. Il ne raconte pas de conte de féé, mais ici, en l'occurrence, une série noire. Il ne fait pas ça par cruauté mais par honnêteté, pour ne tromper personne sur ce qu'il raconte. Et c'est ce que, généralement, n'aiment pas ou ne comprennent pas ses détracteurs.

Ainsi, j'ai, ici et là, des commentaires négatifs tout au long de la publication de cette série de la part de lecteurs qui n'avaient pas compris que The Human Target, comme tous les titres que King a publiés sous la bannière du DC Black Label, étaient hors continuité. On lui reprochait ainsi de caractériser Guy Gardner comme un amoureux toxique vis-à-vis de Ice alors que c'était juste un abruti rigolo dans Justice League International. Sauf que le Guy Gardner de The Human Targer n'est pas celui de JLI, écrit par Keith Giffen et J.M. DeMatteis et dessiné par Kevin Maguire, c'est une version alternative, malsaine, qui s'inscrit dans l'histoire racontée par Tom King.

Tom King n'est pas un sentimental. Et pourtant, comme pour Mister Miracle ou Strange Adventures, voire Rorschach et même Supergirl : Woman of Tomorrow, sans parler de son run sur Batman, The Human Target est avant tout une histoire d'amour, l'histoire d'un couple, dont les sentiments sont éprouvés par une dramatique échéance.

A un moment, dans un flashback, Ice et Chance devisent sur la durée de leur relation : ils se seront connus onze jours, c'est dérisoire pour Chance, c'est énorme pour Ice. Peut-on tomber amoureux fou de quelqu'un en onze jours ? La question est biaisée par le fait que dans The Human Target, Ice a involontairement empoisonné Chance et que Chance le découvre. C'est le jeu tragique de Eros et Thanatos, comme ça l'était déjà pour Scott Free et Barda, Adam et Alanna Strange, Wil Myerson et la gamine, Kara et Ruthyie, Bat et Cat.

Cette question, le lecteur peut se la poser vis-à-vis de la série elle-même : peut-on tomber follement amoureux d'une histoire en douze épisodes ? Douze épisodes, c'est pas grand-chose, et c'est beaucoup pourtant, parce qu'en vérité la publication de The Human Target s'est étalée sur plus de 18 mois. Tom King a dévoilé qu'il a fallu trois ans de travail pour boucler ces 12 numéros.

Mais la réponse, dans le deux cas, est simple, étonnamment facile : oui, on peut tomber fou d'amour pour quelqu'un et pour une BD en si peu de temps. Pas seulement parce qu'on éprouve des remords à avoir précipité la fin d'un homme en l'empoisonnant par erreur, ou parce que le livre est beau et bien écrit. Mais tout simplement parce que cela procède de cette curieuse alchimie qui se produit entre deux personnes, une femme et un homme, un lecteur et un livre. C'est inexplicable, miraculeux, incongru, mais c'est aussi évident. La magie opère, c'est la bonne personne/le bon livre au bon moment, au bon endroit. Et voilà.

Réfléchissez au nombre de personnes et de livres que vous rencontrez ainsi dans une vie de lecteur et qui vous retourne complètement, dont vous savez qu'il y aura un avant et un après. Il n'y en a pas beaucoup mais vous les situez tout de suite en les cherchant dans votre entourage ou dans votre bibliothèque. C'est un peu comme jouer à quel objet j'emporterai si ma maison était en feu. Pas forcément un bibelot essentiel, mais quelque chose d'intimement précieux. Ou alors se demander pour qui vous seriez prêt à faire une folie. Un truc qu'on ne vous soupçonnerez pas de faire mais que vous oseriez pour une personne aimée.

Parfois les histoires d'amour, d'amitié, finissent, brutalement. C'est toujours brutal, même quand on sent que c'est la fin depuis un moment. On n'en fait jamais le deuil, jamais complètement. C'est quelque chose qui vosu reste dans un coin de la tête et du coeur. Parce que ça fait partie de vous, de ce qui vous construit, de ce qui vous définit. C'est l'expérience que fait Ice - et qu'a fait Christopher Chance dans The Human Target. Ice n'oubliera jamais Chance et nosu non plus. On n'oubliera d'autant moins que la fin de ce douzième et dernier épisode est vraiment, mais vraiment magistrale. Diabolique. D'ailleurs je pense ne pas me tromper en affirmant que, que l'on aime ou pas cette série, sa dernière page soufflera tout le monde.

Sur Twitter, aujourd'hui, Greg Smallwood remercie Tom King, le lettreur Clayton Cowles et toute l'équipe éditoriale qui a rendu possible cette série. King auparavant avait salué son dessinateur pour le brio de son travail, la manière dont il avait sublimé son script, la qualité de leur collaboration. Moi, j'ai remercié Greg Smallwood aussi. Et Tom King. Parce qu'ils m'ont rappelé ce que je ne veux jamais oublier ni trahir : qu'une BD se fait à deux (au moins), qu'il n'y a pas un scénariste, puis un dessinateur, mais un scénariste ET un dessinateur et que c'est ensemble que c'est possible, que jamais, jamais on ne devrait l'oublier, ni au moment de parler de la BD, ni au moment pour l'éditeur d'inscrire sur une couverture les noms des créateurs. Ce n'est pas The Human Target by Tom King ou by Greg Smallwood, c'est The Human Target by Tom King & Greg Smallwood.

N'oubliez jamais de glisser un mot, même un seul pour l'artiste. Ne faîtes pas comme tous ces pseudo-fans et experts des comics qui oublient l'artiste quand ils signent un article ou comme les mauvais éditeurs qui préfèrent mettre en avant le scénariste en négligeant la contribution, essentielle, du dessinateur. Si vous aimez la BD et ceux qui la font, alors respectez ceux qui la font, faîtes l'effort, minime, de citer et l'un et l'autre des auteurs. Tom King ne serait rien ici sans Greg Smallwood et Smallwood n'aurait pas brillé autant sans King. The Human Target ne serait pas ce qu'il est sans King et Smallwood.

Je disais que ça allait me manquer de ne plus attendre de nouvel épisode, de vous en parler, d'espérer vous convaincre de la qualité de cette histoire. Mais en même temps sa qualité réside aussi dans son format. J'ai souvent loué la politique de DC et de son Black Label avec ses mini-séries limitées. Il y a un vrai savoir-faire et le Black Label est devenu un gage de qualité, en tout cas pour moi. Je suis curieux, attentif à ce qui sort sous cette bannière, dont King est, sans jeu de mots, devenu le roi. C'est plaisant de lire des histoires sans avoir besoin de suivre tout l'historique des personnages, et c'est agréable de savoir dans quoi on s'embarque, pour quelle durée. Parfois, ça fonctionne, parfois moins, parfois pas du tout, mais c'est une expérience provisoire, intense quand elle est réussie. Je regrette que Marvel n'ait pas l'équivalent d'un Black Label, même si on trouve régulièrement des mini-séries (mais qui sont toutes attachées à une franchise, à la continuité)., un espace de création qui permet à des artistes de proposer autre chose, quelque chose de différent.

The Human Target synthétise le meilleur de cette formule puisque son intrigue reposait sur la mort programmée de son héros et invitait le lecteur à partager les douze épisodes avec passion. Aujourd'hui, c'est donc fini, la série se termine avec la mort annoncée de son héros, la boucle est bouclée. C'est émouvant, malin, beau, audacieux. 

Alors merci aux auteurs, à DC, au Black Label. Espérons que ça dure, qu'on lise encore d'aussi bons bouquins. Des livres qu'on n'a pas envie de voir finir. Mais qu'on finit, comblé.

BATMAN VS. ROBIN #5, de Mark Waid et Mahmud Asrar


En même temps que l'épilogue de l'event Lazarus Planet, voici la fin de la mini-série par laquelle tout a débuté : Batman vs. Robin. Mark Waid conclut son intrigue avec une indéniable efficacité et surtout la volonté très louable de ne pas oublier ceux qui ont séché l'event. Mahmud Asrar est bien le seul à dessiner ce dernier chapître (même si Scott Godlewski est cité sur la couverture mais absent des pages intérieures).


Comme d'habitude, je vais tâcher de ne rien spoiler sur ce dénouement. Mais pour commencer, il faut préciser que ceux qui n'ont pa suivi les one-shots composant Lazarus Planet ne sont pas oubliés par Mark Waid : en effet, les premières pages de Batman vs. Robin #5 résument ce qui s'est passé depuis le quatrième numéro, et ce, de manière claire et rapide.


Donc, en gros, après la fuite en catastrophe de l'île de Lazare, Batman est entre la vie et la mort tandis que le diable Nezha et son père King Fire Bull règlent leurs comptes dans une bataille apocalyptique. Le casque du Doctor Fate tombé en morceaux dans le puits de Lazare a provoqué une tempête magique qui gagne le monde entier et perturbe les pouvoirs de beaucoup de monde. Les magiciens sont emprisonnés dans la Tour de Fate. Les derniers héros debouts tentent de maîtriser Nezha et d'autres de neutraliser King Fire Bull.


Finalement, Black Alice va se sacrifier pour rendre leurs pouvoirs aux magiciens, seuls capables de contenir King Fire Bull. Mais Nezha, affaibli, s'empare alors du corps de Batman et piège Robin (Damian Wayne) pour prendre le contrôle de la Terre...


Mark Waid nous entraîne alors dans une course-poursuite folle : le rythme est très soutenu et les péripéties se succèdent sans temps mort. Il faut à la fois en découdre avec Nezha et tenter de sauver Batman. Mais ce dernier peut-il encore survivre, sachant qu'avant qjue Nezha investisse son corps, il était à l'article de la mort ?


Pour Robin, le dilemme est particulièrement cruel puisqu'il a été le premier à être possédé par Nezha et à avoir attiré son père sur l'île de Lazare pour le tuer, alors que, désormais, il tente de le sauver sans grand espoir. Et pour cela il doit encore une fois le maîtriser. Malgré sa formation au sein de la Ligue des Assassins, des renforts de poids, Damian peut-il supplanter son père au moment où son corps sert d'hôte au diable Nezha ?

Depuis que Grant Morrison a introduit dans la continuité Damian Wayne, celui-ci a toujours été dépeint comme un sale gosse, déchiré entre l'héritage familial maternel (Talia Al Ghul) et celui de son père (Batman). Autrement dit, il est le fils d'une terroriste et d'un justicier. Et Damian a toujours été borderline : un gamin violent et attachant à la fois, capable du pire comme du meilleur.

Au début de Batman vs. Robin, sous l'emprise de Nezha, il veut tuer le père, à la fois symboliquement, suivant la théorie freudienne, et réellement, sous l'influence du diable. A la fin, la situation est inversée : délivré de cette influence maléfique, ayant pris la direction des opérations durant l'event Lazarus Planet, il veut sauver son père, désormais sous la coupe du diable.

On pourrait presque résumer l'entreprise de Mark Waid comme une tentative de trancher définitivement le cas Damian Wayne. Est-il le fils du démon ? Ou celui d'un héros ? C'est un problème épineux car on poeut penser que l'intérêt du personnage se situe précisèmenet dans cette ambiguïté morale, un peu comme Emma Frost chez les X-Men (attachée sincèrement à ses "enfants" et en même temps redoutable manipulatrice).

Mais la différence avec Damian par rapport à Emma Frost, c'est qu'il reste un ado, un personnage en devenir. Même si le temps s'écoule lentement dans les comics (au risque parfois de se figer), continuer à écrire Damian Wayne comme un ado susceptible de tuer tout en étant le fils d'un super-héros pour qui c'est une limite à ne pas franchir, n'est-ce pas davantage figer le personnage que le temps de ses aventures ?

Mark Waid a voulu ostensiblement arrêter d'entretenir ce flou moral et en quelque sorte redéfinir Damian en le réhabilitant, en en faisant le digne fils de Batman, et pas une sorte de néo-Batman matiné de Punisher, celui de Batman #666 de Grant Morrison dans lequel il avait succédé à son père en faisant règner la terreur sur Gotham.

Tout ce dernier épisode aspire à cela et on reconnaît bien là la démarche positiviste du scénariste qui préfère les héros attirés par la lumière qu'aspirés par les ténèbres. Il ne s'agit toutefois aps d'édulcorer Damian, mais de le caractériser en l'actualisant, en ne le figeant pas dans ce rôle de sale gosse violent. Là encore, c'est typique de Waid qui n'aime rien tant que prouver que les personnages de comics ne sont intéressants que si on les montre en train d'évoluer au cours d'un run, être différent à la fin de ce qu'ils étaient au début. Damian est apparu dans les pages de la série Batman en 2006, il y a donc 17 ans, il est tant qu'il change - qu'il grandisse, serait-on tenté de dire.

La conclusion est optimiste et même émouvante. Elle fera ricaner les cyniques qui estimeront la solution trouvée par Waid naïve. Mais elle plaira à ceux qui sont fatigués des héros torturés, en qui les civils n'ont plus confiance. Les cyniques se réclament souvent de Watchmen en croyant que Alan Moore a voulu faire entrer les super-héros dans un âge adulte qui serait forcément lugubre et tragique : ceux-là n'ont jamais compris que Watchmen, pour Moore, n'était pas l'oméga des comics, mais seulement une version possible, parce que l'auteur, par ailleurs, a prouvé q'il aimait tout autant l'autre versant, plus lumineux, avec Tom Strong et Top 10. Waid, aussi, a écrit un chef d'oeuvre noir avec Kingdom Come, mais le réduire à cela, ce serait oublier ses runs sur Fantastic Four et Daredevil.

Mahmud Asrar a eu du mal à se faire au format de cette mini-série avec ses épisodes de cinquante pages. C'est étonnant de la part d'un artiste rarement pris en défaut pour tenir les délais et qui a eu besoin de l'aide de Scott Godlewski pour la moitié de Batman vs. Robin. Mais il s'est ressaisi pour cette conclusion.

A mes yeux, néanmoins, Asrar n'aura pas donné le meilleur de lui-même sur ce projet. Je ne mets pas en doute ses compétences ou sa motivation, mais il ne m'a jamais paru en mesure de produire quelque chose qui, graphiquement, aura pu faire penser qu'il avait de quoi marquer son empreinte sur ces personnages et cette histoire.

Le résultat, c'est qu'on a un produit fini très efficace, car Asrar est désomais un artiste aguerri, très professionnel, techniquement solide, mais sans vision spéciale vis-à-vis de Batman et peut-être même de l'univers DC. J'attendais plus, peut-être trop, car j'aime beaucoup ce dessinateur, mais je suis resté sur ma faim.

Pour ce dernier chapitre, on tient un beau résumé de ce que Asrar dait bien faire : les scènes d'action, nombreuses, sont excellentes, avec des compositions parfaites, un découpage impeccable, une bonne tenue du casting. Mais jamais, absolument jamais on ne lit ses planches en se disant : il apporte quelque chose de neuf, de percutant, d'unique.

Il sera intéressant de voir ce qu'il va faire ensuite, sachant qu'il a communiqué sur ses réseaux sociaux que 2023 lui ouvrait de nouvelles opportunités très intéressantes, mais en se souvenant aussi qu'avant de signer pour Batman vs. Robin, il avouait que sa meilleure expérience avait été ses deux runs sur Conan avec Jason Aaron. Asrar serait-il, toutes proportions gardées, comme John Buscema, un dessinateur qui préfère finalement autre chose que les super-héros mais consent à en illustrer pour ne pas se fermer des portes ?

Batman vs. Robin restera malgré tout comme une lecture satisfaisante, même s'il ne faut pas trop lui en demander. A voir comment Urban Comics proposera cette histoire car l'éditeur aime (hélas !) souvent publier tout sans distinction (comme actuellement avec Dark Crisis, proposé en deux tomes où la saga centrale est accompagnée de tous ses tie-in, généralement très dispensables).

jeudi 2 mars 2023

ROGUE & GAMBIT #1, de Stephanie Phillips et Carlos Gomez


Examinons le menu : Rogue & Gambit, Stephanie Phillips, Carlos Gomez. Comment voulez-vous passer à côté ? Avec la scénariste de l'excellente série indé Grim, l'artiste de X-Terminators, et le couple mutant emblématique des 90's, peu de chances qu'on soit déçu. C'est donc parti pour une énième mini-série en cinq parties, et ça démarre sur les chapeaux de roues !


New York. Alors qu'elle est transférée dans une nouvelle prison, Lady Deathstrike assiste à l'attaque du fourgon blindé qui la transporte. Elle suit ceux qui lui offrent de s'évader. La Nouvelle-Orléans. Destinée dérange Malicia et Gambit pour leur confier une mission : ramener d'urgence Manifold à Krakoa. Ils l'ignorent mais les deux situations sont liées...


Décidément, Marvel aime lancer des mini-séries alors qu'ils disposent de scénaristes et d'artistes capables de fédérer des fans de personnages populaires pour des ongoing. Encore une fois donc nous avons droit au retour d'un titre Rogue & Gambit, cinq ans après le précédent écrit par Kelly Thompson et dessiné par Jan Bazaldua (d'un piètre niveau, il est vrai).


Mais cette fois l'éditeur a misé sur une équipe un peu plus attirante puisque Stephanie Phillips, auréolée du succès de son creator-owned Grim, est aux manettes et accompagnée par Carlos Gomez qui, le mois dernier, achevait l'irrésistible mini X-Terminators.


Phillips, qui signe son premier boulot chez Marvel après avoir signé un run sur Harley Quinn chez DC notamment, a affiché ses ambitions : il ne s'agit pas d'une aventure de  plus pour Malicia (Rogue) et Gambit, l'intrigue doit avoir des répercussions pour Krakoa. Et effectivement, la scénariste s'adresse à des lecteurs au courant de ce qui se passe chez les mutants.

Ce sera peut-être la limite du projet car il est fait mention d'événements survenus dans Excalibur, X-Men et X-Men Red notamment. Toutefois ça reste discret et je pense honnêtement que eprsonne ne sera perdu. Pour résumer, il faut savoir que Malicia a donc quitté volontairement les effectifs de l'équipe des X-Men tandis que Gambit est revenu de l'Outremonde où il évoluait avec Excalibur; 

Cela fait donc un bail que les deux époux n'ont pas été ensemble (Malicia, avant d'intégrer les X-Men, faisait bien partie de Excalibur aussi, mais ça commence à dater). Ils se sont donc donnés rendez-vous à la Nouvelle-Orléans pour rattraper le temps perdu mais ça commence mal : la Guilde des Voleurs (à laquelle appartenait Gambit) lui cherche des noises, il est rond comme une queue de pelle et a complètement oublié que Malicia devait venir !

Pour ne rien arranger, la belle-mère débarque : c'est Destinée qui a eu une vision, dont elle ne veut pas trop parler par-dessus le marché, mais qui demande à Malicia de lui faire confiance et de lui ramener Manifodl. Stephanie Phillips nous régale avec des dialogues incisifs et très drôles (Gambit qui compare Destinée à Nostradamus...), ça va vite, il y a de l'action, des interactions.

La mission, qu'ils acceptent, n'est pas évidente : Manifold a été agent du S.WO.R.D. et la trahison récente de Abigail Brand (qui a voulu déclencher une guerre intergalactique contre les mutants) l'a poussé à prendre du champ. Désormais il en réfère d'abord aux Avengers et ne veut plus rendre de compte aux politiciens krakoans. Donc pas question de répondre à la convocation de Destinée (avec laquelle il a pourtant pour point commun de considérer Gambit comme un guignol).

Surtout Manifold enquête sur la disparition de plusieurs surhumains, dont récemment Lady Deathstrike, à laquelle serait mêlé l'ambassadeur anglais Ruben Brosseau, notoirement connu comme un anti-mutant (dans les pages de Excalibur)... L'épisode se clôt sur un cliffhanger accrocheur qui donne une irrépressible envie de lire la suite.

Stephanie Phillips aime visiblement cess personnages et a imaginé une histoire mouvementée pour eux. C'est déjà frustrant de savoir que ça ne va durer que cinq épisodes, mais la scénariste prouve que ce qu'elle a montré dans Grim n'est pas qu'une inspiration providentielle, elle a du répondant et son énergie est communicative.

Marvel lui a founri un dessinateur parfait pour ce qu'elle a à dire avec Carlos Gomez. Même si l'éditeur ne le considère pas (pas encore ?) comme un "Stormbreaker" (quelqu'un sur qui elle mise pour le futur) en ne lui confiant que des mini-séries, il s'acquitte toujours avec professionnalisme de ce qu'il a à faire.

Gomez, comme Terry Dodson ou Frank Cho, on l'a vu avec X-Terminators, adore dessiner les belles filles et il réussit à les animer sans vulgarité. Malicia est ici sexy mais l'écriture de Phillips est si dynamique qu'elle ne peut être réduite à une jolie poupée. Comme Destinée, depuis sa résurrection (dans la mini Inferno de Jonathan Hickman), a rajeuni, on n'est pas non plus choqué de la voir afficher des formes plus voluptueuses que celles qu'elle avait auparavant. Et là encore la caractérisation contrebalance tout (Irene Adler est toujours aussi hautaine).

Là où j'attendais donc plus de Carlos Gomez, c'était avec les personnages de Gambit puis de Manifold. Et je ne suis pas déçu. La cajun est croqué comme un type qui se repose sur son charme mais qui apparaît complètement bourré, puis en proie à une sévère gueule de bois : cela lui donne une dimension comique, sans le ridiculiser toutefois. Quant à Eden Fesi, Gomez réussit à le rendre très expressif dans une scène où plusieurs émotions le traversent (son éclat de rire nerveux, son inquiétude, sa résoluition).

L'épisode se termine comme il s'est ouvert, par une belle scène d'action, bien composée, que les couleurs de David Curiel rendent bien pêchue.

C'est un sans-faute. Le public devrait répondre présent et Rogue & Gambit devrait servir à imposer Stephanie Phillips chez Marvel tout comme Carlos Gomez. L'idéal étant que ces deux-là voient leur mini se transformer en série régulière (comme c'est arrivée récemment à Poison Ivy de G. Willow Wilson et Marcio Takara chez la Distinguée Concurrence).

mercredi 1 mars 2023

ACTION COMICS #1052, de Philip Kennedy Johnson et Rafa Sandoval, Dan Jurgens et Lee Weeks, Leah Williams et Marguerite Sauvage


Après un excellent début, la nouvelle formule d'Action Comics avec son collège d'auteurs et d'artistes confirme ses bonnes dispositions. L'ensemble des séries proposées est d'un très bon niveau, se lit tout seul, et s'avère un régal à regarder. Tout juste déplorera-t-on le côté un peu trop morcelé de la totalité...


- ACTION COMICS (Ecrit par Philip Kennedy Johnson, dessiné par Rafa Sandoval.) - Metallo vient de commettre son attentat contre le siège de SteelWorks, blessant au passage Connor Kent. Superman l'envoie dans l'espace. Mais qui détient vraiment la soeur de John Corben ?


Dans sa nouvelle formule, Action Comics accueille donc trois séries et celle qui porte le titre de la revue se taille bien entendu la part du lion. Philip Kennedy Johnson s'est embarqué dans une histoire qui a démarré pied au plancher, avec beaucoup de personnages à gérer. Sans doute trop car on peut déjà constater que la majorité de la Super-family fait de la figuration, s'exprimant peu, ayant peu de place pour agir. Superman, légitimement, occupe le devant de la scène.

Il faudra donc vérifier si le scénariste va rectifier cela sur la longueur, et si ce n'est pas le cas, sans doute le concept retenu risque de devoir être corrigé. Mais il n'empêche que c'est loin d'être désagréable à lire, car toujours mené avec beaucoup de tonus. L'intrigue tisse déjà des liens entre le mouvement Blue Earth (qui s'oppose aux aliens) et Metallo, et disculpe Luthor d'être derrière la détention de Tracy, la soeur de John Corben.

Au dessin, Rafa Sandoval fait un sans-faute. Son découpage est généreux et il est aussi à l'aise dans l'action que dans le dialogue. On distingue bien chaque personnage, et les couleurs de Matt Herms font le reste. C'est un comic-book qui a fière allure.
 

- LOIS & CLARK 2 (Ecrit par Dan Jurgens, dessiné par Lee Weeks.) - Jon Kent assiste à l'atterrissage de la princesse Glyanna de P'luhnn non loin de la ferme des Kent. Peu après surgit un exécuteur envoyé par le père de la princesse chargé de la ramener pour qu'elle soit jugée pour trahison...
 
Sans Lee Weeks et la coloriste Elizabeth Breitweiser, reconnaissons qu'on n'aurait pas de quoi s'émerveiller devant les quelques pages de Lois & Clark. Mais le dessinateur, si rare, nous régale avec son trait si élégant et sa collaboratrice habille chaque plan avec une palette d'une classe confondante.

Dan Jurgens nous sert un récit sympathique, qui n'est pas renversant avec sa princesse traquée. Mais le clifhanger final attise notre curiosité.


- POWER GIRL REBORN (Ecrit par Leah Williams, dessiné par Marguerite Sauvage.) - Omen et Power Girl reçoivent Supergirl qui a un trouble du langage. Le traitement va réveiller les tensions entre les deux Kara mais surtout l'origine de son mal..

J'aime le concept de cette deuxième back-up story et le nouveau cas traité par Omen et Power Girl ce mois-ci est savoureux puisqu'il implique Supergirl. Or, Kara Zor-L (PG) est en quelque sorte une variante de Kara Zor-El (Supergirl), et Leah Williams rappelle avec à-propos que Power Girl n'a jamais été vraiment admise dans la Super-family (puisqu'elle vient d'une Terre parallèle). In fine, on comprend surtout que quelqu'un cherche à s'en prendre à Power Girl via Supergirl et c'est accrocheur.

Marguerite Sauvage (tout comme Sandoval et Weeks) prouve que Action Comics est bien fourni en artistes de qualité puisque ses planches sont merveilleusement belles et entraînantes, avec une mise en couleurs qu'elle effectue elle-même et qui est absolument magique.

BIlan des courses : on aimerait que cette revue compte plus de pages pour que chaque série ait plus d'espace. C'est parfois frustrant, mais c'est aussi bon signe car lorsqu'on en veut plus, c'est que c'est bon. Et de ce point de vue, Action Comics confirme qu'elle est une excellente surprise, impeccablement pensée et éditée.