samedi 11 février 2023
REAL HEROES, de Bryan Hitch
vendredi 10 février 2023
THE NEW CHAMPION OF SHAZAM, de Josie Campbell et Evan Shaner + LAZARUS PLANET : WE WERE ONCE GODS + BONUS §
En revanche, quand Campbell s'attarde sur Mary, les raisons pour lesquelles elle est si heureuse de faire des études dans une autre ville, quand le récit saisit les tensions dans la fratrie recomposée parce que Mary est la seule à récupérer les pouvoirs de Shazam, c'est nettement plus abouti. Tout à coup, on a droit au portrait d'une jeune femme qui s'est longtemps contenue, qui a longtemps composé avec une famille envahissane, des responsabiltiés écrasantes, a jonglé avec une double vie de super-héroïne, a ambitionné de réussir dans la vie, tout en exprimant tout ça de manière maladroite.
Campbell dote Mary d'un tempérament moins lisse qu'on pourrait le supposer mais sans la dénaturer comme Johns l'avait fait avec Billy (charmant gamin investi de pouvoirs divins devenu un sale gosse sous la plume du scénariste) et qui va apprendre à se servir de cette colère rentrée à bon escient tout en exploitant ses propres ressources d'overachiever.
The New Champion of Shazam restera aussi comme la possibilité pour Evan Shaner d'exaucer son rêve : l'artiste est en effet un très grand fan de Shazam et il avait déjà eu l'occasion de le prouver en illustrant les deux épisodes de Convergence attachés au héros. Toutefois, il souhaitait donner sa chance lui aussi à Mary.
Dessinateur au rythme laborieux, Shaner a fait évoluer son style vers un réalisme descriptif de plus en plus précis. On en avait déjà eu un bon aperçu dans Strange Adventures (écrit par Tom King et co-dessiné par Mitch Gerads). Son trait est désormais plus fin, plus affirmé, mais la contrepartie est qu'il produit moins vite et qu'une mini-série mensuelle de quatre épisodes constitue sans doute sa limite pour rester ponctuel (encore qu'il a pris du retard dès le n°3 puis pour achever le n°4).
Concrétement, Shaner dessine mais s'encre aussi et effectue sa propre colorisation. Cette dernière étape doit lui prendre le plus de temps car son encrage se passe d'à-plats noirs, et toutes les zones mats sont traitées par des couleurs plus sombres (sauf en ce qui concerne les ombres ou les arrière-plans complètement obscurs).
Si on est donc patient, la qualité est au rendez-vous. Toutefois, moi, j'ai préféré avoir tous les épisodes en main pour lire cette mini-série d'une traite, et je ne suis pas loin de penser que DC aurait mieux fait de la publier sous la forme d'un graphic novel directement.
D'autant que la fin est ouverte et mène directement à un tie-in de l'event en cours, Lazarus Planet, We Were Once Gods, où Josie Campbell poursuit l'aventure, cette fois avec Caitlin Yarsky au dessin :
jeudi 9 février 2023
NAMOR THE SUB-MARINER #5, de Christopher Cantwell et Pasqual Ferry
mercredi 8 février 2023
JUPITER'S CIRCLE : BOOK 2, de Mark Milar, Wilfredo Torres, David Gianfelice, Chris Sprouse, Ty Templeton et Rich Burchett
La suite et fin de Jupiter's Circle compte encore six épisodes, tous écrits par Mark Millar, épaulé par pas moins de cinq dessinateurs : Wilfredo Torres, Chris Sprouse, David Gianfelice, Rich Burchett et Ty Templeton. Comme l'indique la couverture, Skyfox est au centre de l'intrigue, avec une conclusion satisfaisante pour aller jusqu'à Jupiter's Legacy.
Si la conduite du récit est souvent magistral, ne s'égarant jamais, caractérisant puissamment subtilement ses protagonistes, et entretenant une tension soutenue, visuellement il serait trompeur d'affirmer que c'est toujours agréable à suivre.
Il n'est pas question de remettre en question le talent des artistes impliqués, ni le soin mis à l'ouvrage, mais il est évident que le drame qui a frappé Wilfredo Torres a durement impacté la réalisation de la série et Mark Millar a tenté tant bien que mal de colmater les trous dans la coque de son navire sans réussir à livrer quelque chose de très cohérent esthétiquement.
Evidemment, il est facile de dire avec le recul que le scénariste aurait dû faire ceci ou cela, par exemple confier le dessin à un nouvel artiste (et on pense évidemment en premier lieu à David Gianfelice, puisqu'il avait été appelé déjà pour le premier recueil en renfort, et qu'il revient ici sur une partie de l'épisode 2). Mais c'est bien sûr délicat car Millar n'a pas voulu lâcher Wilfredo Torres qui lui-même a fait preuve d'un courage admirable pour se rasseoir à sa table à dessin en signant l'intégralité des épisodes 1 et 6 et une partie du 2.
L'épisode 2 voit défiler pas moins de trois artistes puisque, en plus de Torres et Gianfelice, Rich Burchett intervient. Le résultat est inégal pour le moins.
Ensuite, cela se redresse parce que Chris Sprouse entre dans la danse. Il va dessiner trois numéros consécutifs (du 3 au 5), même si en vérité il se contente la plupart du temps d'esquisses (breakdowns) achevées par les encreurs Karl Story et Walden Wong, qui ont assez d'expérience pour que le lecteur ne soit pas frustré. Le style de Sprouse est impeccable pour ce récit situé dans le passé, avec ce trait élégant qu'il réserve hélas ! désormais exclusivement pour des couvertures (pour les séries Star Wars chez Marvel).
L'épisode 5 voit Ty Templeton prêter main forte à Sprouse sur la fin et passer de l'un à l'autre n'est pas très agréable car, sans déprécier Templeton, le registre n'est vraiment pas le même, le trait est beaucoup plus épais.
C'est sans nul doute cette instabilité graphique qui empêche Jupiter's Circle d'égaler Jupiter's Legacy (qui, en plus, profitait du génie de Frank Quitely). Dommage car, pour le scénario, cette préquelle est d'un niveau égal.
Je conseille tout de même fortement de lire Jupiter's Circle si vous avez aimé Legacy (et que vous comptez investir dans Requiem). C'est du très bon Mark Millar, investi dans cette saga qui lui tient très à coeur et qu'il écrit avec brio (et qui, si je ne me trompe, est disponible en un seul volume en vf chez Panini Comics).
mardi 7 février 2023
JUPITER'S CIRCLE : BOOK 1, de Mark Millar, Wilfredo Torres et David Gianfelice
Visuellement, Jupiter's Circle a connu une réalisation mouvementée. Millar s'est attaché les services de Wilfredo Torres pour dessiner la série. Son style, très ligne claire, convient parfaitement au sujet car il a ce quelque chose de désuet qui rappelle les comics de l'époque à laquelle se déroule l'histoire. On pense à Don Heck par exemple, artiste injustement déconsidéré par les fans qui préférent Kirby ou (John) Buscema pour leur puissance graphique.
Les couleurs de Ivo Svorcina complètent idéalement le look de la série avec une palette acidulée. La lecture est remarquablement fluide avec un découpage très classique, même si Torres est à l'évidence plus à l'aise dans les scènes intimistes que dans celles mettant en avant l'action (quoique la série mise peu sur l'action).
Torres arrête de dessiner la série au beau mileu du troisième épisode et il a une bonne raison pour ça : sa femme meurt subitement. On imagine le calvaire qu'il a dû traverser alors même que, professionnellement, il travaillait sur une série attachée à un titre acclamé, avec un scénariste vedette, tout donc pour devenir lui-même une star.
Millar convainc David Gianfelice (Northlanders, écrit par Brian Wood) de remplacer au pied levé Torres et il fait des miracles en calant son style sur celui de son collègue afin de préserver la cohérence esthétique de l'histoire.. Il signe la fin de l'épisode 3, puis l'intégralité des 4 et 5.
Sans doute en prenant beaucoup sur lui, Torres revient pour conclure la première partie de la série au n°6. Son dessin n'est pas altéré par son état moral et on ne peut qu'être admiratif du professionnalisme de l'artiste. Surtout qu'il doit illustrer des scènes qui font étrangement écho avec sa propre vie, quand Skyfox perd l'amour de Sunny et laisse exploser sa douleur.
En tout cas, Jupiter's Circle, malgré ces aléas, et les risques assumés par Millar face aux thèmes abordés, se lit avec grand plaisir et s'avère même passionnant. La suite et fin ne décevra pas, mais je vous en parlerai très bientôt.











































