mercredi 11 juillet 2018

DEADPOOL #2, de Skottie Young et Nic Klein


Bon, finalement, j'ai replongé et lu ce deuxième épisode de Deadpool par Skottie Young et Nic Klein - je pense faire au moins le premier arc, et j'aviserai pour la suite. Encore plus débile et drôle que le mois dernier (si, si !), c'est une lecture bien régressive, un vrai plaisir coupable.


Alors qu'il déjeune avec des amis, Deadpool reçoit la visite de Captain America. Mais le mercenaire pense alors que le héros est venu l'arrêter pour avoir repris ses activités de mercenaire et prend la fuite. Il ne va pas loin car tous les Avengers se sont déplacés et l'attendent dehors, mais cela n'arrête pas Deadpool qui engage le combat contre l'équipe.


Après avoir reçu une correction, Deadpool semble revenir à de meilleures dispositions et reçoit Captain America, Iron Man et Black Panther dans son bureau. Ils lui demandent de leur remettre l'arme capable de neutraliser Groffon the Regurger, lorsque Iron Man reçoit un appel des Champions.


Le Céleste est en effet déjà arrivé sur Terre et a commencé son oeuvre. Autre souci : Deadpool assure n'avoir aucun souvenir de détenir une arme susceptible d'éliminer une créature pareil, quoique Captain America lui assure qu'il l'aurait gagné au jeu sur la station spatiale Knowhere.


Iron Man s'impatiente et Deadpool abrège la discussion en dégoupillant une grenade fumigène. Il prend la tangente, direction : un garde-meuble gardé par un membre de l'Hydra... Dans lequel, au milieu d'un indescriptible capharnaüm, il retrouve l'arme !
  

Deadpool peut alors gagner le théâtre du combat engagé entre les héros de New York et les envahisseurs de Groffon the Regurger qu'il défie directement. Manque de chance : l'arme s'enraye !

S'il fallait encore se convaincre que Skottie Young envisageait Deadpool comme un cousin de Rocket Raccoon, dont il écrivit les aventures, un examen de la couverture de ce deuxième épisode suffirait à établir le lien : le mercenaire y déploie des armes aussi nombreuses que volumineuses directement pointées sur le lecteur à la manière du raton-laveur membre des Gardiens de la Galaxie.

Mais, évidemment, ce qui distingue les deux personnages, c'est leur intelligence : Rocket est un infatigable grincheux qui se débarrasse radicalement des fâcheux avec une pointe de contentement sadique, tandis que Deadpool est un crétin absolu qui cache à l'occasion son jeu.

Chercher à appréhender le mercenaire de manière rationnelle est assez passionnant car s'il est stupide, vulgaire, il n'est pas non plus complètement demeuré et loin d'être lâche. Disons, simplement, qu'il pense autrement. Par exemple, pourquoi, sinon parce qu'il culpabilise, fuit-il au début de ce numéro Captain America avant même de savoir pour quelle raison celui-ci demande à lui parler ? Captain America incarne tout ce que n'est pas Deadpool : un être droit, honnête, intègre et intelligent, visant le bien commun - son opposé absolu. Il prend à ses jambes à son cou parce qu'il pense qu'il va être arrêté pour avoir repris ses activités de tueur à gages.

Mais son illogisme monte d'un cran quand il affronte toute l'équipe des Avengers et l'humour utilisé par Young voisine alors avec l'absurdité hilarante des Monty Python puisque Deadpool ne se rendra qu'une fois mutilé, amputé d'un bras, éventré, tel le Chevalier Noir dans Sacré Graal ! qui, même privé de ses deux bras et deux jambes reste persuadé qu'il peut battre Arthur.

Derrière ce sommet de bêtise, Deadpool dissimule pourtant son jeu, mais ses raisons restent nébuleuses : pourquoi prétend-il avoir oublié qu'il a l'arme convoitée par les Avengers alors que Captain America lui rappelle dans quelles circonstances et où il l'a obtenue ? Pourquoi, surtout, sème-t-il Iron Man et Black Panther pour aller la chercher et affronter seul, directement, Groffon ? Deadpool veut-il être le seul héros de la confrontation, celui qui aura résolu le problème et se rachètera ainsi de ses mauvaises actions ? A moins qu'il ne soit mu par une volonté suicidaire en défiant un Céleste ?

Quoiqu'il en soit, malin ou abruti, sa geste est souvent drôle, même si elle ne vole pas haut, c'est un humour tout sauf sophistiqué - quoiqu'il interroge tellement le lecteur qu'on ne peut s'empêcher d'être ahuri par ce qui l'inspire. En revanche, point de mystère au moment de comprendre la signification réelle du titre the Regurger de Groffon : il vomit littéralement ses sbires !

Nic Klein doit quand même faire une drôle de tête en recevant pareil script puis en réfléchissant à la manière de le mettre en images. Mais le résultat est excellent : avant tout chose, parce que l'artiste ne cherche pas à en rajouter. Au contraire, il applique un dessin très premier degré qui donne du relief à ces pitreries, un choix payant.

Comme il a un style réaliste, l'effet est d'autant plus efficace qu'on est surpris par le choix d'un tel graphisme pour ce genre de récit. Klein soigne l'expressivité, les attitudes, bien cadrées dans un découpage sage mais fluide et tonique, comme s'il prenait très au sérieux ces bouffonneries. Et c'est pour cela aussi que c'est très drôle : Young se permet tout mais Klein ne lâche pas la bride, du coup le lecteur est comme les héros sérieux que rencontre Deadpool, médusé.

Un peu moins bavard, plus dynamique et spectaculaire, avec un cliffhanger accrocheur, j'attends désormais fébrilement le n°3.

mardi 10 juillet 2018

LE GRAND JEU, de Aaron Sorkin


Le Grand Jeu, sorti en salles l'an dernier, est un excellent aperçu de film où l'actrice que le cinéaste met en valeur étincelle tant qu'on ne voit qu'elle, qu'elle fait sien le long métrage : Aaron Sorkin laisse donc Jessica Chastain le déposséder de son oeuvre, mais de son plein gré tant il la filme avec amour et lui donne un rôle taillé pour qu'elle hypnotise le spectateur. Presque de quoi oublier qu'il s'agit de l'adaptation d'une histoire vraie...

 Molly Bloom (Jessica Chastain)

Jeune espoir du ski, après des années d'entraînement intensif dirigé par son père psychologue, Larry, Molly Bloom se blesse spectaculairement lors d'une épreuve de qualifications aux Jeux Olympiques de  Salt Lake City en Amerique en 2002. Elle s'en remet miraculeusement mais sa carrière est terminée et, au lieu de suivre, comme prévu, des études de Droit, elle prend une année sabbatique et part à Los Angeles où elle décroche une place de serveuse dans un bar.  

Molly Blow et "Bad" Brad Marion (Jessica Chastain et Brian d'Arcy James)

Elle y rencontre Dean Keith, un promoteur immobilier, qui l'engage comme secrétaire et l'introduit dans les cercles de jeux. Molly y côtoie des célébrités diverses - acteurs, sportifs, chefs d'entreprises - et gagne de gros pourboires. Surtout elle apprend vite les ficelles du jeu et à repérer les gros poissons, en particulier le Joueur X, grâce à qui elle attire de nouveaux adeptes. Lorsque Dean l'apprend, il la licencie mais, ayant prévu cela, elle créé sa propre table de poker et attire les joueurs du club puis repère des accros aux cartes dans les casinos. 

Molly Bloom

Molly fait de ses parties un rendez-vous prisé où on parie gros. Harlan Eustice se laisse hameçonner et, alors qu'il pratique depuis des années avec maîtrise, devient un joueur compulsif qui perd de plus en plus gros, jusqu'à la ruine. Elle découvre alors que le Joueur X le couvre financièrement afin de le garder dans les parties pour mieux le plumer, comme d'autres. Molly, furieuse de ces manigances, les refuse mais le Joueur X se venge d'elle en rejoignant le club de Dean, avec à sa suite tous les habitués. 

Winston, Shelby, Molly et Tracy (Natalie Krill, Madison McKinley,
Jessica Chastain et Mary Ashton)

Frôlant la dépression, puis rongé par la colère d'avoir été ainsi doublée, Molly s'envole pour New York où elle compte se refaire. Elle recrute d'anciennes playmates et fait courir le bruit qu'elle tient une table où on joue très gros mais dont l'entrée est très sélective. Très vite, le penthouse qu'elle loue dans un hôtel pour ses parties devient très fréquenté et les enjeux s'envolent. Trop car elle n'a pas les moyens de couvrir les pertes de certains joueurs. Sur le conseil de Winston, une de ses hôtesses qui distribue les cartes, elle prélève alors un pourcentage sur les gains engagés - ce qui enfreint la loi sur les jeux.  

Molly Bloom et les mafieux russes

Pour tenir le rythme, car sa table reste désormais ouverte jour et nuit, Molly consomme alcool et drogues, son jugement s'altère au point de vouloir attirer les plus gros joueurs de la ville, les mafieux russes résidant dans le quartier de Brooklyn. A la même époque, un de ses clients de Los Angeles, "Bad" Brad Marion est arrêté par le F.B.I. pour une énorme affaire de fraude fiscale et, pour éviter la prison, dénonce Molly, prétendant qu'elle l'a rendu accro au poker. La réussite new-yorkaise de Molly attire les convoitises de gangsters qui lui offrent leur protection et l'assurance que les perdants paieront leurs dettes, mais elle refuse. En guise de représailles, elle reçoit la visite d'un homme de main qui la dévalise et la brutalise pour l'obliger à coopérer. 

Larry Bloom et Molly (Kevin Costner et Jessica Chastain)

Traumatisée par cet accident, Molly plaque tout et se retire chez sa mère, divorcée. Elle rédige son autobiographie, "Molly's Game", où elle cite quelques noms de joueurs. Puis elle repart à New York où le F.B.I. l'arrête, suite aux déclarations d'un de leurs indicateurs infiltré dans son club. Les autorités fédérales saisissent ses biens, bloquent ses comptes en banque, pour la forcer à balancer les mafieux russes. Molly engage, après le refus d'autres avocats, Charles Jaffey pour la défendre et lui explique, pour le convaincre, avoir encore deux millions de dollars de dettes de jeu non réclamées. Dans l'attente de son procès, elle est retrouvée par son père, Larry, avec qui elle se réconcilie, ce dernier admettant avoir été trop autoritaire avec elle car elle le savait infidèle.    

Charles Jaffey et Molly Bloom (Idris Elba et Jessica Chastain)

Jaffey lit l'autobiographie de Molly et acquiert la conviction qu'elle ne mérite pas d'aller en prison. Il lui conseille d'abord de plaider non coupable puis de remettre au F.B.I. toutes les informations qu'elle a conservées sur ses joueurs. Mais elle refuse de dénoncer qui que ce soit pour ne pas perdre la réputation qu'elle s'est durement forgée et plaide coupable. Le juge Foxman, après examen du dossier et évaluation de la responsabilité de Molly, estime qu'elle n'a pas causé plus de tort à la société qu'un trader de Wall Street, rejette les chefs d'inculpation du procureur et la condamne à des heures de travail d'intérêt général et une amende. Molly doit désormais réfléchir au moyen de rebondir.

Il y a, disons, vingt ans, Le Grand Jeu aurait été réalisé par Steven Soderbergh avec Julia Roberts dans le rôle de Molly Bloom. Un parfait véhicule pour la star d'Erin Brokovich. Aujourd'hui, la vraie Molly Bloom a vendu son histoire assez chère pour imposer Jessica Chastain comme celle qu'elle souhaitait la voir l'incarner sur grand écran.

Aaron Sorkin, le scénariste de séries comme A la Maison-Blanche et de films comme The Social Network (de David Fincher, sur la vie de Mark Zuckerberg, le patron de Facebook), a d'abord été engagé pour rédiger le script avant de gagner le droit de le mettre en image. Un privilège somme toute logique tant le matériau ressemble à ce qu'il préfère : un destin hors du commun, un portrait avec ses étapes essentielles - l'ascension, la chute, la rédemption - , même si Molly Bloom n'a rien de commun avec le génie d'un Steve Jobs (qu'il a croqué pour le film éponyme de Danny Boyle) ou la noblesse du héros du Stratège (de Bennett Miller). 

Mais c'est peut-être ce qui l'a intéressé chez cette femme vorace, revancharde, à la fois classe et vulgaire, sexy et très intelligente : sonder la personnalité d'une championne de ski dans une famille de prodiges, dirigée d'une main de fer par un père pourtant psychologue (mais mari infidèle), dont la carrière s'est stoppée nette après avoir frôlé la mort, et qui a du se réinventer en pénétrant un milieu vénéneux. Molly Bloom, c'est d'abord cela : une formidable machine, capable de s'adapter, de rebondir, arc-boutée sur une étonnante intégrité qui la motive pour refuser de dénoncer ses anciens clients, quitte à risquer la prison.

Le film a quelque chose de vibrionnant, d'enivrant : Sorkin nous bombarde d'infos à toute vitesse, dont on ne comprend pas le quart, mais qui rappelle le cinéma de Scorsese, avec une narration effrénée, qui vous submerge, ne vous laisse pas le temps de respirer. Il s'agit moins ici d'intégrer les subtilités du poker, des paris, du système judiciaire américain, que d'en ressentir l'intensité, la force en marche, et de voir comment Molly Bloom ne s'y noie pas. Contrairement à nous, elle en assimile les finesses, en détecte les failles, apprend à surmonter les obstacles, tombe pour se relever aussitôt, se refait en un éclair. Cette héroïne ambiguë manque de sombrer dans la dépression après son échec californien mais sa colère d'avoir été jouée prend le dessus et c'est ce qui la sauve.

Quand la justice la rattrape, elle s'appuie sur un avocat qui possède la même détermination, la même science du calcul, mais plus raisonnable qu'elle : leur relation est une autre partie qui s'engage, à qui persuadera l'autre de passer un tour ou de lâcher des infos. Le face-à-face imposait un acteur capable de faire le poids face à Jessica Chastain et Idris Elba en impose avec élégance. Les dialogues logorrhéiques de Sorkin sont dits à une vitesse folle, s'inspirant de la technique d'un Howard Hawks quand il dirigeait Cary Grant et Rosalind Russell dans La Dame du Vendredi avec comme seule indication de jeu : "Faster !" ("Plus vite !").

Parfois le scénariste-cinéaste se loupe un peu, comme lorsqu'il tente une scène acrobatique de réconciliation psychanalytique express entre Larry Bloom (joué excellemment par Kevin Costner) et sa fille, tentant d'expliquer les choix de la jeune femme. Mais le contraste entre le style posé, tranquille, naturellement charismatique de Costner, et la fébrilité de Chastain rattrape tout et offre une scène mémorable.

Mais qu'on ne s'y trompe pas, Jessica Chastain règne seule sur ce biopic tout en aller-retour entre passé et présent, côtes Ouest et Est, enfance et âge adulte, up et down. Elle irradie de sensualité (et Sorkin n'en perd pas une miette) puis semble au bord de se fissurer, elle est tantôt la "version Cinémax" de Molly Bloom, trop bling-bling, et une petite fille élevée dans le culte de la gagne qui se fracasse sur une piste de ski ou contre le FBI. Une partition pareille exige une actrice qui ne s'économise pas et on en a pour son argent. Elle a d'ailleurs reçu le Golden Globe de la meilleure actrice dramatique pour ce rôle.

A 41 ans, le règne n'est pas près de s'achever pour cette militante des droits des femmes, productrice, star, dans une tranche d'âge où elle n'a pas vraiment de concurrente. Pas de doute, elle peut sortir le grand jeu car elle a les bonnes cartes.      

lundi 9 juillet 2018

CATWOMAN #1, de Joelle Jones


La couverture de ce Catwoman #1 prévient le lecteur avec humour puisque Selina Kyle menace de spoiler Batman #50 si ses fans ne le lisent pas avant sa première aventure solo. Passée cette blague, Joelle Jones, seule aux commandes, a la lourde tâche de redonner son lustre à l'héroïne qui, depuis longtemps, n'a pas été à la fête dans une série à son nom. Mission accomplie ?


Selina Kyle a quitté Gotham depuis une semaine, après avoir renoncé à épouser Bruce Wayne. Depuis, souffrant d'insomnie, elle passe ses nuits dans des cercles de jeux, indifférente à ce qui se passe dehors et en journée.


Pourtant, elle devrait se méfier car une jeune femme commet plusieurs vols et tue un policier en service en s'enfuyant après son larcin, vêtue comme Catwoman. Un ami du flic abattu jure de le venger, quand bien même son supérieur lui ordonne de ne pas se mêler de l'enquête.


Alors qu'elle quitte un tripot, Selina est arrêtée par le détective Yilmaz mais elle réussit à lui échapper en s'engouffrant dans une rame de métro. Pendant ce temps, la femme du gouverneur Creel, Raina, enregistre une interview pour la télé où elle répond aux calomnies dont elle est la cible.
  

Une fois l'entretien terminé, elle se retire dans sa chambre où elle ôte plusieurs prothèses et révèleun corps sévèrement mutilé. Puis elle reçoit ses deux fils et la jeune femme qui se fait passer pour Catwoman, qui s'excuse pour avoir commis un crime contre un policier.


Selina, elle, rejoint sa planque dans la boutique de Carlos et Linda. Alfred Pennyworth lui a expédié son costume de Catwoman et elle apprend à la télé pourquoi elle est recherchée. Elle part alors à la poursuite de l'usurpatrice et ne tarde pas à la retrouver. Mais en la coursant, elle est entraînée dans un local où plusieurs autres filles se trouvent, déguisées comme elle !

Mis à part les runs de Ed Brubaker à partir de 2001 (avec Darwyn Coke, puis Cameron Stewart au dessin) et de Will Pfeiffer à partir de 2005 (avec surtout David Lopez comme artiste), Catwoman n'a guère été bien servie par ceux à qui le staff éditorial l'a confiés. Durant le statu quo précédant "Rebirth", durant les "New 52", on a même touché le fond avec Ann Nocenti.

Puis Tom King a eu la riche idée de redonner de la place à Selina Kyle dans sa série Batman au point d'en faire la co-star du titre et, récemment, d'organiser le mariage du Dark Knight avec la belle voleuse. Ce n'était alors plus qu'une question de temps avant qu'elle récupère un mensuel à son nom - et j'avais parié que Bendis s'en chargerait lors de son transfert chez DC, espérant qu'il le ferait avec Alex Maleev.

C'est finalement Joelle Jones qui en hérite, et c'est tout compte fait logique et légitime : elle a participé à la réalisation de quelques épisodes-clés du Batman de King, une fois le héros ayant fait sa demande en mariage à Catwoman, guidant même le scénariste dans la définition psychologique de Selina Kyle (en suggérant que Bruce Wayne l'idéalisait alors qu'elle traînait un lourd passif).

Pour la peine, l'artiste retrouve sa coloriste de la série Lady Killer (écrite par Jamie Rich), Laura Allred. C'est pourtant le point le moins satisfaisant : la palette utilisée manque de sensualité, privilégiant les à-plats un peu ternes. Le design du costume a aussi été modifié par Jones et c'est dommage car celui de Darwyn Cooke, inchangée depuis 2001, me semblait intouchable, indémodable, à la fois classe et fonctionnel : ici, la combinaison a un aspect vinyle moins esthétique et les ouvertures au niveau des aisselles sont peu raffinées. Dommage.

Que vaut ensuite Jones comme scénariste, poste où elle débute ? Ce premier épisode ne permet pas de se faire une idée définitive, mais elle prend des risques étonnants, notamment en révélant qui en veut à Catwoman. Le mobile de Raina Creel demeure, lui, mystérieux. L'argument - des copycats meurtrières de Catwoman - est accrocheur. Quant à la caractérisation de l'héroïne, elle colle aux événements qui l'ont conduite à quitter Gotham : c'est une femme malheureuse, souffrant d'insomnie et que la menace qui la cible ne va pas laisser se reposer.

Il y a donc à boire et à manger dans ce premier chapitre et il convient de laisser du temps à Joelle Jones pour la juger. D'un côté, les fans de Catwoman espèrent que le personnage aura enfin une série à sa mesure (faute de quoi elle sera uniquement visible dans Batman). De l'autre, chat échaudé craint l'eau froide, rien ne sera passé à Jones qui devra non seulement composer avec une héroïne iconique mais aussi avec la pression de succéder à d'illustres auteurs et de terribles ratés.  

BATMAN #50, de Tom King et Mikel Janin


Avant de vous parler du n°1 de la nouvelle série Catwoman, il faut passer par le #50 de Batman, écrit par Tom King et dessiné par Mikel Janin plus une prestigieuse liste d'artistes invités. Bien que la presse et les sites spécialisés ont éhontément spoilé une partie de l'épisode à la suite d'un article du "New York Times", le dénouement permet quand même d'apprécier le contenu en confirmant bien que le scénariste n'en a pas fini avec le couple - après tout, King a annoncé avoir un plan courant sur cent numéros et il n'en est qu'à la moitié...


Batman et Catwoman arrêtent, un énième fois, le petit malfrat Kite-Man quand le Dark Knight propose à sa partenaire d'avancer la date de leurs noces au soir suivant, sur le toit d'un immeuble comme eux qu'ils arpentent régulièrement, et en toute intimité afin de préserver leur double identité.


Batman trouve le juge Wolfman dans un bar et lui demande ensuite d'officialiser le mariage. Catwoman libère de l'asile d'Arkham sa meilleure amie, Holly Robinson, pour qu'elle soit témoin.


De son côté, Bruce Wayne demande à son fidèle majordome Alfred Pennyworth d'être son témoin, plutôt que Dick Grayson ou Clark Kent, car ils sont amis depuis toujours. Selina Kyle s'habille pour la cérémonie tandis que Holly n'en revient toujours pas que Wayne soit Batman et qu'il s'apprête à s'engager.


En route pour le lieu de leur union, Selina s'interroge sur son droit à être heureuse après la vie qu'elle a eue, souvent dans l'illégalité et contre Batman. Bruce a le même questionnement et révèle à Alfred avoir rédigé une lettre pour Selina où il lui explique pourquoi il veut d'elle pour femme - sans savoir qu'elle a écrit une missive où elle expose les raisons pour lesquelles elle doit y renoncer.


En effet, si Batman a appris à aimer celle qui fut son adversaire, Catwoman en est arrivée à la conclusion qu'en étant son épouse, elle risquerait de le détourner de la mission qu'il s'est fixée - protéger Gotham - et qu'il pourrait le lui reprocher un jour.
  

Aussi choisit-elle de se sacrifier par amour pour préserver leur couple et permettre à son compagnon de ne pas avoir à préférer sa moitié ou sa cité. Ce que, cependant, chacun ignore, c'est que le doute qui a rongé Selina Kyle, inspiré par de subtiles allusions de Holly Robinson, est un piège tendue par Bane et les ennemis du Dark Knight qui comptent bien que le héros sera brisé par cet échec amoureux...

Je n'ai plus consacré d'entrée au Batman écrit par Tom King depuis le #24 (sans compter l'Annual #2) car j'ai repris la lecture de la série en français, dans la revue éditée par Urban Comics, "Batman Rebirth", qui n'en est qu'au 25ème épisode. Je me rattraperai quand je disposerai de l'arc entier traduit de War of Jokes and Riddles.

Mais, en soi, ce n'est pas gênant puisqu'on savait déjà que Batman avait demandé Catwoman en mariage, et on se doutait de la réponse (même si elle arrive plus tard) de la belle voleuse. Depuis deux ans, donc, King a préparé le terrain pour ces noces en réfléchissant aux conséquences sur l'entourage du héros, les préparatifs de la cérémonie. Pour aboutir à ce 50ème chapitre, soit à la moitié du plan qu'il a prévu sur le titre (mais, vu les chiffres de vente qu'il atteint deux fois par mois, DC cherchera certainement le moment venu à le convaincre de rester).

En vérité, très vite, le lecteur devine que, bien entendu, rien ne va se passer comme prévu, moins à cause de l'intervention d'un vilain (le Joker a été neutralisé auparavant) que du fait des futurs mariés eux-mêmes pour qui cette étape constitue un moment décisif. Il règne dès les premières pages une sorte de fausse euphorie mais de vraie malaise, en tout cas un doute évident pour l'un des tourtereaux.

Comment transcrire cela subtilement, sans éventer la raison trop vite, et surtout sans dévoiler ce qui se cache plus profondément derrière tout ça ? King a recours au procédé qui faisait déjà la réussite de l'arc I am Suicide : une narration épistolaire. Le dispositif est particulièrement habile car il permet à la fois d'avancer crescendo mais aussi de placer les pages réalisées par les dessinateurs invités pour l'épisode.

Chacune de ces guest-stars se fend d'une pleine page et il y a vraiment du beau monde : Becky Cloonan, José-Luis Garcia-Lopez, Jason Fabok, Frank Miller, Lee Bermejo, Neal Adams, Tony Daniel, Amanda Conner, Rafael Albuquerque, Andy Kubert, Tim Sale, Paul Pope, Ty Templeton, David Finch et Jim Lee. On peut en apprécier certains plus que d'autres, mais l'affiche a de la gueule. On regrettera juste l'absence de David Mazzucchelli - mais DC a-t-il seulement cherché à lui proposer de dessiner quelque chose pour l'occasion ?

Pour ma part, je distinguerai la participation de :  

 Mitch Gerads
 Clay Mann
 Joelle Jones
 Greg Capullo
Et LE chef d'oeuvre du lot : Lee Weeks.

Mikel Janin se charge du reste avec son habituel talent : dire qu'au début, quand il a été annoncé sur la série, je doutais qu'il convienne à Batman ! Aujourd'hui, il s'est imposé non seulement comme le partenaire parfait pour King, mais au-delà comme un des artistes marquants du personnage et de ses aventures. Sa mise en scène est toujours élégante, ses effets bien dosés, sa narration lisible et efficace, c'est complet, solide, beau.

Selina Kyle refuse donc d'épouser Bruce Wayne et ses raisons sont à la fois logiques, imparables, sans être définitives, car on devine aussi que, non, cette histoire n'est pas terminée. Parce que Batman n'en restera pas là. Parce qu'elle l'aime quand même. Mais surtout parce que l'épisode se conclue sur un twist magistral qui relance complètement la machine, la fait rebondir spectaculairement et inaugure un deuxième acte dans le run de King qui impose que Batman finira par découvrir ce que ses ennemis ligués ont manigancé. Alors, on pourra s'attendre à une vengeance terrible, à laquelle Catwoman participera inévitablement, et qui serait le terrain idéal pour réunir les deux amants... Avant un autre mariage ? N'allons pas trop vite (mais pourquoi pas ? Après tout même Superman a une famille désormais).

Pour tout cela - une partie graphique fastueuse, un récit imprévisible (malgré les spoilers), les promesses pour le futur, l'émotion de l'histoire elle-même, le tournant que constitue ce chapitre - , Batman #50 est bel et bien l'événement qu'il devait être, autrement plus renversant que celui de X-Men : Gold #30

dimanche 8 juillet 2018

GLOW (Saison 2) (Netflix)


Un an après la première saison, GLOW revient pour un deuxième round sur Netflix. Ses créatrices, Liz Flahive et Carly Mensch, après le succès critique et public de leur série, ont la délicate tâche de faire aussi bien tout en développant leur saga et leurs héroïnes qu'on avait laissées sur le point de donner leur premier show à la télé. Mission réussie, même si tout ne se déroule pas comme prévu... 

 Debbie, Sam et Bash (Betty Gilpin, Marc Maron et Chris Lowell)

Cherry partie tenter sa chance comme actrice dans une série policière, Sam Sylvia et Bash Howard engagent pour la remplacer dans le rôle de "Junkchain" Yolanda, une hispanique lesbienne mais sans aucune expérience du catch. Les filles doivent à présent signer un contrat qui les lie avec la chaîne K-DTV, tandis que Russell, le nouveau caméraman, drague Ruth. Ensemble, ils mettent en boîte un clip pour promouvoir l'émission mais cette initiative va durablement contrarier Sam qui veut rester le seul réalisateur. Debbie, bien qu'ayant décidé de divorcer, demande à son époux Mark d'analyser son contrat et obtient ainsi le titre de co-productrice.

Ruth/Zoya et Yolanda/Junkchain (Alison Brie et Shakira Barrera)

Les répétitions pour le show sont si ennuyeuses que Sam et Bash décident qu'il n'y aura finalement que trois combats d'enregistrés, ce qui créé une rivalité entre les filles de la troupe. Ruth fait équipe avec Yolanda avec laquelle elle imagine un numéro mélangeant lutte et breakdance. Sam oblige sa fille Justine, qui ne participe plus à l'émission, à reprendre ses études si elle souhaite vivre chez lui.

Les filles font la fête au motel

K-DTV reçoit des plaintes d'associations familiales au sujet du contenu violent et sexuel de la première émission diffusée. Pour les calmer, Bash et Debbie ont l'idée de tourner un spot d'utilité publique sur les grossesses précoces, dont Ruth assure la co-écriture. Mais Debbie la retient tard dans la soirée et l'empêche ainsi de rejoindre les filles de la troupe qui donnent une fête au motel avec les techniciens du show, dont Russell.  

Tammé et son fils Earnest (Kia Stevens et Eli Goree)

Après avoir découvert que Mark sort maintenant avec sa nouvelle secrétaire, Debbie vend tout son mobilier lors d'un vide-grenier. De son côté, Tammé rend visite à son fils Earnest, étudiant à l'université de Stanford, mais lui cache son nouveau job. Il l'apprend quand même et tient à assister au tournage de la prochaine émission. Mais Tammé est humiliée sur le ring à cause du scénario qui voit son personnage, "la Reine des Allocs", battue par celui de Debbie, "Liberty Belle". Remarquant le malaise de son amie, Ruth/"Zoya" improvise en emmenant dans les coulisses une fillette qu'elle présente au public comme la fille de "Liberty Belle".

Zoya (Alison Brie)

Après le tournage, les filles signent des autographes à leurs fans en délire. Debbie, Sam et Bash réfléchissent déjà au développement de l'intrigue amorcée par l'improvisation de Ruth mais sans la convier à leur séance d'écriture. Carmen et Rhonda accompagnent Bash dans des clubs gays pour l'aider à retrouver son ami Florian, mais sans le trouver. Ruth est invitée par le patron de K-DTV mais elle comprend vite qu'il veut abuser d'elle et s'enfuit. La sanction tombe le lendemain : l'émission est déprogrammée à deux heures du matin et, quand Ruth explique ce qui s'est passé à Debbie, cette dernière lui reproche d'avoir coulé le show. 

Liberty Belle vs. Zoya la destructrice (Betty Gilpin et Alison Brie)

Pour tenter de relancer GLOW, Bash et Sam demandent à Carmen/"Machu Pichu" d'entraîner la troupe à des combats plus violents. Ruth accompagne Mark à une rétrospective de ses films d'horreur et lui raconte ce qui s'est passé avec le patron de la chaîne, regagnant le soutien de son réalisateur. Debbie croise par hasard Mark et sa secrétaire puis rentre au studio de tournage où elle boit beaucoup et sniffe même un rail de coke. Elle monte sur le ring dans un état second et, lors d'une prise contre "Zoya", "Liberty Belle" lui brise la cheville. 

Cherry/Black Magic et Yolanda/Junkchain (Sydelle Noel et Shakira Barrera)

Hospitalisée, Ruth apprend qu'elle devra porter un plâtre durant huit semaines, la privant de matchs dans l'émission. Les filles de la troupe la soutiennent et accusent Debbie d'avoir blessé sa partenaire volontairement pour se venger. Les deux femmes ont une dispute au sujet de leurs carrières et leurs amours, mais Debbie sait qu'elle s'en est prise à Ruth par jalousie. Sam rassure cette dernière en lui affirmant qu'il continuera l'émission avec elle, mais pour la remplacer sur le ring, il rappelle Cherry, dont la carrière d'actrice est un échec mais qui doit se créer un nouveau personnage puisque Yolanda a endossé celui qu'elle jouait. 
  
Junkchain, Britannica, Machu Pichu, Liberty Belle et Melrose
(Shakira Barrera, Kate Nash, Britney Young, Betty Gilpin et Jackie Thorn)

Rosalie, la mère de Justine, dont elle est sans nouvelles depuis qu'elle a rejoint son père, Sam, à Los Angeles, regarde le nouvel épisode de GLOW dans lequel on découvre Ruth/"Olga", la soeur jumelle de "Zoya", qui choisit d'aider Debbie/"Liberty Belle" à récupérer sa fille. Cherry/"Black Magic" combat Rhonda/"Britannica" tandis que Yolanda/"Junkchain" danse avec Arthie/"Beyrouth". Les filles chantent un hymne contre les kidnappeurs avant que "Liberty Belle" ne retrouve sa fille au terme de plusieurs combats contre Jenny/"Fortune Cooke"et Reggie /"Vicky la Viking". Mais "Olga" est piégée par "Zoya" et son assistante, interprétée par Justine.  
  
Sam, Rosalie et Justine (Marc Maron, Annabella Sciorra et Britt Baron)

Bash et Debbie se rendent à une convention pour vendre le show à une nouvelle chaîne et intéressent plusieurs diffuseurs. Rhonda, comme les autres filles qui se préparent à l'annulation de l'émission, cherche un nouveau job mais doit régulariser sa situation auprès du consulat britannique : elle apprend alors qu'elle va être expulsée, faute de titre de séjour. Rosalie débarque chez Sam, qui héberge Ruth durant sa convalescence, pour ramener Justine chez elle mais accepte de différer leur départ car elle doit participer au bal de promo. Sam en profite pour tenter d'embrasser Ruth qui le repousse et part rejoindre Russell. Carmen suggère à Rhonda d'épouser un de ses fans, "Cupcake", afin de pouvoir rester aux Etats-Unis et d'intégrer ce mariage au show.

Ruth et Russell (Alison Brie et Russell Barroso)

Justine repart avec Rosalie et Sam se consacre aux préparatifs de la dernière émission en y intégrant le mariage de Rhonda, secondé par Ruth, toujours plâtrée. Le tournage commence et l'épisode dégénère complètement quand Bash s'oppose aux noces pour demander la main de Rhonda. Un combat collectif a lieu entre toutes les filles pour récupérer le bouquet de la mariée et la bataille est gagnée par l'entrée en scène de "Zoya". Le show en boîte, K-DTV rappelle aux filles qu'elles n'ont pas le droit d'exploiter leurs personnages pour une autre chaîne comme le stipule leur contrat. Les diffuseurs intéressés se retirent mais Ray, le patron du club de strip-tease de Yolanda, propose une alternative à la troupe : se produire sur scène à Las Vegas. 

Les Glorious Ladie Of Wrestling

Il faut bien admettre que le premier épisode de cette deuxième saison fait craindre, sinon le pire, en tout cas un nouvel acte moins aimable. Passons sur le générique, interminable : il ne sera plus utilisé ensuite. Mais c'est surtout la punition dont écope Ruth qui préoccupe.

Les showrunners, Liz Flahive et Carly Mensch, font durer le supplice jusqu'au sixième épisode et on souffre pour l'héroïne, mis au ban de l'émission après avoir amplement contribué à sa conception, tout ça parce qu'elle a eu l'outrecuidance de vouloir aider à sa promotion sans en aviser Sam Sylvia.

Mais le fan attentif peut aussi interpréter le comportement du réalisateur comme du dépit amoureux car Sam en pince à l'évidence pour Ruth, sans oser franchir le pas, mais surtout contrarié par l'idylle naissante de la jeune femme avec le caméraman Russell. Pourtant il n'y a pas que ça qui désole...

Devenue co-productrice de l'émission, Debbie tourmente toujours celle qui a couché avec son futur ex-mari, Mark. Et sa vengeance atteint un pic dans, justement, ce sixième épisode, véritable tournant de la saison. Alors que Ruth et Sam se rabibochent, Debbie, en plein marasme affectif, sous l'emprise de l'alcool et de la drogue, blesse sa rivale sur le ring.

On l'aura donc compris, après l'euphorie de la précédente saison, ces dix nouveaux épisodes osent emprunter un tournant parfois plus dramatique, en fouillant les ressorts psychologiques de ses protagonistes. Le duo Ruth-Debbie est toujours au centre de l'attention, mais la série développe aussi désormais la caractérisation des autres filles de la troupe de GLOW : on fait plus ample connaissance avec Rhonda/"Britannica" (sur le point d'être expulsée des Etats-Unis), Tammé/"la Reine des Allocs" (qui a caché sa participation aux matchs de catch à son fils étudiant), Yolanda/"Junkchain" et Arthie/"Beyrouth" (qui tombent amoureuses l'une de l'autre), Cherry/"Black Magic" (dont la reconversion comme actrice est un échec). L'homosexualité de Bash est aussi plus directement abordée, bien que personnage ne l'assume pas et finit par se mettre dans une situation qui promet d'être difficile (en épousant Rhonda).

La solidarité des filles de la troupe devient manifeste après la blessure de Ruth et chacune avoue qu'elle a trouvé avec les autres une famille de coeur, qui est à la fois le ciment de l'émission et leur véritable motivation pour la tourner, malgré les entraînements et la menace de plus en plus évidente de l'annulation du show. Le téléspectateur redoute même, un temps, que les auteurs ne le préparent à la fin de la série en évoquant ce dernier point, mais que chacun se rassure : Netflix vient de renouveler GLOW pour un troisième round !

On rit donc toujours beaucoup, mais avec une pointe de gravité bienvenue, qui relance l'intérêt et prouve que les créatrices ne se reposent pas sur leurs lauriers. Certains regretteront sans doute la légèreté kitsch de la première saison, qui jouait à fond sur la formation de cette troupe improbable, leurs looks flamboyants, leurs matchs épiques, et leur succès naissant imprévisible. Mais comme Master of None de Aziz Ansari et Alan Yang, la production a pris des risques, a mué, jusqu'à conclure par un chapitre de 46 minutes aussi jubilatoire qu'ambitieux (et prouvant que la série peut supporter ce format).

La distribution est une fois encore remarquable, on ne peut qu'adorer cette bande de filles à laquelle leurs interprètes donnent tout : mentions tout de même à Kia Stevens (Tammé), Kate Nash (Rhonda), Shakira Barrera (Yolanda) et à l'impayable Gayle Rankin (Sheila). Chris Lowelle (Bash) est formidable, tout comme Marc Marron (Sam) en amoureux bourru. Betty Gilpin (Debbie) hérite d'une partition souvent ingrate, vu le parcours de son personnage, mais elle y va franchement. Et, par ricochet, rend encore plus touchante la prestation d'Alison Brie (Ruth), formidable locomotive de la série.

Maintenant, il va falloir s'armer de patience avant de retrouver les Sublimes Dames du Catch : rendez-vous en Juin 2019 !