samedi 7 juillet 2018

STEVE DITKO (1927-2018)


Steve Ditko est mort.

La triste nouvelle du décès du co-créateur de Spider-Man, Doctor Strange, et inventeur de The Question, Hawk & Dove, Mr. A, est tombé seulement aujourd'hui, mais celui qu'on surnommait le J.D Salinger des comics nous a quittés le 29 Juin dernier (ou plus sûrement, selon la police, deux jours auparavant). Il avait 90 ans.

C'était une vraie légende des comics depuis qu'il s'était retiré du milieu pour s'auto-publié. Récemment encore, la rumeur courait qu'il préparait un nouveau projet, mais la vérité est qu'il n'avait jamais cessé de produire malgré une audience confidentielle.

L'Histoire retiendra sa collaboration (houleuse) avec Stan Lee qui donnera donc naissance à Spider-Man puis Doctor Strange : cela suffit à poser le bonhomme quand on songe à la pérennité de ces deux personnages, dont la popularité est désormais soulignée par le succès des adaptations de leurs aventures au cinéma. Pourtant, ses runs avec ces deux séries furent, somme toute, brefs.

Chez DC, sa création la plus célèbre reste celle de Vic Sage alias The Question, personnage important pour Ditko qui s'en servit comme véhicule pour sa philosophie "objectiviste", inspirée d'Ayn Rand avant de poursuivre cette conception du monde via Mr. A, autre vigilante radical avec les criminels -une ligne dure qui suscita la polémique.

Sans Ditko, pas de Hawk & Dove (duo composé d'un pacifiste et d'un belliciste), pas de the Creeper (avec son rire si strident qu'il paralysait ses cibles), pas de Blue Beetle, Captain Atom, Nightshade (imaginés pour l'éditeur Charlton avant son rachat par DC), pas de Shade the Changing Man... La rogue gallery de Spidey - Kraven le chasseur, Electro, Dr. Octopus, Le Bouffon Vert, Mysterio, le Lézard, le Vautour, c'est lui (avec Stan Lee) !


Un géant s'en est allé. C'est triste bien sûr, mais c'est aussi un privilège de pouvoir disposer de son oeuvre, géniale et unique.



SHADE THE CHANGING WOMAN #5, de Cecil Castellucci et Marley Zarcone


C'est le pénultième épisode de Shade the Changing Woman... Et, pour être tout à fait franc, c'est avec soulagement que j'attends la fin désormais, tant l'enthousiasme des débuts m'a progressivement quitté, et ce, même si j'ai pu déplorer l'annulation abrupte du titre. L'inspiration a de plus en plus manqué à Cecil Castellucci tandis que Marley Zarcone sauve ce qui peut encore l'être.
  

Ayant échoué à retrouver son coeur enterré dans le désert, Loma erre sans but, oscillant entre rage et désespoir. Son état physique s'en ressent également puisqu'elle vieillit précocement, comme si elle se fissurait - ce que ses amis et ennemis ressentent.     

Sur la planète Meta, Lepuck éprouve lui aussi la souffrance de son amie et décide d'aller à son secours même si on le met en garde contre les humains. Loma tente une opération de la dernière chance pour repousser l'invasion de The Cray contre la Terre et comprend que ce n'est qu'en sauvant sa planète d'adoption qu'elle se sauvera aussi.                                                                                                            

Lepuck, une fois chez nous, ne tarde pas à retrouver le coeur de Loma mais il est aussitôt arrêté par la police anti-extraterrestre. Toutefois, juste avant d'être emmené à la Faculté de Floride, il a le temps de donner à River le coeur de Loma.


A la Fac, justemnt, Mrs Deeps lave le cerveau des généraux de l'armée sur le pied de guerre. Surprise par River, elle lui explique être à l'origine de l'invasion en cours de The Cray et comment leurs membres vont neutraliser toute résistance pour conquérir notre monde.
  

Les événements s'accélèrent dramatiquement en tout sens : Teacup est agressée par Gan, le tueur provenant de Meta, mais elle réussit à l'écarter ; Lepuck est livré à Mrs Deeps à qui il promet de la faire juger et condamner ; Loma sollicite l'aide de Shade qui réclame qu'elle lui rende son manteau de folie. Mais elle refuse et découvre que le poète l'a dupée depuis le début...

Il n'y a guère plus triste spectacle pour un lecteur de séries que de voir s'envoler, inéluctablement, le charme d'un titre qui, justement, l'avait séduit par sa capacité à l'embarquer ailleurs, à le séduire imprévisiblement. C'est ce qui s'est passé lorsque Shade the Changing Girl a mué en Shade the Changing Woman.

Pourtant l'idée de poursuivre les aventures de l'extraterrestre de Meta dans le corps de Megan Boyer mais à l'âge adulte était prometteuse. Mais entre temps la série a été raccourcie en vue de son annulation subite et surtout c'est comme si la scénariste Cecil Castellucci avait perdu son mojo, n sachant ni modifier ses plans mais surtout faire grandir son histoire comme son héroïne désormais partie dans un récit beaucoup moins passionnant et moins maîtrisé.

Je ne veux pas l'accabler ni donner l'impression de brûler ce que j'ai aimé, surtout donc que Castellucci a du composer avec l'agenda remanié de la collection "Young Animals" (dont seul Doom Patrol a échappé à l'arrêt ordonné pour Cave Carson have a cybernetic eye et Mother Panic). Mais il est évident qu'elle n'avait visiblement pas d'idée aussi forte à développer pour cette nouvelle étape. On lit donc désormais les épisodes d'un air plus détaché, limite indifférent, car les situations et les personnages échouent à nous faire vibrer, à nous étonner. Loma elle-même est devenue agaçante, errant dans sa propre histoire, capricieuse, déconnectée de ses amis et de toute réalité, aux prises avec une invasion fomentée par sa pire ennemie, avec un subplot (le tueur en série Gan) complètement décalé du reste.

Marley Zarcone dessine encore avec une exemplaire rigueur une série qui avance comme privée de direction. Elle a du mérite car c'est vraiment son travail qui suscite le plus d'intérêt. Mais son style, fin et délié, paraît aussi fragilisé, ne pouvant plus assurer la douce dinguerie de ce projet.

Les couleurs acidulées de Kelly Fitzpatrick donnent un aspect gentiment psychédélique à l'ensemble mais sans l'ivresse qui pourrait assurer au lecteur un vrai trip. C'est l'effet domino : le scénario s'effilochant, ni le dessin, ni ce qui l'accompagne et le soutient ne résistent au déclin de l'affaire.

DC a le culot de tenter des choses, avec des labels ("Young Animals", "The New Age of Heroes"), mais il manque à ces projets un vrai chef d'orchestre, une densité, une identité au-delà du gadget (qui consiste à faire du post-"Vertigo" ou des variations de Marvel). On verra si la collection offerte à Bendis (avec Scarlet, Pearl, Cover...) sera mieux bâtie (en comptant sur des artistes bien plus solides).     

vendredi 6 juillet 2018

DOCTOR STRANGE #3, de Mark Waid et Jesus Saiz


Dernier numéro à paraître hebdomadairement (le #4 sortira mi-Août et la série deviendra ensuite mensuelle), ce troisième épisode de Doctor Strange est aussi un tie-in au prochain event Marvel, Infinity Wars (produit par Gerry Duggan et Mike Deodato). Heureusement pour ceux qui ne comptent pas suivre cette saga, Mark Waid et Jesus Saiz réussissent parfaitement à respecter le cahier des charges sans dévier de leur propre récit.


Stephen Strange et Kanna poursuivent leur voyage spatial et se perfectionnent dans la pratique des arts occultes au contact de magiciens extraterrestres et d'artefacts cosmiques. Prochaine étape : la planète Tarnax II où l'arcanologue veut présenter à son compagnon de route un sorcier... Skrull !


Bien qu'elle lui assure que le nommé Mt'Nox est un être pacifique et que ses semblables ont renoncé aux conflits qui ont forgé leur mauvaise réputation, Strange est très méfiant et ne veut pas s'attarder. Toutefois, en approchant de leur hôte, il est à la fois impressionné par sa technique et saisi d'effroi quand il le voit en possession de la Pierre du Temps qu'il croyait détruite.


Cette gemme très puissante appartint un temps à Thanos, le titan fou, et aujourd'hui le Super-Skrull, Kl'Rt, veut s'en servir pour rebâtir son empire. Strange convainc Kanna de récupérer la Pierre du Temps en lui promettant de la lui donner ensuite. Ils affrontent le Super-Skrull.


Au terme d'un âpre combat, Strange vainc son adversaire et fuit Tarnax II avec Kanna. Mais une fois à bord de leur vaisseau, il refuse de lui remettre la gemme comme promis, au prétexte qu'un tel artefact est trop dangereux.


Elle proteste, s'estimant trahie, mais Strange efface le souvenir de cette journée de sa mémoire et ils peuvent reprendre leur voyage. Pendant ce temps, sur Terre, Bats le chien fantôme pénètre dans le Sanctum Sanctorum du sorcier suprême et trouve à l'intérieur un inconnu menaçant...

Mark Waid a bien du mérite car, déjà lors de ses runs sur Daredevil puis Captain America, il avait dû composer avec des sagas globales impliquant les héros qu'il écrivait. Mais le scénariste a assez d'expérience pour intégrer ce genre de contraintes sans qu'elles impactent trop ce qu'il raconte de son côté. Ainsi avait-il procédé avec Original Sin puis les conséquences de Secret Empire (deux events par ailleurs calamiteux).

Aujourd'hui, re-belote : avec juste deux épisodes de Doctor Strange, le voilà obligé de faire référence à Infinity Wars sous prétexte que les aventures du magicien se déroule dans l'espace comme la saga à venir.

Cette fois, cependant, Waid peut s'accommoder plus aisément de sa tâche car son histoire est un récit initiatique et l'incorporation de la Pierre du Temps dans son scénario peut facilement se justifier dans la mesure où Strange croise d'autres magiciens dans l'espace et acquiert de nouveaux artefacts. Il lui a suffi de placer la gemme aux mains d'un personnage croisé par son héros afin de pimenter leur rencontre. Et comme ce personnage est le Super-Skrull, la rencontre est mouvementée.

Pourtant, ce qu'on préférera retenir de cet épisode, toujours aussi brillamment conçu, ce sont ses conséquences immédiates dans la perception qu'on a de Strange : il s'y montre peu tolérant quand aux Skrulls en général, quand bien même Kanna lui assure qu'ils ont renoncé à leurs projets guerriers ; puis agressif lorsqu'il faut affronter le Super-Skrull ; arrogant quand il le vainc ("Idiot." lance-t-il à Kl'Rt au tapis et sans connaissance) ; et enfin manipulateur lorsqu'il efface une partie de la mémoire de Kanna à qui il avait promis la garde de la Pierre du Temps. Le "bon" docteur gagne en ambiguïté en adoptant un comportement pareil : serait-il en train de redevenir, en récupérant sa magie, un odieux individu tel qu'il le fut avant de devenir sorcier ? Ce serait une piste intéressante, et on verra ce que Waid va faire avec ça.

Visuellement, une fois encore, Jesus Saiz est éblouissant : les premières pages montrent sa capacité à créer des mondes lointains riches en détails alors qu'ils ne figurent que sur une image souvent, puis l'arrivée sur Tarnax II fait place à un décor exotique fascinant où les Skrulls se sont adaptés de manière étonnante. L'artiste espagnol réinvente ces extraterrestres de façon prodigieuse.

La représentation de la faune et la flore de cette planète est tout aussi fournie, et le recours à la couleur directe donne un rendu extraordinaire. La bataille contre le Super-Skrull est mise en scène avec beaucoup d'énergie et d'invention, notamment quand Strange utilise les pouvoirs de la Pierre du Temps. Cette série est esthétiquement une des plus puissantes produites par Marvel dans le cadre du nouveau statu quo "Fresh Start".

Le lancement de Doctor Strange version Waid-Saiz aura donc été une vraie expérience avec trois épisodes en moins d'un mois, d'une tenue exceptionnelle. Espérons que l'attente du prochain chapitre ne fera pas oublier au public la qualité de ce titre qui mérite vraiment de s'imposer durablement grâce à sa belle équipe créative.       

jeudi 5 juillet 2018

DEATH OR GLORY #3, de Rick Remender et Bengal


On dit qu'il ne faut jamais juger un livre à sa couverture, et cela se vérifie avec ce troisième épisode de Death or Glory pour lequel Bengal s'est inspiré de l'affiche de Bullitt (Peter Yates, 1968). Malheureusement, en effet, Rick Remender ne nous entraîne pas dans un récit aussi captivant que celui du capitaine incarné par Steve McQueen. Au point qu'on commence à se demander sérieusement si la série n'est pas en train de faire "Pschitt !"...


Glory résume son passé à Pablo, l'immigré clandestin qu'elle aide à retrouver sa famille en échange de son aide pour dévaliser un trafiquant d'esclaves : sa mère, sur le point de quitter Red, accaparé par son travail, convainquit ce dernier de changer de vie. Mais leur bonheur fut de courte durée car elle fut tuée par un voleur qu'elle surprit.
  

Red éleva seul sa fille puis décrocha une place de mécano dans une écurie automobile où Glory devint pilote. Elle y rencontra aussi Toby qu'elle épousa contre l'avis de son père, avant de déchanter en découvrant ses activités de dealer. De retour auprès de Red, la jeune femme apprit en même temps que lui qu'il avait un cancer du foie pour lequel seule une greffe, coûteuse, pourrait le sauver.


Aujourd'hui, Pablo et Glory vident le coffre-fort de Joe le boucher, qui se sert des immigrés clandestins pour en faire de la viande à consommer, tandis que l'inspection des services d'hygiène débarque. Nos deux héros découvrent Isabelle, la nièce de Pablo, dans une cellule et le jeune homme la confie à Glory pendant qu'il part à la recherche de sa soeur et son beau-frère.


Il trouve à la place dans une chambre froide les restes humains destinés à être vendus tandis que Glory tombe à nouveau sur le tueur à la bouteille de nitrogène qui faillit la tuer après avoir dérobé l'argent de Toby. Elle se réfugie in extremis dans une pièce plongée dans le noir avec Isabelle, la nièce de Pablo.


Avançant à tâtons vers une possible sortie, Glory aboutit dans la salle d'équarrissage de la boucherie de Joe...

Death or Glory n'aura-t-elle été la série que d'un épisode, son "pilote" de 40 pages aussi alerte que prometteur ? Je suis de plus en plus enclin à le croire tant Rick Remender peine depuis à combler les attentes qu'il a suscitées en s'enfonçant dans une intrigue souvent écoeurante et surjouée, dont le rythme est cruellement absent et les personnages de moins en moins intéressants.

Que se passe-t-il ? On avait embarqué pour une aventure trépidante où l'héroïne planifiait un braquage audacieux contre son ex-mari malhonnête avant que tout ne foire et qu'elle soit impliquée dans un trafic d'immigrés clandestins promis à un funeste sort puisqu'un boucher vendait leur chair à ses clients ! Rien qu'en résumant cela, on est quand même sidéré par l'abracadabrantesque tournure du scénario qui a démarré à toute allure comme un thriller pour verser dans l'épouvante.

En soi, pourquoi pas ? On a vu des virages déjà aussi étonnants, et Remender n'est pas franchement un poète délicat qui raconte des fables pour les enfants. L'auteur, même quand il oeuvrait chez Marvel, donc pour des productions mainstream, ne lésinait pas sur le gore et les rebondissements les plus cavaliers (souvenons-nous, en particulier, de son ahurissant Franken-Castle avec le Punisher littéralement reconstruit en hommage au monstre de Mary Shelley).

La différence, c'est que, jusqu'à présent, dans ce que j'ai lu et aimé de Remender, il y avait un allant, un élan, un souffle, qui m'entraînait suffisamment efficacement pour accepter ses tendances à en faire parfois trop. Death or Glory piétine, s'essouffle, et on n'en est qu'au troisième épisode : ce n'est pas bon signe...

Je vais encore donner un peu de temps au titre, qui peut rebondir, mais j'ai tout de même l'impression d'avoir été trompé sur la marchandise : parti pour une cavalcade tonique, me voilà dans une histoire horrifique aux protagonistes sommaires. Je suis déçu, impossible de le cacher.

Et Bengal, qui m'avait fait si forte impression, ne s'en sort pas mieux : son dessin, si énergique et expressif, verse de plus en plus dans une narration type manga avec des personnages grimaçants plus souvent qu'à leur tour, amplifiant les émotions au lieu de les doser, et, victime collatérale des errances du scénario, échoue à donner une plus-value au récit.

Il y a bien, de ci, de là, quelques idées astucieuses, dans le découpage, la valeur des plans, les angles de vue, mais, à l'image du flash-back narré en voix-off au début de l'épisode (et qui en occupe un bon quart, peut-être même un tiers, ce qui est trop), tout cela est noyé dans des facilités (du texte en marge d'illustrations, ou des scènes parallèles qui manquent de tension).

Image Comics a l'habitude de publier un premier recueil d'une série au bout des cinq premiers chapitres, donc j'irai jusque-là pour m'assurer d'un progrès notable de Death or Glory. Faute de quoi, j'arrêterai les frais avec cette série qui avait pourtant si bien débuté.   

MAN OF STEEL #6, de Brian Michael Bendis et Jason Fabok (FINALE)


Et nous voilà donc arrivés à la conclusion de la mini-série Man of Steel écrite par Brian Michael Bendis en préambule aux débuts de son run sur Superman et Action Comics. (Presque) toutes les questions en suspens vont trouver leur réponse dans cet épisode dessiné par le seul Jason Fabok.


Refusant de confier Jon à la seule garde de son grand-père, Jor-El, Lois Lane décide de les accompagner pour leur voyage spatial, même si Clark tente une dernière fois de tous les raisonner pour que son père s'en aille et que sa famille reste unie. Lois compte profiter de l'expérience pour en tirer un autre livre que celui qu'elle devait rédiger sur les coulisses du "Daily Planet".
   

Avant leur départ, Clark remet à Lois un de ses costumes avec dans la boucle de sa ceinture un signal qui lui permettra de l'appeler au secours. Jor-El donne à son fils une balise grâce à laquelle il pourra à tout moment savoir où ils sont dans l'espace. Puis ils partent, laissant Clark seul.
   

Hélas ! Clark a perdu, à cause de Rogol Zaar la balise de son père et il doit à présent en finir avec cet adversaire qui menace, grâce à une bombe au coeur de la Terre, de faire exploser notre planète. Superman écarte le guerrier et s'envole pour l'espace afin de se débarrasser de la bombe.
  

Mais Rogol Zaar le rattrape, résolu à en finir. Supergirl arrive alors en renfort et ouvre l'accès à la Zone Fantôme où est aspiré l'ennemi de son cousin. La méthode, radicale, déplaît à ce dernier mais résout le problème. Kara va de toute façon quitter la Terre pour mener son enquête sur le contentieux entre Krypton et Rogol Zaar.


Cependant, pour Superman, les ennuis ne sont pas terminés car un rescapé des incendies de Metropolis vient le dénoncer à la chef des pompiers, Melody Moore, comme étant le pyromane qu'elle traque !

C'est sur cette surprenant révélation que Brian Michael Bendis clôt sa mini-série introductive, un twist un peu décevant par rapport à ce qui a précédé, mais dont il faudra observer le développement, dès la semaine prochaine avec la parution du n°1 du relaunch de Superman.

Peut-être, en vérité, reste-t-on sur notre faim parce que le scénariste a couru trop de lièvres à la fois dans ces six épisodes, avec trois intrigues parallèles, et que celle concernant cette affaire d'incendies semblait la moins captivante, susceptible d'être résolue par Superman seul puis avec le concours de Batman.

Quant aux deux autres lignes narratives, elles sont conclues efficacement : le duel contre Rogol Zaar s'achève sur une note satisfaisante, même si on notera que jamais Superman n'a été en mesure de le neutraliser et que Supergirl a réglé le problème de manière radicale. Il semble néanmoins que le scénariste ne compte pas en rester là puisqu'il envoie Kara enquêter sur les origines du contentieux entre Krypton et ce guerrier, ce qui signifie que Bendis va raconter cette investigation et promet certainement des révélations (bien entendu, les râleurs diront que le scénariste met la main sur Supergirl en plus de Superman. Mais on lui aurait reproché également de laisser en plan cet aspect de l'histoire s'il ne s'en occupait pas...).

Toutefois, ce qui importait davantage que la victoire attendue contre Rogol Zaar, c'était l'issue concernant le retour de Jor-El et son désir d'emmener Jon en voyage dans l'espace afin qu'il s'instruise. D'ailleurs, la couverture mentionne clairement l'importance de ce point en promettant la réponse au destin de Lois et Jon. Les rumeurs les plus catastrophistes ont circulé sur le net et les réseaux sociaux, accusant le plus fréquemment Bendis d'avoir carrément tué l'épouse et le fils de Superman, ce qui aurait contredit son affection pour la cellule familiale (comme il l'a abordé avec Luke Cage dans New Avengers par exemple ou International Iron Man, et surtout dans Ultimate Spider-Man).

En traitant cela de manière très allusive et progressive durant les six épisodes de la mini-série, le scénariste a finalement le mieux réussi à faire monter la sauce autour du mystère concernant la situation actuelle de Clark Kent. La résolution de l'énigme est inattendue et habile, et promet d'alimenter la suite quand il s'agira de mettre en scène le retour de Lois et Jon - on verra, pour ce dernier, si, et comment, les voyages forment toujours la jeunesse, mais parions que ce ne sera pas simple. D'autant que Clark a perdu, à cause Rogol Zaar, son moyen de communiquer avec sa famille !

En comptant les cinq fois deux pages qu'il a déjà livrées et en y ajoutant les vingt qu'il signe ici, Jason Fabok aura donc dessiné trente pages de la mini-série, en ayant le privilège de la clore. Son trait m'évoque un mélange entre Gary Frank et Dale Eaglesham, un peu raide mais très fourni, peu avare en détails, avec une belle variété dans le découpage.

Toutefois, j'aurai préféré qu'il s'occupe de l'épisode 4 (dessiné par Kevin Maguire) car il est mieux disposé pour régir les scènes d'action et que ses personnages manquent d'expressivité (le point fort de son collègue, qui aurait été bien utile pour l'au revoir de Lois et Jon à Clark). Mais, globalement, Man of Steel a meilleure allure que Justice League : No Justice, qui a souffert, avec également une parution hebdomadaire, de pouvoir profiter du seul Francis Manapul et d'adjoints du même niveau, quand Bendis a pu s'appuyer sur des pointures tout du long (même lorsque Shaner a dû être suppléé par Rude).

On n'aura pas à attendre pour lire la suite puisque, donc, Superman #1 sera disponible Mercredi prochain (et Action Comics #1001 début Août). Stay tuned !