dimanche 4 octobre 2015

LUMIERE SUR... RENE GRUAU

 René Gruau
(de son vrai nom Renato Zavagli-Ricciardelli delle Caminate)
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Pour en voir et en savoir plus sur ce génie :
René Gruau, l'lillustrateur à l'étoile

Critique 719 : LES GARDIENS DE LA GALAXIE #9 (Septembre 2015)

Critique en retard... Tout simplement parce que j'ai beaucoup hésité avant d'acheter ce numéro de la revue. J'ai finalement craqué... Et voilà que je replonge dans un crossover, après m'être juré qu'on ne m'y reprendrait plus.
En avant, donc, pour la première partie de Black Vortex.
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 Les Gardiens de la Galaxie #9 :

La revue est divisée en deux parties : la série Star-Lord et l'épisode Les Gardiens de la Galaxie / X-Men sont consacrés à l'histoire du Vortex Noir, je vais donc écrire une critique commune. Rocket Raccoon et Nova poursuivent des récits indépendants.

- Star-Lord #8 : Le Règne du Vortex Noir (3) (Sam Humphries / Freddie Williams II, Paco Diaz) :

- Les Gardiens de la Galaxie / X-Men : Le Vortex Noir (1) (Sam Humphries / Ed McGuinness, Kris Anka) :

Après avoir sauvé Peter Quill alias Star-Lord des griffes de son père J-Son alias Mr Knife et des Bouchers, Kitty Pryde accepte désormais de vivre avec lui en sillonnant le cosmos. Mais avant cela, elle le convainc de reprendre à Mr Knife le Vortex Noir.
Pour accomplir cette mission, les Gardiens de la Galaxie (Rocket Raccoon, Drax, Gamorra, Groot, Venom, Captain Marvel) et les X-Men (Tornade, le Fauve, Magie, les premiers X-Men - Scott Summers, Jean Grey, Bobby Drake, Warren Worthington III, Laura Kinney) sont appelés à la rescousse.
Mais qu'est-ce que le Vortex Noir ? Un miroir créé par un Céleste, légué au peuple Vikardi, qui permet à ceux qui s'y soumettent de devenir plus puissants, pour le meilleur et le pire...

Sam Humphries est donc aux commandes de ce crossover, avant de le partager avec les scénaristes des séries concernées (comme Brian Michael Bendis pour Les Gardiens... et les X-Men). L'idée n'est pas très originale : il s'agit de confronter une tripotée de héros et de vilains à un artefact cosmique capable d'en faire des êtres surpuissants, quitte à réveiller leur côté obscur.
Les méchants veulent en profiter pour se venger et dominer, les bons pour éviter cela. Mais parmi ces derniers, certains ont aussi envie de saisir l'opportunité d'accéder à une force supérieure pour être plus efficaces : c'est le point le plus intéressant car le plus équivoque.
Néanmoins, était-il nécessaire d'impliquer autant de personnages dans cette histoire ? Mr Knife, les Bouchers (qui deviennent les Saigneurs, après avoir succombé au Vortex Noir), Thane (le fils ridicule de Thanos), les Gardiens de la Galaxie, et un bon paquet de X-Men, ça fait beaucoup de monde - et la présence des mutants apparaît forcée (même si on devine que pour le Fauve, l'artefact représente un instrument tentant à bien des égards, en premier lieu pour corriger ses initiatives récentes, comme d'avoir ramené du passé les premiers X-Men).
Quoi qu'il en soit, l'épisode spécial (d'une trentaine de pages) qui noue les retrouvailles les Gardiens et les X-Men et présente leur affrontement contre Mr Knife, les Saigneurs et Thane manque d'intensité et s'avère presque dispensable, tout cela aurait pu être amené plus directement, sans passer par ce prologue.
Espérons que Bendis donnera plus de nerf à tout ça et surtout que le dénouement ne soit pas anecdotique (il semble que les Gardiens seront substantiellement impactés).

Graphiquement, Star-Lord est affreusement dessiné par Freddie Williams II et Paco Diaz (qui le supplée sur 8 pages). 
Ensuite, Ed McGuinness, en petite forme (22 pages), se partage l'épisode des Gardiens et des X-Men avec Kris Anka, lui aussi peu inspiré (8 pages). Ils ne sont pas aidés par une colorisation criarde de Marte Gracia et Marcelo Maiolo.

- Rocket Raccoon #7: Le Froid (1) (Skottie Young / Felipe Andrade) :

Rocket et Groot se sont échoués sur la planète Fron, au climat glaciaire. Après avoir été attaqués par des Nogu, des grands loups aux morsures empoisonnées, ils sont sauvés et recueillis par les indigènes peu hospitaliers. Mais Groot se meurt et Rocket doit, pour qu'il s'en sorte, voler le jaune d'oeuf de la reine Nogu...

Skottie Young nous embarque dans une nouvelle aventure en deux parties (suite et fin dans le prochain n°) à peine moins pétaradante que les précédentes : le suspense concernant l'état de Groot est vite installé et accroche le lecteur simplement. Le décor choisi, hostile au possible, participe aussi à l'efficacité du récit.

Pour les dessins, c'est Felipe Andrade (qui sera l'artiste régulier de la série lors de son relaunch) qui s'en occupe, toujours secondé par le coloriste Jean-François Beaulieu. Le résultat est superbe, moins cartoony qu'avec Jake Parker, mais aussi stylisé. 

- Nova #25 & 26 : Carte de membre & Regarde qui a pris le bus ! (Gerry Duggan / David Baldeon, John Timms) :

Carnage en a après Sam Alexander qui lui a avoué (lors de la saga Axis) qu'il était Nova. Alors que l'ado renoue avec une vie plus conforme à son âge, il doit repartir au combat contre cet adversaire...

Gerry Duggan conclut l'épisode spécial (le #25) et enchaîne avec une intrigue impliquant Carnage, un vilain issu de l'univers de Spider-Man. Les motivations du méchant pour qu'il s'en prenne au héros ne sont même pas définies, et la psychologie de Sam Alexander est sommairement traitée. C'est médiocre au possible.

Mais les dessins n'arrangent rien et laissent même pantois : si David Baldeon représente Sam comme un gamin à peine sorti de l'enfance, John Timms en fait un jeune homme qui paraît dix ans de plus ! Dans les deux cas, le trait est laid, et les couleurs de David Curiel sont vraiment dégueulasses.

J'ignore ce que donnera le relaunch de la série, mais ça ne sera pas difficile de faire mieux.

Bilan : holala... A part Rocket Raccoon, rien de bien fameux. Le crossover du Vortex Noir n'est guère prometteur, même si Bendis va sûrement relever le plat. Nova est toujours aussi affligeant. La seule consolation après une lecture aussi pauvre, c'est que la suite ne peut pas être pire.

vendredi 2 octobre 2015

LES COUVERTURES DU MOIS : OCTOBRE 2015

Un bon cru avec pas moins d'une quinzaine de couvertures pour des séries à paraître en ce mois d'Octobre 2015.
 Astro City #28
par Alex Ross
(DC Comics)
 Doctor Fate #5
par Sonny Liew
(DC Comics)
 Grayson #13
par Mikel Janin
(DC Comics)
 Harley Quinn & Power Girl #5
par Amanda Conner
(DC Comics)
 Superman #45
par John Romita Jr
(DC Comics)
 Twilight Children #1
par Darwyn Cooke
(DC Comics)
 Codename : Baboushka #1
par Tula Lotay
(Image Comics)
 Paper Girls #1
par Cliff Chiang
(Image Comics)
 Sex Criminals #15
par Chip Zdarsky
(Image Comics) 
 The Fade Out #10
par Sean Phillips
(Image Comics)
 Secret Wars : Agents of Atlas #1
par Leonard Kirk
(Marvel Comics)
 Captain America : Sam Wilson #1
par Daniel Acuña
(Marvel Comics)
 Karnak #1
par David Aja
(Marvel Comics)
 SHIELD #11
par Julian Totino Tedesco
(Marvel Comics)
Secret Wars : Thors #4
par Chris Sprouse
(Marvel Comics)

Critique 718 : SPIROU N° 4042 (30 Septembre 2015)


Le Marsupilami revient pour sa trentième aventure et a donc droit à la couverture : c'est parti pour six semaines qui ne me ravissent pas. Rob figure sur le bandeau.
 C'est Obion qui signe La Semaine de Spirou :
c'est triste à dire mais cet auteur 
devient aussi pénible, avec ses calembours, que Laurent Ruquier.

J'ai aimé (pas grand-chose, je le dis d'entrée, ce numéro est très faible) :

- Dad. Nob livre une planche plus tendre et ironique que vraiment drôle : sa série est un trésor, qui devrait inspirer d'autres auteurs. En plus de cette écriture subtile, j'apprécie aussi le fait que les dessins, pourtant entièrement réalisés à la tablette graphique, conservent une vraie personnalité (à des lieues de nullités comme Nelson).

- Seuls : Avant l'Enfant-Minuit (4/7). La situation continue à dégénérer pour les héros, entre Dodji qui sert d'appât pour capturer le Maître-Fou et Leïla gravement blessée par la bande de la 7ème famille...
Ce qui est étonnant avec cette série, c'est sa cruauté : Fabien Vehlmann n'hésite à infliger à ses héros de vraies épreuves et, à travers elles, à tester ses lecteurs. Ce n'est pas une histoire gentille, mais habilement habillée par le dessin de Bruno Gazzotti. Le procédé est malin et rend la lecture très accrocheuse.

- Boni : Zéro chance. Le bon point, c'est que Ian Fortin propose toujours des strips bien troussés, où son graphisme acidulé dissimule à peine, là aussi, une vraie cruauté. Le mauvais point, récurrent, c'est qu'il revient cycliquement aux mêmes seconds rôles (ici, Brigitte), annulant toute progression thématique. Frustrant.

- Rob. James et Boris Mirroir font référence aux lois de la robotique édictées par Isaac Asimov, une référence sophistiquée que ne se saisiront peut-être pas les plus jeunes lecteurs. Mais l'évolution de Rob, désormais animé de l'envie de supprimer Clutch dont il aime la fiancée, donne un regain d'intérêt à cette série inégale mais méritante.

- Happy Birds. Bon, cette semaine, Trondheim et Piette ne sont pas au top de leur forme, leurs trois strips sont moins percutants, mais pas de quoi les sanctionner sévèrement : ça reste très agréable et amusant.

- L'Atelier Mastodonte. Trondheim est seul aux commandes cette semaine et se fend d'un photo-montage en quatre bandes qui cible L'Atelier Colosse. C'est bien le seul atout de ce dernier titre que d'inspirer de bons gags à son concurrent (même si je persiste à penser que ce canular devrait vite se conclure : les private jokes amusent les auteurs, mais je crains qu'elles ne lassent les lecteurs à la longue - et là, ça commence à durer un peu trop).

- Tash & Trash. Dino est toujours égal dans l'humour absurde : c'est tellement atypique et brillant que je ne m'en lasse pas.

- Game Over. Le gag n'est pas extraordinaire, mais rien que pour la dernière case (qui est aussi la dernière bande), avec un jeu de lettrage assez épatant, il vaut le coup d'oeil.  

En direct de la rédak interroge Obion sur L'Atelier Colosse : de l'art d'insister lourdement sur un projet qui n'en a pas (plus) besoin. La semaine prochaine, la revue propose un numéro spécial consacré à la fête de la science.
Les aventures d'un journal revient sur le vingtième anniversaire en 2001 des Femmes en blanc, de Cauvin et Bercovici. Le pire dans tout ça, c'est que ça dure toujours...

Les abonnés ont droit à un guide spécial Québec, illustré par des artistes de la Belle Province (parmi lesquels Ian Fortin, Delaf & Dubuc, Denis Goulet...) : sympa. 

mercredi 30 septembre 2015

Critique 717 : THORGAL, TOMES 5 & 6 - AU-DELA DES OMBRES & LA CHUTE DE BREK ZARITH, de Jean Van Hamme et Grzegorz Rosinski


THORGAL : AU-DELA DES OMBRES est le cinquième tome de la série, écrit par Jean Van Hamme et dessiné par Grzegorz Rosinski, publié en 1983 par les Editions du Lombard.
Cette histoire fait directement suite à celle racontée dans le tome 4 (La Galère noire).
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Durement éprouvé par la perte de son épouse Aaricia, Thorgal, un an après, est devenu une loque même si la jeune et belle Shaniah, qui l'aime toujours, l'accompagne encore. 
Un homme les aborde et, avec un complice, les conduit jusqu'à un site de monuments mégalithiques, point de départ pour accéder au delà du deuxième monde où Thorgal pourrait sauver Aaricia, prisonnière du roi de Brek Zarith, Shadar. Le prince Galathorn compte sur le viking fils des étoiles pour renverser ce monarque vieillissant et tyrannique.
Shaniah suit, contre ses ordres, Thorgal dans son périple qui traverse l'espace et remonte le temps et au cours duquel il croise à nouveau la gardienne des clés (rencontrée dans le tome 3, Les trois vieillards du pays d'Aran) puis la Mort elle-même.
Pour épargner Aaricia, Thorgal doit sacrifier la vie d'un inconnu. Il ne peut s'y résoudre et Shaniah le fait à sa place, ignorant qu'elle va payer très cher son geste, mais permettant à celui qu'elle aimait de recouvrer la liberté et de poursuivre sa quête.

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THORGAL : LA CHUTE DE BREK ZARITH est le sixième tome de la série, écrit par Jean Van Hamme et dessiné par Grzegorz Rosinski, publié en 1984 par les Editions du Lombard.
Cet album conclut l'histoire débutée dans le tome 4 (La Galère noire) et poursuivie dans le tome 5 (Au-delà des ombres). C'est la fin du premier cycle de la série.
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Aaricia est donc la captive du roi de Brek Zarith, Shadar, dont la cour dépravée complote contre lui. Grâce aux incantations de son prêtre Helgith mais aussi grâce au pouvoir de Jolan, l'enfant d'Aaricia et Thorgal, le monarque n'ignore rien de ses sujets ni de la progression des vikings de Jorund (voir les tomes 1 et 2, La Magicienne trahie et L'Île des mers gelées) et de l'armée levée par Galathorn (voir les tomes 4, La Galère Noire, et 5, Au-delà des ombres) vers son château. Pourtant, les prophéties l'incitent davantage à se méfier d'un homme seul : Thorgal.
Dans un premier temps, Shadar repousse les drakkars de Jorund puis semble se résigner à la défaite quand il apprend que Thorgal s'est introduit dans sa forteresse. Il empoisonne alors tous ses sujets et gardes pour s'enfuir avec Aaricia et Jolan.
Thorgal le poursuit, laissant Jorund et Galathorn se partager l'or et le trône de Brek Zarith. Au terme de cette aventure, le couple et leur enfant refusent de rester dans ce domaine plus longtemps, préférant profiter de leur liberté, loin de la folie des hommes.

Même si ce n'est pas formulé explicitement, ces deux tomes concluent le premier cycle des aventures de Thorgal en dénouant les intrigues débutées dès le tome 1 et surtout développées depuis le tome 4. Jean Van Hamme boucle ce premier acte en beauté, donnant à la série une dimension épique plus ambitieuse qu'on ne l'aurait présumé.

Encore une fois, je commencerai par parler des dessins de Rosinski qui sont sensationnels. Il suffit pour s'en convaincre d'admirer les couvertures, sublimes, de ces épisodes (et de la série en général). 

Les pages intérieures sont désormais le produit d'un artiste en pleine possession de ses moyens, maîtrisant parfaitement sa discipline : le découpage ne souffre plus d'aucune faiblesse, Rosinski dispose ses cases de manière simple et en nombre limité (cinq ou sept en moyenne), ce qui aboutit à une narration aérée, fluide, mais où chaque plan est très élaboré. Les jeux d'ombre et de lumière sont splendides, soutenus par une colorisation qui ose des contrastes audacieux (même si une édition de la série en noir et blanc serait l'occasion d'apprécier encore mieux le dessin de Rosinski).

Le degré de détail de chaque décor, aussi bien en intérieur qu'en extérieur, est poussé, et le trait ouvragé évoque les gravures de Gustave Doré ou Albrecht Dürer, avec des effets de texture saisissants quand il s'agit de représenter la crasse d'un village, d'une taverne, l'usure des pierres de monuments mégalithiques, la luxuriance de la végétation, la taille imposante d'un château au sommet d'une falaise. Rosinski soigne ses images et on est d'autant plus épaté par ses efforts qu'il obtient ce résultat en maintenant un rythme soutenu dans la réalisation des albums.

Les personnages sont également superbement campés et l'artiste est autant à son avantage quand il s'agit d'animer le héros qui renaît (Thorgal) que le régent déchu (Shadar). Ses femmes sont toutes d'une beauté ensorcelante (Aaricia, la gardienne des clés), sans se résumer à cela (ainsi le destin de Shaniah dégage une intensité poignante).

Avec un partenaire aussi solide, Jean Van Hamme pourrait se reposer et dérouler des histoires moins puissantes que leurs illustrations. Mais le scénariste sait proposer des récits (encore) très originaux et efficaces : Au-delà des ombres se distingue par son mysticisme envoûtant, son ambiance prenante, son issue tragique, tandis que La chute de Brek Zarith est un pur divertissement, riche en rebondissements, avec une utilisation habile des clichés propres au genre de l'heroïc fantasy (forteresse isolée, courtisans décadents, passages secrets, souterrains dangereux) .

La façon dont Van Hamme emploie des éléments fantastiques est bien dosé, ce qui ajoute à l'étrange beauté de la série. Par la suite, l'auteur soulignera cela, avec encore beaucoup d'à-propos (l'addition de Jolan au couple de Thorgal et Aaricia sera déterminant à cet égard), aboutissant même à un mix étonnant d'aventures historiques et de pure science-fiction.

Dans les prochains tomes, la série connaît une brève phase de transition, avec deux histoires atypiques (dont l'une qui précisera les origines du héros), avant de s'engager dans une nouvelle saga (le cycle Qâ).