mardi 14 août 2012

LUMIERE SUR... JOE KUBERT

Joe Kubert (1926-2012)

Joe Kubert est mort Dimanche 12 Août 2012 à l'âge de 85 ans.
Scénariste, dessinateur, encreur, lettreur, cover-artist, enseignant.

Les héros DC entourent un de leurs plus grands dessinateurs.

Le Sergent Rock salue son animateur.


The Seven Soldiers of Victory
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Quelques couvertures mémorables
(sélectionnées par Brian Cronin) :





















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Et quelques planches d'Enemy Ace (1968)
pour admirer son storytelling si efficace :







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L'hommage de Darwyn Cooke
L'hommage de Francesco Francavilla.

samedi 11 août 2012

Critique 343 : X-MEN - KITTY PRYDE : SHADOW & FLAME, d'Akira Yoshida et Paul Smith


X-Men : Kitty Pryde - Shadow and Flame est une mini-série écrite par Akira Yoshida et dessinée par Paul Smith, publiée en 2006 par Marvel Comics. Ce récit complet se situe chronologiquement après le deuxième tome d'Astonishing X-Men (Dangerous) de Joss Whedon et John Cassaday, même si cette référence n'est pas obligatoire pour comprendre l'histoire. 
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Kitty Pryde reçoit à L'institut Xavier un message en provenance du Japon l'invitant à s'y rendre seule avec son dragon Lockheed. Une photo est jointe avec un dragon vert, l'ancienne "compagne" de Lockheed.
Sur place, Kitty Pryde est accueilli par Ryoko Oshiba des services secrets japonais, d'un département chargé des affaires paranormales. Mais il s'avère que le message ne provient pas du J.D.S.S. quand Kitty est agressée par des ninjas qui ne font cependant pas partie de l'organisation criminelle de la Main mais du Sentier de la Destiné, un groupe rival dont l'ancien leader était Ogun, un ancien adversaire de Wolverine et Kitty.
Pour obliger Kitty à devenir leur nouveau chef, Lockheed est empoisonné. Mais la jeune mutante refuse ce poste et, pour sauver son dragon (et récupérer l'autre bestiole verte, prisonnière des ninjas du Sentier), elle conclut un marché : dérober au Samouraï d'Argent son sabre (un des cinq épées secrètes du royaume).
Kitty devra ruser pour à la fois commettre ce larcin, deviner ce que trame vraiment le JDSS et contrecarrer les plans du Sentier de la Destinée, tout en faisant face à de vieux démons personnels.
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L'histoire imaginée par Akira Yoshida possède un charme désuet, à l'ancienne, comme pouvait en écrire Chris Claremont, mais non exempt d'intensité. Ce qui séduit d'abord dans ce récit, c'est sa simplicité, ses rebondissements bien alignés aboutissant à un final raisonnablement spectaculaire, mais le tout est efficace, se lit rapidement.
Les fils de l'intrigue ne sont pas complexes, mais réservent quelques bonnes petites surprises. Cette légèreté assumée a quelque chose de très rafraîchissant, humble, qui fait à la fois sa force et sa faiblesse (car on devine rapidement que ça n'ira pas très haut).
Le livre aurait certainement pu être plus ceci, ou plus cela, il manque un peu de chair, de morceaux de bravoure, c'est évident. Mais on ne s'ennuie pas une seconde en le lisant, et même si le projet a été lancé pour surfer sur le succès du run de Whedon et Cassaday sur Astonishing X-Men, il possède son identité propre, sans faire de références directes aux aventures des autres X-Men (tout juste Yoshida évoque-t-il avec Ogun un ancien ennemi ayant éprouvé Kitty et Wolverine, mais ce n'est pas gênant pour comprendre l'essentiel). Il n'y a d'ailleurs pas de guest-stars, pas d'autres mutants dans les environs, et l'intrigue ne s'appuie pas sur une énième fin du monde dont la solution dépend de l'héroïne.
L'héroïne, justement, parlons-en : de toutes les créatures créées par Chris Claremont, Kitty Pryde est une des plus attachantes, ses fans peuvent même affirmer qu'elle est devenue l'âme des X-Men depuis son apparition au cours de la mythique saga du Phénix Noir. Beaucoup de lecteurs ont grandi avec elle, en commençant à lire Spécial Strange à 13 ans, l'âge où elle a intégré l'institut Charles Xavier. La jeune fille gauche, amoureuse de Colossus, puis membre d'Excalibur, est aujourd'hui une jeune femme qui fait partie des enseignants de son école (voir la série Wolverine & the X-Men). C'est une des héroïnes les plus sympathiques de Marvel, et comme il est rare que la Maison des Idées offre une (mini) série à une femme (quand DC a réussi à en imposer beaucoup), c'est appréciable.
Yoshida la traite avec finesse, lui conservant sa jeunesse, sa féminité, et son caractère à la fois battant et rusé. La série met d'ailleurs à l'honneur un casting essentiellement composé de filles, avec Ryoko l'agent du JDSS, Nao, la leader du Sentier de la Destinée, ou le dragon femelle à l'origine de l'histoire.
C'est dépaysant, et la lecture est délicieuse.
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Shadow and Flame a aussi ce côté "old school" grâce à son look. Il est dû au dessin du trop rare mais toujours parfait Paul Smith.
Son trait en ligne claire, élégantissime, et son découpage si fluide tranche là aussi avec les styles plus agressifs et ostentatoires de bien des graphistes actuels. Admirez la force de chaque image, la luminosité, la concision de chaque plan, rien n'est en trop ici, Smith fuit les effets tape-à-l'oeil, dévolu au service de l'histoire sans jamais sacrifier à la beauté.
Smith a connu le succès avec son run, éphémère mais mémorable sur Uncanny X-Men (où il succéda à Byrne et Cockrum pendant un an), et il maîtrise parfaitement le personnage de Kitty, que personne n'a jamais mieux dessiné que lui. Mais il n'en fait pas qu'une jolie fille : il lui donne une expressivité remarquable, la rendant crédible dans les scènes d'action, dans l'effort. Chacune de ses émotions est traduite, elle est à la fois méfiante, forte, en colère... Et ce souci de ne pas seulement flatter son personnage principal, sans sombrer dans la caricature inverse de l'héroïne virilisée ou sexualisée à outrance, est particulièrement méritoire.
Allez, pour le plaisir des yeux, quelques pages pour apprécier le storytelling impeccable et Kitty en action :







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La combinaison de la narration classique de Yoshida et de l'élégance visuelle de Smith est parfaite, on croirait que le livre a été écrit et illustré par une seule personne. Cette cohérence et cette efficacité aboutit à un résultat qui, sans être renversant, est extrèmement récréatif.

mardi 7 août 2012

Critique 342 : RICHARD STARK' S PARKER - BOOK 3 : THE SCORE, de Darwyn Cooke


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Un théâtre de papier...

13 Avril 1964. Le voleur Parker quitte son hôtel. Un homme discret et quelconque le prend en filature. Parker le piège et après l'avoir désarmé alors qu'il avait dégainé un couteau à cran d'arrêt, il le tue. Mais il regrette son geste car, après lui avoir fait les poches, il n'en sait pas beaucoup plus sinon que son suiveur s'appelait Howard Owen.
Les dangers d'une filature...

Quelques jours avant, Parker se reposait sur une plage de Miami en compagnie d'une jolie blonde quand il a reçu un coup de téléphone de Joe Sheer qui avait obtenu son numéro par un certain Paulus. Sheer sollicitait Parker pour un casse, la spécialité de notre homme, qui accepta de se déplacer même s'il n'avait pas actuellement besoin d'argent mais parce qu'il commençait à s'ennuyer.
A Jersey City, Parker fait donc connaissance avec Edgars que lui présente Paulus. Même s'il est d'abord réticent à travailler avec un amateur, le fait que des complices comme Grofield et Wycza, des hommes en qui il a toute confiance, incite à réfléchir à un coup d'envergure. En effet, il s'agit de voler une ville entière de 2 600 habitants, Copper Canyon, où est exploitée une mine, avec sa banque, sa bijouterie et ses commerces, en coupant tous ses moyens de communication avec l'extérieur et en neutralisant son poste de police et sa caserne de pompiers.
Pour remplir cette mission, à la fois insensée et excitante, Parker rassemble une douzaine d'hommes et élabore un plan parfait.
Vraiment parfait ? Sauf que Parker a raison de ne pas aimer travailler avec des amateurs, qui ont toujours quelque chose à cacher...
Un gang aguerri...

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Qui serait assez fou pour piller une ville entière ?

Avec les deux premières réussites étincelantes que furent The Hunter et The Outfit, Darwyn Cooke a prouvé qu'il avait parfaitement capté l'essence des aventures de Parker, le voleur implacable créé par Donald Westlake sous le pseudo de Richard Stark. L'intelligence de l'auteur de La Nouvelle Frontière a été à la fois de respecter la personnalité à la fois brutale et acéré de cet anti-héros, aussi expéditif avec ses ennemis que méticuleux pour effectuer ses braquages, ne craignant rien ni personne, et de retranscrire les hold-ups incroyablement audacieux en images, avec des trouvailles narratives et visuelles jubilatoires et bluffantes.

En choisissant The Score pour son troisième opus (d'une collection qui devrait en compter cinq plus un one-shot plus bref), Darwyn Cooke a résolument opté pour un matériau moins ambitieux, comme s'il refusait la surenchère dans la sophistication formelle, voulait revenir aux basiques, et faire apprécier le simple plaisir d'une histoire de gangsters face à un casse délirant. Autrement dit, Cooke a jeté son dévolu sur un roman dont l'intérêt est d'abord l'histoire plutôt que les personnages.

Cette décision pourra en décevoir certains, surtout après le feu d'artifices que fut The Outfit, avec ses astuces esthétiques et dramaturgiques. Mais il était aussi sans doute temps d'avancer et de creuser une autre piste, en montrant Parker à l'oeuvre, détaché de sa confrontation avec l'Organisation, ses cadres. En même temps, Cooke pouvait distribuer d'autres cartes, The Score fournissant une galerie de seconds rôles étoffant l'entourage de Parker - même s'il s'agit davantage de figurants, d'hommes de mains : comme par un mouvement de balancier, après avoir été présenté comme un franc-tireur face à un syndicat criminel tout puissant, cette histoire montre Parker comme chef de bande, à son tour comme le cadre d'une équipe, dirigeant une affaire, des associés. Le desperado est devenu un patron à son tour.

Mais il doit négocier un projet fou puisqu'en une nuit, sa fine équipe doit détrousser un patelin entier - projet qui plus est amené sur un plateau par un amateur dont on découvrira que les motivations ne sont pas que liés à l'argent.

Une opération menée avec une précision infaillible.

Ce qui sidère avec Cooke, et ce troisième tome, c'est finalement à quel point l'artiste et son personnage se ressemblent (presque) : comme Parker, celui qui signe ses dessins de son prénom, Darwyn, oeuvre avec un professionnalisme et une efficacité sans faille.

Comme Parker, Cooke vise l'économie de moyens, dose ses effets, privilégie la simplicité, et affiche une aisance presque insolente pour aboutir à ce livre. Il relate avec clarté et fluidité la préparation du casse (pourtant d'abord considéré comme de la science-fiction, mais dont la difficulté motive Parker comme un défi à relever), son déroulement, puis quand il dérape et que le gang doit alors composer avec l'imprévu (imprévu qui est là encore présenté comme un défi supplémentaire, une motivation en bonus). L'histoire ne s'arrête pas là : tout le dernier chapitre montre l'après, quand les braqueurs doivent rester terrer dans leur planque alors que la traque menée par la police est lancée, que la tension gagne ces hommes contraints de se cacher, qu'il faut composer avec les plus impatients (quitte à prendre des mesures extrêmes et dramatiques), et enfin, une fois la voie libre, le butin partagé, le groupe dispersé, la manière dont Parker clôt son aventure (fidèle à lui-même, on ne sait jamais s'il va tuer le dernier témoin ou l'épargner pour son plaisir personnel).  

Cette maîtrise dans la narration et l'élégance formelle de son illustration sont toujours aussi impressionnantes, comme si Cooke écrivait et dessinait cela sans difficulté.

Même si, donc, cette fois, en plus d'être plus court que les deux précédents tomes (une vingtaine de pages en moins), The Score est plus "story-driven" (conduit par l'histoire) que "character-driven" (conduit par les personnages), il réserve quand même une surprise de taille puisque Parker est quasiment éclipsé par un autre acteur. Acteur, c'est d'ailleurs le mot qui convient puisqu'il s'agit d'Alan Grofield : déjà présent dans The Outfit, ce voleur qui se rêve en comédien, à la fois charmeur et cabotin, est l'opposé de Parker. Il dispose d'un physique avantageux et d'un caractère fantasque qui en fait le complèment idéal à cette lame de couteau taciturne et violente qu'est Parker. Cooke souligne ce contraste avec une gourmandise évidente, confirmant qu'il a choisi d'adapter ce roman en grande partie pour pouvoir à nouveau animer le personnage de Grofield, pour lequel il s'est inspiré de Burt Lancaster (confidences faîtes au site www.violentworldofparker.com dans une interview passionnante et très longue où il évoque la série, les titres déjà réalisés, les prochains en projet, ses références cinématographiques et bédestiques). Cela donne une légèreté, un humour irrésistible à The Score, et permet au passage à Cooke des séquences magnifiques, décalées (comme lorsqu'il parle de la musique avec laquelle Grofied accompagne ses actions - voir la planche ci-dessous - ou quand il s'envoie en l'air avec une responsable de la téléphonie de Copper Canyon - qu'il finira par emmener avec lui en fuyant - , ce qui a le don d'exaspérer - au bas mot - Parker).

Comme il est impossible de ne pas être séduit par Grofield, il est vain de ne pas succomber au swing de The Score, qui est un livre qu'on ne peut littéralement plus lâcher une fois qu'on l'a commencé. Qu'importe alors, en vérité, qu'il soit moins sophistiqué, renversant, ou plus linéaire, classique, que The Hunter ou The Outfit, c'est un "page-turner" imparable, divertissant, euphorisant. Et si on peut en sortir un peu frustré, c'est sans doute la meilleure preuve de sa réussite. Quand on en veut plus, n'est-ce pas le signe qu'on a été complètement happé ?
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La partie strictement graphique de The Score réserve une autre surprise (que ne révèle pas les scans de planches que j'ai pu trouvés et avec lesquels j'ai illustrés cet article) puisqu'en plus du  noir et blanc, Cooke a abandonné le bleu qui les accompagnés par de l'orange. C'est de prime abord déroutant là encore, mais cela se justifie par le fait que la majeure partie de l'action se déroule en journée, dans une région ensoleillée, et où la chaleur joue un rôle important (notamment sur les nerfs des protagonistes). Les effets qui en sont tirés sont intelligemment exploités, notamment quand la situation dégénère et qu'une série d'explosions va illuminer le théâtre des opérations (je reste allusif pour ne pas gâcher la surprise...).

Par ailleurs, encore plus que dans les deux tomes précédents, le lecteur pourra se régaler avec la représentation des années 50 que livre Cooke : on s'y croirait tant la précision avec laquelle il dessine les accessoires, les véhicules, les vêtements, les décors d'époque est impressionnante de réalisme.

Un détail par-ci (le réveil Travelux), une référence cinéphile par-là (l'affiche du film Un monde fou, fou, fou de Stanley Kramer - qui raconte comment un gangster avant de mourir révèle à un groupe de personnes qu'il a caché un magot, déclenchant une folle course-poursuite), le nom d'une compagnie de téléphone, les imprimés sur les rideaux, les stations-services Ekonomee... Et aussi bien sûr les somptueuses tenues et coiffures des femmes !
Jean, la maîtresse d'Edgars.

Mais tout cela ne serait que joli si ce n'était pas surtout si bien conduit dans l'art séquentiel. Si vous ignorez qu'il s'agit d'une adaptation d'un roman, c'est impossible de le deviner, la transposition étant si raffinée, subtile qu'elle est indécelable. Ce n'est pas un roman mis en images, mais une vraie bande dessinée dont l'auteur exploite parfaitement le langage qui lui est propre. Pas de pavé de texte indigeste, pas de dialogue ampoulé, d'attitude forcée, mais une fluidité diabolique pour passer de l'action au dialogue, pour ménager le tempo entre nervosité et calme : magistral comme une leçon de storytelling prodiguée par un grand maître.

Cooke sait donner une respiration naturelle et régulière au récit : ainsi chaque échange, entre deux ou plusieurs personnages, est mis en scène dans un cadre particulier, ce qui le valorise, le distingue, le rend mémorable.

Pour son casting, Cooke procède de la même manière en s'amusant, ici, à donner aux membres du gang le visage de plusieurs de ses amis, dont certains sont des confrères (comme Jim Steranko, Dave Johnson, Phil Noto, Frank Tieri, Jimmy Palmiotti...). Pour l'anecdote, il a aussi avoué que les modèles de Parker étaient à la fois Jack Palance et Michel Constantin (dans le film Mise à sac).

Michel Constantin dans Mise à sac.

Et par ailleurs, il sait parfaitement doser ses effets, insufflant une énergie "Kirby-esque" quand cela s'emballe, et lever le pied quand c'est nécessaire. 

Darwyn Cooke a, avec les années, su crééer un style graphique unique, à la fois référencé (Bruce Timm, Jack Kirby), influencé par les films des années 50 (mélange de naturalisme et d'expresssionnisme), avec des traits simples, des espaces aérés, des poses étudiées, où la lisibilité est au coeur de son travail. Ce curieux mélange de spontanéité et de maniérisme, de modernité et de rétro, permet à ses comics d'être attrayants aussi bien pour un oeil exercé (qui savourera la maîtrise et l'exigence de l'artiste) que pour un lecteur moins expérimenté (qui trouvera dans cette simplicité de la cohérence et du dynamisme).
les bandes-son de Grofield.
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The Score, par son classicime, est en fait une mécanique d'horlogerie, une partition précise, qui est typique de Donald Westlake (c'est également vrai avec les aventures plus loufoques de son autre héros, John Dortmunder) : l'inventivité de ses intrigues, l'équilibre entre le rocambolesque et la crédibilité, tout ça forme la base d'un divertissement qui réussit à être plausible et d'une histoire sombre qui n'oublie pas d'être plaisante.

Portrait de Donald Westlake/Richard Stark par Darwyn Cooke.

Pour être au niveau de cet auteur, Cooke a toujours sur fournir des réponses visuelles élégantes et efficaces et adapter les intrigues en leur conservant leur aspect possible à défaut d'être réaliste (mais c'est tout l'art de raconter des histoires). Bien malin qui peut en deviner le terme, et très fort celui qui peut chipoter devant une telle démonstration.

Bien entendu, l'effet de surprise a désormais disparu, et le challenge pour Cooke est de continuer à adapter ces romans tout en maintenant à ses comics un standard de qualité élevé. The Score laisse, indubitablement, un goût de trop peu parce qu'il est plus court, plus convenu, classique, linéaire...

Mais le résultat est suffisamment savoureux, soigné, palpitant pour que le plaisir l'emporte sur la déception (déception de lecteur gâté en vérité). Peu de comics possèdent autant de qualité, sont réalisés avec un tel talent.

Et l'avenir est prometteur puisque le prochain tome sera inspiré par The Handle : un casse spectaculaire sur une île... Rendez-vous l'an prochain !

dimanche 5 août 2012

Critique 341 : DAREDEVIL, VOL. 2, de Mark Waid et Paolo Rivera, Emma Rios, Kano, Koi Pham

Daredevil, Volume 2 rassemble les épisodes 7 à 10 et 10.1 de la série et l'épisode 677 d'Amazing Spider-Man écrits par Mark Waid, publiés par Marvel Comics en 2011-2012. Les dessins sont signés Paolo Rivera (#7, 9 et 10), Emma Rios (Amazing Spider-Man #677), Kano (#8) et Koi Pham (#10.1). 
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L'homme sans peur va vivre trois nouvelles aventures dans ce 2ème album :
Quelles informations précises contient l'Omega Drive
convoîté par les 5 plus puissantes organisations criminelles ?


On fête Noël chez Nelson & Murdock, et
Matt et Kirsten McDuffie flirtent...

Tout d'abord, Matt Murdock est obligé de reporter un rendez-vous galant avec l'assistante du procureur, Kirsten McDuffie, car il accompagne une classe d'enfants non-voyants pour une sortie à Noël. Un accident de la route va les obliger à défier une nature hostile pour s'en sortir : une épreuve aussi bien pour Daredevil, dans un environnement qu'il ne connaît pas, que pour ses protégés...
Daredevil et Spider-Man font équipe 
pour aider Black Cat... 

Puis, Spider-Man demande de l'aide à Daredevil car Black Cat est accusée d'un cambriolage chez Horizon Labs (où travaille Peter Parker). Cependant, l'affaire se révèle vite plus complexe qu'il n'y paraît - d'ailleurs l'illusion est au centre de l'intrigue puisque l'objet volé est un créateur d'hologrammes...
... Mais la Chatte Noire est-elle vraiment
innocente ? Ou manipule-t-elle Daredevil ?

En tout cas, la situation prend une tournure
déplaisante pour le Tisseur...

En effet, ce cambriolage est une ruse pour permettre à Black Cat, recrutée par l'organisation Black Spectre, de séduire Daredevil et de tenter de lui dérober l'Omega Drive, ce disque dur contenant des informations secrètes et convoîté aussi par l'A.I.M., l'Hydra, l'Empire Secret et l'Agence Byzantine.   


Daredevil va défier l'Homme-Taupe sur son terrain :
une aventure aux tréfonds de la terre et de l'âme...

Black Cat libre, Daredevil est prévenu par Foggy Nelson qu'un glissement de terrain a englouti tous les cercueils, y compris celui de son père "Battlin' Jack" Murdock, dans le cimetière où il reposait. Le héros est obligé, à nouveau, d'explorer une zone qu'il ne connaît pas : les entraîlles de la ville, là où l'Homme-Taupe, responsable de cette profanation, règne avec ses moloïdes. Ce voyage prend alors un double sens car il s'agit à la fois de descendre dans les profondeurs terrestres mais aussi pour celles de l'âme, en s'interrogeant pour les deux adversaires sur la notion de deuil.
Black Cat va-t-elle trahir Daredevil ?

En l'absence de Daredevil, Black Cat peut inspecter le domicile de Matt Murdock où elle trouve l'Omega Drive. Achèvera-t-elle sa mission en trompant le justicier qu'elle a charmé ?

La somptueuse dernière couverture
signée Marcos Martin.

Réponse dans le dernier volet de ce 2ème acte où Matt Murdock, après une visite à un détenu qui a attaqué son cabinet, découvre qu'il a agi pour un contrat lancé par le Black Spectre. De quoi fournir à Daredevil le moyen de mettre une nouvelle fois en garde les cinq organisations criminelles contre toute tentative de s'en prendre à lui ou ses proches...
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Après un premier tome exaltant où il a réussi à relancer la série en lui donnant une autre tonalité, ce deuxième volume du Daredevil écrit par Mark Waid était attendu au tournant. Allait-il transformer l'essai ? Et si, oui dans quelle direction ?
Le scénariste marque d'abord une pause dans l'intrigue initiée au 4ème épisode (l'affaire de l'Omega Drive) avec un one-shot magnifique où il envoie Murdock et une classe d'enfants aveugles à l'extérieur de la ville à l'occasion de Noël. La sortie va connaître une péripétie qui éprouve tout le monde et soudera finalement le groupe. Cet épisode (le #7), récompensé récemment aux Eisner Awards, est un parfait concentré de ce qu'a entrepris Waid en reprenant la série : il envoie son héros dans un environnement qu'il connaît peu ou pas, où ses capacités surhumaines ne lui sont pas d'une grande aide, et où il doit aussi sauver d'autres personnes, aussi handicapés que lui. L'histoire a l'efficacité et la beauté d'une fable, avec sa morale sur la solidarité et le courage.

Ensuite, à l'occasion d'un crossover avec la série Amazing Spider-Man (pour lequel Dan Slott s'est temporairement éclipsé), Waid réunit deux justiciers habitués à collaborer puisque DD retrouve Spider-Man. Black Cat est accusée d'un vol, dont elle est d'ailleurs coupable. L'objet du délit est symbolique puisqu'il s'agit d'un générateur d'hologrammes, un engin à même de troubler l'homme sans peur comme le tisseur, mais qui est aussi là pour nous prévenir que rien, dans cette histoire, n'est ce qu'il paraît être.
En effet, l'affaire se révèle rapidement plus complexe et perverse, et la duplicité de Black Cat encore plus grande : elle a accepté de voler le créateur d'hologrammes et d'être arrêtée pour mieux approcher Daredevil et découvrir où il cache l'Omega Drive. Un agent du Black Spectre l'a recruté, et l'on comprend qu'après l'union des organisations criminelles (AIM, Hydra, Empire Secret, Agence Byzantine) dans l'arc précédent, une faille apparaît.
Waid traîte ce récit dans les règles de l'art, avec de l'action, une enquête, et des surprises, mais surtout beaucoup d'humour - voir la réaction de l'homme-araignée quand il surprend, à leur insu, DD et Black Cat s'embrasser langoureusement ("Je crois que c'est mon origine de super-vilain", réplique irrésistible).

Puis une nouvelle aventure appelle Daredevil et va le conduire encore une fois en terrain peu familier, très hostile, face à un adversaire inattendu et retors : l'Homme-Taupe. La volonté de Waid d'opposer le diable rouge à des ennemis inédits se confirme (après Klaw dans le vol. 1). Mais ce n'est pas pour le simple plaisir d'étonner : il s'agit aussi de trouver des vilains dont les capacités et les tourments correspondent à ceux de Daredevil. Le mobile de l'Homme-Taupe pour profaner un cimetière entier est certes glauque mais aussi d'un romantisme morbide et conduira le méchant et le bon à accepter, dans la douleur, de faire le deuil de très proches.
L'intelligence avec laquelle Waid manie ces concepts tout en les intégrant à des aventures rythmées, épiques, surprenantes, est un modèle du genre et confirme à quel point, en une poignée d'épisodes il a su redynamiser la série, son héros, son univers.
Il n'oublie pas de clore, en chemin, la mission de Black Cat, de façon tout aussi adroite.

Enfin, en guise d'épilogue, nous avons droit à un épisode ".1", initiative lancée par Marvel pour permettre à de potentiels nouveaux lecteurs de prendre le train en route sans être perdu. Le scénariste s'acquitte honorablement de cette tâche (qui n'était cependant pas bien utile : après seulement dix épisodes, n'importe qui aurait été capable de comprendre où on en était).
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Le premier volume tirait aussi parti de sa cohérence graphique, avec seulement deux dessinateurs réalisant chacun trois épisodes d'affilée. Le départ soudain de Marcos Martin (qui aurait un projet en creator-owned chez Image, écrit par Brian K. Vaughan - même si, depuis, rien n'a filtré) a rebattu les cartes et visiblement obligé l'équipe éditoriale à improviser.
Paolo Rivera (toujours encré par son père Joe) dessine trois épisodes et autant de (magnifiques) couvertures. Son travail, notamment, sur le dyptique impliquant l'Homme-Taupe, est extraordinaire : il s'est inspiré de Gustave Doré et représente les catacombes de manière saisissante, mais réussit aussi une fabuleuse bagarre entre DD et son adversaire dans une vallée de diamants. Magistral.

Puis Emma Rios illustre l'épisode de Spider-Man : son style vif est très original et pourra dérouter certains, mais elle utilise des effets d'encrage incroyables qui donnent un vrai mouvement aux scènes d'acrobaties de deux justiciers.

Kano, artiste espagnol trop rare et trop souvent cantonné à des intérims, lui succède à l'épisode #8. Ses planches, élégantes, au découpage à la fois simple et inventif, évoquent la période où John Romita Jr dessinait les aventures de DD, encré par l'immense Al Williamson. On aurait pu penser que Marvel tenait là le nouveau suppléant à Rivera, mais non (en fait, c'est le non moins excellent Chris Samnee qui remplira ce rôle et deviendra même l'artiste à temps plein de la série)...

La présence de Koi Pham pour l'épisode #10.1 n'est pas une bonne nouvelle, c'est même une faute de goût tant il n'est pas au niveau des autres. Sa copie est tout juste passable, voire bâclée par endroits (lui, reviendra pour un prochain épisode, mais heureusement Marvel s'est rendu compte que c'est une erreur de casting). Regrettable méprise, surtout que la couverture de cet épisode, splendide, est un montage de teasers réalisé par Marcos Martin.
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Malgré quelques inégalités visuelles, ce deuxième tome confirme quand même tout le bien qu'on peut penser du relaunch dirigé par Mark Waid, très inspiré. Le fil rouge de l'Omega Drive n'a pas fini d'animer la série, qui s'impose vraiment comme une grande réussite récente de Marvel.   

mercredi 1 août 2012

Critiques 340 : REVUES VF AOÛT 2012

DC Saga 2 :

Justice League (#3 : Aux origines) continue d'opposer l'équipe en pleine formation à la horde de paradémons lâchés sur terre par Darkseid. Wonder Woman vient prêter main forte aux quatre garçons déjà en action (Batman, Green Lantern, Flash et Superman). Pendant ce temps, Silas Stone tente de sauver son fils Victor, aux laboratoires STAR, en lui greffant une armure...

Tout ça continue à ne pas être bien fameux : Geoff Johns a été plus inspiré par le passé et semble développer son histoire en y injectant un nouveau personnage à chaque épisode tout en se moquant d'entretenir le suspense (on a deviné depuis longtemps qui est le vilain). De plus, pour ne rien arranger, ses dialogues sont affligeants, au coeur de scènes qui auraient gagné à être zappées (franchement consacrer 5 pages pour présenter Wonder Woman...), et la caractérisation des "leaguers" est uniforme (tous de grandes gueules insupportables). 
Comment ne s'ennuie-t-on pas ? Parce que ça se lit vite. Il y a du rythme, c'est certain, mais davantage parce qu'il n'y a pas grand'chose à lire que parce qu'on est entraîné par les rebondissements téléphonés (devinez qui apparaît à la fin ?).

Jim Lee est, lui aussi, en roue libre. Faute d'un script solide, il délivre des planches à sa façon, explosives et surchargées (3 splash, une double page). Qui plus est ses personnages commencent furieusement à tous se ressembler (même Wonder Woman a des traits anguleux) et ne brillent pas par leur expressivité. C'est efficace mais narrativement quand même très pauvre.

A mi-parcours, cet arc inaugural est de moins en moins passionnant.
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Superman (#3 : Un jour glacial en enfer... Bon Dieu, ce titre semble copié sur un direct-to-video !) : quelle surprise, Superman affronte cette fois une créature incarnant la glace. Mais avant ça, au Daily Planet, une proposition d'article sur l'homme d'acier fait polémique au sein de la rédaction. Et Clark Kent se receuille sur la tombe de ses parents...

George Pérez ronronne toujours autant avec cette série qu'il mène à un rythme de sénateur, à coup d'ennemis convenus et sans envergure (l'issue du combat ne fait jamais de doute, et le combat lui-même met 11 pages - sur 20 ! - à arriver). Il ne faut pas se réfugier derrière l'argument d'une narration "old school" : c'est mal écrit, sans imagination, indigne du héros. C'est mauvais.

Plus positive est la présence au dessin de Nicola Scott, qui, sans être renversante, a quand même un trait plus élégant et travaillé que Merino repassant sur le découpage de Pérez. Hélas ! Ce n'est qu'un fill-in.

Bon, vous l'avez compris, c'est pas fôlichon.
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Flash (#3 : Extinction des lumières) : à la recherche de son ami Manuel, enlevé par ses clones, formant un commando à l'objectif mystérieux, le bolide rouge doit aussi retrouver le Dr Guerrero, également kidnappé et mêlé à la création de ces doubles. Mais alors que le savant actionne une machine, une panne électrique s'abat sur Central et Keystone City...

La série de Francis Manapul et Brian Buccellato continue de régner sur la revue : l'épisode s'ouvre sur une formidable splash-page avec encore un jeu de lettrage "Eisner-ien" et enchaîne avec de nouvelles trouvailles visuelles jubilatoires, qui donnent une tonicité irrésistible au récit. Il est vrai que l'aspect visuel compte énormèment dans le plaisir de cette lecture.

Le scénario est un peu plus nébuleux, ou en tout cas patine légèrement après un début très entraînant. Néanmoins le cliffhanger final est très accrocheur et l'ambiance est soignée.

Ne boudons pas notre plaisir, même si on espère un rebond le mois prochain.
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Supergirl (#3 : Souvenirs) : déstabilisée par les révèlations que lui fait Superman sur leur planète natale et sa nouvelle situation sur terre, Kara Zor-El refuse malgré tout d'y croire et veut quitter ce monde. Pour cela, elle doit récupérer la nacelle à bord de laquelle elle s'est écrasée, mais elle est à présent dans les mains de Simon Tycho, qui à l'évidence n'est pas un hôte bienveillant pour la kryptonienne...

Michael Green et Mike Johnson donnent un coup d'accélèrateur conséquent à leur histoire tout en continuant d'insister sur la détresse mêlée de rage de leur héroïne. Supergirl se trouve au coeur d'un piège tendu par un jeune magnat féru de trouvailles spatiales. Cela va donc la conduire à une vraie opposition classique, avec un vrai adversaire, et recadre la série de manière bienvenue.

Mahmud Asrar (encré cette fois par Bill Reinhold) continue de briller avec des planches toujours aussi énergiques, ne sacrifiant ni à l'expressivité de ses personnages pour traduire leurs sentiments, ni au punch des séquences d'action.

Supergirl se bonifie de plus en plus.
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Bilan : la revue reste inégale et le programme du mois n'est pas renversant, mais Flash et Supergirl dominent, tandis que Justice League s'enlise progressivement et que Superman sombre complètement.
Batman Saga 2 :

Batman (#3 : La treizième heure) : le Dark Knight enquête sur l'agresseur qui a attaqué Lincoln March, candidat à la mairie de Gotham, et Bruce Wayne dans la Tour Alan Wayne. Pour cela, il questionne, de façon musclé, les gangs du métro de la ville, avant de comprendre que, par un jeu d'influences fondé sur la superstition lié au numéro 13, une des réponses se situe dans le bâtiment construit par son ancêtre. C'est ainsi qu'il va découvrir que 1/ la cour des hiboux existe bel et bien et 2/ qu'elle a, comme son totem, envahi la cité de la chauve-souris...

Scott Snyder est décidemment habile et mène son affaire avec un plan bien construit : son scénario est un jeu de pistes où, à chaque étape (il y en a plusieurs par épisodes), le lecteur et le héros découvrent l'ampleur de l'adversité qui se dresse face à Batman. Gotham est traîté comme un personnage à part entière, et la dernière page donne vite envie de lire la suite.

Greg Capullo est également inspiré, jamais meilleur que lorsqu'il anime Batman et représente sa ville, dans des compositions à la fois dynamiques, inventives et sombres (mais toujours lisibles).

Voilà une équipe créative qui offre un produit stimulant.
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Detective Comics (#3 : Sang froid) : Jim Gordon dans les griffes (et autres instruments chirurgicaux barbares) du Taxidermiste, Batman doit se montrer brutal pour affronter cet ennemi dont il découvre rapidement le passé - mais mésestime la situation actuelle. Attention à bien protéger ses arrières...

Tony Daniel, au script et au dessin, creuse son récit en demeurant attaché à une ambiance très glauque et flippante. Le rôle joué par la petite Olivia instaure un vrai malaise. C'est efficace, même si parfois complaisant.

Graphiquement, malgré une colorisation vraiment affreuse, c'est également musclé, sans être plus que ça. En fait, il manque à l'image ce qu'il manque à l'histoire : un petit quelque chose en plus, de l'originalité, de la force, qui fasse décoller le sujet et vibrer le lecteur.
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Batman & Robin (#3 : Le cavalier prend la tour) : la rencontre entre Bruce Wayne et Morgan, un autre disciple de Henri Ducard comme lui, incite Batman à plus de méfiance dans l'attente d'un affrontement inévitable. Refusant d'exposer son fils, Damian/Robin, à son rival, le Dark Knight commet pourtant là une erreur car le jeune garçon n'entend pas rester passif. Mais lors d'une patrouille, il va permettre à Personne d'activer son piège...

Cette série est vraiment enthousiasmante : Peter Tomasi avance ses pions avec une autorité qui donne confiance au lecteur. Si bien que, même si cet épisode est plus convenu, il reste redoutablement efficace et, à la dernière page, un délicieux frisson nous parcourt.

Patrick Gleason affiche une forme toujours étincelante : ses planches sont excellentes, sublimées par l'encrage de Mick Gray. Lorsque la bagarre éclate, c'est encore mieux, toujours beau en plus d'être punchy. La classe !
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Batgirl (#3 : L'oiseau prend son envol !) : Manipulée par Miroir, Barbara Gordon est impuissante à éviter un nouvel attentat. Mais elle ne se décourage pas. C'est alors que son chemin croise celui de Nightwing : l'occasion pour les deux anciens amoureux d'échanger sur la situation de l'héroïne, leur passé, et l'ennemi qu'elle entend, seule, vaincre...

Gail Simone redresse un peu, juste un peu, la barre ce mois-ci, mais c'est moins par la qualité de la mission de son héroïne qu'elle y parvient qu'en invitant dans sa série Nightwing, dont l'interaction avec Batgirl permet d'invoquer des éléments du passé de cette dernière. On ne sait toujours pas comment elle a regagné sa mobilité, encore moins comment elle compte défaire Miroir (on s'en fiche d'ailleurs), mais c'est légèrement plus divertissant que d'habitude.

Ardian Syaf paraît lui aussi un peu plus inspiré (nous gratifiant même d'une double-page très peaufinée), mais bon, ce n'est pas Byzance. Et le titre reste vraiment à la traîne.
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Bilan : Batman et Batman & Robin surclassent le reste du sommaire, justifiant l'achat. Detective Comics se laisse lire. Batgirl n'est pas sortie d'affaire. C'est donc partagé, mais les bonnes séries sont vraiment exceptionnelles. 
Avengers 2 :

Les Vengeurs (#22 : HAMMER rassemblement !) : les héros ont été défaits par Osborn et ses associés (comme l'Hydra, l'AIM, la Main), et pour les autorités, des négociations avec l'ancien chef du HAMMER est désormais envisagées - d'autant plus que ses griefs (avoir été condamné et emprisonné sans procés) sont compris par la population. Le seul membre des Vengeurs encore libre est l'agent Daisy Johnson, mais pourra-t-elle faire plier l'adversaire à elle seule ?

Cet épisode est un cas d'école : le scénario de Brian Bendis est efficace, plaçant les héros dans une situation très compromise, entretenant un vrai suspense non seulement parce qu'ils sont vaincus mais aussi rejetés par le public. C'est plaisant à lire, on est pris par l'histoire.

Mais... Il y a une partie graphique vraiment abominable, dûe à Renato Guedes, qui rend cette lecture pénible et gâche le plaisir. Les personnages sont vraiment mal traîtés, les décors bâclés, le découpage nul. L'épisode est quasiment saboté par le niveau pitoyable d'un artiste bien moi choisi pour suppléer Daniel Acuña (qui, heureusement, revient le mois prochain).
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Captain America (#7 : Sans défense) : le vengeur étoilé est dans le doute comme jamais, après avoir perdu ses pouvoirs temporairement. Il s'en remet au Fauve après avoir consulté Iron Man. Mais il est également préoccupé par la réapparition de "madbombs", une machine qui, comme son nom l'indique, provoque des accès de folie furieuse dans la foule, laissant à l'Escadron du Serpent l'occasion d'accomplir divers méfaits. Reste à savoir qui a pu procurer cette technologie aux vilains et comment, avec l'aide de Oeil-de-faucon, du Faucon et Sharon Carter, le Captain va contenir les émeutes...

Ce 2ème chapitre de ce 2ème arc confirme les promesses entrevues le mois dernier : Ed Brubaker réussit à faire monter la pression en précipitant son héros dans plusieurs situations compromettantantes, qui touche aussi bien à son intégrité physique (pourquoi perd-il occasionnellement ses pouvoirs ?) que la sécurité des civils qu'il protège (qui équipe les Serpents de "madbombs" ?). C'est palpitant, spectaculaire.

Et puis Alan Davis qui, même s'il ne semble pas dans la forme de sa vie, donne vie à cette aventure en s'appuyant sur un dessin formidablement énergique, restituant l'intensité des scènes de rue, la tension du récit. On pourra seulement lui reprocher une certaine inégalité dans le traitement des personnages, moins peaufinés qu'à l'habitude... Mais ne chipotons pas trop : le résultat est quand même formidable !
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Captain America & Oeil-de-faucon (# 629 : Créatures féroces) : les deux Vengeurs enquêtent ensemble sur la disparition d'un groupe d'écologistes au Nouveau-Mexique lorsqu'ils découvrent qu'un laboratoire secret (mais pourtant autorisé) a été victime d'attaques de monstres. Ces scientifiques ont-ils procédé à des expériences qui ont mal tourné ? 

Cette nouvelle série proposera des arcs en quatre épisodes mettant en scène des aventures de Captain America en compagnie d'un autre héros et prend la suite du titre Captain America & Bucky (mais avec la numérotation de l'ancienne série Captain America, vous suivez ?). Aux commandes, on trouve le scénariste Cullen Bunn, auteur de l'excellent western fantastique The Sixth Gun (chez Oni Press), pour lequel Marvel semble avoir beaucoup de projets.
Pourtant, force est d'avouer que, pour un premier essai, ce n'est guère renversant, pas honteux non, mais en-deça de qu'on pouvait espérer. Il y a du rythme, une volonté de creuser le registre de l'aventure et de l'épouvante, avec des dialogues incisifs, mais tout ça est conditionné.

Pour ne rien arranger, les dessins ont été confiés à Alessandro Vitti, et là, il faut avoir le coeur bien accroché car c'est d'une mocheté rarement atteinte, avec une colorisation encore plus hideuse. Supporter ça 20 pages est déjà pénible, sachant que l'arc va avoir trois autres épisodes, ça promet d'être difficile.
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Iron Man (#3-4 : Transe)... Bon, vous savez quoi, cette mini-série à la con ne mérite pas une critique. Les deux premiers épisodes étaient déjà assommants et laids, ça ne s'améliore pas avec ces deux-là. On tourne les pages en s'en fichant de plus en plus. Voilà, inutile d'en dire davantage, on ne va pas s'énerver, mais il reste incroyable que Panini continue de faire du remplissage avec des bouses pareilles (et que Christian Grasse loue ce produit comme un truc qu'il aurait été dommage de rater).
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Bilan : pas fameux. Les Vengeurs ne tiennent que grâce à leur scénario. Captain America & Oeil-de-faucon s'annonce mal. La mini Iron Man est une purge. A Captain America, Brubaker et Davis, le mérite de sauver les meubles.    

Iron Man 2 :

"Le plus hi-tech" des Avengers... Bon sang, cette accroche est vraiment grotesque !

Iron Man (#512 : Démon) : Tony Stark... Alcoolique... Le Mandarin... Ezekiel Stane... Justine Hammer... Blizzard... Le Laser Vivant... Les Dreadnoughts...

Il suffit de feuilleter cette série pour constater quelle prodigieuse imagination inspire Matt Fraction. Mais ne perdez pas votre temps à la lire, vous allez vous abîmer les yeux.
Allez, hop, on zappe "le plus hi-tech des Avengers" !
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Les Nouveaux Vengeurs (vol. 2, #22 : Vengeurs Noirs, la renaissance) : de retour à leur manoir après avoir affronté les nouveaux Dark Avengers d'Osborn, les New Avengers sont attendus par un escadron armé du gouvernement. Dr Strange téléporte l'équipe dans sa demeure, le temps de réfléchir à une issue plus durable et une riposte appropriée contre Osborn. Une visite chez Victoria Hand, l'ancienne adjointe de leur ennemi devenue leur agent de liaison, va leur apprendre que la menace était prévue de longue date. Mais peut-elle être encore contrée alors que Captain America et les Avengers sont tombés ?

Brian Bendis, au 6ème et avant-dernier épisode de cet arc, dévoile tout juste la vérité sur le complot d'Osborn et surtout le rôle tenu par Victoria Hand, dont les révèlations redistribuent complètement les cartes. Néanmoins, la situation reste très compromise et seule la dernière page apporte une vraie note d'espoir.
Le scénariste délivre une histoire décidemment accrocheuse, même si, pour une fois, il aurait pu se dispenser de quelques bons mots pour entretenir la tension.

Mike Deodato ne dessine que 11 pages de cet épisode, les neuf autres sont signés par son assistant Will Conrad. Ce n'est pas gênant, même si on remarque la différence de styles, et le résultat est efficace, plein de punch comme toujours. Le final promet beaucoup.
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Les Quatre Fantastiques ont droit à quatre épisodes ensuite, qui sont en fait les dernières parties du #600 (A jamais + Reine Noire/L'arc/N'oublie pas - les trois derniers comptent 7, 6 et 7 planches) après le chapitre consacré à la Torche le mois dernier.
D'abord, on assiste au début de la bataille épique entre les Inhumains, l'armada Kree et les héros terriens rassemblés par les Fantastiques.
C'est le plus gros morceau (une trentaine de pages) et de loin le meilleur épisode écrit par Jonathan Hickman depuis... Un bail, sinon le début de son run. La raison est très simple : il cesse d'alourdir son récit avec ses dialogues abscons et privilégie l'action, le spectacle, de la même manière que ce qu'il fait avec les Ultimates. Pourquoi alors qu'il est meilleur dans ce registre fallait-il pendant deux ans il nous casse les pieds avec une intrigue qui aurait considérablement gagné à être plus ramassée, moins éclatée ?
Steve Epting est de retour pour cette dernière ligne droite (qui se concluera vraiment le mois prochain) et il livre de superbes planches comme toujours.

Les trois autres segments renouent hélas ! avec les travers d'Hickman et sont dispensables, entre les atermoiements de Médusa (qui doit se faire une raison au fait que Flêche Noire a maintenant un paquet d'épouses), la présence de Galactus (toujours en train de convoîter le germe cosmique gardé par les Asgardiens, au centre du premier arc de Thor par Fraction et Coipel) et un retour sur Franklin Richards (à nouveau en possession de ses immenses pouvoirs, toujours aussi tête à claques avec son copain la Sangsue).
Pour la jouer "arty", Marvel a confié les dessins à des artistes méconnus comme Ming Doyle et Farel Dalrymple, dont les prestations ne sont franchement pas terribles. Leinil Yu s'occupe du morceau avec Galactus, sans être plus inspiré, mais c'est déjà un peu mieux.
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La Fondation du Futur (#12 : Tous ces enfants) : la bande de mouflets se téléportent, avec une partie du Baxter Building, dans les montagnes de Latvérie où se trouvent le Dr Fatalis, Kristoff son fils, Nathaniel Richards et un double de Red Richards. 

Jonathan Hickman n'est vraiment pas doué pour écrire les enfants (exercice casse-gueule par excellence), et ses petits génies (qui ont tous des têtes de neuneus) sont parfaitement imbuvables, quant à leur périple, c'est peu dire qu'on s'en fiche.

Juan Bobillo dessine l'épisode (avant d'être prochainement remplacé par Nick Dragotta) : c'est inégal, parfois réussi, parfois raté. Mais aucun dessinateur ne peut sauver ce truc qui se lit en mode pilote automatique, aussitôt oublié une fois fini.
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Bilan : Allez, plus qu'un mois encore, et après adieu à la revue du "plus hi-tech des Avengers"  - même si on retiendra les New Avengers et (enfin !) un épisode long mais punchy des 4F. 
Wolverine 2 :

Wolverine & the X-Men (#3-4 : Bienvenue chez les X-Men ! Et à mort ! - Un jour ordinaire dans le Westchester) : suite et fin de la première journée à l'Institut Jean Gre attaqué par le nouveau Cercle des Damnés. Wolverine, son équipe d'enseignants et ses élèves ont fort à faire pour maîtriser Krakoa, l'île vivante sur laquelle est bâtie l'école, mais y parviennent grâce à l'aide providentielle de leur plus redoutable recrue.
Puis les cours reprennent avec l'intégration de deux nouveaux élèves bien particuliers chacun dans leur genre : le fils d'Apocalypse et Angel. Kitty Pryde, elle, doit composer avec des nausées dont la cause va certainement bouleverser son existence...

Jason Aaron propose deux nouveaux chapitres de sa nouvelle série : dans le premier, on assiste à la fin du combat délirant mené par Wolverine, ses amis et ses élèves contre le nouveau Club des Damnés. Parti sur des bases élevés, le scénario tient toutes ses promesses avec des scènes spectaculaires, ses personnages extravagants, de l'humour (mention spéciale à la réplique du mois prononcée par le Fauve : "le comble pour le mathématicien : passer la nuit sur une inconnue et se réveiller avec un problème").
La bonne humeur de cette série est contagieuse et tranche agrèablement avec une production de comics souvent trop sérieuse.
Dans un second temps, l'accent est mis sur la vie de l'institut, les cours, et en particulier la gestion de deux nouveaux élèves : le fils d'Apocalypse, Genesis, va-t-il (comme le prédit Deathlock - encore un professeur peu commun) précipiter la chute de l'humanité ? Et Angel (devenu amnésique mais aussi pourvu de nouveaux pouvoirs quasi-divins) peut-il espérer recouvrer son état normal ? Le ton absurde est réjouissant, et le cliffhanger resitue le personnage de Kitty Pryde de manière surprenante.

Les dessins sont d'abord assurés par Chris Bachalo, déchaîné comme il se doit (même si Duncan Rouleau et Matteo Scalera signent aussi trois et deux planches du premier épisode). Puis c'est au tour de Nick Bradshaw de prendre la relève, das un style qui ressemble de manière troublante à Arthur Adams : c'est très soigné mais impersonnel, tout en convenant toutefois très bien au titre, avec son casting abondant et son décor détaillé.

Une série très addictive, résolument décalée. Un ovni.
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Wolverine (vol. 4, #17 : Goodbye Chinatown) : l'action se situe avant l'ouverture de l'institut Jean Grey par Logan. Ce dernier a décidé de quitter San Francisco et le quartier de Chinatown (dont il était devenu le protecteur) mais le butin qu'il avait amassé pour son futur projet est volé par les triades chinoises. En menant l'enquête, il croise la route de Gorilla-Man (membre des Agents d'Atlas), également sur la piste de la mafia locale, et ensemble ils découvrent comment la drogue entre dans le quartier : énorme surprise à l'arrivée !

Jason Aaron, toujours lui, anime cette fois Wolverine dans ses aventures solos, plus classiques et moins burlesques. Néanmoins, le résultat demeure très efficace, sur un canevas solide, mais avec des rebondissements jubilatoires et Gorilla-Man comme guest (ça fait toujours plaisir de retrouver un des Agents d'Atlas, série géniale mais qui n'a hélas ! jamais trouvé son public).

Au dessin, Ron Garney est également très bon, plus "Joe Kubert-ien" que jamais : il sait découper un script avec énergie, camper les personnages avec une vigueur épatante, et ses scènes d'action sont imparables.
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Bilan : très positif. C'est même la revue du mois, facilement, avec des scénars impeccables, drôles, palpitants, et un groupe d'artistes inspirés. Il n'y a rien à jeter !