mercredi 1 août 2012

Critiques 340 : REVUES VF AOÛT 2012

DC Saga 2 :

Justice League (#3 : Aux origines) continue d'opposer l'équipe en pleine formation à la horde de paradémons lâchés sur terre par Darkseid. Wonder Woman vient prêter main forte aux quatre garçons déjà en action (Batman, Green Lantern, Flash et Superman). Pendant ce temps, Silas Stone tente de sauver son fils Victor, aux laboratoires STAR, en lui greffant une armure...

Tout ça continue à ne pas être bien fameux : Geoff Johns a été plus inspiré par le passé et semble développer son histoire en y injectant un nouveau personnage à chaque épisode tout en se moquant d'entretenir le suspense (on a deviné depuis longtemps qui est le vilain). De plus, pour ne rien arranger, ses dialogues sont affligeants, au coeur de scènes qui auraient gagné à être zappées (franchement consacrer 5 pages pour présenter Wonder Woman...), et la caractérisation des "leaguers" est uniforme (tous de grandes gueules insupportables). 
Comment ne s'ennuie-t-on pas ? Parce que ça se lit vite. Il y a du rythme, c'est certain, mais davantage parce qu'il n'y a pas grand'chose à lire que parce qu'on est entraîné par les rebondissements téléphonés (devinez qui apparaît à la fin ?).

Jim Lee est, lui aussi, en roue libre. Faute d'un script solide, il délivre des planches à sa façon, explosives et surchargées (3 splash, une double page). Qui plus est ses personnages commencent furieusement à tous se ressembler (même Wonder Woman a des traits anguleux) et ne brillent pas par leur expressivité. C'est efficace mais narrativement quand même très pauvre.

A mi-parcours, cet arc inaugural est de moins en moins passionnant.
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Superman (#3 : Un jour glacial en enfer... Bon Dieu, ce titre semble copié sur un direct-to-video !) : quelle surprise, Superman affronte cette fois une créature incarnant la glace. Mais avant ça, au Daily Planet, une proposition d'article sur l'homme d'acier fait polémique au sein de la rédaction. Et Clark Kent se receuille sur la tombe de ses parents...

George Pérez ronronne toujours autant avec cette série qu'il mène à un rythme de sénateur, à coup d'ennemis convenus et sans envergure (l'issue du combat ne fait jamais de doute, et le combat lui-même met 11 pages - sur 20 ! - à arriver). Il ne faut pas se réfugier derrière l'argument d'une narration "old school" : c'est mal écrit, sans imagination, indigne du héros. C'est mauvais.

Plus positive est la présence au dessin de Nicola Scott, qui, sans être renversante, a quand même un trait plus élégant et travaillé que Merino repassant sur le découpage de Pérez. Hélas ! Ce n'est qu'un fill-in.

Bon, vous l'avez compris, c'est pas fôlichon.
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Flash (#3 : Extinction des lumières) : à la recherche de son ami Manuel, enlevé par ses clones, formant un commando à l'objectif mystérieux, le bolide rouge doit aussi retrouver le Dr Guerrero, également kidnappé et mêlé à la création de ces doubles. Mais alors que le savant actionne une machine, une panne électrique s'abat sur Central et Keystone City...

La série de Francis Manapul et Brian Buccellato continue de régner sur la revue : l'épisode s'ouvre sur une formidable splash-page avec encore un jeu de lettrage "Eisner-ien" et enchaîne avec de nouvelles trouvailles visuelles jubilatoires, qui donnent une tonicité irrésistible au récit. Il est vrai que l'aspect visuel compte énormèment dans le plaisir de cette lecture.

Le scénario est un peu plus nébuleux, ou en tout cas patine légèrement après un début très entraînant. Néanmoins le cliffhanger final est très accrocheur et l'ambiance est soignée.

Ne boudons pas notre plaisir, même si on espère un rebond le mois prochain.
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Supergirl (#3 : Souvenirs) : déstabilisée par les révèlations que lui fait Superman sur leur planète natale et sa nouvelle situation sur terre, Kara Zor-El refuse malgré tout d'y croire et veut quitter ce monde. Pour cela, elle doit récupérer la nacelle à bord de laquelle elle s'est écrasée, mais elle est à présent dans les mains de Simon Tycho, qui à l'évidence n'est pas un hôte bienveillant pour la kryptonienne...

Michael Green et Mike Johnson donnent un coup d'accélèrateur conséquent à leur histoire tout en continuant d'insister sur la détresse mêlée de rage de leur héroïne. Supergirl se trouve au coeur d'un piège tendu par un jeune magnat féru de trouvailles spatiales. Cela va donc la conduire à une vraie opposition classique, avec un vrai adversaire, et recadre la série de manière bienvenue.

Mahmud Asrar (encré cette fois par Bill Reinhold) continue de briller avec des planches toujours aussi énergiques, ne sacrifiant ni à l'expressivité de ses personnages pour traduire leurs sentiments, ni au punch des séquences d'action.

Supergirl se bonifie de plus en plus.
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Bilan : la revue reste inégale et le programme du mois n'est pas renversant, mais Flash et Supergirl dominent, tandis que Justice League s'enlise progressivement et que Superman sombre complètement.
Batman Saga 2 :

Batman (#3 : La treizième heure) : le Dark Knight enquête sur l'agresseur qui a attaqué Lincoln March, candidat à la mairie de Gotham, et Bruce Wayne dans la Tour Alan Wayne. Pour cela, il questionne, de façon musclé, les gangs du métro de la ville, avant de comprendre que, par un jeu d'influences fondé sur la superstition lié au numéro 13, une des réponses se situe dans le bâtiment construit par son ancêtre. C'est ainsi qu'il va découvrir que 1/ la cour des hiboux existe bel et bien et 2/ qu'elle a, comme son totem, envahi la cité de la chauve-souris...

Scott Snyder est décidemment habile et mène son affaire avec un plan bien construit : son scénario est un jeu de pistes où, à chaque étape (il y en a plusieurs par épisodes), le lecteur et le héros découvrent l'ampleur de l'adversité qui se dresse face à Batman. Gotham est traîté comme un personnage à part entière, et la dernière page donne vite envie de lire la suite.

Greg Capullo est également inspiré, jamais meilleur que lorsqu'il anime Batman et représente sa ville, dans des compositions à la fois dynamiques, inventives et sombres (mais toujours lisibles).

Voilà une équipe créative qui offre un produit stimulant.
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Detective Comics (#3 : Sang froid) : Jim Gordon dans les griffes (et autres instruments chirurgicaux barbares) du Taxidermiste, Batman doit se montrer brutal pour affronter cet ennemi dont il découvre rapidement le passé - mais mésestime la situation actuelle. Attention à bien protéger ses arrières...

Tony Daniel, au script et au dessin, creuse son récit en demeurant attaché à une ambiance très glauque et flippante. Le rôle joué par la petite Olivia instaure un vrai malaise. C'est efficace, même si parfois complaisant.

Graphiquement, malgré une colorisation vraiment affreuse, c'est également musclé, sans être plus que ça. En fait, il manque à l'image ce qu'il manque à l'histoire : un petit quelque chose en plus, de l'originalité, de la force, qui fasse décoller le sujet et vibrer le lecteur.
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Batman & Robin (#3 : Le cavalier prend la tour) : la rencontre entre Bruce Wayne et Morgan, un autre disciple de Henri Ducard comme lui, incite Batman à plus de méfiance dans l'attente d'un affrontement inévitable. Refusant d'exposer son fils, Damian/Robin, à son rival, le Dark Knight commet pourtant là une erreur car le jeune garçon n'entend pas rester passif. Mais lors d'une patrouille, il va permettre à Personne d'activer son piège...

Cette série est vraiment enthousiasmante : Peter Tomasi avance ses pions avec une autorité qui donne confiance au lecteur. Si bien que, même si cet épisode est plus convenu, il reste redoutablement efficace et, à la dernière page, un délicieux frisson nous parcourt.

Patrick Gleason affiche une forme toujours étincelante : ses planches sont excellentes, sublimées par l'encrage de Mick Gray. Lorsque la bagarre éclate, c'est encore mieux, toujours beau en plus d'être punchy. La classe !
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Batgirl (#3 : L'oiseau prend son envol !) : Manipulée par Miroir, Barbara Gordon est impuissante à éviter un nouvel attentat. Mais elle ne se décourage pas. C'est alors que son chemin croise celui de Nightwing : l'occasion pour les deux anciens amoureux d'échanger sur la situation de l'héroïne, leur passé, et l'ennemi qu'elle entend, seule, vaincre...

Gail Simone redresse un peu, juste un peu, la barre ce mois-ci, mais c'est moins par la qualité de la mission de son héroïne qu'elle y parvient qu'en invitant dans sa série Nightwing, dont l'interaction avec Batgirl permet d'invoquer des éléments du passé de cette dernière. On ne sait toujours pas comment elle a regagné sa mobilité, encore moins comment elle compte défaire Miroir (on s'en fiche d'ailleurs), mais c'est légèrement plus divertissant que d'habitude.

Ardian Syaf paraît lui aussi un peu plus inspiré (nous gratifiant même d'une double-page très peaufinée), mais bon, ce n'est pas Byzance. Et le titre reste vraiment à la traîne.
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Bilan : Batman et Batman & Robin surclassent le reste du sommaire, justifiant l'achat. Detective Comics se laisse lire. Batgirl n'est pas sortie d'affaire. C'est donc partagé, mais les bonnes séries sont vraiment exceptionnelles. 
Avengers 2 :

Les Vengeurs (#22 : HAMMER rassemblement !) : les héros ont été défaits par Osborn et ses associés (comme l'Hydra, l'AIM, la Main), et pour les autorités, des négociations avec l'ancien chef du HAMMER est désormais envisagées - d'autant plus que ses griefs (avoir été condamné et emprisonné sans procés) sont compris par la population. Le seul membre des Vengeurs encore libre est l'agent Daisy Johnson, mais pourra-t-elle faire plier l'adversaire à elle seule ?

Cet épisode est un cas d'école : le scénario de Brian Bendis est efficace, plaçant les héros dans une situation très compromise, entretenant un vrai suspense non seulement parce qu'ils sont vaincus mais aussi rejetés par le public. C'est plaisant à lire, on est pris par l'histoire.

Mais... Il y a une partie graphique vraiment abominable, dûe à Renato Guedes, qui rend cette lecture pénible et gâche le plaisir. Les personnages sont vraiment mal traîtés, les décors bâclés, le découpage nul. L'épisode est quasiment saboté par le niveau pitoyable d'un artiste bien moi choisi pour suppléer Daniel Acuña (qui, heureusement, revient le mois prochain).
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Captain America (#7 : Sans défense) : le vengeur étoilé est dans le doute comme jamais, après avoir perdu ses pouvoirs temporairement. Il s'en remet au Fauve après avoir consulté Iron Man. Mais il est également préoccupé par la réapparition de "madbombs", une machine qui, comme son nom l'indique, provoque des accès de folie furieuse dans la foule, laissant à l'Escadron du Serpent l'occasion d'accomplir divers méfaits. Reste à savoir qui a pu procurer cette technologie aux vilains et comment, avec l'aide de Oeil-de-faucon, du Faucon et Sharon Carter, le Captain va contenir les émeutes...

Ce 2ème chapitre de ce 2ème arc confirme les promesses entrevues le mois dernier : Ed Brubaker réussit à faire monter la pression en précipitant son héros dans plusieurs situations compromettantantes, qui touche aussi bien à son intégrité physique (pourquoi perd-il occasionnellement ses pouvoirs ?) que la sécurité des civils qu'il protège (qui équipe les Serpents de "madbombs" ?). C'est palpitant, spectaculaire.

Et puis Alan Davis qui, même s'il ne semble pas dans la forme de sa vie, donne vie à cette aventure en s'appuyant sur un dessin formidablement énergique, restituant l'intensité des scènes de rue, la tension du récit. On pourra seulement lui reprocher une certaine inégalité dans le traitement des personnages, moins peaufinés qu'à l'habitude... Mais ne chipotons pas trop : le résultat est quand même formidable !
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Captain America & Oeil-de-faucon (# 629 : Créatures féroces) : les deux Vengeurs enquêtent ensemble sur la disparition d'un groupe d'écologistes au Nouveau-Mexique lorsqu'ils découvrent qu'un laboratoire secret (mais pourtant autorisé) a été victime d'attaques de monstres. Ces scientifiques ont-ils procédé à des expériences qui ont mal tourné ? 

Cette nouvelle série proposera des arcs en quatre épisodes mettant en scène des aventures de Captain America en compagnie d'un autre héros et prend la suite du titre Captain America & Bucky (mais avec la numérotation de l'ancienne série Captain America, vous suivez ?). Aux commandes, on trouve le scénariste Cullen Bunn, auteur de l'excellent western fantastique The Sixth Gun (chez Oni Press), pour lequel Marvel semble avoir beaucoup de projets.
Pourtant, force est d'avouer que, pour un premier essai, ce n'est guère renversant, pas honteux non, mais en-deça de qu'on pouvait espérer. Il y a du rythme, une volonté de creuser le registre de l'aventure et de l'épouvante, avec des dialogues incisifs, mais tout ça est conditionné.

Pour ne rien arranger, les dessins ont été confiés à Alessandro Vitti, et là, il faut avoir le coeur bien accroché car c'est d'une mocheté rarement atteinte, avec une colorisation encore plus hideuse. Supporter ça 20 pages est déjà pénible, sachant que l'arc va avoir trois autres épisodes, ça promet d'être difficile.
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Iron Man (#3-4 : Transe)... Bon, vous savez quoi, cette mini-série à la con ne mérite pas une critique. Les deux premiers épisodes étaient déjà assommants et laids, ça ne s'améliore pas avec ces deux-là. On tourne les pages en s'en fichant de plus en plus. Voilà, inutile d'en dire davantage, on ne va pas s'énerver, mais il reste incroyable que Panini continue de faire du remplissage avec des bouses pareilles (et que Christian Grasse loue ce produit comme un truc qu'il aurait été dommage de rater).
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Bilan : pas fameux. Les Vengeurs ne tiennent que grâce à leur scénario. Captain America & Oeil-de-faucon s'annonce mal. La mini Iron Man est une purge. A Captain America, Brubaker et Davis, le mérite de sauver les meubles.    

Iron Man 2 :

"Le plus hi-tech" des Avengers... Bon sang, cette accroche est vraiment grotesque !

Iron Man (#512 : Démon) : Tony Stark... Alcoolique... Le Mandarin... Ezekiel Stane... Justine Hammer... Blizzard... Le Laser Vivant... Les Dreadnoughts...

Il suffit de feuilleter cette série pour constater quelle prodigieuse imagination inspire Matt Fraction. Mais ne perdez pas votre temps à la lire, vous allez vous abîmer les yeux.
Allez, hop, on zappe "le plus hi-tech des Avengers" !
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Les Nouveaux Vengeurs (vol. 2, #22 : Vengeurs Noirs, la renaissance) : de retour à leur manoir après avoir affronté les nouveaux Dark Avengers d'Osborn, les New Avengers sont attendus par un escadron armé du gouvernement. Dr Strange téléporte l'équipe dans sa demeure, le temps de réfléchir à une issue plus durable et une riposte appropriée contre Osborn. Une visite chez Victoria Hand, l'ancienne adjointe de leur ennemi devenue leur agent de liaison, va leur apprendre que la menace était prévue de longue date. Mais peut-elle être encore contrée alors que Captain America et les Avengers sont tombés ?

Brian Bendis, au 6ème et avant-dernier épisode de cet arc, dévoile tout juste la vérité sur le complot d'Osborn et surtout le rôle tenu par Victoria Hand, dont les révèlations redistribuent complètement les cartes. Néanmoins, la situation reste très compromise et seule la dernière page apporte une vraie note d'espoir.
Le scénariste délivre une histoire décidemment accrocheuse, même si, pour une fois, il aurait pu se dispenser de quelques bons mots pour entretenir la tension.

Mike Deodato ne dessine que 11 pages de cet épisode, les neuf autres sont signés par son assistant Will Conrad. Ce n'est pas gênant, même si on remarque la différence de styles, et le résultat est efficace, plein de punch comme toujours. Le final promet beaucoup.
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Les Quatre Fantastiques ont droit à quatre épisodes ensuite, qui sont en fait les dernières parties du #600 (A jamais + Reine Noire/L'arc/N'oublie pas - les trois derniers comptent 7, 6 et 7 planches) après le chapitre consacré à la Torche le mois dernier.
D'abord, on assiste au début de la bataille épique entre les Inhumains, l'armada Kree et les héros terriens rassemblés par les Fantastiques.
C'est le plus gros morceau (une trentaine de pages) et de loin le meilleur épisode écrit par Jonathan Hickman depuis... Un bail, sinon le début de son run. La raison est très simple : il cesse d'alourdir son récit avec ses dialogues abscons et privilégie l'action, le spectacle, de la même manière que ce qu'il fait avec les Ultimates. Pourquoi alors qu'il est meilleur dans ce registre fallait-il pendant deux ans il nous casse les pieds avec une intrigue qui aurait considérablement gagné à être plus ramassée, moins éclatée ?
Steve Epting est de retour pour cette dernière ligne droite (qui se concluera vraiment le mois prochain) et il livre de superbes planches comme toujours.

Les trois autres segments renouent hélas ! avec les travers d'Hickman et sont dispensables, entre les atermoiements de Médusa (qui doit se faire une raison au fait que Flêche Noire a maintenant un paquet d'épouses), la présence de Galactus (toujours en train de convoîter le germe cosmique gardé par les Asgardiens, au centre du premier arc de Thor par Fraction et Coipel) et un retour sur Franklin Richards (à nouveau en possession de ses immenses pouvoirs, toujours aussi tête à claques avec son copain la Sangsue).
Pour la jouer "arty", Marvel a confié les dessins à des artistes méconnus comme Ming Doyle et Farel Dalrymple, dont les prestations ne sont franchement pas terribles. Leinil Yu s'occupe du morceau avec Galactus, sans être plus inspiré, mais c'est déjà un peu mieux.
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La Fondation du Futur (#12 : Tous ces enfants) : la bande de mouflets se téléportent, avec une partie du Baxter Building, dans les montagnes de Latvérie où se trouvent le Dr Fatalis, Kristoff son fils, Nathaniel Richards et un double de Red Richards. 

Jonathan Hickman n'est vraiment pas doué pour écrire les enfants (exercice casse-gueule par excellence), et ses petits génies (qui ont tous des têtes de neuneus) sont parfaitement imbuvables, quant à leur périple, c'est peu dire qu'on s'en fiche.

Juan Bobillo dessine l'épisode (avant d'être prochainement remplacé par Nick Dragotta) : c'est inégal, parfois réussi, parfois raté. Mais aucun dessinateur ne peut sauver ce truc qui se lit en mode pilote automatique, aussitôt oublié une fois fini.
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Bilan : Allez, plus qu'un mois encore, et après adieu à la revue du "plus hi-tech des Avengers"  - même si on retiendra les New Avengers et (enfin !) un épisode long mais punchy des 4F. 
Wolverine 2 :

Wolverine & the X-Men (#3-4 : Bienvenue chez les X-Men ! Et à mort ! - Un jour ordinaire dans le Westchester) : suite et fin de la première journée à l'Institut Jean Gre attaqué par le nouveau Cercle des Damnés. Wolverine, son équipe d'enseignants et ses élèves ont fort à faire pour maîtriser Krakoa, l'île vivante sur laquelle est bâtie l'école, mais y parviennent grâce à l'aide providentielle de leur plus redoutable recrue.
Puis les cours reprennent avec l'intégration de deux nouveaux élèves bien particuliers chacun dans leur genre : le fils d'Apocalypse et Angel. Kitty Pryde, elle, doit composer avec des nausées dont la cause va certainement bouleverser son existence...

Jason Aaron propose deux nouveaux chapitres de sa nouvelle série : dans le premier, on assiste à la fin du combat délirant mené par Wolverine, ses amis et ses élèves contre le nouveau Club des Damnés. Parti sur des bases élevés, le scénario tient toutes ses promesses avec des scènes spectaculaires, ses personnages extravagants, de l'humour (mention spéciale à la réplique du mois prononcée par le Fauve : "le comble pour le mathématicien : passer la nuit sur une inconnue et se réveiller avec un problème").
La bonne humeur de cette série est contagieuse et tranche agrèablement avec une production de comics souvent trop sérieuse.
Dans un second temps, l'accent est mis sur la vie de l'institut, les cours, et en particulier la gestion de deux nouveaux élèves : le fils d'Apocalypse, Genesis, va-t-il (comme le prédit Deathlock - encore un professeur peu commun) précipiter la chute de l'humanité ? Et Angel (devenu amnésique mais aussi pourvu de nouveaux pouvoirs quasi-divins) peut-il espérer recouvrer son état normal ? Le ton absurde est réjouissant, et le cliffhanger resitue le personnage de Kitty Pryde de manière surprenante.

Les dessins sont d'abord assurés par Chris Bachalo, déchaîné comme il se doit (même si Duncan Rouleau et Matteo Scalera signent aussi trois et deux planches du premier épisode). Puis c'est au tour de Nick Bradshaw de prendre la relève, das un style qui ressemble de manière troublante à Arthur Adams : c'est très soigné mais impersonnel, tout en convenant toutefois très bien au titre, avec son casting abondant et son décor détaillé.

Une série très addictive, résolument décalée. Un ovni.
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Wolverine (vol. 4, #17 : Goodbye Chinatown) : l'action se situe avant l'ouverture de l'institut Jean Grey par Logan. Ce dernier a décidé de quitter San Francisco et le quartier de Chinatown (dont il était devenu le protecteur) mais le butin qu'il avait amassé pour son futur projet est volé par les triades chinoises. En menant l'enquête, il croise la route de Gorilla-Man (membre des Agents d'Atlas), également sur la piste de la mafia locale, et ensemble ils découvrent comment la drogue entre dans le quartier : énorme surprise à l'arrivée !

Jason Aaron, toujours lui, anime cette fois Wolverine dans ses aventures solos, plus classiques et moins burlesques. Néanmoins, le résultat demeure très efficace, sur un canevas solide, mais avec des rebondissements jubilatoires et Gorilla-Man comme guest (ça fait toujours plaisir de retrouver un des Agents d'Atlas, série géniale mais qui n'a hélas ! jamais trouvé son public).

Au dessin, Ron Garney est également très bon, plus "Joe Kubert-ien" que jamais : il sait découper un script avec énergie, camper les personnages avec une vigueur épatante, et ses scènes d'action sont imparables.
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Bilan : très positif. C'est même la revue du mois, facilement, avec des scénars impeccables, drôles, palpitants, et un groupe d'artistes inspirés. Il n'y a rien à jeter !

mercredi 25 juillet 2012

Critique 339 : STARMAN, VOLUME 3 - A WICKED INCLINATION... de James Robinson et Tony Harris, Chris Sprouse, Steve Yeowell, Guy Davis, JH Williams III, Gary Erskine


Starman 3 : A Wicked Inclination... rassemble les épisodes 17 et 19 à 27 de la série écrite par James Robinson, publiés en 1996-1997 par DC Comics. Les dessins sont signés par Tony Harris (#17, 19-26), Chris Sprouse ( pages 10, 12, 15, 15, 18, 20 du #24), Guy Davis (pages 10 à 20 du #22), Gary Erskine (pages 8-9, 12, 17-19 du #26) et JH Williams III (pages 8-9, 11, 15-16, 19 du #26), Steve Yeowell (#27).
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- #17 : Encounters. Dessiné par Tony Harris. Tandis que Jack Knight se remet de son affrontement avec the Mist et fait de nouveaux projets (comme acheter un nouveau local pour sa boutique), les O'Dare préparent avec the Shade un raid contre un repaire de Damon Merritt, qui veut récupérer son poster magique (ouvrant sur des dimensions parallèles). Mais l'opération tourne mal...

- #19 : Talking with David, '96. Dessiné par Tony Harris. Jack Knight retrouve son frère aîné David, mort prématurèment alors qu'il avait succédé à son père Ted comme Starman. Cette deuxième entrevue est plus apaisée entre les deux frères, qui font le point sur l'année écoulée dans un décor de film de pirates. Ce sera aussi l'occasion pour Jack de renouer, brièvement, avec un autre être cher de sa famille...

- #20-23 : Sand and Stars. Dessiné par Tony Harris et Guy Davis (pour le #22). Préoccupé par ce que lui a dit the Mist (comme quoi ils seraient tous deux les deux faces d'une même médaille), Jack Knight entreprend d'aller récupérer une médaille ayant appartenu au père de son ennemie. Cette relique serait en possession de Wesley Dodds, le mythique premier Sandman de la Société de Justice d'Amérique, aujourd'hui octogénaire. Mais à New York, les deux hommes vont devoir faire équipe pour éviter un attentat préparé par un malfrat ayant ursupé l'identité du patron d'une compagnie d'aviation...

- #24-26 : Hell and Back. Dessiné par Tony Harris, Chris Sprouse (#24), Gary Erskine et JH Williams III (pour le #26). Jack Knight est sollicité par la famille O'Dare, dont Clarence est devenu le contact de la mairie pour tout ce qui concerne les affaires surhumaines, pour les aider à récupérer Matt et the Shade, aspirés dans une dimension parallèle par le poster magique. Damon Merritt cherche par ailleurs toujours à récupérer son bien et nos héros vont essayer de profiter de la situation pour pièger le malfrat...

- #27 : Christmas Knight. Dessiné par Steve Yeowell. La nuit de Noël réunit les Knight, les O'Dare, Charity la diseuse de bonne aventure et Mikaal Tomas (le Starman alien à la peau bleue). Tout ce beau monde attend Jack qui rencontre un homme déguisé en père Noël et victime de voleurs...
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Pour ce troisième tome, James Robinson propose deux arcs encadrés par deux épisodes.
Le recueil s'ouvre par un one-shot (Encounters) qui est en vérité le prologue de la 2ème histoire (Hell and Back), dans lequel the Shade (dont un extrait du journal sert d'introduction au livre et permet de résumer les évènements antérieurs) et la famille de policiers irlandais, les O'Dare, s'unissent pour tenter de capturer l'occultiste malfaisant Damon Merritt. Mais leur opération dégénère, et cela servira d'argument au récit susmentionné.
Robinson a établi les liens entre ses protagonistes et s'en sert désormais pleinement comme d'un sorte de gang paranormal, uni pour préserver Opal City d'ennemis divers. Jack Knight occupe, dans cet épisode, un rôle plus en retrait mais entre ses projets professionnels et les prédictions cryptiques que lui communique Charity, le scénariste indique qu'il a des plans d'envergure pour le futur de la série.

On a ensuite droit à un intermède  (Talking with David, '96), mais c'était attendu : dès le premier tome, David Knight, qui a été abattu "en service", dans le costume de Starman, avait prévenu son frère cadet, Jack, qu'il se rencontrerait toutes les années pour faire le point. Leur premier entretien avait été houleux, dans un cimetière. Cette fois, c'est dans un cadre digne des films de pirates et de zombies que les deux frangins dressent un nouveau bilan.
Robinson emploie cette parenthèse avec habileté pour évoquer le statut de super-héros, protecteur d'une ville, mais aussi les rapports fraternels, la transmission d'un rôle, la relation des vivants avec la mort (la leur et celle de leurs proches). Pourtant il ne se contente pas d'aligner 20 pages de dialogue, si inspiré soit-il, il pimente cela avec une scène d'action spectaculaire, qui, elle, renvoie, à la cinéphilie de Jack Knight.
La chute offre un moment d'émotion qui tombe, hélas !, un peu à plat, les comics super-héroïques, même un peu décalés, s'accommodant mal de ce registre.

Le premier arc de ce recueil démarre ensuite vraiment : Sand and Stars compte quatre parties et s'appuie sur un élément survenu dans l'album Night and Day, lorsqu'à la fin de son affrontement contre Nash, la fille de the Mist, Jack a dû l'entendre énoncer une affirmation dérangeante - si elle existe et fait le mal, c'est pour justifier sa condition de héros, leurs destins et leurs actes sont donc liés.
Jack est littéralement hanté par cette hypothèse (il rêve de Nash, et incidemment a une vision de Sandman) et veut la démentir. Pour cela, il lui faut accomplir un acte symbolique, bienfaisant, envers le père désormais déchu de sa némésis. Il entreprend de récupérer une médaille qui lui fournit le prétexte pour se rendre à New York et rencontrer son idole, Wesley Doods.
Celui qui a été le Sandman de la Société de Justice d'Amérique, compagnon d'armes du premier Starman, est maintenant un octogénaire retiré avec sa femme, l'écrivain Dian Belmont (autre figure vénérée par Jack). Peu après, la vie de Dodds est menacée par un mystérieux tueur masqué et avec Jack, il mène l'enquête, ce qui va les conduire à déjouer un attentat fomenté par un usurpateur.  
En entraînant le vieux Sandman dans sa mission, Jack va s'offrir quelques frissons (avec en point d'orgue une bataille dans les airs contre un dirigeable) mais surtout réveiller l'esprit de l'aventure du frère d'armes de son père. Wesley Dodds résumera cela très bien, après s'être remémoré une ancienne mission partagée avec Ted Knight/Starman : "qu'importe si cela me coûte la vie, au moins je mourrai content". C'est l'intensité de l'existence qui permet d'estimer sa qualité, pas le nombre d'années vécues.
Même si le récit est un peu confus et d'un rythme inégal, Robinson est encore une fois très malin pour brasser quelques thèmes qui lui sont chers via le prisme des super-héros : le temps qui passe, le respect des aînés, le plaisir procuré par le danger, les générations de justiciers, la persistance du mal à vaincre (qu'il s'agisse de la vieillesse, de la peur, ou des terroristes).

L'arc suivant, en trois parties, Hell and Back, offre à la fois une conclusion à Sand and Stars (avec une visite surréaliste entre Jack et the Mist, devenu sénile) et le retour à l'intrigue entamé dans le premier épisode du recueil (Encounters). Les O'Dare demandent à Jack de les aider à la fois à piéger Damon Merritt qui veut récupérer son poster magique et à récupérer the Shade et Matt O'Dare, passés de "l'autre côté" de l'image.
Tout d'abord, avant la bataille décisive, chacun des O'Dare se promet, en silence, de changer un peu ses priorités existentielles s'il survit - et cela aura des conséquences rapides dans l'épisode #27.
Puis, durant le combat contre Merritt et ses sbires, Jack traverse à son tour le portail dimensionnel du poster et atterrit... En enfer (littéralement). Retrouvant the Shade et Matt O'Dare, il est mis à l'épreuve par le démon avec lequel a pactisé Merritt. L'héroïsme de Jack, la corruption de Matt, la position de the Shade sont franchement bousculés et leurs liens renforcés.
Robinson signe là son meilleur récit du recueil : il y manie les rebondissements, joue avec le rythme, creuse la caractérisation de ses personnages, et rebat les cartes, tout en aboutissant à une chute malicieuse. De la belle ouvrage.

Enfin, Christmas Knight (jeu de mots !) est un joli conte Noël, anecdotique mais qui confirme que la notion de temporalité est très présente dans la série, comme si chaque aventure se déroulait en temps réel, au rythme des saisons et des années (l'autre indicateur de cette notion tient bien entendu dans les entretiens entre Jack et David). 
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Jack Knight, par Tony Harris

Mais en vérité, malgré l'inégalité du matériel de ce recueil, la diversité qualitative des histoires, ce qui en fait le sel, ce sont ses dessins.
Tony Harris réalise encore la majorité des épisodes et ne ménage pas ses efforts, avec des jeux de lumière expressionnistes remarquables, des cadrages audacieux, un soin particulier accordé aux ambiances et aux décors (notamment les extérieurs où sa passion pour l'urbanisme fait merveille - Starman est une bande dessinée où les vills sont des personnages à part entière).

La série accueille des guest-stars de premier ordre : d'abord, Guy Davis, qui à la même époque avait relancé avec les scénaristes Matt Wagner et Steve Seagle le personnage de Sandman dans le titre Sandman Mystery Theatre (se déroulant durant l'âge d'or), co-anime la troisième partie de l'arc Sand and Stars en signant une dizaine de planches. Son style très différent de celui de Harris, tout en hâchures, au trait fin et aux couleurs pâles, offre un contraste visuel très intelligent pour le flash-back avec Wesley Dodds.
Sandman, par Guy Davis.

Puis Chris Sprouse (Tom Strong) revient pour quelques splash et doubles pages magnifiques dans le prologue au second arc, Hell and Back, où est dévoilé, via le journal de the Shade, le passé de Damon Merritt.

Gary Erskine (Global Frequency) et JH Williams III (Promethea) co-illustrent l'épisode 26 avec Harris. A Erskine, dont le trait précis et épuré (proche d'un Blanc-Dumont en France), les séquences avec Matt O'Dare et Scalphunter ; et à Williams III (encré par Mick Gray), dans une tonalité plus sombre mais raffinée, les passages avec the Shade, lorsqu'ils sont en Enfer avec Jack.

The Shade, par Tony Harris

Le découpage de cet épisode souligne de manière remarquable la finesse avec laquelle doit être écrit le script de Robinson.

Enfin, Steve Yeowell dessine l'épisode de Noël : son dessin, dépouillé, lumineux, élégant, est un vrai plaisir.
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Encore une fois, même si les épisodes sont peut-être moins efficaces que précédemment, ce troisième tome confirme que Starman était une grande série, avec une musique unique, et servie par des artistes de premier choix. 

mardi 17 juillet 2012

Critique 338 : CATWOMAN, VOL. 1 - THE DARK SIDE OF THE STREET, de Ed Brubaker et Darwyn Cooke


Catwoman : The Dark End of the Street rassemble les épisodes 759 à 762 de la série Detective Comics et 1 à 4 de la série Catwoman, écrits par Ed Brubaker et dessinés par Darwyn Cooke, publiés en 2001-2002 par DC Comics.
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- Slam Bradley : Trail of Catwoman (Detective Comics #759-762). Le détective privé Slam Bradley est engagé par le maire de Gotham pour retrouver Catwoman, présumée morte. Son enquête va le conduire à établir que la disparue est en réalité Selina Kyke, une ancienne prostituée ayant connu une ascension sociale fulgurante, au point de se présenter aux élections municipales de New York et d'être au bras du célibataire millionnaire Bruce Wayne. Mais le sort de la jeune femme intéresse aussi la pègre locale et la mission de Slam Bradley va l'obliger à composer avec elle et Batman... 


Le début d'une enquête éprouvante pour Slam Bradley :
Catwoman est-elle vraiment morte ?

- Anodyne, 1-4 (Catwoman #1-4). Selina Kyle est à la croisée des chemins alors qu'elle peut à nouveau jouir d'une relative tranquillité grâce au soutien de Batman. Mais elle doit à présent décider de la direction que prendra son existence : renouer avec ses activités de voleuse et le banditisme ? Ou utiliser son alias de Catwoman pour faire le bien ? Les meurtres de plusieurs prostituées, dont la police gothamite se fiche et rackette, vont l'amener à devenir la protectrice de ses anciennes consoeurs quand Holly Robinson, sa jeune amie, est en danger. Mais le criminel auquel elle va être confrontée n'est pas qu'un seul simple mafieux psychopathe... 






La féline fatale se trouve une nouvelle raison d'être...
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Quand Ed Brubaker reprend en main le personnage de Catwoman en 2001, il le fait d'abord en passant par la série historique de Batman, Detective Comics, et en imaginant une intrigue en quatre parties, formant un épisode de 30 pages, sur la mort présumée de l'héroïne. Mais Catwoman est-elle une héroïne ?
Apparue dès les débuts de Batman, la "femme-chat" a connu une carrière chaotique, écartée même pendant un temps à cause du Comics Code (car il n'était pas envisageable dans les années 50 de sexualiser un super-héros). Elle a toujours conservé une ambivalence, tour à tour voleuse du mauvais côté de la loi et donc ennemie de Batman (même si le Dark Knight éprouvait des sentiments évidents pour elle) ou justicière alliée de la chauve-souris.
Ed Brubaker dispose donc d'un personnage à établir et il va fonder son travail sur ce postulat en jouant sur les correspondances entre son récit et la situation de Selina Kyle.
Dans un premier temps, avec l'enquête de Slam Bradley, il est question de chercher Catwoman.
Dans un second temps, une fois qu'elle a été retrouvée et bénéficie de la protection de Batman, elle doit se chercher elle-même un nouvel objectif dans la vie : nous la voyons alors hantée par ses démons, voulant renouer avec le frisson sans pour autant redevenir une criminelle traquée par les autorités et le Dark Knight, en proie à des insomnies, doutant de vouloir incarner à nouveau Catwoman. Elle doit se réinventer tout comme son scénariste doit la repositionner dans le Bat-verse (et plus globalement dans les comics DC).
Tandis qu'un tueur rôde et sévit dans l'East End de Gotham, le destin de Selina Kyle bascule lorsqu'elle choisit d'aider, sans se montrer, Batman lorsqu'il affronte le Sphinx et son gang puis, surtout, lorsque son amie Holly Robinson est à son tour menacée par le psychopathe. Enfin, sa révolte devant le comportement de la police corrompue et indifférente au sort des victimes finit de déterminer son orientation. Catwoman va donc être la protectrice des opprimés, de ceux dont Batman (et sa "famille") ne s'occupe pas (les prostituées, les pauvres, les enfants...).
Cette évolution est exprimée de manière à la fois subtile et énergique dans un scénario formidablement huilé où Brubaker montre qu'il sait quoi faire de son personnage, comment développer son histoire. Déjà on devine qu'il a des plans pour elle et que cela sortira des sentiers battus tout en s'inscrivant dans une certaine tradition : en effet, le scénariste a choisi pour référence Batman : Year One de Frank Miller et David Mazzucchelli, ramenant Holly Robinson (pourtant tuée par un précédent auteur), rappelant la jeunesse de Selina Kyle comme prostituée (et avant cela comme jeune délinquante, séparée de sa soeur).
Déjà germe ici ce que Brubaker exploitera dans ses oeuvres futures, de Gotham Central à Daredevil en passant par Captain America et ses creator-owned comme Criminal et Incognito : ce mélange de polar et de (super-)héros, ou plutôt de "street-level hero", avec des intrigues à la construction solide, aux personnages bien définis, aux dialogues sobres et à la voix-off très présente (chez Brubaker, les héros pensent autant sinon plus qu'ils ne parlent).
Sa Selina Kyle possède à la fois du charme, de la classe, du mystère, de la fragilité, de la détermination, et les seconds rôles comme Slam Bradley ou Holly Robinson possèdent une voix unique. L'histoire est rythmée, ménageant les moments calmes et les scènes d'action. On se régale.
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Et puis c'est dessinée par Darwyn Cooke et c'est là aussi, comme toujours, un bonheur.
En vérité, tout l'art de cet artiste phénoménal est résumé dans ces épisodes, où l'on ressent à la fois la rapidité, le mouvement, de la narration, avec un trait vif, des angles dynamiques, et la densité, avec des découpages en gaufrier (une figure appréciée de Cooke) mais aussi des pages comptant une dizaine, douzaine et même plus (jusqu'à seize) plans, sans que cela ne ralentisse la lecture, mais au contraire distribue la mise en scène en en soulignant la fluidité.
De son expérience dans l'animation Cooke a su tirer le meilleur en en adaptant la technique du storyboard à l'art séquentiel de la bande dessinée : il sait alterner les effets avec un brio sans pareil, aérant avec de larges vignettes des prises de vue puis en les découpant à l'extrème comme autant de vignettes sur une pellicule au fil des bandes successives.
Le lecteur a la sensation de lire l'ouvrage sans être freiné par des artifices tape-à-l'oeil comme des splash ou doubles pages faciles tout en ayant une proposition graphique stimulante qu'il peut ensuite décortiquer à plaisir pour en apprécier le modelage. Une vraie leçon de storytelling.

Cooke est encré (à partir du #1 de Catwoman) par Mike Allred (l'auteur de Madman) et leurs styles se marient merveilleusement, avec en prime une colorisation comme d'habitude irréprochable de Matt Hollingsworth, sobre et nuancée. 

Enfin, pour la bonne bouche, admirez la couverture extraordinaire du légendaire Jim Steranko qui ouvre le premier récit.
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Une reprise en mains exemplaire, redéfissant l'héroïne remarquablement, avec une écriture et une mise en images imparables. Qui dit mieux ? Et ce n'est que le début... 

dimanche 15 juillet 2012

Critique 337 : THE SPIRIT - BOOK TWO, de Darwyn Cooke

Will Eisner's The Spirit : Book Two rassemble les épisodes 7 à 13 de la série écrits et dessinés par Darwyn Cooke, publiés en 2007-2008 par DC Comics et Will Eisner Studios. Les épisodes 7 et 13 sont composés d'histoires courtes (8 pages chacune) écrites et dessinées par des invités, Cooke se contentant d'en signer les couvertures.
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- #7 : Summer Special.
* Harder than diamonds. Ecrit par Walter Simonson et dessiné par Chris Sprouse. Une jet-setteuse, Krystil Fullerite, de passage à Central City, est victime d'un vol de diamants. Un chauffeur de taxi est injustement accusé et le Spirit décide de prouver son innocence en surveillant cette mondaine aux fréquentations louches...

Pour ouvrir cet épisode spécial composé de trois "short stories", Walter Simonson (Thor) fait équipe avec Chris Sprouse (Tom Strong). L'intrigue est légère mais menée sur un bon rythme et joue sur les fausses apparences (la jet-setteuse arnaqueuse, le Spirit qui se fait passer pour un chauffeur). Au dessin, Sprouse livre une copie comme d'habitude très élégante, aux finitions soignées. De la belle ouvrage.

*Synchronicity. Ecrit par Jimmy Palmiotti et dessiné par Jordi Bernet. Par une journée caniculaire, le Spirit en poursuivant un voleur dans un immeuble déclenche une série de dégats qui vont bouleverser le quotidien des habitants (un veuf à la recherche des bijoux de son épouse, un couple dans le besoin, un autre menacé par un usurier, et une pulpeuse jeune femme qui bronzait sur le toit)...

Jimmy Palmiotti (Power Girl) et Jordi Bernet (Torpedo) sont habitués à travailler ensemble puisqu'ils ont signé plusieurs épisodes de Jonah Hex (série western à laquelle a également collaborée Darwyn Cooke). Ensemble, ils produisent ce segment alerte et surtout très drôle, dont la structure respecte l'unité de temps et de lieu, et où le Spirit n'est qu'un acteur parmi d'autres. Le dessin tonique de Bernet fait merveille. Jubilatoire.

* Hard cell. Ecrit et dessiné par Kyle Baker. Le Spirit, après le meurtre d'un homme lié à Maori, une riche pin-up, va questionner cette dernière. D'autres homicides, tous en rapport avec elle, se succèdent. Trop pour ne pas s'interroger sur son implication. La clé de l'énigme réside dans un téléphone portable...

Kyle Baker entraîne le Spirit dans une aventure très noire, mais le scénario est paresseux, poussif, autant que son dessin est sombre et, reconnaissons-le, d'une laideur indigne. A oublier vite.
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- #8 : Time Bomb. Octopus piège le Spirit puis l'agent de la CIA Silk Satin dans un édifice en plein centre ville où il a installé une bombe. Suite à un mauvais coup reçu, Silk Satin est amnésique et ne sait plus comment désamorcer l'explosif. Pendant ce temps, l'agent Stratford, partenaire de Satin, explique au commissaire Dolan et sa fille Ellen la procédure prévue en dernier recours si la bombe explose... 
Darwyn Cooke revient aux commandes de la série avec cet épisode, un des chefs-d'oeuvre de ce second tome dont la double-page 4-5 (ci-dessus) est un magnifique hommage aux jeux de lettrage qu'affectionnait Will Eisner (encore un morceau de bravoure de Jared Fletcher). L'essentiel de l'action se déroule en huis-clos et alimente une tension que nuance des passages oniriques et des dialogues plein d'humour entre "Mr Sexypants" et l'agent Satin. La chute est ironique et frappante...
Les dessins de Cooke, toujours encrés par J. Bone (comme depuis le début de son run), sont un modèle de storytelling, imprimant un rythme décapant au récit.
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- #9  : El Morte. Lors d'un transfert de prisonniers (parmi lesquels on retrouve le Cosaque), un sniper fait un carton et blesse le commissaire Dolan. Le Spirit affronte le tireur qui lui inflige une sévère correction. Qui est cet adversaire ? Un démon resurgi du passé du héros - et qui ne fait qu'entamer un terrifiant retour... 

Le retour de Silk Satin dans le précédent épisode indiquait que Cooke allait exploiter des éléments posés dans le premier tome. Avec le début de la vendetta d'El Morte, cette intention se confirme puisque le méchant n'est autre qu'Alvarro Mortez, revenu, comme le Spirit, d'entre les morts, mais sérieusement âbimé et déterminé à se venger de manière radicale et ample. Le héros est malmené comme jamais et la série prend un tour beaucoup plus sombre, dramatique.
Cette direction n'est pourtant pas une surprise au regard de l'oeuvre de Cooke, qui a souvent abordé des points noirs et violents dans ses oeuvres (la guerre et la "chasse aux sorcières" dans les 50's dans La Nouvelle Frontière, le grand banditisme dans Parker, le western baroque avec Jonah Hex...). Le résultat est encore plus saisissant grâce à son style graphique cartoony a priori opposé à ces humeurs plus brutales.
Mais c'est une totale réussite, riche en inventions esthétiques, notamment dans le traitement du flash-back revenant sur les origines d'El Morte, avec encore une fois une colorisation magistrale de Dave Stewart.
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- #10 : Death by television. Qui en veut à plusieurs journalistes-animateurs de chaînes du cable au point de les éliminer les uns après les autres ? Le Spirit mène l'enquête, tout en devant à nouveau collaborer avec Ginger Coffee, la ravissante mais envahissante reporter qui figure peut-être dans l'agenda du tueur...

Cooke ramène cette fois-ci le personnage de Ginger Coffe, qu'il a créé et présenté dans le premier épisode de son run. L'enquête conduit le Spirit dans le milieu des "anchor-men", ces vedettes de talk-shows, bâteleurs et populistes, et manie l'humour noir et le suspense avec dextérité. Le tandem Spirit-Ginger est très efficace, et la révèlation du coupable plutôt étonnante.
Le graphisme se fait plus classique, presque sage, pour ce récit qui est sans doute le moins inspiré de ce second tome, mais Cooke emballe son affaire avec quand même beaucoup d'adresse.
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- #11 : Day of the dead. L'heure du face-à-face final entre le Spirit et sa némésis El Morte a sonné. Une armée de zombies est aux portes de Central City et le héros, au coeur de la bataille contre un ennemi déjà mort, peut compter sur Ellen Dolan et un de ses ex-amants, Argonaut Bones, pour l'aider...

Cooke conclut son tryptique avec Alvarro Mortez/El Morte (vilain de sa création, qui aura été finalement davantage l'ennemi du Spirit qu'Octopus ou P'Gell, méchants "Eisner-iens") et pour l'occasion, met les petits plats dans les grands en faisant basculer la série dans le registre fantastique. Zombies, magie noire, ambiance de fin du monde : tout est réuni pour ce final baroque et explosif.
Il ajoute au casting Argonaut Bones (quel nom impayable) qu'il relie directement à Ellen Dolan (à qui il donne ainsi un passé sexuel, tout comme au Spirit). Ebony White et le commissaire mais aussi la mère diabolique de Mortez sont au rendez-vous de cet épisode qui tient toutes ses promesses et n'est pas avare en scènes spectaculaires (avec là encore, une extraordinaire double-page - ci-dessus - de présentation, au lettrage incomparable).
Le duel final est à la hauteur de l'attente, indécis, âpre. Cooke s'est déchaîné et a atteint sa cible.
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- #12 : Sand. Le meurtre d'Hussein (le fameux "arrangeur", apparu plusieurs fois dans le tome 1), va replonger le Spirit dans la tourmente. Mais cette fois, son enquête le bouleverse encore plus qu'à l'ordinaire car c'est son premier amour qui y est mêlé : l'ensorcelante Sand Saref, aux prises avec la maléfique Dr Vitriol et un inquiétant client convoîtant un poison...
Pour son dernier épisode, Darwyn Cooke a puisé directement à la source en s'inspirant de deux épisodes réalisés par Will Eisner (Sand Saref et Bring on Sand Saref) : l'histoire est imprégnée d'une mélancolie très touchante, traversée par des flash-backs sur l'enfance et la jeunesse du héros et de la première fille qu'il a aimée et qui a mal tournée.
La mission elle-même se déroule en une nuit, avec des ambiances envoûtantes sur les docks embrumés de Central City. Pour ces scènes-là, J. Bone encre Cooke. Mais pour l'évocation du passé, l'artiste assume tout, seul, et livre des planches splendides, aux découpages virtuoses, et avec des effets de tracé imitant intelligemment le propre trait d'Eisner (voir ci-dessous).
Un authentique chef-d'oeuvre !
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- #13 : Holiday Special.
*One Hundred ! Ecrit par Glen David Gold et dessiné par Eduardo Risso. Une bande de voleurs déguisés en Spirit ont dérobé des diamants mais quand le justicier de Central City les appréhende dans un zoo, leur butin atterrit dans la cage d'un tigre. Pour le récupérer, le commissaire Dolan sollicite une dresseuse dont le Spirit doute de l'honnêteté...

Sur cette trame minimaliste et savoureusement amorale, avec une chute malicieuse, Glen David Gold dispose d'un partenaire de premier plan en la personne d'Eduardo Risso, le dessinateur de la série 100 Bullets (écrite par Brian Azzarello).
Cet épisode est vraiment celui de cet artiste dont les planches somptueuses sont un régal pour les yeux, mixant des compositions subtiles et des jeux d'ombres et de lumières dignes de Frank Miller. Merveilleusement beau.

*Family treasure. Ecrit par Denny O'Neil et dessiné par Ty Templeton. Une vieille dame des quartiers pauvres est harcelée par des gredins qui veulent s'emparer du trésor de son défunt oncle. Le Spirit lui vient en aide... Mais l'argent récupéré fera tourner la tête de l'héritière.

Le légendaire Denny O'Neil, réputé pour ses scénarios dramatiques (Iron Man, Green Lantern & Green Arrow), s'offre ici une fantaisie acide dont la chute est très drôle. Le Spirit y est victime de sa bonté dans cette fable bien tournée.
Ty Templeton (qui, comme Darwyn Cooke, vient de l'animation) illustre ceci avec habileté, le récit se déroulant entièrement en une nuit, sous la pluie, en huit pages.

*The cold depths of the icicle heart. Ecrit par Gail Simone et dessiné par Phil Hester. Après s'être interposé entre le gang de Isolde "Ice" McQueen et un de ses débiteurs, le Spirit est assommé et jeté dans la baie gelée de Central City. Frappé d'amnésie, il se remet progressivement en vagabondant dans la ville jusqu'à ce que sa route croise à nouveau celle de ses agresseurs...

Gail Simone (Villains United) écrit la dernière histoire de volume sur le modèle des épisodes " 'Nuff said" : aucun dialogue, les textes sont remplacés par des illustrations résumant leur propos. L'intrigue est elle-même très efficace, avec le Spirit en fâcheuse posture par une froide nuit d'hiver, ce qui donne en plus une ambiance atypique. 
Phil Hester illustre ce segment avec une invention à la mesure du défi narratif : son style anguleux et cartoony est parfait pour ça (dommage qu'aujourd'hui cet artiste ait quasiment renoncé au dessin au profit d'un rôle d'auteur).
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Ce second Livre est un complèment idéal au premier, développant des "plots", offrant son lot de morceaux de bravoure, confirmant l'immense talent de Darwyn Cooke. La présence des guest-stars ne gâche pas le vue, avec des chapitres savoureux et visuellement souvent superbes.
Dommage que ça n'ait pas duré plus longtemps (même si depuis le Spirit a eu droit à de nouvelles aventures). 

lundi 9 juillet 2012

Critique 336 : NEW AVENGERS (VOL. 2, #14-16) - FEAR ITSELF, de Brian Michael Bendis et Mike Deodato

New Avengers # 14

New Avengers # 15

New Avengers # 16

New Avengers : Fear Itself rassemble les épisodes 14 à 16 du Volume 2 de la série écrite par Brian Michael Bendis, publiés de Septembre à Novembre 2011 par Marvel Comics. Les dessins sont signés Mike Deodato Jr.
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Les évènements de Fear Itself agitent l'univers Marvel : le frère d'Odin, le Serpent, dieu de la peur a été réveillé par Sin, la fille de Crâne Rouge, devenue Skadi, détentrice d'un marteau asgardien. Avec ses Dignes et les soldats de la Société de Thule, le Serpent et Skadi font régner la terreur sur Terre. Les super-héros se liguent pour faire face tandis qu'Odin prévoit de détruire Midgard pour se débarrasser de son frère.
Alors que la bataille fait rage, trois personnages traversent cette période tant bien que mal : Mockingbird est grisée par son retour aux affaires après avoir failli mourir ; Squirrel Girl doit protéger Danielle, la fille de Luke Cage et Jessica Jones pendant qu'ils sont absents ; et Daredevil, récemment revenu à New York, vient en aide à la nurse...
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Habitué à écrire les sagas évènementielles de Marvel (il en a signé trois : House of M, Secret Invasion et Siege), Brian Michael Bendis doit cette fois composer avec une histoire imaginée par un autre des "Architectes" de Marvel (comme à l'époque de Civil War, de Mark Millar, ou, dans une moindre mesure, World War Hulk, de Greg Pak).
Les séries de la franchise "Avengers" sont directement impactées par Fear Itself de Matt Fraction, car Captain America, Thor et Iron Man, sont aux premiers rangs de la résistance contre le Serpent, Sin/Skadi et les Dignes. 
Pour ne pas seulement répéter, sous un angle différent, ce qui se passe dans la saga centrale, Bendis utilise un procédé malin, aussi bien dans Avengers que New Avengers : il articule les épisodes annexés autour d'un personnage qui témoigne "face caméra" de sa condition de héros/Vengeur et de la manière dont les évènements l'affectent.
Miraculée au terme de l'arc précédent (Infinity, NA #9-13), Oiseau-Moqueur est devenue un personnage à redéfinir pour elle-même et le lecteur car ni l'un ni l'autre ne savent vraiment à quel point elle a été affectée par l'injection du mélange des formules du super-soldat et d'infinité. Théoriquement, elle possède désormais une condition physique supérieure à la normale et devrait vieillir moins vite. C'est à l'évidence ce qui la motive à se jeter dans le feu des combats avec une telle insouciance, comme si elle était grisée. Bendis réussit à donner un relief nouveau à cette héroïne qu'il a décidé de garder dans l'équipe tout en l'utilisant assez peu depuis le début du volume 2 de la série.
Ensuite, le scénariste enchaîne avec deux épisodes plus liés mais qui vont aussi participer de ce mouvement de renouveau pour le groupe : d'abord, il s'attache à mettre en valeur Squirrel Girl, la nounou de la fille de Luke Cage et Jessica Jones, surprise par l'attaque des robots géants de la Société de Thule à New York et devant regagner précipitamment le manoir des Nouveaux Vengeurs. Ensuite, alors qu'elle est à l'intérieur du QG de l'équipe, encerclé par les robots, elle reçoit l'aide inattendue de Daredevil.
Le justicier aveugle a, au terme du run d'Andy Diggle dans sa série, déserté New York, après avoir été mentalement possédé par un démon et dirigé l'organisation criminelle de la Main. Durant cette période, il a été au coeur d'un crossover (calamiteux), Shadowland, où il a "franchi la ligne" en tuant Bullseye. Puis, se resaissisant, il a fui la ville et confiant à la Panthère Noire le soin de veiller sur son quartier d'Hell's Kitchen. Il s'est ressourcé au Nouveau-Mexique (en tapant quelques malfrats quand même...) et décide de revenir à NYC pour reprendre sa vie, d'avocat et de héros, en main. La série, elle, est relaunchée, superbement, par Mark Waid, qui ne fera pas l'impasse sur les égarements du héros mais donnera un autre ton à ses aventures. 
Waid avait annoncé que si Daredevil devenait un Vengeur, ce serait comme une promotion pour le personnage et son travail d'auteur. Et Bendis a saisi, sans tarder, la balle au bond, même si, en vérité, l'idée était dans les tuyaux depuis très longtemps. Souvenez-vous : dans le premier arc, du volume 1, de New Avengers (Breakout, NA #1-6), après la grande évasion survenue à la prison du Raft, Captain America propose à DD d'intégrer l'équipe, mais à l'époque il refuse car il est empêtré dans divers ennuis (la révèlation de sa double identité, sa volonté d'écarter définitivement le Caïd, sa romance tumultueuse avec Milla Donovan, les tracasseries que lui inflige le FBI) et ne veut pas que cela rejaillisse sur le groupe. Bendis veut alors pouvoir développer distinctement les séries New Avengers et Daredevil.
Mais, en 2011, les choses ont changé : Bendis recompose, à dose homéopathique, les Nouveaux Vengeurs, et s'il n'écrit plus depuis longtemps Daredevil, il conserve de l'affection pour le héros et la situation se prête mieux à son incorporation.
En utilisant un épisode tie-in à Fear Itself, Bendis offre au personnage une entrée en scène spectaculaire, et quand, in fine, Luke Cage l'invite à rejoindre ses Vengeurs, autant par amitié que par reconnaissance pour avoir sauvé sa fille et Squirrel Girl, la transition est opportune, soulignant la formation très "street-level" de l'équipe (à part le Dr Strange et Ms Marvel, aucun New Avenger n'est finalement un héros dôté de grands pouvoirs, ce sont plutôt des héros "de terrain", urbains, en rapport avec la famille Cage - rencontrés lorsqu'il était chez les 4 Fantastiques, les Défenseurs ou dans les séries Heroes for hire et Power Man & Iron Fist).
Narrativement, et avec le choix de protagonistes imprévus, ces trois épisodes annexes fournissent un agrèable complément à la saga, sans qu'on ait le sentiment de redîtes, mais plutôt de bonus, d'extras. C'est appréciable et habile.
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Ces trois épisodes vont également marquer un tournant graphique pour la série puisque Mike Deodato non seulement reste en place (après avoir partagé la vedette avec Chaykin sur l'arc Infinity) mais va s'installer durablement sur la série, en devenant le dessinateur le plus régulier, dépassant le nombre d'épisodes de Leinil Yu.
Le style de Deodato tranche avec pas mal de ses prédécesseurs (notamment Immonen, pour citer le plus récent), mais c'est un artiste au trait puissant, maîtrisant le clair-obscur, les contrastes forts, avec des découpages énergiques. Son expérience parle pour lui (il a percé dans les 90's avant de changer de direction au début des années 2000), est devenu une vedette avec son run sur Thunderbolts (écrits par Warren Ellis) puis Dark Avengers. Quand il retrouve Bendis, avec qui il avait justement réalisé cette dernière série, il a collaboré avec Ed Brubaker sur Secret Avengers, confirmant qu'il est à son aise sur des "team-books".
Sa manière de dessiner des femmes à la fois sexys et fortes fait merveille dans les chapitres consacrés à Mockingbird et Squirrel Girl, mais quand il anime Daredevil, il évoque un mix épatant de Gene Colan et Joe Kubert. Et sa complicité avec le coloriste Rain Breredo est un autre atout.
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Trois épisodes, mais très bons, et qui donne envie de savoir où la série va continuer de s'aventurer...