lundi 30 mai 2011

LUMIERE SUR... CHRIS SPROUSE (1)


Chris Sprouse.
















Les pages ci-dessus sont extraites de America's Best Comics Preview, un fascicule élaboré pour présenter les séries écrites par Alan Moore au sein du label Wildstorm de DC Comics, parmi lesquelles on découvrit Tom Strong, Top Ten ou Promethea.

Naissance aux Etats-Unis.
Scénariste, dessinateur, encreur, lettreur, cover-artist, designer.
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Merci à Artemus Dada membre de http://www.superpouvoir.com/, autre grand fan de Sprouse et connaisseur érudit de Tom Strong (http://www.artemusdada.blogspot.com/).
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Le site de l'artiste : http://www.sprousenet.blogspot.com/

mercredi 25 mai 2011

Critique 233 : MARVEL : LES GRANDES SAGAS 4 - X-MEN, de Ed Brubaker et Trevor Hairsine


Ce quatrième volume de la collection "Marvel : Les Grandes Sagas" est consacré aux X-Men et reprend la saga Genèse Mortelle (Deadly Genesis, en vo), écrite par Ed Brubaker et dessinée par Trevor Hairsine, publiée par Marvel Comics de Janvier à Juillet 2006.
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Qui est ce mystérieux et puissant mutant qui, surgi de nulle part, en veut tant au Professeur Xavier ? La réponse se trouve dans le passé du mentor des X-Men, et plus précisèment lorsque ses premiers élèves (Cyclope, Marvel Girl, le Fauve, Iceberg, Angel, Havok et Polaris) furent pris au piège sur l'île vivante de Krakoa. La version officielle de l'Histoire prétend que pour les libérer, Charles Xavier recruta une nouvelle équipe, cosmopolite (avec Wolverine, Diablo, l'Epervier, le Hurleur, et Tornade). Mais Moira MacTaggert entraînait elle aussi de jeunes mutants dont le Pr X n'hésita pas à se servir comme de la chair à canon. Et aujourd'hui, l'un d'entre eux réclame vengeance...
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Ce récit en six parties tient une place à part pour moi car il fait partie des premiers que j'ai découvert en revenant aux comics super-héroïques après m'en être longtemps éloigné. C'était en 2007 dans les pages de la revue "Astonishing X-Men" et ce fut une lecture mémorable car elle faisait référence à une autre histoire, un grand classique, Uncanny X-Men King-Size 1, écrit par Len Wein et Chris Claremont et dessiné par Dave Cockrum, à l'origine de la relance triomphale de la série en 1976.
Ed Brubaker a imaginé une "retcon" astucieuse : il a profité d'un espace narratif dans la continuité des X-Men pour réécrire l'histoire et introduire de nouveaux personnages tout en rendant le Pr X responsable d'une odieuse manipulation. Dans cette révision du passé, l'équipe moderne a été précédée par un groupe d'élèves dirigé par Moira MacTaggert et sacrifié par Charles Xavier pour tenter de sauver ses premiers disciples.
Le procédé même de la "retcon" est sujet à débat puisqu'il s'agit au mieux d'enrichir la mythologie d'une série, au pire d'y intégrer des éléments qui risquent de ne pas être exploités par la suite. Dès lors, on peut s'interroger : pourquoi revenir sur le passé au lieu de se concentrer sur le présent ? Brubaker a néanmoins créé avec Vulcan un méchant accrocheur, dont on comprend le ressentiment, dont la réapparition ébranle les X-Men, et le scénariste développera son histoire dans un arc de douze épisodes, L'avènement et la chute de l'empire Shi'ar (The rise and fall of the Shi'ar empire, en vo), inégal mais ambitieux, avant que Vulcan ne soit utilisé par le duo Andy Lanning-Dan Abnett dans leurs sagas cosmiques.
Les deux autres additions notables à Genèse mortelle sont le personnage de Darwin, autre survivant de cette génération intermédiaire,dont le pouvoir est très original, et l'exclusion du Pr X, privé de ses pouvoirs à la suite de House of M - ce dernier fait a conduit Cyclope à devenir le véritable nouveau leader de la "mutanité".
Ces épisodes restent assez plaisants à la relecture, l'intrigue est efficace avec une vraie progression dramatique, malgré un affrontement final un peu expédié.
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Graphiquement, en revanche, le résultat est beaucoup plus inégal. La faute en incombe à Trevor Hairsine : après avoir dessiné le premier épisode, il n'a plus livré que des layouts (des planches à peine esquissées, voire incomplètes) et laissé à plusieurs encreurs successsifs (comme Kris Justice, Scott Hanna ou Mike Perkins) le soin de terminer les pages, parce que sa femme attendait leur premier enfant et qu'il n'a pas supporté la pression des délais d'un côté et de sa future paternité de l'autre. Une attitude bien peu professionnelle de la part d'un artiste que Joe Quesada présentait comme une des futures vedettes de Marvel, et dont la carrière depuis n'a fait que confirmer l'irrégularité.
C'est d'autant plus dommage que le premier épisode promettait beaucoup (sans être grandiose toutefois) et que les autres ne sont ensuite, au mieux, que moyens, avec des personnages aux expressions crispées, dans un découpage paresseux, aux finitions quelconques.
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Prochaine parution de cette collection : Wolverine par Jeph Loeb et Simone Bianchi (autant dire que ça ne risque pas d'être fôlichon)...

vendredi 20 mai 2011

Critique 232 : BATMAN : STREETS OF GOTHAM 1 - HUSH MONEY, de Paul Dini et Dustin N'Guyen

Batman : Streets Of Gotham 1 - Hush Money rassemble les épisodes 852 de Detective Comics, 685 de Batman et 1 à 4 de Batman : Streets Of Gotham, écrits par Paul Dini et dessinés par Dustin N'Guyen, publiés par DC Comics en Mars 2009 (Detective Comics et Batman) et de Août à Novembre 2009 (Batman : Streets Of Gotham).
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Le Dr Thomas Elliot tente de se suicider après avoir été corrigé et ruiné par Catwoman, mais il est sauvé par des marins et décide d'en profiter pour se venger. Ayant pris les traits de Bruce Wayne dont il a découvert la double identité, il sait que Batman n'est plus apparu en public depuis de longs mois et en déduit qu'il est mort, une occasion idéale pour prendre la place du playboy milliardaire de Gotham en détournant sa fortune.
Mais Elliott se montre trop gourmand et il est repéré puis enlevé par Catwoman qui le remet à Nightwing et Robin. Il est enfermé dans une cellule du manoir Wayne.
Dick Grayson endosse le costume et le nom de Batman et Damian Wayne continue de le seconder comme Robin alors que Firefly, un ancien agent du criminel Black Mask, met littéralement Gotham à feu et à sang. Profitant de la situation, Elliot s'échappe et usurpe publiquement l'identité de Wayne. Grayson et Damian, avec quelques amis, sont obligés de composer et autorise Elliot à jouer son rôle tout en l'empêchant d'aller trop loin.
Cependant, Black Mask, après l'arrestation de Firefly, confie une partie de son empire à Zsaz. De quoi occuper Batman et Robin...
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Pour apprécier cet album et les épisodes qu'il rassemble, il convient de faire le point sur la situation de Batman : Grant Morrison, le scénariste de la série consacrée au Dark Knight, a règlé son compte au justicier en deux temps. D'abord, il a fait subir au héros une longue descente aux enfers dans la saga du Gant Noir, avant, dans le crossover Final Crisis, de le faire succomber face à Darkseid. En vérité, Bruce Wayne, que tous ses amis croient vraiment mort, a été transporté dans la préhistoire et son retour attendu fait l'objet d'une saga intitulée Return of Bruce Wayne.
En attendant, ces épisodes écrits par Paul Dini, responsable de l'autre titre, l'historique Detective Comics (tout comme Action Comics est le titre original de Superman), reviennent sur la période entre la disparition de Wayne et son retour. Grant Morrison a établi (comme Ed Brubaker avec Captain America) que Dick Grayson, le disciple du héros, a décidé d'assumer l'héritage de Batman en se glissant dans son costume. Il est secondé par Damian, le fils de Wayne et Talia Al-Ghul. Désormais, Batman est l'élément "sage" du tandem tandis que Robin est un gamin violent.
Paul Dini, dans les deux premiers épisodes de ce recueil, s'emploie d'abord à conclure le dossier de Hush (Silence en vf), cet ennemi de Batman, créé par Jeph Loeb et Jim Lee dans la saga éponyme. En cavale, il est repris par Catwoman et Grayson, encore en action sous l'alias de Nightwing.
Puis, c'est le début de la série Batman : Streets of Gotham, lancée après Final Crisis, mi-2009. Grayson est devenu Batman entretemps, Hush est détenu dans une cellule du manoir Wayne, et Black Mask commande aux criminels de la ville.
Dini pilote la série selon un principe ingénieux puisque chaque épisode multiplie les narrateurs en voix-off, donnant à la fois le point de vue des "gentils" (comme le commissaire Gordon) et des "méchants" (Firefly).
Fidèle à la méthode déjà à l'oeuvre sur Detective Comics, dans un recueil comme Private Casebook, Dini écrit des récits brefs mais à l'action tendue, mais plus spectaculaire, en deux épisodes. Le personnage de Elliot/Hush sert de fil rouge aux six épisodes de l'album, de sa tentative de suicide à son sauvetage puis durant sa cavale jusqu'à sa capture, son incarcération et son évasion avant d'être "mis sous tutelle" par Grayson, Damian et leurs amis (les Outsiders, Zatanna, quelques membres de la JLA).
L'ensemble est très plaisant à lire, le rythme est soutenu, très fluide, la diversité des narrateurs conférant une ampleur à la série en suggérant la profondeur de la criminalité de Gotham. De la belle ouvrage, plus accessible que ce qu'écrit Morrison, où l'abondance de références au passé de Batman et les délires sur sa psyché tortueuse peuvent égarer les non-initiés.
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Graphiquement, c'est également brillantissime : Dustin N'Guyen forme vraiment un duo parfait avec Paul Dini, et son style à la fois "cartoony" et aux ambiances soignées conjugue à la fois originalité et qualité.
La force de l'artiste, dont le trait s'est à la fois affiné et diversifié, affranchi de tout réalisme tout en proposant des planches saisissantes (voir Gotham en feu) ou des vignettes savamment suggestives (le jeu sur les ombres, comme lorsqu'il révèle que Hush est surveillé par le Creeper alors que ce dernier est en civil), est de prolonger visuellement toutes les malices narratives sans que jamais le tempo ne s'en ressente.
A bien des égards, c'est le dessinateur le plus singulier et le plus efficace de DC aujourd'hui, avec, qui plus est, une productivité assez ahurissante (il signe les couvertures de la série et de bien d'autres !).
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Même si la série est désormais terminée Outre-Atlantique, voilà une production magistrale dont ce premier album donne très envie de découvrir la suite.

dimanche 15 mai 2011

Critique 231 : MARVEL - LES GRANDES SAGAS 3 : IRON MAN, de Warren Ellis et Adi Granov


Ce troisième album de la collection "Marvel : Les Grandes Sagas" est aussi le premier à proposer une seule histoire complète - et pas des moindres : c'est une histoire qui a fait date, puisqu'elle rassemble les 6 premiers épisodes du volume 4 de la série Iron Man, écrits par Warren Ellis et illustrés par Adi Granov, publiés par Marvel entre Janvier 2005 et Mai 2006.
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Tony Stark est un homme d'affaires richissime et un futurologue : il a construit l'armure d'Iron Man après avoir été la cible de terroristes en Afghanistan et est devenu un super-héros. Mais sa position est ambiguë : il veut à la fois pacifier le monde tout en faisant commerce d'armes, fournissant l'armée et le contre-espionnage. A l'époque où il a commencé à mener, en secret, sa double vie, il a également rencontré Maya Hansen, une brillante scientifique étudiant la formule du super-soldat (qui a engendré Captain America) : aujourd'hui, elle a mis au point l'Extremis, un concentré bioélectronique dopant le métabolisme, mais encore expérimental. Ce sérum a été vendu par le Dr Aldrich Killian de Futurepharm à un terroriste, Mallen, dont la famille a été exécutée par les agents fédéraux et qui veut se venger. Iron Man pourra-t-il le vaincre ? Et si oui, à quel prix ?
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La conception de cette histoire en six parties a marqué d'une pierre blanche la série Iron Man, non seulement parce qu'elle en inaugurait le quatrième volume, mais aussi par la qualité de son équipe créative et la durée de sa réalisation. Marvel a laissé le temps à Adi Granov, dont la technique graphique est laborieuse, de travailler : commencés en Janvier 2005, ces épisodes n'ont été achevés qu'un an et demi après, en Mai 2006 !
Commençons, une fois n'est pas coutume, par parler justement de Granov : adepte du style photo-réaliste, ses planches sont saisissantes, mélangeant des photos retouchées, des dessins peints numériquement, mais si cette méthode est bluffante quand il s'agit de représenter le héros en armure (à tel point que ses designs seront réutilisés pour l'adaptation cinématographique d'Iron Man, réalisé par Jon Favreau, avec Robert Downey Jr), le résultat est plus mitigé lorsqu'il s'agit de personnages ordinaires. De fait, le rendu est un peu froid, désincarné, les postures sont raides, l'expressivité des personnages limitée (quand bien même Granov s'est visiblement inspiré de Tom Cruise pour son Tony Stark).
Depuis Granov se consacre exclusivement à son activité de designer et de cover-artist, sans que ses productions soient plus vivantes.
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Le choix de Warren Ellis pour la rédaction du scénario est une évidence : l'auteur de Planetary est en effet obsédé par les rapports entre la technologie et l'homme/surhomme. On retrouve ce thème dans cette histoire où Stark est à la croisée des chemins, s'interrogeant sur son rôle de marchands d'armes, affrontant un adversaire modifié scientifiquement, et décidant de se transformer radicalement pour le terrasser. Jamais plus le personnage ne sera le même après cette saga.
Ellis alterne chapitres rythmés et séquences plus calmes, mais sa décompression narrative dont il a été le praticien le plus emblématique de sa génération (en faisant une sorte de "parrain" des Millar, Bendis, Brubaker et compagnie) ne fonctionne jamais aussi bien que lorsqu'il l'emploie dans des projets personnels. Ici, il exécute une commande sans beaucoup s'y investir et en devant respecter le cadre d'un héros qu'il ne peut pas révolutionner profondèment. Ce n'est pas désagrèable, mais impersonnel et inégal, parfois redoutablement efficace, parfois terriblement banal.

Un album important malgré ses faiblesses. A suivre : X-Men : Deadly Genesis par Ed Brubaker et Trevor Hairsine...

mardi 10 mai 2011

Critique 230 : BLACK WIDOW - THE NAME OF THE ROSE, de Marjorie Liu et Daniel Acuña

Black Widow : The Name Of The Rose rassemble les épisodes 1 à 5 de la série écrite par Marjorie Liu et dessinée par Daniel Acuña, ainsi que son prologue, Coppelia, issu de l'anthologie Enter The Heroic Age, écrit par Kelly Sue DeConnick et dessiné par Jamie McKelvie, publiés en 2010 par Marvel Comics.
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Lorsqu'on est, comme Natasha Romanoff, une très belle femme, une espionne (d'abord pour la Russie puis les Etats-Unis) et une super-héroïne (membre des Vengeurs), on accumule les raisons d'avoir de sérieux ennuis. Son passé tortueux et lointain lui a valu de nombreux ennemis, même si, après avoir été la maîtresse de justiciers comme Hawkeye, Daredevil, Hercule, elle vit aujourd'hui une belle histoire d'amour avec Bucky Barnes (le nouveau Captain America).
Mais lorsqu'elle reçoit une rose noire, la Veuve Noire comprend qu'on cherche à nouveau à lui nuire - et elle a raison : elle est gravement blessée, on lui dérobe de précieux renseignements (pourtant soigneusement cachés), elle est publiquement discréditée et bientôt recherchée par les autorités. Elle ne peut que compter sur quelques amis (certains connus comme Wolverine ou Tony Stark, d'autres moins comme Black Rose) et doit affronter de redoutables rivales (comme Elektra ou Lady Bullseye) pour découvrir qui lui en veut et pourquoi, au terme d'un long et douloureux voyage...
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Mine de rien, la Veuve Noire est une des plus anciennes héroïnes de Marvel, avec la Femme Invisible et la Guêpe, puisqu'elle est apparue en 1964 dans les pages de Tales of Suspense #52 (où se déroulaient les aventures de Iron Man). Elle n'a cependant pas été créée par Stan Lee mais par un certain N. Korok, de son vrai nom Don Rico (il écrivait sous un pseudonyme car il signait chez d'autres éditeurs des romans). A la fin du présent recueil, John Rett Thomas a rédigé une biographie bienvenue de l'héroïne, et dans le n° 63 du magazine Comic Box, un article de Xavier Fournier expliquait à quel point les scénaristes de la Maison des Idées n'avaient pendant longtemps pas vraiment su quoi faire de ce personnage.
Aujourd'hui, Black Widow figure dans deux séries à succès, comme second rôle récurrent dans Captain America et membre des Vengeurs Secrets, toutes deux écrites par Ed Brubaker. A l'occasion du passage du "Dark Reign" à l' "Heroic Age", Marvel a voulu donner à nouveau à l'héroïne sa propre série en en confiant la réalisation à une équipe créative prometteuse : la romancière Marjorie Liu au scénario et l'artiste espagnol Daniel Acuña au dessin. Cet album rassemble l'intégralité de leur collaboration, cinq épisodes, mais le titre n'a pas survécu longtemps à leur départ et a été rapidement annulé comme d'autres séries (re)lancées au même moment (Atlas, Hawkeye and Mockingbird, Thor the mighty avenger).
The name of the Rose se présente davantage comme un récit d'espionnage que comme une histoire super-héroïque, et c'est peut-être ce qui explique son échec (bien que dans un marché en crise et où, hors des franchises "Avengers"-"X-Men", ou "Spider-Man", toutes les nouveautés se plantent). C'est regrettable car cela signifie que le lectorat ne donne pas sa chance à des projets alternatifs et néanmoins accessibles, et surtout que la présence d'une bonne scénariste et d'un bon dessinateur ne garantit pas la viabilité d'une série.
Marjorie Liu accomplit un remarquable travail sur ce personnage, même si c'est un peu au détriment de l'intrigue : en effet, le script est efficace mais le choix de l'adversaire et son mobile manque de piment, Imus Champion n'étant pas vraiment un méchant assez connu (le même reproche peut d'ailleurs être adressé à Hawkeye and Mockingbird de Jim McCann et David Lopez ou Atlas de Jeff Parker et Gabriel Hardman, qui s'adressent plus à des connaisseurs qu'à des nouveaux venus). Cependant, l'écrivain réussit brillamment les séquences précédant la chute, ponctuant chaque épisode de face-à-face tendus, aux dialogues piquants (mention pour la scène dans le train avec Lady Bullseye). Liu parvient également à ponctuer l'enquête de la Veuve Noire de belles bagarres (contre Elektra ou Imus Champion). Bref, on ne s'ennuie pas une seconde et Natasha Romanoff possède une vraie voix, qui prouve qu'elle est une héroïne capable de rivaliser en charisme avec Captain America ou Wolverine.
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La partie graphique est donc l'oeuvre de Daniel Acuña, un artiste souvent balloté de série en série par Marvel, et qui a eu là l'occasion de s'exprimer sur une durée plus conséquente. Son style, fondée sur la colorisation directe, avec une palette chromatique vive, le distingue de la majorité des dessinateurs "au trait" et au réalisme classique. Mais il faut reconnaître que l'espagnol est particulièrement à son avantage avec l'héroïne, à laquelle il donne de la classe et du tempérament.
Acuña soigne également les décors, urbains ou bucoliques, et les ambiances, majoritairement nocturnes, sans noyer son dessin sous une masse de détails inutiles : c'est clair, dynamique, élégant. Un vrai régal, atypique mais accrocheur.
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Comme d'habitude, les éditions "Premiere" de Marvel sont parfaitement "packagées" : couverture dure avec une jaquette en papier glacé comme les pages intérieures, l'intérieur compte de jolis bonus - variant covers à foison, et l'épisode introductif extrait de l'anthologie Enter the Heroic Age, écrit par Kelly DeConnick et dessiné par Jamie McKelvie (intitulé Coppélia, d'un intérêt toutefois anecdotique).

Un bel album pour cinq épisodes très séduisants - c'est vraiment dommage que Liu (ayant préféré se consacrer à d'autres projets) et Acuña n'aient pas rencontré le succès que méritaient leurs efforts.