jeudi 20 juin 2019

GUARDIANS OF THE GALAXY #6, de Donny Cates et Geoff Shaw


Après l'épisode du mois dernier en forme de gros foutage de gueule, Donny Cates avait la lourde tâche de corriger le tir pour conclure son premier arc de Guardians of the Galaxy. Si, avec l'aide de Geoff Shaw, il nous offre une baston musclée, reste que le compte n'y est pas...


Star-Lord réclame l'union sacrée : Nebula, Gamora, Gladiator, Groot, Moondragon, Phyla-Vel, Nova, le suivent pour contrecarrer le plan de Hela qui a le corps de Thanos et sa conscience dans celui d'Eros/Starfox.


Le gang se téléporte grâce à Lockjaw sur la station Knowhere et affronte l'Ordre Noir. Gamora part s'occuper de son père et de son oncle en plein transfert. Star-Lord élimine le Cosmic Ghost Rider, très affaibli. Phyla-Vel et Moondragon écarte Hela.


Gamora tue Eros et interrompt le transfert de la conscience de Thanos qui ressuscite à l'état primal. Hela, furieuse, s'empare du canon de Proxima Midnight pour créer un trou noir et se débarrasser des héros.


Mais Beta Ray Bill détourne avec son marteau le missile qui va percuter de plein fouet Thanos. Une brêche s'ouvre alors et engloutit la station Knowhere. Les Gardiens se téléportent à l'abri grâce à Lockjaw.


Ils fêtent cette victoire dans un bar où Peter Quill propose à chacun de rester dans l'équipe. Mais Gladiator, Nova et Nebula déclinent l'offre. Phyla-Vel reste pour Moondragon et demande quel sort réserver à Rocket Raccoon.

La mission était quasi-impossible : Donny Cates a fait n'importe quoi dans le cinquième épisode - ou plutôt il a échoué lamentablement à créer une surprise qu'il avait promise en développant l'intrigue autour de l'hôte de la conscience du défunt Thanos. Dans ces conditions, conclure cette première aventure relevait du challenge improbable.

Et le scénariste n'a pas sauvé les meubles. Certes, ce sixième numéro est gorgé d'action, et la bataille qui occupe la majorité de l'épisode entre les Gardiens et l'Ordre Noir est bien mouvementé. Chaque personnage ou presque (Groot, Nebula, Gladiator et Nova sont transparents) a droit à son petit moment de gloire, mais l'essentiel revient à Star-Lord et Nebula.

Ce qui fait tiquer quand même, c'est qu'on a affaire à une vilaine qui n'est pas une demi-portion : on parle de Hela, la déesse asgardienne de la mort, capable d'en remontrer à Thor. La voir ballotée par un rayon de Phyla-Vell a quelque chose de grotesque tout comme la montrer armant un canon pour créer un trou noir... Alors que d'un geste elle pourrait tuer tous ses adversaires.

Cates aime également bien prouver son audace, un peu vaniteusement, en tuant des personnages (il a clairsemé les rangs des Inhumains dans une mini-série), et donc il se débarrasse de Starfox à la manière d'un Geoff Johns, avec Gamora qui embroche son oncle comme si elle n'avait pas le choix. Il me semble pourtant qu'avec une télépathe puissante comme Moondragon, interrompre le transfert de la conscience de Thanos aurait permis de ne pas en arriver là. Puis, emporté par son élan (et son goût des trous noirs), il fait disparaître la station Knowhere.

Mais, en fin de compte, ce qui déçoit le plus, c'est ce qui reste des Gardiens de la Galaxie à la fin de cet arc. Drax était déjà mort, Rocket est toujours absent (son sort sera traité dans les prochains épisodes), et Marvel avait "teasé" à mort sur la composition renouvelée de l'équipe. Pourtant, rien ou presque ne change : on gagne deux femmes qui n'ont eu aucune consistance pendant six numéros (Moondragon et Phyla-Vel), Groot parle désormais normalement et se la joue punk rebelle (pourquoi pas, mais surtout pourquoi avoir transformé ce personnage sympathique en pseudo-leader hargneux ?), Gladiator ne reste pas, Nebula s'éclipse sur la pointe des pieds (après avoir tenté de tuer Gamora...) et Nova fuit (dommage pour les fans de Richard Ryder et le potentiel triangle amoreux Nova-Gamora-Star-Lord). Tout ça pour ça.

Cates remercie son dessinateur et ami Geoff Shaw pour sa prestation. C'est de bonne guerre. Pourtant, l'artiste n'aura pas fait illusion longtemps, finissant même visiblement sur les rotules dans des pages sans décors (les fonds étant comblés par la colorisation de David Curiel). A force de laisser filer ses artistes ou de ne pas renouveler leur contrat, Marvel a bien du mal à trouver qui peut animer graphiquement des titres comme Guardians of the Galaxy : on est loin de la régularité et de la densité de Valerio Schiti sur la série, ou des passages-éclair de Chris Samnee et Greg Smallwood (et ne rêvons même pas à ce qu'un Immonen aurait pu donner).

De manière globale, la série résume bien le mal qui frappe les team-books où les scénaristes ont le plus grand mal actuellement à faire exister une bande de personnages, à les entraîner dans des aventures captivantes et lisibles, et où les dessinateurs ont de la peine à illustrer un casting fourni.

Je ne sais pas si je poursuis le titre, je verrai avec la lecture du #7. Mais je suis bien refroidi.   

SKYWARD #14, de Joe Henderson et Lee Garbett


C'est le pénultième épisode de Skyward et en vérité, il sonne déjà comme le dernier. L'intrigue est résolue de manière expéditive par Joe Henderson et spectaculairement mise en images par Lee Garbett. On ne peut pas dire que c'est mal fait, mais, de manière au fond logique, le coeur n'y est plus vraiment...


Luca Serrano et les fermiers sur leurs insectes géants sont aux portes de Chicago et exigent le reddition immédiate des autorités. Mais c'est alors que Lily Fowler et sa fille Willa surgissent aux commandes de leur avion, décimant une partie des troupes ennemies.


Willa et sa mère sautent de l'appareil avant qu'il n'explose et rejoignent Edison Davies et ses amis. Lily envoie ce dernier au siège de la compagnie de Roger Barrow mais le jeune homme est devancé par Serena, la compagne de Serrano.


Elle désactive les crampons magnétiques de chaussures des habitants de la ville qui s'envolent alors pour être attrapés par les insectess géants. Serrano fait irruption dans le bureau du maire en position de force.


Mais c'est alors que Willa et ses amis volent au secours des civils. Edison, lui, raisonne Serena en lui expliquant que Lucas a détruit leur ferme pour les forcer à agir. Elle rétablit le magnétisme des chaussures.


Le vent a tourné : les fermiers battent en retraite mais Lucas est arrêté avec l'aide de Willa. Edison la rejoint et ils s'embrassent. En attendant de tirer les leçons de cette crise...

On ne peut guère reprocher à des auteurs qui ont consacré quinze mois de leur existence (et certainement quelques autres en amont pour la conception) à une série de ne conclure leur run la fleur au fusil.

A l'heure de sa (presque) fin, Skyward restera comme un échec éditorial et commercial, mais pas critique - ironiquement la série est en lice pour de nombreuses récompenses. Mais le public n'a pas été assez nombreux pour que l'aventure se poursuive et la politique d'Image ne l'a pas servie.

S'il faut se défendre des généralités, un coup d'oeil sur les solicitations de l'éditeur suffit pour remarquer qu'une majorité de leurs comics surfent sur des histoires violentes, non-super-héroïques, selon les règles du creator-owned (où les créateurs travaillent sans être payés jusqu'à ce que leur oeuvre se vende).

Le récit de Joe Henderson tranche dans ce paysage en proposant quelque chose de différent, une intrigue fantastique et initiatique, où les morts s'envolent dans le ciel et pas en subissant des atrocités physiques. L'héroïne, Willa, est une jeune femme à peine sortie de l'adolescence, qui devient orpheline au terme du cinquième épisode, et évolue dans un monde étrange de fermiers rejetés par la société des grandes villes, d'insectes géants, et dont le meilleur ami est amputé des deux jambes.

L'annulation de Skyward ayant été annoncée au bout du dixième numéro et de la fin du deuxième arc narratif, l'auteur a pu composer un dénouement sur les cinq épisodes qu'on lui a accordé. Beaucoup n'ont pas ce luxe. Mais cela ne signifie pas que Joe Henderson a eu le temps de tout dire ni de le faire avec l'inspiration nécessaire.

Ainsi, on s'étonnera de quelques errements scénaristiques, comme le fait que Edison Davies, de retour à Chicago plusieurs jours avant Willa, n'ait pas pénétré les locaus de la compagnie de Barrow avant que Serena ne le fasse pour le compte des fermiers. L'épisode joue un peu au yo-yo avec les civils qui s'envolent et qui sont attrapés tou à tour par des insectes puis par la bande de Willa, le fait que Serena accomplisse le plan de Lucas puis se range à l'avis d'Edison.

Lee Garbett ne ménage pas sa peine pour rendre tout cela le plus dynamique, aérien et spectaculaire possible : le dessinateur a vraiment explosé sur ce titre et il ne devrait pas rester inactif longtemps. Je parie volontiers qu'un des "Big Two" va le récupérer vite - en espérant qu'il n'héritera pas d'une série B ou ne soit noyé dans un collectif d'artistes sur une série qui en consomme beaucoup (genre Amazing Spider-Man ou Avengers ou Justice League - même si DC a annoncé qu'en 2020 il ne publierait plus que des mensuels).

Le mois prochain donc, la série va s'arrêter. Cet ultime numéro sera intéressant, ne serait-ce que pour le ton qu'imprimera Henderson à sa saga - un adieu mélancolique ou un salut lumineux ?   

lundi 17 juin 2019

BATMAN, VOLUME 7 : THE WEDDING, de Tom King, Tony S. Daniel et Mikel Janin


Ce septième volume des aventures de Batman de l'ère "Rebirth", écrit par Tom King, regroupe les épisodes 45 à 50, soit jusqu'au fameux mariage entre le héros et Catwoman, qui donne son titre au tome : The Wedding. Les dessins sont assurés par Tony S. Daniel (#45-47) et Mikel Janin (#48-50 - ce dernier numéro ayant plusieurs artistes invités). Deux récits précédent le cinquantième chapitre.


- The Gift (#45-47, dessinés par Tony S. Daniel.) - Booster Gold a décidé d'offrir un cadeau exceptionnel à Batman pour son mariage imminent avec Catwoman. Grâce à son robot Skeets, il a remonté le temps et évité l'assassinat de Thomas et Martha Wayne. Mais en faisant cela, il a profondèment altéré la réalité, favorisant l'ascension du Joker et provoquant la transformation de Tim Drake en un Batman radicalisé. Booster propose alors à Bruce Wayne de rectifier la situation en retournant dans le passé mais essuie un refus catégorique.


Un an passe. Booster Gold libère Selina Kyle de l'asile d'Arkham, convaincu qu'en la revoyant Bruce Wayne en tombera de nouveau amoureux. Mais Batman les traque jusque chez les Wayne. Catwoman se venge de Thomas, responsable d'avoir fait fermer l'orphelinat dont elle s'occupait, tandis que Batman abat la jeune femme puis la mère de Bruce. Qui, lui, tue Batman.


Encore un an après. Bruce Wayne a suivi un entraînement pour une mission spéciale : il exige de Booster Gold de le ramener douze mois en arrière pour empêcher le massacre de ses parents par Catwoman et Batman. Mais Booster se joue de lui et ils arrivent la nuit où Thomas et Martha Wayne ont été abattus dans Crime Alley. Témoin de la scène, Bruce se suicide. Aujourd'hui, Booster s'excuse auprès de Batman et Catwoman, visiblement très perturbé par ses initiatives.


- The Best Man (#48-49, dessinés par Mikel Janin.) - Le Joker s'invite à un mariage et tue tout le monde pour attirer Batman et lui demander d'en faire son témoin à ses noces avec Catwoman. Sans otage, il menace d'abord son adversaire puis retourne son revolver contre lui. Il finit par s'agenouiller devant l'autel pour prier. Batman se joint à lui. Mais une bombe placée dans la croix explose. La déflagration oblige Catwoman à intervenir, malgré l'interdiction de Batman.


Catwoman défie et affronte le Joker. Elle le griffe à la gorge, lui coupant une artère. Il lui tire dans le ventre. Couchés dans les gravats, ils échangent sur leur relation avec Batman, chacun étant persuadé d'être celui qu'il lui faut. Le Joker est la création du héros, qui justifie son activité de justicier. Catwoman a permis au Dark Knight de connaître le bonheur tout en accomplissant sa mission. Le Joker est convaincu que Batman ne peut pas être lui-même et heureux, il se relève et pointe son arme sur Catwoman mais, ayant perdu trop de sang, il s'évanouit. Batman revient à lui tandis que Catwoman éclate de rire. 

- Pour (re)lire mon résumé et ma critique de Batman #50 , cliquez sur ce lien.

Ce sont deux histoires de fous que livre Tom King. Parus il y a juste un an, ces épisodes résument parfaitement le projet et les obsessions de l'auteur en même temps qu'elles portent à leur point critique le style du scénariste, celui qui lui vaut admiration ou rejet.

Pour bien comprendre le Batman de King, il faut accepter de lire des intrigues qui, en vérité, tournent toutes autour non pas du héros masqué de Gotham mais de son alter ego, Bruce Wayne. Qui se cache derrière la cagoule du Dark Knight ? Pourquoi mène-t-il cette vie ? A quel point cela l'affecte ? Cela l'autorise-t-il à être heureux ? Voilà toutes les questions posées par l'auteur.

Pour des raisons qui m'échappent, cette exploration psychologique est mal perçue par les fans, qui réclament le retour du détective Batman ou plus d'action et moins d'introspection (bien que les arcs narratifs de King ne manquent pas de baston). Pourtant, lorsque Grant Morrison, dont le run continue d'être cité comme un classique, délirait sur l'über-Batman, sondait les histoires les plus folles du héros longtemps écartées de la continuité, et entreprenait ainsi une déconstruction du mythe aussi sévère que celle de King, l'opposition était moins bruyante.

On reproche désormais à King une tendance au bavardage. C'est vrai que ses scripts ont gagné en texte, le langage, ses excès, ont parfois tendance à cannibaliser le récit, comme si l'auteur voulait à tout prix que le lecteur saisisse bien ce qu'il veut dire. Mais ce n'est qu'un effet, et un effet ne saurait contenir la substance.

Qu'il s'agisse de traiter des conséquences dramatico-absurdes du cadeau de Booster Gold, persuadé qu'en épargnant les parents de Bruce Wayne, Batman serait plus heureux, ou du face-à-face  tour à tour à sens unique puis très dialogué entre le Joker, Batman et Catwoman, King aborde dans les deux cas le dossier très particulier que représente Batman pour ses amis et ses ennemis. Il prépare aussi sa chute, effective à la fin du #50 quand Bane a réussi à saboter le mariage.

L'intrigue cocasse et tragique avec Booster Gold est aussi une sorte de prologue à la saga Heroes in Crisis (après Everybody loves Ivy) et permet de distinguer ce qui fait la force de Batman encore à cette époque. Parce qu'il a déjà abondamment souffert, il s'est blindé. Mais ce réflexe ne le condamne-t-il pas ? Le Joker met le doigt sur ce point en estimant que, non, Batman ne peut pas être un héros et un homme heureux - ne serait-ce que parce qu'il a créé son pire ennemi (en causant involontairement l'accident qui a transformé Jack Napier en clown du crime).

Taiseux (jusqu'au mutisme total dans son combat contre le Joker), Batman est ironiquement inconscient lorsque Catwoman parlemente avec le Joker et n'entend donc pas l'argument troublant de son ennemi (que répétera Holly Robinson à Selina Kyle le jour des noces). Le héros est un être de balance : il partage son temps entre sa vie comme Bruce Wayne, hommes d'affaires philanthrope, et Batman, protecteur de Gotham ; il côtoie des parangons de vertu comme Superman et aime une voleuse comme Catwoman ; il est le jouet de Booster Gold qui en voulant bien faire détruit tout et l'adversaire du Joker qui ne peut se résoudre à le tuer car il perdrait comme lui sa raison d'être. Lorsque Bane le privera d'un élément, Batman perdra son équilibre et sombrera - comme King le démontrera dans les prochains épisodes, une longue et terrible descente aux enfers (trop longue visiblement au goût de certains cadres de DC, qui ont décidé d'abréger le run de l'auteur).

Pour bien raconter ces histoires dérangeantes, intenses, poignantes et sophistiquées, abondantes en références (des noms de rues baptisées des plus grands auteurs de la série aux tics narratifs empruntés à Alan Moore), King s'appuie sur des artistes solides, parfois géniaux.

Les trois premiers épisodes sont dessinés par Tony S. Daniel (qui fut justement l'un des partenaires de Grant Morrison). Le résultat est très inégal, à cause de l'encrage (d'abord par John Livesay, trop fin, puis de Sandu Florea, trop cassant), mais surtout à cause de faiblesses récurrentes chez Daniel. Parfois capables de fulgurances, il est aussi capable de rater complètement des proportions, des perspectives. Il est très à l'aise pour animer Catwoman ou représenter un Batman sur-armé, mais se plante complètement quand il faut montrer des personnages en civil. Le même dessinateur épate en revanche quand il faut préciser l'évolution physique de Booster Gold, amaigri, barbu, dément.

Le niveau monte de plusieurs crans quand Mikel Janin revient. L'espagnol s'est imposé comme l'artiste du run de King avec son trait élégant et fouillé, ses compositions originales, son découpage impeccable. Une fois encore, il prouve toutes sa compétence en maintenant un niveau de qualité indiscutable sur trois épisodes d'affilée. Sous son crayon, Catwoman est belle à tomber, Batman imposant et marmoréen, le Joker inquiétant, et dans le #50, c'est un festival car il réussit à ne jamais être éclipsé par les artistes invités pour livrer une pleine page tout au long de l'épisode (et il y a un paquet de pointures !).

Après ça, rien (mais alors vraiment rien) ne sera plus comme avant pour Batman. Ni pour Tom King...    

dimanche 16 juin 2019

THE OA (Saison 2) (Netflix)


Près de trois ans après sa première saison (ou plutôt Partie, puisque c'est ainsi que les auteurs la nomment), The OA fai son grand retour sur Netflix. La série la plus folle, la plus inclassable et la plus fascinante avait la lourde tâche de faire aussi bien : elle réussit à faire mieux car Brit Marling et Zal Batmanglij, ses créateurs, font surtout différent. Huit nouveaux épisodes littéralement renversants, avec un final complètement ahurissant.

 Karim Washington (Kingsley Ben-Adir)

San Francisco. Karim Washington, ancien agent du FBI reconverti en détective privé, accepte de mener l'enquête pour retrouver Michelle Vu, une jeune fille dont la grand-mère est sans nouvelles depuis quinze jours. Il découvre qu'elle était une adepte d'un jeu en ligne, "le Puzzle", mis au point par le milliardaire Pierre Ruskin pour une campagne de "crowdsourcing". Karim suit sa piste en se conformant aux règles de ce jeu de piste qui le mène jusqu'à une maison abandonnée.

 Nina Azarova (Brit Marling)

Sur un ferry naviguant sous le Golden Gate Bridge, Nina Azarova, l'associée de Pierre Ruskin, qu'elle fuit, est prise d'un malaise cardiaque au même moment où, dans le Michigan, Prairie Johnson, à laquelle elle ressemble trait pour trait, reçoit une balle en plein coeur d'un tireur semant la terreur dans le lycée de la ville. Conduite à l'hôpital, Nina est investie par la personnalité de Prairie. Son comportement inquiète et pour échapper à l'asile, elle accepte de séjourner deux semaines dans une clinique privée. Elle découvre que l'établissement est tenu par Hunter "Hap" Percy, qui a pour adjoint Homer Roberts - le premier se souvient d'elle, l'autre pas du tout.

 Buck, Steve et "BBA" (Ian Alexander, Patrick Gibson et Phyllis Smith)

Dans le Michigan, après la mort de Prairie Johnson, Steve tente de convaincre French et "BBA" de répéter les cinq mouvements que leur avait appris leur amie pour la rejoindre dans une autre dimension. Réticents ou opposés au projet, ils changent d'avis quand Buck sent une présence captive dans un miroir. Avec Angie, la petite amie de Steve, et Jesse, autre rescapé de la fusillade au lycée, ils entament alors un étrange pélerinage vers l'Ouest où "BBA" doit assister aux obsèques de son oncle.

 Praire Johnson dans le corps de Nina Azarova

L'enquête de Karim l'a donc conduit dans la maison abandonnée où il a croisé la route d'un autre gamer devenu fou et qui s'est suicidé sous ses yeux en se défenestrant. Interné en clinique pyschiatrique, la victime oriente les recherches du privé vers l'établissement "Treasure Island", où travaillent donc "Hap" et Homer. Prairie aborde Karim en reconnaissant Buck sur la photo de Michelle Vu et le convainc de l'aider à s'échapper en échange de son aide pour accéder à une entrée secrète de la maison.

 Karim et Prairie/Nina

"Hap" rencontre Elodie, une femme capable de voyager à sa guise entre les dimensions, quand Homer l'appelle pour le prévenir de l'évasion de Prairie. Pendant ce temps, cette dernière et Karim explorent la maison et découvrent un passage secret. Séparés en progressant dans un labyrinthe, Parie rencontre une entité interdimensionnelle qui lui recommande d'avoir des alliés pour affronter "Hap". Karim réussit à sortir de la maison, seul. Elodie montre à "Hap" un mécanisme permettant de sauter entre les dimensions sans exécuter soi-même les cinq mouvements.

 Jesse, Steve, French, Buck et Angie (Brendan Meyer, Patrick Gibson,
Brandon Perea, Ian Alexander et Chloe Levine)

"BBA" arrive chez sa cousine pour préparer les funérailles de son oncle. Mais la police est à ses trousses car on croit qu'elle a enlevé Jesse, Steve, Buck et Angie pour intégrer une secte vénérant des adorateurs de Prairie. Toujours traumatisé par la fusillade au lycéee, Jesse se suicide avec des cachets de l'oncle de "BBA". Ce drame oblige le groupe à fuir et à se cacher dans un motel avant de décider de gagner San Francisco où Jesse pensait que Prairie se trouvait. 

 Prairie/Nina

Karim revient dans la maison avec la police où des analyses révèlent un taux de mercure élevé provenant du sous-sol, qui aurait pu causer des hallucinations et un empoisonnement. Prairie a entre temps réussi à sortir du bâtiment et se réfugie dans la suite d'un hôtel où Nina résidait. Elle a compris que pour avoir accès aux souvenirs de Nina, elle doit revivre son traumatisme originel et s'immerge dans une baignoire. Les différences et les similitudes entre leurs deux existences apparaissent. L'esprit de Nina reprend le dessus et elle est prête à confronter "Hap". Karim, lui, défie Pierre Ruskin qui détient Michelle Vu, plongée dans le coma sans qu'il puisse faire quoi que ce soit. Ses expériences, menées avec Nina, sur les rêves, lui ont cependant appris que Karim et la maison sont connectés.  

 Hunter "Hap" Percy et Prairie/Nina (Jason Isaacs et Brit Marling)

"BBA" et le groupe arrivent à San Francisco et pénétrent dans la clinique désaffectée où la présence de Prairie les guide. Nina se présente à la réception de la clinique pour revoir "Hap". Homer la conduit à lui et elle lui permet de se rappeler de leur amour passé durant leur détention dans la première dimension. Karim explore à nouveau le labyrinthe de la maison sans se perdre. Nina/Prairie découvre comment, en sacrifiant Scott et Rachel, "Hap" à dresser une carte sommaire du multivers et comment il compte sauter dans une nouvelle dimension avec elle grâce au mécanisme d'Elodie. "BBA" et le groupe répétent les cinq mouvements au même moment dans la première dimension. Homer tente d'empêcher "Hap" d'accomplir son plan. Prairie s'envole sous les yeux de "Hap" et Karim, qui a trouvé un passage entre la maison et la clinique. Distraite par Karim, Prairie tombe et entraîne "Hap" dans une troisième dimension... Où elle est Brit Marling et lui, Jason Isaacs. Karim aperçoit sur la plateau de tournage de la série The OA" Buck et l'entraîne dans la deuxième dimension où il provoque ainsi le réveil de Michelle Vu. Conduite en ambulance à l'hôpital, Prairie/Brit est rejointe en route par Steve qui signifie à "Hap"/Jason qu'il sait qui il est.

L'OA sur le plateau de la série The OA (!)

Tout d'abord, je spoile la fin parce que la saison 2 (Part II) a été mise en ligne depuis bientôt deux mois (le 22 Mars précisèment) et je pense que ma critique n'atteindra majoritairement que des personnes l'ayant déjà vue.

Mais, bien entendu, c'est un choix "éditorial" car révéler le dénouement pour une série qui mise tout sur  l'imprévisibilité de son intrigue, c'est en exposer l'essentiel. Toutefois, je pense qu'on peut rester totalement interloqué par cette conclusion même en en connaissant les termes car The OA est une expérience immersive si intense que le voyage compte plus que la destination. Et d'ailleurs, qui sait, avec cette fin, comment rebondira la série (et à quand ? Les auteurs ont prévenu qu'il faudra encore une fois être patient...) ?

Ce qui surprend avant cela, c'est le subtil changement opéré par les scénaristes (Brit Marling et Zal Batmanglij - également réalisateur - ont rédigé six des huits épisodes). La première saison se distinguait par le format élastique de sa narration avec des épisodes durant parfois une demi-heure jusqu'à plus d'une heure. Cette fois, on oscille entre quarante-cinq minutes et soixante et quelques. Tout est plus carré, plus dense aussi - certains diront plus sage (encore que le contenu contredit toute "sagesse").

Tout démarre de manière déroutante : la première scène reprend là où se terminait la dernière de la saison précédente, avec Steve courant à perdre haleine derrière l'ambulance qui emmenait Prairie Johnson, blessée par balles. Puis, sans transition, nous voici à San Francisco, en compagnie d'un détective privé sur les traces d'une jeune gameuse, disparue en suivant la piste d'une énigme en ligne. L'affaire est immédiatement captivante, malgré le cliché de l'enquêteur et les ramifications de l'affaire (un milliardaire obsédé par l'interprétation et la convergence des rêves, une maison hantée). C'est aussi grâce au charisme de l'acteur Kingsley Ben-Adir, véritable révélation.

On retrouve Prairie bien vivante dans la même ville l'épisode suivant. Mais est-ce vraiment elle ? Non, ce serait trop simple. Brit Marling endosse un double rôle particulièrement fascinant qui valide la théorie avancée dans la série auparavant comme quoi, lorsqu'on meurt, on saute en vérité dans une autre dimension, une autre ligne temporelle, dans un corps qui est la copie exacte du nôtre mais avec sa personnalité, ses souvenirs propres. Les conditions du saut déterminent l'état de conscience du nouveau corps et Prairie est confuse car sa mémoire est mêlée à celle d'une certaine Nina Azarova... Qui se trouve être l'associée de Pierre Ruskin, le concepteur du jeu précité.

Ensuite, on va se rendre compte que "Hap" avec Scott, Rachel, Renata et Homer ont eux aussi fait le grand saut. "Hap" dirige une clinique psychiâtrique, financée par Ruskin (tout se lie progressivement), Homer a perdu la mémoire et est devenu son adjoint, tandis que Scott, Renata et Rachel sont internés, avec des souvenirs fluctuants (Scott se souvient de tout, Rachel est aphasique, Renata est dans le déni).

Pas besoin alors d'être un grand clerc pour deviner que l'enquête de Karim va le mener jusqu'à cette clinique, qu'il va en faire échapper Prairie car elle a reconnu Buck sur la photo de Michelle Vu (la disparue), que la maison hantée est un portail interdimensionnel, et que le groupe d'amies de Prairie dans le Michigan va entreprendre une véritable odyssée pour retrouver la jeune femme. Par contre, le parcours est sinueux et ses étapes captivantes.

J'ai été surpris en me replongeant dans les critiques de l'époque de lire que beaucoup avait trouvé la saison 1 truffée d'éléments "ridicules" (notamment la fameuse danse des cinq mouvements). Il est certain que pour apprécier la série, il faut en accepter les bizarreries. Mais c'est dans son concept même car The OA (dont les initiales signifient Original Angel, soit l'Ange Originel) interrogent la foi, moins au sens religieux du terme qu'au niveau de ce qu'on est prêt à accepter pour une fiction, ce qu'on appelle aussi la suspension de crédibilité. Il ne s'agit pas de considérer ce récit comme réaliste - on est clairement dans un registre fantastique - mais plutôt d'admettre sa curiosité, son excentricité, comme les règles d'un jeu délirant.

A partir de là, tout ce qui peut prêter à ricaner chez les moins joueurs des téléspectateurs devient tolérable. Et pour ceux qui ont la "foi", qui ont accepté dès le début l'originalité décapante, singulière, étrange de The OA, alors c'est la garantie d'un périple vraiment envoûtant mais aussi, pour cette nouvelle saison, plus efficace, plus directe (avec des réponses apportées à certaines questions - pas toutes cependant).

Une interprétation possible et potentiellement plus pratique pour le plus grand nombre est de concevoir la série comme une sorte de polar romantique : en ce sens, le rôle de Karim Washington est un bon guide, on le suit dans son enquête et avec lui, on est perplexe, happé, frustré, dépassé, troublé. Les relations entre Prairie, "Hap" et Homer se rapprochent de celles d'un triangle amoureux entre ceux qui se trouvent, ceux qui se chassent (Hunter, le prénom de "Hap", signifie "chasseur"), ceux qui promettent de se retrouver (ce que fait jurer Prairie à Homer à la fin). Le groupe du Michigan fonctionne aussi sur des ressorts sentimentaux, allant de l'amitié à la notion de famille recomposée, avec "BBA" comme figure maternelle centrale, et les nombreuses nuances composées par chacun des membres (être l'élu pour Steve, être spectatrice pour Angie, assumer son homosexualité pour French, vivre en transgenre pour Buck, survivre au trauma pour Jesse - dont le destin, tragique, offre un des moments les plus poignants de la saison).

Parce qu'elle est une oeuvre expérimentale, la série ne peut éviter quelques menus ratés, ou du moins certains aspects moins accomplis - ce qui ne signifie pas qu'ils ne seront pas corrigés dans le futur (la production annonce encore quatre saisons, mais Batmanglij nuance en revenant sur a nature élastique de la narration, qui pourrait diminuer ou prolonger l'aventure). L'exemple le plus notable concerne le traitement du groupe des cobayes de "Hap" : à part Scott (qui, lui aussi, connaît un sort cruel), les autres sont peu traités (Renata surtout, mais Rachel n'est guère mieux lotie). Le cas d'Homer est plus spécial, compte tenu de la situation dans laquelle il se trouve - et Emory Cohen est vraiment impeccable dans ce rôle d'amnésique manipulé.

En revanche, un personnage secondaire comme Elodie, incarnée par la française Irène Jacob, suggère bien des pistes : s'agit-il de Khatun, la femme précédemment incarnée par Hiam Abbas, qui reçut Prairie enfant lors de son accident et lui ôta la vue contre la vie sauve ? C'est une possibilité qui expliquerait qu'elle sache voyager entre les dimensions sans effectuer les cinq mouvements, mais au moyen de cubes mécaniques, et avec la connaissance d'un "carburant", d'une énergie répandue mais volatile.

De toutes les manières, les dès sont puissamment relancés avec ce final spectaculaire et ahurissant où fiction et (presque) réalité se rejoignent. Une idée de génie, qui va faire phosphorer les fans, mais avec un effet saisissant et jubilatoire quand Jason Isaacs se présente sous son vrai nom tout en jouant encore le rôle de "Hap" et appelle Brit sa partenaire. Les auteurs poussent la confusion jusqu'au bout en affirmant que Isaacs et Marling sont mariés (ce qui est faux) puis en réintroduisant Steve (à moins qu'il ne s'agisse désormais de son interprète, Patrick Gibson) dans cette troisième dimension et qui interpelle Isaacs en le nommant "Hap". Vertigineux.

Pour un moment comme ça, mais aussi pour tout ce qui y a conduit auparavant, The OA conserve son titre de meilleure série actuelle. Magistrale.     

samedi 15 juin 2019

SUPERMAN #12 / SUPERGIRL #31, de Brian Michael Bendis, Marc Andreyko, Ivan Reis, Kevin Maguire et Eduardo Pansica



Une critique groupée car, ce mois-ci, les épisodes de Superman et de Supergirl racontent la même chose, à peu de choses près. C'est pourtant davantage l'occasion d'observer si Brian Michael Bendis et Marc Andreyko ont bien collaboré que de saluer des avancées notables dans les intrigues des deux séries. Les révélations et les règlements de comptes, ce sera pour Juillet.
  

Jor-El est la cible d'attaques simultanées menées par les Thanagariens, les Khunds et le collectif de Trillium (les forces menées par Gandelo). Superman, son fils Jon et sa cousine Supergirl lui portent secours tandis que Rogol Zaar, Jax-Ur et Zod se joignent à la bataille après s'être échappés de la Zone Fantôme. 


Le renfort de Supergirl est précieux pour affronter Zaar en particulier puisque la kryptonienne détient désormais la hache du criminel. Quand celui-ci veut la lui reprendre, elle peut à son tour compter sur l'aide de Superman et Jon Kent.


A l'appel de Jor-El, le trio rejoint son vaisseau qui s'éloigne du théâtre des combats à toute vitesse, semant ses poursuivants. C'est l'heure des retrouvailles pour la maison des El.


Kara Zor-El explique ce qu'elle a découvert : la responsabilité de Zaar dans la destruction de Krypton mais surtout celle du Cercle pour lequel il était en mission. Jor-El a sauvé Kal-El de l'apocalypse car il savait ce qui allait se passer, en tant que membre de ce Cercle.



Supergirl doit repartir appréhender Gandelo et Jon l'accompagne. Superman reste avec son père qui l'a vu, durant la bataille, converser avec Zod : le général l'a mis en garde contre son père. Et ce dernier décide donc d'emmener son fils où était Krypton pour lui raconter toute la vérité.

Une certaine frustration, et même de la déception dominent après la lecture de ces deux épisodes dont seules es dernières pages promettent de vraies réponses, à défaut d'un dénouement.

Cela fait un an pile que Brian Michael Bendis a pris en main la série Superman, où peu pensait le voir à l'oeuvre car on l'associe plus volontiers aux "street-level heroes" (comme Daredevil, Spider-Man, etc). Pourtant il ne fait aucun doute que le transfuge de Marvel a vite prouvé à tous qu'il avait des choses à dire avec l'homme d'acier, parvenant même à animer son autre titre, Action Comics, sans se répéter.

On pouvait légitimement espérer que ce douzième épisode serait un point culminant dans la longue bataille qui oppose Superman à Rogol Zaar, le destructeur de Krypton. Et ce, d'autant plus que Supergirl était de la partie puisque dans sa propre série, la kryptonienne, partie enquêter sur la fin de sa planète natale, a découvert un sombre complot.

Marc Andreyko a plutôt brusquement été obligé de rapatrier son héroïne pour participer au combat au centre duquel Jor-El se trouvait, pris en tenaille entre des Thanagariens, des Khunds et les forces du collectif de Trillium mais aussi de Rogol Zaar, le général Zod et des fugitifs de la Zone Fantôme.

L'heure est donc à la baston et on est pas déçu par la puissance de cette séance de bourre-pifs cosmiques. Mais le lecteur des deux séries, peut-être plus que de compter les points (et les poings), s'amusera volontiers des faux raccords entre les scripts et les planches. Premier exemple quand Rogol Zaar remarque la présence de Supergirl en possession de sa hache.

 Ivan Reis dessine un crochet du gauche de Supergirl...
 ... Quand Eduardo Pansica représente un coup de ladite hache par
Supergirl contre Rogol Zaar !

Aujourd'hui, scénaristes et artistes ne travaillent plus comme jadis dans les locaux de leur éditeur. Si cela était encore le cas, Reis et Pansica, mais avant eux Bendis et Andreyko, auraient pu corriger cette erreur de mise en scène. Dans les deux cas, Zaar en prend plein la tronche, c'est l'essentiel, certes, mais un coup de poing, ce n'est quand même pas pareil qu'un coup de hache !

Heureusement, après le combat, les El se retrouvent dans le vaisseau de Jor et là, tout le monde a accordé ses violons pour un joli moment - qui tombe pile-poil pour le "Superman's Day".
 Ivan Reis (avec un texte minimal de Bendis)...
 ... Pansica (avec plus de narration d'Andreyko).

C'est à partir de ce moment-là d'ailleurs que les récits partent dans des directions distinctes : Supergirl doit repartir s'occuper de Gandelo, la dirigeante des forces de Trillium, membre du Cercle, et donc commanditaire de la destruction de Krypton par Rogol Zaar. Jon Kent veut les accompagner, elle et Krypto.

Bendis va encore s'attirer les foudres de certains fans car il se débarrasse de Jon en le laissant filer avec sa cousine. L'attitude du scénariste est effectivement troublante car s'il ne montre aucune animosité envers le fils de Superman, il préfère visiblement quand il n'est pas dans les pattes de son père (et ça vaut encore plus pour ses aventures dans Action Comics où l'accent est mis sur le couple Clark Kent-Lois Lane, cette dernière ne paraissant pas tellement en manque de son rejeton).

Et, comme un symbole, à nouveau, les narrations déraillent.

Bendis et Reis montrent Jon Kent et Supergirl
quittant le vaisseau de Jor-El en s'envolant dans l'espace... 
... Quand Andreyko indique à Pansica qu'ils se téléportent
grâce à un dispositif intégré à la tenue de Jon par Jor-El !

Je chipote mais, ce n'est pas si grave en vérité. Si les editors de deux séries avaient fait leur boulot, ils auraient remarqué ces incohérences et les auraient signalées aux auteurs qui les auraient rectifiées.

Le plus important est ailleurs : Supergirl et Jon vont réclamer des comptes à Gandelo pendant que Jor-El emmène Kal-El là où se trouvait autrefois Krypton en lui promettant des révélations. Rogoal Zaar et sa clique sont toujours libres et finiront certainement par rejoindre Superman et son père, sans savoir que le général Zod manipule le destructeur de Krypton pour mieux le trahir et le vaincre au bon moment avec Superman.

On notera aussi que les cinq premières pages sont dessinées par Kevin Maguire : cinq pages, d'un faible niveau, cela ressemble vraiment à une démission de la part de l'artiste. Son encreur reste un peu plus et encre quelques planches de Pansica, dont il n'hésite pas à modifier le trait (c'est aussi flagrant que moche). Il faut vraiment que DC officialise Pansica comme seul artiste de Supergirl car Maguire ne fait même plus illusion.

Reis, en revanche, impressionne toujours : sa complicité avec Bendis est évidente et la puissance de ses planches est redoutable. Il a retrouvé son meilleur niveau (et plus encore car il a mûri depuis Green Lantern).

Ce crossover express n'est donc pas sans défaut, il est même redondant et mal coordonné, mais son issue vaut mieux que son initiation.

La variant cover (de Superman #12) d'Adam Hughes.