samedi 8 mai 2021

BATMAN #108, de James Tynion IV et Jorge Jimenez


Ce 108ème numéro de Batman nous présente Molly Miracle, une création originale de James Tynion IV et Jorge Jimenez. Et nous permet surtout d'en savoir plus sur le Collectif Insensé dont elle est une des membres. Mais le scénario, comme d'habitude assez dense, continue de développer des intrigues parallèles et entraîne le dark knight dans une aventure qui explore de manière habile son nouveau statu quo et éclaire sur les événements relatés dans Future State : Dark Detective.


Le maire Nakano s'adresse, sur le perron de l'hôtel de ville, à des journalistes pour célèbrer Sean Mahoney, gardien à l'asile d'Arkham, ayant survécu à son attaque. Simon Saint l'aborde. Depuis son QG, Oracle observe la scène et remarque que l'Epouvantail fait de même.


Barbara Gordon appelle Bruce Wayne pour le prévenir mais celui-ci a été neutralisé par la sécurité du Collectif Insensé qu'il a infiltré sous l'alias de Match Malone. Molly Miracle se charge de lui et l'invite pour une visite guidée des installations de l'organisation, dans des immeubles abandonnés.


Sean Mahoney est conduit aux laboratoires de Simon Saint qui évoque son projet de Gardiens de la Paix pour le programma de la Magistrature. Mahoney se dit prêt à aider, même s'il faut en passer par une préparation très douloureuse.
 

Molly et Bruce traversent un atelier basé dans un bâtiment construit par les entreprises Wayne mais inachevé. Elle lui explique que le Collectif Insensé veut éveiller les consciences des classes populaires, avec l'aide de Simon Saint qui veut, via les médias, encourager la rebellion...

Ce qu'on retiendra sans doute le plus de cet épisode, c'est à quel point il éclaire sur la situation de Gotham avant les événements relatés dans Future State : Dark Detective. James Tynion IV a visiblement bien préparé son affaire et DC prouve que ces histoires futuristes du début de l'année n'étaient pas qu'un intermède-gadget mais bien un flash-forward.

On raille souvent l'éditeur pour ses events en carton et ses initiatives sorties de nulle part, mais il semble bien que DC ait planifié quelque chose de plus profond que prévu. A moins que ses auteurs n'aient pris conscience des opportunités qu'offrait Future State et se soient arrangés pour en faire le socle d'histoires en guise de prologues. Quoi qu'il en soit, le résultat est captivant car il s'inscrit dans une perspective.

Jusqu'à présent, Tynion disposait ses pions (et il ne les a pas tout expliqués) mais le lecteur devait être patient pour saisir l'imbrication de toutes les pièces. Dans ce numéro, on y voit nettement plus clair, les pièces du puzzle s'assemblent et dévoilent une machination minutieuse et haletante.

Tout, en vérité, est lié : le Collectif Insensé, Simon Saint, l'Epouvantail, le programme de la Magistrature, les Gardiens de la Paix, la nouvelle situation de Batman. Et c'est jubilatoire car c'est bien fait. Tynion tire pleinement profit de ce qu'il a mis en place fin 2020, avant Future State : Bruce Wayne/Batman est diminué, sa fortune a décru, le GCPD n'est plus son allié, la mairie a mis sa tête à prix (en fait tous les masqués sont dans le collimateur de l'administration). Affaibli, le héros n'a plus un couo d'avance, il n'est plus maître de la partie, au contraire il accuse un sérieux retard et doit composer avec des adversaires préparés et surtout ligués.

L'épisode est construit sur le principe de la visite guidée : d'un côté, Sean Mahoney est pris en charge par Simon Saint et on comprend enfin que ce gardien de l'asile d'Arkham, qui a miraculeusement survécu à l'attentat (décrit dans Infinite Frontier #0), est le fameux Gardien de la Paix 01 contre qui Batman s'est battu jusqu'à la mort dans Future State : Dark Detective. De l'autre, on suit Bruce Wayne (grimé en Match Malone, même si ce déguisement va être percé à jour) dans les pas de Molly Miracle, une des membres du Collectif Insensé, ce groupuscule qui veut profiter du climat anxiogène qui règne en ville pour pousser les gothamites les plus modestes à se rebeller contre la haute société. Lorsque Molly avoue que le Collectif est de mèche avec Simon Saint, tout fait sens, et surtout on devine à quoi rime cette scène récurrente qui ouvre chaque épisode de cet arc où l'Epouvantail torture un homme (dont je ne vous révèlerai pas l'identité).

Je dois avouer que, jusqu'à présent, les personnages créés par Tynion et intégrés dans Batman ne m'ont guère convaincu, que ce soit Punchline, Clownhunter, Ghost-Maker. Quand j'ai découvert le character's design de Molly Miracle par Jorge Jimenez, j'ai même cru à une mauvaise blague à cause de son look improbable et criard.

Je continue à être ahuri par l'aspect de cette jeune anti-héroïne, Jorge Jimenez s'est vraiment lâché, ce n'est pas du meilleur goût. Mais contre toute attente, le dessinateur et son scénariste produisent un personnage plus intéressant que prévu. Il ne s'agit pas d'une énième variation du Joker ou de Harley Quinn (comme l'est Punchline), et par ricochet le Collectif Insensé apparaît comme une organisation plus troublante qu'espérée. Il y a un discours social, politique assez malin derrière, qui rencontre un écho avec nos Gilets Jaunes et tous les mouvements contestataires, contre-culturels, collapsologues actuels. Molly Miracle est une sorte de figure emblématique, une pasionaria, qui croit vraiment en une révolution de la base, tout en étant déjà corrompue par une collaboration avec un riche affairiste "sécuritariste".

Jorge Jimenez contribue comme toujours formidablement à la dimension spectaculaire d'un épisode pourtant exclusivement centré sur les dialogues, sans scènes d'action. On survole Gotham sur un drone géant, et la ville est représentée de manière étonnante, surtout quand Bruce et Molly rejoignent un bâtiment abandonné, symbole de toute une population délaissée mais qui s'est réappropriée ces constructions.

Jimenez, qui a un trait flirtant avec l'exagération, parvient pourtant à camper Molly comme une jeune femme à la parole construite, avec un calme impresssionnant, qui n'est pas du tout dominée par Wayne. De même Simon Saint n'est pas non plus une caricature de riche savant fou, mais un type posé, ce qui le rend plus flippant. Dans l'ombre, la figure de l'Epouvantail incarne une menace plus familière, mais en le laissant pour l'instant en retrait, Tynion et Jimenez contribuent à le rendre lui aussi encore plus inquiétant car il ne fuit pas quand Oracle le surprend (au contraire, il lui adresse un signe de la main, comme s'il la défiait).

Rien à redire : c'est vraiment bien foutu, implacable. Je n'attendais pas James Tynion IV à ce niveau, lui qui m'a souvent agacé avec des débuts laborieux. Quant à Jorge Jimenez, sa contribution est bluffante. Si ça continue comme ça, on n'est pas à l'abri d'un classique. 

vendredi 7 mai 2021

MARAUDERS #20, de Gerry Duggan et Stefano Caselli


Jordan White, l'editor-in-chief des séries X, l'a annoncé depuis plusieurs mois : en 2021, de grands bouleversements attendent le personnage de Tornade. Dans cet épisode de Marauders, Gerry Duggan les acte autour d'un dîner entre les membres de l'équipe et la principale intéressée. C'est aussi l'occasion de revenir sur quelques hauts faits d'armes de la déesse, et aussi de savourer des planches magnifiques de Stefano Caselli, colorisées par Sunny Gho et Chris Sotomayor.


A bord du navire Mercury de Kitty Pryde, sur une mer démontée, se tient un diner en l'honneur de Tornade, qui vient d'annoncer aux Marauders qu'elle quitera bientôt l'équipe. Chaque convive revient sur un moment où la mutant africaine les a impressionnés, sans même utiliser ses immenses pouvoirs.


Pyro se rappelle d'une récente visite en Inde où elle a délivré une mutante exploitée par un démanteleur d'épaves. Bishop parle d'une négociation en Angola avec des rebelles armés qu'il a raisonnés en leur faisant croire à la présence de sa partenaire tandis qu'un orage grondait.


Iceberg se remémore un épisode après la bataille de Madripoor où Ororo Munroe a infligé une correction au Maître de la Haine au point de le dissuader de continuer ses activités. Callisto évoque à demi-mots sa résurrection après l'Epreuve où Tornade l'a aidée.


Kitty revient sur la fois où elle s'est cassée le nez sur le portail de Krakoa. Emma se souvient quand elle et Tornade avaient échangé leurs corps. Emma se retire et trouve Sebastian Shaw sur le pont où il mentionne la défunte Lourdes Chanel à la veille du gala du Club des Damnés...

La (superbe, comme d'hab') couverture de Russell Dauterman est une friandise adressée aux vieux fans des X-Men de Chris Claremont dans les années 80, quand Tornade arborait sa coupe mohawk, que Kitty Pryde se faisait appeler Shadowcat et que Diablo avait une romance avec Ororo Munroe. La mutante, maîtresse des éléments, semble contempler ce souvenir dans le soleil couchant (à moins que ce ne soit à l'aube). Tout cela rejoint l'annonce de Jordan White, l'editor de la franchise X, qui avait promis que 2021 marquerait une évolution spectaculaire pour Tornade.

Le script de Gerry Duggan met en scène un dîner à bord du navire Mercury, volé par Kitty Pryde au tout début de la série Marauders. Tornade annonce qu'elle va quitter l'équipe après le gala du Club des Damnés, sans préciser ses projets. Mais ceux-ci seront dévoilés bientôt et révéleront l'ampleur des changements dans sa vie (peut-être en relation avec la faveur que lui doit Xandra, l'impératrice Shi'ar, qu'elle a sauvée dans X-Men #17 ?).

Duggan n'a finalement guère utilisé le personnage de Tornade dans sa série, elle semblait ne pas entrer vraiment dans ses plans, et honnêtement sa présence ne semblait se justifier que par les liens quasi-maternels qu'elle entretient avec Kitty Pryde. Les interventions récentes et marquantes de Callisto fonctionnaîent bien mieux car la reine des Morlocks s'inscrit naturellement mieux dans le ton d'une série comme Marauders.

Le "problème" Tornade ne date pas d'hier. Peu de scénaristes savent bien l'écrire et encore moins savent l'employer à sa juste valeur. C'est souvent le souci de Marvel avec des personnages comme elle, trop puissants (en son temps, déjà, John Byrne, co-écrivant les épisodes de Uncanny X-Men avec Claremont notait que Jean Grey/Phénix avait été penséé comme l'équivalent de Thor chez les mutants avant qu'ils ne se rendent compte qu'elle était trop puissante pour permettre aux adversaires de l'équipe d'exister de manière assez menaçante). Tornade est qualifiée de "déesse", c'est une mutante de niveau Oméga, elle souffre du syndrome Phénix. Et plusieurs auteurs en ont fait une femme volontiers arrogante, même si elle a connu des épreuves terribles (une enfance misérable, la perte de ses pouvoirs).

Duggan fait pourtant preuve de subtilité au moment de rendre Tornade à qui voudra bien la prendre. Les convives du Mercury évoquent tour à tour un moment important qu'ils ont partagé avec elle et le scénariste se montre habile dans cet exercice, sans sombrer dans l'hagiographie, évoquant des scènes qu'on n'avait pas vues, d'autres où Tornade est carrément absente, d'autres encore où son rôle n'est que suggéré, enfin d'autres qui renvoie à un vieil épisode de la période Claremont-Cockrum (le souvenir de l'échange des corps cité par Emma Frost).

Ce qui est évident, c'est que Duggan aurait visiblement préféré écrire Ororo sans pouvoirs, car elle inspire curieusement plus de respect et d'intérêt à ses yeux. Le scénariste s'amuse à un petit jeu autour du goût et de l'adresse de Tornade pour les couteaux, chacun des convives pariant sur le nombre de lames qu'elle porte sur elle. Ainsi on peut deviner que, malgré ses immenses pouvoirs, Ororo s'arme encore comme si elle devait perdre ses capacités mutantes (comme à l'époque où une arme de Forge l'en priva et qu'elle portait sa fameuse coupe mohawk). Et tous les invités du repas conviennent que, effectivement, Tornade n'a guère besoin d'invoquer les éléments pour s'imposer face à l'ennemi ou asseoir son autorité. Cela peut inciter à se poser la question : Ororo se prêterait-elle à l'Epreuve (le "Crucible') si elle perdait ses pouvoirs pour les récupérer ? Pas sûr... Mais alors quelle serait sa place dans la nation X, à la table du conseil de Krakoa ? On comprend bien que ces interrogations sont partagées par le personnage et rencontrent sa décision de prendre du champ avec les Marauders.

Stefano Caselli dessine cet épisode de manière magistrale. Sa complicité avec Duggan est formidable, il dispose d'un script prompt à jouer sur ses points forts et il valorise le scénario à chaque page. Son trait très expressif rend compte de toutes les émotions qui traversent les personnages de l'épisode (même si Shinobi Shaw et Christian Frost restent muets - à vrai dire, on se demande ce qu'ils font là, même si Christian est le frère d'Emma et qu'on voit Sebastian Shaw sur le pont du Mercury à la fin).

Pour la première fois, Pyro, le crétin de service, aligne quelques répliques intelligentes et ne sert pas que de faire-valoir. Bishop affiche une mine rusée, savoureuse à souhait. Iceberg a droit à une entrée très bien vue. Kitty renvoie au tout début de la série. Mais celles qui brillent le plus, sous le crayon de Caselli, à l'évidence ses deux favorites, comme Duggan, sont bien Callisto et Emma Frost. Les différences entre ces deux mutantes sont indéniables, pourtant elles sont sans doute celles qui ont connu les expériences les plus intimes avec Tornade et aussi celles qui partagent avec elle cette même stature de chefs, de femmes de tête. Perso, j'adore absolument la Callisto de Duggan et Caselli, certes plus belle qu'à son apparition (pourtant dessinée par Paul Smith), mais qui a une présence à l'image, un charisme redoutable (elle me fait penser à la chanteuse Chrissie Hynde, qui, je crois, avait été le modèle initial du personnage, comme Debbie Harry avait inspiré Dazzler).

Exceptionnellement, l'épisode est colorisé par Sunny Gho et Chris Sotomayor, et j'ai l'impression que ce dernier s'est chargé de plus de pages que son collègue, car la palette est plus nuancée (notamment pour la carnation de Tornade - les fans avaient beaucoup reprocher à Federico Blee de l'avoir faite trop pâle alors qu'elle est originaire du Kenya). Le rendu est en tout cas superbe.

Pour son vingtième numéro, Marauders prouve que la série bat son plein. J'ignore encore quel sera son sort après le Hellfire Gala du mois de Juin, puisque Gerry Duggan écrira dès Juillet X-Men (qui sera renuméroté au #1). Le scénariste signera-t-il les deux séries ? Je doute toutefois que Marauders soit annulé (la data page finale rappelle la mission de l'équipe, parfois un peu reléguée hors champ), je ne l'espère pas en tout cas.

jeudi 6 mai 2021

AMERICA CHAVEZ : MADE IN THE U.S.A. #3, de Kalinda Vazquez et Carlos Gomez


Nous avions laissé America Chavez en fâcheuse posture, mais cette position laissait penser à des explications sur les troubles que traverse l'héroïne depuis le début de cette histoire. Kalinda Vazquez ose une retcon radicale, à moins qu'elle ne nous entraîne sur une fausse piste. En tout cas, c'est très intrigant et toujours aussi formidablement dessiné par Carlos Gomez.


America Chavez revient à elle, entravée à un lit. Celle qui l'a maîtrisée se démasque et se présente comme Catalina, sa soeur. Pour prouver leur lien familial, la jeune femme commence par revenir sur la rencontre entre leurs deux mères et un milliardaire excentrique...


Amalia et Elena Pecoso Chavez étaient deux généticiennes approchées par Gales, propriétaire d'une île sur laquelle il prodiguait à de jeunes filles atteintes d'une curieuse affliction un traitement miracle. Or America et Catalina Chavez étaient également malades...


La cure de Gales, peu conventionnelle, allait forcer Amalia et Elena à enfreindre l'éthique de leurs recherches. America refuse de croire Catalina et son récit et parvient enfin à se libérer. Elle engage le combat mais accepte de suivre sa kidnappeuse pour la suivre dans une chambre...


Catalina affirme que si les pouvoirs d'America la trahissent, c'est parce qu'elle est en train de mourir. Aussi a-t-elle décidé de reprendre les recherches de leurs mères et à cette fin elle a déjà collecté de jeunes cobayes pour expérimenter un remède...

Cet épisode sème le trouble, aussi bien chez America Chavez que chez le lecteur. En effet, la scénariste Kalinda Vazquez semble entreprendre un retcon radical, qui bien entendu va diviser les fans de l'héroïne. A moins que ce ne soit qu'un leurre...

Rouler le lecteur dans la farine implique de le choquer suffisamment en amont pour lui livrer ensuite un twist au bon moment, qui lui fera reconsidérer sa réaction outragée. Pour cela, il faut s'identifier complètement à l'héroïne du récit, être aussi confus qu'elle, sinon le procédé ne fonctionne pas et on devinera trop tôt le subterfuge.

Qu'y a-t-il d'acquis depuis le début de cette mini-série ? America Chavez est une super-héroïne dont les pouvoirs connaissent des défaillances aussi imprévisibles que graves. Mais quelle est la cause de ces troubles soudains ? Après avoir été mise k.o. par un mystérieux agresseur, qui l'a attirée dans un piège via la famille Santana (qui a adopté America), America se réveille entravée sur un lit. On découvrira qu'elle se trouve sur une île ayant appartenu à un riche excentrique, ayant fait affaire avec les mères de l'héroïne.

Celle qui a eu raison d'America s'appelle Catalina et prétend être sa soeur. Puis elle commence à relater des événements passés qui contredisent les origines connues d'America Chavez. Non, elle ne vient pas d'une dimension parallèle, pour laquelle ses mères se sont sacrifiées. Non, elle ne tient pas ses pouvoirs de ce monde disparu. Et tout cela explique les défaillances de ses pouvoirs actuellement.

Réécrire le passé d'America Chavez de manière si radicale provoque deux réactions : soit on est ahuri par le culot de Kalinda Vazquez, qui ose redéfinir l'identité même de l'héroïne, sa singularité (mais aussi sa ressemblance avec Superman - l'orpheline trouvée sur Terre après la fin de son monde et élevée dans une famille d'adoption aimante avant d'embrasser la vie de super-héroïne) ; soit on doute comme America Chavez de la véracité des propos de Catalina et on se dit que l'histoire va connaître un retournement de situation qui rétablira les origines classiques d'America Chavez tout en justifiant les élucubrations de Catalina. En tout Kalinda Vazquez joue cette carte et l'incertitude nous pique. C'est bien joué - pour peu qu'on soit d'humeur joueuse (et souvent les fans de comics ne sont pas très joueurs...).

Pour ma part, je suis partant, quelle que soit l'issue de cette mini-série (à laquelle il reste deux épisodes pour démêler le vrai du faux). D'autant qu'elle est formidablement dessinée. Franchement, je ne m'attendais pas du tout à être si emballé sur ce point car je connaissais trop peu Carlos Gomez et je me disais que, comme souvent, une mini-série n'allait pas révèler un grand talent.

J'avais tort. Car Carlos Gomez est vraiment un dessinateur enthousiasmant, à qui je souhaite de beaux lendemains. Il les mérite. C'est un artiste complet, au trait très expressif, au découpage très dynamique. Ses planches sont épatantes, généreuses en détail, d'une lisibiltié impeccable. Pour un épisode qui s'appuie principalement sur les dialogues, il fait montre d'une maîtrise irrésistible, sachant rendre les nombreux échanges très vivants, avec une grande variété d'angles de vue, de valeurs de plans. Il ne lésine pas non plus quand il s'agit de composer des plans généraux, pour situer l'action (le décor de l'île et ses installations est magnifique).

A la fin de ce chapitre, l'action reprend ses droits et Gomez lâche les chevaux, traduisant la colère d'America Chavez mais aussi sa sidération quand elle découvre ce qu'a tramé Catalina. L'influence de Stuart Immonen est évidente (comme elle l'est chez RB Silva), mais Gomez réussit à imposer son style, sans singer son modèle. C'est pourquoi je crois que Marvel peut miser sur lui pour des titres plus exposés : il en a le potentiel car depuis trois épisodes, il est remarquablement régulier.

America Chavez : Made in the U.S.A. est une sacrée bonne surprise. Je ne regrette pas d'avoir parié sur cette mini-série. Si vous attendez sa traduction en vf (en espérant que Panini Comics la propose), ne passez pas à côté le moment venu. 

lundi 3 mai 2021

JOHN PAUL LEON (1972-2021)


J'ai appris aujourd'hui la disparition de John Paul Leon. Il est mort Samedi 1er Mai. Il avait 49 ans.

Il était ce qu'on appelle un "artist's artist", une référence dans le milieu, une source d'inspiration pour beaucoup de dessinateurs. Pourtant, il apparaît comme moins connu que nombre de ses pairs. Mais son talent parle pour lui et ses oeuvres continueront à impressionner professionnels et amateurs, collègues et lecteurs.

Sur Twitter, aujourd'hui, tous saluent son génie et sa gentillesse. Sa technique impressionnait tout le monde, y compris celui qui fut son professeur, Walt Simonson, alors que Leon débutait dans les comics à l'âge de 17 ans. Nathan Fairbain louait sa bienveillance en se rappelant leur première rencontre dans l'allée d'une convention où Leon voulut voir son portfolio et lui assura qu'un jour ils travailleraient ensemble (ce qui fut le cas). 

Ces dernières années, Leon luttait contre cancer. La maladie aura impacté sa production comme en témoigne la production de Batman : Creature of the Night, écrit par Kurt Busiek. Mais il restait actif, et on lira ses dernières planches en Juillet prochain pour un n° spécial de Batman/Catwoman, écrit par Tom King.

La mort de John Paul Leon fait partie des injustices qu'inflige cette saleté de maladie (qui me touche spécialement puisqu'elle a eu raison de mon père). En tant que fan, sa disparition me bouleverse autant que celles de Darwyn Cooke (2016) ou Mike Wieringo (2007), eux aussi partis trop tôt.

R.I.P. John Paul Leon.

Quelques images :

Batman
Black Widow & the Winter Soldier

Corto Maltese

Daredevil

Sandman Mystery Theatre

Old Man Logan

Diablo (Nightcrawler)

The Shadow

The Spirit

Torpedo

Zorro

HELLFIRE GALA OFFICIAL GUIDE

 


Marvel vient d'éditer, gratuitement, en format numérique, ce guide officiel du Gala du Club des Damnés. Il s'agit du prochain event de la franchise X, qui va se dérouler dans onze numéros et autant de séries + un numéro spécial. A cette occasion, la composition de la nouvelle équipe des X-Men (la première formation officielle depuis l'ère Dawn of X-Reign of X) sera dévoilée, même si, si vous suivez mon blog, vous avez pu déjà la découvrir car j'ai relayé l'info communiquée par l'éditeur (qui, comme d'habitude, n'a pas pu s'empêcher de s'auto-spoiler).

Dans ce Hellfire Gala Official Guide, on a le détail des sorties des séries : les destivités démarreront dans Marauders #21 le 2 Juin et le même jour dans X-Force #20 et Hellions #12. Une semaine après, le 9 Juin, paraîtront X-Men #21 et Excalibur #21. La semaine suivante, on poursuit l'histoire dans X-Corp #2, New Mutants #19, et surtout Planet-Size X-Men #1. Le 23 Juin seront disponibles S.W.O.R.D. #6Wolverine #13 et Way of X #3. Enfin, le 30 Juin, on remballe avec X-Factor #10.

Tous les mutants de Krakoa seront donc de sortie, mais pas que puisqu'on sait que des invités extérieurs comme les Avengers seront présents ainsi que le Dr. Doom (!). 



Pour la peine, les mutants seront sur leur 31 et Marvel a mis les petits plats dans les grands en laissant les dessinateurs s'amuser à habiller les personnages pour la circonstance. Russell Dauterman avait déjà posté ses designs pour neuf protagonistes, mais ses collègues ont aussi eu l'occasion de laisser libre cours à leurs délires vestimentaires - et ils se sont bien lâchés. Voici la galerie de ce défilé de mode, dont les images serviront de variant covers pour les séries.



Marauders, Matteo Lolli


X-Men, Lukas Werneck


X-Force, Joshua Cassara


Hellions, Stephen Segovia


Excalibur, Marcus To


X-Corp, Alberto Foche


Planet-Size X-Men, Russell Dauterman


S.W.O.R.D., Valerio Schiti


New Mutants, Alex Lins


Way of X, Bob Quinn


X-Factor, David Baldeon


Et après ? Rendez-vous le 7 Juillet pour la sortie, très attendue, de X-Men #1 par Gerry Duggan et Pepe Larraz.

L'été sera chaud !