Aujourd'hui, on va changer de méthode à l'occasion des sorties la même semaine des épisodes de Guardians of the Galaxy et de The Avengers, respectivement écrits et dessinés par Jackson Lanzing & Collin Kelly / Kev Walker et Jed MacKay / C.F. Villa. Pourquoi ce tire groupé ? Parce qu'en vérité ces deux séries résument ce qui ne fonctionnent pas dans les team books de chez Marvel, appliquant peu ou prou les mêmes recettes pour des résultats semblables.
vendredi 11 août 2023
GUARDIANS OF THE GALAXY #5, de Jackson Lanzing & Collin Kelly et Kev Walker / THE AVENGERS #4, de Jed MacKay et C.F. Villa
jeudi 20 juillet 2023
GUARDIANS OF THE GALAXY #4, de Collin Kelly & Jackson Lanzing et Kev Walker
Il ne faut jamais juger un livre à sa couverture et c'est particulièrement vrai pour ce 4ème n° de Guardians of the Galaxy qui suggère un duel entre Rocket Raccon et Star-Lord sous le regard médusé des autres membres de l'équipe. Et quelque part, c'est dommage qu'on n'ait pas eu droit à ça car ça aurait été plus consistant que ce que proposent Collin Kelly & Jackson Lanzing. Kev Walker est le seul à sauver les meubles.
vendredi 23 juin 2023
GUARDIANS OF THE GALAWY #3, de Collin Kelly & Jackson Lanzing et Kev Walker
On pourrait facilement taxer les auteurs d'opportunisme en s'alignant sur le film encore en salles et au coeur duquel se trouve Rocket. Mais en vérité, la version des Gardiens par Kelly et Lanzing est tellement différente de celle de Gunn qu'il n'est pas raisonnable de leur adresser ce reproche (sauf à faire preuve de beaucoup de mauvaise foi). Les dernières pages de l'épisode rappellent aussi que le Star-Lord qu'animent les scénaristes prolonge celui qu'a transformé profondément Al Ewing dans son run en en faisant un être très puissant.
Kev Walker produit des planches spectaculaires à souhait et la pleine page (ci-dessus) où on découvre la manifestation du Grootfall est superbe, inquiétante et grandiose. La manière dont il découpe le dialogue qui se noue entre Quill et la créature est aussi magistrale.
Pendant longtemps, je n'étais pas un grand fan du travail de Walker que je trouvais un peu trop brut à mon goût. Mais c'est un dessinateur que j'apprends à apprécier de plus en plus. Il n'est pas aisé de lui trouver quelqu'un à qui le comparer, de deviner ses influences. Mais toutefois, en faisant un effort en ce sens, c'est, je crois, à Mike Mignola qu'il me fait le plus penser.
Comme le créateur de Hellboy, il y a chez Walker une identité graphique très forte. Il ne cherche pas à plaire à tout prix et on peut même dire que cela passe d'abord par sa manière d'aborder les personnages, hors de tout réalisme académique. Là où, comme Mignola, Walker est très fort, c'est dans l'aspect organique de son dessin : remarquez comment il trace à main levée les contours de ses cases, un peu tremblants. C'est presque rafraichissant au moment où beaucoup d'artistes s'inquiètent à raison d'être supplantés par des Intelligences Artificielles (et Marvel vient de franchir une sorte de ligne rouge en créant le générique de la série Secret Invasion sur Disney + à partir d'instructions données à un ordinateur, ce qui a été vécu comme une insulte, légitime, par les créateurs).
Ce volume de Guardians of the Galaxy n'est pas gai, et les deux scénaristes à la barre ne sont visiblement pas là pour écrire un arc au terme duquel tout va s'éclaircir, s'illuminer. En situant leur intrigue un an après un événement qui a remodelé profondément l'équipe, ils préviennent le lecteur que ce qui a dû se passer est grave. Et même si, pour l'instant, le résultat est un peu inégal, il pique notre curiosité.
jeudi 25 mai 2023
GUARDIANS OF THE GALAXY #2, de Collin Kelly & Jackson Lanzing et Kev Walker
jeudi 13 avril 2023
GUARDIANS OF THE GALAXY #1, de Jackson Lanzing & Collin Kelly et Kev Walker
jeudi 25 mars 2021
GUARDIANS OF THE GALAXY #12, de Al Ewing et Juann Cabal
jeudi 18 février 2021
GUARDIANS OF THE GALAXY #11, de Al Ewing et Juann Cabal
samedi 9 janvier 2021
GUARDIANS OF THE GALAXY #10, de Al Ewing et Juann Cabal
Star-Lord fait appel à la puissance du Maître du Soleil avec lequel il a renoué durant son absence et réussit à vaincre le dragon. Rocket reçoit un s.o.s. de la Terre mais Peter Quill doit règler un autre problème avant d'y répondre : affronter les dieux de l'Olympe là où l'équipe des Gardiens est née...
C'est toujours délicat pour une série fraîchement relancée de devoir composer avec une saga développée ailleurs, par un autre auteur. Marvel publie actuellement King of Black, un event écrit par Donny Cates, découlant directement de ce qu'il a imaginé dans la série Venom. Bien entendu, fidèle à ses habitudes, l'éditeur multiplie les tie-in, sans se soucier du déséquilibre que cela peut causer pour des séries qui n'ont rien à voir avec le symbiote.
A partir de là, il y a les titres "protégés" car sous la protection d'un auteur assez puissant pour contourner l'event (comme Jason Aaron avec Avengers, Nick Spencer avec The Amazing Spider-Man, ou Jonathan Hickman avec la franchise "X") - des numéros hors-série seront réalisés sans que cela impacte leurs intrigues en cours. Puis il y a les autres, obligés de suivre la marche.
Al Ewing, qui a été aux manettes de Empyre (le précédent event Marvel), et qui dirige désormais Guardians of the Galaxy (qu'écrivait avant lui Donny Cates), est à la fois contraint de suivre cette marche mais semble composer de bonne grâce avec. C'est assez naturel dans la mesure où il commande à deux séries "cosmiques", qui peuvent difficilement zapper King in Black.
Toutefois, Ewing n'entend pas subir trop longtemps les événements et comme il vient d'orchestrer le retour de Star-Lord, il en profite pour démontrer le changement qu'a connu le personnage comme on l'a vu dans l'épisode précédent.
Comme il l'a expliqué en interview, Ewing, en se penchant sur les origines de Star-Lord, a compris qu'elles étaient désormais en contradiction avec l'incarnation récente de Peter Quill et sa caractérisation. Comme il l'a fait pour Hulk, il veut réconcilier ces extrêmes et animer un personnage qui serait une synthèse. Ce qui induit évidemment une modification profonde de la personnalité de l'intéressé.
On a donc droit à un Star-Lord complètement à côté de ses pompes, ce qui est normal puisqu'il revient d'entre les morts mais surtout parce qu'il a passé, de l'autre côté, un temps considérable (plus d'un siècle), ce qui explique qu'il ne sait plus où et quand il est, qu'il est déboussolé en retrouvant Rocket Nova. Ewing fait preuve d'un humour salutaire dans ces scènes, sans ridiculiser non plus son héros.
Et puis embarqué dans un conflit spectaculaire, on voit Star-Lord dans sa nouvelle condition. En renouant avec le Maître du Soleil qui lui a donné ses pouvoirs, Peter Quill n'a plus grand-chose de commun avec le leader des Gardiens popularisé par Brian Michael Bendis puis les films de James Gunn. Il est devenu un individu pourvu d'une volonté et d'une puissance de feu quasi-divines, qui explose littéralement un dragon de ténèbres, extension de Knull, ce qui n'est pas rien.
Cette évolution considérable est soulignée par les dessins hallucinants de Juann Cabal. D'abord, en le représentant barbu (très barbu) et les cheveux longs, Star-Lord a un aspect christique évident. Ensuite l'artiste, quand il accompagne les scripts de Ewing, fait de la série un objet renversant, qui n'a pas d'équivalent actuel chez Marvel.
Je l'ai déjà écrit mais je vais le répéter : sans Cabal, Guardians of the Galaxy est une série sympathique, agréable, efficace, mais pas plus. Avec Cabal, c'est un comic-book qui donne au lecteur le sentiment d'avoir en main une production extraordinaire. A mon sens, l'apport de Cabal est comparable à celui d'un JH Williams III : la série est entre les mains d'un dessinateur qui livre des découpages sophistiqués, des compositions baroques, qui dépasse les codes graphiques du genre. Chaque plan devient un morceau de bravoure et l'investissement de Cabal se mesure dans la minutie qu'il apporte à chaque détail, chaque expression, aux choix des angles de vue, à la disposition des éléments dans chque cases, aux enchaînements de chaque vignette, à la composition globale de chaque page. Chaque page devient une sorte de spectacle en soi tout en respectant l'ensemble de l'épisode.
Si je pense à JH Williams III, c'est justement parce que Cabal paraît chercher la façon la plus étonnante de traduire en images le script. Avec Alan Moore dans Promethea, puis Greg Rucka dans Batwoman, Williams III éblouissait avec des formes complexes et géniales, des motifs récurrents qui forçaient le regard du lecteur à aller dans la direction que lui voulait et pas forcément selon une grille ordinaire (case, bande, planche). Cabal fait un effort semblable et n'hésite pas à multiplier des effets purement graphiques pour exiger du lecteur une attention supplémentaire, pour produire une sensation plus forte. Voyez encore une fois comment la figure du triangle est présente : c'est devenu l'emblème de Star-Lord et c'est un clin d'oeil évident à Moore et Williams III qui l'utilisaient beaucoup dans Promethea (plus qu'un triangle, il s'agit d'une pyramide, qui est un symbole maçonnique, ne devant rien au hasard pour un scénariste féru d'occultisme comme Moore).
Les couleurs flamboyantes de Federico Blee finissent d'épater et de donner à l'affaire cet aspect hallucinnant (halluciné). Quand Guardians of the Galaxy est ainsi, c'est un régal.
La fin de l'épisode indique, quant à elle, que Ewing n'en a pas fini avec sa refondation des Gardiens, puisqu'il va à la fois s'occuper de la menace des dieux de l'Olympe en ramenant les héros originels du titre dans sa version moderne là où ils se sont connus et réunis. Voilà qui promet















































