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jeudi 2 décembre 2010

Critiques 187 : REVUES VF DECEMBRE 2010

MARVEL SAGA 8 :

Il y a un début à tout (ce qui ne signife pas qu'il y aura une suite...) puisque c'est le premier numéro de cette revue trimestrielle que j'achète. C'est l'occasion de se pencher sur le sort du Punisher (un héros que je n'ai jamais apprécié particulièrement) après son trucidage en règle dans Dark Reign Saga : La Liste où Daken lui règlait son compte...
- Frankencastle 1-6 : Résurrection - Un vent de révolte - L'union fait la force - Itinèraire d'un tueur - A l'assaut ! - La rage de vaincre.
Cette histoire complète d'un volume égal à un tpb (6 épisodes) mais pour le prix d'un hs diisponible en kiosque fait suite au segment paru dans la collection Dark Reign : The List - The Punisher, déjà écrit par Rick Remender et dessiné par John Romita Jr.
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Ce qu'il faut savoir pour comprendre le début de cette histoire : le Punisher a été un des opposants les plus virulents au régime ultra-sécuritaire mis en place par Norman Osborn après Secret Invasion. Il a dû affronter Sentry, le plus puissant et dangereux des Vengeurs Noirs, puis The Hood - ce dernier a d'abord réanimé magiquement 17 des adversaires (tués par Scourge) du vigilant puis a fait croire à la résurrection de la femme et les enfants de Frank Castle. Bouleversé, il a alors dû faire face à Daken qui l'a littéralement découpé en morceaux au terme d'un combat d'une rare sauvagerie.
Après un tel dépeçage, on pouvait se demander comment Remender allait ramener le Punisher et la façon dont il s'y est pris a, comme nous l'apprend la postface de la revue, suscité des réactions très partagées chez les fans américains (et d'ailleurs, n'en doutons pas).
Rassemblé (c'est le cas de le dire) par la légion des monstres habitant dans les sous-sols de New-York, Castle devient une version du monstre de Frankenstein, recousu, riveté, remonté de manière iconoclaste. Pourquoi a-t-il été sauvé ? Parce que ses hôtes sont pourchassés par Hellsgaard, un chasseur de monstres dont la famille a été massacrée en 1898 par des loups-garous en Allemagne et qui dirige maintenant une armée de samouraïs japonais.
Refusant d'abord de les aider, déboussolé par son nouvel état, le Punisher change d'avis quand il venge une des créatures avec laquelle il s'est lié d'amitié. L'affrontement entre Hellsgaard et Frankenscastle s'annonce dantesque...
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Ce résumé donne un aperçu du délire dans lequel nous entraîne Remender, qui justifie sa direction en expliquant que le Punisher peut bien renaître sous cette forme baroque puisqu'après tout il vit dans un monde déjà peuplé d'aberrations (les super-héros aux pouvoirs les plus extravagants).
Ce choix en vaut bien un autre et a le mérite de proposer un récit très amusant, totalement déjanté et d'une brutalité jouissive car complètement décalée. La galerie de monstres (Morbius, l'Homme-Chose, le Loup-Garou, Manphibian...) présentée ici embarque l'aventure dans le surréalisme le plus drôle, compensant la violence des combats (car, comme pour son Dark Reign : La liste, Remender ne lésine pas sur l'hémoglobine).
Néanmoins le scénario n'est pas si régressif que ça et son auteur établit des parallèles habiles entre les protagonistes : ainsi Hellsgaard et Castle sont tous deux devenus des tueurs pour la même raison (l'assassinat de leurs familles) et le Punisher reprend les armes quand un enfant meurt dans ses bras, inscrivant sa réaction dans un cycle.
Mais c'est surtout pour son humour que ces six épisodes sont appréciables : Remender trousse des dialogues enlevés et anime des personnages aux caractères bien trempés, comme le Loup-Garou qui ne cesse de râler, la Momie fataliste, Morbius en proie au doute face à la pierre de sang qu'il détient et qui étanche sa soif de sang (pratique pour un vampire), ou Hellsgaard qui, bien qu'il chasse les monstres, en est devenu un moralement et physiquement.
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Graphiquement, c'est également un festival et Tony Moore, qui dessine les 2 tiers de la saga, se taille la part du lion. Ce n'est pas toujours joli, mais c'est très dynamique, expressif, inventif.
Il est suppléé le temps d'un chapitre par Roland Boschi, également très en forme (même s'il n'est pas au sommet de son art, ce qui laisse deviner une belle marge), et Dan Brereton qui peint les flashbacks du #14 dans un style très bariolé mais approprié (plus que dans un exercice identique de l'annual d'Immortal Iron Fist).
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Bilan : un ovni, mais conçu avec une liberté de ton rafraîchissante et aux images explosives. Une expérience.
X-MEN 167 :
- X-Men 522 : Intangible.
Parlons peu, parlons bien - ce sera l'accroche de la critique des 3/4 de cette revue, autant vous prévenir ! - : c'est une grosse merde, et je suis grossier parce que ce qu'on nous fait lire l'est également.
J'ai déjà eu l'occasion d'écrire tout le mal que je pense de Matt Fraction, un des pires scénaristes actuels (même s'il est, paraît-il, bien meilleur sur sa série Casanova avec Gabriel Bã, mais je ne la lis pas), et il saccage les X-Men avec la même application qu'Iron Man.
Tout ses défauts sont encore plus visibles dans l'exercice délicat du "team-book" : les personnages sont à peine caractérisés (quand ils le sont, ils le sont à la truelle, avec des dialogues affligeants et des comportements ineptes), le rythme est totalement absent (à un point que c'en est ahurissant de s'ennuyer autant durant 22 pages), et quand il doit faire surgir une émotion, c'est pathétique de voir à quel point il en est incapable.
Ce mois-ci, nous assistons au retour d'un personnage emblématique, dont la disparition survenue dans les Astonishing X-Men de Whedon et Cassaday reste un grand moment de la décennie mutante. Hé bien, Fraction est absolument incapable de rendre ce retour palpitant et poignant : ses scènes sont vides, mal exposées, mal dialoguées... Hallucinant que l'éditeur publie ça !
Après les prestations déjà peu enthousiasmantes de Terry Dodson et de Greg Land (sauf si vous adorez les excès de photoshop), voilà que l'épisode est "illustré" par Whilce Portacio, un de ces fameux zigotos des années 90, dans la veine des McFarlane et Leifeld, pour qui les mots "cours de dessin" doivent appartenir à une langue morte.
Tout y est : erreurs anatomiques, compositions nullissimes, découpage navrant, expressivité accablante... Un vrai concentré ! Ce serait presque drôle s'il n'y avait pas encore des fans de ce genre d'énergumènes !
Quel désastre !
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- X-Men Legacy 232 : Sur deux fronts (2).
Dans l'océan de médiocrité qu'est ce numéro, la qualité de cet épisode, qui fait partie de la trilogie connectée au mini-crossover Necrosha, est à la fois surprenante (oui, il y a une chose de bien dans le sommaire) et inquiètante (oui, il n'y a que ça à sauver).
L'équipe de mutants envoyée par Cyclope sur l'île de Muir pour enquêter sur les résurrections commandées par Séléné doit faire face à Proteus, ce spécimen surpuissant capable de modeler la réalité (au coeur d'un des arcs les plus haletants de la période Claremont-Byrne). Il peut même désormais posséder plusieurs hôtes et l'issue du combat mené par Malicia et Magneto s'annonce incertaine...
Mike Carey poursuit sur la lancée du précéden chapitre en réussissant à nous captiver avec une atmosphère tendue et un affrontement à l'issue vraiment improbable tant l'adversaire est puissant et ses opposants désarmés.
C'est redoutablement efficace, le tempo est soutenu, les personnages bien campés : un régal !
Et c'est superbement dessiné par Clay Mann dont l'élégance du trait, l'inventivité des cadrages, la fluidité du découpage, sont un enchantement. La séduction sans vulgarité de ses femmes mais également la manière dont il sait restituer la puissance malmenée de Magneto sont impeccables.
Que ça fait du bien (... Mais ça ne va pas durer...)
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Les Nouveaux Mutants 8 : Necrosha - Langage universel.
Hé non, ça ne va pas durer puisqu'avec cette épisode, on retombe quasiment au niveau des X-Men de Fraction et Portacio.
Ce que ça raconte ? C'est très confus et on ne s'en soucie plus très vite : des méchants mutants courent après des gentils mutants, à la fin les méchants meurent (ou meurent à nouveau vu qu'ils étaient ressucités)... Enfin, bref, c'est d'un inintérêt total.
Zeb Wells est aux abonnés absents. Et Diogenes Neves + Kevin Sharpe ? Aussi mauvais l'un que l'autre : la liste des défauts graphiques de ces planches est au moins aussi fournie que celles de Portacio. C'est tout bonnement horrible.
Pitié !
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- X-Men Noirs 5 : Voyage au centre du Bouffon (5).
Voyage au centre de l'épouvante plutôt tant c'est mal fait, scénario comme dessins : le lecteur bouge encore, voici le coup de grâce !
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Bilan : ah, on n'est pas gâté ! Le mois prochain, fin du passage de Mann sur Legacy et fin de l'achat pour moi jusqu'à nouvel ordre : 4 E, ce n'est pas trop cher, mais ça fait quand même trop pour si peu.

SIEGE 3 :

- Siege (3).

Pénultième épisode de l'event Marvel... Et on s'aperçoit de la brièveté de cette histoire, qui tranche donc avec les précédents crossovers en 7 ou 8 volets ! Au moins, malgré les critiques, il est un reproche qu'on ne pourra adresser à Siege, c'est d'avoir trop duré.

Les Vengeurs (rassemblant Nouveaux Vengeurs, Secret Warriors, Jeunes Vengeurs) sous le commandement de Steve Rogers débarquent à Asgard, résolus à neutraliser Osborn, ses Vengeurs Noirs et le Hammer. Le conflit atteint son point culminant, mais la menace la plus dangereuse demeure Sentry, qui, après sauvagement tué Arès, est désormais totalement submergé par sa moitié noire, Void. Thor défie la créature qui a le pouvoir de détruire le royaume des dieux nordiques et que seul, peut-être, Osborn pouvait encore maîtriser...

Brian Michael Bendis livre un chapitre qui laisse un sentiment étrange : d'une part, on assiste à un tournant du conflit avec l'arrivée sur le champ de bataille des Vengeurs, mais d'autre part, il est vite évident que cela prépare surtout au grand final avec le duel attendu entre Thor et Sentry.

Plus que jamais donc, l'action prime et c'est avant tout la confusion du combat, mettant en scène quantité d'adversaires (quand bien même, et on peut s'interroger à ce sujet, des héros notables sont absents comme les FF, voire les X-Men), qui est restituée durant des pages épiques. Le spectacle est total, sans doute aussi un peu creux, mais c'est le lot des sagas de ce genre : il y a une part d'absurdité dans ces réglements de compte à grande échelle, et Bendis s'amuse à nous balader en sachant que l'essentiel est à côté, avec le rétablissement attendu de Tony Stark mais aussi le face-à-face de Thor et Sentry.

L'épisode a donc un aspect "passage obligé" avec sa mêlée d'assaillants, sa série de catastrophes, et son cliffhanger apocalyptique. Mais le rythme est enlevé et on ne s'ennuie pas. Le dénouement, même prévisible, est prometteur.

Les dessins d'Olivier Coipel sont à l'avenant. J'avais lu que leur niveau baissait au fur et à mesure, mais je ne suis pas d'accord avec ça : certes, il sacrifie un peu les décors, mais rien ne peut être pire que de surcharger des illustrations où l'action est aussi dominante avec des arrière-plans trop fouillés (c'est ce que nous enseigne Franquin). Son découpage rend bien compte de l'ampleur du siège d'Asgard, de la foule des belligérants, de la fureur de leur opposition. Quand il dessine la chute du royaume des dieux, c'est vraiment impressionnant et la double-page qu'il y consacre est saisissante. Et la métamorphose de Sentry est vraiment glaçante, tout comme le démasquage d'Osborn est l'occasion d'une image étonnante (depuis Deodato dans les Thunderbolts d'Ellis, jamais la folie du personnage n'avait été si bien rendue).

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- Siege : Journal de guerre (3).

Brian Reed et Chris Samnee continuent le récit parallèle du siège d'Asgard du point de vue de Ben Urich. Le reporter du "Frontline" échappe provisoirement aux forces du HAMMER... En embarquant à bord d'un de leurs héliporteurs. La situation dégénère rapidement quand Venom emboutit le vaisseau et se met à bouffer les occupants, puis que l'engin s'écrase. Le propagandiste Ted Keller prend alors les commandes et, refusant toute remise en question, continue à travestir les faits à l'avantage d'Osborn. Mais survient la chute d'Asgard...

L'histoire baisse en qualité dans ce troisième volet où Reed balade son héros dans des situations assez grotesques comme s'il devait remplir son scénario jusqu'au final. L'utilisation de Venom (personnage par ailleurs déjà caricatural et peu intéressant) est une grosse ficelle scénaristique, dont le cannibalisme vient surcharger un tableau déjà bien touffu dramatiquement. Dommage, mais espérons que le dernier volet sera de meilleure facture.

Samnee livre de belles planches, efficacement découpées, mais dont la colorisation de Matthew Wilson n'est pas très heureuse. C'est un peu du gâchis.

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Bilan : la fin s'annonce dantesque - Bendis et compagnie vont-ils assurer ? Réponse dans un mois, avec le dénouement à la fois de la saga et du "Dark Reign".


MARVEL ICONS 68 :

- Les Nouveaux Vengeurs 63 : Un Mauvais Rêve.

Annexée à Siege, la série a, depuis le début de l'event, su malicieusement tourner autour, au lieu de se contenter de raconter la même histoire sous un angle différent. Cette fois, Brian Bendis est obligé d'entremêler la relation de la guerre à Asgard et le sort de ses Nouveaux Vengeurs qu'on a vu rejoindre le champ de bataille.

Néanmoins, le scénariste s'y prend avec habileté en découpant son épisode sur deux temps, d'une manière musicale. Le premier temps fait office de refrain en détaillant les faits d'armes de quelques Nouveaux Vengeurs, comme Luke Cage, Ronin et Oiseau-Moqueur. Le deuxième temps montre ces mêmes personnages la veille du combat, en plein questionnement : Cage discute avec Jessica Jones de l'avenir de leur couple et de leur fille (il est convaincu à la fois qu'il faut en finir avec Osborn et croire en la victoire, elle doute de cette issue et se demande si elle doit redevenir une super-héroïne costumée) ; Barton tente de percer à jour Bobbi Morse visiblement nerveuse et perplexe au sujet de leur duo.

Bendis jongle avec ces narrations parallèles avec une belle adresse : comme dans les deux précédents épisodes qui se penchaient également sur deux binômes (Steve Rogers et Bucky, Spider-Man et Spider-Woman), il en profite pour sonder les caractères de chacun (et sans doute semer des indices sur ce qu'il va faire avec eux, dans les prochaines séries Avengers et New Avengers). Il fait très bien ressentir le trouble qui s'empare de ses personnages et les liaisons entre ces scènes de dialogues et sur le champ de bataille sont d'une élégante fluidité.

Stuart Immonen a laissé la place (pourquoi ? Mystère, à moins que Marvel ait voulu ménager l'artiste pour le volume 2 de la série) à Mike McKone. Dessinateur nomade (il a fait de fréquents allers et retours entre DC et la Maison des Idées, et dans les deux cas a oeuvré sur les titres les plus divers, comme récemment sur Spider-Man) mais raffiné, il ne déçoit pas. Ses planches sont superbes, même si je le trouve supérieur dans les séquences calmes. On peut toutefois déplorer que la colorisation de Dave McCaig soit faiblarde et affadisse l'ensemble.

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- Les Quatre Fantastiques 573 : Incursion dans le Nu-Monde.

Depuis son arrivée sur le titre, le travail de Jonathan Hickman me laisse dubitatif : je devine chez lui une vraie imagination et une volonté d'inscrire son run dans un plan ambitieux, en redonnant du corps à une série qui a vécu au gré des inspirations inégales de ses auteurs récents (JMS, McDuffie, Millar : des montagnes russes en termes de style !). Mais je suis aussi irrité par son dédain manifeste pour ce qui l'a récemment précédé et la manière dont il traite (ou pas) ses personnages (le premier arc, tout entier voué à Mr Fantastic, négligeait le reste de l'équipe et s'achevait de façon expéditive et convenue).

Ce n'est pas avec cette épisode que je vais changer d'avis, et même que je vais être séduit puisqu'Hickman saccage sans gêne une des idées du run de Millar (la terre parallèle du Nu-Monde où la Chose, la Torche, Valeria et Franklin Richards atterrissent au milieu d'une lutte politique entre les Nouveaux Défenseurs Lightwave et Ultron) avec un semblant d'histoire très mal narré, dont une fois de plus la chute est épouvantablement gnan-gnan.

Après avoir à peine traité Jane Richards pour en refaire une épouse soumise, Hickman ne fait pas davantage d'efforts pour écrire Ben Grimm, réduit au castagneur de service, et Johnny Storm, cantonné à jouer les figurants. Quant aux deux gamins, d'ordinaire déjà agaçants, ils sont à peine développés. Quand je lis que ce scénariste marche dans les pas de Byrne, je me pose des questions sur la lucidité de ceux qui osent la comparaison...

L'autre mauvaise nouvelle est que Dale Eaglesham a laissé la place au médiocre Neil Edwards au dessin. Cette espèce de clone misérable de Bryan Hitch fait à peu près illusion dans les plans d'ensemble, mais dès qu'il doit découper et illustrer des scènes dialogués avec des plans serrés, le résultat est vraiment cruel.

Tout ça commence à devenir inquiètant...

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- Iron Man 22 : Dislocation (3).

Pas besoin de s'esquinter les yeux avec ça, ni même à perdre son temps avec ce que ça raconte : il suffit de feuilleter les planches pour 1/constater que c'est toujours aussi laid, et 2/qu'il ne se passe toujours rien (pas la moindre scène d'action : le néant total ! Fraction sait-il même qu'un comic super-héroïque est sensé divertir ? J'en doute !).

Zappons. Ce n'est plus inquiètant, c'est désespérant (et ça fait 22 mois que ça dure)!

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- Captain America 604 : Deux Amériques (3).

Cet arc de Captain America, dont l'histoire se déroule chronologiquement avant Siege (bien qu'ayant été publiée en vo pendant et après...), s'avère décevant, comme si la série se cherchait un second souffle.

Bucky est prisonnier du Captain fou des 50's, mais le récit suit surtout le Faucon qui, après d'être débarrassé de ses geôliers, découvre une partie des plans de l'ennemi (un train piègé servant à faire diversion pour un autre attentat plus important).

Ce n'est pas déplaisant de voir ce bon vieux Sam Wilson en vedette : sa bagarre est bien mise en scène et permet au duo Luke Ross-Butch Guice de livrer des planches bien troussées. Mais bon, ce n'est pas palpitant non plus et Ed Brubaker a été plus inspiré dans le passé. En vérité, on lit ça sans se sentir très concerné, de façon détaché, un peu négligé, en attendant de passer à quelque chose de plus musclé et original.

Je ne veux pas être trop sévère, mais il est clair que ces Deux Amériques ne resteront pas dans les mémoires.

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Bilan : un petit numéro, où seuls les NA surnagent vraiment. Les FF déçoivent durement, Captain America ne passionne guère et Iron Man reste illisible. C'est maigre...


DARK REIGN SAGA 5 :

- X-Men/Agents d'Atlas : Vol autorisé ? (1 & 2/2)

Dans ce premier récit en deux parties, les Agents d'Atlas, pour localiser leur acolyte Vénus, enlevée par les gardiens du temple d'Aphrodite qui lui reproche d'être une ursupatrice de la déesse dont elle a le nom romain, entreprennent d' "emprunter" Cérébra, l'ordinateur détecteur de mutants des X-Men. Ces derniers, qui sont en train de s'installer sur l'île Utopia, transfèrent leurs équipements depuis Graymalkin Industries, leur ancien QG, dans la région de San Francisco - la ville où se trouve également, dans les catacombes, le repaire des Agents d'Atlas - , et surprennent vite les intrus.

Agents of Atlas, l'excellente série de Jeff Parker, toujours aux commandes de ce mini-crossover, n'a jamais rencontré le succès : comme les Runaways de Brian K. Vaughan, c'était un titre parmi les plus rafraichissants et les plus toniques de ces dernières années, mais dans l'univers Marvel dominé par Spider-Man, les Vengeurs et les X-Men, les nouveautés n'ont apparemment pas de chance de s'imposer. La dernière tentative de relancer le titre, sous le nom d'Atlas, n'aura tenu que cinq numéros et qui sait où et quand (et surtout si) on reverra la bande de Jimmy Woo...

Cette rencontre avec les X-Men bâtie sur un argument très léger a fait partie des tentatives de l'éditeur pour favoriser l'exposition des personnages fêtiches de Parker. Hélas ! cela n'a pas été suivi d'effet, et par ailleurs le scénariste ne s'est pas montré très inspiré par l'exercice.

On s'amusera cependant de voir Parker pasticher les tics d'écriture de Matt Fraction (avec les cartons de présentation débiles des X-Men, la pléthore de personnages présents nuisant à l'efficacité de toute histoire, la platitude des dialogues et l'absence de dynamique de groupe des mutants est criante par rapport à la verve et à l'énergie des Agents d'Atlas). La démonstration de Parker est presqu'humiliante pour Fraction : avec ces six Agents et un pitch qui tient sur un post-it, il réussit à être plus divertissant que n'importe quel épisode récent des X-Men.

La partie graphique est satisfaisante : ça fait plaisir de revoir le trop rare Carlo Pagulayan, qui mériterait d'être plus souvent employé. Le second volet accueille Chris Samnee, le temps de quelques pages décalées savoureuses, dans lequel son style épuré fait merveille. En revanche, c'est assez curieux que l'épilogue soit illustré par Carlos Rodriguez : certes, ce ne sont que trois planches, mais pourquoi diable Pagulayan n'a-t-il pas terminé ce qu'il avait commencé ?

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- Vengeurs/Agents d'Atlas : Les plus grands héros de la Terre (1-4/4).

Le vrai plat de résistance de la revue est ce récit en quatre parties où New puis "Classic" Avengers (l'équipe originelle des 60's, de Lee et Kirby !) rencontrent les Agents d'Atlas.

L'histoire s'articule de manière alambiquée mais plaisante autour d'une entité créant des distorsions temporelles. C'est ainsi que le gang de Jimmy Woo en intervenant dans un combat des Nouveaux Vengeurs (Spider-Man, Luke Cage, Cap/Bucky, Wolverine, Ms Marvel) est confronté à leurs prédécesseurs (Cap/Rogers, Thor, Iron Man, la Guêpe, Giant-Man puis Hulk).

Le récit est très référentielle puisqu'il convoque des épisodes des années 60, avec l'apparition de Kang le conquérant, tout en faisant allusion à des évènements récents, comme la mort de la Guêpe dans Secret Invasion ou la disparition d'autres héros dans Avengers Disassembled. Le lecteur néophyte appréciera-t-il sans avoir connaissance de tout ça ? Je n'en jurerai pas, mais Parker ne fait pas appel sans raison à cette continuité puisque dans la première série des AoA (dessiné par Leonard Lirk), il rappelait que son équipe était en fait la première formation des Vengeurs, les Secret Avengers (avant qu'Ed Brubaker ne s'empare du nom pour sa nouvelle parution), dans les années 50, quand Marvel s'appelait... Atlas Comics !

Ces quatre épisodes sont en tout cas menés tambour-battant, les bagarres succèdant aux bastons, toutes plus homériques les unes que les autres (après les crystaloïdes, les hommes de lave, Super-Body, Hulk est de la fête, plus déchaîné que jamais). En même temps, le véritable adversaire donne vraiment du fil à retordre aux deux équipes (et la résolution de l'énigme est un joyeux n'importe quoi pseudo-scientifique, comme en pondait Stan Lee dans les 60's).

Parker se fait plaisir en mettant en scène ses personnages avec les Vengeurs classiques et prouve son savoir-faire pour les faire interagir, parsemant les pages de réparties drôlatiques (impayable Gorilla-Man).

Gabriel Hardman illustre ça avec talent : ses combats sont toujours lisibles et explosifs, son trait est à la fois élégant et nerveux (dans la lignée d'un Michael Lark), excellant à animer des personnages vintage. Cela donne un aperçu prometteur de ce qu'il va produire sur Hulk, toujours avec Parker. Et les couleurs d'Elizabeth Breitweiser sont de toute beauté.

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Bilan : très satisfaisant rapport qualité/prix (le volume d'un tpb pour le prix d'un hs kiosque), et l'occasion pour les fans de suivre pour deux de leurs dernières aventures des héros atypiques et injustement condamnés.

lundi 1 novembre 2010

Critiques 176 : REVUES VF NOVEMBRE 2010

X-MEN 166 :

Bon, on va pas se mentir et faire durer le suspense : ce n'est pas un bon numéro et je ne l'ai acheté que parce que Clay Mann illustre la série X-Men Legacy (et je continuerai tant qu'il y sera et parce que la revue est une des moins chères de Panini, mais c'est tout).

- X-Men 521 : Nation X-Vibration.

C'est pas compliqué de merder une série : vous prenez un scénariste qui n'a aucun sens du rythme, qui écrit très mal un récit en narration parallèle, et vous ajoutez un dessinateur qui ignore ce que composer une image lisible sans pomper tout et n'importe quoi sur des photos de catalogues, et voilà, en voiture Simone !

Donc, d'un côté, Magneto fait du yoga sur une montagne pour ramener Kitty Pryde sur Terre, et de l'autre, Wolverine, Psylocke, Colossus et Fantomex se battent avec des espèces de voleurs de pouvoirs mutants dans une chambre d'hôtel (qu'ils ravagent sans déranger la police de New York !). C'est tout.

Matt Fraction a un don certain pour endormir le lecteur (son Iron Man en témoigne) et dégoûter le fan des X-Men. A sa manière, c'est un mutant. Mais ça reste une énigme que Marvel ne l'éjecte pas tellement on s'emmerde. Et dire qu'il va s'occuper de Thor ! Au secours !

Greg Land s'est, semble-t-il, lancé un nouveau défi : "dessiner" des personnages masculins dont les biceps sont plus gros que la tête. Ses filles affichent toujours des sourires "colgate" figés ou grandes ouvertes. Tout le monde paraît poser pour un photographe hors-champ. Les scène d'action sont des prodiges de n'importe quoi, les vignettes s'enchaînent avec un abus très prononcés pour les gros plans : si cela est sensé signifier la confusion, c'est un chef-d'oeuvre. Sinon c'est d'une effarante nullité.

Bad vibes !

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- X-Men Lecagy 231 : Sur deux fronts (1).

Intégrée au crossover Necrosha (avec les Nouveaux Mutants et X-Force - dans la revue "Astonishing X-Men"), la série a le mérite de rester abordable même si on n'a pas suivi les évènements de près.

Séléné a ressucité des mutants noirs et les envoie attaquer Utopia (le refuge des X-Men au large de San Francisco)... Et, d'après un avertissement lancé par Destinée à Blindfold, l'île de Muir. Cyclope y envoie Diablo, Colossus, Malicia, Magneto, Psylocke, Trance et Husk. Sur place, tout paraît calme mais un vieil ennemi rôde...

Mike Carey n'a pas toujours été inspiré dans les épisodes que j'ai lus mais au moins s'emploie-t-il à mener son récit avec vivacité et des personnages bien caractérisés. L'ambiance de guet-apens est bien restituée, le dénouement fait envie. Tout ça est encadré par une histoire qui n'est pas le fait de l'auteur mais avec laquelle il se débrouille bien.

Clay Mann livre des planches de toute beauté (même si l'encrage de Danny Miki, Allen Martinez et Walden Wong y ajoute des fioritures dispensables) : le découpage est nerveux, la lisibilité parfaite, et il croque des personnages (en particulier ses héroïnes) en leur donnant de l'allure.

Good vibes !

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- Les Nouveaux Mutants 7 : Necrosha - Troyen.

J'avais bien aimé le premier arc de Zeb Wells et Diogenes Neves, à l'origine du relaunch de la série : hélas ! je les retrouve bien moins en forme, qui plus est pris dans le cross Necrosha.

Doug Ramsey, un des anciens de l'équipe, est manipulé par Séléné et vient de blesser gravement Magma (la petite-fille de la méchante) et de décapiter Warlock. Dehors, comme on a pu le voir dans X-Men Legacy, c'est l'heure de la bagarre entre revenants et mutants. Pour corser encore un peu plus un plat déjà alambiqué, les Hellions surgissent...

N'en jetez plus ! Fichtre, ce n'est pas bon, mais alors pas bon du tout ! Zeb Wells part dans tous les sens et son récit avec : où est passé le scénariste inspiré des premiers épisodes ? Noyé dans une saga dont les péripéties sont bien plus palpitantes dans X-Men Legacy ? En tout cas, on tourne les pages en perdant progressivement son intérêt pour ce qu'on nous raconte.

Neves a lui aussi perdu de son allant : les décors sont bâclés (quand il y en a), et visiblement il a du mal avec tous les personnages qui se bousculent au portillon. Le découpage est brouillon. Ce n'est ni fait ni à faire.

Re-bad vibes !

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- Dark X-Men 4 : Voyage au centre du bouffon (4).

Parlons peu, parlons bien : c'est effroyable !

Paul Cornell et Leonard Kirk (à qui il faut urgemment redonner un encreur), le tandem qui m'avait régalé sur Captain Britain & The MI 13, est méconnaissable sur cette mini-série totalement dispensable (encore une grande "réussite" inspirée par le "Dark Reign").

Mal écrite, affreusement illustrée, cette production est fatiguante de médiocrité. Zappez, zappez vite ! Hé, ça tombe bien, c'est la fin de la revue !

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Bilan : rendez-vous le mois prochain pour la suite de X-Men Legacy. Et penser à amener une pelle pour continuer de creuser la tombe des X-Men, en prévoyant un trou assez grand pour Dark X-Men. SIEGE 2 :

- Siege (2).

La guerre fait rage au-dessus de Broxton (Oklahoma) où les forces du HAMMER menées par Osborn et ses Dark Avengers ont lancé leur assaut sur Asgard. Thor est en fâcheuse posture et Arès, pourtant dans le camp de ses adversaires, va comprendre la duperie de son chef mais ce dernier dispose d'un redoutable atout dans sa manche avec Sentry... Cependant, les Nouveaux et Jeunes Vengeurs ainsi que les Secret Warriors de Nick Fury se préparent à rejoindre le champ de bataille sous la direction de Steve Rogers...

La "phase 2" du siège d'Asgard écrite par Brian Bendis montre une nette montée de la violence, dont le sommet est le sort réservé à Arès, le dieu de la guerre. Cette scène constitue le "clou" du spectacle et présente, à mes yeux, à la fois une qualité (montrer la dangerosité de Sentry, et par conséquent celle d'Osborn) et un défaut (imposer au récit et donc au lecteur un instant de barbarie discutable). Bendis a conçu ce moment fort avec la volonté affichée de choquer et de signifier que les morts ne se relevèraient pas : l'illustration du script est saisissante mais dérangeante. Je pense que l'auteur aurait pu aboutir au même résultat sans emprunter une approche aussi frontale, mais cela redéfinit également les limites du genre. En mieux ou en pire ? Nous verrons, à commencer par la manière dont Bendis re-présentera la violence dans le futur, en osant ou pas être aussi brutal. Personnellement, encore une fois, cette déjà fameuse double-page m'a un peu gênée, d'autant plus qu'elle détone chez le scénariste (même si, par exemple, la scarification de Bullseye dans Daredevil était déjà mémorable) - alors que chez un Millar, elle aurait été presqu'attendue et sans doute traîté avec sarcasme.

Pour le reste, Bendis restitue avec justesse le chaos de la bataille, son aspect épique, et montre Thor à la fois affaibli et déterminé à ne pas céder. Cela laisse entrevoir un duel spectaculaire avec Sentry et l'arrivée de renforts comme la dernière planche le montre (planche d'ailleurs refaîte à la demande de Joe Quesada pour en renforcer l'impact).

Olivier Coipel se taille la part du lion en livrant des planches explosives : certes, il néglige un peu les décors mais son dessin dégage une énergie, une puissance et une élégance (avec les soutiens de son encreur Mark Moralès et des couleurs de Laura Martin) éclatantes. Comment ne pas jubiler devant cette autre double-page où Steve Rogers fait face à ses troupes ? Dommage que Panini n'en ait pas proposé une version en poster en bonus...

Cet event tient ses promesses : c'est nerveux et on en prend plein les yeux !

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- Siege : Journal de Guerre (2).

De leur côté, Ben Urich, son ami cameraman Will, et Volstagg poursuivent leur route vers Broxton. Ils recueillent les témoignages de citoyens "intoxiqués" par la propagande de Todd Keller tout en étant bientôt repérés par les forces du HAMMER à la recherche du fugitif asgardien...

Brian Reed signe un script à la fois désanchanté, dans lequel transparaît la désillusion des années Bush (incarnées par Iron Man puis Iron Patriot), avec un peuple américain sous influence, et humoristique, grâce à la présence du truculent Volstagg (qui, comme Obélix, s'ennuie vite loin de la bataille et a toujours faim). Cela sonne toujours juste, les dialogues sont sobres et les situations a priori anecdotiques contrebalancent habilement celles de la saga orchestrée par Bendis.

Chris Samnee est vraiment un choix merveilleux pour mettre ce récit parallèle en images : il est aussi à l'aise dans les moments calmes que dans l'action, son trait épuré n'en rajoute pas et résiste même à la colorisation moyenne de Matt Wilson. C'est un vrai régal.

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Bilan : très positif. On ne s'ennuie pas, des morceaux de bravoure sont à prévoir, et les à-côtés sont enthousiasmants. Vivement la suite !

MARVEL ICONS 67 :

- Les Nouveaux Vengeurs 62 : Sous influence.

Comme dans le précédent épisode, l'action concerne deux binômes dans deux endroits différents : d'un côté, Spider-Man affronte Spider-Woman sous l'emprise mentale de Mandrill ; de l'autre, Captain America/Bucky et Steve Rogers font face au Laser Vivant. Leur adversaire vaincu, ces derniers sont rejoints par Luke Cage puis Nick Fury et ses Secret Warriors. De retour à leur planque, ils apprennent que Norman Osborn et le HAMMER ont commencé à attaquer Asgard...

Brian Bendis avait, lors de Secret Invasion, profité de la série pour dévoiler les coulisses de l'infiltration des skrulls sur Terre tout en montrant comment Nouveaux et Puissants Vengeurs allaient s'allier pour la contrer.

En complèment de Siege, il procède différemment : n'ayant pas besoin d'expliquer ce qui pousse Osborn à agresser Asgard, il s'emploie à mettre en scène le rassemblement des résistants - Nouveaux Vengeurs, Secret Warriors, Nick Fury et Steve Rogers. Avant cela, il s'est amusé en opposant les deux araignées face à des complices de the Hood (le choix des opposants, de troisièmes couteaux, est l'occasion de les tourner en ridicule, contrastant avec la menace plus sérieuse qui s'abat sur Asgard) et en scellant la réunion du trio Rogers-Bucky-Fury.

Il faut donc prendre ces épisodes comme une distraction, dispensables par rapport à Siege, mais agrèables car menés sur un rythme alerte, avec une prime à l'action et aux bons mots.

Graphiquement, Stuart Immonen (qui dessine 13 planches sur les 23 de l'épisode) fait à nouveau équipe avec Daniel Acuña (auteur des 10 planches avec les Spiders) : les styles très différents de ces deux artistes se complètent cependant bien et donnent des pages très dynamiques, d'une parfaite lisibilité.

Acuña s'en sort parfaitement et prouve qu'il ferait un excellent choix pour illustrer les aventures du Tisseur à qui il donne de l'élégance et de la fluidité.

Immonen a livré des copies plus inspirées mais, même en mode mineur, c'est un régal à lire car plein d'énergie, en parfaite adéquation avec l'écriture de Bendis - vivement que le volume 2 des NA arrive en France !

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- Fantastic Four 572 : Une solution pour tout (3).
Le Conseil est attaqué par les Célestes et essuie de lourdes pertes auquel il riposte sans demi-mesure. Pour Red Richards, cet affrontement a valeur de révèlation : il n'est pas prêt, visiblement, à sacrifier sa vie conjugale et son rôle de leader des FF pour collaborer avec ses homologues...

En trois épisodes, Jonathan Hickman a prouvé qu'il n'arrivait pas sur le titre en touriste et voyait grand et loin, en nous entraînant dans des mondes parallèles, à la rencontre de savants démiurges et de créatures grandioses.
Mais, durant ces trois épisodes, Hickman n'a pas écrit la série Fantastic Four : il n'a fait que s'intéresser à Red Richards et a totalement négligé les autres membres de l'équipe. Or, plus qu'un groupe de super-héros, les FF sont une famille : écarter trois d'entre eux ainsi, c'est contraire à l'esprit même de la série.
Qui plus est, refaire de Jane la pauvre épouse soumise, attendant à genoux devant la porte du labo que son génie de mari ait terminé ses aventures secrètes, c'est prodigieusement agaçant. Comparer, dans ces conditions, Hickman au maître Byrne, c'est un compliment bien exagéré à mes yeux et j'attends de voir la suite pour qu'il corrige le tir - et prouve qu'il a aussi quelque chose en tête pour Ben Grimm et Johnny Storm.

Visuellement, en revanche, Dale Eaglesham est au rendez-vous et a proposé des planches bluffantes. Cette fois encore, il impressionne et son dessin associé directement à la colorisation de Paul Mounts, d'abord déroutante, produit des effets intéressants (même si je continue de penser qu'un bon encreur ne ferait de mal à personne).

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- Iron Man 21 : Dislocation (2).
Ah, zut ! J'avais presqu'oublié que c'était là, ça...
Bon, au temps pour moi, on zappe jusqu'à la page 74 de la revue !

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- Captain America 603 : Deux Amériques (2).
Bucky poursuit sa mission d'infiltration des Chiens de Garde, la milice aux ordres du Captain America dément des années 50. Quel est le plan de cette organisation et de leur leader ? Et le Faucon saura-t-il protéger son camarade ? Pas sûr car les deux justiciers sont repérés et leurs ennemis prêts à les capturer...

Le précédent volet de cet arc m'avait déçu : démarrant mollement et arrivant après la demi-déception (ou demi-réussite, c'est selon l'humeur) de la saga Renaissance (spectaculaire mais alambiquée), cette histoire plongeant à nouveau dans le passé tortueux de Captain America (et des détenteurs du nom) semblait marquer une baisse d'inspiration chez Ed Brubaker.
Mais, finalement, ce qui fait le charme de cette intrigue tient dans son côté rétro et modeste : ce nouvel épisode met l'accent sur l'action avec deux beaux combats et le piège qui se referme sur les héros - d'ailleurs il s'agit encore une fois moins d'un épisode de Captain America que d'une team-up avec le Faucon. Brubaker sait toujours employer la galerie de seconds rôles du titre, qu'il s'agisse des partenaires de Cap ou de ses adversaires. C'est parfois sa limite, car il n'y a pas vraiment de nouveaux antagonistes, mais c'est aussi sa force, car la mythologie du personnage est tellement riche qu'elle peut alimenter presqu'inlassablement ses scénarii.

Luke Ross illustre ça (avec la contribution notable de Butch Guice à l'encrage) dans un style qui colle parfaitement à l'ambiance du récit : ses pages d'action sont bien conçues, lisibles, nerveuses, avec des cadrages dynamiques.
La colorisation de Dean White est parfois irritante (les effets employés pour les ailes du Faucon qui à l'air de voler avec des néons sous les bras) mais reste convenable, à défaut de mieux.

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Bilan : un "petit" numéro, agrèable mais sans grand relief. On est clairement dans une période de transition avec Siege qui phagocyte les Nouveaux Vengeurs, Captain America et les FF en quête d'un nouveau souffle (et le boulet Iron Man, qui gâche le reste de la vue).

ULTIMATE AVENGERS 4 :

- Ultimate Avengers 2 : Crime et châtiment (1 & 2/6).
Mark Millar débute ici le deuxième volume (sur quatre) de ses Ultimate Avengers, qui sera composé comme le précédent de 6 chapitres. Après avoir collaboré avec Carlos Pacheco (hélas ! desservi par une bande d'encreurs peu inspirés), le scénariste s'associe cette fois avec le dessinateur de Secret Invasion, Leinil Yu.

A l'image de l'arc La jeune génération, les deux premiers épisodes sont consacrés au recrutement de deux nouveaux membres de l'équipe des "black ops" de Nick Fury, et ce sont deux sacrés clients : d'abord, le Punisher, qui mène une guerre sanglante contre la mafia russe ; et ensuite, le premier Hulk, un Hulk noir qui fut le mentor de Bruce Banner, devenu un caïd en Amérique du Sud.
Une fois engagés (non sans mal), ils apprennent, avec Hawkeye, War Machine et la Veuve Noire, que leur cible est le Ghost Rider !

Ce qui était semé dans le volume 1 de la série est désormais mûr : Millar transforme ses Vengeurs en une équipe de rascals, d'assassins aux méthodes musclées, aussi peu fréquentables que leur adversaire. Et pour ce faire, l'auteur a décidé de casser les jouets qu'il avait lui-même re-créés dans Ultimates.
Le parti-pris peut décevoir et même irriter, mais en définitive il est sûrement le plus habile puisqu'Ultimates s'était imposé comme un néo-classique insurpassable, avec une redéfinition décapante des Vengeurs de Lee et Kirby et une illustration impressionnante par Hitch (qui a contaminé jusqu'à certaines productions du Marvelverse classique).
En racontant les aventures de nouveaux personnages qui n'ont rien d'héroïque, qui oeuvrent en secret, et qui sont les pires brutes possibles confrontées à des menaces hors normes, Millar déplace l'enjeu de son projet pour en faire un divertissement rock'n'roll, décomplexé et iconoclaste.
Ainsi peut-il ouvrir ce nouvel acte par 7 pages quasi-muettes où le Punisher abat quantité de gangsters, et cette introduction a valeur d'exemple pour la suite : l'action prime, la violence règne, l'exagération domine, jusqu'à l'absurde, la parodie même du genre et de ses clichés. La volonté est manifeste d'écrire ces Ultimate Avengers comme un popcorn movie où les splash et doubles pages abondent non pas dans un souci de fournir une narration sophistiquée mais pour en mettre plein la vue.
Ultimates avait pour ambition de rendre réaliste les super-héros d'un point de vue visuel, Ultimate Avengers est son contraire : Millar met en scène des personnages immoraux, brutaux, titanesques, dans des situations grotesques, comme s'il voulait montrer aux fans à quel point tout cela est insensé, nourri de barbarie, de sexe et de fantastique bariolé.
Les pisse-froid du lectorat aiment détester Millar car il ne respecte pas les codes et finalement parce qu'il maltraite les valeurs des comics. Plus que jamais, Millar pousse la provocation à ses limites et s'amuse avec ses détracteurs - qui, bien sûr, tombent à chaque fois dans le panneau (en s'offusquant de ses blagues sur les français, de ses excès ultra-violents, de la facilité de ses intrigues). Mais pourquoi Millar rédigerait-il des histoires sophistiquées avec de gentils héros quand tous les autres le font (parfois sans talent, ou en tout cas sans originalité) ? C'est cela qui rend les comics de Millar si drôles à lire : parce qu'ils sont "hénaurmes" et assumés.

Avec Leinil Yu, le turbulent écossais s'est trouvé un partenaire de choix (avec lequel il travaille désormais à des creator-own, comme Superior) : il dessine vite, bien, mais par-dessus tout avec une terrible efficacité et une absence totale de retenue (comme Romita Jr à l'époque de leur Wolverine).
Le plaisir de Yu éclate à chaque page, il est vraiment complètement chez lui dans le monde agressif et régressif de Millar, que ce soit pour représenter Frank Castle, mutique et expéditif, glaçant de méchanceté, ou le Black Hulk bling-bling et mélancolique à la fois, infligeant une sévère correction à War Machine (au point de lui balancer un avion de tourisme dessus).
Pour l'occasion, Yu retrouve son encreur de Superman : Birthright, Gerry Alanguilan, qui sert parfaitement son dessin brut et sec, et sa coloriste de Secret Invasion, Laura Martin (la meilleure dans sa partie).

Bilan : un nouvel arc qui démarre très fort, au dénouement prometteur - cette saga s'annonce très bien. Vivement Janvier pour la suite !

dimanche 3 octobre 2010

Critiques 170 : REVUES VF OCTOBRE 2010

SIEGE 1 :
- Siege : Première partie.
Après le prologue paru le mois dernier dans Dark Reign Saga 4, nous voilà de plein pied dans le nouvel event Marvel, celui qui va clôre la période du "Dark Reign" (qui faisait suite à Secret Invasion) et d'une manière plus générale à plusieurs années de crises (Secret War, House of M, Civil War, World War Hulk). A l'heure des comptes, on constate que le "Dark Reign" a été assez bref mais en même temps il présentait une situation sans doute trop sombre et extrème pour durer plus longtemps. Il me semble qu'il n'a pas eu le retentissement espéré et les conséquences ont été moins intéressantes que l'après CW, où l'on assistait à un schisme dans la communauté surhumaine bien plus mémorable.
Ce statu quo a profité à quelques séries en soulignant la précarité de certains héros (comme les Nouveaux Vengeurs, dont la clandestinité a été mieux traîtée), mais j'aurai souhaité que, puisque les méchants avaient pris le pouvoir, le climat de terreur soit plus pesant encore. Or, la création la plus notable du "Dark Reign" a été celle des Dark Avengers, peu occupés à chasser les héros résistants (cettee tâche a échu au gang de The Hood), et j'ai rapidement décroché de la série qui leur était consacrés. Dans le même temps, cela ne m'a pas donné envie de reprendre la lecture des Puissants Vengeurs (qui paraissaient peu liés au "Dark Reign"), Spider-Man (l'obsession d'Osborn) n'a pas non plus semblé être très dérangé par tout ça (un comble) et les X-Men ont traversé l'orage dans un calamiteux crossover (Utopia).
Bref, Siege arrive, à mon sens, comme une délivrance. La présence d'une équipe artistique de premier plan pour boucler ce dossier est l'autre bonne nouvelle : en effet, Brian Bendis retrouve Olivier Coipel après House of M (et quelques épisodes des Nouveaux Vengeurs).
L'argument de départ de cette mini-saga (qui ne compte que quatre chapitres - autre bonne nouvelle après la trop longue Secret Invasion) est une référence explicite à Civil War : Loki orchestre un "incident" spectaculaire et meurtrier susceptible de jeter le discrédit sur Asgard et ses habitants, basés au-dessus de l'Oklahoma, à côté du bled de Broxton, depuis la résurrection de Thor. Celui par qui le drame va éclater est l'innocent Volstagg, parti découvrir Midgard après la déchéance de Thor, suite aux manigances de Loki.
La différence avec CW se situe là : dans l'histoire de Millar, de jeunes héros provoquaient, par inconscience, une tragédie. Dans celle de Bendis, ce sont Loki et Osborn qui organisent une tragédie pour manipuler l'opinion et déclencher une guerre.
Ce premier épisode est donc une introduction mais elle file à toute allure : Bendis imprime un tempo vif à son récit et met très vite en place les éléments de l'histoire. En 24 planches, tout est déjà en place : le piège de Loki et Osborn, l'assaut sur Asgard, la réaction de Thor, et la prise de conscience de Steve Rogers.
Cet emballement surprend celui qui ne voit chez Bendis qu'un chantre de la décompression narrative mais signe ce que sera Siege : un déluge d'action, une manière spectaculaire et très distrayante de solder les comptes. Le scénariste prend tout le monde à contre-pied en allant là où il ne va presque jamais, comme s'il zappait toutes les étapes où il est attendu (les grandes scènes dialoguées, la mise en place progressive, l'humour...). On espère qu'il saura garder la cadence et nous offrir des morceaux de bravoure à la mesure des acteurs impliqués.
Coipel fait son grand retour après ses superbes épisodes sur Thor (écrits par Straczynski) et s'impose immédiatement comme le choix rêvé pour ce type d'entreprise : l'expressivité de ses personnages, le dynamisme de son découpage, l'élégance de son trait (soutenu par l'encrage ad hoc de Mark Moralès et les couleurs magnifiques de Laura Martin) donnent de la puissance à ce volet inaugural.
Encore une fois, il fait merveille dans l'univers de Vengeurs et celui des Asgardiens.
Un début prometteur.
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- Siege : Journal de guerre (1).
Comme c'est désormais la coutume, l'event est accompagné d'une série annexe présentant les péripéties sous un angle plus terre-à-terre, à hauteur d'homme, en compagnie du reporter Ben Urich.
Mais cette fois Marvel a su donner au projet un tandem créatif à la hauteur en associant Brian Reed au scénario et Chris Samnee au dessin. Leur narration est efficace, fluide, avec une ironie plaisante dans le rapport média complaisant-journalisme de guerre.
La rencontre atypique entre Volstagg et Urich produit un récit décalé, très bien illustré (même si les dessins de Samnee sont encore plus beaux en noir et blanc - les édite tel quel aurait été un bonne idée, fournissant à la série un aspect visuel original).
Très agréable complément.
*
Bilan : un démarrage boulet de canon - c'est beau et c'est bon : j'ai hâte de lire la suite !

MARVEL ICONS 66 :

- Les Nouveaux Vengeurs 61 : Deux par deux.

Bien qu'annexé à Siege (c'est d'ailleurs le titre original en vo), cet épisode n'y fait qu'une allusion très discrète (lors d'une scène entre Spider-Man et Spider-Woman observant la tour des Vengeurs).

Le titre français donne une meilleure idée de ce 61ème chapitre de la série, axé sur deux team-ups : d'un côté, Steve Rogers et Bucky (devenu le nouveau Captain America, avec la permission de l'ancien) sont surpris par le Corrupteur et le Laser Vivant dans les ruines de l'ancien QG du Vengeur étoilé ; de l'autre, Spider-Man et Spider-Woman doivent faire face à Mandrill et le Griffon tandis qu'ils observent l'agitation dans les parages de la tour des Vengeurs. Comment ces sbires de The Hood ont-ils pu trouver les héros si facilement ? Grâce aux pierres de nornes asgardiennes que Loki a offert à Parker Robbins, qui a amplifié ses pouvoirs et ceux de ses complices.

La dernière page de l'arc précédent montrait Norman Osborn autorisant les hommes de The Hood à tuer les Nouveaux Vengeurs, tandis qu'il s'apprêtait à lancer l'assaut contre Asgard (à suivre dans la revue "Siege"). Ce nouveau numéro présente donc directement le début de cette chasse à l'homme.

Brian Bendis, comme dans le premier volet de Siege, écrit d'abord un récit plein d'action, sur un rythme soutenu. On ne s'ennuie pas et les deux tandems mis en scène ici sont en fâcheuse posture à la fin de l'épisode.

La partie graphique est l'oeuvre de Stuart Immonen (qui signe 14 des 25 planches de l'épisode) pour la partie concernant Rogers et Bucky : l'artiste y fait preuve d'une virtuosité dans le découpage culminant dans une scène où une balle tirée par Captain America ricoche sur sa cible et après d'autres impacts neutralise le Corrupteur. Un vrai morceau de bravoure, bluffant !

Daniel Acuña s'occupe des séquences avec les deux araignées, plus axée sur les dialogues (toujours brillants et drôles de Bendis). Le changement de style avec Immonen peut désarçonner, pourtant le résultat est très séduisant et bien mené puisque chaque dessinateur se charge de personnages différents, dans deux endroits distincts.

Le dénouement donne forcèment envie de connaître la suite et comment tout cela va conduire l'équipe sur le champ de bataille en Oklahoma...

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- Fantastic Four 571 : Une solution pour tout (2).

Pour leurs débuts, Jonathan Hickman (au scénario) et Dale Eaglesham (au dessin) avaient proposé une intrigue prometteuse mais aussi frustrante : ce sont les mêmes sentiments qui dominent avec ce 2ème volet.

Reed Richards continue de faire connaissance avec le mystérieux Conseil, composé de ses doubles venus de terres parallèles et oeuvrant au progrès de l'humanité. Mr Fantastic cache cette activité au reste de son groupe, mais son épouse se doute de quelque chose, ce qui commence à créer quelques tensions. Et ce collectif de savants a des méthodes à la fois spectaculaires et discutables - trop sans doute pour ne pas susciter l'ire d'entités très puissantes...

Hickman dispose ses pions avec apparemment une idée à la fois assez vaste et précise, mais il n'est vraiment pas pressé. Cela tranche avec Millar et ses arcs rapides, mais le risque surtout avec cette méthode est de voir la montagne accoucher d'une souris et de lasser le lecteur.

Ce qui me gêne le plus pour le moment est qu'Hickman n'écrit pas une série sur les FF mais sur Reed Richards, un Reed à nouveau cachottier et comploteur comme celui des Illuminati et de Civil War. Les trois autres membres de l'équipe sont réduits à des figurants dans des scènes sans intérêt, aux dialogues inspides (et déjà lus mille fois - la Torche raillant Spider-Man, la Chose rappelant à Reed que quand Jane est de mauvaise humeur l'ambiance du collectif tout entier en pâtit). Il va falloir que ça bouge tout ça...

Dale Eaglesham offre des illustrations souvent impressionnantes (comme cette double-page avec Galactus), mais c'est dommage de ne pas mieux exploiter un tel artiste sur un titre pareil, en lui donnant des situations plus intéressantes.

Je suis dubitatif : c'est beau, mais ça n'avance pas.

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- Iron Man 20 : Dislocation (1).

Bon, là, je passe mon tour. C'est toujours aussi repoussant, et Fraction m'a achevé après son précédent et interminable arc. Vivement que Bendis réveille Tony Stark dans Siege !

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- Captain America 602 : Deux Amériques (1).

Ed Brubaker a ramené Steve Rogers et transmis solennellement le bouclier à Bucky : la série entame donc un nouveau cycle sur ces bases. Mais le scénariste va ramener sur le devant de la scène un élément du passé de son héros : un Captain America du nom de William Burnside, version très névrosée et extrémiste des valeurs du justicier, déterminé à ramener l'Amérique dans le "droit chemin".

L'histoire qui démarre là a suscité la polémique aux Etats-Unis à cause d'une scène où on assiste à un défilé des ultra-conservateurs républicains, les fameuses "tea parties", refusant le "socialisme" d'Obama. Pour souligner son hostilité manifeste à cette frange populiste, Brubaker lie ce mouvement contestataire à la mission que s'est donné Burnside. C'est audacieux et bien mené, à défaut d'être palpitant - mais avec l'auteur, il faut savoir être patient, l'issue est souvent meilleur que le départ.

Luke Ross illustre, soutenu par Butch Guice à l'encrage. Ce dernier imprime sa marque sur le dessin classique mais je préfèrerai que Guice s'occupe de toute la partie graphique, l'ensemble y gagnerait en puissance et en personnalité.

Visiblement, nous sommes dans une période de transition pour cette série.

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Bilan : un numéro mineur où les artistes volent la vedette à leurs scénaristes. Bien que tout cela soit supposé être relié à Siege, ce n'est pas (encore) évident - mais au fond, je ne m'en plains pas.

DARK REIGN 13 :

- Les Vengeurs Noirs 13 : Siege (1).

Voilà un bail que je n'avais pas lu cette série, et pour cause : j'ai cessé d'acheter cette revue après le n°3 ! Bien que généralement client des productions de Brian Bendis, je n'ai guère aimé les conséquences de Secret Invasion et, au coeur du "Dark Reign", la création des Dark Avengers. Le premier arc m'avait beaucoup déçu, je n'y avais vu qu'un ersatz des Thunderbolts de Warren Ellis et Mike Deodato (dessinateur des deux titres).

Ce n'est donc pas pour retrouver cette série, même annexée à l'event Siege (quoique l'épisode de ce mois-ci n'y fasse pas référence), que j'ai acheté la revue.

Sentry est au coeur de l'histoire. C'est un personnage que je n'ai jamais apprécié, et que je connais d'ailleurs mal (même si sa création a été à l'origine d'un beau canular : Marvel avait prétendu qu'il s'agissait d'un héros du golden age oublié aussi bien par l'éditeur que dans l'univers des personnages de la firme). Je n'ai pas lu la première maxi-série de Paul Jenkins et Jae Lee qui lui a été consacré en 2000, et la seconde par Jenkis et John Romita Jr ne m'a pas laissé de grands souvenirs (même si elle était fort bien dessinée). Enfin, ses intégrations successives aux Nouveaux Vengeurs, Puissants Vengeurs et Vengeurs Noirs m'ont toujours semblé forcées. Bendis a échoué à bien utiliser ce personnage, affublé d'un costume minable et des pouvoirs nébuleux.

Et cette fois n'échappe pas à la règle : Bendis tente de consacrer le héros (ou vilain, ou les deux puisque Sentry est aussi le maléfique Void et membre d'une équipe de bad guys) comme une figure mythologique, messie ou antéchrist, à moins que ce ne soit qu'un pathétique junkie devenu un surhomme... Bref, c'est n'importe quoi ! Et c'est dommage car, dans un article du magazine Comic Box, au début de la parution de New Avengers, un journaliste avait relevé que les membres de l'équipe étaient tous liés par le concept du "super-soldat" (Sentry, Captain America, mais aussi Luke Cage, Spider-Woman, Wolverine - via l'Arme X...) : cela aurait pu donner une storyline passionnante et une autre dimension à ce personnage.

Il reste les dessins de Deodato : l'artiste brésilien est en grande forme, ses planches sont souvent saisissantes, et même ses flash-backs classiquement traités en noir et blanc ont une sacrée gueule. Mais ça ne suffit pas.

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- Thunderbolts 139-140 : Dommages collatéraux-Esprits torturés.

Voilà pour quoi j'ai acheté la revue : un bref crossover qui ne dit pas son nom entre les T-Bolts et les Agents of Atlas (héros d'une des séries les plus originales de ces dernières années, hélas ! sanctionnée par un bide commercial).

L'équipe de Jimmy Woo est dans le collimateur de Norman Osborn depuis un moment et il envoie ses tueurs les éliminer en piégeant une des entreprises de la Fondation Atlas. La rencontre donne lieu à une belle bagarre. Mais qui la gagne ?

Jeff Parker, qui a réanimé les AoA, désormais aux commandes des T-Bolts, ne pouvait qu'organiser cette opposition et il se fait plaisir sans oublier de nous régaler : le scénariste excelle dans la mise en scène de ces personnages de seconde zone qu'il croque avec un esprit mordant et une vraie efficacité. Cela donne vraiment envie de lire ce qu'il fera de la série après Siege (dans une configuration très différente...), à défaut d'avoir rencontré le succès avec Atlas (la 3ème série avec les AoA).

Aux dessins, Miguel Sepulveda (assisté de Sergio Ariño sur le 2ème épisode) signe des planches également très bien, au découpage très fluide. Par contre, la colorisation de Sunny Gho gagnerait à être plus sobre, mais ça ne suffit pas à gâcher la vue.

*

- Secret Warriors 11 : Le réveil de la Bête (1).

Alors, là, c'est comme Iron Man : c'est tellement laid que je ne peux pas lire. Caselli, c'est vraiment le Mal. Tant pis pour Jonathan Hickman (quoique ses FF me laissent sur ma faim...).

*

Bilan : deux épisodes des Thunderbolts emballants, vivement la fin pour les Vengeurs Noirs, et zap pour Secret Warriors. Le verre est donc à moitié plein (ou vide, si on est de mauvaise humeur).

samedi 4 septembre 2010

Critiques 161 : REVUES VF SEPTEMBRE 2010

MARVEL ICONS 65 :
- Les Nouveaux Vengeurs 60 : Panne sèche (6).
La fin du 14 ème arc de la série annonce le crossover Siege, qui sera traduit en vf à partir du mois prochain dans une revue spéciale. Le dénouement de Powerloss synthétise en tout cas ce qu'a apporté Bendis au titre depuis cinq ans en mettant en scène une équipe de Vengeurs souvent en difficulté, comptant un des leurs dans une situation critique, et qui ne doit son salut qu'à l'intervention d'un invité-surprise. Mais, la révolte se profile et avec elle, on assiste à une évolution, celle d'un groupe de justiciers résolu à rendre coup pour coup à son adversaire.
Luke Cage libéré des griffes de Norman Osborn, le Dr Strange devine cependant vite que l'ennemi avait prévu cette possibilité et découvre qu'un traceur doublé d'une bombe a été greffé au coeur du héros. Pour l'ôter, il va falloir le concours d'un allié : Hank Pym, la Guêpe, leader des Puissants Vengeurs.
Osborn, qui croit enfin tenir le moyen de capturer les fugitifs, va avoir une mauvaise surprise... Mais cela va également le décider à déclencher de nouvelles hostilités, en prenant des mesures encore plus radicales !
Brian Michael Bendis rend hommage à ce classique du fantastique qu'est L'Aventure Intérieure dans ce chapitre, mais il le fait avec son détachement coutumier, qui fait sourire ses fans (exemple : Strange et Pym se glissent dans le corps de Cage, Spider-Man balance : - "C'est ouf. T'as deux mecs en toi. - Cage : - Ne redis pas ça.") et horripile les autres.
Et puisque ses héros s'appellent les Vengeurs, il leur offre une vengeance, explosive, à la mesure des tracas que leur fait subir Osborn.
La dernière image dit tout de la folie qui a (re)gagné ce dernier et va conduire aux évènements de Siege.
Stuart Immonen illustre l'épisode avec une aisance formidable : le soin qu'il apporte aux expressions, aux postures des personnages, la fluidité et le dynamisme de son découpage, tout est exemplaire et agrèable - et semble si simple, si évident.
La série a incroyablement gagné depuis son arrivée et son style complète impeccablement celui de Bendis.
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- Les Nouveaux Vengeurs : Girl Power (Annual 3).
Cet épisode "king-size"(38 pages) est le 3ème Annual de la série, à nouveau bizarrement édité par Panini - pour mémoire, le 1er l'avait été dans un HS de "Marvel Icons", le 2ème dans la revue avec le 37ème épisode (qu'il concluait), et celui-là fait est en fait l'épilogue de Dark Reign : La Liste - Les Nouveaux Vengeurs publié voici quatre mois dans un HS de la revue "Dark Reign" !
Petit rappel des faits : Clint Barton, excédé par les exactions d'Osborn, décide d'aller le tuer mais échoue et est fait prisonnier.
En apprenant par un billet qu'il lui a laissée ce qu'il va faire, Mockingbird, catastrophée, sonne le rappel des troupes, mais seules Ms Marvel, Spider-Woman et Jessica Jones sont là pour l'aider à sauver son compagnon...
Affublé d'un titre débile par Panini (Girl Power !... Pourquoi pas "Spice Girls" tant qu'on y est ?), ce nouvel Annual est dans la lignée de ses prédécesseurs, centré sur l'action, tournant autour de Vengeurs dans une situation exceptionnelle (après le mariage mouvementé de Luke Cage et Jessica Jones et l'attaque du manoir du Dr Strange par le gang de the Hood), en l'occurrence le couple formé par Bobbi Morse et Clint Barton.
Dommage que sa publication française ait été faîte en dépit du bon sens puisqu'on a vu Ronin libre et en bonne santé dans NA 60 juste avant et donc qu'on sait que Barton a été sauvé, ce qui tue tout suspense.
Néanmoins, avec son quartet de super-nanas, Bendis nous sert une histoire divertissante, rythmée, à défaut d'être mémorable.
Les illustrations sont signées par Mike Mayhew et Andy Troy : le traitement en couleurs directes donnent un résultat agréable, parfois un brin esthétisant et statique. Toutefois, il fallait à ce récit un artiste capable de dessiner les femmes et sur ce point, c'est réussi (même si leur rouge à lèvres est vraiment digne d'une pub pour les cosmétiques). Le découpage est classique mais offre quelques beaux plans.
Oui, tout cela est joli, manque un peu d'âme et de vie, mais bon, le traitement est atypique comme il se doit pour de genre d'épisode.
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- Iron Man 19 : Dans la ligne de mire (12 - conclusion).
Je ne vais pas m'acharner sur cette série à laquelle je reste hermétique (ou plutôt donc l'écriture et le dessin actuel me déplaisent définitivement).
Néanmoins, difficile de ne pas lire avec stupéfaction une scène comme celle où Maria Hill et la Veuve Noire, sur le point d'être arrêtées par les forces du HAMMER dans la tour des Vengeurs, convainc les soldats de les laisser filer avec ce dialogue édifiant :
- "Ecoutez. Vous êtes ou étiez du SHIELD et vous n'êtes plus que des clowns. Combien en ont assez d'obéir à un pourri et un assassin comme Norman Osborn ? Réfléchissez, les gars. Vous êtes avec qui ?"
Et les deux hors-la-loi s'en vont sans rencontrer de résistance !
Enorme... Comment se fait-il qu'aucun super-héros n'y ait pensé avant et dit aux méchants troufions d'Osborn : "Hé, les gars , rappelez-vous qu'avant vous étiez des gentils, donc laissez-nous filer, merci." ? Sacré Matt Fraction !
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Bilan : un bon numéro avant l' "event" appelé à (encore) tout changer.
MARVEL ICONS HORS-SERIE 18 :
- Captain America : Renaissance (4,5 & 6/6).
Suite et fin de la saga annonçant le retour de Steve Rogers, et une question : le dénouement de l'aventure allait être à la hauteur de l'attente, après un début un peu décevant ? Ne faisons pas durer le suspense et répondons par l'affirmative : Ed Brubaker, Bryan Hitch et Butch Guice réussissent à boucler leur histoire avec brio.
L'esprit de Rogers dissocié de son corps et errant dans le passé et de possibles futurs, Crâne Rouge avec la complicité de sa fille Sin, de Crossbones, Arnim Zola, Norman Osborn et du Dr Fatalis cherche à occuper l'enveloppe charnelle de son ennemi. Mais les alliés du vengeur étoilé - Bucky Barnes, la Veuve Noire, Hank Pym, la Vision, Clint Barton, le Faucon - s'emploient à contrarier ce plan maléfique dont Sharon Carter est la clé : en effet, la jeune femme, manipulée mentalement, a cru avoir tué son amant mais va découvrir qu'elle peut lui permettre de renaître...
Les trois premiers volets du récit de Brubaker mettaient l'accent, un peu trop longuement et pesamment, sur l'errance de l'esprit de son héros, condamné à revivre les épisodes marquants de son passé - autant de moments bien connus des fans et sur lesquels s'était déjà appuyé le scénariste dans la série consacrée à Captain America.
Le résultat donnait le sentiment de faire du surplace, de proposer du déjà-vu, baignant dans des ingrédients s.f. eux aussi manquant d'originalité (comme le transfert de personnalité). Ne restait, même si c'était déjà pas si mal, des illustrations de grande classe.
Avec ces trois chapitres-ci, l'action s'accélère et le spectacle prend de l'ampleur, en même temps que l'ambition du projet s'éclaire : Brubaker semble utiliser le plan de Crâne Rouge comme une métaphore où le criminel nazi, ayant vu le IIIè Reich échouer à dominer le monde durant la 2nde guerre mondiale, veut occuper le corps de son soldat le plus emblématique comme on occupe un pays pour l'asservir. L'idée est vicieuse et très bien trouvée et traitée.
En outre, ce qui était suggéré dans les chapitres précédents est ici confirmé : Brubaker a écrit autant l'histoire du retour de Steve Rogers qu'une histoire des Vengeurs en mettant vraiment en scène une équipe dont tous les membres ont un lien historique et affectif particulier avec Rogers - Bucky, la Veuve Noire, Hank Pym, le Faucon, la Vision, Clint Barton : tous ont été des partenaires fétiches du héros. On pourra presque s'étonner que pour sa future série (Secret Avengers) il n'ait pas voulu (à moins qu'il n'ait pas pu) prolonger l'existence de ce groupe...
L'intrigue se déroule crescendo, les deux niveaux narratifs n'en faisant plus qu'un lorsque Steve Rogers réintègre son corps et que les héros affrontent un Crâne Rouge géant devant le Capitole dans une bataille délirante mais jubilatoire au milieu de cadavres de Modoks, mutilant Sin, terrassant Crossbones.
La fin montre cependant un visage équivoque car Rogers a cru voir son futur (peu réjouissant), ce qui va le conduire à un choix surprenant, et par ailleurs renvoie Osborn à un nouvel et cuisant échec - avec les épisodes des Nouveaux Vengeurs dans Marvel Icons 65, ces évènements convergent tous vers le crossover Siege.
Graphiquement, le tandem formé par Bryan Hitch et Butch Guice confirme tout le bien déjà énoncé dans les précédents volets : la démesure de Hitch retrouve les cîmes auxquelles il nous avait habitués avec Ultimates et l'apport de Guice est particulièrement notable dans le soin apporté aux finitions.
Le mélange des styles des deux artistes produit des effets parfois étonnants où la "patte" de l'un domine l'autre puis inversement : Hitch a un sens du spectacle sur lequel se greffe le trait plus nerveux de Guice. C'est un peu comme si Neal Adams était mixé avec John Holdaway. Mais si c'est quelquefois déroutant, c'est toujours impressionnant et l'on sait que sans eux, cette mini-série n'aurait pas la même allure.
- Captain America : Qui portera le bouclier ?
Bien que Panini ne propose pas, comme il l'avait plus ou moins promis, les doubles couvertures réalisées par Hitch et Guice pour Reborn en bonus, on ne boude pas son plaisir en lisant, en guise d'épilogue, cet extra écrit par Brubaker et co-illustré par Guice et Luke Ross (12 pages chacun) où, sans spoiler personne, on assiste au passage de flambeau (ou plutôt de bouclier) officiel entre le Captain America originel et son successeur, Bucky.
C'est surtout l'occasion de profiter de très belles planches (car ce récit aurait pu être expédié en moitié moins de pages), en particulier de la part de Ross qui s'amuse à donner à Sharon Carter le visage de Faye Dunaway - ainsi qu'une scène avec Obama, réhabilitant le héros.
Bilan : ce hors-série est non seulement fortement conseillé pour comprendre le retour de Cap, mais aussi pour son efficacité narrative et sa force visuelle - une vraie réussite.
DARK REIGN SAGA 4 : SIEGE PROLOGUE.
- Siege : La Cabale.
Afin de préparer le terrain pour l'imminente parution en vf du crossover Siege, Panini publie donc ce nouvel exemplaire du trimestriel Dark Reign Saga, qui ne contient même pas 48 pages mais coûte 4,20 E - plus cher qu'un titre Ultimate pour moins de pages donc... N'aurait-il pas été plus judicieux de proposer le récit principal de cette revue dans le n°1 du mensuel Siege, avec le premier volet de l'event et de Siege : Embedded, pour un prix supérieur ? Non, car tous les moyens sont bons pour faire quelques profits, même si c'est avec des choix éditoriaux ineptes !
Siege : La Cabale boucle la boucle entamée Dark Reign : La Cabale (paru dans le n°1 de la revue Dark Reign, en Octobre 2009) et sert à la fois de mise au point et de bilan pour Norman Osborn et son gang de conspirateurs. Leur alliance a, comme on pouvait s'y attendre, volé en éclats : Emma Frost et Namor ont trahi le nouveau super-flic de l'Amérique, Loki a fait don en douce à The Hood de nouveaux pouvoirs, le Maître de Corvée (administrateur du Camp Hammond) a rejoint la table des discussions, et Fatalis défie son partenaire...
Dark Reign : La Cabale m'avait laissé un sentiment de déception tenace : remake de la première réunion des Illuminati, écrit par un Brian Michael Bendis peu inspiré et surtout affreusement dessiné par un Alex Maleev méconnaissable, cet épisode avait lancé une période (le fameux règne du mal) qui ne m'a pas emballé en surenchérissant sur la situation de crise dans la communauté méta-humaine établie depuis le brillant Civil War.
A présent que se profile l'heure des comptes et une nouvelle ére pour le Marvelverse, ce prologue à Siege n'a rien d'indispensable, mais demeure cependant bien mieux ouvragé. Tout d'abord, Bendis signe un échange très réussi entre Fatalis et Osborn, tendu à souhait, où le roi de Latvèrie méduse son interlocuteur en même temps qu'il le précipite encore plus dans les griffes du fourbe Loki. Ne serait-ce d'ailleurs pas lui qui, dans la superbe scène d'ouverture, inspire à Osborn ce qu'il projette, plutôt que la voix du Bouffon Vert qui le hante depuis qu'il a dirigé les Thunderbolts (durant le run aussi bref qu'épique de Warren Ellis sur le titre) ? En tout cas, à la fin de ce prologue, le choix d'Osborn apparaît clairement expliqué et annonce une saga prometteuse (d'autant qu'elle ne comptera que quatre actes).
Illustré par le tandem Michael Lark-Stefano Gaudiano, qui m'avait enthousiasmé sur Gotham Central et Daredevil, cet épisode est visuellement magnifique, et j'espère que ce duo d'artistes retrouvera vite une série régulière.
- Siège : Origines (1 & 2).
En cinq vignettes, le temps d'une planche, le scénariste Fred Van Lente nous fait réviser nos classiques en résumant de manière enlevée le passé des futurs protagonistes de Siege : des héros comme les deux Captain America, Spider-Man, les Fantastic Four, Wolverine, et des vilains comme le Bouffon Vert, Loki, Dr Fatalis, The Hood, Arès, Sentry, nous sont (re)présentés.
Rien de nouveau sous le soleil pour le connaisseur, mais de bons dessinateurs mis à contribution comme Steve Epting, John Romita Jr, Dale Eaglesham...
Du remplissage, donc. Mais agrèable à regarder.
- Siege : Préparatifs.
Vous aviez oublié le nom des Neuf Mondes selon la mythologie nordique ? Bendis vous offre cette séance de rattrapage de Alfheim à Asgard en passant par Midgard (la Terre).
Si vous n'aimez pas les peintures de Lucio Parrillo (comme moi), vous avez le droit de zapper.
Bilan : vous avez tout lu ? Très bien. Vous êtes donc fin prêts pour Siege et la fin attendue du "Dark Reign". ULTIMATE AVENGERS 3 :
- Ultimate Avengers : La Jeune Génération (5 & 6/6).
Suite et fin du premier arc de Mark Millar et Carlos Pacheco, ces deux épisodes sont dominés par l'action : Crâne Rouge en possession du Cube Cosmique affrontent en Alaska les Vengeurs récemment formés par Nick Fury et Gregory Stark. Le père du criminel qui n'est autre que Captain America, précédemment arrêté par le SHIELD, va-t-il avoir son mot à dire ? Et qui a engagé Crâne Rouge depuis le début de cette histoire ? C'est l'heure des explications et elles vont être musclées !
Je me souviens que, lorsque j'étais ado et que je découvrai les comics super-héroïques, j'étais frappé par ce que j'apprendrai plus tard par formuler comme un mélange de mélodrame et d'action. La prédominance des bagarres et les sentiments exacerbés des protagonistes donnaient à ces lectures une saveur unique en plus des costumes bariolés, des machines fantastiques, des situations primitives où les gentils étaient de vrais braves et les méchants des gens sinistres qu'on voulait voir terrassés.
Aujoud'hui, tout cela a évolué et dans sa ligne "Ultimate", Marvel, en même temps que sont redéfinis ses personnages iconiques, a permis à un auteur comme Mark Millar de bousculer les codes du genre en les violentant. Cela trouve une sorte d'aboutissement avec ses Ultimate Avengers composés de justiciers à la solde du contre-espionnage américain et qui sont tous des tueurs aussi impitoyables que leur ennemi. On peut considérer cette approche comme une perversion ou comme une parodie (je penche pour la seconde hypothèse).
Ce mix de mélodrame et d'action culmine dans ces deux derniers chapitres dans lesquels on assiste à une longue bataille à l'issue incertaine, entre des héros "bad-ass " apprenant sur le tas à bosser ensemble et un méchant en possession d'une arme lui permettant d'exercer son sadisme sur eux. Crâne Rouge s'amuse à faire souffrir ses assaillants alors qu'il pourrait les abattre sans effort et c'est un instant de distraction qui lui sera fatal.
Millar est excellent à ce jeu-là : avec une équipe réduite de Vengeurs et un seul adversaire, comme dans les épisodes 3 et 4, il peut tenir 40 pages sans vous ennuyer, et même sans dialogue, son récit serait compréhensible. Paradoxalement, c'est quand, sur la fin, il nous impose une explication sur les mobiles de Crâne Rouge (digne d'un piètre soap) qu'il nous perd, en justifiant les actes de son affreux méchant il lui ôte une bonne partie de son ignominie... Et du plaisir qu'on a pris à sa défaite.
Carlos Pacheco rend une copie d'une efficacité indéniable, au découpage certes sommaire mais compensé par de la variété dans la composition des images, le dynamisme dans l'enchaînement des vignettes et des planches. On ne met pas beaucoup de temps à lire ça ? Tant mieux : cela prouve que le dessinateur nous a motivé à tourner les pages et c'est ce qu'il faut pour ce type d'histoire. On regrettera juste qu'il ait dû être encré par des partenaires peu inspirés et trop divers (même si Dexter Vines et Tom Palmer s'en sortent bien).
Bilan : un très bon moment. Maintenant, rendez-vous dans deux mois avec une nouvelle aventure et un nouvel artiste (Leinil Yu).