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dimanche 21 mai 2023

LES GARDIENS DE LA GALAXIE VOL. 3, de James Gunn


Après bien des péripéties, Les Gardiens de la Galaxie vol. 3 est enfin sorti dans les salles. James Gunn, son scénariste et réalisateur, clôt non seulement sa trilogie mais quitte du même coup définitivement les studios Marvel pour partir diriger le DCU. Il est donc fortement conseillé d'avoir vu les deux précédents longs métrages consacrés aux personnages (et aussi le diptyque Avengers : Infinity War/Endgame) pour apprécier ce récit, plus grave que d'habitude.
 


Adam Warlock, le "fils" de la prêtresse Ayesha que les Gardiens de la Galaxie avaient dupée, attaque la station Knowhere. Dans le feu du combat, il blesse gravement Rocket Raccoon avant que Nebula le touche à son tour et le force à battre en retraite. Incapable de sauver Rocket, l'équipe décide de gagner le Q.G. d'OrgoCorp où leur ami servit de cobaye à des expériences dans le passé.


Dans le coma, Rocket se souvient de l'époque où il était aux mains du Maître de l'Evolution, un savant fou et puissant qui ambitionnait de créer et peupler une Contre-Terre pacifiste avec des créatures anthropomorphiques. Rocket partageait ses souffrances avec d'autres animaux comme Sol le lapin, Lyla une loutre et Teefs le morse. Mais développant une intelligence que jalousait le Maître de l'Evolution, Rocket devina qu'il allait être sacrifié et entreprit de fuir avec ses amis. Lui seul y parvint.


Une fois à proximité d'OrgoCorp, les Gardiens retrouvent les Ravageurs et Gamora qui les aident à pénétrer dans le bâtiment. Ils y dérobent avec perte et fracas le dossier médical de Rocket puis, de retour dans leur vaisseau, constatent que des données importantes en ont été effacées par Theel, l'assistant du Maître de l'Evoltuion. Ils partent donc pour la Contre-Terre sans savoir que Adam Warlock et Ayesha, qui est redevable au Maître pour la naissance de son "fils", les suivent.


Une fois sur la Contre-Terre, Star_Lord, Nebula et Groot sont aidés par les habitants pour trouver la pyramide du Maître de l'Evolution, pendant que Drax, Mantis et Gamora veillent sur Rocket toujours entre la vie et la mort. La rencontre avec le Maître dégénère quand ce dernier, déçu d'avoir été dénoncé par ses créatures, décide de détruire la Contre-Terre et de partir dans l'espace à bord de sa pyramide. Drax et Mantis, impatients, ont rejoints Nebula au pied du bâtiment-vaisseau alors que des explosions dévastent la planète.


Star-Lord et Groot sautent de la pyramide qui décolle en embarquant Theel tandis que Drax, Mantis et Nebula montent, eux, à bord et découvrent des centaines d'enfants en cage pour servir de cobayes au Maître de l'Evolution. Star-Lord extrait de Theel les données manquantes du dossier médical de Rocket et avec Groot embarquent dans le vaisseau où leur ami se trouvent avec Gamora. Adam Warlock voit Ayesha mourir dans une explosion au moment où ils tentent d'aborder le vaisseau des Gardiens et le souffle de la déflagration le propulse à l'intérieur. 
 


Cependant, Star-Lord, Gamora et Groot sauvent Rocket avant que Nebula ne leur donne sa position. Ils prennent en chasse la pyramide du Maître de l'Evolution et, avec le renfort de Kraglin, lui barre la route avec la station Knowhere. Les enfants sont évacués de la pyramide à la station tandis que les Gardiens au complet avec le renfort d'Adam Warlock affrontent le Maître de l'Evolution. Rocket se refuse finalement à le tuer pour ne pas prolonger ce cycle de violence...

Deux scènes post-générique de fin conclut le film : 

- la première montre la nouvelle formation des Gardiens (Rocket devenu le leader, Groot, Kraglin, Cosmo, Adam Warlock et Phyla, une des enfants rescapés) part en mission après la décision de Star-Lord de repartir sur Terre, de Mantis de faire un break, de Gamora de réintégrer les Ravageurs, de Drax et Nebula de s'occuper des enfants retirés au Maître de l'Evolution ;

- la seconde montre Peter Quill en train de prendre le petit-déjeuner avec son père adoptif sur Terre, avant qu'un carton à l'écran indique que "le légendaire Star-Lord reviendra".

Après une Phase IV au mieux inégale, au pire médiocre, et un début de Phase V peu convaincant (Ant-Man et la Guêpe : Quantumania s'est ramassé au box office), beaucoup d'espoirs reposaient sur Les Gardiens de la Galaxie Vol. 3. Et quelque chose me dit que James Gunn, scénariste et réalisateur du film, a dû sourire de cette situation...

Pourquoi ? Pour le comprendre, il faut remonter à la sortie du précédent volume des Gardiens de la Galaxie en 2017. Si le film fut un succès, en dépit d'avis mitigés, pour le Gunn, ce fut le début d'une mauvaise passe. De vieux tweets déterrés par des détracteurs de Droite du cinéaste conduisirent Disney à le sanctionner en l'écartant d'abord du troisième long métrage puis carrément en le virant. Tout le casting s'en émut et menaça d'abandonner tout projet avec le studio si Gunn n'était pas réintégré. Pendant ce temps, ce dernier, abordé par la concurrence, signa pour The Suicide Squad chez Warner (sorti en 2021) dont le succès critique et public (dans le contexte particulier d'alors, en pleine pandémie) convainquit Disney de revenir en arrière.

Le reste appartient à l'Histoire : la Warner resta en contact avec Gunn et lui proposa de refonder le DCU sur grand écran après les échecs du "Snyderverse" tandis que le cinéaste bouclait le tournage des Gardiens de la Galaxie vol. 3. Et, happy end, cet ultime chapitre cartonne depuis sa sortie en salles. Marvel studios doit donc une fière chandelle au mec qu'ils avaient renvoyé comme un malpropre.

Pour Gunn, boucler cette trilogie était aussi le moyen de raconter l'histoire du personnage qu'il aimait le plus : Rocket Raccoon. On raconte même qu'il avait initialement envisagé de mettre en scène un spin-off entièrement consacré au raton-laveur et Groot pour revenir sur le passé douloureux du premier, avant de se raviser, tout comme il changea de méchant en cours de route (passant de Annihilus au Maître de l'Evolution).

Ce qui frappe donc, d'emblée, c'est le ton plus grave de l'histoire. Rocket est rapidement gravement blessé et va passé les deux tiers du film sur une table d'opération entre la vie et la mort, à se remémorer ses origines, tenté d'abdiquer en se souvenant de ses amis disparus. Sans concessions, le film traite de la maltraitance animale de manière poignante et des dérives du transhumanisme. Le supplice que traverse Rocket dans des flashbacks très émouvants vous serre le coeur. On comprend à quel point Gunn s'est projeté dans ce personnage, le transformant en une figure sacrificielle, profondément touchante et blessée.

Qu'importe alors que le Maître de l'Evolution soit joué de façon un peu trop souvent hystérique par Chukwudi Iwuji (à la différence des comics où il est un savant fou et puissant mais d'une froideur totale, d'un détachement effrayant) : le face-à-face entre Rocket et ce néo-Docteur Moreau (inspiré par le héros du roman de H.G. Wells) réserve son lot de scènes mémorables, cruelles, et pour lesquelles Gunn trouve un dénouement tout sauf manichéen.

Le cinéaste n'a jamais envisagé les Gardiens comme une équipe de super-héros comme les Avengers, mais plutôt comme une famille que chacun de ses membres s'est choisie. Gunn a dû composer avec des éléments qu'il n'a pas choisis (et qui compliquent inutilement le récit, comme la Gamora issu de Avengers : Endgame, qui a tout oublié de son passé avec les Gardiens et n'est donc plus l'amante de Star-Lord), mais il les exploite avec adresse pour redynamiser le groupe, ses relations. Il donne aussi une suite directe à ce qu'il avait mis en place dans le volume 2 avec Ayesha et Adam Warlock en les reliant au Maître de l'Evolution et si, là aussi, son interprétation de Warlock peut dérouter par rapport aux comics (où il était un personnage plus mûr), elle a une vraie logique dans ce contexte, incarné avec recul par Will Poulter.

Alors, pourquoi ça fonctionne contrairement à la majorité de ce qu'a livré la Phase IV et Quantumania ? Qu'on apprécie ou pas le style coloré, décalé, de Gunn, on ne peut nier qu'il a un style affirmé, peut-être même le plus prononcé, le plus personnel, de tout le MCU. Dans la mesure où il écrit et dirige ses films, il en a le contrôle et en assume tous les aspects, parfois même les plus controversés (comme sa vision de Drax en gros bouffon plutôt qu'en réel destructeur ou de Mantis qui devient une ingénue comique au lieu d'une madone céleste). Quand on va voir un film de Gunn, on sait où on met les pieds, on ne peut pas jouer la surprise ou s'offusquer des libertés prises. Et ce sera intéressant de voir comment il s'emparera du DCU, à commencer par Superman dont il a écrit et mettra en scène le grand retour en 2024-2025.

Il y a donc cette exubérance familière et qui assure à la trilogie une vraie unité esthétique et narrative, une inventivité, une sorte d'insouciance, un refus de se prendre trop au sérieux tout en faisant le job sérieusement. Tout cela témoigne d'un amour pour le matériau de base, son folklore, mais aussi d'une approche singulière, sincère, sentimentale même. Et je pense que c'est ce qui a fait la différence après tout un tas de films de la Phase IV où les spectateurs ont été perdus par les choix de Kevin Feige ou déçus par des opus trop ou pas assez, sans désormais de menace commune, de fil rouge (comme l'incarnaient Thanos et les pierres d'infinité). En existant en marge du reste mais en développant leurs propres thèmes, leurs propres méchants, les rapports entre les Gardiens, la trilogie de Gunn a échappé à ces sorties de route pour former un tout solide, certes imparfait, mais honnête avec lui-même et le public.

Enfin, plus que tout autre film ou trilogies du MCU, Gunn a bâti son oeuvre avec une troupe qui a fait corps avec son projet. Chris Pratt, Zoe Saldana, Karen Gillan, Dave Bautista (même si ce dernier s'est plaint de l'évolution de son personnage), Pom Klementieff, ainsi que Bradley Cooper et Vin Diesel (qui ont prêté leur voix à Rocket et Groot), tous  sont indissociables de la réussite de ces trois films et de celui-ci en particulier (sans oublier le spécial diffusé fin 2022 sur Disney +). Cette famille d'acteurs dont certains ont vu leur carrière propulsé grâce à Gunn, qui les a imposés à Disney, a soutenu le réalisateur comme des enfants auraient soutenu un père mais ont aussi défendu leurs rôles en jouant à fond le jeu, communiquant leur plaisir à l'audience.

Alors que le MCU est actuellement en plein gestion du scandale lié à Jonathan Majors (Kang à l'écran, empêtré dans une sale affaire de violences sur sa compagne et rattrapé par des témoignages sur son comportement toxique de longue date), et en attendant la sortie à l'automne de The Marvels (la suite de Captain Marvel), Les Gardiens de la Galaxie vol. 3 ressemble à la fin d'une époque. Le studio va devoir d'une manière ou d'une autre changer, évoluer, peut-être en lâchant la bride à ses cinéastes, en repensant son modèle. Gunn parti, Kevin Feige va devoir prouver qu'il n'a pas perdu son mojo, sa vista, tandis que Bob Iger, l'ex-président de Disney revenu en catastrophe, opère une restructuration drastique.

mardi 29 novembre 2022

LES GARDIENS DE LA GALAXIE : JOYEUSES FÊTES !, de James Gunn


Guardians of the Galaxy : Holidy Special (en vo) est un court métrage écrit et réalisé par James Gunn. Ce programme est semblable dans son format (trois quarts d'heure environ) à Werewolf by Night diffusé en Octobre dernier, mais cette fois il s'inscrit dans la continuité du MCU, comme un avant-goût du Volume 3 des Gardiens de la Galaxie qui sortira en Mai 2023 (en France). Un intermède sympa, drôle et touchant.


Désormais installés à Knowhere qu'ils ont racheté au Collectionneur, les Gardiens de la Galaxie retapent l'endroit. Noël approchant, Kraglin Obfonteri raconte à Mantis, Drax, Nebula et Rocket Raccoon que cette période déprime Peter Quill car, enfant, Yondu ne voulait pas qu'on en fasse une fête. De plus, la disparition de Gamora mine le moral de Star-Lord.


Mantis, qui n'a pas avoué à Peter qu'ils ont le même père (Egp - affronté dans le Vol. 2) et qu'ils sont donc frère et soeur, convainc Drax d'aller sur Terre pour trouver le seul cadeau susceptible de ragaillardir leur ami : Kevin Bacon, dont il loue les exploits légendaires. Mais sans indices sur l'endroit où il habite, ils errent sur le Walk of Fame, dans un night club avant qu'une guide touristique ne leur indique qu'il demeure à Beverly Hills.


Drax et Mantis enlèvent Kevin Bacon après avoir neutralisé les forces de police qu'il a appelées au secours et rejoignent Knowhere dans leur vaisseau spatial. mais en reoute, ils comprennent que leur cadeau n'est pas un héros mais un acteur et Mantis utilise ses pouvoirs pour le rendre plus docile.


Peter Quill découvre son "présent" et est très contrarié. Mais Kevin Bacon est convaincu par Kraglin de rester pour la fête que les Gardiens ont préparée. Groot et Nebula distribuent les cadeaux achetés sur Terre par Mantis et Drax avec l'argent de Kevin Bacon avant que celui-ci ne soit ramené chez lui. Mantis trouve alors la force de dire à Peter leur lien de parenté.

J'avais beaucoup aimé Werewolf by Night, le premier programme spécial produit pour Dusney +, et j'espérai vivement que Kevin Feige développe d'autres courts métrages comme celui-ci, plutôt que de s'entêter à mettre en chantier des séries qui, une fois sur deux, s'avèrent très décevantes. Un an après Hawkeye, qui se déroulait déjà durant les fêtes de fin d'année, voici donc Guardians of the Galaxy : Holiday Special (Joyeuses fêtes ! en vf).

Tourné pendant les prises de vue des Gardiens de la Galaxie Volume 3 (qui sortira en France en Mai 2023), ce projet tenait à coeur à James Gunn, grand fan d'un format identitique pour Star Wars (Du Temps de la Guerre des Etoiles) diffusé en 1978. Soiuvent considéré comme un nanar, il est devenu culte auprès des fans de la saga avec les années.

Ce qui est très malin de la part de Gunn, c'est d'avoir collé à l'esprit de l'objet qui l'a inspiré. On sent que tout ça a été filmé rapidement, avec peu de moyens, et surtout en respectant de manière quasi-fétichiste aux clichés du genre. Tout est parfaitement inoffensif, bon enfant, avec un esprit tendrrmeent loufoque. Plus Disney que Disney.

Du coup, James Gunn coupe l'herbe sous le pied des grincheux qui ne peuvent critiquer son court métrage en l'accusant d'être trop gentil, mièvre, puisque c'est précisément le but avoué, recherché. Il en restera toujours pour râler et dire que c'est trop sucré, que ça ne ressemble pas aux Gardiens de la Galaxie (ceux de Dan Abnett et Andy Lanning, portés aux nues pour ne pas avoir à dire du bien de ceux de Brian Michael Bendis). Mais laissons ces fâcheux sur le côté.

Car j'ai bien aimé ce Joyeuses fêtes !, qui est drôle, bienveillant, absurde et touchant aussi. Le scénario tient sur un post-it mais avec une dinguerie vraiment divertissante. Enlever Kevin Bacon pour l'offrir à Peter Quill qui a parlé de lui à ses amis comme s'il était un héros fantastique avant que les Gardiens ne comprennent qu'il ne s'agit que d'un acteur (ce qui les irrite car ils l'assimilent à un usurpateur) est extra. Et James Gunn a eu de la chance que l'acteur accepte de se moquer de lui-même comme ça (même si, apparemment, il avait prévu un plan B en cas de refus, mais ça aurait été vraiment dommage).

Mantis et Drax, qui ont été très réécrits dans les films du MCU par rapport à ce qu'on sait d'eux dans les comics, sont ici deux pieds nickelés sensationnels, enchaînant gaffe sur gaffe sans se rendre compte de l'énormité de leur projet. Et Pom Klementieff et Dave Bautista s'en donnent à coeur joie pour incarner ces deux imbéciles heureux, sûrs de leur affaire.

Bien entendu, le format du téléfilm ne donne guère de temps d'écran aux autres Gardiens, en dehors de Chris Pratt, curieusement éteint. On découvre un Groot qui a changé d'apparence (plus vraiment l'ado boudeur du Vol. 2, mais plus baraqué), Nebula toujours aussi ombrageuse mais qui fait un cadeau étonnant et très amusant à Rocket.

On a aussi droit à deux scènes en animation que Gunn justifie en expliquant que c'est encore un clin d'oeil au Holiday Special de Star Wars mais aussi parce que c'était la meilleure manière de montrer Peter jeune et de saluer Michael Rooker (l'interprète de Yondu, dont le personnage est mort dans le Vol. 2). En prime, on apprend enfin que Mantis et Peter sont demi-frère et soeur (leur père commun étant Ego, qu'ils ont affronté dans le Vol. 2 - vous l'aurez compris, il faut avoir vu ce Vol. 2 avant).

Sans prétention mais très rafraîchissant, Les Gardiens de la Galaxie : Joyeuses Fêtes ! confirme que Disney + a tout intérêt à continuer dans cette voie. Surtout que dans ce cas précis, le réalisateur-scénariste a prévenu que le Vol. 3 serait son dernier projet chez Marvel (puisqu'il est désormais en charge du DC Cinematic Universe) et surtout serait une histoire plus dramatique.  

vendredi 18 décembre 2015

Critique 774 : LES GARDIENS DE LA GALAXIE HORS SERIE #2 (Décembre 2015)

 Les Gardiens de la Galaxie Hors Série #2 :

Panini boucle la publication des séries au programme de la revue avant le crossover Secret Wars, qui débute le mois prochain et impactera toutes ses revues. Ce Hors Série est donc davantage un n° 13 des Gardiens de la Galaxie qu'un véritable HS, et l'éditeur a, comme souvent, bâclé son affaire (pas de couvertures des séries au sommaire). Reste le contenu, plus agréable.

- Rocket Raccoon #10-11 : Dernière page (1 & 2/2) (Skottie Young / Jake Parker) :
 (Extrait de Rocket Raccoon #10.
Textes de Skottie Young, dessins de Jake Parker.)

Rocket et Groot sont menacés d'être arrêtés par la justice s'ils ne paient pas une amende, mais le raton-laveur a l'occasion de récupérer le livre du demi-monde, un ouvrage qui pourrait lui révéler ses origines...

Comme à son habitude, Skottie Young nous plonge dans cette ultime aventure pied au plancher. Ce parti-pris est un des grands atouts de la série, avec l'humour - jusqu'à la chute du dernier épisode, jubilatoire. 

Production atypique mais heureusement reconduite après Secret Wars (dans une formule un peu différente), ce titre aura aussi été un plaisir grâce aux dessins très cartoony de Jake Parker (qui, hélas ! quitte l'aventure), mis en valeur par la colorisation au diapason de Jean-François Beaulieu. 

- Nova #30-31 : Retrouvailles (2 & 3/3) (Gerry Duggan / David Baldeon) :
 (Extrait de Nova #11.
Texte de Gerry Duggan, dessins de David Baldeon.)

Sam Alexander retrouve son père mais les Chitauri veulent aussi récupérer cet ex-gladiateur avec ses compagnons en fuite. Pour éloigner Nova, le Guerroyeur menace alors la Terre...

La série écrite par Gerry Duggan s'achève de manière médiocre, avant elle aussi d'être relancée (avec une nouvelle équipe créative que je souhaite plus inspirée) : l'émotion espérée n'est pas au rendez-vous et l'action est trop confuse et sans suspense pour convaincre. 

Les dessins de David Baldeon n'arrangent rien, parfois à la limite du lisible. Quel gâchis depuis les tout premiers épisodes si sympathiques du duo Loeb / McGuinness.

- Les Gardiens de la Galaxie #26-27 : Quill président (1 & 2/2) (Brian Michael Bendis / Valerio Schiti) :
 (Extrait des Gardiens de la Galaxie #26.
Textes de Brian Michael Bendis, dessins de Valerio Schiti.)

Peter Quill est rattrapé par ses responsabilités : élu, sans avoir été sollicité, nouveau président de l'empire de Spartax, il s'y rend avec son équipe lorsque des Chitauri attaquent pour éliminer Gamorra car elle est la fille de Thanos. Cette situation va obliger chacun à faire des choix...

Brian Bendis a deux mérites essentiels à mes yeux : d'abord, il ne se prend pas trop au sérieux, rendant cool une série dont les personnages et les situations profitent, et ensuite, n'hésitant pas à bousculer le statu quo (ce que irrite bien des lecteurs finalement très conservateurs). 
En faisant de Peter Quill un dirigeant, il précipite un héros immature et aventurier dans un rôle à responsabilité qui impacte tout son entourage - en premier lieu son récent couple avec Kitty Pryde. Ces deux derniers épisodes sont également riches en spectacle.

Valerio Schiti, qui reprendra les dessins du prochain volume, s'est affirmé rapidement non seulement comme un artiste au trait dynamique et expressif et donc comme un complément idéal pour Bendis. Il nous régale ici de quelques planches superbes, souvent découpées sur toute la largeur de doubles pages. L'italien a réussi à s'imposer régulier et efficace.

- Star-Lord #12 : Une Aube nouvelle (Sam Humphries / Paco Medina, Andrea Sorrentino) :
(Extrait de Star-Lord #12.
Texte de Sam Humphries, dessin de Paco Medina.)

Victoria, la soeur de Star-Lord, se rend chez le Collectionneur pour récupérer son père, J-Son, figé dans l'ambre. Mais la jeune femme en profite surtout pour dérober autre chose à son hôte...

Sam Humphries, comme Duggan sur Nova, n'est jamais parvenu, jusqu'à présent, démontrer un talent à part, se contentant de dérouler laborieusement des intrigues sans relief (à la direction du crossover Black Vortex, ses faiblesses ont été encore plus criantes). Ce dernier épisode ne fait pas exception, même s'il pose les bases d'une histoire à venir : comme il reste aux commandes du prochain volume du titre, on verra si et comment il la développera.

Paco Medina illustre cela sans étonner non plus : son style évoque parfois celui de Coipel, mais manque de consistance. Les fans de Andrea Sorrentino, crédité au sommaire, ne doivent pas s'emballer : il ne signe que la première page ! (Pour info, c'est Javier Garron qui dessinera la prochaine version de Star-Lord, ce qui est prometteur.)

Bilan : Toutes les séries existantes se concluent donc... Mais Marvel les a toutes relancées depuis (alors même que Secret Wars n'est pas encore terminé en vo). Les lecteurs français sont assurés de retrouver cette revue, dès le mois prochain avec des tie-in au nouvel event, mais aussi ensuite.
Néanmoins, la création d'un titre dédié à Drax, un autre en projet avec Gamorra, le sommaire est susceptible d'être modifié autour des Gardiens de la galaxie, Rocket Raccoon & Groot et Star-Lord (déplaçant Nova dans un nouveau mensuel ?).  

lundi 7 décembre 2015

Critique 767 : LES GARDIENS DE LA GALAXIE #12 (Décembre 2015)

 Les Gardiens de la Galaxie #12 :

Ce mois-ci s'achève le crossover du Vortex Noir avec trois séries impliquées (dont l'une fait son apparition surprenante dans la revue). Les deux autres titres complètent le sommaire. Je vais donc, comme précédemment, synthétiser la critique concernant la saga principale.

- Captain Marvel # 14 : Le Vortex Noir (11) (Kelly Sue DeConnick / David Lopez) :
(Extrait de Captain Marvel #14.
Textes de Kelly Sue DeConnick, dessin de David Lopez.)

- Star-Lord #11 : Le Vortex Noir (Sam Humphries / Paco Medina) :
 (Extrait de Star-Lord #11.
Textes de Sam Humphries, dessins de Paco Medina.)

- Les Gardiens de la Galaxie / X-Men : Le Vortex Noir (13) (Sam Humphries / Ed McGuinness, Javier Garron) :
(Extrait de Les Gardiens de la Galaxie / X-Men.
Textes de Sam Humphries, dessin de Javier Garron.)

Captain Marvel a récupéré le Black Vortex et s'emploie à le ramener sur Spartax comme le lui a demandée Kitty Pryde. Mais les Saigneurs la poursuivent, puis Mr Knife/J-Son et Thane, et enfin Gara, la doyenne des Viscardi.
Une fois à nouveau à proximité de l'artefact, Kitty Pryde s'y soumet et communie avec le cosmos, écartant tout danger de Spartax et facilitant la neutralisation des Saigneurs et de Mr Knife. Groot, Iceberg, le Fauve moderne, le jeune Scott Summers/Cyclope, transformés par le Vortex Noir, recouvrent leur condition normale, mais le jeune Warren Worthington/Angel et Gamorra restent dans leur nouvel état. 
Gara emporte le miroir à l'abri. Peter Quill/Star-Lord demande sa main à Kitty Pryde qui accepte de l'épouser.

La conclusion de cette saga est au diapason de ses épisodes précédents, décevante et prévisible. Le fameux Vortex Noir passe de main en main et, in fine, fournit une résolution paresseuse après avoir semé une incroyable pagaille. Tout ça pour ça, même si Sam Humphries, le chef d'orchestre de ce crossover, laisse en suspens quelques pistes narratives... Dont on peut légitimement se demander si Marvel les exploitera après le remue-ménage opéré suite à Secret Wars (dont la parution en français débutera pour 6 mois dès Janvier prochain).

Les mêmes interrogations demeurent concernant la nécessité d'impliquer les All-New X-Men dans une intrigue déjà abondamment peuplée mais à l'intensité dramatique assez pâlichonne. Par ailleurs, la modeste participation de Brian Michael Bendis dans la construction de cette histoire, qui concernait pourtant deux de ses séries (Les Gardiens de la Galaxie et All-New X-Men), a visiblement peu aidé toute cette affaire à décoller : je ne prétendrai pas que s'il avait tout piloté, ç'aurait été meilleur mais en tout cas cela souligne le caractère artificiel de la réunion de tous ces personnages sans celui qui les anime d'habitude.

Enfin, après avoir publié les 6 premiers épisodes de l'excellente série Captain Marvel (dans un n° hors-série de la revue "Avengers") il y a plus d'un an et sans avoir traduit la suite (qu'on ne lira sans doute donc jamais), Panini a inclus dans le sommaire le 14 chapitre du titre écrit par Kelly Sue DeConnick et dessiné par David Lopez, en se rendant compte que l'héroïne était de la partie. C'est un traitement indigne pour cet excellent comic-book qui aurait bien mérité sa place en kiosque ou en librairie.

Visuellement, ce final est d'une bonne tenue : outre donc David Lopez (qui est désormais le nouvel artiste de la nouvelle version de Wolverine), Paco Medina livre des planches moyennes mais honorables, avant de céder la place pour l'ultime épisode (long de 30 pages) au duo Ed McGuinness-Javier Garron (une quinzaine de planches chacun, avec parfois des vignettes commencées par le premier et terminées par le second, ce qui confirme le peu d'inspiration de McGuinness et les bonnes dispositions de Garron). 

- Nova #29 : Retrouvailles (1) (Gerry Duggan / David Baldeon) :
 (Extrait de Nova #29.
Textes de Gerry Duggan, dessin de David Baldeon.)

Sam Alexander revient sur Terre et annonce aux parents de l'ex-Nova, Richard Ryder, que celui-ci est bien mort. Mais le garçon repart vite, résolu à retrouver son père. Pour l'aider, il propose à tous les aliens intéressés une prime contre des informations pour le localiser...

Gerry Duggan écrit la première partie de l'ultime arc en deux épisodes de la série : comme d'habitude, rien de très bon, et même un clin d'oeil assez lourdingue à Deadpool (l'autre titre qu'il anime).

Les dessin de David Baldeon ne me plaisent toujours pas. C'est médiocre, laid. Panini aurait bien plus inspiré de proposer dans la revue Captain Marvel ou Silver Surfer (de Slott et Allred) que ce mauvais Nova, qui n'a fait qu'illusion que le temps des cinq épisodes par Loeb et McGuinness.

- Rocket Raccoon #9 : Monstres en folie (2) (Skottie Young / Jake Parker) :
(Extrait de Rocket Raccoon #9.
Dessin de Jake Parker.)

Où l'on découvre la vérité sur la folie destructrice de Groot dans le futur et le rôle de Rocket Raccoon pour l'arrêter...

Honteusement coupé en deux, cet épisode se termine avec un twist habile que je n'avais pas vu venir. Skottie Young s'amuse et nous avec ce qu'il raconte : c'est une bonne nouvelle de savoir qu'il reste à son poste pour la future série Rocket Raccoon & Groot (qui sera dessinée par Felipe Andrade) dans le futur "All-new, all-different Marvel".

Jake Parker, avec les couleurs acidulés de Jean-François Beaulieu, aura lui aussi mérité de conserver sa place sur ce titre : son trait cartoony et son découpage à la fois simple et énergique sont un régal.

Bilan : l'aventure n'est pas tout à fait terminée puisque Panini, qui entame la parution du crossover géant Secret Wars dès Janvier 2016, a décidé de boucler toutes ses publications à toute vitesse ce mois-ci. Les fins des versions actuelles des Gardiens de la Galaxie, Rocket Raccoon, Nova, et Star-Lord, au total sept épisodes, seront donc proposées un hors-série disponible dès le 15 Décembre. Du grand n'importe quoi éditorial, mais on n'est plus à ça près, mais que je me procurerai quand même et dont je vous parlerai donc bientôt. Stay tuned !

lundi 9 novembre 2015

Critique 745 : LES GARDIENS DE LA GALAXIE #11 (Novembre 2015)

 Les Gardiens de la Galaxie #11 :

Le sommaire de la revue est quasiment monopolisé par la suite du crossover Le Vortex Noir, seule la série Rocket Raccoon n'est pas impactée par cette saga (et d'ailleurs l'épisode a été coupé en deux).
Vous trouverez donc ci-dessous un résumé des épisodes et une critique globale pour ces quatre nouveaux chapitres de l'histoire.

- Les Gardiens de la Galaxie / X-Men : Le Vortex Noir (6) (Sam Humphries / Mike Mayhew) :

Ronan l'accusateur rédige son rapport dans lequel il relate la manière dont il a repoussé, contre l'avis de l'Intelligence Suprême des Krees, l'attaque menée par Gamorra, le Fauve et Angel, qui se sont soumis au Vortex Noir mais qui leur a été dérobé par les Gardiens de la galaxie et les X-Men...

- Les Gardiens de la Galaxie #25 : Le Vortex Noir (7) (Brian Michael Bendis / Valerio Schiti) :

En désaccord avec l'Intelligence Suprême des Krees qui veut supprimer Gamorra, le Fauve et Angel, les Gardiens de la galaxie et les X-Men lui reprennent le Vortex Noir. Mais J-Son et ses alliés, les Saigneurs, veulent à leur tour reprendre l'artefact et bombardent la planète Hala jusqu'à provoquer sa destruction. Nova a réussi à fuir avec le Vortex Noir mais il erre, sans connaissance dans le vide sidéral, soufflé par l'explosion de Hala... 

- Nova #28 : Le Vortex Noir (8) (Gerry Duggan / David Baldeon) :

Nova revient à lui et décide de ramener le Vortex Noir pour le confier aux Vengeurs. Mais le Collectionneur surgit pour le lui dérober. Il fuit avec l'artefact dans l'espace où il est capturé par J-Son et Thane qui se soumet au pouvoir du Vortex Noir...

- Star-Lord #9 : Le Vortex Noir (9) (Sam Humphries / Paco Medina) :

J-Son livre aux Broods, en échange de leur collaboration, la planète Spartax, dont il fut l'empereur avant d'en être chassé par son fils, Peter Quill/Star-Lord. Thane fige toute la population dans l'ambre pour que des Broods "infestoïdes" déposent leurs oeufs et multiplient leurs rangs. Pour empêcher les Gardiens de la galaxie et les X-Men de contrarier ce plan, les Saigneurs sont envoyés pour les tuer...
  
Le Vortex Noir souffre, c'est flagrant après la lecture de ces quatre épisodes successifs, tirés de quatre séries, d'être trop long - et encore je ne lis pas les chapitres écrits du point de vue des All-New X-Men, dans la revue "X-Men" !
L'idée principale de Sam Humphries apparaît depuis le début comme trop mince pour être aussi diluée dans autant de séries : les rebondissements revêtent un caractère artificiel, prétexte à impliquer une quantité toujours plus grande de personnages, pour lesquels le lecteur n'éprouvera pas toujours de sympathie. Il y a trop de héros mais aussi de méchants qui se disputent la propriété et l'usage de cet artefact, dont le pouvoir manque par trop d'originalité (ce n'est qu'une énième variation sur la corruption liée à la puissance, convoité soit pour pacifier l'univers, soit pour l'asservir).

Mais incidemment un crossover permet aussi d'apprécier la légitimité d'une série : à ce compte-là, Guardians team-up et Star-Lord, écrites par Humphries, confirment qu'elles n'existent que pour exploiter le filon du succès de la franchise des Gardiens de la galaxie. Nova tente, avec le style plus léger qu'ambitionne Gerry Duggan, de jouer une carte plus légère, voire comique, mais avec des péripéties grotesques (le Collectionneur qui débarque chez les Alexander).
Dans ce contexte, Les Gardiens de la Galaxie, écrit par Brian Bendis, s'en sort bien mieux et la série aurait amplement suffi pour développer ce pitch : le scénariste en profite d'ailleurs pour livrer un épisode spectaculaire, le 25ème de son volume, d'une trentaine de pages.

Graphiquement, Valerio Schiti, partenaire de Bendis, illustre avec beaucoup de talent sa partie : il se révèle très complet dans tous les registres, aussi bien pour animer les personnages, composer des scènes de groupe, ou mettre en images les ravages de la bataille. Décidément, l'italien confirme qu'il est un artiste en plein boum.
Mike Mayhew dessine dans son style photo-réaliste l'épisode de Guardians team-up : bizarrement, le résultat évoque surtout Mike Deodato (impression renforcée par la colorisation de Rain Breredo, qui fut longtemps associé au brésilien). C'est beau, quoique un peu figé.

Les prestations de Paco Medina (Star-Lord) et David Baldeon (Nova) sont égales à elles-mêmes : pour ma part, je n'apprécie guère le premier et déteste le second. 

- Rocket Raccoon #9 : Monstres en folie (1) (Skottie Young / Jake Parker) :

Sur Terre en 2046, Groot devenu géant détruit tout sur son passage après une expérience ratée menée par les Vengeurs pour répliquer ses capacités régénératrices. Le seul recours pour raisonner l'extra-terrestre est Rocket Raccoon, qui, approché par Iron Man, refuse d'aider les humains...

Bien que Panini soit coutumier du fait (alors que Christian Grasse le nie dans sa postface... Quel bouffon, ce bonhomme !), l'épisode de Rocket Raccoon a été coupé en deux, parce que celui des Gardiens de la Galaxie compte trente pages, et apparemment il est impensable pour l'éditeur de vendre une revue de plus de 120 pages, même exceptionnellement (par contre, ça ne le gêne pas pour sortir le prochain numéro et un hors-série en Décembre pour liquider tous les épisodes des séries "cosmiques" avant le début de la saga Secret Wars en Janvier...).

Malgré tout, la nouvelle histoire imaginée par Skottie Young est aussi délirante que d'habitude. Jake Parker revient la dessiner, après le fill-in de Felipe Andrade, dans son style cartoony et tonique, rehaussé par les couleurs acidulés de Jean-François Beaulieu.

Bilan : compliqué - Le Vortex Noir n'est pas désagréable à suivre, mais l'intrigue n'est pas suffisamment riche pour cannibaliser autant de séries. Bendis et Schiti dominent la mêlée facilement, tandis que Rocket Raccoon continue de ravir le lecteur en quête d'autre chose. Suite et fin (de la saga et de la revue) le mois prochain.

mardi 20 octobre 2015

Critique 731 : LES GARDIENS DE LA GALAXIE #10 (Octobre 2015)

Les Gardiens de la Galaxie #10 :

Suite du crossover Le Vortex Noir oblige, le sommaire de la revue est encore divisé en deux parties : d'un côté, les séries impactées par la saga (Les Gardiens de la Galaxie et Star-Lord), de l'autre, le reste du programme (Rocket Raccoon et Nova  - même si la fin du 2ème épisode de ce dernier relie le personnage au crossover).

- Les Gardiens de la Galaxie #24 : Le Vortex Noir (2) (Brian Michael Bendis / Valerio Schiti) :
(Ci-dessus : extrait des Gardiens de la Galaxie #24.
Textes de Brian Michael Bendis, dessin de Valerio Schiti.)

- Star-Lord #9 (Sam Humphries / Paco Medina) : 
(Ci-dessus : extrait de Star-Lord #9.
Textes de Sam Humphries, dessin de Paco Medina.)

Après avoir dérobé le Vortex Noir à Mr Knife alias J-Son, Peter Quill/Star-Lord et Kitty Pryde se disputent sur la nécessité de le conserver ou de le détruire. Gamorra a déjà été transformée par l'artefact, le Fauve n'y résiste pas longtemps. Est-ce une opportunité pour régler bien des problèmes ? Ou en créer de nouveaux?
L'intervention du père de Star-Lord va certainement précipiter l'issue de ce débat...

Bon, inutile de se bercer d'illusions, ce crossover ne s'annonce pas renversant et Brian Bendis ironise volontiers sur cette intrigue à base de possession cosmique et de corruption mentale : la métaphore est soulignée et aboutit à un récit divertissant mais guère original.
L'épisode des Gardiens... écrit par Bendis a le grand mérite de recentrer le problème autour de quelques personnages (Peter, Kitty, Gamorra, le Fauve et Tornade) mais le scénariste ne fait pas de miracles et le nombre pléthorique de protagonistes reste absurde.
La transition avec l'épisode de Star-Lord est organique puisque les événements qui y sont narrés prolongent directement ceux des Gardiens.... Sam Humphries écrit avec moins de distanciation mais ce n'est pas déplaisant.

Visuellement, Valerio Schiti produit de superbes planches (souvent découpées en profitant de toute la largeur de doubles pages), où l'expressivité de ses personnages, son art de la composition et le dynamisme de sa mise en scène sont un régal.
La prestation de Paco Medina est inférieure en qualité : un dessin sans personnalité ni invention, où l'encrage et la colorisation n'arrangent rien.

- Rocket Raccoon #8 : Le Froid (2) (Skottie Young / Felipe Andrade) :

Rocket part avec la princesse Jink trouver l'antidote qui guérira Groot : l'occasion pour le couple de se confier sur leur passé avant d'accomplir cette mission périlleuse.

Skottie Young déçoit un peu avec cette aventure qui manque de l'énergie des précédents épisodes en une partie de la série : l'issue ne fait aucun doute et la caractérisation des personnages est sommaire, rappelant juste comment le duo Rocket-Groot s'est formé.

Les dessins de Felipe Andrade manquent parfois d'une élémentaire lisibilité, mais la colorisation de Jean-François Beaulieu produit des ambiances spectaculaires.

- Nova #27 & Annual #1 : Mr Carnage goes to Carefree & Les Aventures de Doc et Sammy (Gerry Duggan / John Timms, David Baldeon) :
Sam Alexander règle son compte à Carnage en s'efforçant de préserver sa double identité secrète. Puis après avoir tenté de faire réparer son casque par le Fauve et Iron Man, il s'en remet à Doc Green (aka Hulk).

Le niveau de la série reste toujours aussi pauvre, avec un premier épisode particulièrement calamiteux. L'Annual est un peu meilleur mais trente pages pour raconter ça, c'est tout de même long. Gerry Duggan finit par introduire son personnage au crossover du Vortex Noir, dans lequel, honnêtement, on se demande ce qu'il va apporter (comme s'il n'y avait pas déjà assez de monde dans cette affaire).

Graphiquement, le contraste entre le Sam Alexander dessiné par John Timms (qui a l'air d'avoir 20 ans) et celui de David Baldeon (qui a l'air d'en avoir 10) produit un effet grotesque, mais on n'est plus à ça près.

Bilan : pas fameux - je me suis engagé à lire le crossover donc je vais acheter jusqu'à la fin, qui coïncidera avec celle de la revue que va relancer/renuméroter Panini dès Janvier 2016. L'éditeur a d'ores et déjà décidé de publier les épisodes des diverses séries dans la plus grande précipitation d'ici à la fin de l'année (avec carrément un Hors-Série en plus du n° de Décembre !). Consternant.   

dimanche 4 octobre 2015

Critique 719 : LES GARDIENS DE LA GALAXIE #9 (Septembre 2015)

Critique en retard... Tout simplement parce que j'ai beaucoup hésité avant d'acheter ce numéro de la revue. J'ai finalement craqué... Et voilà que je replonge dans un crossover, après m'être juré qu'on ne m'y reprendrait plus.
En avant, donc, pour la première partie de Black Vortex.
*
 Les Gardiens de la Galaxie #9 :

La revue est divisée en deux parties : la série Star-Lord et l'épisode Les Gardiens de la Galaxie / X-Men sont consacrés à l'histoire du Vortex Noir, je vais donc écrire une critique commune. Rocket Raccoon et Nova poursuivent des récits indépendants.

- Star-Lord #8 : Le Règne du Vortex Noir (3) (Sam Humphries / Freddie Williams II, Paco Diaz) :

- Les Gardiens de la Galaxie / X-Men : Le Vortex Noir (1) (Sam Humphries / Ed McGuinness, Kris Anka) :

Après avoir sauvé Peter Quill alias Star-Lord des griffes de son père J-Son alias Mr Knife et des Bouchers, Kitty Pryde accepte désormais de vivre avec lui en sillonnant le cosmos. Mais avant cela, elle le convainc de reprendre à Mr Knife le Vortex Noir.
Pour accomplir cette mission, les Gardiens de la Galaxie (Rocket Raccoon, Drax, Gamorra, Groot, Venom, Captain Marvel) et les X-Men (Tornade, le Fauve, Magie, les premiers X-Men - Scott Summers, Jean Grey, Bobby Drake, Warren Worthington III, Laura Kinney) sont appelés à la rescousse.
Mais qu'est-ce que le Vortex Noir ? Un miroir créé par un Céleste, légué au peuple Vikardi, qui permet à ceux qui s'y soumettent de devenir plus puissants, pour le meilleur et le pire...

Sam Humphries est donc aux commandes de ce crossover, avant de le partager avec les scénaristes des séries concernées (comme Brian Michael Bendis pour Les Gardiens... et les X-Men). L'idée n'est pas très originale : il s'agit de confronter une tripotée de héros et de vilains à un artefact cosmique capable d'en faire des êtres surpuissants, quitte à réveiller leur côté obscur.
Les méchants veulent en profiter pour se venger et dominer, les bons pour éviter cela. Mais parmi ces derniers, certains ont aussi envie de saisir l'opportunité d'accéder à une force supérieure pour être plus efficaces : c'est le point le plus intéressant car le plus équivoque.
Néanmoins, était-il nécessaire d'impliquer autant de personnages dans cette histoire ? Mr Knife, les Bouchers (qui deviennent les Saigneurs, après avoir succombé au Vortex Noir), Thane (le fils ridicule de Thanos), les Gardiens de la Galaxie, et un bon paquet de X-Men, ça fait beaucoup de monde - et la présence des mutants apparaît forcée (même si on devine que pour le Fauve, l'artefact représente un instrument tentant à bien des égards, en premier lieu pour corriger ses initiatives récentes, comme d'avoir ramené du passé les premiers X-Men).
Quoi qu'il en soit, l'épisode spécial (d'une trentaine de pages) qui noue les retrouvailles les Gardiens et les X-Men et présente leur affrontement contre Mr Knife, les Saigneurs et Thane manque d'intensité et s'avère presque dispensable, tout cela aurait pu être amené plus directement, sans passer par ce prologue.
Espérons que Bendis donnera plus de nerf à tout ça et surtout que le dénouement ne soit pas anecdotique (il semble que les Gardiens seront substantiellement impactés).

Graphiquement, Star-Lord est affreusement dessiné par Freddie Williams II et Paco Diaz (qui le supplée sur 8 pages). 
Ensuite, Ed McGuinness, en petite forme (22 pages), se partage l'épisode des Gardiens et des X-Men avec Kris Anka, lui aussi peu inspiré (8 pages). Ils ne sont pas aidés par une colorisation criarde de Marte Gracia et Marcelo Maiolo.

- Rocket Raccoon #7: Le Froid (1) (Skottie Young / Felipe Andrade) :

Rocket et Groot se sont échoués sur la planète Fron, au climat glaciaire. Après avoir été attaqués par des Nogu, des grands loups aux morsures empoisonnées, ils sont sauvés et recueillis par les indigènes peu hospitaliers. Mais Groot se meurt et Rocket doit, pour qu'il s'en sorte, voler le jaune d'oeuf de la reine Nogu...

Skottie Young nous embarque dans une nouvelle aventure en deux parties (suite et fin dans le prochain n°) à peine moins pétaradante que les précédentes : le suspense concernant l'état de Groot est vite installé et accroche le lecteur simplement. Le décor choisi, hostile au possible, participe aussi à l'efficacité du récit.

Pour les dessins, c'est Felipe Andrade (qui sera l'artiste régulier de la série lors de son relaunch) qui s'en occupe, toujours secondé par le coloriste Jean-François Beaulieu. Le résultat est superbe, moins cartoony qu'avec Jake Parker, mais aussi stylisé. 

- Nova #25 & 26 : Carte de membre & Regarde qui a pris le bus ! (Gerry Duggan / David Baldeon, John Timms) :

Carnage en a après Sam Alexander qui lui a avoué (lors de la saga Axis) qu'il était Nova. Alors que l'ado renoue avec une vie plus conforme à son âge, il doit repartir au combat contre cet adversaire...

Gerry Duggan conclut l'épisode spécial (le #25) et enchaîne avec une intrigue impliquant Carnage, un vilain issu de l'univers de Spider-Man. Les motivations du méchant pour qu'il s'en prenne au héros ne sont même pas définies, et la psychologie de Sam Alexander est sommairement traitée. C'est médiocre au possible.

Mais les dessins n'arrangent rien et laissent même pantois : si David Baldeon représente Sam comme un gamin à peine sorti de l'enfance, John Timms en fait un jeune homme qui paraît dix ans de plus ! Dans les deux cas, le trait est laid, et les couleurs de David Curiel sont vraiment dégueulasses.

J'ignore ce que donnera le relaunch de la série, mais ça ne sera pas difficile de faire mieux.

Bilan : holala... A part Rocket Raccoon, rien de bien fameux. Le crossover du Vortex Noir n'est guère prometteur, même si Bendis va sûrement relever le plat. Nova est toujours aussi affligeant. La seule consolation après une lecture aussi pauvre, c'est que la suite ne peut pas être pire.

mardi 11 août 2015

Critique 687 : LES GARDIENS DE LA GALAXIE #8 (Août 2015)

 Les Gardien de la Galaxie #8 :

- Les Gardiens de la Galaxie #23 : Planète Venom (Brian Michael Bendis / Valerio Schiti) :

Flash Thompson découvre que le symbiote Venom dont il était l'hôte a agressé les Gardiens de la galaxie et possède actuellement Drax. L'équipe est entraînée sur la planète dont sont originaires ces extra-terrestres dont elle va apprendre le véritable rôle...

Brian Bendis conclut cet arc, finalement très bref, en livrant des révélations étonnantes sur les symbiotes. Après avoir fait référence à un récit des New Avengers, il adresse cette fois un clin d'oeil appuyé au film Aliens de James Cameron et par ricochet à la saga des Broods de Chris Claremont. Le personnage de Flash Thompson en sort profondément redéfini. Et le cliffhanger est très drôle.
J'hésite encore à poursuivre la lecture de la revue puisqu'on va avoir droit à un crossover pendant quatre mois, qui oblige aussi à se procurer le mensuel "X-Men". Mais j'y reviendrai certainement pour la fin de la série actuelle (au #27) puis l'intermède Guardians of Knowhere (durant l'event Secret Wars) avant le relaunch (en vf courant 2016).

Valerio Schiti produit toujours de planches impeccables : l'expressivité de ses personnages est son point fort, assorti d'un découpage très fluide et énergiques. L'italien s'est imposé naturellement comme un artiste à suivre, et c'est heureux qu'il rempile pour le relaunch (Mike Deodato le remplacera durant Guardians of Knowhere).
Le fan du Hawkeye de Fraction et Aja notera le clin d'oeil sympa en observant le tee-shirt que porte Peter Quill à la fin de l'épisode.

- Guardians Team-Up #2 : Rencontre Gardiens de la Galaxie / Avengers (2) (Brian Michael Bendis / Stéphane Roux) :

Nebula a enlevé Gamora pour la livrer au régent d'une planète dont Thanos voulait se rendre maître. Les Avengers aident les Gardiens de la galaxie à retrouver leur amie et à la sauver d'une mort certaine...

Soyons honnête, ce n'est pas la deuxième partie de cette histoire qui va en relever le niveau : Bendis a collé avec application au cahier des charges de ce titre lancé pour surfer sur le succès du film de James Gunn, en utilisant Nebula et aussi les Avengers. Mais tout ça est très faiblement exploité, sans intérêt, aussi vite lu qu'oublié.

J'attendais aussi beaucoup mieux de Stéphane Roux au dessin, même si le français a du mal à s'imposer partout où il s'engage (en étant toujours en retard notamment) : ses meilleures pages prouvent sa capacité à représenter des personnages très expressifs, avec des décors fouillés, mais l'ensemble demeure très inconstant, malgré le renfort de l'encreur Jay Leisten.

- Star-Lord #7 : Le règne du Vortex Noir (2) (Sam Humphries / Freddie Williams II) :

Kitty Pryde a volé un quinjet aux Avengers pour partir à la rescousse de Peter Quill, fait prisonnier par son père, qui n'est autre que le sinistre Mr Knife en possession du redoutable Vortex Noir...

Un épisode de plus toujours aussi peu convaincant de la part du scénariste Sam Humphries, même s'il comporte un peu plus d'action : le titre accuse sévèrement le fait de n'être qu'un prétexte pour exploiter une marque désormais à la mode (une série pour chaque Gardien de la galaxie), sans proposer un contenu original.

Freddie Williams II remplace Paco Medina pour cette fois : dessinateur médiocre, il ne fait donc pas de miracles.

- Rocket Raccoon #6 : Robots de foire (Skottie Young / Jake Parker) :
Rocket Raccoon accepte de s'acquitter d'une vieille dette envers le chien Cosmo en aidant un robot pacifique à délivrer certains de ses confrères prêts à être reprogrammés pour combattre...

Heureusement que cette série existe pour maintenir le lecteur éveillé : Skottie Young se contente désormais de signer le scénario et les dialogues et anime une histoire dont la simplicité, l'énergie et la drôlerie sont vraiment rafraîchissantes. Totalement atypique, et improbable, ce titre est un régal.

Jake Parker assume seul la partie graphique sans démériter : son découpage basique et l'expressivité cartoonesque de son dessin compensent avantageusement des plans un peu pauvres parfois en décors. La colorisation flashy de Jean-François Beaulieu convient parfaitement à la série.

- Nova #25 : Carte de membre (Gerry Duggan / David Baldeon) :

Après son combat épique et victorieux contre Hulk, le jeune Sam Alexander est abordé par Steve Rogers qui le conduit au manoir des Avengers. Nova en devient membre mais reçoit aussi une mise en garde : pour conserver sa place, il ne devra plus affronter de telles menaces seul...

Bien que le graphisme de David Baldeon me rebute, je dois reconnaître que cet épisode anniversaire (qui compte en vérité trente pages mais que Panini, avec sa fantaisie coutumière, a choisi de couper en deux parties de 20 et 10 pages, suite et fin le mois prochain...) est sympathique.

Gerry Duggan officialise le nouveau statut de Sam Alexander avec bonne humeur, quelques Avengers font de la figuration : c'est sympa. Dommage que ce soit si moche.  

Bilan : toujours aussi mitigé - GOTG de Bendis et Schiti et Rocket Raccoon de Young et Parker portent une revue en manque de séries fortes. C'est déplorable quand on sait que des titres à vocation "cosmique" ont été développés en parallèle mais que Panini a préféré les publier en librairie ou dans des HS. 

mardi 14 juillet 2015

Critique 665 : LES GARDIENS DE LA GALAXIE #7 (Juillet 2015)

 LES  GARDIENS DE LA GALAXIE #7 :

- Les Gardiens de la Galaxie #22 : Planète Venom (2) (Brian Michael Bendis / Valerio Schiti, David Lopez) :

Le symbiote Venom a pris possession de Groot et sème la pagaille dans le vaisseau des Gardiens avant de sa faufiler dans les gaines d'aération. L'équipe fouille leur appareil... Pendant ce temps, Captain Marvel découvre qu'une campagne d'affichage incite la galaxie à élire Peter Quill comme prochain président !

Les familiers du run de Brian Bendis sur New Avengers reconnaîtront, avec amusement (ou pas, selon que vous soyez fan du scénariste ou non), la trame qu'il avait déjà exploité dans l'arc Possession (New Avengers, vol. 2, #1-6) : Venom a besoin d'un nouvel hôte et s'en prend à plusieurs des Gardiens de la Galaxie (comme jadis Agamotto attaquait Dr Strange et d'autres héros).
Cette partie qui occupe les 3/4 de l'épisode est pleine d'action, menée sur un rythme infernal et résume bien la tonalité avec laquelle le scénariste écrit la série, comme un divertissement léger et punchy. 
Bendis plante aussi le décor pour la suite avec la campagne électorale de Peter Quill, menée à son insu : farfelu mais accrocheur. 

Valerio Schiti dessine 15 pages sur les 20 que compte ce chapitre, dans son style si dynamique, avec des personnages très expressifs et un sens de la composition épatant. David Lopez, artiste en charge de la série Captain Marvel (écrite par Kelly Sue DeConnick - dont Panini tarde à publier le deuxième arc), vient le seconder pour cinq planches où figure Carol Danvers, sans que la prestation de l'espagnol ne jure avec celle de l'italien.

Du tout bon.  

- Les Gardiens de la Galaxie / Avengers #1 : Rencontre (1) (Brian Michael Bendis / Arthur Adams) :


Les Gardiens sont poursuivis jusque sur Terre par un vaisseau Chitauri. Ils atterrissent en catastrophe à New York et sont rejoints par les Avengers qui découvrent en même temps qu'eux qui est à la tête de leurs assaillants...

Eniéme déclinaison de la série-mère, Guardians Team-Up (en v.o.) renoue avec une vieille tradition, la rencontre de héros aux univers distincts habituellement. Brian Bendis joue la sécurité en organisant la réunion des Gardiens et des Avengers dans une aventure en deux volets (suite et fin le mois prochain). Le résultat est cependant très décevant, sans nerf, ni humour : c'est le problème de ces spin-off, juste là pour profiter du succès récent d'une franchise.

Les dessins sont fournis par Art Adams, dont je n'ai jamais été fan (et dont la popularité m'a toujours sidéré) : ses planches sont pauvrement découpées, mal encrées (par lui-même), avec des plans inutilement chargés et mal composés. 

On verra si le prochain épisode, dessiné par Stéphane Roux, relève le niveau.  

- Star-Lord #6 : Le Règne du Vortex Noir (1) (Sam Humphries / Paco Medina) :


Peter Quill a arrangé un rendez-vous romantique avec Kitty Pryde par liaison holographique mais en lui cachant que les Bouchers de Mr Knife sont à ses trousses. Il est bientôt capturé par ses adversaires et découvre la véritable identité de leur chef...

Cet épisode, qui précède le crossover Vortex Noir (avec les séries Gardiens de la Galaxie, All-New X-Men, X-Men et Star-Lord), est un peu plus sympa que celui du mois dernier : Sam Humphries propose une construction distrayante avec ce rencard entre Peter Quill et Kitty Pryde qui dégénère. Malgré ça, rien de renversant alors que le titre a un potentiel évident mais mal exploité par un script traité sans personnalité.

Les dessins de Paco Medina sont du niveau habituel de l'artiste : très inégaux - découpage confus, personnages peu expressifs, le tout noyé sous un encrage quelconque et surtout une affreuse colorisation.

Bof.

- Rocket Raccoon #5 : Il était un Groot... (Skottie Young / Skottie Young, Jake Parker) :

Rocket Raccoon laisse le soin à son ami Groot de raconter une de leurs mésaventures passées, "l'histoire de la carte". Pas sûr cependant qu'avec la seule phrase que connaisse l'arbre humanoïde ("Je suis Groot"), tout le monde la comprenne...

Voilà à la fois l'ovni de la revue et sa perle rare : je dois avouer que Skottie Young m'inspire des sentiments partagés (grand talent qui se galvaude avec des variant covers de babys super-héros). Mais je découvre ici ce qu'il fait de la série consacrée à Rocket Raccoon et c'est un régal. Le scénario est d'une réjouissante absurdité, à la fois loufoque et très maîtrisé, avec une vraie prouesse narrative (puisque quasiment basée sur un dialogue unique et répétitif - le fameux "Je suis Groot").

Young dessine seulement trois pages (le prologue et la fin) mais c'est superbe. Et il passe la main pour le reste à Jake Parker, dont le style graphique est très proche du sien, assurant une belle unité esthétique à l'épisode.

Délicieusement déjanté.

- Nova #24 : Vive les cours ! (Gerry Duggan / David Baldeon) :


Toujours aussi navrant, cet épisode m'est tombé des mains : j'ai du mal à croire que Gerry Duggan, qui écrit aussi, plutôt brillamment Hulk (dans la revue "Avengers Now !"), puisse commettre un truc aussi accablant avec Nova (même s'il doit composer avec le crossover Axis, dont le pitch n'est, il est vrai, pas piqué des hannetons).

Les "dessins" de David Baldeon achèvent de décourager le plus courageux des lecteurs.

Bilan : inégal - le pire (Nova) côtoie le meilleur (GOTG et Rocket Raccoon). La revue repose sur un programme fragile, qui aurait beaucoup gagné à ne pas accueillir certains titres au profit d'autres confiés à des hors-séries (comme Captain Marvel) ou la librairie (comme Le Surfeur d'Argent), pour des raisons commerciales bien nébuleuses (un euphémisme chez Panini).