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dimanche 3 juillet 2016

Critique n° 938 : SPIROU N° 4081 (29 Juin 2016)


Zizi chauve-souris revient pour un troisième tome, qui sera pré-publié à petites doses (un strip par semaine). Mais pour la peine, Bianco se fend d'une belle couverture et, en prime, d'un cours de dessin irrésistible.

J'ai aimé :

- Maggy Garrissson : Je ne voulais pas que ça finisse comme ça (3/6). Maggy et Wight bouclent rapidement l'enquête de la librairie. Mais Sheena refait surface, avec son acolyte Pula, et agresse Alex. Maggy la raisonne en acceptant de lui remettre l'argent qu'elle lui a subtilisée...
Dans l'interview qui ouvre cet épisode, Stéphane Oiry, le dessinateur, confirme que cette aventure sera la dernière du premier cycle de la série, puis revient sur les détails (souvent incroyables) dont il nourrit ses plans. Cette fabuleuse rigueur associée à la tonalité plus franchement polar, cette fois, de l'histoire de Trondheim contribuent à faire de Maggy Garrisson une production de haute volée.

- Comment dessiner Zizi chauve-souris. Vrai cadeau bonus de ce numéro (bien plus que le banal supplément pour les abonnés), Guillaume Bianco nous gratifie de cinq pages hilarantes sur la manière dont il dessine son héroïne : allusions à Star Wars, présence d'une pulpeuse disciple, intervention de Trondheim, tout y est. Mais on apprend quand même vraiment comment reproduire Suzie et sa chauve-souris !

- Beasts ! Giemsi revient pour ce gag en une page sur un abreuvoir disputé : c'est très drôle, souligné par ce graphisme très expressif.

- Autour d'Odile. Madaule est lui aussi en grande forme pour ce gag d'une page où le pauvre chevalier a bien du mal à convaincre Odile des efforts qu'il déploie pour la conquérir.

- Six-coups : La fugue. Bianca est bien décidée à ne plus mettre les pieds à l'école. C'est alors que, avec Eliot, elle découvre la planque dans les bois de Mitty, son frère et Vegas, en train de préparer leur prochain mauvais coup...
Les Jouvray livrent un nouvel épisode (le cinquième) de leur western et, cette fois, posent clairement les bases pour une histoire à suivre. Exemplairement découpée, toujours aussi réjouissante, cette BD est une pépite d'or. Espérons que la suite ne se fera pas trop attendre.

- L'Atelier Mastodonte. Où l'on découvre, grâce à Toulmé et Jousselin, ce qui peut bien énerver ce dernier, pourtant un des éléments les plus tempérés de l'équipe. Tout ça sent le début d'un petit feuilleton. Pas renversant mais à surveiller.

- Tash & Trash. Dino est économe (une seule case), mais son gag est une perle. / Zizi chauve-souris. Et donc Suzie accompagne sa mère chez ses grands-parents paternels : Trondheim et Bianco commencent fort avec un strip prometteur.

- Dad. Où celui qui berce est victime de sa propre efficacité : un gag tendre et rigolo de Nob. (voir ci-dessous :)

En direct de la rédak, on continue à bien se marrer avec l'interview de Bianco. Feroumont parle de ce qu'il aime écouter et regarder. Et la semaine prochaine, numéro double "spécial vacances", avec le début de la pré-publication (pour 12 semaines !) du Spirou par... Zidrou & Frank Pé.
Les aventures d'un journal revient sur la série atypique Jeannette Pointu de Wasterlain, commencée en 1982...Dans le journal La Vie !

Les abonnés ont droit en supplément à des cartes des héros du journal - ça fait quand même un petit moment qu'on n'a pas eu un bonus digne de ce nom...

dimanche 26 juin 2016

Critique 930 : SPIROU N° 4080 (22 Juin 2016)


Cette semaine, Yoann et Vehlmann nous gratifient d'un réjouissant délire en mode super-héros - ou plutôt Supergroom ! A la fois la suite de l'essai tenté dans le n° 4068... Et peut-être le début de futurs récits complets ?

J'ai aimé :

- Maggy Garrisson : Je ne voulais pas que ça finisse comme ça ! (2/6). Alex, le copain de Maggy, refuse de tuer Tobias pour lui. Maggy et Wight continuent d'enquêter sur l'affaire des dents d'or et acceptent une nouvelle mission dans une librairie. Alex emmène Maggy chez sa grand-mère...
Trondheim et Oiry dévoilent dans l'interview qui ouvre ce nouvel épisode leur méthode de travail : c'est toujours instructif de découvrir comment un scénariste et un dessinateur se répartissent les tâches et de comparer avec le résultat fini. Ainsi voit-on que Oiry possède une grande marge de manoeuvre en mettant en images un script laconique, mais que Trondheim lui livre par tranches. Pour l'histoire elle-même, c'est toujours aussi accrocheur, avec ce découpage si strict mais qui densifie des scènes a priori anecdotiques.

- Spirou et Fantasio : Supergroom. En échangeant avec le comte de Champignac sur les super-héros américains, Spirou décide de s'inventer une double identité. Une pub pour le journal qui va se transformer en une aventure plus compliquée (mais très drôle et mouvementée)...

Tous deux fans de comics, Fabien Vehlmann et Yoann s'étaient visiblement bien amusés lors du récent numéro spécial "Superman vs Batman" (n° 4068) en orchestrant une rencontre détonante entre Batman et Spirou. De quoi leur inspirer Supergroom, avec à la clé un clin d'oeil au Rocketeer de Dave Stevens et à Tom Strong de Alan Moore et Chris Sprouse (fantacoptère à l'appui) : 8 pages jubilatoires, où Tintin s'en prend littéralement plein la tête... Et un twist final qui laisse espérer qu'on en reparlera.

- Happy Birds. Le titre de Trondheim et Piette a beau avoir perdu de sa superbe (tout ça tourne trop en rond), les trois strips de cette semaine sont de bonne facture, suggérant un possible et salutaire rebond.

- L'Atelier Mastodonte. Les ténors de la série continuent de revenir et redressent son niveau : cette fois, c'est Jouvray qui entraîne Jousselin dans ses délires sur les règles de la BD. La chute est ironique à souhait dans les deux doubles strips.

- Tash & Trash. Dino nous offre lui aussi un merveilleux strip, au top de l'absurde.

- Dad. Dad fait le mariole pour inciter les gens à donner leur sang et croise la charmante doctoresse pour qui il en pince : serait-ce réciproque ? Nob nous amuse mais surtout livre un gag à la chute pleine de sous-entendus. (Voir ci-dessous :)

En direct de la rédak donne logiquement la parole à Yoann et Vehlmann pour évoquer leur Supergroom. Et la semaine prochaine : le grand retour de Zizi chauve-souris !
Les aventures d'un journal revient sur une affligeante histoire en 1988 où les vieux combattants eurent la peau de Jean-Claude de la Royère, Thierry Tinlot et Thierry Martens suite à quelques blagues bien inoffensives.

Le supplément abonnés est une boîte pour cartes à collectionner. Bof.

dimanche 19 juin 2016

Critique 923 : SPIROU N° 4079 (15 Juin 2016)


Maggy Garrisson revient, pour six semaines, dans sa 3ème aventure : bonne nouvelle ! Les Campbell figure sur le bandeau : une autre bonne nouvelle !
 Vous reprendrez bien un peu d'Animal lecteur :
le colonne de cette semaine est jubilatoire.

J'ai aimé :

- Maggy Garrisson : Je ne voulais pas que ça finisse comme ça ! Maggy découvre dans une vente aux enchères de containers un album de photos de famille et se met en tête d'en retrouver le propriétaire. Son patron, lui, cherche à confondre une entreprise de pompes funèbres accusée par une veuve d'avoir prélevé et vendu les dents en or de son mari...
Souhaitons tout d'abord que le titre de cette nouvelle aventure de la détective de Lewis Trondheim et Stéphane Oiry ne signifie pas que ce soit sa dernière. Ensuite, savourons le plaisir de retrouver cette série, une grande réussite merveilleusement écrite et dessinée avec une rigueur exemplaire : ce premier épisode de 11 pages est très prometteur.

- Les Campbell : Retour aux affaires. Continuant à raconter son passé auprès de son frère, Inferno, et de leur mentor, le "Turc", en compagnie de sa femme Fanny Morgan, Campbell voit arriver tous les anciens acolytes du célèbre pirate qu'il a invités...
Alors que je craignais une publication chaotique, voilà qu'en deux semaines on a le plaisir de lire deux épisodes de la série de Munuera (bon, hélas ! il n'y aura pas la suite la semaine prochaine) : c'est un régal, avec une narration sur deux temps très maîtrisée, et un dessin superbe.

- Autour d'Odile. Madaule livre un nouveau gag amusant en un page : on devine bien que la contrainte du titre est aussi sa limite, mais c'est distrayant.

- Imbattable. Pascal Jousselin ne force pas son talent avec cette page, mais ne boudons pas notre plaisir.

- L'Atelier Mastodonte. Tofépi sert deux strips toujours aussi faiblards : c'est vraiment une recrue très décevante. En revanche, Nob donne des cauchemars à Jouvray et là, c'est déjà plus savoureux.

- Dad. Nob confirme son regain de forme avec sa page où Pandora, Ondine et Roxane, sous le regard vigilant de Bébérinice, trouvent une occupation à leur Dad : la chute est très marrante. (Voir ci-dessous :) 

En direct de la rédak donne la parole à Munuera qui se confie sur Les Campbell. On apprend le contenu du numéro double "Spécial Vacances" (n° 4082-83, le 6 Juillet en kiosque). Et la semaine prochaine : SuperGroom !
Les aventures d'un journal revient sur Le navire fantôme, une saga de François VanHamme, parue en 1941, alors que "Spirou" devait composer avec les restrictions dues à l'Occupation.

Le supplément pour les abonnés est vraiment naze : des tatoos Les Campbell... 

dimanche 12 juin 2016

Critique 916 : SPIROU N° 4078 (8 Juin 2016)


En couverture de ce 4078ème numéro, le trublion Fred Neidhardt annonce la couleur en affirmant qu'on va découvrir "le seul, le vrai, l'unique 4000ème numéro (et autres révélations !)". C'est assez drôle mais un peu maladroit quand, dans le même exemplaire, la rédaction rend (enfin !) hommage à René Hausman, comme l'indique un minuscule bandeau : il aurait plus approprié d'illustrer la couverture avec une des superbes images de maître disparu.

J'ai aimé :

- Mélusine : La ville fantôme (6/6). Les bourdes de Mélisande permettent à Mélusine de percer le mystère du grimoire de Malphastolas...
Clarke conclut son premier récit complet long format de la série et ce fut une lecture très agréable, divertissante. Que Midas Magor échappe à la sorcière et la fée invite à penser qu'on le reverra dans un prochain tome. On déplorera juste que Clarke néglige parfois ses décors alors qu'il est capable de produire des plans épatants sur ce point.

- Autour d'Odile. Madaule livre un gag en une page très drôle : un titre sans prétention, au concept certes limité mais sympa.

- Les Scoops de Spirou. Fred Neidhardt s'est donc adonné à quelques savants calculs pour prouver aux lecteurs que la numérotation du journal est fausse. 
Mais ce n'est (heureusement) pas tout : il revient sur une célèbre histoire entre Franquin et Hergé pour s'amuser à produire une (fausse) planche crayonné réalisée en commun par les deux artistes (l'exercice est soigné, mais n'abuse personne alors que Neidhardt avait réussi une imposture plus impressionnante en concevant des planches supposément inédites de Rob-Vel). 
Puis, le farceur se moque, gentiment, de Obion (et ses jeux de mots), de Trondheim, de Nob et de Frédéric Niffle : c'est un peu frustrant car on aurait aimé qu'il aille plus loin. La grande blague qui a l'honneur de la couverture n'est donc pas vraiment au rendez-vous.

- Les Campbell : Retour aux affaires. Munuera s'engage dans de nouvelles aventures de sa famille de pirates : si on peut déjà prévoir que la diffusion sera très irrégulière (dommage... Mais si Dupuis attendait de disposer de plus de matériel avant de le publier, ce problème serait résolu et la lecture plus fluide), le résultat est superbe graphiquement.

- Hommage à René Hausman. Quatre pages sont donc consacrées à la mémoire de ce génial illustrateur, mort en Avril dernier. Morgan Di Salvia dresse une biographie brillante et plusieurs auteurs/artistes ont produit de superbes dessins : Frank Le Gall, Jean-Claude Servais, David De Thuin, Frank Pé, Marc Hardy, Olivier Saive, Thierry Martin, Alain Henriet... 
J'aurai juste aimé que le journal publie une image de Hausman en couverture.

- L'Atelier Mastodonte. Le feuilleton des poils de pinceau continue avec cette fois les contributions de Fabien Toulmé et Mathilde Domecq : l'idée ne vole pas haut, mais la déclinaison du gag est plus inspirée et permet de revoir des artistes de la série de retour après plusieurs semaines (voire mois) d'absence.

- Tash & Trash. / Capitaine Anchois. Dino et Floris servent deux strips marrants (surtout Floris).

- Dad. La mère de Ondine se venge de Dad : Nob reprend des couleurs avec cette page qui est sa meilleure depuis un moment. (Voir ci-dessous :)

En direct de la rédak donne la parole au "lanceur d'alerte" Fred Neidhardt. Matthieu Reynès nous en dit plus sur ses goûts. En attendant le retour de Théodore Poussin en 2017, Dupuis réédite les premiers albums de cette excellente série. Et la semaine prochaine, joie : Maggy Garrisson revient !
Les aventures d'un journal revient sur les renumérotations de "Spirou", l'occasion d'apprécier les calculs de Neidhardt mais aussi, plus sérieusement, de se rappeler que le journal s'est interrompu durant la guerre dans un geste de résistance face à l'occupant allemand.

Les abonnés ont droit à un chouette stripbook, Walter et Beep par les Deamo Bros, où un alien rencontre le dernier survivant de la Terre, un robot peu hospitalier.
(Les abonnés français ont aussi droit à un livret de 12 pages sur la première BD avec le judoka Teddy Riner comme héros.) 

dimanche 5 juin 2016

Critique 910 : SPIROU N° 4077 (1er Juin 2016)


Le journal de "Spirou" fête l'Euro de football 2016 avant l'heure avec un numéro spécial : le résultat est... Déconcertant puisque beaucoup d'artistes qui ont produit des planches pour la revue avouent dans la rubrique En direct de la rédak n'être pas de grands fans du ballon rond ! Moi-même, ma passion (suite à la Coupe du Monde 1998 et l'Euro 2000 gagnés par la France) a disparu à l'heure où entre scandales divers (corruptions, sextapes...) et performances inégales sont médiatisés ad nauseam. 

J'ai aimé :

- Mélusine : La ville fantôme (5/6). Mélusine et Mélisande coincent Midas Magor, magicien jaloux des sorciers, convoitant le grimoire de Malphastolas. Mais il n'a pas encore mis la main dessus...
L'épisode de la semaine, comme toujours quand la pré-publication touche à sa fin, ne compte que quatre pages : pas de quoi exercer son sens critique. Mais Clarke mène toujours efficacement son affaire, le rythme est très soutenu. Le dessins sont moins réjouissants, noyés dans des à-plats noirs bien pratiques pour ne pas représenter des décors.

Et après, c'est parti pour jouer à la baballe : selon l'intérêt que vous avez pour le foot, vous apprécierez plus ou moins ce que cela a inspiré aux auteurs. Pour ma part, j'ai aimé :

- Les pélerins. Guillaume Bouzard est lui aussi dépité par le (manque de) spectacle du foot actuel, les matchs ennuyeux. Il embarque deux amis dans une virée à Saint-Etienne, pour visiter le mythique "chaudron" du stade Geoffroy-Guichard. En trois pages, il dit bien à quel point la magie s'est évaporée.

- Calcio, amore mio ! Alfred évoque avec humour une partie de foot partagée avec des copains italiens, qui jouent pour gagner avant tout. C'est rigolo et puis c'est toujours sympa de lire les planches de cet artiste.

- Yes she can. Je ne connaissais pas Runberg (scénario) et Homs (dessin) mais leurs deux pages consacrées au foot féminin suédois sont une merveille, rafraîchissante et graphiquement superbe.

- Marzi : Cause nationale. On n'a plus souvent l'occasion de relire Marzi par Marzena Sowa et Sylvain Savoia alors on ne boudera pas son plaisir de la retrouver pour ces deux planches sur la Pologne, comme toujours subtiles et belles.

- Cette fois où j'ai vraiment bien mangé grâce au foot. Libon, c'est toujours un régal assuré et ses deux planches le confirment où, suite à un défi culinaire en relation avec des pronostics de foot, il réussit encore une fois à provoquer une franche rigolade.

- Zazou : Berlin en folie ! Mathilde Domecq se fend elle aussi de deux planches pour raconter un match Allemagne-Argentine et le peu de ferveur après la partie du public germanique. C'est fin et marrant.

- Tash & Trash. / Capitaine Anchois. Dino et Floris livrent deux strips complètement loufoques.

- Dad. Nob confirme son retour en forme avec ce 126ème gag où Papa shoote avec un peu trop d'enthousiasme en compagnie de Roxane et Bébérinice. (Voir ci-dessous :)

En direct de la rédak donne donc la parole à Bouzard, Nob, Mathilde Domecq, Olivier Saive, Runberg et Alex Lopez pour évoquer leurs pages spéciales foot dans ce numéro. La semaine prochaine, on nous promet des révélations sur le n° 4000... Et il y aura aussi l'hommage à René Hausmann.
Les aventures d'un journal revient sur les chroniques sportives de "Spirou", dont celle de Jean Corhumel qui tient une rubrique pendant plus de dix ans.

Le supplément pour les abonnés est un foutage de gueule total : un auto-collant Euro 2016 ! Pour rigoler, lisez donc l'interview de l'inénarrable Kid Toussaint, scénariste de Magic 7, où ce brave bougre sans talent avoue que ses dessinateurs italiens se contrefichent de ses indications... Ce qui ne le démotive pas puisqu'il prévoit au moins dix tomes de sa série !

dimanche 28 juin 2015

Critique 655 : SPIROU N° 4028 (24 Juin 2015)


Cette semaine, c'est Boni, le lapin de Ian Fortin qui a les honneurs de la "une" : une excellente nouvelle puisqu'on a droit à trois gags inédits. Adeline est de retour comme l'indique sa présence sur le bandeau.

J'ai aimé :


- Dad. Le héros de Nob a infligé une séance de home cinéma à ses trois plus grandes filles qui se sont toutes endormies devant le film. Quand il faut mettre Roxane au lit, ça va mal finir... Le gag n'est pas le meilleur depuis le début de la série, mais la chute confirme l'efficacité narrative de Nob.

- Katz. La série de Del et Ian Dairin n'est pas toujours renversante, mais les deux auteurs ne sont jamais aussi bien inspirés que lorsqu'ils soulignent la bêtise de leur chat : donc, félicitations pour les deux doubles strips de la semaine.

- Boni : L'autodéfense - Gros débile - Louis. Ian Fortin livre exceptionnellement trois pages pour ce numéro et confirme qu'il en est devenu une valeur sûre : les trois gags sont très drôles, avec une pointe de cruauté bienvenue quand il s'agit de pointer la lâcheté du père, ou la frousse qu'éprouve Mio comme Boni devant le terrifiant Bruno. La rencontre avec Louis, à l'ouïe sur-développée, occasionne aussi une franche rigolade. Le petit lapin n'a pas volé sa place en couverture.

- Adeline : Diagnostic : amoureuse. Alex Lopez se contente certes d'exploiter toujours les mêmes ressorts pour sa série - Adeline tombe amoureuse d'un type qui ne l'aime pas ou ignore celui qui l'aime sincèrement - mais sa nouvelle aventure, chez un vétérinaire, avec le hamster Chuck qui souffre d'une indigestion, m'a quand même bien amusé. Le dessin très expressif est l'atout essentiel de cette bd inégale mais distrayante.

- Zizi chauve-souris. Suzie a réussi à faire partir le mec de sa mère et recouvre sa taille de fillette. Trondheim et Bianco concluent la parenthèse audacieuse de leur série (je n'aurai pas été contre une prolongation) mais rebondissent avec la vigueur qu'on leur connaît. La suite s'annonce aussi incertaine qu'excitante.

- L'Atelier Mastodonte. La série connaît de grands moments actuellement avec le bizutage sans fin de Julien Neel et surtout le retour de Tebo, toujours en plein trip Kirby : le double strip de ce dernier est hilarant.

- Tash & Trash. / Capitaine Anchois. Dino produit encore un strip minimaliste épatant, qu'on peut (doit) lire deux fois pour bien l'apprécier. Floris, lui, invente une énième mésaventure de ces crétins de pirate, moins inspirée mais quand même marrante (gare aux burgers de dragons !).  

En direct de la rédak donne la parole à Arthur De Pins toujours dans le cadre de la production de l'adaptation cinéma de Zombillenium, avec la participation du groupe Skip The Use. La semaine prochaine, numéro double spécial vacances, avec notamment le retour de Louca.
Les aventures d'un journal revient sur un mini-récit de Natacha en 1978,  par Walthéry truffé de clins d'yeux aux artistes de Spirou, spécialement Maurice Tillieux (mort en Février de cette année-là).

Le supplément pour les abonnés est un mini-récit (Hâche de guerre, par Topéfi) à assembler soi-même. Bof.
*
Pour info, le 2ème Méga Spirou de 2015 est en kiosques depuis mercredi : 200 pages pour 4,90 E, avec deux récits complets (dont le Une aventure de Spirou : Panique en Atlantique par Lewis Trondheim et Fabrice Parme : je vous en parlerai dès que je l'aurai lu).

dimanche 21 juin 2015

Critique 649 : SPIROU N° 4027 (17 Juin 2015)


"Numéro impérial" : rien que ça ! Cette semaine, la revue commémore le bicentenaire de la défaite de Napoléon à Waterloo. Au passage, carton rouge au jt de TF1 qui a promené ses caméras à la rédaction de Spirou pour l'occasion et n'en a gardé que cinq secondes dans un énième reportage sur l'ogre corse dimanche dernier : j'avais failli oublier que parler de BD à la télé, c'est pas sérieux (sauf pour laisser monologuer Sfar, laisser Sattouf faire sa promo ou évoquer Titeuf ou Astérix)...

J'ai aimé :

- Dad. "Vrrraoum ! Tchic tchac Vropp Vrooo ! Tût Tûût !" : non, je ne suis pas devenu fou, mais il faut vraiment lire ce gag riche en onomatopées automobiles avec Bébérinice ("Smoutch, smoutch !") pour comprendre. Quand je vous dis qu'il ne faut pas passer à côté de cette série...

- Les plus belles histoires de l'oncle Paul : Le fabuleux destin de Napoléon. Fred Neidhardt revisite à sa manière, en prenant quelques libertés, la vie et le déclin de l'ogre corse : c'est nettement plus marrant que tous les sujets dont les médias nous ont rabattus les oreilles cette semaine.

- Boni : La nouvelle gardienne. Le petit lapin de Ian Fortin découvre sa nouvelle baby-sitter : pas commode, la dame. Mais quatre strips drôle comme tout - et la semaine prochaine, la couverture et plusieurs pages sont pour Boni : bonne nouvelle !

- La Bataille de Waterloo. Thierry Gloris et Maria Gloris Bardiaux-Vaïente (au scénario) et Ruben Del Rincon (au dessin) reconstituent, avec plus de sérieux que Neidhardt, l'ultime déculotté napoléonienne quand il a quitté l'île d'Elbe en pensant qu'il allait mater les prussiens et les anglais dans la morne plaine. 
Les auteurs réussissent à faire passer leur cours d'histoire avec efficacité, bien aidé par des illustrations soignées : pour l'occasion, exceptionnellement, la revue a quand même donné 13 pages à l'équipe artistique !

- L'Atelier Mastodonte. Pascal Jousselin met en scène la panique qui saisit Frédéric Niffle quand il apprend le retour de Tebo, lequel est en plein délire Kirby-esque : je crois qu'on tient là le sujet pour plusieurs strips gratinés.

- Tash & Trash. / Capitaine Anchois. Dino et Floris sont aussi sollicités pour évoquer Napoléon et ils nous servent deux strips très rigolos.   

En direct de la rédak donne la parole à Marie Gloris Bardiaux-Vaïente et Ruben Del Rincon pour détailler la réalisation de leur récit sur Waterloo. On en apprend aussi un peu plus au sujet de l'éminent n° spécial vacances du 1er Juillet (n° 4029-4030, avec un chouette casting au programme sur le thème des souvenirs). Et donc Boni sera la vedette du n° 4028.
Les aventures d'un journal revient sur le série de Cauvin et Sandron, Godaille et Godasse, dont les héros étaient au service de Napoléon.

Les abonnés doivent encore se contenter d'un bonus pas terrible avec un jeu sur... Devinez quoi... (Un indice : ça commence par Wa). Les numéros spéciaux, c'est parfois bien lourdingue quand même (surtout que le sommaire ne propose pas grand-chose de bon : Magic 7 est tout naze - l'interview du scénariste, Kid Toussaint, vaut son pesant de cacahuètes dans le genre "leçon de narration par un type qui plagie Ben 10 et Harry Potter en se prenant pour le Spielberg de la BD - , et Aria, bof aussi) ! 

dimanche 14 juin 2015

Critique 642 : SPIROU N° 4026 (10 Juin 2015)


C'est une série inédite qui a les honneurs de la couverture cette semaine : Magic 7 - influencé par Harry Potter et Ben 10 (le look du héros est un vrai plagiat de celui du dessin animé de Man In Action !), très moyen (même s'il faudra voir ce que ça vaut sur la durée, mais bon ni le scénario ni le dessin ne sont folichons). L'inévitable Cédric (navet de Cauvin et Laudec) a sa place sur le bandeau. 

J'ai aimé :

- Dad. Le Papa est filou : il profite d'un rhume inoffensif de Roxane pour attirer chez lui la belle docteur. Nob ne force pas son talent sur ce coup-là mais ce n'est pas assez pour lui en vouloir.

- Boni : La crème glacée. Le petit lapin de Ian Fortin ne veut pas partager son cornet de glace et ça donne quatre strips délicieusement drôles. La revue a vraiment eu le nez creux en publiant ce titre (qui aura droit à la couverture et certainement plusieurs pages dans 15 jours).

- Ma Grand-Mère est une sorcière : Le chêne digérateur. Guillaume Bouzard revient avec 4 nouvelles pages d'une histoire toujours aussi barrée. Loufoque et absurde à souhait, ça ne ressemble à rien, mais c'est justement ce qui fait la force de ce titre.

- Cartes blanches. Exceptionnellement, c'est à un habitué des lieux, l'excellent Guillaume Bianco, qu'est donnée toute une page : un gamin s'y plaint de la tradition des oeufs de Pâques et c'est marrant, avec ce mauvais caractère jubilatoire que l'auteur sait si bien manier dans Zizi chauve-souris, et en noir et blanc.

- Rob. James et Boris Mirroir continuent de se balader dans le musée et Clutch ne comprend toujours rien à l'art contemporain. Mais cette attitude peut avoir du bon pour séduire une fille. La série se porte bien avec sa narration nonchalante et ses gags imprévisibles servis par un dessin simple mais expressif.

- Zizi chauve-souris. Bianco et Trondheim creusent toujours la métamorphose de leur héroïne et les trois strips de la semaine sont quand même très culottés (le fiancé de la mère de Suzie se met quand même à draguer l'héroïne sans la reconnaître). Savoureux, audacieux, et toujours méchamment rigolo.

- L'Atelier Mastodonte. Jérôme Jouvray met à son tour Julien Neel sur le grill mais là, le bizutage aboutit à la rébellion des autres. Puis Lewis Trondheim annonce le retour du terrible Tebo. Tout cela est drôle et la suite est prometteuse (quand on connaît et apprécie l'humour de Tebo).

- Tash & Trash. Dino livre un strip du tonnerre sur l'amour contrarié : l'argument employé est imparable en effet. 

En direct de la rédak donne la parole à Yann et Schwartz qui évoquent leur prochain album de Spirou par... : alléchant. Et la semaine prochaine, les belges se moquent des français en commémorant à leur manière le bicentenaire de la défaite de Napoléon à Waterloo.
Les aventures d'un journal revient sur la rubrique des Amis de Spirou, lancée en 1938.

Les abonnés ont droit à un tout petit bonus avec trois autocollants Rob : y a des semaines quand même où le cadeau n'est pas terrible...

vendredi 5 juin 2015

Critique 635 : SPIROU N° 4025 (3 Juin 2015)


Cette semaine, Les Minions menacent de tout casser : Didier Ah-Koon et Renaud Collin ont droit à trois pleines pages pour l'occasion (les gags sont inégaux comme d'habitude, mais c'est sympa). Yoko Tsuno achève sa dernière aventure (soporifique), Aria continue la sienne (pas plus palpitante).

J'ai aimé :

- Dad. Panne de réveil et panique pour le papa, mais ses filles se sont quand même débrouillées sans lui : Nob est tout près de glisser dans l'émotion avant d'opter pour un chute malicieuse. Divin comme d'hab'.

- Boni : Les maths. Les additions et autres problèmes, sous la plume de Ian Fortin, avec son petit lapin, ça devient tout de suite beaucoup plus drôle que dans mes souvenirs. Le sens de la formule du québécois a parfois quelque chose de magique (comme en témoigne le fabuleux premier strip).

- Vermisseaux : Anthropologie du peuple fourmi. Marc Pichelin (scénario) et Guillaume Guerse (dessin) signent ce petit récit (4 pages) très malin où, sous couvert d'animer des insectes aux prises avec le roi des fourmis (pas commode !), trousse une aventure aussi concise qu'absurde, avec une chute bien sentie. A voir ce que ça peut donner sur la durée, si les auteurs reviennent, mais c'est pas mal du tout.

- Le Club des Huns. S'habituer aux histoires la nuit avant de dormir, ça peut devenir une terrible addiction pour la bande à Attila : Dab's nous fait encore une fois bien rigoler avec ses deux doubles strips hebdomadaires.

- Rob. Clutch et son robot continuent leur visite du musée : au programme la nudité et l'abstraction. James et Boris Mirroir renouent avec leur meilleure inspiration (mention au deuxième gag).

- Zizi chauve-souris. Après le rebondissement survenu la semaine dernière, il semble bien que Trondheim et Bianco aient décider de prolonger la nouvelle situation de Suzie : la série y gagne énormément, toujours aussi marrante, la langue bien pendue, et même un peu sexy.

- L'Atelier Mastodonte. Le bizutage de Julien Neel se poursuit sous la houlette de l'intransigeant Trondheim. Mais c'est surtout le gag, hilarant, concocté par Nob qui remporte la mise. A mon avis, ça peut encore durer longtemps tellement la situation a du potentiel (même si on souffre pour Neel s'il ne subit qu'une infime part de ce qui lui arrive ici).

- Tash & Trash. / Capitaine Anchois. On finit en beauté avec un strip chacun pour Dino (au romantisme très déconcertant) et pour Floris (avec ses pirates à la bêtise toujours aussi réjouissante). 

En direct de la rédak donne la parole à Pichelin, le scénariste de Vermisseaux : on comprend d'où lui vient l'inspiration pour ses histoires d'insectes... La semaine prochaine : début d'une nouvelle série inédite (Magic 7... J'espère que ça vaudra le coup, même si je suis méfiant car ça m'a l'air sous influence Harry Potter).
Les aventures d'un journal revient sur les acteurs que caricaturait Morris dans les aventures de Lucky Luke, en particulier dans le mythique tome 32 de la série (La diligence, hommage à La chevauchée fantastique de John Ford).

L'abonné est content aussi parce qu'en bonus, il a droit cette semaine à un superbe poster de Esteban par Matthieu Bonhomme (dont, j'espère, on découvrira bientôt son nouveau projet - le début du 2ème cycle d'Esteban ? De nouveaux épisodes de Texas cowboys ?). 

mercredi 3 juin 2015

Critique 633 : AVENGERS NOW ! #1 (Juin 2015)

Peu après l'acquisition du dernier n° de Batman Saga (#37), je persévère dans mon effort pour me réconcilier avec les revues de super-héros. La parution d'un nouveau titre édité par Panini (qui lance des mensuels à la moindre occasion, sous les prétextes les plus bidons), réunissant quelques Avengers emblématiques, m'a fourni l'occasion.
Alors, que vaut ce Avengers Now ! #1 ?
*
AVENGERS NOW ! #1 :

- Superior Iron Man #1-2 : Odieusement supérieur (1-2) (Tom Taylor / Yildiray Cinar) :

Tony Stark a déménagé à San Francisco et il monnaie une application qui rend ceux qui l'achètent beaux et confiants. Daredevil, qui opère dans la même ville, n'apprécie pas et va tenter de raisonner Iron Man...

Durant la saga Axis (traduite en ce moment en v.f.), Tony Stark devient donc une sorte de super-héros odieux et décide de s'établir à San Francisco pour son business. Comme Daredevil est dans le même coin, le clash est inévitable.
Sur cette idée qui est aussi bête que revue (depuis quand un scénariste a-t-il fait l'effort d'écrire Stark autrement que comme un type antipathique ? Et quand est-ce qu'un editor de Marvel aura le bon sens d'initier une histoire où les Avengers décideront une fois pour toutes de le calmer ?), Tom Taylor (transfuge de DC) lance donc ce Superior Iron Man, ostensiblement conçu sur le modèle du Superior Spider-Man animé par Dan Slott (où Dr Octopus avait envahi la psyché de Peter Parker).
Sur le fond, pourquoi pas ? Par ailleurs, c'est rythmé, pas ennuyeux, mais on a le sentiment que ça ne va pas au bout de son intention (faire d'Iron Man un vrai saligaud), et surtout ça empiète sur la série Daredevil par Mark Waid (déjà souvent parasité par des crossovers moyens).

Les dessins de Yidiray Cinar sont moyens. Pas mauvais, mais rien qui sorte de l'ordinaire (là encore, depuis combien de temps Iron Man n'a-t-il pas eu un vrai bon artiste ? Roberto De La Torre lors du run mésestimé des père et fils Knauf ?).

Bref, rien de neuf sous le soleil : pas original, pas très bien exécuté. 

- Thor #1 : S'il en est digne (Jason Aaron / Russel Dauterman) :

Thor Odinson est devenu indigne de brandir son marteau Mjolnir. Le sort est si puissant que même Odin ne peut le briser ! Qui est donc cette fille qui va lui succéder, le visage caché sous un casque ? Et saura-t-elle vaincre Malekith allié aux géants des glaces qui surgissent des profondeurs de la mer de Norvège ?

Jason Aaron a clos son précédent run sur Thor avec un twist directement issu de la saga Original Sin où le nouveau Gardien (Nick Fury en place d'Uatu : quelle idée stupide...) a murmuré quelque chose de suffisamment terrible à Thor pour qu'il ne puisse plus soulever son marteau magique.
Avec ce relaunch, les cartes son redistribuées et le scénariste s'appuie sur une astuce accrocheuse en introduisant une femme comme successeur du dieu du tonnerre. Qui est-elle ? Je suis trop curieux et impatient (et surtout j'étais trop peu sûr de lire cette nouvelle série) donc j'ai découvert qui c'était (mais je ne vais pas vous faire le coup de l'ouvreuse. Patientez seulement jusqu'au 8ème épisode) : le résultat est malin, sans être révolutionnaire.
Et ce premier épisode est au diapason : efficacement mené, mais très bavard, il souligne la tendance lourde de Marvel actuellement - la substitution (de nouveaux personnages empruntent ou héritent ou pervertissent le nom de héros bien connus).

Visuellement, Russel Dauterman (révélé par la série Prophet chez Image) produit de belles planches, même si son découpage alterne le bon et le médiocre (des vignettes à la composition quasi-illisibles, noyées par des détails superflus et une colorisation appuyée). Toutefois, son style a du caractère, ce quelque chose qui accroche le regard et sort de l'ordinaire.

- All-New Captain America #1 : Le réveil de l'Hydra (1) (Rick Remender / Stuart Immonen) :

Après qu'un adversaire l'ait privé des effets du sérum du super-soldat, Steve Rogers est devenu un septuagénaire incapable d'assumer son rôle de Captain America et a transmis le flambeau à son ami Sam Wilson alias le Faucon (qu'il continue de piloter en coulisses).
En infiltrant avec Nomad (le fils adoptif de Rogers depuis son séjour dans dimension Z d'Arnim Zola) une base de l'Hydra où est retenu un enfant, le nouveau Cap affronte Batroc puis se trouve piégé dans la même pièce que le baron Zémo, Sin, Crossbones et la Société des Serpents !

J'ai pour le travail de Rick Remender des sentiments très partagés : d'un côté, il a du savoir-faire pour lancer des intrigues à tiroirs très nerveuses, mais de l'autre, il les développe de façon souvent outrageusement longue, avec la fâcheuse manie de vouloir traiter des conséquences de la vie violente des super-héros tout en écrivant des récits justement très complaisants avec la violence.
Je n'ai lu que le dernier arc de son précédent volume de Captain America, à l'image de sa production - musclé mais inégal, avec des dialogues médiocres. Comme à son habitude (une habitude qui est en fait une vraie manie chez lui), ce premier épisode est d'abord une longue course-poursuite avec une baston spectaculaire et un cliffhanger "hénaurme". Une voix-off aussi omniprésente qu'inutile et un zeste de gros pathos n'incitent guère à l'indulgence.

Comme Remender est devenu un auteur qui compte pour Marvel, il dispose pour son premier arc d'un dessinateur de premier rang : Stuart Immonen a lâché All-New X-Men pour cette nouvelle commande (il n'y sera resté toutefois que six épisodes, désormais il va se consacrer à une série Star Wars). 
J'aime beaucoup ce que fait le canadien d'habitude, et il livre encore des planches stupéfiantes, d'une énergie folle, avec un découpage aussi débridé que maîtrisé. Néanmoins, son trait est parfois inutilement chargé en hachures, et surtout peu gâté par une colorisation qui manque de nuances (la "griffe" de Marte Gracia et d'Eduardo Navarro).  

- Hulk Annual #1 : Vista, le commencement (Monty Nero / Luke Ross, Patrick Goddard, Le Beau L. Underwood, Mark Laming) :

Bon, là, j'ai pas le courage de résumer ce machin. Panini n'a rien trouvé de plus malin que publier cet Annual qui n'est évidemment pas réalisé par l'équipe créative en charge de la nouvelle série Hulk (désormais débarrassé de Bruce Banner, donc aussi intelligent que puissant), le scénariste Gerry Duggan et le dessinateur Mark Bagley.

Pour pondre ces 30 (!) pages, ils s'y sont mis à cinq (un auteur, cinq dessinateurs : pas un pour sauver l'autre), c'est d'une nullité affligeante, très laid aussi. Si c'est censé donner envie, je suis dubitatif.
*
Bilan : moyennement convaincu. Tout ça demande à être confirmé sur au moins un deuxième numéro, mais je ne suis pas très motivé. Et à l'allure où Marvel aligne ses events désormais, avec l'impact que cela a sur ses personnages, et les mouvements des auteurs (surtout des artistes) à quoi ressembleront ces séries dans quelques mois ? La "Maison des Idées" gagnerait à cesser de vouloir réinventer la roue tous les six mois en relaunchant ses titres au même rythme - moi, c'est ce qui m'a déjà lassé récemment.

mardi 2 juin 2015

LES COUVERTURES DU MOIS : JUIN 2015

Voici la sélection de mes couvertures préférées des comics à paraître en ce mois de Juin :

 REBELS #3
par Tula Lotay
(Dark Horse Comics)
 ASTRO CITY #24
par Alex Ross
(DC Comics)
 CATWOMAN #41
par Kevin Wada
(DC Comics)
 CATWOMAN #41 (Variant)
par Javier Pulido
(DC Comics)
 GOTHAM BY MIDNIGHT #6
par Bill Sienkiewicz
(DC Comics)
 GRAYSON #9
par Mikel Janin
(DC Comics)
 HARLEY QUINN & POWER GIRL #1
par Amanda Conner
(DC Comics)
 JUSTICE LEAGUE OF AMERICA #1
par Bryan Hitch
(DC Comics)
 ROBIN, SON OF BATMAN #1
par Patrick Gleason
(DC Comics) 
 SEX CRIMINALS #11
par Chip Zdarsky
(Image Comics)
 THE FADE OUT #8
par Sean Phillips
(Image Comics)
 1872 #1
par Alex Maleev
(Marvel Comics)
 ALL-NEW HAWKEYE #4
par Ramon K. Pérez
(Marvel Comics)
 CAPTAIN MARVEL AND THE CAROL CORPS #1
par David Lopez
(Marvel Comics)
 GUARDIANS OF KNOWHERE #1
par Mike Deodato
(Marvel Comics)
 MOON KNIGHT #16
par Declan Shalvey
(Marvel Comics) 
 SINISTER SQUADRON #1
par Carlos Pacheco
(Marvel Comics)
PUNISHER #19
par Mitch Gerads
(Marvel Comics)
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N'hésitez pas à commenter cette sélection, 
et à m'indiquer des couvertures qui n'y figurent pas.