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vendredi 23 février 2024

ULTIMATE SPIDER-MAN #2 ( Jonathan Hickman / Marco Checchetto)


Peter Parker a donc hérité des pouvoirs de Spider-Man et d'un costume ad hoc grâce à Tony Stark/Iron Lad. Le Daily Bugle, dirigé par Wilson Fisk, tout comme Ben Parker et J. Jonah Jameson s'interrogent sur la présence de cet individu masqué mais aussi de l'agresseur de Fisk. Et bientôt quelqu'un est au courant du secret de Peter...


Je me rappelle que, lorsque Brian Michael Bendis avait réécrit les origines de Spider-Man dans la première version de Ultimate Spider-Man en 2000, ses détracteurs lui reprochaient déjà de prendre son temps alors que Stan Lee et Steve Ditko avaient réglé ça en 18 pages. Nous étions alors en plein règne de la narration décompressée, une façon de faire qui allait marquer la décennie suivante et qui continue d'influencer le style de nombreux auteurs actuels.


Soyons honnêtes : ceux qui n'aiment pas la narration décompressée lisent quand même des comics écrits ainsi et plébiscitent des scénaristes qui la pratiquent (Warren Ellis fut un des premiers à la développer dans Stormwatch et The Auhority, et sur un plan strictement artistique Ellis demeure une référence peu discutée). Faire aujourd'hui, comme il y a un quart de siècle, le procès de la narration décompressée, c'est un peu comme avancer contre le vent ou refuser l'existence d'un courant d'écriture qui s'est imposé.


Autrement dit : Jonathan Hickman applique dans son Ultimate Spider-Man une narration décompressée. Il prend son temps, et certains diront même qu'il joue la montre. Ce deuxième épisode montre certes Spider-Man de la Terre 6160 en action, mais le développement de l'intrigue se fait à pas comptés, sans précipitation. L'auteur en est encore à questionner la validité même de son héros. Et en fait, on peut se demander si ce n'est pas ça d'abord, le sujet de cette nouvelle version : est-ce qu'en se découvrant des pouvoirs on devient automatiquement, naturellement un héros ? Ou bien s'interroge-t-on sur le fait qu'on soit fait pour cette vie ?


Dans le cas de ce Peter Parker, ces interrogations sont d'autant plus pertinentes qu'il est plus âgé que le Peter Parker de la Terre 616, qu'il est marié (et n'a pas encore révélé à Mary Jane Watson ce qu'il est devenu) et père de famille. On peut admettre, honnêtement, qu'il se demande s'il est fait pour ça, pour être un super héros, pour être Spider-Man (il n'a même pas imaginé son pseudonyme).

Hickman enfonce même le clou jusqu'à le montrer à la fois à son avantage, découvrant les capacités que lui donnent la morsure de l'araignée (il est plus fort, plus agile, plus rapide, plus endurant), mais aussi très emprunté, maladroit, gauche, voire pathétique (quand il rencontre à deux reprises le Shocker qui lui flanque une dérouillée en profitant de sa naïveté). En tout cas, il est très loin de s'impliquer dans des affaires plus compliquées, comme enquêter sur Wilson Fisk, ce Bouffon Vert qui l'attaque, et encore moins le complot contre lequel Iron Lad et ses Ultimates combattent.

Dans deux échanges, savoureusement dialogués, d'abord entre Ben et Jonah puis Fisk et un certain Mr. Britain (un membre du cercle du Créateur, certainement Brian Braddock, le Captain Britain de cette Terre), on mesure à quel point ce proto-Spider-Man et ce proto-Green Goblin sont des couvertures. Des histoires dans l'histoire. Pour Fisk, il s'agit de se servir de ce Spider-Man qui ne dit pas son nom pour dissimuler les attaques dont il est la cible de la part du Bouffon Vert. Pour Ben et Jonah, le Bouffon Vert est un sujet car il s'intéresse à Fisk tandis que Spider-Man est une distraction (dont Fisk se sert pour couvrir les agressions dont il est la victime). Hickman nous fournit une grille de lecture à son propre scénario, mais sans condescendance.

Marco Checchetto a pour tâche de donner corps à cela, c'est-à-dire de donner vie et chair à ce qui pourrait pour l'instant se limiter à des concepts, des idées. Son style s'y prête merveilleusement dans la mesure où son expérience des super-héros, dont il a dessiné un paquet d'aventures depuis qu'il est chez Marvel (et notamment sous la direction de Hickman) lui permet de produire des planches aux images fortes, intenses, dans des compositions dynamiques et des postures iconiques.

Même si Spider-Man est maladroit, on devine aisément son potentiel et on suit avec plaisir son apprentissage. Tout le monde en vérité dans ce début de série est engagé dans un parcours initiatique : Peter apprend à devenir ce dont on l'a privé, le Bouffon Vert n'est pas clairement un super vilain, Fisk se prend pour un roi en étant malgré tout débordé par ce qu'il subit, Ben Parker et J. Jonah Jameson doivent trouver un nom à leur nouveau journal et un angle inédit pour parler de ce qui se passe.

Checchetto n'est pas que bon dans le registre super héroïque. Il réussit merveilleusement une scène à la fois casse-gueule et cruciale comme celle où la petite May Parker découvre le secret de son père, ce qui aboutit à la toute fin de l'épisode à une suggestion sur l'aspect du costume de son père. Grâce à l'expressivité des personnages, à la justesse de la mise en scène, ce moment passe impeccablement alors qu'il aurait pu trahir chez l'artiste une fébrilité.

Alors, certes, ça ne va pas vite. Mais ce qui est dit et montré est tout de même superbement juste et dosé. On assiste, quasiment en temps réel, à la naissance d'un héros tout en voyant la mise en place d'éléments dramatiques amenés à être développés sur le long cours. En termes de storytelling, c'est à la fois très maîtrisé et audacieux. En termes visuels, c'est parfait. Hickman prouve son goût de l'expérimentation même dans le cadre d'un comic-book mainstream et embarque avec lui Checchetto qui sert, avec justesse, son script. Laissez-vous porter et vous vous régalerez.

samedi 13 janvier 2024

ULTIMATE SPIDER-MAN #1 (Jonathan Hickman / Marco Checchetto)


Que manque-t-il à Peter Parker ? Tandis que son oncle Ben décide de démarrer, avec volontarisme, une nouvelle aventure professionnelle et que New York se souvient du terrible attentat qui l'a meurtri il y a dix ans, Peter doit faire un choix...
 

On ne peut guère être plus clair que Jonathan Hickman : il n'a jamais été fan de Spider-Man et donc, en tant qu'auteur, il n'a jamais trouvé le bon angle pour l'écrire. Certes il l'avait intégré à ses Avengers, mais sans s'en servir (sans doute une concession faite à l'équipe éditoriale). Alors pourquoi, et comment, aujourd'hui, dans ce nouvel univers Ultimate l'auteur de runs sur X-Men et Fantastic Four se retrouve-t-il à rédiger les aventures du Tisseur ?

Tout d'abord, autant prévenir le lecteur qui débarquera, mieux vaut pour lui qu'il se procure la mini série Ultimate Invasion et le one-shot Ultimate Universe également écrits par Hickman : il y trouvera des éléments pratiques pour contextualiser ce qui se joue là et plus particulièrement pourquoi il n'y a pas de Spider-Man sur la Terre 6160. Sinon, je vous résume ça vite fait : le Créateur (la version Ultimate et sociopathe de Reed Richards) a investi ce monde parallèle en empêchant la naissance de plusieurs super-héros emblématiques mais en s'alliant à d'autres surhumains avec lequel il contrôlait la population mondiale avant que Howard Stark puis son fils Tony ne réussisse à les freiner provisoirement.
 

Hickman a fait le tour de deux grandes séries classiques avec Fantastic Four et Avengers, puis il a relancé la franchise X-Men mais sans réussir à aller au bout de ses idées à cause de l'impact sur l'édition de comics par la pandémie de Covid. Désormais, il préfère consacrer son énergie chez Marvel à des univers de poche où il est libre de ses mouvements, sans avoir à composer avec des events, des crossovers. C'est la continuation de ce dont il rêvait pour X-Men : être à la fois un scénariste et une sorte d'editor.

Pourtant la relance de l'univers Ultimate n'était pas son projet initialement (mais celui de Donny Cates, empêché pour d'autres raisons, extra-professionnelles). Mais Hickma a de la ressource et surtout c'était l'occasion pour lui, une nouvelle fois, de bâtir son propre monde au sein de Marvel. Et tout cela repose sur une idée somme toute étonnamment simple : c'est un what if...? où on jouerait à savoir ce qui se serait passé si des héros emblématiques n'avaient pas existé avant d'organiser leur naissance.


Les editors ont parfois de drôles de manies : chez DC, du temps de Dan Didio, ce dernier ne pouvait pas supporter que Dick Grayson/Nightwing survive aux Crisis et a manigancé plusieurs fois pour le sortir de la photo. Chez Marvel, Joe Quesada refusait que Peter Parker/Spider-Man soit marié, craignant que les lecteurs ne s'identifient plus à un héros installé en couple tout comme il ne voulait pas que le tisseur connaisse le succès professionnel pour les mêmes raisons.

Quesada parti, Hickman s'ingénie donc à écrire son Spider-Man en s'autorisant tout ce qu'on interdit aux auteurs du tisseur dans l'univers classique : ici, il s'agira d'un trentenaire marié et père de deux enfants, et même s'il n'est pas riche, il ne vit plus comme un éternel étudiant fauché obligé de livrer des photos au Daily Bugle pour subvenir à ses besoins et ceux de sa tante May. D'ailleurs il n'y a plus de tante May chez Hickman : elle est morte dans l'attentat vu à la fin de Ultimate Universe qui s'est déroulé il y a dix ans au moment où cet épisode débute.
  

Je ne vais pas vous dresser la liste exhaustive des changements apportés par Hickman pour distinguer sa version de Spider-Man, mais avec un premier chapitre de 45 pages, il prend le temps de poser le décor et les personnages. Il y a surtout une ambiance très bluesy, mélancolique, particulièrement intense et poignante. Car le thème central, c'est la dépossession : peut-on manquer d'une vie qu'on n'a pas eue, dont on n'a même pas conscience qu'on aurait pu la vivre ? Autrement dit : Peter Parker peut-il souffrir de n'avoir jamais été Spider-Man alors qu'il n'a jamais su qu'il aurait pu le devenir ?

Porté par des planches sublimes de Marco Checchetto, qui campe des personnages écrasés par le chagrin, le deuil, le manque, dans un New York en plein hiver, le récit ne ressemble à rien de ce qu'on pouvait attendre pour une production Spider-Man. Et finalement, n'est-ce pas le but pour une version Ultimate Spider-Man ? Ici, c'est le contrepied total du run de Brian Michael Bendis, qui revenait et revisitait le personnage à sa source : Hickman et Checchetto ne livrent pas non plus une sorte de The Dark Knights Returns pour Spider-Man mais plutôt une relecture adulte et néanmoins totalement originale, profondément attachante.

Parce qu'ils ont su investir le personnage et le projet avec un regard détaché, sans affect, les deux auteurs le revitalisent, le revisitent avec beaucoup d'humanité. Cela souligne les changements dans l'écriture de Hickman (qui abandonne ici, comme dans G.O.D.S., les data pages) et se veut plus proche des personnages. Checchetto apporte avec son trait élégant et nerveux ce surplus d'humanité indispensable. Et l'un dans l'autre, on finit ce premier numéro ému mais aussi plein d'excitation.

mercredi 1 juin 2016

Critique 907 : ULTIMATE SPIDER-MAN, VOLUME 22 - ULTIMATUM, de Brian Michael Bendis, David Lafuente et Stuart Immonen


ULTIMATE SPIDER-MAN : ULTIMATUM rassemble l'Annual 3 et les épisodes 129 à 133 de la série, écrits par Brian Michael Bendis et dessinés par David Lafuente (Annual 3) et Stuart Immonen (#129-133), publiés en 2009 par Marvel Comics.
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 (Extrait de Ultimate Spider-Man : Annual 3.
Textes de Brian Michael Bendis, dessins de David Lafuente.)

- Annual 3. La relation amoureuse de Mary-Jane Watson et Peter Parker est à un tournant : les deux adolescents vont-ils coucher ensemble pour la première fois ? En attendant de se décider, Spider-Man assiste la police de New York qui traque un cambrioleur surnommé Mysterio, qui a un complice parmi les forces de l'ordre.
(Extrait de Ultimate Spider-Man #133.
Dessins de Stuart Immonen.)

- Ultimatum. Magneto, le leader des mauvais mutants, est dévasté par la mort de ses deux enfants (Quicksilver et Scarlet Witch, membres des Ultimates, tués en mission) et ravage la Terre en provoquant de terribles tsunamis. New York est submergé, de nombreux super-héros meurent dans la catastrophe ou en combattant Magneto.
Peter Parker, qui était sorti se promener avec des amis, les quitte pour porter secours, en tant que Spider-Man, aux civils lorsque Hulk réapparaît. Le monstre accepte d'aider le tisseur mais perd le contrôle de ses nerfs quand il découvre le cadavre de Daredevil (Matt Murdock fut l'avocat de Bruce Banner).
La situation devient encore plus désespérée lorsque le manoir du Dr Strange est détruit, libérant des démons dans la ville. Hulk provoque une gigantesque explosion en voulant juguler cette invasion. Spider-Woman se rend sur place avec Kitty Pryde pour retrouver Spider-Man...

Avec ce 22ème tome s'achève non seulement la prestation de Stuart Immonen comme artiste de la série mais aussi le premier cycle de Ultimate Spider-Man (le titre fera l'objet d'un relaunch avant de reprendre sa numérotation normale moins de deux ans après).

Avant cela, l'album s'ouvre avec le troisième Annual, un épisode plus long qu'à l'accoutumée (une trentaine de pages), dans lequel Brian Michael Bendis aborde la question de la sexualité du couple formé par Peter Parker et Mary-Jane Watson : le traitement est sobre, en vérité la question est juste effleurée, souvent sur le ton de la comédie. Le scénariste n'oublie pas que la série a pour fonction de raconter les exploits de Spider-Man et il introduit pour l'occasion la version Ultimate de Mysterio.

Ce chapitre permet aussi de présenter l'artiste qui illustrera les aventures du tisseur ensuite : l'espagnol David Lafuente connaîtra la lourde (insurmontable ?) tâche de succéder à Mark Bagley et Stuart Immonen qui étaient capables d'enchaîner les épisodes avec une régularité d'horloge suisse. Ses prestations ne seront jamais à la hauteur de ses illustres devanciers (à la fin de son passage, il partagera même ses épisodes avec Sara Pichelli, qui lui succédera avant elle-même de passer le flambeau à David Marquez, le seul qui aura été capable de soutenir le rythme). Pour ma part, j'ai toujours été réservé vis-à-vis de Lafuente : lorsqu'il dessine les personnages en civil, son style cartoony, parfois aussi influencé par le manga, est sympathique ; en revanche il est plus inégal quand il s'agit de composer des scènes d'action sans sacrifier des éléments visuels (en particulier les décors, comme beaucoup de ses collègues sous pression).

Le dernier arc dessiné par Immonen est en fait un tie-in au crossover Ultimatum écrit par Jeph Loeb et dessiné par David Finch : je ne l'ai pas lu, échaudé par des critiques très négatives et parce que je n'aime guère ce scénariste et cet artiste. Il s'agissait à l'époque de bouleverser l'univers Ultimate après 9 années d'existence, en sacrifiant plusieurs personnages dans une saga spectaculaire et violente. Avec le recul, cette initiative a surtout marqué le début de la fin pour cette collection : Marvel aurait sans doute été plus inspiré de confier les séries de la gamme à de nouveaux auteurs et artistes aussi novateurs que Millar, Bendisn, Hitch, Bagley, Ellis, plutôt que d'infliger cet électrochoc qui n'a rien revitalisé. Aujourd'hui, les parutions Ultimate ont disparu, même si une série Ultimates (sans rapport avec celle originale de Millar et Hitch) est publiée et que le Ultimate Spider-Man toujours écrit par Bendis a été transféré dans l'univers classique de l'éditeur. Quel triste gâchis...

Bendis se sort pourtant excellemment de la contrainte consistant à aligner sa série fétiche à une ligne narrative qu'il n'a pas choisi : il respecte les rebondissements imaginés par Loeb et décrit leurs conséquences sur la vie de Spider-Man et ses proches. La présence de Hulk, les dommages subis par le sanctum santorium du Dr Strange fournissent des péripéties très bien exploitées. Mais le plus fort est ailleurs.

Le scénariste choisit en effet de clore son arc avec un épisode entièrement muet, ce qui est à la fois un pied-de-nez à sa réputation de dialoguiste bavard et un défi narratif. Le résultat est de toute beauté, avec un dénouement poignant - qui aurait été une conclusion à la carrière de Peter Parker bien meilleure que celle qui aura lieu plus tard.

Pour réussir cela, il fallait un artiste du calibre de Immonen, dont le génie expressif, le talent pour rendre compte de la gestuelle des personnages, et le soin apporté aux décors (New York sous les eaux) transcendent l'exercice de style en démonstration graphique. Les doubles pages qui émaillent ces derniers épisodes sont fabuleuses, l'encrage de Wade Von Grawbadger parfait et la colorisation de Justin Ponsor est extraordinaire.

En 21 épisodes, le tandem formé par Bendis et Immonen auront régalé les amateurs de cette version alternative de l'homme araignée : la complicité évidente entre les deux partenaires ne faisait que commencer, puisqu'ils renouèrent avec des épisodes de New Avengers et surtout All-New X-Men.

mardi 31 mai 2016

Critique 906 : ULTIMATE SPIDER-MAN, VOLUME 21 - WAR OF THE SYMBIOTES, de Brian Michael Bendis et Stuart Immonen


ULTIMATE SPIDER-MAN : WAR OF THE SYMBIOTES rassemble les épisodes 123 à 128 de la série, écrits par Brian Michael Bendis et dessinés par Stuart Immonen, publiés en 2008-2009 par Marvel Comics.
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Cette histoire se déroule chronologiquement avant Ultimate Spider-Ma, volume 19 : Death of a goblin (#112-117).

Le père de Peter Parker et de Eddie Brock Jr créérent autrefois un symbiote pour guérir le cancer mais cet organisme développa une intelligence propre et belliqueuse avant de s'emparer du corps d'Eddie Jr comme hôte.
Plus tard, le Dr Curt Connors engendra un second symbiote à partir de l'ADN de Peter Parker et de Venom, donnant naissance à Carnage. La créature tua Gwen Stacy pour en faire son hôte.
Aujourd'hui, Venom resurgit pour affronter Spider-Man dont il veut aspirer l'essence vitale pour se renforcer. Mais les compagnies Roxxon et Trask veulent mettre la main sur le symbiote à des fins militaires. La Roxxon a, dans ce but, engagé le Wildpack de la mercenaire Silver Sable afin de capturer Eddie Brock Jr qui harcèle Peter Parker. Les Ultimates interviennent et emprisonnent le symbiote et ses poursuivants; Mais la situation rebondit dramatiquement lors de l'évasion de Norman Osborn du Triskélion au cours de laquelle le clone de Gwen Stacy généré par Carnage s'échappe aussi.
La jeune fille se réfugie chez Peter Parker et affronte avec lui Eddie Brock Jr qui aspire Carnage et disparaît. Le SHIELD accepte de laisser May Parker devenir la tutrice de Gwen tandis que Eddie est finalement capturé par le mystérieux Beetle, au service d'un commanditaire de Latvérie.

Des quatre arcs narratifs qu'ils ont réalisés ensemble, La guerre des symbiotes est le plus réussi écrit par Brian Michael Bendis et dessinés par Stuart Immonen, en tout cas celui où ils se sont le plus lâchés.

L'histoire se situe dans un passé récent et fait se croiser des situations avec une parfaite fluidité (en l'occurrence l'évasion spectaculaire de Norman Osborn et le retour de Venom puis la réapparition de Gwen Stacy/Carnage). Mais surtout Bendis a construit son intrigue en brouillant le déroulement des séquences, l'articulant autour des dialogues d'Eddie Brock avec divers quidams dans un jardin public : lorsqu'on comprend qu'il les dévore tous pour assouvir l'appétit du symbiote, l'humour noir du procédé est imparable, et le dénouement du récit offre un twist que personne ne voit venir.

Mais la sophistication de l'écriture ne doit pas masquer sa formidable énergie : Bendis enchaîne les scènes d'action à toute allure et nous gratifie de grands moments, très spectaculaires et inattendus. Les multiples affrontements entre Spider-Man et Venom sont mis en scène dans un étourdissant crescendo, et la séquence où le tisseur est possédé par le symbiote est angoissante à souhait. Dans ces moments-là, la voix off ajoute à la tension et rappelle que, malgré l'humour dont le héros fait toujours preuve dans l'adversité, il s'agit surtout pour Peter Parker de ne pas céder à la panique.

L'autre grande surprise de cet arc est le retour de Gwen Stacy : c'est une audace délirante mais bien amenée, et le combat entre Carnage et Venom aboutit à une pleine page extraordinaire. C'est que, graphiquement, Immonen est aussi déchaîné que le monstre au centre de l'histoire.

Son découpage fait feu de tout bois : il réalise plusieurs pages de suite avec uniquement des doubles pages composées de plans verticaux splendides (Spider-Man tournant autour du Baxter building des FF, descendant jusqu'au manoir de Ultimates, enquêtant sur Internet dans la salle de rédaction en pleine effervescence du "Daily Bugle"), puis orchestre des bastons homériques, le tout sans se ménager sur des décors extérieurs et intérieurs très fournis ni sur l'expressivité des personnages.

On sort de ces épisodes totalement grisés par leur puissance. Il ne reste plus qu'une poignée d'épisodes (dont un Annual) pour conclure le run épique de Bendis et Immonen qui va être impacté par le crossover Ultimatum.

lundi 30 mai 2016

Critique 904 : ULTIMATE SPIDER-MAN, VOLUME 20 - SPIDER-MAN AND HIS AMAZING FRIENDS, de Brian Michael Bendis et Stuart Immonen


ULTIMATE SPIDER-MAN : SPIDER-MAN AND HIS AMAZING FRIENDS rassemble les épisodes 118 à 122 de la série, écrits par Brian Michael Bendis et dessinés par Stuart Immonen, publiés en 2008 par Marvel Comics.
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Ce recueil comprend trois histoires :

- 1/ Spider-Man and his amazing friends. (#118-120) Après la mort de Harry Osborn, à l'initiative de Johnny Storm (des Ultimate Fantastic Four), Peter Parker, Mary-Jane Watson, Kitty Pryde, Kenny "Kong", Bobby Drake (alias Iceman des Ultimate X-Men) et Liz Allen vont se détendre à la plage. Le soir, autour d'un feu de camp, Liz s'embrase littéralement et s'envole, effrayée, poursuivie par Spider-Man et Iceman. C'est alors que surgit Magneto, chef de la confrérie de mauvais mutants, qui vient chercher la jeune femme pour l'amener jusqu'à son père. Les Ultimate X-Men s'interposent...

- 2/ Omega Red. (#121) Peter et Kitty reçoivent une mauvaise note pour un devoir scolaire commun. Pourtant, Peter, responsable, avait une bonne excuse : il a assisté à l'attaque d'un criminel mutant dans la rédaction du "Daily Bugle" (et a dû s'en mêler en tant que Spider-Man, mais ça, il ne peut le préciser)...

- 3/ Shocker. (#122) Spider-Man, en tentant d'arrêter le Shocker, se fait kidnapper par ce malfaiteur qu'il a plusieurs fois affronté en le ridiculisant publiquement. Tout en étant torturé, le tisseur apprend que son adversaire a été employé par la compagnie Roxxon, un labo pharmaceutique, pour y développer des armes. Mary-Jane Watson, témoin de l'enlèvement de Peter, fait appel à Kitty Pryde pour qu'il soit retrouvé... 

Après leurs premiers épisodes ensemble sur la série, Brian Michael Bendis et Stuart Immonen enchaînent avec une collection d'histoires brèves (un arc en trois actes, et deux one-shots), dont l'humeur est plus légère après le dramatique récit précédent.

Pourtant, le scénariste ne procède pas ainsi innocemment : il s'agit bien de traiter des conséquences de la mort d'Harry Osborn sur le groupe d'amis de Peter Parker tout en créant de nouveaux rebondissements. A l'occasion d'une beach party, ainsi, les adolescents, au nombre desquels se joignent Bobby Drake (des Ultimate X-Men) et Johnny Storm (des Ultimate FF), vont devoir composer avec la métamorphose surprenante de Liz Allen.

On assiste ainsi à l'introduction de la version Ultimate de l'héroïne Firestar, dont l'identité du père explique aussi l'origine de ses pouvoirs. En trois épisodes rondement menés, Bendis montre avec quelle aisance il écrit à la fois ses jeunes héros et brode à son tour sur les tourments de l'adolescence via les mutants. Avec le recul, c'est comme si le scénariste s'exerçait à un autre de ses succès, ultérieur, All-New X-Men (série dans laquelle il transportait dans le présent la première génération des X-Men).

Comme pour tordre le cou à sa réputation de ne savoir rédiger que des arcs narratifs en 6 chapitres, il enchaîne avec deux épisodes unitaires : il y malmène deux super-vilains grotesques mais coriaces, surtout le Shocker qui inflige un passage en tabac en règle à Spider-Man (dont le force devrait pourtant lui permettre de briser les chaînes avec lesquelles il a été attaché, mais passons). Dans l'épisode 122, Bendis glisse quelques allusions sur les véritables activités de la firme Roxxon, qu'il développera dès le volume suivant.

Pour Immonen, ces épisodes sont une nouvelle occasion de prouver son brio artistique : son découpage est remarquable, d'une grande variété dans les dimensions des plans et leur valeur. Il nous gratifie de doubles pages où, même en usant du procédé du copier-coller, il rend les dialogues très vivants, soulignant leur humour.

L'expressivité des personnages est aussi formidable, un registre dans lequel il est l'égal d'un Kevin Maguire, et il s'est manifestement amusé à animer aussi bien Liz Allen transformée en torche humaine (la représentation des pouvoirs est toujours merveilleusement conçue), l'agressivité vaniteuse et maladroite du colosse Omega Red, ou l'acharnement pathétique mais hargneux du Shocker. Les décors sont détaillés à un niveau supérieur à la normale des comics, grâce à l'emploi d'inserts informatiques que l'encrage (moins gras) de Wade Von Grawbadger ne rend pas artificiels et avec une colorisation très nuancée de Justin Ponsor.

Si l'ensemble de cet album peut sembler hétéroclite, la qualité du matériel est indiscutable : le tandem Bendis-Immonen fonctionne déjà parfaitement, même si le meilleur reste à venir.

Critique 903 : ULTIMATE SPIDER-MAN, VOLUME 19 - DEATH OF A GOBLIN, de Brian Michael Bendis et Stuart Immonen


ULTIMATE SPIDER-MAN : DEATH OF A GOBLIN rassemble les épisodes 112 à 117 de la série, écrits par Brian Michael Bendis et dessinés par Stuart Immonen, publiés en 2007-2008 par Marvel Comics.
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Peter Parker a confirmé à sa tante May qu'il était bien Spider-Man et que ses pouvoirs proviennent de la morsure d'une araignée génétiquement modifiée lors d'une visite aux laboratoires d'Oscorp.
Pour l'adolescent de 16 ans, c'est aussi un tournant dans sa vie sentimentale puisqu'il sort à nouveau avec Mary-Jane Watson après avoir fréquenté Kitty Pryde, ex-membre des Ultimate X-Men, qui quitté l'institut Xavier pour les mutants afin d'intégrer le lycée.
Norman Osborn est toujours détenu au Triskélion, Q.G. et prison du SHIELD, encore en rénovation (l'action se situe après les événements relatés dans le Volume 2 de la série Ultimates et l'attaque de New York par Loki), mais réussit à s'en échapper. Pour se venger de Nick Fury qui l'a arrêté et jeté au cachot sans procès, , il dénonce ses méthodes à la télé.
En représailles, Carol Danvers, qui a remplacé Fury (exilé sur une Terre parallèle à la suite des événements relatés dans la saga Ultimate Power), l'attire dans un piège en exhibant son fils, Harry Osborn, qui accuse publiquement son père de lui avoir fait subir les mêmes expériences que celles qui l'ont transformé en Bouffon.
Spider-Man, Kitty Pryde et les agents du SHIELD affrontent leur adversaire mais Harry s'interpose, au risque de sa propre vie...

Cela faisait un moment que j'avais envie de relire ces épisodes - tout le passage de Stuart Immonen sur la série en fait - pour vérifier s'ils étaient toujours efficaces qu'à l'époque où je les découvris. Premier des quatre arcs narratifs écrits avec Brian Michael Bendis, Mort d'un bouffon marquait aussi un tournant pour le titre emblématique de la collection "Ultimate", dont Marvel vient récemment d'arrêter les publications, puisque après plus de cent épisodes, son dessinateur, Mark Bagley, venait donc de céder sa place (un record, qui tenait depuis le run de Jack Kirby sur Fantastic Four dans les années 60 !).

Déjà, dans le 111ème épisode, les deux artistes se transmettaient le flambeau : pour Immonen, qui était déjà habitué aux séries "Ultimate" (il avait illustré des épisodes de Ultimate X-Men), c'était une promotion importante, après sa prestation remarquée (et remarquable !) sur la mini-série Nextwave. Le canadien illustrera une vingtaine d'épisodes du Tisseur et reconnaîtra plus tard qu'il aurait aimé continuer au-delà (un aveu rare de la part de celui qui privilégie les rencontres avec les scénaristes aux personnages).

L'histoire composée par Bendis se distingue par son dynamisme : même ses plus virulents détracteurs ont toujours admis qu'il était plus inspiré sur cette série que sur ses autres productions. Pourtant, le scénariste reste fidèle à lui-même : ses dialogues sont toujours aussi abondants, ponctués de traits d'humour potache, avec des histoires construites régulièrement en six chapitres. Mais son amour du héros est indéniable et l'entrain avec laquelle il enchaîne ses péripéties ajoute à son enthousiasme communicatif.

Puisque l'univers Ultimate l'autorisait, Bendis ne se privait pas, fréquemment, de tuer des personnages, certes secondaires, mais auxquels les lecteurs étaient attachés, réinterprétant la continuité classique des comics Marvel (ainsi l'oncle Ben, Gwen Stacy, Jean Dewolff connaîtront le même sort funeste). Ici encore, un de ces proches du Tisseur sera sacrifié, mais cette fois sans susciter la même émotion, quand bien même son destin est tragique.

Le récit fournit de grands moments, depuis l'évasion spectaculaire de plusieurs super-vilains du Triskélion (dont les travaux permettent de situer l'action : en effet, à cause des retards pris sur la série Ultimates de Mark Millar et Bryan Hitch, Bendis n'y faisait pas référence jusqu'alors) jusqu'à la bagarre entre Spider-Man et Electro. Autant de séquences permettant à Immonen de faire la preuve qu'il était un successeur à la hauteur de Bagley tout en évoluant dans un registre graphique personnel : son trait plus anguleux évoque encore fortement ses expériences de Nextwave, sans être aussi radical, et son découpage incroyablement énergique et varié dégagent une puissance toujours impressionnante.

Mais quand il s'agit d'aimer les protagonistes en civil dans des moments plus calmes, notamment tout leur quotidien au lycée, on peut admirer l'expressivité de l'artiste et son aisance avec la représentation des adolescents. L'encrage, un peu épais, de Wade Von Grawbadger est parfois un peu curieux, mais la mise en couleurs de Justin Ponsor est une des meilleures dont aient bénéficié le dessinateur et son fidèle collaborateur.

Pas une grande histoire pour ce premier round mais de belles promesses, qui seront vite exploitées. Un flash-back très sympa toute compte fait.    

mardi 19 février 2013

Critique 377 : SPIDER-MEN, de Brian Michael Bendis et Sara Pichelli

Spider-Men est (la première partie d')un crossover en cinq épisodes entre les séries Amazing Spider-Man et Ultimate Spider-Man, écrit par Brian Michael Bendis et dessiné par Sara Pichelli, publié en 2012 par Marvel Comics.
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Une nuit, Spider-Man (alias Peter Parker) découvre par hasard une planque de son son ennemi Mysterio. Les deux hommes s'affrontent jusqu'à ce que le héros soit aspiré dans un portail dimensionnel mis au point par son adversaire. Il se retrouve, en plein jour, sur les toits de New York mais devine vite que ce n'est pas la ville qu'il connaît. Cette impression se confirme rapidement après lorsqu'il rencontre une version alternative de lui-même : Ultimate Spider-Man (alias Miles Moralés).



La rencontre de Spidey et
Ultimate Spider-Man. 

Contre toute attente, le plus jeune des Spider-Men neutralise son aîné. Désemparé, il s'en remet au SHIELD et Nick Fury qui croit à l'histoire de Peter Parker.
Mais Ultimate Mysterio est aussi décidé à faire d'une pierre, deux coups en tuant les deux Tisseurs...
Pour Peter Parker, c'est aussi l'occasion de retrouvailles avec les versions de Tante May et Gwen Stacy qui ont vécu la mort de leur neveu et ami dans cet univers...

Des "retrouvailles" bouleversantes...
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Joe Quesada, quand il était editor-in-chief de Marvel, avait promis que jamais un crossover entre les univers classique (dit 616) et Ultimate n'aurait lieu puisque ce dernier avait été précisément conçu de manière à revisiter le premier de façon autonome et en s'affranchissant des limites habituelles (par exemple, les morts le restaient, les caractères y étaient différents et plus tranchés - des promesses pas toujours tenues, mais c'est une autre histoire).
Aujourd'hui, les choses ont bien changé avec l'influence manifeste de l'univers Ultimate sur les films produits par la maison des idées (ou les autres majors détentrices des droits de leurs personnages), mais aussi avec un net déclin des ventes des séries Ultimate (et de leur qualité artistique - Ultimate Spider-Man restant l'exception). Des rumeurs circulent même sur l'imminente disparition de cette collection...
Le tabou édicté par Quesada ne tenait plus et le fait que Brian Michael Bendis, scénariste-vedette de Marvel, brillant (au moins commercialement aussi bien dans la gamme classique qu'Ultimate), s'occupe de ce crossover est un signal fort pour la suite.

Maintenant, que vaut réellement cette histoire ? Pour être concis, elle est d'abord frustrante : une fois arrivé au terme du 5ème épisode, on a droit à une chute aussi énigmatique qu'ouverte, et l'annonce, par le scénariste, qu'une suite allait voir le jour (certainement avant la fin 2013) confirme qu'il s'agit d'un prologue.
Que ce prologue compte cinq chapitres n'est pas un gros problème : le savoir-faire de Bendis, l'efficacité de l'intrigue, le rythme de son déroulement, la caractérisation bien sentie des protagonistes, et des pistes intéressantes (comme la véritable nature d'Ultimate Mysterio ou le présence d'un Miles Moralés dans l'univers 616), font de ce récit un divertissement très agréable.
Par ailleurs, une séquence comme les "retrouvailles" entre Peter Parker et Tante May et Gwen Stacy est sobrement et remarquablement traitée, touchante sans être mièvre, joliment juste.
Il est évident que ce qui a le plus intéressé Bendis est davantage la découverte par Peter Parker de l'univers Ultimate que l'affrontement avec Mysterio. Pour ce qui est des scènes d'action traditionnelles, c'est un peu maigre donc (même si le face-à-face entre les deux Tisseurs est un petit plaisir, avec un résultat inattendu).
Mais c'est vrai, ne le cachons pas (même si, comme moi, on aime le travail de Bendis), ç'aurait pu être mieux, plus fort, plus intense, plus dense, plus riche. C'est un premier acte... Qui ne s'appréciera vraiment qu'avec le prochain, lui-même décidant de la qualité globale de ce crossover.
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Visuellement, en revanche, ces cinq épisodes sont un vrai régal. Sara Pichelli, l'artiste régulière désormais d'Ultimate Spider-Man, est une dessinatrice de haut niveau, qui sait animer ses personnages avec un talent confondant, comme si elle était née pour le Tisseur (sans doute la meilleure actuellement avec Marcos Martin).
L'expressivité subtile qu'elle sait donner aux acteurs, son sens de la composition, la fluidité de ses découpages, tout est exemplaire : on voit vraiment une graphiste arrivée à maturité, en pleine possession de ses moyens - et encore, elle en a sous le crayon, c'est évident.
Même la colorisation, parfois chargée, de Justin Ponsor ne parvient pas à gâcher la vue.
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Divertissant, bien mené, mais quand même frustrant : on reste un peu sur notre faim, mais la suite (et fin ?) sera attendue avec gourmandise - et avec elle, la fin de l'aventure Ultimate peut-être, ce qui en soulignerait l'aspect évènementiel.