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mercredi 18 octobre 2023

WOLVERINE AND THE X-MEN, TOME 2 : AVENGERS VS. X-MEN, de Jason Aaron, Chris Bachalo, Nick Bradshaw, Jorge Molina et Mike Allred


Suite de cette rétrospective Wolverine and the X-Men avec ce deuxième tome intitulé Avengers vs. X-Men. Vous l'avez donc deviné : la série est alors impactée par l'event en douze parties écrit par Jason Aaron, Brian Michael Bendis, Matt Fraction, Ed Brubaker et Jonathan Hickman. Aaron joue le jeu à fond en consacrant les épisodes 9 à 18 de ce recueil aux retombées de cette saga sur l'école Jean Grey. 


Le Phénix se dirige sur la Terre après avoir détruit plusieurs planètes et enrichi ou ruiné les parieurs de la planète Sin. Captain America vient demander à Wolverine de l'aider à raisonner Cyclope et ses fidèles sur l'île d'Utopia où réside Hope Summers dont il est convaincu qu'elle est le prochain hôte de cette entité.


Wolverine veut réfléchir avant de s'engager dans un conflit contre ses semblables. Et justement Cyclope se présente devant l'école Jean Grey, en compagnie d'Emma Frost et Magik, pour tenter de le convaincre de le soutenir face aux Avengers. Rachel Summers, Iceberg et Angel décident, eux, de gagner Utopia.


Mais l'inévitable se produit et c'est la guerre. Wolverine persuade Hope de ne pas se sacrifier pour la cause de Cyclope et l'emmène en lieu sûr. Jusqu'à ce que leur route croise celle de tueurs envoyés par les Shi'ar.


Iron Man commet une grave erreur de calcul en voulant éloigner le Phénix et la puissance de l'entité cosmique se divise en cinq, choisissant Cyclope, Emma Frost, Magik, Colossus et Namor comme hôtes. Rachel Summers retrouve Wolverine et lui réclame Hope mais les Avengers ripostent. Hope file et Rachel la laisse faire.


Les Cinq Phénix surgissent dans le nouveau Club des Damnés et en découvrant qui ils sont, les expédient en prison. Le monde est refaçonné par les cinq mutants surpuissants. Mais Kade Kilgore, le Roi Noir du Club des Damnés, retournent ses co-détenus pour provoquer une mutinerie et s'évader avec ses complices. Ils décident de changer de tactique pour détruire l'école Jean Grey si le monde survit aux Cinq Phénix.


Deathlock interroge Wolverine sur les raisons qui l'ont conduit à recruter Doop pour l'école et si Logan reste évasif sur le sujet, il sait qu'il peut compter sur cette étrange créature pour que l'établissement soit bien protégé, surtout quand il n'est pas là pour y veiller lui-même comme en ce moment avec la crise due aux Cinq Phénix.
 

Cyclope devient le seul détenteur du pouvoir du Phénix et cette puissance le rend fou. Le professeur Charles Xavier se sacrifie pour tenter de le raisonner. Doutant d'une issue positive à cet affrontement, Kitty Pryde organise un bal pour les élèves pour leur changer les idées. Mais en coulisses, le Club des Damnés piègent Broo et Oya, celle qu'il aime...

C'est un programme copieux que propose ce deuxième tome de Wolverine and the X-Men avec pas mois de 10 épisodes. On peut légitimement trouver que c'est même un peu bourratif quand on constate que tous ces chapitres sont en fait attachés à l'event Avengers vs. X-Men (qui lui comptait déjà douze épisodes).

Néanmoins comme Jason Aaron faisait partie des cinq auteurs écrivant AvX, il a joué le jeu et pas qu'un peu, acceptant de soumettre son titre aux aléas de l'event. Bien entendu, il est préférable d'avoir lu AvX pour bien goûter à ce qui se passe alors dans les pages de Wolverine and the X-Men, même si tout est à peu près accessible.

Par exemple, dès l'épisode 9, la situation est clairement exposée : le Phénix revient sur Terre et trois camps se forment. Le premier concerne les X-Men d'Utopia sous les ordres de Cyclope et qui compte dans ses rangs la jeune Hope Summers, désignée comme le messie mutant, future hôte de la puissance du Phénix. Du moins en théorie.

Le deuxième camp est bien sûr celui de Wolverine et de l'école Jean Grey. Logan ne croit pas à cette histoire de messie mutant et quand bien même, il estime que Hope n'a pas à se sacrifier pour le devenir. Pour lui, il s'agit d'une sinistre répétition de la saga du Phénix Noir qui a coûté la vie à Jean Grey.

Enfin, le troisième camp est celui des Avengers qui considère aussi le Phénix comme une menace trop grande pour parier sur une adolescente capable de le contenir. Pourtant, la suite va faire des Avengers les déclencheurs de la catastrophe quand Iron Man conçoit un dispositif censé écarter l'entité cosmique et qui aura pour résultat d'en disperser la puissance non pas dans un hôte mais dans cinq. Et pas plus que Jean Grey autrefois, ni Emma Frost, ni Colossus, ni Magik, ni Namor, ni Cyclope ne seront capables de maîtriser cette force quasi-divine.

Jason Aaron souligne surtout le dilemme qui étreint Wolverine et ses amis dans cette affaire. En se dressant contre Cyclope, ils affrontent leurs semblables. Mais en le suivant, ils risquent la vie de toute l'humanité sur un coup de dé. Dans ces conditions, il est normal que Wolverine voit quelques-uns de ses enseignants changer de camp et, logiquement, il s'agira de Iceberg et Angel, deux des fondateurs des X-Men (avec Cyclope, le Fauve et Marvel Girl), plus Rachel Summers, la fille de Cyclope venue d'une réalité parallèle.

A partir de là, Aaron choisit d'articuler ses épisodes en se concentrant sur un personnage durement impacté par les événements, comme Rachel qui doit reprendre son rôle de limier (au service de Cyclope pour traquer Hope), Warbird (la garde du corps de Kid Gladiator, dont on apprend le passé douloureux), Kitty Pryde (qui accepte de dîner avec un Colossus complètement corrompu par la puissance du Phénix et qui veut renouer sentimentalement avec elle), Kade Kilgore (le Roi Noir du nouveau Club des Damnés dont le caractère psychopathe est expliqué et les nouveaux plans mentionnés).

Le volume connaît un dénouement particulièrement dramatique. Bien entendu, on se souvient que Cyclope finit par tuer le professeur X avant que Hope ne disperse la force du Phénix. Entre temps, les professeurs ayant déserté reviennent à l'école en admettant leur erreur. Mais surtout les manoeuvres du Club des Damnés portent leurs premiers fruits et deux élèves en font les frais, dont l'un de façon tragique. (Je ne spoile pas au cas où certains d'entre vous n'auraient pas encore lu ces épisodes.)

Chris Bachalo signe les dessins des épisodes 9-10, 12 et 16 : hélas ! il quitte la série ensuite (pour continuer à animer les mutants dans Uncanny X-Men relancée par Brian Michael Bendis à l'issue de AvX). Toutefois, on ne peut rien lui reprocher : ses planches sont exceptionnelles et exigeantes compte tenu du nombre important de personnages à mettre en scène et de l'aspect spectaculaire de beaucoup de scènes.

Nick Bradshaw assure les dessins des épisodes 11 et 13 : c'est peu mais là encore l'artiste a fort à faire avec des pages bien fournies en figurants, en décors et en batailles d'envergure. Par la suite cepandant, il va devenir le dessinateur le plus productif de la série.

Jorge Molina a en charge les épisodes 14-15 et 18 : on sent encore des maladresses, un manque d'assurance et c'est sans doute pour cela qu'on lui a adjoint un encreur, Norman Lee, qui, hélas ! n'est vraiment pas très bon. Il n'y a donc pas grand-chose à voir avec ce qu'a produit par la suite cet artiste qui a récemment annoncé renoncer à produire des pages intérieurs pour se consacrer au dessin de couvertures et au character's design.

Enfin, pour l'épisode 17, centré sur Doop, quel bonheur que Mike Allred, co-créateur de l'étrange créature, ait accepté de collaborer avec Aaron. C'est fabuleusement drôle, loufoque, bizarre, une vraie bouffée d'air frais dans une collection de chapitres tendus.

On peut considérer qu'avec ces épisodes se clôt l'Acte I de la série. Mais la suite réserve encore des morceaux de choix et prouve que le projet de Jason Aaron et ses partenaires demeurent dix ans après un titre complètement à part.

vendredi 1 septembre 2023

MARVEL AGE #1000, de Mark Waid et Alessandro Cappuccio, Ryan Stegman, Rainbow Rowell et Marguerite Sauvage, Dan Slott et Mike Allred, Armando Iannucci et Adam Kubert, Steve McNiven, Jason Aaron et Pepe Larraz, J. Michael Straczynski et Kaare Andrews

 

Voilà encore une de ces drôles de parution dont Marvel a le secret : ne cherchez pas les 999 numéros précédents de Marvel Age, mais profitez de ce #1000. Il s'agit d'une anthologie censée célébrer... Quoi au juste ?... Qu'importe ! On a là huit histoires courtes par le gratin de "la maison des idées". Le résultat est évidemment inégal mais ne manque pas d'allure.



- MACHINE LEARNING (Ecrit par Mark Waid et dessiné par Alessandro Cappuccio) - Comment la première Torche Humaine, Jim Hammond, a développé un sens moral ? C'est à cette question que répond Mark Waid dans ce récit d'ouverture, situé en 1939. Il s'agit probablement d'un script écrit par le scénariste avant son départ pour DC, à moins qu'il n'ait produit ceci pour l'occasion. En tout cas, c'est, comme souvent avec Waid, finement raconté. 

Jim Hammond a été un des premiers héros Marvel, plus tard c'est avec lui que s'ouvrait Marvels de Kurt Busiek et Alex Ross. Mais l'androïde capable de s'enflammer demeure une énigme, supplantée par Johnny Storm des Fantastic Four. Waid imagine comment, en écoutant un feuilleton radio il a acquis une éthique et échappé à son créateur, Phineas Horton, qui espérait l'exploiter.

Dommage d'avoir confié les dessins à Alessandro Cappuccio (Moon Knight), dont les planches sont trop sombres pour ne pas voir qu'il se sert de cette astuce pour négliger les décors et dont le trait manque singulièrement d'élégance.


- SUNDAY DINNER (Ecrit et dessiné par Ryan Stegman) - Toujours occupé à piéger les vilains, Spider-Man empêche Peter Parker d'avoir une vie sociale et d'arriver à l'heure à un rendez-vous... Alors là, on a affaire à une sorte d'anomalie chez Marvel qui refuse fréquemment depuis des lustres, sans qu'on sache pourquoi, à ses artistes d'écrire aussi leurs scénarios. Pourtant, cette fois, dans Marvel Age #1000, l'éditeur a accordé cette permission à deux d'entre eux.

Ryan Stegman (Venom) a donc eu le droit de raconter sa petite histoire de Spider-Man et de la dessiner. Certes, ça ne mange pas de pain, mais c'est très sympa et tonique. Stegman s'affirme comme un disciple de Todd McFarlane, qui a marqué de son empreinte une époque du Tisseur. Et ma foi, il mériterait d'avoir sa chance sur le titre (vu ce que commet actuellement John Romita Jr...).
 

- PEOPLE WONDER WHY (Ecrit par Rainbow Rowell et dessiné par Marguerite Sauvage) - Pourquoi Cyclope se montre-t-il toujours si surprotecteur avec Marvel Girl ? Encore une interrogation superbement traitée, ici par Rainbow Rowell (She-Hulk).

Accompagnée par Marguerite Sauvage au dessin, comme d'habitude enchanteresse, acidulée, expressive (un vrai bonheur), la scénariste signe un segment romantique à souhait sur les débuts des X-Men, la première génération. C'est merveilleusement inspiré, sucré au possible, mais très touchant aussi. Et, en pleine vague Fall of X, ça fait du bien de se replonger dans cet âge de l'innocence.


- EARTH'S GREATEST WEAPON (Ecrit par Dan Slott et dessiné par Mike Allred) - Lorsque Captain Mar-Vell espionnait pour le compte de l'Empire kree les humains, qu'est-ce qui l'a convaincu que nous ne représentions aucun danger ?

Il y a quelque chose de magique à chaque fois que Dan Slott (Spider-Man) et Mike Allred (Madman) sont réunis. Ensemble, ils produisent des comics uniques où chacun fait ressortir le meilleur de l'autre. C'est encore une fois le cas avec cette histoire qui prouve que, non, il n'y a pas de tabou à ranimer Captain Mar-Vell. Carol Danvers figure dans ce chapitre qui semble au passage se moquer, à juste titre, de la retcon débile de ses origines. C'et beau, c'est pop, c'est indispensable.


- OVERLOAD (Ecrit par Armando Iannuccci et dessiné par Adam Kubert) - Daredevil a un problème d'audition... Et le lecteur de compréhension ! Que vient faire ce machin sans intérêt, moche (Adam Kubert, vraiment, j'y arriverai jamais) dans cette anthologie. Je ne sais pas qui est Armando Iannucci mais je n'ai aucune envie de le savoir car ce qu'il a écrit est mauvais en diable.

Allez, on zappe !


- DEAF HEAVEN (Ecrit et dessiné par Steve McNiven) - Le Surfeur d'Argent marche au milieu d'un terrain bombardé et Mephisto en profite pour le tourmenter en accablant la nature humaine capable de telles atrocités... Mais Steve McNiven, trop rare, nous livre une pépite.

Comme Ryan Stegman, lui aussi a eu le droit d'écrire et dessiner ce segment. Autrefois superstar, suite au triomphe de Civil War, McNiven a ensuite eu toutes les peines du monde à enchaîner, jusqu'à se contenter de quelques covers par-ci, par-là. Désormais influencé par Barry Windsor-Smith (qu'il imite à la perfection) et Moebius, aborder le Silver Surfer est toute compte fait logique.

C'est classique, mais franchement somptueux. Toutes les pages sont découpées en trois cases verticales, avec une intensité rare. Le trait est fin et puissant à la fois; L'histoire est poignante. Bon sang, si Marvel avait un Black Label, ce serait génial d'avoir une mini Silver Surfer par McNiven...
  

- THE GIRL WHO HATES SUPER HEROES (Ecrit par Jason Aaron et dessiné par Pepe Larraz) - Jyl Tally n'aime pas les super héros qui sauvent le monde mais n'ont pas guéri sa mère du cancer. Jusqu'à ce qu'elle croise la route de la puissante Thor... Et là, miracle !

Oui, parce que Jason Aaron revient à sa meilleure création, Jane Foster/Thor, et prouve qu'il est encore capable d'écrire quelque chose de valable, de chouette, de lumineux. Ce récit est parfait, c'est comme une fable, il n'y a rien à jeter. Qui l'eût cru ? Et pour ne rien gâcher, c'est Pepe Larraz qui signe les dessins, qui sont évidemment d'une beauté à tomber à la renverse. Vraiment revigorant !
 

- OBSERVATIONS FROM THE BACKYARD (Ecrit par J. Michael Straczynski et dessiné par Kaare Andrews) - Trois gamins, dans le jardin d'une maison de banlieue, imaginent des histoires de super héros qu'eux seuls voient et dont ils sont convaincus qu'elles doivent être racontées...

S'il ne devait y avoir qu'un chapitre de ce Marvel Age #1000 à retenir, qui justifierait l'achat de ce comic-book, alors ce serait celui-ci. Parce que, avant son grand retour chez Marvel ce mois-ci pour la reprise de Captain America, J. Michael Straczynski rend un hommage absolument splendide aux trois pères fondateurs de Marvel. Car les trois gosses se prénomment Stan, Jack et Steve... C'est sans doute naïf, d'aucuns diront même mièvre, mais ne soyez pas cyniques et appréciez ce tribute si juste, si inspiré, si beau tout simplement.

Et encore plus beau grâce à Kaare Andrews qui dessine en couleurs directes des planches sublimes. Je n'ai que des compliments à faire à ce récit. D'autant qu'il paraît après un documentaire sur Stan Lee (sur Disney +) qui a passablement agacé les héritiers de Kirby (parce qu'on lui niait la paternité de plusieurs héros). Mais en vérité, quoi qu'on pense de Lee, Kirby, Ditko, de leurs relations houleuses, de qui a fait quoi, ces observations depuis l'arrière-cour nous rappelle que c'est surtout la combinaison du génie de ces trois auteurs qui a fait de Marvel ce qu'il est. Tout le reste n'est qu'accessoire.

A deux chapitres près, Marvel Age #1000 est quand même une belle parution. Même si Marvel vous déçoit, vous irrite, vous déboussole, c'est là une belle manière de rappeler aussi pourquoi on aime quand même lire leurs comics.

mardi 17 juillet 2012

Critique 338 : CATWOMAN, VOL. 1 - THE DARK SIDE OF THE STREET, de Ed Brubaker et Darwyn Cooke


Catwoman : The Dark End of the Street rassemble les épisodes 759 à 762 de la série Detective Comics et 1 à 4 de la série Catwoman, écrits par Ed Brubaker et dessinés par Darwyn Cooke, publiés en 2001-2002 par DC Comics.
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- Slam Bradley : Trail of Catwoman (Detective Comics #759-762). Le détective privé Slam Bradley est engagé par le maire de Gotham pour retrouver Catwoman, présumée morte. Son enquête va le conduire à établir que la disparue est en réalité Selina Kyke, une ancienne prostituée ayant connu une ascension sociale fulgurante, au point de se présenter aux élections municipales de New York et d'être au bras du célibataire millionnaire Bruce Wayne. Mais le sort de la jeune femme intéresse aussi la pègre locale et la mission de Slam Bradley va l'obliger à composer avec elle et Batman... 


Le début d'une enquête éprouvante pour Slam Bradley :
Catwoman est-elle vraiment morte ?

- Anodyne, 1-4 (Catwoman #1-4). Selina Kyle est à la croisée des chemins alors qu'elle peut à nouveau jouir d'une relative tranquillité grâce au soutien de Batman. Mais elle doit à présent décider de la direction que prendra son existence : renouer avec ses activités de voleuse et le banditisme ? Ou utiliser son alias de Catwoman pour faire le bien ? Les meurtres de plusieurs prostituées, dont la police gothamite se fiche et rackette, vont l'amener à devenir la protectrice de ses anciennes consoeurs quand Holly Robinson, sa jeune amie, est en danger. Mais le criminel auquel elle va être confrontée n'est pas qu'un seul simple mafieux psychopathe... 






La féline fatale se trouve une nouvelle raison d'être...
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Quand Ed Brubaker reprend en main le personnage de Catwoman en 2001, il le fait d'abord en passant par la série historique de Batman, Detective Comics, et en imaginant une intrigue en quatre parties, formant un épisode de 30 pages, sur la mort présumée de l'héroïne. Mais Catwoman est-elle une héroïne ?
Apparue dès les débuts de Batman, la "femme-chat" a connu une carrière chaotique, écartée même pendant un temps à cause du Comics Code (car il n'était pas envisageable dans les années 50 de sexualiser un super-héros). Elle a toujours conservé une ambivalence, tour à tour voleuse du mauvais côté de la loi et donc ennemie de Batman (même si le Dark Knight éprouvait des sentiments évidents pour elle) ou justicière alliée de la chauve-souris.
Ed Brubaker dispose donc d'un personnage à établir et il va fonder son travail sur ce postulat en jouant sur les correspondances entre son récit et la situation de Selina Kyle.
Dans un premier temps, avec l'enquête de Slam Bradley, il est question de chercher Catwoman.
Dans un second temps, une fois qu'elle a été retrouvée et bénéficie de la protection de Batman, elle doit se chercher elle-même un nouvel objectif dans la vie : nous la voyons alors hantée par ses démons, voulant renouer avec le frisson sans pour autant redevenir une criminelle traquée par les autorités et le Dark Knight, en proie à des insomnies, doutant de vouloir incarner à nouveau Catwoman. Elle doit se réinventer tout comme son scénariste doit la repositionner dans le Bat-verse (et plus globalement dans les comics DC).
Tandis qu'un tueur rôde et sévit dans l'East End de Gotham, le destin de Selina Kyle bascule lorsqu'elle choisit d'aider, sans se montrer, Batman lorsqu'il affronte le Sphinx et son gang puis, surtout, lorsque son amie Holly Robinson est à son tour menacée par le psychopathe. Enfin, sa révolte devant le comportement de la police corrompue et indifférente au sort des victimes finit de déterminer son orientation. Catwoman va donc être la protectrice des opprimés, de ceux dont Batman (et sa "famille") ne s'occupe pas (les prostituées, les pauvres, les enfants...).
Cette évolution est exprimée de manière à la fois subtile et énergique dans un scénario formidablement huilé où Brubaker montre qu'il sait quoi faire de son personnage, comment développer son histoire. Déjà on devine qu'il a des plans pour elle et que cela sortira des sentiers battus tout en s'inscrivant dans une certaine tradition : en effet, le scénariste a choisi pour référence Batman : Year One de Frank Miller et David Mazzucchelli, ramenant Holly Robinson (pourtant tuée par un précédent auteur), rappelant la jeunesse de Selina Kyle comme prostituée (et avant cela comme jeune délinquante, séparée de sa soeur).
Déjà germe ici ce que Brubaker exploitera dans ses oeuvres futures, de Gotham Central à Daredevil en passant par Captain America et ses creator-owned comme Criminal et Incognito : ce mélange de polar et de (super-)héros, ou plutôt de "street-level hero", avec des intrigues à la construction solide, aux personnages bien définis, aux dialogues sobres et à la voix-off très présente (chez Brubaker, les héros pensent autant sinon plus qu'ils ne parlent).
Sa Selina Kyle possède à la fois du charme, de la classe, du mystère, de la fragilité, de la détermination, et les seconds rôles comme Slam Bradley ou Holly Robinson possèdent une voix unique. L'histoire est rythmée, ménageant les moments calmes et les scènes d'action. On se régale.
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Et puis c'est dessinée par Darwyn Cooke et c'est là aussi, comme toujours, un bonheur.
En vérité, tout l'art de cet artiste phénoménal est résumé dans ces épisodes, où l'on ressent à la fois la rapidité, le mouvement, de la narration, avec un trait vif, des angles dynamiques, et la densité, avec des découpages en gaufrier (une figure appréciée de Cooke) mais aussi des pages comptant une dizaine, douzaine et même plus (jusqu'à seize) plans, sans que cela ne ralentisse la lecture, mais au contraire distribue la mise en scène en en soulignant la fluidité.
De son expérience dans l'animation Cooke a su tirer le meilleur en en adaptant la technique du storyboard à l'art séquentiel de la bande dessinée : il sait alterner les effets avec un brio sans pareil, aérant avec de larges vignettes des prises de vue puis en les découpant à l'extrème comme autant de vignettes sur une pellicule au fil des bandes successives.
Le lecteur a la sensation de lire l'ouvrage sans être freiné par des artifices tape-à-l'oeil comme des splash ou doubles pages faciles tout en ayant une proposition graphique stimulante qu'il peut ensuite décortiquer à plaisir pour en apprécier le modelage. Une vraie leçon de storytelling.

Cooke est encré (à partir du #1 de Catwoman) par Mike Allred (l'auteur de Madman) et leurs styles se marient merveilleusement, avec en prime une colorisation comme d'habitude irréprochable de Matt Hollingsworth, sobre et nuancée. 

Enfin, pour la bonne bouche, admirez la couverture extraordinaire du légendaire Jim Steranko qui ouvre le premier récit.
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Une reprise en mains exemplaire, redéfissant l'héroïne remarquablement, avec une écriture et une mise en images imparables. Qui dit mieux ? Et ce n'est que le début... 

lundi 29 août 2011

Critique 258 : FABLES 12 - THE DARK AGES, de Bill Willingham, Mark Buckingham, Mike Allred, David Hahn et Peter Gross

Fables : The Dark Ages est le 12ème recueil de la série créée et écrite par Bill Willingham, rassemblant les épisodes 76 à 82, publiés en 2008 et 2009 par DC Comics dans la collection Vertigo. Mark Buckingham dessine les épisodes 77 à 81, Michael Allred l'épisode 76, David Hahn l'épisode 82, et Peter Gross la back-up story en cinq parties (Return to the Jungle Book).
*
- Around The Town (#76) : Pinocchio fait visiter Fabletown à Gepetto après sa défaite et son amnistie. Mais le voisinage réserve un accueil hostile à celui qui les a obligés à s'exiler tandis que le marionnettiste n'a aucun remords.

- The Dark Ages (#77-81) : L'inquiétant et puissant sorcier Mr Dark, incarnation de tous les cauchemars, est libéré accidentellement du coffre où il était enfermé dans son château du royaume de Tiabrut par les deux mercenaires Freddy et Mouse. La magie délivrée ainsi provoque un séisme qui détruit la mairie de Fabletown, dont profite Baba Yaga pour s'enfuir et qui oblige les Fables à partir s'installer à la Ferme. Frau Totenkinder est incapable de déterminer la cause exacte de ce trouble. Et Boy Blue se meurt lentement, après avoir été blessé durant la guerre contre l'Adversaire, plongeant Rose Red dans une profonde dépression.

- Waiting For The Blues (#82) : Le décés de Boy Blue affecte les Fables et l'arrivée des citadins à la Ferme exacerbe les tensions avec les résidents habituels de l'endroit qui s'interrogent sur cette cohabitation.

- Return To The Jungle Book (1-5) : Bigby envoie Mowgli et Baghera en mission dans les royaumes pour y surveiller les Trolls. Accompagnés des frères loups de Bigby, ils rencontrent Lord Mountbaten, un tigre mécanique, dernier survivant des Fables hindous.
*
Autant vous prévenir tout de suite, il s'agit sans aucun doute de la suite d'épisodes la plus triste de la série : et pour cause, on y assiste à la mort d'un de ses plus attachants héros. Son agonie est traîtée de manière poignante par Bill Willingham, qui ne laisse pas espérer une résurrection (quand bien même, elle n'est pas non plus exclue, et que les Fables doivent une partie de leur existence aux auteurs qui les utilisent dans leurs récits et aux lecteurs qui suivent leurs aventures).
Le sort tragique du jeune trompettiste fendra littéralement le coeur à ceux qui ont lu la série depuis le début, tant le personnage faisait partie du paysage (jusqu'à tenir le premier rôle du recueil Homelands), formant avec Pinocchio et Flycatcher les "three compadres", et ayant subi plusieurs revers amoureux cruels (avec le Chaperon Rouge puis Rose Red).
Parallèlement à cela, Willingham traite des conséquences de la guerre entre les Fables exilés et Gepetto. Le bilan n'est pas si glorieux que ça pour les vainqueurs : en accordant l'amnistie à Gepetto, le ressentiment des Fables éclate au grand jour contre ce dernier, mais se pose aussi rapidement - et dramatiquement - la question de la situation des Royaumes à l'abandon depuis la chute de l'Adversaire. Désormais aux mains de mercenaires et pillards comme Freddy et Mouse, sans Gepetto, l'anarchie règne et le diable ne va pas tarder à sortir de sa boîte.
Ce nouvel ennemi est l'énigmatique Mr Dark, personnification de tous les cauchemars, d'une puissance magique considérable (au point d'effrayer Frau Totenkinder), et dont le réveil provoque en plus la libération de Baba Yaga, qui croupissait dans une cellule souterraine de la mairie de Fabletown.
La destruction du Hall est, à l'évidence, une référence directe aux attentats du 11-Septembre (2001), frappant les Fables en plein coeur : l'office disparaît subitement, avec son trésor (annonçant donc la ruine financière des exilés), et la population est obligée de se déplacer jusqu'à la Ferme, ce qui va engendrer rapidement de vives tensions entre les résidents de l'endroit, sans oublier la dépression qui accable Rose Red après la mort de Boy Blue (et met un terme à son couple, récemment formé avec Sinbad). The Dark Ages mérite donc parfaitement son nom : après War and pieces où on pouvait espérer une embellie, la situation semble plus compromise que jamais. Il est encore trop tôt pour savoir si ce nouvel adversaire va offrir une opposition aussi rude que Gepetto (bien que ce nouveau cycle sera moins long), mais Willingham ne lésine pas sur les moyens et on achève la lecture de ce 12ème tome avec appréhension.
L'histoire qui boucle ce recueil est une back-up de la série régulière, ce qui explique qu'elle ne soit pas numérotée : c'est un récit sympathique avec Mowgli, où nous faisons connaissance avec Lord Moutbaten, mais surtout avec les frères loups de Bigby, dont les pouvoirs métamorphes sont surprenants.
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Mike Allred revient illustrer un épisode de la série - le tour du quartier de Gepetto avec Pinocchio. Sa contribution est excellente, comme d'habitude, quand bien même il est déroûtant de voir Pinocchio représenté comme un véritable enfant, et non comme un pantin aux traits rudimentaires.
Puis Mark Buckingham (encré par Andrew Pepoy) dessine l'arc principal. La colorisation de Lee Loughridge ajoute à l'aspect sinistre du récit, avec des tons mats, dominés par des teintes brunes. Une séquence comme l'effondrement du Hall ou les funérailles du Prince Charmant offrent de nouveaux exemples du talent immense de "Bucky".
David Hahn dans un style naïf et séduisant met en images l'épilogue de The Dark Ages, et Peter Gross avec un trait un peu frustre mais pas désagrèable s'occupe de l'histoire avec Mowgli.
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Prochaine étape : un crossover ! Fables va partager la suite de son histoire avec son spin-off, Jack Of Fables, et une mini-série originale, The Literals, pour une saga ambitieuse en 9 parties.

mercredi 17 août 2011

Critique 252 : FABLES 9 - SONS OF EMPIRE, de Bill Willingham, Mark Buckingham et Mike Allred

Fables : Sons Of Empire est le 9ème recueil de la série créée et écrite par Bill Willigham et rassemble les épisodes 52 à 59, publiée par DC Comics dans la collection Vertigo en 2006 et 2007. Les illustrations sont signées Mark Buckingham (#52-56) et Mike Allred (#57-58) ; Gene Ha, Joshua Middleton, Inaki Miranda,et M.K. Perker, Jim Rugg, Andrew Pepoy, Joëlle Jones, D'Israeli, Jill Thompson, David Lapham, John K. Snyder, Eric Shanower et Barry Kitson ont dessiné les intermèdes entre les quatre chapitres de Sons of Empire et l'épisode 59, Burning Questions.
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- Sons of Empire (#52-55) : Après l'opération commando menée par Bigby Wolf contre le repaire de Gepetto (l'homme derrière l'Adversaire des Fables), ce dernier réunit ses alliés des Royaumes : Lumi la reine des neiges, l'inquisiteur Hansel, le chevalier Bright Day (ou ce qu'il en reste, c'est-à-dire sa tête sur un plateau), Sir Rodney Greenwood et Pinocchio. Après que Lumi ait exposé son plan pour détruire Fabletown et le reste de la Terre, Pinocchio, tiraillé entre sa fidélité envers son créateur et son amitié pour les Fables exilés, pointe les faiblesses de ces manoeuvres et explique par quels moyens leurs ennemis riposteront...

- Jiminy Christmas (#56) : Le Père Noël dépose ses cadeaux et rencontre un des fils de Bigby Wolf. Il rend aussi forme humaine à Flycatcher (qui était devenu une grenouille après avoir découvert le relooking de Red Riding Hood) mais aussi ses souvenirs (sa famille a été décimée par l'Adversaire) lors de l'exil des Fables...

- Father and Son (#57-58) : Comme il l'a promis à Noël à Snow White (Blanche Neige), Bigby Wolf (le Grand Méchant Loup) emmène sa femme et leurs enfants chez son père, Mr North. Les retrouvailles sont tendues : Bigby veut que North aide les Fables en vue de la guerre contre l'Adversaire et les enfants doivent affronter les monstres qui rôdent autour du château de leur grand-père...

- Burning Questions (#59) : Quelques réponses aux questions que se posent les fans de la série sur les personnages, de premier ou second plans...
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J'avais cessé de lire Fables au 8ème album, après une cinquantaine d'épisodes, car j'avais été dérangé par les comparaisons politiques que Bill Willingham établissait entre la situation de ses héros et le conflit israëlo-palestinien. Ces allusions alourdissaient maladroitement une histoire dont l'intérêt résidait justement dans son universalité. A bien des égards, Fables était une version réussie et alternative des X-Men, mettant en scène une communauté où aucun des protagonistes n'était négligé, au coeur d'intrigues passionnantes. En y injectant des métaphores politiques, Willingham en orientait la lecture et en atténuait la portée. C'était d'autant plus frustrant qu'en dehors de ces considérations malheureuses, les aventures de ces héros demeuraient remarquablement efficaces.
Et puis, récemment, en m'iformant sur les previews des productions du label Vertigo, je me suis rendu compte que la série avait dépassé les 100 numéros (un exploit pour un titre aussi décalé, dans un marché en crise et la restructuration sauvage de DC). L'équipe créative était toujours en place et les planches aperçues magnifiques. J'ai craqué et replongé -mais j'ai aussi massivement investi pour acquérir les 7 volumes (et 50 autres épisodes !) édités depuis.
Sons of Empire commence immédiatement après la fin de Wolves (Fables 8) : le refuge de Gepetto et sa réserve de bois magique a été détruite par Bigby Wolf (qui a ensuite épousé Snow White, avec laquelle il s'est installé dans la vallée voisine de la Ferme). Le créateur de Pinocchio, qui vit désormais avec lui, allait-il en rester là ?
La réponse est "non" et Gepetto veut non seulement se venger mais cette fois définitivement terrasser les Fables exilés. Il confie à la reine des glaces la préparation d'une offensive radicale et Willingham consacre à l'exposé de ces attaques (en quatre phases : pestilence, feu, hiver, et famine) un chapitre entier.

La représentation de cet apocalypse permet à Mark Buckingham (co-encré par Steve Leialoha et Andrew Pepoy et mis en couleurs par Lee Loughridge) de produire des planches saisissantes.

Tout aussi impressionnants sont les chapitres consacrés au passé d'Hansel (grâce auquel on apprend pourquoi Gretel n'est pas à ses côtés), inquisiteur fanatique et inquiétant, et aux explications de Pinocchio concernant les parades que mettront en oeuvre les Fables, d'une envergure au moins égale sinon supérieure à ce qu'a imaginé Lumi.
Aucun doute n'est plus permis, et ce bien que Sons of Empire est clairement un tome de transition avant le véritable début des hostilités, la série rebondit de plus belle et le scénario annonce des bouleversements profonds pour la suite, encore plus sérieux que la Marche des Soldats de Bois (Fables 4).

Pour permettre à Buckingham de tenir les délais, chaque épisode a une pagination légèrement inférieure (19 pages contre 22), mais l'artiste nous en donne pour notre argent et ses planches sont fabuleuses.

Et donc, pour agrémenter chaque chapitre, nous avons droit à de brèves séquences, le plus souvent humoristiques, illustrées par des invités (mention spéciale à la prestation de Joshua Middleton avec les trois souris aveugles). Attention, ces bonus ne sont pas que décoratifs : le segment à la fin du 3ème épisode (A Thorn in their side ?), dessiné par Mike Allred, met en scène un des rares humains à connaître et vivre au sein des Fables et le personnage de Kevin Thorn sera déterminant plus tard.
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Après le plat de résistance, le menu compte encore un épisode king-size (33 pages) spécial Noël, Jiminy Christmas (#56), qu'il ne faut pas non plus mésestimer car il va transformer radicalement le sort de Flycatcher, jusqu'ici simple balayeur du hall de la mairie de Fabletown et qui sera le premier rôle du tome suivant.

Le dyptique Father and son (#57-58), à nouveau illustré par Mike Allred, est un régal. La relation orageuse entre Bigby et son père, l'engagement de ce dernier à aider les Fables, mais aussi le spectacle de Bigby secourant ses enfants contre les monstres du voisinage, constituent des scènes mémorables, qui nous rappellent l'étrangeté de certains des héros et la complexité de leurs liaisons.

Enfin Burning Questions (#59) donnent les réponses aux questions des lecteurs se posaient et offrent de savoureuses surprises si vous voulez voir comment le miroir enchanté répond à ceux qui l'interrogent, qui a récupéré le bouquet de mariée de Snow White, ce que tricote Frau Totenkidder, qui fut le premier amour du Prince Charmant, etc.
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Un retour gagnant : Fables possède le charme puissant et irrésisitible de séries atypiques mais addictives tout en conservant la qualité des meilleures productions de son label.