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mardi 25 décembre 2012

JOYEUX NOËL !


Charles M. Schulz 
Bill Watterson

JOYEUX NOËL A TOUS !

dimanche 2 décembre 2012

Critiques 363 : REVUES DECEMBRE 2012 (et projections pour la suite en 2013)

Batman Saga 7 :

Batman (#7 : Tous ergots dehors) : Batman s'est miraculeusement tiré du labyrinthe où l'avait piégé la Cour des Hiboux et rejoint sa Batcave où Alfred a récupéré le cadavre de l'Ergot, le tueur qu'il a affronté. Mais l'homme n'est pas vraiment mort grâce à un traitement qui améliore ses capacités physiques... Et surtout, comme Batman va l'expliquer à Nightwing, l'Ergot est intimement lié au disciple du protecteur de Gotham. Cependant, la Cour des Hiboux s'apprête à lancer un assaut massif sur la cité pour en (re)prendre le contrôle.

Il y a quelque chose d'agaçant chez Scott Snyder : voilà un scénariste indéniablement doué, efficace, sachant développer une intrigue ambitieuse, mais c'est aussi un auteur roublard, ne reculant devant aucune facilité, aucune outrance, (ab)usant de rebondissements énormes (le personnage d'Harper bien providentiel et sorti d'on-ne-sait-où, le lien entre l'Ergot et Nightwing)pour le simple plaisir de retenir ses lecteurs.
Ce côté mecanique, outrancier, finit par devenir lassant : ce n'est plus un feuilleton, c'est une suite de coups d'éclats, de scènes-chocs, quitte à flirter avec le n'importe quoi. En vérité, cela est plus lassant que palpitant, et après 7 épisodes, on a finalement pas beaucoup avancé. Les personnages ne sont pas attachants ni vraiment inquiétants, tout ça ressemble à du grand-guignol. Ras-le-bol.

C'est d'autant plus dommage que la série dispose avec Greg Capullo d'un dessinateur autrement plus inspiré, capable d'aligner les épisodes sans faillir, avec de vraies idées de découpage, des compositions malines, une vraie puissance dans le trait. Mais ce talent tourne à vide et n'empêche pas l'ennui.
*
Detective Comics (#7 : Le serpent et le faucon) : Batman court après Charlotte Rivers qui court après sa soeur, Jill Cahse, qui court après le Pingouin, après lesquel court aussi Peau-de-Serpent. Zzzz...

Mais qu'est-ce que cette série raconte ? A quoi sert-elle ? Ce n'est vraiment qu'un Bat-title de plus, échouant totalement à nous intéresser : Où est la différence, ou la plus-value ? Le suspense tombe à plat, les personnages s'agitent comme des pantins, on se fiche royalement de leurs oppositions, et le cliffhanger ne relance rien. C'est plat, juste fait pour vendre encore, toujours plus, jusqu'à l'écoeurement, jusqu'à l'absurde, du Batman, même s'il n'y a rien à raconter.

Tony Daniel devrait se contenter de dessiner car, même s'il est loin d'être renversant, il est plus supportable dans cet exercice que comme scénariste. (L'a-t-il compris tout seul ? En tout cas, il a quitté la série en vo et va désormais s'occuper d'Action Comics, avec Superman).
*
Batman & Robin (#7 : Possédé !) : Morgan Ducard torture Robin que Batman s'empresse de rejoindre pour le sauver et en découdre avec Personne. L'affrontement entre les deux rivaux sera explosif, mais le jeune Damian Wayne, provoqué une dernière fois par son adversaire, succombe à la tentation...

L'avant-dernier chapitre du premier arc de Peter Tomasi fait l'effet d'une libération : le scénariste a méthodiquement fait monter la pression et, enfin, l'heure du duel entre Batman et Personne a sonné. Leur combat occupe largement l'épisode, ponctué par des dialogues où s'affirment le ressentiment, la revanche, la quête d'identité, la conception de la justice. Le résultat est intense et jubilatoire, même si c'est également très violent, âpre. Et encore une fois, quel cliffhanger redoutable !

Patrick Gleason se lâche lui aussi dans une succession de splash et doubles pages où tout vole en éclats, des os se brisent, du sang gicle. Chaque coup porté est vraiment ressenti, la fureur de la bagarre est admirablement rendue : l'artiste ne déçoit pas, même si avec son encreur Mick Gray il en profite aussi pour sacrifier les décors (on peut admettre qu'il commence à s'essoufler après 7 épisodes pareils).

Toujours, et de loin, la meilleure série de la revue.
*
Batgirl (#7 : Vu d'en dessous) : j'ai suffisamment dit tout le mal que je pensais de ce titre pour le zapper complètment cette fois (et définitivement). Donc, pas de critique (et de toute manière, feuilletez et vous vous rendrez compte que c'est trop laid pour s'infliger ça).
*
Bilan : pas content - le couperet va tomber : j'arrête les frais au prochain numéro. Seul Batman & Robin surnage, et une seule série satisfaisante pour 5,60 E, c'est trop cher. Les hiboux de Snyder m'ennuient. Le reste est du remplissage (en restant poli). Quelle déception tout de même que le kiosque Urban Comics !  
Spider-Man 6 :

Spider-Man (#681-683 : Mission spatiale - Fins du monde) : Spider-Man et la Torche (des 4F) viennent en aide aux membres de la station orbitale Apogée 1 dont fait partie John Jameson (le fils de J. Jonah) et qui est piratée par le Dr Octopus.
Cette mission remplie, le Tisseur n'en a cependant pas fini avec Otto Octavius, qui a reformé les Sinister Six (avec le Rhino, l'Homme-Sable, Electro, le Caméléon et Mystério). Son plan consiste à se faire passer pour le sauveur de l'humanité en démontrant qu'il peut remédier au réchauffement climatique. Spidey fait appel aux Vengeurs tandis que les chefs d'Etat du monde sont divisés sur les intentions d'Octopus...

Passons vite sur la seconde partie de l'histoire Mission Spatiale (dont je n'ai pas lu le début et qui n'est pas très bonne) pour nous concentrer sur le début de la nouvelle saga, Fins du monde. Cet arc comptera 6 épisodes (suite le mois prochain, et épilogue en Février).
Dan Slott, le scénariste désormais seul aux commandes de la série, voit grand et développe une intrigue dans laquelle il implique une grande galerie de vilains (les Sinister Six recomposés) et de héros (les Vengeurs en renfort de Spidey). Tout cela ressemble fort à un mini-event...
Le résultat manque un peu de rythme et surtout de souffle, comme s'il y avait une limite éditoriale pour ne pas, malgré tout, charger la barque en plus des crossovers traditionnels. Mais aussi parce que le plan de Doc Ock imaginé par Slott, avec ses accents écolos, peine à susciter un vrai suspense, une vraie tension. On voit bien en définitive que tout ça n'est qu'un prétexte pour opposer les Vengeurs aux Sinister Six, et donc Spidey à Octopus. Sans compter que, pour les plus curieux, il est connu que la série file droit vers son 700ème épisode, va être relaunchée et qu'on promet un grand bouleversement pour le héros. Or, cette façon d'écrire des histoires non plus comme une collection d'épisodes en soi mais pour préparer une refonte du titre des mois à l'avance condamne les intrigues à n'être que des étapes avant une pseudo-révolution (qui ne durera que quelques mois).
Ce n'est pas désagrèable à lire, le cliffhanger du 2ème chapitre est efficace (les Vengeurs sont tous au tapis), mais de là à dire que c'est palpitant...

Après Guiseppe Camuncoli (encré par Klaus Janson - ce qui rend son dessin un peu meilleur), c'est Stefano Caselli qui illustre Fins du monde (1 & 2/6). L'italien a un style très expressif, avec un découpage efficace, qui convient bien à l'histoire et la série : il a fait des progrés notables depuis ses affreux épisodes d'Avengers Academy.
La colorisation de Frank Martin Jr est un peu trop froide et, comme souvent actuellement, couvre trop l'encrage.
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Spider-Man & Miss Hulk (Avenging Spider-Man #7 : J'donne ma langue au chat) : après avoir donné un coup de main pour neutraliser une monstrueuse bestiole dans les égoûts, Spider-Man suit, contre l'avis de sa partenaire du soir, Miss Hulk à une exposition sur l'art égyptien dans un musée. Des voleurs s'introduisent en coulisses pour dérober une statuette, ce qui a pour effet de réveiller une déesse et de causer pas mal de dégats...

Cet épisode a été l'argument pour que j'achète la revue puisqu'il est signé par le couple Immonen. Comme (apparemment) à chaque fois dans la série Avenging Spider-Man, il s'agit d'un one-shot réunissant le Tisseur et un autre héros. 
Kathryn Immonen avait d'abord pensé à une team-up entre Spidey et la Guêpe, mais celle-ci étant morte a été remplacée par Miss Hulk. La scénariste s'est amusée (et nous amuse aussi beaucoup) avec une intrigue totalement loufoque où le caractère ombrageux de la géante verte fait des étincelles avec celui facétieux du Tisseur et où les péripéties délirantes, sur fond de mythologie égyptienne, assurent le spectacle.
Voilà qui est incroyablement rafraîchissant, drôle, rythmé !

Stuart Immonen illustre le script de son épouse avec sa tonicité habituelle. Ses planches sont un régal : on peut les lire facilement, en admirant déjà la virtuosité avec laquelle l'artiste bonifie chaque situation, puis plus attentivement, en remarquant comment il soigne la gestuelle, les expressions, varie les effets de découpage.
Pour (je crois)la première fois, Matt Hollingsworth colorise Immonen et le résultat est très abouti, avec des nuances superbes.   
Rien que pour cet épisode, la revue mérite l'achat.
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Scarlet Spider (#3 : Le contrat) : le clone de Peter Parker, Kaine, est désormais justicier masqué à Houston. Il protège une certaine Aracely, victime de trafiquants d'être humains...

Je ne sais honnêtement pas quoi dire de ce truc : le personnage ne me dit rien (issu de la fameuse Saga du clone, que je n'ai pas lue), l'épisode m'est passé au-dessus de la tête et ne m'a pas donné envie d'en savoir plus.

Les dessins ne m'ont pas plu non plus.

Tout ça ressemble trop à un énième produit capitalisant sur Spider-Man.
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Bilan : Indécis - Avenging Spider-Man est une vraie pépite. Mais comme c'était l'unique raison de cet achat, j'ignore si je reviendrai à la revue le mois prochain pour connaître la suite et fin de la saga Ends of earth (sans compter que Scarlet Spider m'indiffère).
Wolverine 6 :

Wolverine & the X-Men (#11 : Avengers vs X-Men) : Les mutants et les héros se cassent la figure auw quatre coins du monde. L'enjeu de la bataille : récupérer Hope, probable nouvelle hôtesse de la force du Phénix. Wolverine retrouve la gamine mais les commandos de la mort Shi'Ar débarquent pour l'éliminer...

Comment bien plomber une série avec un crossover ? C'est ce que cet épisode illustre parfaitement. Passe encore qu'AvX implique mutants et héros et impacte plein de titres, obligés d'en suivre la trame, mais pourquoi faut-il que cela contamine autant de productions, et autant de temps ?
Jason Aaron a du talent mais il échoue cette fois à sauver les meubles : ses personnages, dont certains ont fait le choix étonnant de rallier le parti de Cyclope (devenu dans l'affaire un méchant comparable à ce que fut Magnéto), sont embarqués dans ce barnum où tout le monde s'en met/prend plein la tronche.
Finie la rigolade des premiers arcs, finie la caractérisation originale, fini le cocktail jubilatoire entre action et délire avec ces seconds rôles savoureux : tout ça est broyé dans la machine AvX... Voilà pourquoi j'en ai marre de ces events, et plus encore de la manière dont ils contaminent tant de séries.

Pour ne rien arranger, Chris Bachalo cède à nouveau sa place de dessinateur à Nick Bradshaw, ce clone d'Art Adams (dont je n'ai jamais été fan), dont les pages surchargées de détails, aux personnages peu expressifs, rendent la lecture encore plus pénible.

Les events font vendre des comics mais exténuent le fan en étant trop fréquents, trop longs, trop envahissants.
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Wolverine (#300 : Retour au Japon) : Logan est pris au milieu d'une guerre clanique et mafieuse entre la Main (dont la direction par le Caïd est contestée) et les Yakusas. Dents-de-sabre et le nouveau Samouraï d'Argent viennent participer aux festivités...

C'est décidemment un mauvais mois pour la revue car cet épisode spécial de trente pages pour célèbrer le 300ème épisode de la série est une déception. Jason Aaron est en roue libre, il n'arrive pas à rendre intéressante cette histoire qu'on a l'impression de relire pour la énième fois avec moults ninjas, gangsters. Les guest-stars ne servent à rien et Wolverine traverse tout ça comme un automate réduit à larder des méchants.
30 pages pour ça : c'est beaucoup trop pour si peu de choses.

Les dessins ne sont pas plus convaincants : Adam Kubert fait partie de ces dessinateurs côtés dont je comprends pas la notoriété ; Ron Garney bâcle ses pages comme jamais, et Steve Sanders est d'une faiblesse que ne fait que souligner l'horrible colorisation de ses scènes.
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Wolverine (#1000 : Si j'avais des griffes) : Une jeune fille mal dans sa peau imagine comment son existence serait plus heureuse si elle pouvait être comme son idole, Wolverine... Jusqu'à ce qu'elle le rencontre, sans le reconnaître.

Ces douze pages écrites par Sarah Cross et dessinées par Joao Lemos ne sont pas terribles, mais en fin de compte, avec cette petite fable inoffensive, on a la partie la plus sympathique de la revue. Rien de renversant, un peu mièvre même, mais avec ces allusions ironiques à Twilight et sa chute amusante, c'est distrayant.
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Bilan : décevant - AvX gâche la partie, le 300ème épisode du griffu n'est pas à la hauteur... Si j'avais sû, j'aurai zappé ce numéro.   
***
Pour le dire simplement : c'est pas un bon mois.
Renseignements pris, AvX va continuer à impacter W&TXM jusqu'au #16... Là, j'en ai vraiment ma claque, des events, des tie-in !
Je vais donc cesser l'achat du dernier mensuel que je suivais en vf. En attendant le relaunch Marvel (et Panini ?) : nouvelles (re)numérotations, nouvelles équipes créatives, nouvelles directions pour les séries, nouvelles séries tout court...
Il est trop tôt pour savoir comment Panini va réorganiser les sommaires de ses revues, peut-être même en créant un nouveau mensuel à l'occasion. Logiquement, il ne devrait pas y avoir de révolution, mais des aménagements.
Certaines productions Marvel sont prometteuses, comme All-New X-Men par Brian Bendis et Stuart Immonen, Thor : God of Thunder par Jason Aaron et Esad Ribic, Fantastic Four/FF par Matt Fraction et Mark Bagley/Mike Allred, Wolverine par Paul Cornell et Alan Davis, voire Captain America/Uncanny Avengers par Rick Remender et John Romita Jr/John Cassaday, Secret Avengers par Nick Spencer et Luke Ross, Young Avengers par Kieron Gillen et Jamie McKelvie...
D'autres relances sont moins engageantes comme Avengers/New Avengers par Jonathan Hickman et Jerome Opena (entre autres)/Steve Epting...
Et tout ça ne constitue qu'une petite partie de l'opération. Que Panini retiendra-t-il ? Et dans quelles revues atterrira tel ou tel titre ? Réponse en Mai 2013. D'ici-là, ma revue de presse va se contenter de commentaires sur des hors-séries ou des bimestriels, où sont prévus des choses plus intéressantes, loin d'AvX.

Quant au kiosque Urban, ç'aura été LA grande déception. La reprise en main de DC en vf est une réussite en librairie, où la filiale de Dargaud offre rééditions et nouveautés en nombre et de qualité, mais ses revues sont trop chères pour leur quantité et avec des sommaires trop inégaux (pourquoi avoir écarté des séries comme Wonder Woman, Aquaman, Catwoman, Batman Inc., Batwoman ?).
Dommage.

vendredi 2 novembre 2012

Critiques 358 : REVUES NOVEMBRE 2012


Batman Saga 6 :

Batman (#6 : Derrière la glace) : Pris au piège dans le labyrinthe de la Cour des Hiboux depuis une semaine, Batman, affaibli, est poignardé par l'Ergot, le tueur à la solde de cette société secrète. Il ne reste plus qu'à l'achever mais le héros puise dans ses dernières forces pour contrarier ses ennemis et malmener son adversaire direct. Il réussit à fuir par une rivière souterraine - mais cela ne signifie pas qu'il est sorti d'affaire...

Cet épisode vaut surtout pour l'empoignade entre Batman et l'Ergot, et Scott Snyder consacre plusieurs pages à leur bagarre. Ce qui donne un résultat en demi-teinte car, si le héros lutte avec l'énergie du désespoir, avec en prime des hallucinations corsées (Batman prenant l'apparence d'un monstre difforme), la vraisemblance en prend un bon coup : le voici dûment poignardé, perdant beaucoup de sang, après avoir été drogué, épuisé après une semaine à errer dans ce labyrinthe... Et trouvant encore les ressources pour se battre ? Et s'échapper (même si un nouvel obstacle se dresse devant lui in fine) ? Tout ça fait quand même beaucoup pour Batman, qui n'a aucun pouvoir mais se trouve dôté d'une résistance un peu exagérée (malgré un mental à toute épreuve).
Snyder fait durer un peu trop le plaisir (sadique, car il éprouve Batman comme jamais), et il serait bien inspirée, après déjà six épisodes, de suggérer au lecteur une issue au risque de diluer une saga dont l'intensité connaît des hauts et des bas depuis le #4.

Greg Capullo, qui avait fait feu de tout bois le mois dernier, semble lui-même moins en forme, même si le corps-à-corps entre Batman et l'Ergot ne manque pas de punch, et que son découpage est étonnamment élégant par moment.
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Detective Comics (#6 : Un Jeu Mortel) : Jill Hampton et son complice, Peau-de-Serpent, ont infiltré la Banquise, le casino-hôtel du Pingouin qui a réuni là quelques criminels pour en faire ses associés. Charlotte Rivers, qui est à la fois la soeur de Jill et la petite amie de Bruce Wayne, est également dans la place pour enquêter sur le malfrat. Batman doit se presser pour la rejoindre et la sauver...

Après son premier arc, aussi bref que glauque, Tony Daniel se (et nous) perd dans une intrigue trop sinueuse dans laquelle trop de personnages, aux intérêts divergents, opérent dans un lieu unique. Du coup, même si Batman reste très présent, on a l'impression paradoxal de peu le voir et (encore une fois) pour davantage subir les évènements que les anticiper (comme un stratège de son rang devrait en être capable). 
Detective Comics peine vraiment à trouver sa voix (voie) dans les bat-séries, alors même qu'il s'agit du titre historique de la chauve-souris.

C'est dommage car le même Daniel au dessin est plus à son avantage (malgré une colorisation toujours aussi moyenne), mais visiblement à mesure qu'il s'améliore comme artiste, il prouve aussi, hélas ! pour lui, qu'il n'a pas l'étoffe d'un scénariste capable de cumuler.
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Batman & Robin (#6 : Le Vrai Moi) : Ayant suivi Morgan Ducard/Personne, Damian Wayne/Robin est testé par le tueur qui veut s'assurer de sa loyauté. Ayant capturé l'ambassadeur de Ragandie, impliqué dans un trafic, ils vont l'interroger ailleurs pour qu'il dénonce ses complices. Batman remonte la piste de son fils tout en continuant de se remémorer sa formation auprès des Ducard...

Chaque épisode de B & R est un miracle renouvelé puisque Peter Tomasi réussit, avec une insolente assurance, à garder le cap et maintenir le niveau (élevé) de son histoire, l'enrichissant désormais avec des flash-backs sur le passé de Bruce Wayne, et concluant avec des cliffhangers saisissants. 
C'est LA série sur laquelle on se jette, une fois la revue achetée, impatient de découvrir où son auteur va nous entraîner. Ce n'est pas seulement admirablement efficace sur le plan de l'action que formidablement dense et poignant : on vibre pour les héros, le méchant a du charisme, l'intrigue de la profondeur, le récit un rythme implacable. C'est parfait !

Comme est parfait le dessin de Pat Gleason (et l'encrage de Mick Gray, les couleurs de John Kalisz - subtile variation de traitement pour les scènes du passé) : il faut voir comment il sait tirer partie des masses noires, varier plans serrés et plus larges, doser ses effets. Un modèle du genre, qui n'a pas faiblit depuis le début !
*
Batgirl (#6 : Reconstruction) : la fin de ce 2ème arc est toujours aussi médiocre. Le titre français de l'épisode ressemble à une supplique du traducteur pour que le destin de l'héroïne soit confié à une scénariste plus inspirée (dont le seul mérite est d'écrire des histoires courtes) et un dessinateur qui aurait un niveau digne d'un professionnel (entre les visages d'une laideur radicale, les positions hasardeuses, et les angles de vue non maîtrisés, on se demande comment Ardian Syaf trouve du boulot).

J'ai voulu donner sa chance à cette Batgirl, mais après six épisodes aussi épouvantables, terminé. Cela ne mérite plus d'indulgence : c'est nul, mal écrit, mal dessiné - un naufrage.
*
Bilan : toujourds aussi partagé - la revue dispose de deux des meilleures séries actuelles (même si Batman par Snyder et Capullo est surévaluée). Le reste va du moyen au complètement raté.  
Wolverine 5 :

Wolverine & the X-Men (#9-10 : Avengers vs X-Men) : La Force Phénix est réapparu et détruit sur son passage les mondes. Son objectif prévisible : la Terre. Les Vengeurs, représentés par Captain America, considèrent cette manifestation comme une menace. Les X-Men, ou du moins la frange dirigée par Cyclope sur l'île d'Utopia, voient plutôt cela comme une bénédiction, d'autant plus que la jeune Hope semble vouée à devenir l'hôte de cette entité représentant à la fois la mort mais aussi, peut-être, la renaissance. Wolverine et ses alliés doivent alors faire un choix : aider les Vengeurs à retirer Hope de la garde de Cyclope ou se ranger du côté de Scott Summers. Cette décision va diviser l'institut Jean Grey et précipiter la guerre entre mutants et héros...

La saga évènementielle Avengers vs X-Men (AvX pour faire court) commence donc à impacter (et pour 9 épisodes !) la série écrite par Jason Aaron. Les conséquences sont immédiates : l'intrigue de ces deux nouveaux épisodes est entièrement annexée à l'event et la bonne humeur qui irriguait le titre disparaît quasiment complètement - ne subsiste que quelques rares répliques un peu légères, des éléments délirants appartenant désormais au décor (comme Krakoa) mais sinon l'ambiance est nettement plus grave et pesante.
Le charme de la série s'en ressent fortement, même si, miraculeusement, Aaron réussit à conduire son récit avec efficacité, en restant concentré sur l'essentiel (la dynamique entre élèves et professeurs, trajectoires de quelques personnages-clés comme Angel...). Néanmoins, on ne peut que regretter cette pesanteur de l'event sur une série qui séduisait par son côté atypique.
Il va falloir faire avec, en croisant les doigts pour que le scénariste sache rester suffisamment elliptique (comme dans le 10ème épisode où la bataille sur Utopia est expédiée en une image).

Chris Bachalo signe les dessins de ces deux chapitres: c'est un dessinateur avec lequel j'ai longtemps eu du mal, mais dont le style sert vraiment bien la série, et qui, finalement, se révèle sur certains points très intéressant (en particulier un découpage inventif, des compositions audacieuses). Malgré ses quatre encreurs et une colorisation parfois radicale, ses planches possèdent une cohérence étonnante et une vraie énergie - sur ce dernier point, il est meilleur que son suppléant, Nick Bradshaw, par exemple.
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Wolverine (vol. 4, #20 : Et ce fut la guerre) : L'ambiance est tendue entre les yakusa et la Main, dirigée par le Caïd. La mafia japonaise veut provoquer un conflit entre les deux organisations pour les dominer. Wolverine est mêlé accidentellement à ce réglement de comptes quand une de ses relations, Seraph, veille à ce que tout ne dégénère pas. Mais l'ennemi emploie de gros moyens pour cela et un vieil adversaire du griffu est leur bras armé...

Jason Aaron entame son dernier arc pour la série et commence très moyennement avec cet épisode qui manque de rythme. Il faut vraiment attendre la dernière page (et l'apparition du tueur employé par la mafia japonaise) pour se réveiller. Même les dialogues, d'habitude savoureux chez Aaron, manquent de sel. On va voir comment tout ça se développe...

Pour ne rien arranger, les dessins ont été confiés à Renato Guedes, toujours aussi peu inspirés, et même franchement laids (bon sang, la gueule du Caïd !).
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Bilan : "B moins" (lisez le premier épisode pour comprendre le clin d'oeil) - W & TXM reste très plaisant, mais je sens que ça va quand même être longuet, ce tie-in à AvX. Quant à Wolverine, il affiche une petite mine. Marvel fait un peu ch... avec ces crossovers qui s'immiscent partout (et c'est une des raisons pour laquelle j'ai passé mon tour cette année).
Marvel Knights 5 :

Daredevil & Spider Man (Spider-Man #677 & Daredevil #8 : Au diable les détails) : La Chatte Noire est accusée d'avoir volé un projecteur d'hologrammes dans les labos où travaille Peter Parker, alias Spider-Man. Pour la sortir de ce mauvais pas, ce dernier sollicite l'aide de Daredevil. Entretemps, Felicia Hardy a échappé à la police, résolue à se venger de qui l'a piégée. Mais en vérité, l'affaire est plus complexe encore : la voleuse a été achetée pour piéger Daredevil qui possède un objet convoité par plusieurs organisations criminelles et dont il faut l'éloigner pour le récupérer...

Ce crossover en deux chapitres, écrit par Mark Waid, est un régal et le scénariste exploite parfaitement les situations en menant le lecteur par le bout du nez. La réunion de Spidey et DD est tout sauf un banal prétexte pour utiliser les deux héros, et la présence de Black Cat ajoute du piment à l'intrigue en redistribuant les rôles de la séductrice et du séduit - cela aboutit à la réplique la plus drôle que le Tisseur ait prononcé depuis longtemps (même si elle n'est pas bien traduite en vf - mais toute la revue souffre des traductions de Khaled Tadil).
De l'action, des faux-semblants, de l'humour : comment ne pas être emballé ?

Ajoutez-y des dessins par Emma Rios (pour l'épisode de Spider-Man : résultat superbe entre Gene Colan et Charles Vess) et Kano (pour l'épisode de Daredevil : l'espagnol mériterait vraiment d'être plus souvent employé), et ce dyptique est vraiment irrésistible.
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Daredevil (#9 : Angoisse au cimetière ! - palme du titre à la con ajouté à la vf...) : Alors qu'il s'envoyait en l'air avec Felicia Hardy, Matt Murdock est contacté par Foggy Nelson au sujet d'une affaire de profanation. Problème : elle concerne le cimétière où reposait son père. DD s'embarque dans une virée spéléogique et croise les moloïdes et leur maître, l'Homme-Taupe, à l'origine de ce méfait...

Tout en faisant encore allusion à la précédente histoire, Mark Waid embarque son héros dans une aventure très originale au terme de laquelle il va affronter un ennemi inattendu. Comme il l'avait avec Klaw dans son premier arc, le scénariste confirme son intention de renouveler la galerie de méchants de la série, mais sans oublier d'en soigner les raisons. On verra avec le prochain volet que cette aventure aboutira à un dénouement trouble et troublant, qui vient nuancer le ton apparemment plus léger de la série depuis son relaunch...

Les dessins de Paolo Rivera sont splendides : dès le début de l'épisode, on a droit à une spectaculaire double-page superbement composée, avec des couleurs splendides de Javier Rodriguez. Le reste est au diapason, avec des trouvailles de découpage très simples mais très intelligentes (comme la "visite" de l'appartement de Matt par la Chatte Noire ou la traversée de la rivière de lave, comparable au styx).
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Ghost Rider (vol. 6, #8 : A cent à l'heure) : la série file tout droit vers sa fin (effective au prochain numéro) et, franchement, ce sera un soulagement et un gain pour la revue (qui aura en plus droit à un sommaire plus équilibré). 

Je ne pense rien du scénario (ou ce qui en tient lieu) de Rob Williams, dont tous les effets ratent lamentablement leur cible : beaucoup d'action mais jamais palpitante, de l'humour pas drôle, un cliffhanger dont on se moque... Comment l'editor de la série pouvait valider ces épisodes ?

Quant aux dessins de Lee Garbett, il sont au mieux une pâle copie de ce que fait Olivier Coipel (qui n'est plus très fringant), avec beaucoup de fumée pour ne pas avoir à représenter les décors, et une colorisation laide.

Vivement qu'on soit débarrassé !
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Punisher (vol. 9, #8: L'appât) : Frank Castle rencontre enfin Rachel Cole-Alves là où plusieurs membres de l'organisation de la Bourse ont été liquidés. Ils comprennent que le carnage a été accompli par d'autres, sans pour autant savoir qui, pourquoi et convenir d'une alliance. Les inspecteurs Bolt et Clemons chargés de l'enquête sur cette tuerie viennent interroger Rachel, sans succès. Le Punisher a repris ses propres investigations tandis que Rachel, pris pour le justicier, tombe dans le piège des assassins...

Le traitement de la série par Greg Rucka est décidemment atypique mais séduisant : à l'image de ses héros, c'est un comic-book avare de mots, qui entretient avec science son mystère, dévoile progressivement ses rouages, soigne son ambiance (hivernale, crépusculaire, conspirationniste). L'expérience est déroutante, surtout pour ceux qui attendent d'un personnage comme le Punisher des aventures pleines d'action et de violence, mais pour peu qu'on s'y abandonne, c'est assez intense.

Marco Checchetto revient illustrer le titre (après les fill-in des deux précédents chapitres) et livre des planches superbes, magnifiées par la colorisation de Matt Holligsworth. Le résultat exploite parfaitement la mélancolie âpre du script de Rucka, avec des personnages bien campés, dans des décors soignés.
*
Le Soldat de l'Hiver (#2 : Gare aux dormeurs...) : Bucky et la Veuve Noire, sur les traces de l'organisation du R.AI.D., sont en difficulté mais commencent à faire des découvertes instructives. Des agents dormants formés par le Winter Soldier lorsqu'il était à la solde des russes sont réactivés, mais leur objectif reste énigmatique : l'attentat contre le Dr Fatalis semble n'être qu'un moyen de provoquer le régent de Latvérie. Mais dans quel but ?

Ed Brubaker est dans son élément avec cette intrigue qui doit plus aux récits d'espionnage classique, avec un zeste de fantastique, qu'aux comics super-héroïques traditionnels. Ce qui rend le résultat addictif, c'est que le lecteur en sait autant (ou à peine plus) que les héros, ce qui suffit pour donner envie d'aller plus loin et de comprendre pourquoi. L'alternance entre les scènes d'action et les plages plus calmes, quoique tendues, est d'une efficacité redoutable.

Butch Guice est également en forme, même s'il faut reconnaître que les expériences visuelles qu'il tente pour la série peuvent dérouter. Plus que la lisibilité, il privilégie la sensation que chaque scène doit communiquer au lecteur, tour à tour confus, surpris, curieux, haletant. Certaines cases sont épatantes, d'autres volontairement déstabilisantes. En tout cas, voilà encore une série qui sort du lot visuellement (ce qui semble être le symbole de la revue).
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Bilan : très, très bon - à l'évidence, quand Ghost Rider aura dégagé, "Marvel Knights" sera qualitativement et quantativement un bimestriel au niveau exceptionnel. Revue du mois !     

lundi 1 octobre 2012

Critiques 352 : REVUES VF OCTOBRE 2012

Batman Saga 5 :

Batman (#5 : Face à la cour) : Voilà une semaine que Batman a disparu. Où est-il passé ? En explorant les égouts de Gotham à la poursuite de la Cour des Hiboux, il a été attaqué par le tueur de cette société secrète, l'Ergot, et a repris connaissance dans un labyrinthe. Drogué, épuisé, il erre dans ce piège sans en trouver l'issue, en proie à des visions délirantes...

Alors que son intrigue commençait à ronronner doucement, Scott Snyder relance la machine de manière percutante avec un épisode hallucinant où Batman est vraiment, mais alors vraiment mis à mal, comme rarement il l'a été. Physiquement, après une semaine à tourner en rond dans un dédale, il est éreinté, mais psychologiquement, il n'est pas en meilleur état : le super-détective est déboussolé et l'avant-dernière page est renversante, au propre comme au figuré, un cauchemar.
Snyder confirme en tout cas sa maîtrise narrative, sa capacité à tenir le lecteur en haleine et à produire des rebondissements qui sont certes un peu mécaniques, avec le cliffhanger-choc de rigueur, mais une ambition réelle et solide. On frémit pour le héros, ce n'est pas si fréquent.

Pourtant, sans vouloir rabaisser la performance du scénariste, cet épisode restera d'abore comme celui de Greg Capullo qui y démontre une audace épatante. A la 10ème page, il transcende le script pour livrer des planches composées de manière à la fois baroque mais pas gratuite : le sens de la lecture change, les découpage est éclaté, les dimensions des vignettes sont altérées pour souligner la désorientation de Batman. Il faut carrèment, à un moment, lire l'épisode en tournant la revue à l'envers pour en suivre le déroulement.
Résultat garanti - et très accompli.

Cette saga rebondit très fort.
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Detective Comics (#5 : a/La roue de l'infortune - b/Roulette russe) : La disparition du Joker a engendré un culte macabre dans Gotham, qui sert aussi les ambitions politiques du maire désirant se débarrasser de Batman. Mais le justicier découvre qu'un tueur s'est glissé dans la horde des fans du Joker...
Cependant, le fils du Dr Hugo Strange, Eli, s'est allié avec Catwoman pour humilier le "Russe fou", un gangster, sans savoir que son père le surveille...

Pour son 2ème arc, Tony Daniel a décomposé cet épisode en deux parties : la première (13 pages) revient sur l'évasion du Joker et ses conséquences, la seconde (8 pages) est un complèment dont le lien avec la précédente n'est pas très claire et qui invite Hugo Strange dans la partie. Il est impossible, après avoir lu ceci, de savoir quel est le lien. Le Pingouin manoeuvre dans l'ombre et indique le retour de vilains iconiques de Batman. Reste à voir si Daniel va à nouveau verser dans le registre glauque et hyper-violent de sa première histoire.

L'auteur signe également les dessins de la première partie : un travail efficace à défaut d'autre chose, mais hélas ! toujours desservi par une colorisation hideuse.
Puis la back-up est illustrée par un certain Szymon Kudranski : son style s'inspire d'Alex Maleev, sans le génie de ce dernier. Ses planches ne sont par ailleurs pas toujours très lisibles.
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Batman & Robin (#5 : Mutinerie) : Damian a décidé de suivre Morgan Ducard/Personne, estimant que ses méthodes correspondent mieux à ses propres instincts de tueur mais aussi parce qu'il s'est lassé des mystères de son père. Lorsque Bruce Wayne constate la fugue de son fils, il se lance à sa recherche et se rappelle du passé d'Henri et Morgan Ducard avec lesquels il s'est jadis entraîné...

Lorsqu'on tient une série comme ça entre ses mains, c'est un mélange d'enthousiasme et d'appréhension à chaque nouvel épisode : d'un côté, on a hâte de découvrir la suite ; de l'autre, on se demande si les auteurs vont réussir à maintenir la qualité exceptionnelle de leurs prestations. Et, encore cette fois, Peter Tomasi ne déçoit pas : sa copie est impeccable, intense. Entre le partenariat redoutable qui se forme entre Robin et Personne et les souvenirs qui viennent hanter Batman, ces 22 pages sont d'une efficacité redoutable, avec une chute saisissante. 

Patrick Gleason tient aussi la grande forme : plus je découvre les pages de cet artiste (encrées et colorisées magnifiquement), plus il me fait penser à Mike Mignola, avec un trait plus rond mais cette même manière de composer des images dont la force est qu'elles fonctionnent à la fois indépendamment et ensemble, avec des à-plats noirs intenses. Il réalise même un authentique morceau de bravoure avec une double page de trente cases (!) qui est un modèle de découpage. Prodigieux.
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Batgirl (#5 : Cadeau à tiroirs) : bon, on va faire vite parce que c'est une vraie catastrophe.

Gail Simone n'a pas été brillante, loin s'en faut, avec son premier arc : elle réussit pourtant à faire pire avec ce nouvel épisode où, en prime, l'explication sur le rétablissement de Barbara Gordon est expédiée en une phrase (la solution est d'une telle faiblesse qu'on sent le manque totale de conviction de la scénariste, se débarrassant d'une question embarrassante). Le nouvel adversaire de Batgirl est tout aussi peu excitant que Miroir... Il faut se faire violence pour ne pas lâcher l'affaire avant la fin - mais le mois prochain, je zappe.

Ce n'est donc pas bien écrit. Mais ce sera aussi mal dessiné : les planches d'Ardian Syaf et Vicente Cifuentes sont parmi les plus moches que j'ai vues depuis des lustres. Quand on voit ça après avoir lu Batgirl : Year One, c'est terrible.
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Bilan : la revue est coupée en deux, depuis le départ. Detective Comics est en suspens. Batgirl déjà perdu. Mais Batman et Batman & Robin sont d'un tel niveau que vous êtes consolés de bien des misères (y compris du prix de la revue) : avec deux séries pareilles, "Batman Saga" peut voir loin - et haut.

X-Men Classic 3 :

Les Nouveaux Mutants (vol. 1, #18-22 : Chasse à mort - Siège - Terres mortes - Soirée pyjama ! - Une ombre en moi) : Les nouveaux élèves du Pr Xavier (Rocket, Solar, Magie, Felina, Magma) doivent aider leur camarade et leader, Moonstar. Celle-ci, ayant pressenti au cours de cauchemars que le Démon-Ours qui a tué ses parents allait maintenant s'en prendre à elle, va défier la créature. Gravement blessée, elle est transportée à l'hôpital mais son ennemi l'y poursuit et engage le combat avec les jeunes mutants.
Après cette aventure, les adolescents s'offrent une soirée de détente, mais qui va être troublée par l'arrivée sur terre de l'extraterreste techno-organique Warlock.
Enfin, Rahne Sinclair, la benjamine du groupe, entreprend la rédaction d'un conte qui pourrait bien annoncer des évènements futurs, tandis que le père de Solar intègre le Club des Damnés.

28 ans après leur publication, ces épisodes mythiques de la série New Mutants, personnages créés à l'origine en 82 par Chris Claremont et Bob McLeod, provoquent toujours la même sidération. Le responsable est le dessinateur Bill Sienkewicz qui a totalement bouleversé les codes graphiques des comics à partir de cette période, après avoir été un émule de Neal Adams.
On peut encore aujourd'hui éprouver ce qu'ont ressenti les lecteurs de l'époque quand l'artiste a remplacé Sal Buscema sur cette série : ses compositions décoiffantes, ses effets visuels, ses découpages destructurés, l'expressionnisme radicale de ses images ont conservé toute leur puissance, et même un regard habitué à des audaces de tous genres est choqué par cette production qui ne ressemble à rien de connu.

La saga du Démon-Ours imaginée par Claremont compte à peine trois épisodes mais le script atypique du scénariste plus les dessins incroyables de Sienk' aboutissent à une expérience renversante, qui brouille nos repères.
Les deux autres épisodes au programme de cette revue sont un chapitre plus long, Slumber party !, qui va aussi durablement révolutionner la donne en introduisant le personnage de Warlock : à lui seul, il peut résumer Sienkewicz avec son allure baroque, et l'histoire qui le met en scène est un parfait mix de drôlerie et d'angoisse comme Claremont savait les doser, avec des héros apprenant tout juste à être des héros, avec maladresse.
Panini boucle le sommaire avec l'épisode 22 qui laissera les amateurs sur leur faim, dans l'attente d'une hypothétique réédition (avec cette revue, on n'est hélas ! sûr de rien, alors qu'entre Excalibur et New Mutants, on pourrait avoir tous les deux mois un programme en alternance copieux), car il sert de prologue à une autre saga.
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Bilan : LA revue du mois (même si j'ai un peu triché en l'incluant dans ma revue de presse d'Octobre alors qu'elle est sortie le mois dernier). Quelle claque !  

Avengers 4 :

Les Vengeurs (Avengers Assemble #2 : Zodiaque) : Tandis que Thor, Oeil-de-faucon, Iron Man et La Veuve Noire affrontent le Taureau, Hulk gagne la Stark tower pour y rencontrer Captain America. Les Vengeurs réunis dans un héliporteur sont en possession de ce que cherchait à voler le Taureau, un objet mystérieux mais très puissant - dont ils vont devoir défendre la possession alors que le reste de l'équipe du Zodiaque les attaque.

Brian Bendis a conçu une intrigue qui se dévoile lentement mais qui de toute évidence a une envergure épique comme en atteste les premières pages de ce 2ème épisode. Il n'est pas trop difficile de deviner sur quoi les Vengeurs ont mis la main (un cube cosmique) et quel doit être le personnage à l'origine de la reformation du Zodiaque (Thanos) quand on a vu le film Avengers de Joss Whedon, puisque cette série a elle-même été entreprise comme son extension.
C'est énergiquement raconté, tout ça ne prend guère de temps à être lu, avec une prime à l'action plutôt agrèable. Mais je n'irai pas plus loin puisque j'arrête d'acheter cette revue ce mois-ci.

Mark Bagley est au diapason : il livre des planches pleines de fougue, au découpage dynamique, sans perdre de temps pour peaufiner ce que contiennent ses images - des personnages et des décors rapidement exécutés, que ne viennent pas embellir l'encrage désastreux de Danny Miki.
C'est dommage : comme Romita Jr, Bagley était tout indiqué pour animer les Vengeurs mais le résultat n'est pas à la hauteur.
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Les Vengeurs (vol. 4, #24.1 : Vision du futur) : De retour dans l'équipe au cours de sa précédente aventure, la Vision apprend pourquoi elle a avait été détruite par Miss Hulk, et donc ce qui s'est passé avec sa femme, la Sorcière Rouge. Une conversation avec la géante verte et Magnéto s'impose pour l'androïde.

Brian Bendis sacrifie à un de ces épisodes ".1", censés à la fois opérer une transition entre deux aventures et permettre à de nouveaux lecteurs de découvrir la série. Le scénariste accorde donc tout ce chapitre au cas de la Vision, un personnage qu'il avait sauvagement détruit au début de son run il y a sept ans dans la saga Disassembled (geste qui souleva l'ire de certains fans). C'est l'occasion de faire le point pour et sur le personnage et donc de revenir sur des évènements marquants de manière décalée, comme House of M.
La réconciliation avec Miss Hulk est bien écrite, mais le morceau de choix est la confrontation tendue entre la Vision et Magnéto. L'épilogue, avec Captain America, avec une morale à la fois amère et pacificatrice, est également bien vu.

Au dessin, Brandon Peterson livre une copie honnête : ses personnages sont moins grimaçants que dans son épisode d'Ultimates (même si parfois quelques expressions crispées dénotent avec le ton des scènes). Trois pages de flash-back, dessinées par David Finch, sont tirées des épisodes d'Avengers disassembled.
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Captain America (vol. 6, #9-10 : Sans défense) : Privé de ses pouvoirs, Steve Rogers est impuissant face à la crise de folie qui s'empare des new-yorkais à cause des madbombs. C'est au Faucon de mener l'enquête, ce qui le conduit droit dans le piège de Bravo. Quant à Sharon Carter, elle a libéré le Technoforgeron pour guérir Rogers - et mieux piéger l'ennemi in fine.

Ed Brubaker conclut avec ces deux épisodes son nouvel arc : depuis le relaunch de la série, la prestation du scénariste, qui a profondèment repensé le personnage de Captain America, est moins inspirée. En changeant de ton, pour aller vers des récits plus portés sur l'action, il a perdu ce qui faisait la singularité de son regard sur le héros.
Néanmoins, cette histoire demeure agrèable, efficace, menée sur un bon rythme, avec un suspense ingénieux. Il est aussi frappant de voir que plus qu'une série sur Steve Rogers, le titre fait la part belle à un casting étendu, avec Iron Man, Hawkeye, Sharon Carter, le Fauve, qui ressemble à l'équipe des Vengeurs classiques qu'aurait pu écrire Brubaker.

Alan Davis, au dessin, aura été l'invité de luxe de ces cinq épisodes et, même s'il n'a pas forcé son talent, ses planches dégagent une énergie irrésistible, en particulier dans les scènes d'action où il a su bonifier le script. Sans doute aussi est-ce pour lui que le scénariste ne s'est pas contenté que d'une nouvelle aventure de Captain America...
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Captain America & Oeil-de-faucon (#631 : Créatures féroces) : rien à dire là-dessus puisque j'ai zappé. Même si l'infâme Alessandro Vitti est secondé sur quelques planches par Matteo Buffagni, plus supportable, inutile de se gâcher la vue.
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Bilan : allez, on va dire "moyen". Captain America avec Alan Davis ont été les seules raisons pour lesquelles je me suis procuré ce numéro. Le nouveau crossover Avengers vs X-Men va impacter les Vengeurs dès le mois prochain et comme j'ai décidé de ne pas le lire, je cesse par conséquent d'acheter la revue avec son tie-in. On verra ce que contiendra la revue quand l'event sera passé, avec le big relaunch que prépare Marvel pour l'occasion, pour savoir si j'y reviens.
Wolverine 4 :

Wolverine & the X-Men (#7-8 : Mutatis mutandis - Rien d'impossible) : c'est la panique de tous les côtés ! Sur la planète du péché, Quentin Quire et Wolverine, qui sont venus jouer au casino pour renflouer les caisses de l'école Jean Grey, sont pourchassés par le service de sécurité. Le griffu ne va pas revenir indemne de cette virée dans l'espace... Et à l'école, justement, Kitty Pryde doit toujours lutter contre une infection de broods miniatures, diversion créée par le professeur Xanto Starblood, "zoologiste de l'extrème" qui veut pousser le jeune Broo à devenir un alien aussi sauvage que le reste de sa race...
Cependant, le Club des Damnés ambitionne toujours de détruire l'école et a, pour cela, recruté Dents-de-sabre. Il s'attaque à Abigail Brand, la patronne du S.W.O.R.D. et petite amie du Fauve - qui lui rend justement visite pour obtenir un remède pour Wolverine. Les élèves, menés par l'incorrigible Quentin Quire, décident, eux, de retourner sur la planète du péché pour récupérer l'argent nécessaire au fonctionnement de l'école...

Une série qui compte parmi ses répliques un échange comme : "N'essayez pas de m'arrêter, les amis. Dieu m'a confié une mission. - Pour l'accomplir, tu vas devoir sécher les cours, voler un vaisseau spatial et sans aucun doute provoquer un incident intergalactique. Qui parle de t'arrêter ? Je vais avec toi. - Heu, ami Quentin, tu n'as pas dit que cette excursion ne serait pas supervisée. - Ce que j'ai dit, Broo, c'est "casse-toi, lèche-cul d'alien. - Oui, mais comme tu me le dis ça sans arrêt, j'en ai conclu que c'était un tic de langage."... Hé bien, une série, et celui qui l'écrit (Jason Aaron), ne peuvent pas être mauvais.
Avec ces deux nouveaux chapitres (les deux derniers avant que la série ne soit annexée pour neuf épisodes à l'event AvX), on continue d'évoluer dans un joyeux délire, bazar foutraque, irrévérencieux et très drôle, mais aussi plein d'action, de rebondissements, d'ironie, qui font un bien fou. Je ne sais pas à quoi carbure Aaron quand il écrit ça, mais c'est aussi savoureux que revigorant.

Nick Bradshaw illustre, avec toujours un luxe de détails étonnant (à la limite de la surcharge), le dernier volet de la saga Mutatis mutandis, aussi déchaîné que son scénariste quand il s'agit d'explorer les entrailles de la pauvre Kitty Pryde que pour mettre en images la fuite de Wolvie et Quire de leur casino galactique.
Puis Chris Bachalo revient pour le second acte, tout aussi dynamique, avec un combat épique dans l'espace entre le Fauve et Dents-de-sabre et un retour dévastateur au casino. Le seul bémol concerne la colorisation, assurée par Bachalo, qui nuit parfois à la lisibilité de certains plans.
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Wolverine (vol. 4, #19 : Goodbye Chinatown) : infiltrés d'une manière très originale (mais très salissante) dans le repaire de la Griffe de Jade, Wolverine, Gorilla Man et Fat Cobra mettent fin au traffic de leur ennemie. Quelque dragons et Maître Pô se joignent à la fête...

Jason Aaron est à peine moins sage quand il anime les aventures solos du griffu qui se terminent ici dans une bataille dantesque au centre de la terre, dans les champs de pavot et avec une bande de dragons. On retrouve quelques répliques bien méchantes ("Vous ne donneriez pas des coups de poing à un manchot ?  - Non. Mais des coups de tatane, oui.") et drôlatiques. La fin laisse la porte ouverte à la prochaine histoire, où Wolverine est déjà dans la ligne de mire de mystérieux méchants.

Ron Garney livre des planches inégales, parfois brouillonnes (dommage qu'il ne profite pas des services d'un encreur), parfois épatantes (la charge des dragons), d'un trait nerveux qui colle au récit.
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Bilan : très positif - ce n'est pas la revue la plus fournie du relaunch Panini, mais au moins, avec ces 64 pages-là, il n'y a pas à se plaindre du contenu. C'est réjouissant, atypique, très divertissant.    

samedi 1 septembre 2012

Critiques 347 : REVUES VF SEPTEMBRE 2012

DC Saga 4 :

Justice League (#4 : Aux origines) : l'entrée en scène d'Aquaman exacerbe les tensions au sein de l'équipe alors que les Paradémons continuent d'attaquer. Le jeune Victor Stone se transforme en Cyborg et surgit à son tour sur le champ de bataille où le grand méchant de l'affaire ne tarde pas à (enfin !) s'annoncer...

Plus cet arc progresse, plus sa qualité régresse : depuis longtemps, il n'y a plus de suspense sur l'identité du vilain à l'origine de ce chaos censé souder les plus grands héros de la terre, mais le traitement desdits héros est d'une accablante nullité. Ce sont tous, passez-moi l'expression, de sombres têtes de cons, dont l'inexpérience en tant que groupe ne saurait excuser leur affligeante caractérisation. Ce mois-ci, on a à nouveau droit à des répliques à l'humour daté de Green Lantern (références à Dallas peut-être dûes au traducteur, Jérôme Wicky, cela dit, mais bon), Wonder Woman est décrite comme une gourde, Aquaman comme un souverain emperlousé... Les autres en sont (déjà) réduits à faire de la figuration.
Geoff Johns rend ici une piètre copie, à des lieues de ce qu'il faisait avec la JSA.

Les dessins de Jim Lee sont également devenus au fur et à mesure des caricatures de comics, avec des enchaînements de plans souvent bâclés, et abusant de splashs et doubles pages (toute la fin de l'épisode ainsi donne plus le sentiment d'un remplissage tape-à-l'oeil que d'un effet rendant compte de l'impressionnante entrée en scène de Darkseid). On se demande à quoi vont ressembler les deux prochains épisodes...
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Superman (#4 : Esprit à louer) : l'homme d'acier est (encore) aux prises avec ces monstres... Zzzz...

Bon, on va aller vite : c'est soporifique, mal dialogué... George Pérez est assommant et son intrigue inintéressante, dénuée de ressort. Je n'ai pas pu aller au bout de cet épisode qui m'est tombé des mains, et je zapperai la série désormais.

Visuellement, c'est aussi médiocre : le dessin de Jesus Merino est laid, les personnages n'ont aucune allure... Bon sang, c'est tout simplement nul.
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Flash (#4 : L'union) : Barry Allen (apparemment) tombé sous les balles des clones de son ami Manuel Lago, c'est sur le passé de celui-ci que l'on peut se pencher : les expériences qu'il a subies, ses motivations, le sort de ses doubles, sa fuite... Autant d'élements qui donnent une idée plus nette de l'adversaire de Flash tandis que le Pr Guerrero est aux mains des fameux clones.

Le scénario de Francis Manapul et Brian Buccellato s'est un peu grippé depuis le dernier épisode et ce mois-ci encore, l'intrigue a un coup de mou. L'épisode est centré sur Manuel Lago, ses origines (et donc celles de ses clones) : une étape nécessaire pour mieux saisir l'enjeu de l'histoire mais qui ralentit la narration. Mais les dernières pages promettent un sursaut salutaire pour le final.

En revanche, la partie graphique de la série n'a jamais déçu depuis son reboot et ce nouveau chapitre réserve son lot de planches à sensations, avec des compositions parmi les plus belles et sophistiquées qu'un comic-book super-héroïque peut procurer. Manapul tire merveilleusement parti de doubles pages découpées avec intelligence et inventivité. Et la colorisation de Buccellato leur donne des ambiances très évocatrices. C'est superbe.
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Supergirl (#4 : Evasion) : capturée par Simon Tycho, la jeune kryptonienne ne doit son salut qu'à un des employés de ce milliardaire sadique et avide. La riposte de Kara Zo-El sera foudroyante, mais il n'est pas dit qu'elle en ait fini avec son adversaire...

Michael Green et Mike Johnson produisent une série bizarre, où chaque épisode ne raconte honnêtement pas grand'chose mais le raconte avec beaucoup d'énergie : c'est donc un peu creux, les informations sont distillées au compte-gouttes, mais on ne s'ennuie pas et permet d'espérer des développements plus complexes.

L'efficacité des dessins de Mahmud Asrar joue énormèment (comme dans Flash avec Manapul) dans le plaisir de la lecture, et quand l'intrigue se densifiera, on peut là aussi compter qu'avec un tel artiste, la série monte encore en puissance.
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Bilan : "DC Saga" est une revue toujours aussi mitigée, d'autant plus que ses deux meilleures séries reposent beaucoup (trop ?) sur le brio de leurs dessinateurs. Je vais arrêter les frais car le rapport qualite/quantité/prix n'a pas tenu ses promesses.   
Batman Saga 4 :

Batman (# 4 : Accusé, levez-vous !) : Ayant échappé de justesse à une explosion dans un repaire de la Cour des Hiboux qu'il a découvert, Batman se rappelle qu'enfant il avait déjà enquêté, après la mort de ses parents, sur une conspiration qui aurait abouti à leur meurtre. Il en déduit aujourd'hui que la famille Wayne et la construction de Gotham à laquelle elle a activement participé depuis le XIXème siècle sont étroitement liées à cette organisation secrète...

Scott Snyder exploite à fond la fibre "detective story" de Batman et, épisode après épisode, il met en scène le héros dans une enquête tortueuse où le passé de sa famille, de la ville de Gotham et de la Cour des Hiboux s'entrelacent. Cela aboutit à un récit efficace, prenant, quoiqu'un peu mécanique, d'où l'émotion est absente : à vrai dire, n'importe quel privé, en costume ou pas, pourrait être la vedette de cette intrigue riche en secrets de famille et complots. On ne s'ennuie pas, mais il manque à tout ça un peu de sentiment.

Greg Capullo pose un peu le même problème : ses dessins servent des planches rythmées, bien découpées, son Batman évoque le Dark Knight de Miller (trappu, le geste économe, peu expressif), avec un encrage soigné. Mais après 4 épisodes, ce graphisme n'étonne déjà plus, malgré de jolis effets. C'est solide mais pas très sexy.
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Detective Comics (# 4 : Le phénomène) : C'est l'heure des comptes entre Batman et le Taxidermiste. Le justicier doit à la fois sauver sa peau (au propre comme au figuré), celle de Jim Gordon et neutraliser ce malade...

Tony Daniel a les qualités de ses défauts : le classicisme de son écriture, une complaisance certaine pour le glauque, a fait de ce premier arc une lecture peu excitante, sans compter que l'histoire n'a ni la complexité de celle de Snyder (dans Batman) ni l'émotion de celle de Tomasi (dans Batman & Robin).

Mais d'un autre côté, la concision de son récit (bouclé en 4 chapitres), son dessin direct, évite qu'on s'y perde. C'est une série peu inspirée, qui va avoir besoin d'un coup de boost (et d'un meilleur coloriste !) pour son prochain arc, même si c'est exécuté avec professionnalisme.
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Batman & Robin (# 4 : Question de confiance) : Piégés par Morgan Ducard alias Personne, Robin et Batman sont confrontés à l'efficacité de leurs méthodes contre les criminels de Gotham. Si Batman n'entend pas dévier de sa ligne de conduite (en refusant de supprimer ses adversaires, quitte à leur courir régulièrement après), Robin dont l'éducation de sa mère en a fait un tueur et la méfiance de son père l'énerve pourrait bien avoir envie de suivre un nouveau mentor...

Peter Tomasi accomplit vraiment un sans-faute avec ce titre où chaque élément dramatique est parfaitement dosé. L'histoire est prenante mais mieux encore la caractérisation saisit le lecteur, Bruce Wayne éprouvant la loyauté et la droiture de son fils, tenté par un méchant aux méthodes plus proches de son éducation. C'est remarquablement traité, et c'est un tour de force que d'écrire aussi bien un personnage comme Damian, gamin à la fois touchant et psychotique.

Patrick Gleason (avec l'encrage magique de Mick Gray) livre encore des planches sensationnelles, ténébreuses et puissantes. Il émane de ses images une ambiance incroyable, qui bonifie un script déjà remarquable.
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Batgirl (# 4 : La fin des rêves) : Dépassée par le Miroir, son adversaire, Batgirl choisit pour le neutraliser d'utiliser le passé familial du criminel. La manoeuvre est risquée et, par ailleurs, après sa rencontre avec Nightwing, Barbara Gordon prend conscience qu'elle risque vraiment sa vie en revêtant son habit de justicière...

Gail Simone conclut son premier arc, qui n'aura pas été fameux et s'appuie sur un argument polémique (l'héroïne a recouvert l'usage de ses jambes). Mais, à son crédit, on peut la féliciter de ne pas avoir fait traîner les choses. Cependant, comme Detective Comics (même si la série de Daniel est moins faible), la suite devra proposer quelque chose d'un peu plus relévé, de moins mièvre - et aussi répondre à l'énigme de la "renaissance" de Babs.

Les dessins d'Ardian Syaf sont toujours aussi peu séduisants, avec un encrage et des couleurs exécrables. 
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Bilan : "Batman Saga" reste un cran au-dessus de "DC Saga", abritant l'exceptionnel Batman & Robin. Batman ronronne un peu. Detective Comics peut mieux faire. Batgirl est le maillon faible de la chaîne. Mais cette revue donne envie de poursuivre son achat. 

Avengers 3 :

Les Vengeurs (Avengers Assemble # 1 : Zodiaque) : Une nouvelle formation du Zodiaque, bande de criminels dont les noms et pouvoirs sont inspirés par les signes astrologiques, entreprend de conquérir le monde en subtilisant un mystérieux objet convoyé en Latvérie. Hawkeye et Black Widow, sur place en mission de surveillance, intercepte cette cargaison avant d'affronter avec Iron Man et Thor, venus en renfort, un des membres du Zodiaque, Taurus. Peu de temps auparavant, Hulk avait été témoin et acteur d'une situation semblable dans le désert américain où il avait combattu le Verseau...

Cette (énième) nouvelle série Avengers est une production uniquement motivée par le commerce puisque Marvel l'a initiée pour accompagner la sortie du film de Joss Whedon : la line-up de l'équipe y est identique et le principe est de miser sur l'action. Brian Bendis a accepté d'en écrire le premier arc (qui comptera 8 épisodes, après quoi il cédera la place à Kelly Sue DeConick).
Le scénariste a ressorti du placard le groupe de vilains du Zodiaque, relifté pour l'occasion, et délivre un épisode très vite lu, efficace, mais vraiment pas renversant. On ne le sent pas très investi dans cette commande (sans doute aussi parce qu'il l'a écrite au moment où il annonçait qu'il quitterait la franchise "Avengers" cet automne).

Pour assurer au titre une exposition maximale, Marvel a réuni Bendis et Mark Bagley, le tandem vedette d'Ultimate Spider-Man. Bagley est hélas ! encré par l'affreux Danny Miki et ne semble guère plus inspiré que son scénariste alors qu'on pouvait espérer mieux d'un artiste n'ayant jamais dessiné les Vengeurs.

Bref, ça ressemble un peu à un pétard mouillé et l'entreprise est trop opportuniste pour réjouir le fan de base.
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Les Vengeurs (#23-24 : HAMMER Rassemblement !) : Nos héros sont tous tombés dans le piège tendu par Norman Osborn et ses alliés de la Main, l'Hydra et l'AIM, désormais en position de force pour imposer leurs exigences au président américain. Vraiment tous ? Non, car l'agent Daisy Johnson alias Quake, ex-Secret Warriors, n'a pas été capturée et elle va permettre aux Vengeurs de sortir de ce guêpier. Pour Osborn, c'est l'heure de vérité : transformé en nouvel adaptoïde, il défie ses adversaires dans une bataille à quitte ou double...

Reprenant un procédé qu'il apprécie, Brian Bendis renverse une situation compromise pour ses héros par l'intervention d'un joker (presque) extérieur à l'équipe, ce grain de sable va enrayer les plans du méchant et sonner l'heure de la revanche pour les Vengeurs. Il réutilise également l'adaptoïde (comme dans le premier Annual de New Avengers) avec un nouvel hôte et dénoue (un peu trop) rapidement la situation.
Cet arc, très efficace au demeurant, s'apprécie néanmoins encore mieux quand on a suivi simultanèment les épisodes des Nouveaux Vengeurs car on peut ainsi mesurer l'ampleur et l'efficacité du plan d'Osborn, la symétrie des deux intrigues puis leur croisement, avec dans les deux cas le rôle décisif d'un personnage providentiel.
La structure de cette épopée est alors comparable à un event en soi, mais contenu dans les deux séries-phares de la franchise "Avengers", et constitue une des histoires les plus abouties de tout le run de Bendis.

Daniel Acuna revient au dessin pour conclure cet arc et livre des planches remarquables, où son traitement de la couleur si particulier sert très bien l'ambiance. Mais son découpage, l'expressivité de ses personnages, sont également notables.
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Captain America (vol. 6, #8 : Sans défense) : Cap' et Sharon Carter neutralisent l'Escadron du Serpent lors d'un braquage organisé pendant qu'une Madbomb déchaîne la foule dans les rues. Lorsque le vengeur étoilé tente de calmer les civils ensuite, il perd à nouveau le contrôle de ses pouvoirs et ne doit son salut qu'à une intervention du Faucon. Tandis que son compagnon est examiné par Tony Stark, Sharon décide d'enquêter seule et "réveille" le Technoforgeron, qui avait déjà privé Cap' de ses facultés dans un passé récent...

Ed Brubaker a du mal à faire décoller ce nouveau volume des aventures de Captain America : son intrigue, qui emploie une technologie apparue dans d'anciens épisodes de la série, est certes rythmée mais ne fait guère vibrer le fan. En vérité, le plus intéressant réside dans le subplot, avec l'évasion de Bravo par le Baron Zémo et la nouvelle Reine de l'Hydra, sur fond de manipulations bancaires, et là, on retrouve davantage le Brubaker qu'on aime, peut-être moins versé dans l'action pure que dans les machinations complexes.

Toutefois, on ne saurait bouder son plaisir car Alan Davis, même si lui aussi n'est pas étincelant, illustre tout ça avec une vivacité jubilatoire. En fait, il complète très bien Brubaker dans la mesure où, lui, est très à l'aise avec les codes classiques du genre (bagarre, mouvement). L'un dans l'autre, ça reste donc une lecture très agrèable.
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Captain America & Oeil-de-faucon (#3 : Créatures féroces) : ... Là, je dois avouer que j'ai zappé.Je n'avais pas le coeur à m'abîmer les yeux avec les pages de Vitti après m'être régalé en compagnie de Bagley, Acuna et Davis.

Par ailleurs, les deux premiers chapitres de cette histoire par Cullen Bunn ne m'avaient pas accroché pour que j'ai envie d'en savoir plus.
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Bilan : très positif. L'arc des Vengeurs se clôt en beauté et Captain America, même inégal, est un plaisir. Cela suffit à compenser la déception d'Avengers assemble et oublier cette horreur de Captain America & Oeil-de-faucon. Mais le mois prochain, j'arrête les frais avec la fin de l'histoire de Cap' et le dernier épisode pré-Avengers vs X-Men des Vengeurs. Mais on reparlera alors.

Iron Man 3 :

On va aller vite et faire simple puisque je n'ai acheté ce numéro que pour lire la fin de l'arc des Nouveaux Vengeurs.

Les Nouveaux Vengeurs (vol. 2, #23 : Vengeurs Noirs, la renaissance) : Dans un pétrin comparable aux Vengeurs, l'équipe de Luke Cage ignorait toutefois comme Norman Osborn et ses Vengeurs Noirs que Steve Rogers avait gardé un as dans sa manche, et pas n'importe lequel : Skaar, le fils de Hulk ! Celui-ci a infiltré l'ennemi et passe à l'attaque, préparant le terrain pour les Nouveaux Vengeurs et libérant Captain America... Mais pour Cage, cette issue n'est pas aussi heureuse.

C'est le terme d'un des arcs les plus longs et ambitieux de la série pour Brian Bendis et ce final ne déçoit pas : le coup de théâtre final du précédent épisode renverse complètement le rapport de force et offre aux lecteurs une belle baston.
Si on a lu, en même temps, l'aventure des Vengeurs (dans la revue "Avengers"), on apprécie encore mieux le développement de ce récit qui a vraiment impliqué les deux équipes de héros contre un même adversaire en les poussant dans leurs retranchements, en interrogeant les héros sur la manière dont l'opinion les perçoit et sur leur façon d'agir, de communiquer.
Les dernières pages de cet épisode suggèrent d'ailleurs que pour Luke Cage, le personnage emblématique du run de Bendis (qui, après les épisodes tie-in au futur event Avengers vs X-Men et un ultime arc, quittera la franchise "Avengers"), des choix se profilent et chambouleront certainement le titre (qui sera relancé en Février 2013 par Jonathan Hickman et Steve Epting).

Mike Deodato signe 8 planches sur 22 de cet épisode, le reste étant dessiné par Will Conrad : les deux partenaires ont l'habitude de se relayer et leurs styles se complètent bien, même si Deodato est plus puissant et Conrad plus fin dans leurs traits et leurs compositions. Le résultat est efficace, même s'il est dommage que Deodato n'ait pas pu assurer l'intégralité d'un arc fait pour lui.
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L'aventure "Marvel Icons/Iron Man" s'arrête là pour moi. Peut-être y reviendrai-je pour l'ultime arc des New Avengers, mais de l'eau aura passé sous les ponts d'ici-là.

J'ai déjà eu souvent l'occasion d'exprimer mon peu de goût pour le Iron Man de Fraction et Larroca, je n'ai même pas cherché à lire l'épisode de ce mois-ci (les choses ne s'annoncent guère réjouissantes, la série va être reprise par Kieron Gillen et Greg Land le mois prochain en vo).
Quant aux 4 Fantastiques et son spin-off La Fondation du Futur, l'écriture d'Hickman m'a depuis longtemps égaré, et Steve Epting n'a pas été assez régulier sur les 4F pour que j'insiste. La FF m'horripile et son concept ne m'intéresse pas en l'état (Matt Fraction aura un sacré défi à relever en succédant à Hickman, mais il profitera de deux artistes de choix : Mark Bagley et Mike Allred).
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Bilan : tronqué inévitablement. Mais l'histoire des New Avengers se conclut en force.   

Wolverine 3 :

Wolverine & the X-Men (#5-6 : Mutatis mutandis) : Le financement de l'école Jean Grey n'est plus assuré, Angel ayant été jugé inapte à gérer sa fortune par le conseil d'administration de Worthington Industries. Wolverine embarque alors Quentin Quire/Kid Oméga (la forte tête du bahut) pour une virée sur la planète du péché où il espère décrocher assez d'argent pour les frais de son établissement. Cependant, Kitty Pryde, subitement enceinte, subit un examen spécial par le Fauve : mauvaise nouvelle, elle est infectée par des Broods !

Jason Aaron n'a pas peur de la grosse déconne avec cette série et la suite de son deuxième arc vient le confirmer, avec de nouvelles péripéties bien farfelues et très drôles mais également pleines de suspense. Entre quelques parties dans un casino galactique et le remake de L'aventure intérieure pour Kitty Pryde, tout cela est très animé. Mais il faut aussi être attentif aux détails et là, on remarquera des éléments hilarants (graffitis de Quire ou des Bamfs, réaction d'Angel - tout heureux d'être considéré comme un attardé mental et qui se fiche à poil en public...). W & the X-Men est vraiment une série irrésistible.

Au dessin, Nick Bradshaw assure lui aussi sa part du show : ses planches sont très riches... Parfois trop, notamment dans les scènes d'action où il gagnerait à aérer un peu ses compositions pour plus de lisibilité et de rythme. La physionomie de ses personnages est aussi limitée, alors qu'en revanche il est d'une étonnante inventivité pour créer des monstres et d'une méticulosité notable pour les décors.
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Wolverine (#18 : Goodbye Chinatown) : Après avoir découvert avec Gorilla Man un trafic de drogue d'envergure dans le sous-sol de Chinatown, Wolverine doit affronter les sbires de la Griffe de Jade, organisatrice de ce réseau, et ses dragons. Fat Cobra, une des Armes Immortelles des Capitales Célestes (comme Iron Fist avec K'un L'un), s'en mêle alors. Et pour remonter jusqu'à leur ennemie commune, les trois partenaires trouvent un moyen d'infiltration très spécial...

Jason Aaron (toujours lui) est à peine moins délirant dans la série-titre de la revue où il convie un nouveau personnage haut en couleurs, créé par Matt Fraction et Ed Brubaker lors de leur run sur Immortal Iron Fist, le sumo Fat Cobra. Misant plus sur l'action et le choc des caractères, cette histoire réserve un cliffhanger pour le moins inattendu... (C'est assez frustrant de pas en dire plus mais ce serait injuste de gâcher la surprise aux lecteurs)

Ron Garney livre des planches énergiques, aux personnages expressifs, même si son trait nerveux manque parfois de finitions plus soignées (c'est là qu'on voit qu'un encreur lui serait bien utile), mais cette petite faiblesse ne gâche pas le plaisir.
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Bilan : une revue extrèmement divertissante, iconoclaste. 64 pages, c'est trop peu... Mais au moins il n'y a rien à jeter et on attend la suite avec gourmandise. 
Marvel Knights 4 :

Le Soldat de l'Hiver (#1 : Gare aux dormeurs...) : Alors que tout le monde l'a cru tué durant les évènements de Fear Itself, Bucky Barnes a survécu grâce à la formule d'infinité de Nick Fury. Seuls Steve Rogers et la Veuve Noire sont dans la confidence, et l'ex-sidekick a décidé de reprendre sa vie clandestine en compagnie de Natacha Romanov pour neutraliser les agents dormants (qu'il a formé quand il était aux ordres des soviétiques) en Amérique. Mais il semble que des dissidents russes et latvériens aient pris le contrôle de ces tueurs pour éliminer le Dr Fatalis...

Le Winter Soldier n'a-t-il pas, au fond, été toujours le vrai héros d'Ed Brubaker depuis qu'il a pris les commandes de Captain America il y a 8 ans ? Rappelons que le premier arc de la série était déjà consacré au retour de Bucky Barnes, qui a ensuite remplacé le Captain dans la résistance au "Dark Reign" de Norman Osborn puis au sein des Vengeurs durant l' "Heroic Age". Sa mort simulée lors de Fear Itself, après un combat contre Sin (la fille de Crâne Rouge) était en la lampe de lancement pour une série qui lui serait pleinement consacrée.
Et Ed Brubaker peut à nouveau animer un personnage dans des intrigues mixant les codes du super-héros et de l'espion, le registre dans lequel il excelle. Ce premier arc reprend l'idée avancée dans l'arc Goulag de Captain America, avec la présence d'agents dormants sur le sol américains que Bucky a formé quand il était conditionné par les soviétiques. Il fait équipe avec son amante la Veuve Noire.
C'est impeccablement rythmé, avec une ambiance saisissante, sur une trame accrocheuse. Très prometteur. (Je verrais si je continuerai l'aventure avec cette revue, sauf si j'arrive à acquérir le premier tpb qui doit sortir le 26 Septembre).

Au dessin, Butch Guice, colorisé par Bettie Breitweiser, rend un magnifique hommage à Jim Steranko - en mélangeant images photographiques traîtées et illustrées classiquement - et John Buscema. Le rendu est bluffant, expérimental sans jamais oublier d'être efficace.
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Daredevil (vol. 3, #7 : Ennemi public numéro un) : Matt Murdock accompagne quelques élèves non-voyants pour une sortie hors de New York. Le car qui les transporte, pris dans une tempête de neige, a un accident. Livrés à eux-mêmes après la mort du chauffeur, Murdock et les enfants doivent trouver un abri dans cet environnement hostile...

J'ai déjà parlé de cet épisode en critiquant le 2ème album de Daredevil par Mark Waid : le scénariste livre un "one-shot" extraordinaire, où les pouvoirs de Daredevil sont inutiles et où il doit gérer une bande de gamins effrayés. C'est un concentré de tension et d'émotion admirablement écrit, et aussi un chapitre de transition avant un crossover avec Spider-Man et de nouvelles aventures du Diable Rouge.

Paolo Rivera est aussi au sommet de sa forme, nous gratifiant de planches épuisant tous les superlatifs, avec une intelligence dans le découpage notamment et une finesse dans l'expressivité enthousiasmantes. (En prime, cet épisode est dôté d'une couverture qui figure parmi les plus belles de la série et des comics en général cette année)
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Ghost Rider (vol. 6, #6-7 : Les condamnés - Le chemin de rédemption) : L'esprit du Ghost Rider habite désormais le corps d'une jeune femme, Alejandra. En se hasardant dans le bayou, elle découvre un étrange village peuplé par d'anciens criminels reclus ici par une sorcière.
Puis elle doit faire face à Hawkeye qui, comme elle, cherche Johnny Blaze, ancien Ghost Rider, considéré responsable d'un crime abominable en Amérique centrale.

La série relancée en 2011 par Rob Williams n'a eu ni succès critique ni public, et a été annulée au bout de 9 numéros. Sans être indigne, il est vrai que ce n'est pas fameux : la seule originalité (en tout cas pour ce que j'en sais car je ne me suis jamais intéressé au Ghost Rider) tient dans le fait que c'est une héroïne qui est désormais l'incarnation du motard fantôme.
Des deux épisodes, le premier est le meilleur : il se suffit à lui-même, possède une atmosphère d'épouvante inspirée. Et surtout il est dessiné par Dalibor Talajic (5 Ronin : Hulk) dont les planches sont superbes.
L'autre volet ouvre une autre histoire dont la conclusion correspondra certainement à la fin de la série elle-même. Lee Garbett plagie mollement le style d'Oliver Coipel (dont les dernières prestations ne sont déjà pas sensationnelles) pour la partie graphique. Rien de bien jo-jo donc.
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Punisher (vol. 9, #6-7 : La bourse - Suivez le fil) : Dans un premier temps, Frank Castle et le sergent Rachel Cole-Alves, dont les histoires se ressemblent (tous deux se sont engagés dans une vendetta contre des mafieux responsables du massacre de leurs familles), coincent plusieurs cadres d'une organisation dans un chalet. 
Ensuite, les inspecteurs Ozzy Clemons et Walter Bolt sont envoyés sur le lieu du carnage. Clemons traque le Punisher depuis longtemps et sait (et le lui dit) que Bolt informe le justicier. Ils comprennent alors que ce dernier a désormais un complice...

Greg Rucka pilote désormais le Punisher et lui a imprimé sa marque : la série baigne dans le polar bien noir, où il est autant question de survivance que de vengeance. C'est impressionnant dans les deux épisodes de ce mois : d'abord, on a droit à une leçon de narration parallèle, avec un crescendo dans la violence sans jamais que cela ne soit complaisant.
Puis Rucka examine les conséquences du précédent volet avec les deux flics lancés aux trousses du Punisher : leur caractérisation est là aussi un petit modèle du genre, avec d'un côté le vieux briscard obsédé par sa mission et de l'autre le jeunôt qui est rapidement démasqué au sujet de son lien avec le vigilant. Cet épisode est rythmé par la lame du couteau à cran d'arrêt d'Ozzy Clemons, un gimmick sonore qui justement titille le lecteur.

Le premier chapitre est co-illustré par Matthew Southworth (avec qui Rucka a signé Stumptown, une mini-série en creator-owned) et Matthew Clark : le découpage hyper-précis de Rucka s'y révèle, les deux artistes dessinant chacun à tout de rôle une planche (Southworth avec le Punisher, Clark avec Rachel) jusqu'à ce qu'ils se rejoignent pour une dernière double-page épatante.
Puis l'épisode 6 est signé par le tandem Michael Lark-Stefano Gaudiano et c'est un pur régal : on a là l'équipe créative de Gotham Central reformée au grand complet, et chaque planche est admirable. (Le trio a quitté Marvel pour Image Comics pour un projet alléchant de polar-sf, Lazarus, à paraître en 2013)
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Bilan : Très positif. La faiblesse de Ghost Rider est insignifiante comparée au brio des trois autres titres, tenus par des équipes créatives d'un niveau exceptionnel, pour des épisodes de haute volée. Un sérieux challenger à "Wolverine" pour le titre de revue du mois.
X-Men Select 3 :

Les Nouveaux Mutants (vol. 4, #33-37 : Le 3ème choix - Pas vu, pas pris - Le seul survivant - Instinct de retour - Rendez-vous) : le schisme entre Cyclope (prônant une éducation militaire, protectionniste) et Wolverine (voulant revenir à un enseignement et à la cohabitation avec les humains) a divisé également les élèves mutants, qui sont soit restés sur l'île d'Utopia (avec Cyclope) soit sont partis à Westchester (avec Wolverine). Les Nouvaux Mutants (Dani Moonstar, Solar, Magma, Cypher, Warlock et Nate Grey/X-Man) décident, eux, d'une 3ème voie : s'installer à San Francisco, proche d'Utopia mais au milieu des humains.
Cyclope confie cependant une dernière mission à Dani Moonstar : retrouver la mutante Blink, capable de se téléporter. Grâce à Cypher, l'équipe remonte vite sa piste et découvre qu'elle apparaît souvent où des catastrophes naturelles surviennent. Mais aussi là où un étrange groupe de rock se produit...
Après cette aventure, Magma accepte un dîner en tête-à-tête avec... Méphisto en personne (une promesse qu'elle lui avait faîte lors d'un voyage aux enfers, lors des évènements de Fear Itself, pour sauver les âmes de ses amis).

Depuis 2011, les scénaristes Dan Abnett et Andy Lanning, jusqu'à présent en charge des séries cosmiques chez Marvel, ont pris les commandes du titre New Mutants et ont réorgnaisé le groupe en tâchant de leur définir une personnalité à part, qui ne dépendrait ni du clan isolationniste de Cyclope ni des rebelles menés par Wolverine après la rupture idélogique qui a éclaté entre ces deux-là.
C'est ainsi qu'ils choisissent de se baser à san Francisco, au large de laquelle se situe l'île d'Utopia (où sont les partisans de Scott Summers), mais avec l'intention de se mêler aux humains (comme le souhaitait Logan). Cependant, ils acceptent de retrouver, pour Cyclope, une mutante en cavale, mais davantage pour se prouver qu'ils sont capables de travailler en équipe que pour servir leur ancien directeur.
L'intrigue de DnA n'a rien de fôlichon : une entité extraterrestre échouée sur terre possède un groupe de rock, provoquant à chacun de leur concert des catastrophes qui doivent lui permettre de rentrer chez elle. Blink croit pouvoir maîtriser la situation mais reçoit le soutien des Nouveaux Mutants.
En revanche, les deux auteurs sont plus en verve quand il s'agit de caractériser leurs personnages et de décrire leur quotidien dans ce qu'il a de plus ordinaire (emménager, cohabiter) et ils y ajoutent un humour malicieux (la jalousie de Solar, la suffisance de Nate Grey, la fantaisie de Warlock, ou la présence de Méphisto). Le groupe lui-même est composé d'individualités fortes, contrastées, avec des absents notables (pas de Rocket ni de Magik).
Bref, l'ensemble est loin d'être renversant mais demeure sympathique.

Ce qui permet à ces épisodes d'être vraiment savoureux, ce sont les dessins confiés à David et Alvaro Lopez, qui mériteraient d'être mieux employés par Marvel (au lieu d'être trimballés de série en série, jamais sur la durée). Ils soignent superbement les décors, veillent à donner une attitude et des looks réalistes aux personnages, tout en excellant à les rendre extrèmement expressifs.
Leur trait est élégant, vif, souple, et la colorisation magnifique de Val Staples est un régal pour les yeux.
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Bilan : une sympathique suite d'épisodes, même si l'histoire ne vaut pas tripette, mais qui est formidablement mise en images.
(A noter que le bonus de la revue, un court récit en 8 pages, n'est pas du tout consacré à Kitty Pryde, comme l'indique le sommaire, mais à Tornade et Thor. Par ailleurs, on se demande bien ce que ça fiche là !)