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jeudi 27 juillet 2023

X-MEN : HELLFIRE GALA 2023, de Gerry Duggan, Jonathan Hickman, Adam Kubert, Luciano Vecchio, Valerio Schiti, Matteo Lolli, Russell Dauterman, Javier Pina, R.B. Silva, Joshua Cassara, Kris Anka et Pepe Larraz

 


Je m'étais promis de revenir aux X-Men à l'occasion de la troisième édition du Hellfire Gala, sortie hier. Même si Fall of X a déjà officiellement démarré, ce numéro spécial de 80 pages marque vraiment un tournant dans cette nouvelle ère mutante. Gerry Duggan orchestre tout cela et réussit à vraiment choquer le lecteur. Même si ça ne signifie pas qu'il réussira à me faire revenir...

 


De la résurrection de Kamala Kahn/Ms. Marvel par les Cinq sur Krakoa à la révélation de la nouvelle équipe de X-Men puis à l'attaque lancée par Orchis sur l'île de Mykines où se tient le Hellfire Gala 2023, venez assister à la chute de la maison que X a bâtie. Et croyez-le : plus rien ne sera comme avant.
 

Ci-dessus, vous pouvez lire les (très) grosses lignes de ce numéro spécial consacré à l'édition 2023 du Hellfire Gala. En 2021, sur l'île de Mykines, propriété de Emma Frost cédée à elle par Namor, fut présentée la première équipe des X-Men de l'âge de Krakoa et la terraformation de Mars rebaptisée Arakko pour y loger les anciens sujets de Genesis et Apocalypse. 


En 2022, une nouvelle formation des X-Men fut intronisée, avec moins de cérémonial, mais en coulisses déjà se préparaient de manoeuvres pour gâcher la fête et préparer une attaque d'ampleur sur le peuple de Krakoa. L'année qui suivit confirma ce futur noir : Orchis propagea des fake news pour discréditer les mutants, tout en piratant leur technologie.


Depuis de longs mois, Marvel promettait Fall of X dont la forme est curieuse : il ne s'agit pas à proprement parler d'un event avec une saga centrale et des séries satellites, ni d'un crossover, mais plutôt d'une myriade de titres, de mini-séries confirmant un changement de statu quo brutal sur la chute de Krakoa, la fin de l'âge de Krakoa. Il faudra sans doute attendre 2024 pour réellement savoir quelle apparence prendra la nouvelle ère mutante.


Mais il faut reconnaître que, même si j'ai tout laissé tomber du côté des mutants ces derniers mois, en partie parce que la série X-Men me tombait des mains, en partie parce que l'event Sins of Sinister m'a découragé, en partie enfin parce que regrettais que Marvel mette fin à l'âge de Krakoa, la lecture de X-Men : Hellfire Gala 2023 était sur mon programme, en espérant trouver une forme de synthèse de Fall of X.


Et de ce côté, je ne suis pas déçu. Gerry Duggan, qui, jusqu'à présent, ne m'avait pas semblé en capacité tout comme en inspiration pouvoir ni produire un page-turner vraiment renversant ni se distinguer de ce qu'avait fondé Jonathan Hickman, réussit un tour de force exemplaire, une vraie apocalypse, qui redistribue profondément les cartes, balaie tout sur son passage. 


Pour illustrer ces 80 pages, j'ai choisi huit pages issues de cet épisode qui me semblent bien résumer les moments forts de ce qui s'y passe, sans trop en dévoiler mais en en disant suffisamment. Il n'est plus réellement question de spoilers : le lecteur est prévenu d'emblée, depuis  longtemps, que les mutants vont prendre cher et que rien (vraiment !) ne sera plus comme avant (en tout cas plus comme depuis quatre ans, depuis House of X/Powers of X).


Dans cette configuration, et même si la notion de mort reste relative étant donné le protocole de résurrection créé par les mutants, on sort de cette lecture tout de même très remué. C'est la réussite la plus notable du script de Gerry Duggan : il parvient à nous faire croire à une crise de grande ampleur, à une situation désespérée, à la fin d'une époque, à un changement de paradigme. Bien entendu, il faudra confirmer ça ensuite et ne pas se contenter d'un simple match retour pour qu'en 2024 on reparte pour un tour de manège. 

Non, si le projet doit aboutir concrètement, il faut que l'an prochain les mutants soient dans un état aussi bouleversant et bouleversé que lors de HoX/PoX. Et disons que ce Hellfire Gala 2023 donne à Duggan tous les moyens d'y arriver. C'est entre ses mains et celles des autres auteurs de la franchise mutante que revient la conversion de cette promesse en réalité. Sinon tout n'aura été qu'un coup d'éclat.

Le déroulement de cet épisode se caractérise par un rythme très soutenu : on a droit à 80 pages très denses, très énergiques, très dramatiques. Tous les curseurs sont à fond, quitte à entrer dans le rouge. Mais comme ça fait bien deux ans qu'on n'a pas lu pareil récit, aussi électrisant, avec des mutants, on se régale. Duggan casse tous les jouets,, sème un chaos incroyable. Il le fait comme un gamin en colère, qui s'est longtemps retenu, mais sans que ce soit un simple caprice. Il hérite de pièces disposées par ses collègues et les assemble de manière efficace pour un résultat paroxystique.

Il y a là une succession de moments très forts, très puissants, et pourtant ça démarre moyen avec la résurrection de Ms. Marvel (Kamala Kahn), piteusement tuée par Marvel (et Zeb Wells, dans les pages de The Amazing Spider-Man). Désormais, le personnage est aligné sur le canon du MCU : elle est devenue une mutante. Duggan se fait étonnamment subtil en développant à la fois ce choc pour le personnage et le fait qu'elle n'ait pas envie de se définit comme tel tout de suite, qu'elle se demande ce qu'il en est de ses pouvoirs, de sa vie privée. C'est le seul passage obligé de l'épisode mais Duggan l'intègre bien.

Puis on entre dans le vif du sujet avec l'élection de la nouvelle équipe des X-Men. Jean Grey annonce qu'elle et Cyclope ont décidé de passer la main à Synch et Talon (Laura Kinney). La formation élue est surprenante avec les entrées de Cannonball, Prodigy, Frenzy, Jubilé, Dazzler, et le Fléau. Mais à peine ont-ils été intronisés que la fête bascule dans le carnage. Nimrod les tue (presque) tous !

La suite est une longue mais captivante opération bien préparée par Orchis. Les méchants entrent en scène les uns après les autres : Dr. Stasis (un clone de Mr. Sinistre), Karima Shapendar/Oméga Sentinelle, l'A.I.M., Moira X, les Sentinelles Stark conçues par Feilong. L'assaut est si massif, rapide, bien déployé que les mutants sont dépassés comme jamais. Le carnage est inévitable et il ne sera pas évité.

On assiste en particulier à la mort, vraiment horrible, d'un X-Man historique, à la défaite d'un autre qu'on pensait impossible, Jean Grey est poignardée, Firestar hérite d'une mission abominable, les portails de Krakoa sont piratés et deviennent des pièges affreux, Lourdes Chantel se sacrifie d'une manière déchirante, Charles Xavier se rend, Malicia opère un baroud d'honneur et un sauvetage in extremis... N'en jetez plus ! On est littéralement saisi par le massacre mutant, à la hauteur du premier (qui donna son titre à une saga culte), par la déroute des survivants, par le désespoir absolu qui étreint Xavier. Mais on est aussi intrigué par ce qu'on voit du côté de Mother Righteous (sur l'archipel de Krakoa basée dans l'Atlantique, et il est certain que cela va faire phosphorer les fans).

Visuellement, 80 pages, c'est l'occasion d'un défilé de dessinateurs et Marvel a convié stars confirmés et recrues en devenir. Adam Kubert ouvre la marche et plus tard donne une belle scène à Wolverine. Puis Luciano Vecchio lui succède, plus fade. Russell Dauterman, comme chaque année, se charge de la présentation de la nouvelle équipe : deux pages seulement, mais superbes. Ensuite, la catastrophe commence pour les héros et les artistes s'enchaînent : Javier Pina et Matteo Lolli ne font pas de quartier, RB Silva qui signe des pages magnifiques, Joshua Cassara ne fait que passer, Kris Anka a droit à un autre moment fort, et Pepe Larraz conclut en beauté. Franchement, c'est un régal pour les yeux, élégant, et brutal.

On a même droit à deux pages par Jonathan Hickman et Valerio Schiti, parfaitement intégrées au reste, qui introduisent deux des futurs protagonistes de leur projet G.O.D.S., de manière très habile. Cela suffit au binôme pour ironiser sur la fameuse affirmation de Magneto dans House of X #1 comme quoi, à présent, les mutants seraient les nouveaux dieux.

Maintenant, dans les mois à venir vont éclore de nombreuses mini-séries exploitant la situation, utilisant les survivants, ramenant des personnages qu'on n'a pas vus depuis des lustres (comme Alpha Flight), investissant plusieurs territoires. Je ne vais rien lire de tout ça. A vrai dire, je pense que cela aurait été bien plus fort et culotté de ne plus rien publier de mutant jusqu'en 2024, histoire de vraiment angoisser les fans et repartir sur des relaunchs, une nouvelle collection de séries (avec de nouveaux noms, comme celui, teasé à la San Diego Comic Con le week-end dernier, de New X-Men). 

Mais Marvel comme la nature a horreur du vide et préfère combler les mois prochains avec une avalanche de projets qu'on sait par avance très inégaux (en qualité et en intérêt). Une stratégie similaire au MCU qui, s'il avait misé sur un break après Avengers : Endgame, aurait permis au spectateur de souffler, de se remettre de ses émotions et pour les studios Marvel de créer une attente, un désir, un manque bien plus efficace. Selon l'offre qui sera proposée au terme de Fall of X, je verrais si ça m'intéresse de revenir lire des aventures mutantes. Ce Hellfire Gala donne un terrain fertile pour une sorte de nouveau départ. Aux scénaristes et editors de savoir en tirer la meilleure liqueur.

jeudi 14 juillet 2022

X-MEN : HELLFIRE GALA #1, de Gerry Duggan et Kris Anak, C.F. Villa, Matteo Lolli et Russell Dauterman


Un an après sa première édition, voici le deuxième Hellfire Gala. Mais contrairement à l'an dernier, cette fois, tout se tient (presque) dans un seul numéro, à la pagination consistante (66 pages) et avec Gerry Duggan à la barre. Il est accompagné au dessin par Kris Anka, Matteo Lolli, C.F. Villa et Russell Dauterman. Pour un résultat qui sans être déshonorant manque singulièrement d'envergure.


Emma Frost cache sa contrariété au moment d'accueillir les invités du Gala du Club des Damnés. En effet, la fête est gâchée par Cyclope qui a révélé à Ben Urich que les mutants pouvaient désormais ressuciter. Et cela attise bien sûr des convoitises.


Au même moment sur Phobos, Nathaniel Essex/Dr. Stasis et Feilong écoutent Moira MacTaggert leur expliquer comment, grâce à Mary Jane Watson, elle va s'inviter à la fête pour mieux la gâcher et apporter des informations crucials à Orchis.


Cyclope obtient d'Emma une danse afin de lui ouvrir son esprit. Elle découvre ainsi qui est le Dr. Stasis tandis qu'elle apprend à Scott Summers quel rôle a joué Moira MacTaggert pour Krakoa et contre la nation mutante en s'alliant désormais à Orchis.


C'est l'heure de l'élection de la nouvelle équipe des X-Men. Moira rentre chez elle où elle est attendue par deux autres ennemis des mutants qu'elle compte également aider dans leur projet...

Forcément, la première réflexion que nous inspire ce X-Men : Hellfire Gala #1 cru 2022, c'est la dimension réduite par rapport à celui de l'an dernier où toutes les séries mutantes avaient été mobilisées en plus d'un numéro spécial (Planet-Size X-Men). Jonathan Hickman, Gerry Duggan, Benjamin Percy, Vita Ayala, Tini Howard, Si Spurrier, Al Ewing avaient vu les choses en très grand autour d'un dispositif ingénieux (chaque épisode montrait un point de vue différent sur la fête et sa surprise finale).

Hickman parti, Marvel a revu ses ambitions nettement à la baisse et le Hellfire Gala 2022 tient (presque uniquement) dans ce numéro de 68 pages avec le seul Gerry Duggan à la manoeuvre. On est donc légitimement un peu déçu et ce sentiment ne nous quitte jamais durant la lecture et ensuite. 

Commençons par parler de la partie grtaphique qui m'a déjà questionné. L'épisode s'ouvre par huit pages signées Kris Anka, fidèle à lui-même : des personnages aux traits anguleux, une absence notable de décors, une narration fantomatique. Comme Lucas Werneck, Anka est un character's designer talenttueux (quoique non sollicité pour habiller les invités du gala) mais pas vraiment un storyteller. Son introduction ne sert pas à grand-chose.

C.F. Villa lui succède pour les dix-neuf planches suivantes (et aussi les deux dernières de l'épisode). Sa prestation est plus correcte sans être flamboyante. Ce qu'on en retire, c'est toujours un manque de dynamisme gênant, un peu comme s'il ne savait pas comment mettre le script en scène de manière un tant soi peu inspirée. C'est dommage, mais ça prouve surtout que Marvel n'a clairement pas confié ce numéro soi-disant événementiel à des artistes de premeir plan.

Matteo Lolli, qui a beaucoup collaboré avec Duggan sur Marauders, prend le relais. C'est un dessinateur que j'ai toujours trouvé moyen, sans être désagréable. Il se taille la part du lion en enchaînant dix neuf planches d'abord, puis en revenant pour les pages 48 à 55 et enfin 62-63. Sa prestation est honnête, sans éclat, mais sans faute non plus. Toutefois, le voir ainsi aller et venir tout au long de l'épisode donne la curieuse impression qu'il a comblé les trous et réalisant ce que ses collègues n'ont pas eu l'énergie ou le temps de compléter - encore une fois, éditorialement parlant, ce n'est pas top.

Enfin, Russell Dauterman, comme l'an passé, signe la scène de l'élection. Comme il est largemetn au-dessus de ses collègues, ses planches sont les plus abouties et les plus belles. Mais il n'en dessine que six, ce qui ne fait vraiment pas lourd. Je déplore que cet artiste si élégant se consacre presque exclusivement à des couvertures (actuellement pour X-Men : Red, mais aussi des variants covers), mais je prends quand même avec plaisir ce qu'il distribue.

Passons maintenant au contenu de l'épisode.

Duggan insiste d'entrée de jeu sur la révélation publique du secret des mutants : suite aux confidences de Cyclope à Ben Urich, tout le monde sait à présent que les X-Men sont immortels. Cela va véritablement être le fil rouge du numéro et empoisonner la soirée de Emma Frost. De son côté, Cyclope est regardé en chien de faïence par nombre de ses semblables. Mais bizarrement, il y a un mutant qu'on voit très, très peu durant tout ça (une case en tout et pour tout !) et dont on aurait pourtant apprécié de connaître la réaction : c'est Charles Xavier. De façon plus générale, les membres du conseil de Krakoa sont très (trop) discrets dans ce numéro alors qu'on aurait pu s'attendre à ce qu'ils convoquent Cyclope pour une explication en règle.

Revenons à Emma Frost : Duggan apprécie le personnage et il en fait la vedette du show. Elle change moins de toilette que l'an dernier mais elle déambule tout au long de l'épisode, échange avec beaucoup de personnages, elle est vraiment sur le devant de la scène en permanence. Je crois même pouvoir affirmer que Duggan aurait apprécié de l'intégrer à nouvelle équipe de X-Men (comme on peut le deviner nettement dans un dialogue lors de la scène de l'élection). Y a-t-il renoncé parce que Emma est aussi présente dans Immortal X-Men de Kieron Gillen et qu'elle occupe plus que jamais une place majeure au sein du conseil de Krakoa ? Ou par que Jordan White, l'editor-in-chief de la franchise X, a posé son veto, estimant que Jean Grey devait rester aux côtés de Cyclope ?

En tout cas, en suivant Emma Frost, on remarque déjà une chose surprenante : comme l'an dernier, Marvel a beaucoup communiqué sur le vestiaire exubérant des invités et des mutants au gala (designé pour l'essentiel par Russell Dauterman). Or, on ne voit quaisment rien de ce défilé, et pour certains personnages, ils sont même absents de l'épisode (Black Widow notamment) ! C'est comme si des caméos de prestige avaient été coupés au montage !

Malgré tout, Duggan se rattrape avec des dialogues bien sentis : Dr. Fatalis qui se demande si, après tout, David Bowie était un mutant (petite blague amusante), Captain America qui conseille à Emma de ne pas compter que sur des mutants dociles pour défendre Krakoa (référence à une vieille altercation entre le Cap et Malicia mais aussi aux Uncanny Avengers), Stark qui rabat le caquet à Feilong, Stark qui suggère à Firestar de devenir son espionne au sein des X-Men, Emma et Firestar qui ont du mal à enterrer la hâche de guerre (un vieux contentieux là aussi car Angelica Jones a longtemps préféré les Avengers aux X-Men), le petit coup de pute de Forge à Cyclope en imposant Havok dans la nouvelle formation des X-Men... Tous ces petits moments composent ce que cet épisode a de meilleur.

Arrêtons-nous un instant sur la nouvelle équipe : déjà, surprise, c'est la Sorcière Rouge qui annonce la composition. Je pense que sa présence est désormais tolérée sur Krakoa depuis la mini Trial of Magneto (que je n'avais pas eu le courage de finir). En tout cas, ça fait plaisir de revoir Wanda dans les parages sans qu'elle soit dépeinte comme une vilaine ou une folle (si Al Ewing pouvait la récupérer dans X-Men : Red, je serai comblé). L'autre surprise, c'est que l'élection, contrairement à ce que je pensais, ne se joue pas de la même manière pour tous. Ainsi, Synch, Marvel Girl et Cyclope veulent rempiler et c'est accepté sans discussion - ce qui est surtout étonnant pour Cyclope (vraiment je trouve très léger que le choix qu'il a fait de révéler le secret de Krakoa ne soit pas davantage jugé, voire sanctionné par le conseil). 

Ensuite, là encore, contrairement à l'an passé, les mutants ne votent pas pour les autres membres : certains sont choisis par ceux qui restent (Forge designé par Cyclope) ou arrivent (Havok désigné par Forge, Firestar par Emma Frost et Iceberg), les autres se portent volontaires (Iceberg, Magik). Et enfin on constate qu'on est passé d'un groupe avec quatre femmes pour trois hommes à un groupe avec quatre hommes et trois femmes. Le résultat est en tout cas inattendu mais aussi référencé : Iceberg-Firestar, c'est un clin d'oeil aux Amazing Friends de Spider-Man mais aussi aux Amazing X-Men de Jason Aaron, Forge est l'invité qu'on n'attendait vraiment pas, Havok aux côtés de son frangin risque de provoquer des étincelles, Magik a une promotion méritée. C'est une formation inédite, intéressante, imprévisible, puissante. Prometteuse.

Faute de grand événement comparable à la terraformation de Mars, Duggan a profité de ce numéro pour avancer des pions pour sa seconde saison aux commandes de la série X-Men. Bien que je ne l'ai pas lue, la mini-série X Lives/X Deaths of Wolverine (de Percy, Cassara, Vicentini) a transformé Moira MacTaggert chassée de Krakoa en androïde résolue à se venger. On peut discuter de cette évolution, tout comme on peut revenir sur le fait que Hickman ait banni le personnage au terme de Inferno, mais je préfère pour ma part attendre de voir où ça va aller avant de me prononcer. En tout cas, désormais, Moira s'est alliée avec Orchis (mais pas seulement comme on le découvre à toute fin du numéro...) pour exterminer les mutants et ça, comment dire, ça pique un peu plus car on retombe clairement dans le schéma persécuteur-persécuté que Hickman avait réussi à reléguer au second plan (en se concentrant sur l'émergence de Nimrod). Mais bon, là aussi, attendons de voir comment Duggan va exploiter ça (d'autant qu'il prépare aussi le retour des Enfants de la Voüte à l'Automne).

Ce que j'ai trouvé pas terrible, c'est la manipulation de Mary Jane Watson par Moira pour gâcher la fête : tout ça tombe à plat (la scène avec Proteus est ratée) et renvoie même à un prochain épisode de The Amazing Spider-Man. Je sais pas mais il me semble qu'Orchis avait sûrement d'autres moyens, moins tordus, d'infiltrer le gala, notamment avec Essex et ses clones, ou même Feilong (dont, inexplicablement; personne ne fait grand cas alors qu'il tape l'incruste sans se cacher). La fin de l'épisode, que je ne divulgâcherai pas, renvoie elle à une publication X imminente mais là aussi, j'ai du mal à comprendre, à admettre même, que les autres alliés de Moira aient besoin d'elle pour leurs sombres desseins anti-mutants. Je me demande si en fait Moira ne va pas finir par être la victime de son propre double jeu, d'autant qu'elle ne peut se réincarner. Wait and see.

Au final, donc, ce X-Men : Hellfire Gala version 2022 est très inégal, incontestablement moins réussi que le précédent. J'ignore si Marvel va répéter l'opération chaque année : en soi, ça ne me déplairait pas car le principe reste de modifier la composition des X-Men. Mais il faudra à tout le moins que celui qui écrira le prochain numéro avec cette élection se montre plus inspiré.