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vendredi 28 août 2015

Critique 697 : BATMAN SAGA #40 (Août 2015)

 Batman Saga #40 :

- Batman #38 : Fini de jouer, quatrième partie (Scott Snyder / Greg Capullo) :

Le virus lâché par le Joker continue de rendre folle la population de Gotham. Batman oriente ses recherches en direction du docteur Paul Dekker, dont les travaux sur la régénération cellulaire pourrait permettre de concevoir un antidote. Mais le savant est du côté du Joker et va obliger Batman à s'en remettre à un autre de ses adversaires...

Le récit de Scott Snyder marque, pour la première fois depuis son commencement, légèrement le pas dans ce 4ème chapitre : on y renoue avec un Batman moins engagé dans des scènes d'action spectaculaires, même si la folie qui traverse Gotham réserve encore des moments saisissants, et davantage occupé à enquêter sur les complices du Joker et la recherche d'un antidote.
Néanmoins, l'intrigue demeure passionnante, avec une mise en perspective vertigineuse entre les légendes sur les immortels et la figure du Joker elle-même, dont le scénariste fait une créature quasi-mythologique - un angle de vue fascinant.
Le cliffhanger indique que Snyder compte lier cette saga avec le tout début de son run, ce qui, si cela est bien établi, formerait un tour de force assez épatant.

Greg Capullo maintient un niveau graphique toujours aussi percutant aux épisodes : son découpage très nerveux, ses cadrages inventifs, son emploi des à-plats noirs (superbement encrés par Danny Miki), donnent à tout ça une dimension épique et angoissante impressionnante.

- Detective Comics #38 : Anarky, deuxième partie (Brian Buccellato, Francis Manapul / Francis Manapul) :

Anarky, après avoir failli faire sauter la tour Wayne, accomplit un nouveau coup d'éclat en effaçant toutes les empreintes digitales des gothamites - et du même coup leurs dettes bancaires, leurs casiers judiciaires... Batman et le détective Harvey Bullock doivent alors faire face à des exactions commises par des malfrats lâchés dans la nature. Jusqu'à ce qu'une bavure se produise...

Ce deuxième volet de l'arc ne change guère l'opinion qu'on peut avoir sur la production scénaristique du duo formé par Brian Buccellato et Francis Manapul : leurs idées ne sont pas mauvaises ni exemptes de rythme, mais peinent à accrocher. La faute en incombe au fait que, pour l'instant, Batman n'affronte pas directement Anarky, trop occupé à contenir le chaos qu'il sème.

On sent bien que la série s'articule autour des inventions graphiques de Manapul, capable effectivement de produire des planches au découpage bluffant, mais le procédé a ses limites. Le titre historique de la chauve-souris est donc superflu, même s'il est séduisant : il ne rivalise pas avec la puissance des épisodes de Snyder tout en marchant étrangement dans ses pas (Gotham dépassé par les événements, méchant possédant un coup d'avance...).

- Batman & Robin #37 : L'éveil de Robin - Trou noir (Peter J. Tomasi / Patrick Gleason) : 

Batman affronte Darkseid sur Apokolips pour récupérer et évacuer la dépouille de Damian Wayne, mais aussi avoir une chance de le ressusciter grâce un éclat du cristal du chaos...

Peter J. Tomasi orchestre un duel de toute beauté entre deux personnages qu'on n'associe pas volontiers car leurs univers sont distincts (le cosmique divin avec Darkseid, la justice urbaine avec Batman). Pourtant, ça fonctionne, et pas qu'un peu : le scénariste réussit à retranscrire avec force l'énergie du désespoir qui anime Batman, au point qu'il défie Darkseid sur son propre territoire, mais avec un objectif imparable (la résurrection de son fils).
Alors que la série approche de son dénouement (au #40), tout porte à croire que sa fin sera grandiose.

Patrick Gleason livre une nouvelle fois des planches magnifiques : chez ce faiseur d'images, la sensation passe avant la construction et on retiendra longtemps la méticulosité folle avec laquelle il représente le seigneur d'Apokolips, son visage de pierre, son royaume infernal, tout comme l'intimité poignante des retrouvailles entre Bruce et Damian.

- Batgirl #38 : Aimée (Brendan Fletcher, Cameron Stewart / Cameron Stewart, Babs Tarr) :

Batgirl voit sa popularité monter en flèche depuis qu'elle communique sur les réseaux sociaux en tant que protectrice du quartier de Burnside. Barbara Gordon, elle, doit composer avec la défiance de son petit ami, l'agent Liam Powell, qui n'apprécie pas qu'une justicière masquée entrave l'action de la police...

Le run de Brendan Fletcher et Cameron Stewart affiche désormais sa singularité, pour le meilleur et le pire : les épisodes se suivent et se ressemblent dans leur structure, partagée entre l'exposition des soucis quotidiens de son héroïne, traités avec légèreté sinon avec superficialité, et la lutte avec un ennemi, au charisme très limité, au pouvoir de nuisance peu élevé.
La fraîcheur du dispositif n'excuse pas un défaut de plus en plus prononcé d'inspiration : c'est dommage, mais ne perdons pas espoir. Si d'aventure, les auteurs finissent par imaginer une menace plus consistante, cela profitera à leur héroïne.

Babs Tarr, toujours d'après le storyboard dressé par Stewart, continue d'illustrer ça avec beaucoup de pep's : en cela, son dessin est parfaitement raccord avec le projet, mais le potentiel de cet artiste gagnerait lui aussi à servir des intrigues plus intenses.

- Grayson Annual #1 : Une Histoire de géants, grands et petits (Tim Seeley, Tom King / Stephen Mooney) :

Helena Bertinelli, la "matrone" de l'agence Spyral, est kidnappé par Rockin' Rob, un expert en explosifs irlandais, qui veut la livrer aux sbires de St Francis en échange d'une rencontre avec ce dernier. Mais dans cette transaction, personne n'est celui qu'il prétend être...

A peine 5 épisodes et la série de Tim Seeley et Tom King a déjà droit à son Annual, un format plus long qu'à l'ordinaire (une trentaine de pages), avec une intrigue qui, tout en restant relié à l'arc en cours, permet un angle de vue un peu décalé.
L'intrigue doit, à l'évidence, beaucoup à Tom King, ancien des forces spéciales, et bien documenté sur l'Irlande. Mais davantage que cela, c'est le jeu sur le fait de raconter des histoires - le propre des espions en somme, qui doivent tromper leurs ennemis pour les démasquer et les vaincre - qui séduit. Toute la nuance entre le récit et le mensonge devient jubilatoire au terme de cet épisode.

Mikel Janin laisse sa place au dessinateur irlandais Stephen Mooney (révélé avec la série indé Half Past Danger chez IDW), dont le style, bien différent, est très efficace. Parfois, quelques plans trahissent des maladresses avec des compositions inégales, mais le trait est affirmé, réaliste, avec un découpage habile.

Bilan : toujours très positif - la revue est vraiment un régal à lire, son programme est riche, dense, varié, et la format anthologique mais thématique (le Bat-verse) profite même aux titres plus faibles (Batgirl, Detective Comics). Des séries comme Batman, Batman & Robin et Grayson affichent un niveau narratif et graphique impressionnant, surtout que DC peut se vanter d'y avoir des auteurs et artistes très réguliers.

jeudi 30 juillet 2015

Critique 677 : BATMAN SAGA #39 (Juillet 2015)

Pour une raison qui m'échappe, ce #39 est également daté de Juillet comme le #38. Il faudra être plus patient pour lire le #40, disponible le 21 Août prochain...
 Batman Saga #39 :

- Batman #37 : Fini de jouer (3) (Scott Snyder / Greg Capullo) :

Le Joker a répandu une toxine sur Gotham qui rend tous les habitants fous comme lui. Batman, traité par Alfred et sa fille, après avoir maîtrisé les membres de la Justice League contaminés, espère pouvoir endiguer cette contamination en trouvant le premier individu à y avoir été exposé dans l'hôpital presbytérien. Mais le Joker s'en prend pendant ce temps au commissaire Gordon...

Ce nouveau chapitre est dans la même veine que les deux précédents : mené à toute allure, le récit de Scott Snyder offre du grand spectacle avec Gotham en proie à la folie et de l'épouvante avec le Joker littéralement transformé en menace du fond des âges. Et si l'ennemi de Batman était immortel, l'incarnation du mal dans la cité depuis toujours ? L'épisode ménage en tout cas le mystère et offre des scènes sensationnelles où tel le croquemitaine le Joker est partout, multiple, effrayant. Cette fois, on se demande bien quelle sera l'issue du combat.

Greg Capullo n'est pas en reste pour la partie visuelle : ses planches ont toujours une énergie fantastique et elle sublime l'atmosphère puissamment campée par l'histoire. L'artiste soigne son découpage avec une narration parallèle très efficace (les face-à-face simultanés entre Batman-Joe Chill et Gordon-le Joker).

Cet arc est, jusqu'à présent, un remarquable sans-faute, d'une intensité peu commune.

- Detective Comics #37 : Anarky (1) (Brian Buccellato & Francis Manapul) :

Un nouvel individu a endossé l'habit et l'identité du vilain Anarky, sur lequel le détective Harvey Bullock enquête. Lorsque le malfrat pirate la tour Wayne dans le centre de Gotham, Batman fait évacuer les lieux...

Le tandem Brian Buccellato-Francis Manapul, qui co-écrit et met en images (Manapul pour les dessins, Buccellato pour les couleurs) la série, revient aux commandes en ramenant sur le devant de la scène un ennemi créé en 89 : Anarky. Il n'y a pas de hasard là-dedans puisque c'est aussi le vilain de la dernière série en dessin animé Beware the Batman !

On retrouve les mêmes qualités et défauts que les deux auteurs affichaient dans leur run sur Flash : une mise en scène de toute beauté (même si moins inventive) et un récit qui peine à atteindre l'intensité qu'il vise. 

On est loin derrière le Batman de Snyder/Capullo. D'ailleurs l'impact de la storyline de cette série sera telle sur Detective Comics qu'elle a suscité le départ, depuis de Manapul (qui va réaliser un récit complet sur Aquaman).

- Batman & Robin #36 : L'éveil de Robin - Chaos (Peter J. Tomasi / Patrick Gleason) :

Batman est rejoint sur Apokolips par Red Hood, Red Robin, Batgirl et Cyborg pour y affronter Kalibak, le fils de Darkseid, qui détient la dépouille de Damian Wayne. Mais Batman ne veut pas seulement récupérer son fils défunt : il veut éliminer le tyran de cette planète...

S'il ne fallait retenir qu'un mérite à cette saga, c'est qu'elle affiche sa rupture avec les clichés attachés à Batman et son univers, mais Peter Tomasi ne fait rien gratuitement : en effet, en exportant le héros (et plusieurs de ses alliés) sur Apokolips, il ne fait pas que le changer de décor, il lui en substitue un autre qu'on peut interpréter comme une version encore plus ravagée, radicale de Gotham.
Il n'empêche, le périple de Batman et son gang chez Darkseid est explosif et le cliffhanger promet un affrontement d'anthologie.

Patrick Gleason est en grande forme : il excelle particulièrement à traduire visuellement la rage de Batman et à représenter le cadre cauchemardesque de l'action, fidèle à la vision de Kirby, son créateur. Parfois, néanmoins, le dessinateur abuse un peu des cadrages tarabiscotés ou des à-plats noirs pour expédier les arrière-plans, mais quel souffle !

- Batgirl #37 : Double exposition (Brendan Fletcher, Cameron Stewart / Cameron Stewart, Babs Tarr) :

Barbara Gordon traque celle qui a usurpé son alias de Batgirl et menace de révéler sa double identité. Son enquête l'entraîne sur la piste d'un artiste contemporain, Dagger Type...

Sur les réseaux sociaux (forums, blogs...), l'écriture de Brendan Fletcher et Cameron Stewart divise beaucoup de fans de Batgirl, reprochant aux auteurs une certaine superficialité et un break trop net avec la version précédente par Gail Simone.
C'est vrai que, parfois, tout cela est un peu trop léger, mais, pour ma part, j'apprécie le dynamisme dans le traitement des intrigues : chaque épisode se suffit à lui-même, tout en développant un subplot (qui manigance pour démasquer Batgirl ?) accrocheur. 

Le découpage de Stewart est très vigoureusement complété par le dessin pétillant, expressif, de Babs Tarr, et la colorisation vive de Maris Wicks. Alors, oui, là aussi, c'est décalé, mais intégré au sommaire d'une revue dominée par des séries sombres, c'est une respiration bien agréable. 

- Grayson #5 : Nous mourrons tous à l'aube (Tim Seeley, Tom King / Mikel Janin) :

Lors d'une mission en Arabie Saoudite pour l'agence Spyral, Dick Grayson et Helena Bertinelli croisent la route du Midnighter, agent de Stormwatch. Le crash de leur hélicoptère en plein désert avec un bébé ayant le coeur de Paragon les oblige à une traversée dans ce territoire très hostile...

Cet épisode déçoit un peu par rapport aux précédents de ce titre : on peut à peine parler d'intrigue tant le propos est minimal et la présence du Midnighter semble surtout là pour préparer sa propre série (qui vient de débuter en v.o.). Tim Seeley et Tom King nous avaient habitués à bien mieux que ce scénario aussi désertique que son cadre.

Mikel Janin n'a pas eu à se forcer pour mettre ça en images, et ses quelques idées de découpage ne cachent pas le vide de ses cases. On louera plutôt la colorisation de Jeremy Cox, qui réussit parfaitement à souligner la chaleur écrasante dans des camaïeux d'orange très évocateurs. Mais c'est bien peu en vérité.

Bilan : jubilatoire - la revue garde un niveau impressionnant, avec un programme de haute tenue. La qualité visuelle des séries est fabuleuse, et les histoires proposées sont toutes prenantes. Il faut aussi noter les bonus éditoriaux (comme l'article sur le Joker), sans commune mesure avec ce que fait Panini et ses propres mais anecdotiques suppléments.

dimanche 12 juillet 2015

Critique 663 : BATMAN SAGA #38 (Juillet 2015)

BATMAN SAGA #38 :

- Batman #36 : Fini de jouer (2) (Scott Snyder / Greg Capullo) :

Batman neutralise, avec difficulté, Superman sous l'emprise du Joker, mais il lui faut ensuite localiser son ennemi, qu'il croyait mort après leur dernier affrontement. Il retourne dans l'asile désaffecté d'Arkham (dont les pensionnaires résident désormais dans l'ancien manoir Wayne) où il va faire une découverte sidérante...

Démarré sur les chapeaux de roues, cette histoire se développe avec une intensité remarquable : Scott Snyder alterne parfaitement séquences d'action et enquête pour nous mener jusqu'à un cliffhanger haletant, qui signe le retour du Joker.
Difficile, pour ne pas dire impossible de ne pas être saisi par l'efficacité redoutable du dispositif et les promesses qu'il annonce, amenées à profondément bouleverser la série.

Greg Capullo évolue graphiquement dans ce théâtre d'ombres comme chez lui : son style très détaillé sait se dépouiller pour évoquer des ambiances dignes de Mignola, un mélange détonant mais d'une grande puissance.

Palpitant, musclé : irrésistible. 

- Detective Comics #36 : Terminal (2) (Benjamin Percy / John Paul Leon) :

L'aéroport de Gotham est mis en quarantaine après qu'un avion, avec tous ses passagers tués par un mystérieux et foudroyant virus, s'y soit posé. Batman est lui-même atteint mais l'attentat a été revendiqué et, avec l'aide de Dick Grayson, il va pouvoir pister le terroriste. 

Suite et fin de cette aventure en deux parties : Benjamin Percy a conduit avec habileté son récit qui doit plus au registre de l'épouvante qu'aux comics d'action traditionnels. L'utilisation de Dick Grayson est facilement providentielle, mais ce n'est pas très grave car le véritable intérêt était ailleurs.

Et l'atout maître de ce diptyque, ce sont les dessins de John Paul Leon, avec encore une fois une prestation extraordinaire : voilà un artiste capable de transcender n'importe quel récit et qui anime Batman comme les plus grands.

Le mois prochain, retour aux manettes de la team Brian Buccellatto-Francis Manapul (ce dernier vient d'ailleurs d'annoncer son départ de la série, qui va être très impactée par le Batman de Snyder).

- Batman & Robin #35 : L'éveil de Robin - Les portes de l'enfer (Peter J. Tomasi / Patrick Gleason) :

Batman a dérobé dans le Q.G. de la Justice League une armure avec laquelle il s'est téléporté sur Apokolopis où la dépouille de son fils Damian a été emmenée par Glorious Godfrey. Cepedant à Gotham, Red Hood, Robin et Batgirl confient la protection de la ville à Batwoman pendant qu'ils partent rejoindre leur mentor... 

Voilà un titre que j'étais impatient de retrouver car, lorsque j'avais acheté les premiers numéros de la revue, il était mon préféré du sommaire. On est à présent dans la dernière ligne droite puisque la série va se conclure au #40 (elle sera remplacé par Robin, son of Batman, qu'écrira et dessinera Gleason).
L'intrigue de Peter Tomasi présente le mérite d'être immédiatement accessible (grâce aussi au rédactionnel irréprochable de l'équipe d'Urban Comics, dont le travail sur ce point est d'une qualité incomparable avec Panini) : le cadre d'Apokolips, créé jadis par Kirby, reste toujours aussi impressionnant et la quête de Batman et ses disciples y revêt une dimension épique.

Patrick Gleason produit des planches inégales : inspiré quand il évolue dans l'enfer de Darkseid, un peu plus relâché dans la partie à Gotham, mais l'ensemble de l'épisode est tout de même de grande qualité visuellement.

Vivement la suite.
  
- Batgirl #36 : C'est parti pour l'apocalypse ! (Brendan Fletcher, Cameron Stewart / Cameron Stewart, Babs Tarr) :

Barbara Gordon doit mener de front deux enquêtes : trouver qui a découvert qu'elle était Batgirl en lui envoyant un e-mail et arrêter les voleuses de deux motos expérimentales élaborées dans le campus qu'elle fréquente. Et si les deux affaires étaient liées ?

Les bonnes dispositions affichées par l'équipe créative dans l'épisode du précédent numéro se confirment et font de la série un de mes coups de coeur : quelle énergie ! Les références manga m'ont en revanche laissé froid (mais je ne suis pas client de BD japonaises en général).

C'est surtout graphiquement que cette nouvelle Batgirl est jubilatoire : le découpage très dense et pourtant très dynamique de Cameron Stewart associé au dessin cartoony de Babs Tarr est un régal à lire, en parfaite adéquation avec la narration de Brendan Fletcher.

Décalé par rapport au reste du sommaire, mais agissant comme une bien agréable respiration.

- Grayson #4 : La chasse (Tom King, Tim Seeley / Mikel Janin) : 

Dick Grayson est sur ses gardes : Monsieur Minos, le chef de l'agence Spyral qu'il a infiltrée, a compris qu'une taupe a infiltré son organisation et a confié à Helena Bertinelli la mission de l'identifier. L'ex-Nightwing doit aussi faire face à de jeunes recrues de St Hadrian, l'académie rattachée à Spyral, désireuses qu'elle le remarque car il leur plait.

Ce 4ème épisode fonctionne encore sur le principe du done-in-one : il n'y a pas vraiment d'intrigue comme dans le précédent numéro, mais la série dégage un vrai charme, qui ne s'inscrit finalement pas dans le registre super-héroïque mais plus dans le récit d'aventures et d'espionnage (on n'est pas si loin du Winter Soldier de Brubaker, avec moins de gravité). Le duo Tom King-Tim Seeley (qui se partage la conception de l'histoire et sa mise en forme) accomplit un excellent boulot.

L'autre artisan de cette réussite est Mikel Janin qui dessine cela avec un plaisir si évident que le lecteur le ressent : son trait glamour introduit une distance bienvenue mais sans négliger des effets de mise en scène sophistiqués (une cascade de petites vignettes pour résumer la mission dans le QG du chevalier noir, la splash-page pour la poursuite entre les élèves de St Hadrian et Grayson).

Très séduisant.

Bilan : Batman Saga affiche un sacré programme et offre de grands moments de lecture. Bien qu'axé autour du Batverse, on a quand même droit à une revue aux séries bien contrastées, menées par des équipes artistiques aux styles affirmés et distincts. 

jeudi 28 mai 2015

Critique 628 : BATMAN SAGA #37 (Mai 2015)

Comme j'ai acheté Batman Saga #37 ce mois-ci, je vais peut-être bien m'y remettre, même si ça ne signifie pas que c'est pour de bon et que je vais à nouveau consommer des revues de super-héros en quantité.
Mais ce qui m'a motivé, c'est que la majorité du sommaire propose le début de nouveaux arcs narratifs, un bon point d'entrée donc.
BATMAN SAGA #37 :

- Batman #35 : Fini de jouer (1) (Scott Snyder / Greg Capullo) :

Qu'arrive-t-il à la Justice League pour qu'elle agresse ainsi, soudainement, Batman en plein coeur de Gotham ? 

Je me souviens de l'impression mitigée que m'avait laissé le tout début du run de Scott Snyder avec son interminable intrigue consacrée à l'organisation des Hiboux. Là, ce tout nouvel arc démarre sur les chapeaux de roues et annonce, à la fin de cet épisode, une nouvelle machination ourdie par le plus célèbre des ennemis de Batman. C'est punchy, accrocheur, prometteur.

Greg Capullo dessine ça fantastiquement - et il faut espérer que l'artiste se remettra vite et bien de l'alerte cardiaque dont il vient d'être victime car il est pour beaucoup dans l'attrait de la série-phare.

- Detective Comics Annual # 3 : Icare, théorie du chaos (Brian Buccellato / Werther Dell'Edera, Jorge Fornès, Scott Hepburn) :

Les destins croisés de plusieurs personnages mêlés à l'affaire que vient de résoudre Batman au sujet d'une drogue, l'Icare.


Cet Annual est le morceau qui m'a posé le plus de problèmes pour la reprise de la revue puisqu'il conclut l'arc précédent de Detective Comics. Par ailleurs, ces 40 pages ne sont guère passionnantes et souffrent de trois graphismes à la fois trop différents et moyens. 

On peut zapper.

- Detective Comics #35 : Terminal (1) (Benjamin Percy / John Paul Leon) 

Un avion se crashe à l'aéroport de Gotham alors que Bruce Wayne s'apprêtait à quitter la ville pour des vacances. L'affaire va accaparer Batman quand il découvre que tout l'équipage et ses passagers sont morts à cause d'un éco-terroriste.

Benjamin Percy remplace Brian Buccellato au scénario de la série pour deux mois et écrit une aventure à la fois spectaculaire et angoissante à souhait. La situation est rapidement posée et très prenante.

Mais l'attraction de ce diptyque, c'est bien entendu John Paul Leon qui se charge des dessins : ce fabuleux et trop rare artiste (qui avait un projet de graphic novel sur Batman avec Kurt Busiek, dont on est sans nouvelles) livre des planches fantastiques, d'une puissance expressionniste rare. 

- Batgirl #35 : Grillé (Brendan Fletcher, Cameron Stewart / Cameron Stewart, Babs Tarr)

Barbara Gordon déménage dans le quartier de Burnside pour y poursuivre ses études et son activité de justicière. Elle est vite dans le bain en devant affronter un pirate informatique qui les menace, elle et ses amies.

Voilà une ses raisons pour lesquelles j'ai acheté ce numéro : la reprise de Batgirl par, entre autres, Cameron Stewart, qui s'occupe du script, avec Brendan Fletcher, et du storyboard, qui guide les dessins de Babs Tarr.

Le résultat est une bouffée de fraîcheur et une leçon de narration, soutenue par un rythme d'enfer, de l'humour, un charme fou (tout le contraire des épisodes laborieux et mal dessinés du run de Gail Simone).

- Grayson #3 : Le coup est parti (Tom King, Tim Seeley / Mikel Janin)

Dick Grayson et l'organisation Spyral (qu'il a infiltré pour le compte de Batman afin d'en démasquer le chef, Mr Minos) doivent appréhender un certain Christopher Tanner alias "Vieux Fusil", qui détient les yeux de Parangon (dont les organes dispersés donneraient des pouvoirs surhumains).

Et voilà l'autre série qui m'a poussé à l'achat de la revue : l'ex-Nightwing est désormais un espion et doit jouer un double-jeu au sein d'une agence qu'il a infiltrée tout en remplissant des missions pour elle.

Ecrite par un ancien des Forces Spéciales, Tom King, avec Tim Seeley, le titre est d'une efficacité redoutable, chaque épisode étant composé comme un done-in-one tout en développant un subplot (les fameux organes de Parangon). C'est sexy, avec des dialogues bien sentis, et tonique.

Les dessins sont en plus assurés par l'excellent Mikel Janin (la révélation de Justice League Dark), dont les découpages et les personnages, à la beauté du diable, sont un formidable plus.

Bilan : le programme est copieux et de très bonne facture. J'ai envie de lire la suite de tout ça.