jeudi 30 juin 2022
X-MEN : RED #4, de Al Ewing, Michael Santa Maria, Andres Genolet et Juann Cabal
jeudi 25 mars 2021
GUARDIANS OF THE GALAXY #12, de Al Ewing et Juann Cabal
jeudi 18 février 2021
GUARDIANS OF THE GALAXY #11, de Al Ewing et Juann Cabal
samedi 9 janvier 2021
GUARDIANS OF THE GALAXY #10, de Al Ewing et Juann Cabal
Star-Lord fait appel à la puissance du Maître du Soleil avec lequel il a renoué durant son absence et réussit à vaincre le dragon. Rocket reçoit un s.o.s. de la Terre mais Peter Quill doit règler un autre problème avant d'y répondre : affronter les dieux de l'Olympe là où l'équipe des Gardiens est née...
C'est toujours délicat pour une série fraîchement relancée de devoir composer avec une saga développée ailleurs, par un autre auteur. Marvel publie actuellement King of Black, un event écrit par Donny Cates, découlant directement de ce qu'il a imaginé dans la série Venom. Bien entendu, fidèle à ses habitudes, l'éditeur multiplie les tie-in, sans se soucier du déséquilibre que cela peut causer pour des séries qui n'ont rien à voir avec le symbiote.
A partir de là, il y a les titres "protégés" car sous la protection d'un auteur assez puissant pour contourner l'event (comme Jason Aaron avec Avengers, Nick Spencer avec The Amazing Spider-Man, ou Jonathan Hickman avec la franchise "X") - des numéros hors-série seront réalisés sans que cela impacte leurs intrigues en cours. Puis il y a les autres, obligés de suivre la marche.
Al Ewing, qui a été aux manettes de Empyre (le précédent event Marvel), et qui dirige désormais Guardians of the Galaxy (qu'écrivait avant lui Donny Cates), est à la fois contraint de suivre cette marche mais semble composer de bonne grâce avec. C'est assez naturel dans la mesure où il commande à deux séries "cosmiques", qui peuvent difficilement zapper King in Black.
Toutefois, Ewing n'entend pas subir trop longtemps les événements et comme il vient d'orchestrer le retour de Star-Lord, il en profite pour démontrer le changement qu'a connu le personnage comme on l'a vu dans l'épisode précédent.
Comme il l'a expliqué en interview, Ewing, en se penchant sur les origines de Star-Lord, a compris qu'elles étaient désormais en contradiction avec l'incarnation récente de Peter Quill et sa caractérisation. Comme il l'a fait pour Hulk, il veut réconcilier ces extrêmes et animer un personnage qui serait une synthèse. Ce qui induit évidemment une modification profonde de la personnalité de l'intéressé.
On a donc droit à un Star-Lord complètement à côté de ses pompes, ce qui est normal puisqu'il revient d'entre les morts mais surtout parce qu'il a passé, de l'autre côté, un temps considérable (plus d'un siècle), ce qui explique qu'il ne sait plus où et quand il est, qu'il est déboussolé en retrouvant Rocket Nova. Ewing fait preuve d'un humour salutaire dans ces scènes, sans ridiculiser non plus son héros.
Et puis embarqué dans un conflit spectaculaire, on voit Star-Lord dans sa nouvelle condition. En renouant avec le Maître du Soleil qui lui a donné ses pouvoirs, Peter Quill n'a plus grand-chose de commun avec le leader des Gardiens popularisé par Brian Michael Bendis puis les films de James Gunn. Il est devenu un individu pourvu d'une volonté et d'une puissance de feu quasi-divines, qui explose littéralement un dragon de ténèbres, extension de Knull, ce qui n'est pas rien.
Cette évolution considérable est soulignée par les dessins hallucinants de Juann Cabal. D'abord, en le représentant barbu (très barbu) et les cheveux longs, Star-Lord a un aspect christique évident. Ensuite l'artiste, quand il accompagne les scripts de Ewing, fait de la série un objet renversant, qui n'a pas d'équivalent actuel chez Marvel.
Je l'ai déjà écrit mais je vais le répéter : sans Cabal, Guardians of the Galaxy est une série sympathique, agréable, efficace, mais pas plus. Avec Cabal, c'est un comic-book qui donne au lecteur le sentiment d'avoir en main une production extraordinaire. A mon sens, l'apport de Cabal est comparable à celui d'un JH Williams III : la série est entre les mains d'un dessinateur qui livre des découpages sophistiqués, des compositions baroques, qui dépasse les codes graphiques du genre. Chaque plan devient un morceau de bravoure et l'investissement de Cabal se mesure dans la minutie qu'il apporte à chaque détail, chaque expression, aux choix des angles de vue, à la disposition des éléments dans chque cases, aux enchaînements de chaque vignette, à la composition globale de chaque page. Chaque page devient une sorte de spectacle en soi tout en respectant l'ensemble de l'épisode.
Si je pense à JH Williams III, c'est justement parce que Cabal paraît chercher la façon la plus étonnante de traduire en images le script. Avec Alan Moore dans Promethea, puis Greg Rucka dans Batwoman, Williams III éblouissait avec des formes complexes et géniales, des motifs récurrents qui forçaient le regard du lecteur à aller dans la direction que lui voulait et pas forcément selon une grille ordinaire (case, bande, planche). Cabal fait un effort semblable et n'hésite pas à multiplier des effets purement graphiques pour exiger du lecteur une attention supplémentaire, pour produire une sensation plus forte. Voyez encore une fois comment la figure du triangle est présente : c'est devenu l'emblème de Star-Lord et c'est un clin d'oeil évident à Moore et Williams III qui l'utilisaient beaucoup dans Promethea (plus qu'un triangle, il s'agit d'une pyramide, qui est un symbole maçonnique, ne devant rien au hasard pour un scénariste féru d'occultisme comme Moore).
Les couleurs flamboyantes de Federico Blee finissent d'épater et de donner à l'affaire cet aspect hallucinnant (halluciné). Quand Guardians of the Galaxy est ainsi, c'est un régal.
La fin de l'épisode indique, quant à elle, que Ewing n'en a pas fini avec sa refondation des Gardiens, puisqu'il va à la fois s'occuper de la menace des dieux de l'Olympe en ramenant les héros originels du titre dans sa version moderne là où ils se sont connus et réunis. Voilà qui promet
samedi 12 décembre 2020
GUARDIANS OF THE GALAXY #9, de Al Ewing et Juann Cabal
vendredi 7 août 2020
GUARDIANS OF THE GALAXY #5, de Al Ewing et Juann Cabal
dimanche 19 juillet 2020
GUARDIANS OF THE GALAXY #4, de Al Ewing et Juann Cabal
Après quatre mois sans nouvel episode, ce retour des Gardiens de la Galaxie fait vraiment plaisir, d'autant plus pour moi qui ait mis à contribution ce temps pour découvrir un peu plus son scénariste, Al Ewing. Ce dernier démarre son deuxième arc narratif, toujours pied au plancher, en donnant un nouveau rôle et de nouveaux adversaires aux héros. C'est par ailleurs somptueusement dessiné par la révélation Juann Cabal.
L'éclatement des Gardiens de la galaxie fait les affaires de Castor Gnawbarque III qui veut la peau de Rocket Raccoon, son ennemi juré. Il a chargé BlackJack O'Hare de former un groupe de mercenaires pour cela et cette formation compte dans ses rangs Groot, Drax et Gamora mais aussi Prince of Power.
Mais quel intérêt menace Rocket ? Gnawbarque dispose d'un convertisseur de matière identique à celui qu'utilise Galactus et avec lequel il veut exploiter les ressources d'une planète et de ses habitants. Raccoon et ses acolytes comptent l'en empêcher.
Rocket sert, avec Phyla-Vell pour veiller sur lui, à focaliser l'attention des mercenaires, pendant que Marvel Boy approche et pénètre le convertisseur de matière. Une fois dans la place, il affronte et défait facilement Prince of Power et Drax, grâce aux indications de Nova, convalescent, et Moondragon.
Mais c'était sans compter sur Gamora qui coupe la communication entre Noh-Varr et Heather Douglas et semble neutraliser le Kree. Toutefois celui-ci a plus d'un tour dans son sac, cepandant que Moondragon est assaillie par un vieil ennemi...
Y a pas à dire, ce Al Ewing est très fort et profite très habilement d'être aux commandes d'un titre certes populaire mais moins exposé qu'une franchise (comme Avengers ou Spider-Man peuvent l'être) pour marquer les esprits. Il joue sur deux tableaux (en signant aussi l'event Empyre) et gagne.
Cela passe ici par une modification sensible du rôle des Gardiens de la galaxie, qui depuis Abnett-Lanning jusqu'à Bendis (on jettera un voile pudique sur le run raté de Donny Cates, qui, à l'inverse de Ewing, me semble définitivement sur-estimé comme auteur émergent), ont été caractérisé comme des pirates de l'espace.
Pour Ewing, il s'agit désormais de le écrire comme un gang de braqueurs que leur récent split (après la mort de Peter Quill face aux Olympiens) a déchiré. Gamora, Drax et Groot n'ont pas pardonné à Rocket Raccoon de n'avoir pu éviter la disparition de Star-Lord. Gamora a entraîné ses amis dans une brigade de mercenaires recrutée par Black Jack O'Hare, à la solde de Castor Gnawbarque III. Lui-même ennemi juré du raton-laveur.
La douleur égare Gamora visiblement car Gwanbarque n'est vraiment pas fréquentable : il veut saper les ressources d'une planète et racketter ses habitants au moyen d'un engin semblable à celui dont se sert Galactus pour consommer des mondes. Ewing n'a que vingt pages et donc pas assez de place pour développer les motivations de Drax et (surtout) Groot, prêts aussi à éliminer Rocket. On verra si cela est explicité plus tard. En revanche, l'ecclectisme des mercenaires, avec O'Hare et sa tête de lapin ou du Prince of Power (une sorte d'éphèbe imbécile mais puissant), est savoureux.
Non, là où Ewing donne le meilleur de lui-même, c'est dans l'animation des Gardiens. D'abord, il réussit, contre toute attente, à faire vivre l'équipe sans Quill (et sans qu'il ne manque au lecteur, encore plus fort). Pour cela il attribue à chacun un rôle précis et inspiré : Moondragon est l'officier de liaison, Nova (encore convalescent) l'éclaireur, Marvel Boy l'homme de terrain, Rocket l'appât, Phyla-Vell sa garde du corps. Et Hercule, le joker. Le récit se déploie sur un rythme effréné tout en étant constamment lisible et l'action est d'une efficacité redoutable (l'arsenal de Noh-Varr est exploité avec un génie certain et fournit des moments très originaux). Jusqu'au cliffhanger, très accrocheur...
Souvent, je suis un peu perdu/déçu par les team-books actuels. Je trouve que les scénaristes partent avec un ou deux personnages qui sont ouvertement leur(s) chouchou(s) et néglige les autres, puis élaborent des intrigues qui mettent trop longtemps à se dessiner. Un exemple : la Justice League Dark de James Tynion IV chez DC, très laborieuse même si son run s'est achevé en beauté. Ou alors il y a la méthode Jonathan Hickman avec X-Men, qui rappelle Mission : Impossible, avec un chef immuable (Cyclope) et des membres choisis en fonction de l'objectif. Ou bien, on se fiche de tout et on emploie des héros en suivant son seul délire, au risque de laisser des fans sur le côté (Avengers de Jason Aaron, Justice League de Scott Snyder).
Ewing, lui, sait ce qu'il fait et tire le meilleur parti de son casting, sans s'enliser dans des histoires impossibles. Il peut aussi s'appuyer sur un dessinateur vraiment exceptionnel qu'on n'attendait pas à ce niveau. Franchement, qui connaissait Juann Cabal avant ça et aurait misé sur lui pour conduire une série pareille ? Pas moi. Et j'aurai eu tort car c'est sans doute la révélation de l'année.
Sur un plan technique, Cabal maîtrise son sujet : son trait est expressif et fin, généreux dans le détail (voir la page dans laquelle Marvel Boy se faufile dans les conduits du convertisseur), les émotions des personnages sont finement traduites. Mieux encore : son découpage est souvent virtuose. Il pourrait y aller tranquille mais il se permet des fantaisies spectaculaires (l'apparition de Marvel Boy sous forme d'un crayonné, l'encerclement du vaisseau de Moondragon par le dragon de la lune, un flash pop-art quand Drax est atteint par le crachat de Noh-Varr). Je suis épaté par la proposition, la variété des effets, leur justesse. On en prend plein les yeux mais toujours intelligemment, on peut décortiquer chaque plan, c'est du solide. Et les couleurs de Federico Blee et du studio Guru mettent ça en valeur, en privilégiant ds tons clairs, légers, qui tranchent avec ce que la série a pu proposer avant.
Vous pouvez y aller confiants, ces Guardians of the Galaxy, c'est de la bombe.















































