jeudi 28 décembre 2023
SABRINA THE TEENAGE WITCH HOLIDAY SPECIAL #1, de Kelly Thompson et Veronica Fish, Danielle Paige et Veronica Johnson
lundi 26 juillet 2021
DES NOUVELLES NOUVELLES TOUTES FRAÎCHES
C'est Lundi, le jour des News comics. Et Il y a à boire et à manger cette semaine. Les éditeurs ne prennent pas de vacances, il faut faire tourner la machine et prévoir les sorties de l'Automne. Donc, allons-y gaiement sans tarder !
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DAVE COCKRUM :
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ARCHOE COMICS :
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ALAN MOORE :
(Grosso modo, Leah Moore explique que ce qui la rend folle, c'est que son père adore les super-héros et les comics, plus que tout. Kirby et Ditko étaient ses idôles. Les super-héros l'ont toujours passionnés, inspirés, excités, depuis toujours.)
"the medium he adored was ruled by corrupt despots, that the people who made that magic were abused, that their contribution was not valued, that it was stolen from them. He already hated that before Watchmen. He already knew Kirby had been shafted. So when it happened to him, and then again, and then again, it wasn't just a business deal gone awry, or a bit of bad luck, it broke him. The thing he loved most, the thing he poured *all* his time and energy into for his whole entire life, he couldn't do it anymore."
("Ce média qu'il adore, ajoute-t-elle, est dirigé par des despotes corrompus, qui ont abusé des créateurs qui le rendent magique, dont les contributions sont dévaluées, dont les créations leur sont volées. Moore a toujours haï cela, même avant Watchmen. Il savait comment ça se passait car il savait comment avait été traité Kirby. Donc, quand ça lui est arrivé, à lui, encore et encore, il savait que ce n'était pas de la malchance, une mauvaise compréhension entre les créateurs et les affairistes, ça l'a brisé. La chose qu'il aimait le plus au monde, pour laquelle il a depensé tant de temps et d'énergie dans sa vie entière, il n'a plus voulu s'y consacrer.")
"Can you imagine if he hadn't been fucked over? If instead of being Grumpy Alan Moore Shouting From His Cave he had spent the past 40 years putting out book after book for DC and the rest? Creating vast worlds full of the superheroes he loves? Enjoying comics? Its a damn shame."
vendredi 26 février 2021
SABRINA THE TEENAGE WITCH : SOMETHING WICKED #5, de Kelly Thompson et Veronica Fish
dimanche 29 novembre 2020
SABRINA THE TEENAGE WITCH : SOMETHING WICKED #4, de Kelly Thompson et Veronica Fish
samedi 26 septembre 2020
SABRINA THE TEENAGE WITCH : SOMETHING WICKED #3, de Kelly Thompson et Veronica Fish
jeudi 14 mai 2020
SABRINA THE TEENAGE WITCH : SOMETHING WICKED #2, de Kelly Thompson et Veronica Fish
En effet, Archie Comics a réussi à maintenir la parution de Sabrina the teenage witch : Something Wicked en ces temps troublés. Et on ne peut que les en remercier car la série écrite par Kelly Thompson et dessinée par Veronica Fish est un vrai feel-good comic, comme le confirme cet épisode.
Sabrina a découvert que ce sont ses tantes, Hilda et Zelda, qui ont lancé le sort transformant à la pleine lune Radka et Ren Ransom en monstres. Elle n'ose leur dire qu'elle les a démasquées ni que faire pour corriger la situation mais promet à Radka de l'aider... A condition que Ren soit mis dans la confidence.
Radka, mise au pied du mur, Sabrina doit encore composer avec sa vie sentimentale compliquée. Elle voudrait se confier à Harvey Winkle, un de ses prétendants, mais se retient en estimant qu'il ne la comprendrait pas bien qu'il ait deviné que quelque chose la tracassait.
Le peu de réconfort que peut trouver la jeune fille, c'est auprès de Della. En passant devant sa boutique, elle est invitée à une séance pour être initiée aux subtilités du savoir-faire, ce jeu de sorcières qu'elle souhaite apprendre. Elle se montre douée mais manque encore de pratique.
Le soir est tombé quand elle quitte Della et Ren Ransom lui propose de la reconduire chez ses tantes. En route, Sabrina s'interroge sur l'opportunité de tout révéler à son autre prétendant qui lui aussi, à sa manière, a une vie secrète. Il accepte de lui laisser du temps pour choisir lequel de lui ou de Harvey aura les faveurs de Sabrina.
De retour dans sa chambre, en compagnie de son chat Salem, Sabrina invoque un nouveau sortilège pour tenter d'améliorer la condition de Ren et Radka. Sur ces entrefaîtes, Della arrive et entraîne la jeune fille dans la forêt voisine... Afin de lui montrer que la magie a un prix...
Le dernier comic-book dont j'avais parlé était justement le premier épisode de Sabrina the teenage witch : Something Wicked. Je me demandais alors, vu la situation, à quand j'aurai le plaisir de lire la suite. Archie Comics a maintenu ses sorties et le deuxième chapitre de la série est disponible depuis une semaine.
C'est heureux car le récit concocté par Kelly Thompson est parfait pour se changer les idées dans une période aussi bizarre que celle que nous traversons. Bien que cette nouvelle "saison" du titre soit moins franchement légère que la première, publiée l'an dernier, c'est encore une BD rafraîchissante, divertissante, avec un charme persistant.
La volonté de la scénariste était de faire évoluer son héroïne vers quelque chose de plus mature sans sombrer dans la gravité. Il y a donc la menace d'un tueur qui rôde à Greendale, mais ce subplot est pour l'instant peu exploité. Ce qui demeure en avant, c'est le trouble de la jeune sorcière dans une situation particulièrement délicate.
Sabrina doit en effet résoudre le problème magique qui concerne Radka et Ren Ransom qui, à chaque pleine lune, se transforme en wendigos ; mais aussi savoir pourquoi ses tantes, Hilda et Zelda, ont jeté un sort sur Radka et Ren ; mais encore améliorer sa pratique de la magie auprès de Della ; et enfin désigner qui de Ren Ransom ou de Harvey Winkle sera l'élu de son coeur.
Bien entendu, à part Radka qui se souvient des événements de la première série et sait donc que Sabrina (et ses tantes) sont des sorcières, nul ne sait que la condition de la jeune fille. Et cela impacte durement ses relations avec les garçons qui ont deviné que quelque chose la tracasse mais à qui elle ne peut rien dire de sa vraie condition. Pour ne rien arranger, Sabrina a acquis la conviction que ses tantes sont responsables du malheur de Ren et Radka mais le leur cache.
Sur ce dernier point, le scénario de Thompson est peut-être trop allusif car on voit mal pourquoi Sabrina n'a pas une explication avec Hilda et Zelda (ce qui permettrait de comprendre pourquoi, si c'est effectivement le cas, elles ont ensorcelé les Ransom). Au lieu de ça, elle les évite. Et, de manière assez incohérente, ses tantes non plus ne cherchent pas à savoir pourquoi Sabrina se comporte subitement ainsi à leur égard.
Ceci suggère qu'il s'agit d'une évidente fausse piste. Il y a fort à parier que les tantes n'ont pas accablé les Ransom. En revanche, le rôle de Della semble plus complexe dans la mesure où elle apparaît bien opportunément dans la vie de Sabrina quand elle n'a plus personne sur qui compter. Je parierai volontiers que la boutiquière manipule notre jeune sorcière et conspire contre Hilda et Zelda. Reste à savoir si Della est aussi responsable du sort contre les Ransom - et pourquoi. Cela suffit en tout cas à alimenter un suspense, certes léger et diffus, mais accrocheur.
L'épisode se termine sur un classique des récits sur la magie puisque Sabrina découvre que lancer des sorts a des répercussions spectaculaires sur son environnement. Mais on peut là encore soupçonner une manoeuvre de Della (qui ne m'inspire décidément aucune confiance) pour appuyer son emprise sur sa disciple...
Thompson excelle dans la relation des épreuves romantiques liées à son héroïne : on partage facilement le désarroi de Sabrina qui ne peut parler de ses soucis ni à Harvey ni à Ren et on apprécie sa franchise quand elle avoue à ce dernier nourrir des sentiments pour lui et son rival. L'attitude des deux garçons est raisonnable : comme il ne souhaite pas perdre la jeune fille, il accepte ses cachotteries manifestes mais aussi la sincérité de ses aveux.
Mais Sabrina n'est pas qu'une petite chose fragile : elle sait remettre à sa place Radka quand elle la presse de résoudre son problème tout en rechignant à en parler aussi à Ren. La jeune fille est aussi pleine de ressort quand, revigorée après une séance d'entraînement de savoir-faire chez Della, elle cherche un nouveau contre-sort dans sa chambre.
Le plaisir qu'on retire de cette lecture est renforcé par la qualité des dessins de Veronica Fish. Il me semble qu'entre la première mini-série et celle-ci, l'artiste se lâche un peu plus, n'hésitant pas à combiner dans la même page un dessin figuratif réaliste et de manière plus ponctuelle quelque chose de volontiers plus cartoony, moins classique. Cela se précise aussi avec les couleurs de Andy Fish, qui, lui non plus, ne se retient pas quand il faut souligner une expression par un effet graphique plus tranché.
Les Fish maintiennent en tout cas une cohérence visuelle à l'ensemble. On sent qu'ils ont désormais bien en main les personnages, le cadre de l'action, les ambiances. Tout est plus vif, aiguisé dans cette nouvelle "saison".
Le découpage esst simple mais s'affranchit d'un certain académisme parfois, comme lorsqu'on assiste à la partie de savoir-faire entre Della et Sabrina, dans un feu d'artifices de couleurs et sans cases bordurées mais avec une belle fluidité dans l'enchaînement des figures, dans la représentation des pouvoirs magiques.
Une autre belle scène est celle où Ren raccompagne en moto Sabrina chez ses tantes. Le texte est formé par la voix-off de Sabrina tandis que le trajet est figuré par une succession de cases occupant toute la largeur de la bande et qui voit la moto et ses occupants évoluer de la gauche vers la droite depuis le haut de la page jusqu'au bas. C'est simple mais efficace, concis et malin.
Pour tout cela, Sabrina the teenage witch est une réussite, un projet rondement mené. Si Kelly Thompson peut donner l'impression de négliger certains aspects, on ne saurait s'en formaliser outre mesure tant elle paraît parfaitement savoir où elle va. Et le talent de Veronica Fish fait le reste pour animer une histoire finalement assez dense sous sa légereté apparente.
vendredi 3 avril 2020
SABRINA THE TEENAGE WITCH : SOMETHING WICKED #1, de Kelly Thompson et Veronica Fish
Evidemment, cet emploi du temps a des conséquences sur sa scolarité. Epuiséee, elle dort en classe et ses notes plongent. Pour ne rien arranger, elle doit composer avec ses deux prétendants, Ren Ransom et Harvey Kinkle, à qui elle a promis de consacrer du temps pour choisir avec qui elle sortirait.
Autre souci pour Sabrina : sa meilleure amie, Jessa, qu'elle a négligée ces derniers temps à cause de ses aventures secrètes. Elle lui jure de rectifier cela en projetant une soirée entre filles. Mais bien sûr, Sabrina sait que, avant cela, elle doit règler le problème de Radka.
Elle se rend alors chez Della, la sorcière amie de ses tantes, qui l'initie aux subtilités de la magie. Elle lui offre un jeu de tarot, le "savoir-faire". Lorsque Sabrina en parle à Hilda et Zelda, cette dernière l'encourage à y jouer tandis que son autre tante, mauvaise perdante, modère son enthousiasme.
Sabrina se retire dans sa chambre avec son chat Salem et consulte un livre de sorts, à la recherche d'une solution pour Radka. Elle pense l'avoir trouvée mais en suivant l'énergie magique à l'origine du maléfice, elle découvre qu'il a été lancé par ses tantes...
J'avais beaucoup aimé le premier volume des aventures de Sabrina écrit par Kelly Thompson et publié l'an dernier. La scénariste, révélée chez Marvel, s'y montrait bien plus à son avantage qu'avec les super-héros, sans doute parce qu'elle bénéficiait de plus de liberté après plusieurs échecs commerciaux.
Cette réussite appelait une suite que Archie Comics n'a pas tardé à annoncer, avec la même équipe artistique. Pour Thompson, c'était un vrai challenge de conserver la fraîcheur du projet tout en le développant, en le menant dans de nouvelles directions. Surtout que, en parallèle, la série de Netflix avec la jeune sorcière (Les Nouvelles Aventures de Sabrina) cartonnait de saison en saison.
Le plaisir qu'on prend à lire ce premier épisode (sur cinq) de Something Wicked (sous titre de cette nouvelle mini-série) est d'autant plus grand que le contexte actuel donne envie de se changer les idées avec une histoire légère (sans être superficielle). On se rappelera sans doute plus tard qu'au temps du Covid-19, Sabrina Spellman nous aida à ne pas sombrer dans la morosité du confinement obligatoire.
D'entrée, Thompson cueille le lecteur avec une scène sinistre où une jeune femme meurt dans des circonstances horribles. Pourtant la scénariste ne revient pas sur cet événement dans les pages suivantes, sans doute pour ménager son effet et s'en servir comme d'un hameçon. Il faut dire qu'elle a fort à faire pour résumer la situation compliquée que traverse son héroïne.
En effet, le secret de Sabrina est éventée : sa camarade de classe, la chipie Radka Ransom, sait qu'elle est une sorcière et l'oblige à l'aider sinon elle révélera tout. Radka, victime d'une malédiction comme on l'a vu dans la première mini-série, compte sur Sabrina pour la guérir. Mais comment débarrasser quelqu'un d'un mauvais sort dont elle ignore tout ?
C'est le fil rouge de l'épisode qui voit Sabrina jongler entre cette mission et sa vie normale : elle est courtisée par deux garçons très différents, elle doit suivre ses cours et remonter ses notes, lutter contre le sommeil (ses séances de désenvoûtement avec Radka occupent leurs nuits), et se rabibocher avec sa meilleure amie, Jessa, qu'elle a négligée.
Seul réconfort dans tout ça : Della, la sorcière qu'elle a aidée pour sauver ses tantes dans la précédente mini-série. Celle-ci semble animée des meilleurs intentions, pourtant Thompson l'écrit avec suffisamment de subtilité pour suggérer au lecteur qu'il faut peut-être sans méfier. Et le twist final apporte une surprise vraiment accrocheuse qui relie les tantes Hilda et Zelda à la condition de Radka. C'est finement amené, très bien rythmé, construit avec habileté : Kelly Thompson est vraiment plus à l'aise ici que dans ses productions Marvel récentes (on verra si elle est aussi inspirée avec sa reprise de Black Widow, qu'on aurait dû découvrir ce Mercredi 1er Avril et dont la sortie a été repoussée à une date inconnue).
Visuellement, la première mini-série avait été un ravissement de chaque instant. Je ne connaissais pas le travail des époux Fish et j'étais tombé sous le charme du trait expressif de Veronica et des couleurs lumineuses d'Andy. Avec le tournant un plus sombre voulu par Thompson, la magie allait-elle encore fonctionner ?
Pas de suspense, la réponse est positive. Ce qui séduit dans ce graphisme, c'est qu'il correspond à la fois à une tradition esthétique de l'éditeur et à une vraie modernité. Le style de Veronica Fish est semi-réaliste, parce qu'elle n'hésite pas à souligner quelques effets pour intensifer la scène, les émotions, tout en restant sobre sur les designs, les lignes, et précises dans les décors, les ambiances.
Bien dessiner les adolescents est une gageure car le risque de la caricature est permanent, surtout dans le registre comique. A la croisée des genres (comédie romantique et fantastique), Sabrina the teenage witch ressemble à une sorte de test constant pour l'artiste qui en assume le dessin. Mais Veronica Fish dose parfaitement son trait et évite tous les écueils avec une sorte de grâce.
Tout cela est soutenu par une colorisation superbe. Andy Fish accomplit un travail remarquable, très nuancé, tout en privilégiant la simplicité. Il rend ainsi la série agréable au regard tout en l'entraînant vers une atmosphère un plus chargée parfois (la scène d'ouverture en témoigne). Surtout la complicité naturelle qu'il entretient avec sa femme l'autorise à accompagner le dessin en jouant avec (atténuant, voire estompant l'encrage, sans dénaturer l'ensemble).
Evidemment, les choses étant ce qu'elles sont, nul ne sait quand le deuxième épisode sortira. Archie Comics maintiendra-t-il une périodicité régulière ? Ou l'éditeur va-t-il, comme les autres acteurs du milieu, s'adapter à la crise en différant ses publications ? Il faudra donc être attentif au calendrier, en souhaitant que le virus soit rapidement vaincu. On appréciera volontiers un petit sort favorable de la charmante petite sorcière pour corriger tout cela...






















































