Affichage des articles dont le libellé est Dark Avengers. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Dark Avengers. Afficher tous les articles

mercredi 2 août 2023

DARK AVENGERS : MASTERS OF EVIL, de Jeff Parker, Neil Edwards et Mirco Pierfederici

 


Et ainsi va s'achever cette rétrospective sur le run de Jeff Parker sur Thunderbolts / Dark Avengers. Le recueil Masters of Evil, paru en 2013, regroupe les épisodes 184 à 190 qui sont dessinés par Neil Edwards, sauf pour le n° 186 co-dessiné par Mirco Pierfederici. Une sortie de scène hélas ! complètement foirée...



Je ne vais pas vous embêter avec un résumé complet car l'histoire est très compliqué, inutilement capillotractée. Mais voici ce qu'on peut en retenir dans les grandes lignes :
  

A la fin du tome précédent, alors que les Thunderbolts, qui avaient remonté le temps et même visité un futur cauchemardesque, réussissaient à revenir à notre époque, et que les Dark Avengers étaient neutralisés après avoir failli provoquer une catastrophe qui aurait mené à ces lendemains funestes, John Walker, Skaar et Moonstone embarquaient les Dark Avengers à bord du quinjet prêté par Hank Pym.


Toxie Doxie prenait brièvement le contrôle de Skaar pour qu'il fasse chuter le quinjet mais Man-Thing, pour éviter que l'engin ne s'écrase, le téléportait à Manhattan. Problème : il le déplaçait certes à New York mais dans dans une réalité parallèle. La ville était divisée en quartiers qui étaient contrôlés chacun par des super-humains différents. Iron Man, Dr. Strange et Clea, la Chose, Mr. Fantastic, mais aussi Namor et Sue Richards se disputaient des territoires.
 

Iron Man, allié à Hank Pym, avait récupéré les Dark Avengers inconscients. Toxie Doxie se réveillait tandis que Dr. Strange capturait Moonstone et Skaar pour semer la pagaille chez leurs rivaux. S'ensuit une longue, très longue cavale dans New York, avec moults péripéties, changements de camps, découverte que l'AIM avait détourné des calculs de Kang le conquérant pour créer cette réalité...


Finalement, les Dark Avengers, avec John Walker redevenu U.S.Agent, Moonstone et Skaar à leur tête, mettaient fin à ce chaos...


C'est vraiment dommage que Jeff Parker n'ait pas su se contenter du précédent arc pour conclure son run, tout comme il était déplorable que Marvel lui ait imposé de poursuivre les aventures des Thunderbolts en rebaptisant la série Dark Avengers. Tout ça a abouti à sept ultimes épisodes très laborieux, pénibles à lire, inutiles, et collectés dans ce recueil.


Jeff Parker est un scénariste qui va jusqu'au bout de ce qu'on lui donne à faire et donc il a rempli son contrat en écrivant des épisodes surnuméraires alors que Marvel devait déjà avoir décidé d'annuler Dark Avengers. Cela aurait pu donner une bonne histoire, si elle avait été moins longue, moins redondante.

Car Parker recycle grossièrement des idées déjà exploitées dans son propre run, à commencer par cette énième déplacement de ses héros, non plus dans le temps mais dans une réalité parallèle. Le procédé est identique à celui qui a vu une partie des Thunderbolts dériver de la seconde guerre mondiale à l'époque victorienne au moyen-âge et enfin à la préhistoire, mais en beaucoup moins inspiré.

Déjà que réutiliser les Dark Avengers deuxième génération n'était pas très glorieux (mais tout de même habilement fait dans le précédent arc narratif), mais alors continuer avec eux pour sept épisodes aussi capillotractés, non, vraiment, fallait pas.

Ce n'est pas l'imagination qui fait défaut à Jeff Parker, mais là, il fait traîner les choses en longueur et nous impose des revisites de personnages emblématiques trop exagérées pour qu'on s'y intéresse. Cette guerre pour le contrôle de New York entre Iron Man, Dr. Strange, Mr. Fantasttic, la Chose, Spider-Man, et Namor manque cruellement de rythme et se prend les pieds dans le tapis. Quand vient l'heure de justifier l'existence de cette réalité parallèle, c'est encore plus brouillon et on décroche pour de bon, finissant de lire tout ça en levant les yeux au ciel.

Il n'y a rien à sauver de tout ça. John Walker est le seul personnage auquel on se raccroche et qui d'ailleurs bénéficie d'une forme de résurrection bien pratique : lourdement handicapé, il recouvre l'usage de ses membres et récupère un bras et une jambe perdus. De quoi permettre de s'en resservir pour Marvel (et ce sera le cas). Mais Les Dark Avengers ont depuis disparu corps et bien, oubliés dans les limbes de l'univers Marvel sans qu'on les regrette.

Graphiquement, Neil Edwards assure la quasi-intégralité des épisodes, sauf pour le n°186 où Mirco Pierfederici vient lui prêter main forte. Enfin, "main forte", c'est vite dit, car ce n'est pas très joli. Edwards imite toujours Hitch sans avoir son génie et Pierfederici livre des pages médiocres. De ce côté aussi, c'est une purge. Le tout est encré, comme il peut, par Terry Pallot.

Depuis les Thunderbolts classiques semblent avoir été condamnés aux oubliettes par Marvel, exception faite de la mini-série Old Man Hawkeye qui en montrait des versions bien décaties dans une triste histoire de vengeance post-apocalyptique. Et du bref run (12 n°) écrit par Jim Zub et Jon Malin.

Marvel a donné le nom à d'autres formations sans éclat, comme lors de l'event King in Black, puis plus récemment dans une mini-série où Hawkeye était à la tête une nouvelle fois d'une formation portant ce titre, et à la rentrée donc Bucky Barnes/le Soldat de l'Hiver reprendra du service comme chef d'équipe  dans une composition proche de celle du futur film (avec Black et White Widow, Sharon Carter, Red Guardian, U.S.Agent, Shang-Chi et la comtesse Valentina Allegra de Fontaine).

Mais si vous voulez relire du bon Thunderbolts, alors, la semaine prochaine (le 9 Août exactement), Panini Comics sort un Omnibus regroupant les 33 premiers épisodes de la série de Busiek/Bagley (+ quelques tie-in). J'en reparlerai une fois que j'aurai lu tout ça. Et pour ceux que la vo n'effraie pas, donc, en Décembre l'intégralité du run de Parker également en omnibus.

mardi 1 août 2023

DARK AVENGERS : THE END IS THE BEGINNING, de Jeff Parker, Kev Walker, Declan Shalvey, Gabriel Hernandez Walta et Neil Edwards


Suite directe de Thnderbolts #174, Dark Avengers : The End is the Beginning est le moyen qu'avait trouvé Marvel en 2012 pour tenter de conquérir de nouveaux lecteurs. Ainsi ce n'est pas un relaunch puisque ce titre (re)démarre au... N° 175, soit 159 épisodes après la fin du run de Brian Michael Bendis ! Jeff Parker se prête au jeu et poursuit ses intrigues, toujours en compagnie des fidèles Kev Walker et Declan Shalvey, avant que ce dernier ne soit ponctuellement remplacé par Gabriel Hernandez Walta, puis que Neil Edwards reprenne en charge toute la partie graphique.


Après avoir, avec l'aide de Hank Pym, installé dans les Everglades une sorte d'antenne relais destinée à localiser les Thunderbolts perdus dans le temps, Luke Cage rentre au Raft pour découvrir qu'il est relevé de ses fonctions et que la seconde formation des Dark Avengers, composé de Ragnarok (un clone de Thor), Trickshot (le frère de Hawkeye), Toxie Doxie (issue de Stark Industries) et Dark Spider-Man, remplace les T-Bolts. Mais Cage a un joker : il nomme son remplaçant et c'est Skaar, le fils de Hulk !


Les Thunderbolts ont remonté encore le temps jusqu'à l'ère pléistocène (2,5 millions d'années av. J.C.) ! Ils sauvent un autre voyageur temporel avant de remarquer qu'une brèche s'est ouverte dans leur Tour, laissant échapper les restes de Man-Thing qui se recompose et se révèle doué de parole mais incapable de se téléporter dans l'espace-temps. Le voyageur temporel rescapé va s'en charger, ce qui n'est pas une bonne nouvelle puisqu'il s'agit du Dr. Fatalis !


Luke Cage et Skaar reçoivent leur ordre de mission pour les Dark Avengers : ils doivent retrouver Erk Wender, un super-humain capable de générer de l'énergie et actuellement aux mains du maître du Sultan Magus, qui, grâce à lui, a érigé autour de son pays, le Sharzhad, un dôme impénétrable. Cependant, Fatalis a ramené les Thunderbolts dans le présent en Latvérie avant de les expédier dans un futur cauchemardesque !


Au Sharzhad, la situation dégénère rapidement quand le Sultan Magus s'en prend à Luke Cage et Skaar et que les Dark Avengers s'enfuient. Les Thunderbolts, eux, ont abouti 78 ans dans le futur, au milieu d'une guerre ouverte entre les mutants et Mondo City, dont les forces de l'ordre font régner la terreur. Leur Tour est détruite.


Boss Cage, le représentant des forces de l'ordre du futur, attaque les Thunderbolts avant que des mutants ne leur viennent en aide et n'obligent le policier à battre en retraite. Le Fantôme a eu le temps de collecter des informations sur ce futur dystopique et appris qu'une catastrophe au Sharzhad survenue 78 ans plus tôt en est la cause. Justement, dans le présent, les Dark Avengers franchissent le dôme du Sharzhad et récupèrent Erik Wender, mais pas pour l'exfiltrer...


Pour retourner à notre époque, les Thunderbolts comprennent qu'ils doivent atteindre la plus haute tour de Mondo City et ils décident d'aider les mutants à attaquer la ville pour y parvenir. De nos jours, John Walker, Songbird et Mach V découvrent que le comité de surveillance du programme Thunderbolts a fait construire une nouvelle prison qui bénéficiera du même système d'étanchéité que le dôme du Sharzhad, mais quand ils sont repérés, ils sont traqués. Le Sultan Magus, après avoir battu Luke Cage et Skaar, s'en prend aux Dark Avengers pour garder Erk Wender à son service.
 

John Walker arrêtent les responsables du comité de surveillance du programme Thunderbolts et les font passer aux aveux puis communiquent ce qu'ils ont appris à Luke Cage et Skaar pour qu'ils stoppent les Dark Avengers avec le renfort de Songbird et Mach V. Dans le futur, les Thunderbolts atteignent la tour de Mondo City et captent un message de Hank Pym. Le Fantôme et Man-Thing se préparent à téléporter le groupe lorsque Boss Cage surgit...


Boss Cage a compris qu'en réintégrant leur époque, les Thunderbolts éviteront la catastrophe qui a conduit à ce futur cauchemardesque et les laisse filer. L'équipe resurgit de nos jours, juste à temps pour prêter main forte à Cage, Skaar, Songbird et Mach V afin de neutraliser les Dark Avengers et rapatrier Erik Wender. La catastrophe est évitée de justesse et le futur dystopique n'aura pas lieu.


Skaar et John Walker embarquent les Dark Avengers dans le quinjet prêté par Hank Pym mais Toxie Doxie envoûte Skaar pour provoquer le crash de l'appareil. Pour éviter cela, Man-Thing téléporte l'engin à Manhattan. Seul avec les Thunderbolts, Luke Cage décide de les laisser libres, estimant qu'ils se sont rachetés. Man-Thing les téléporte dans les Everglades où ils décident de rester ensemble.

Je ne vais pas revenir sur la manière, grotesque, dont Marvel a refusé de continuer Thunderbolts tout en faisant de Dark Avengers sa suite directe, au point de conserver la numérotation du premier titre. Il s'agit là d'une manoeuvre absurde pour visiblement tenter de séduire les fans des Dark Avengers, une équipe créée par Brian Michael Bendis durant le Dark Reign (le statu quo ayant suivi l'event Secret Invasion et précédé l'Heroic Age après l'event Siege).

La série de Bendis compta 16 épisodes (dessinés par Mike Deodato Jr. avec la participation de Greg Horn) et un Annual (dessiné par Chris Bachalo) et mettait en scène une équipe assemblée par Norman Osborn, devenu le grand héros national à la fin de l'invasion Skrull. Sous l'identité et l'armure de Iron Patriot, il grima plusieurs super-humains en Avengers : Bullseye devint Hawkeye, Moonstone Ms. Marvel, Venom Spider-Man, Daken Wolverine, et il ajouta à ces derniers le dieu Arès et Sentry. Marvel Boy quitta vite le groupe en comprenant que Osborn était fou.

Défaits lors de Siege, les Dark Avengers perdirent Arès et Sentry dans la bataille d'Asgard. Mais Bendis n'en avait pas fini avec cette équipe et lors du deuxième volume de New Avengers, il organisa la revanche de Osborn contre les amis de Luke Cage, recrutant Trickshot (Barney Barton), Toxie Doxie (June Covington), Dark Spider-Man et Ragnarok (le clone de Thor, apparu durant Civil War), en les déguisant à nouveau en Avengers (Toxie Doxie en Scarlet Witch, Trickshot en Hawkeye). Avec une nouvelle défaite à la clé.

A charge pour Jeff Parker de réutiliser ces méchants travestis en les intégrant aux intrigues en cours dans Thunderbolts. Ce n'est pas ce qui a gêné le scénariste, capable, semble-t-il, de s'adapter à toutes les excentricités éditoriales. Mais il n'abandonne pas pour autant les histoires en cours. Il va même faire mieux en les réunissant.

Il est remarquable de lire comment le scénariste réussit à construire un récit à même d'unifier deux projets dissemblables, mais c'est un vrai coup de génie qu'il a eu en envoyant les Thunderbolts toujours en cavale dans un futur cauchemardesque justement provoqué par la mission que doivent accomplir les Dark Avengers. Certes, avec un arc de neuf épisodes, on n'échappe pas à quelques longueurs et circonvolutions, comme quand par exemple, alors qu'ils sont remontés jusqu'au pléistocène, les Thunderbolts sont lestés de Dr. Fatalis.

Pour comprendre comment Fatalis s'est trouvé là, il faut avoir lu le run de Mark Millar et Bryan Hitch sur Fantastic Four, des épisodes mal aimés et il faut bien le dire peu réussis, dont le dernier arc confrontait Fatalis à son maître, un type surpuissant qui, pour corriger son ancien élève, l'expédia dans la préhistoire.

Graphiquement, on sent que les artistes ne sont plus aussi investis. Kev Walker, désormais encré par Terry Pallot, fait encore bonne figure, mais Declan Shalvey s'en va au n°78. Il sera remplacé pour l'épisode suivant par Gabriel Hernandez Walta, qui tente visiblement de l'imiter sans convaincre. Pourtant, la série utilisait Walker et Shalvey intelligemment, le premier dessinant les scènes avec les T-Bolts, le second celles avec les Dark Avengers.

Au n°80 c'est Neil Edwards qui va devenir l'unique artiste de la série (et ce jusqu'à la fin, au #190). Edwards est un dessinateur gallois qui a souvent servi de doublure pour Bryan Hitch dont il copie le style, mais sans autant de virtuosité. Il est encré lui aussi par Terry Pallot et ne se dégonfle jamais devant les scripts délirants et chargés de Parker. Mais bon, on sent clairement qu'une partie du charme a disparu avec les défections de Walker et Shalvey, et donc que la manoeuvre éditoriale de Marvel fera long feu.

Toutefois, Parker range ses jouets et s'il en était resté là, il aurait bouclé son run en beauté. Malheureusement, il s'est senti obligé d'écrire un ultime arc très laborieux, qui gâche un peu sa sortie. Mais ça, je vous en parlerai dans une entrée dédiée.