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jeudi 21 décembre 2023

UNCANNY AVENGERS #5, de Gerry Duggan et Javier Garron


And it's a wrap ! Ce nouveau volume de Uncanny Avengers se termine avec ce cinquième épisode, juste à temps pour la prochaine étape dans l'univers des X-Men. Gerry Duggan finit ce run en beauté, avec beaucoup d'action, une débauche de spectacle, assumant son côté too much. Javier Garron confirme qu'il est un artiste avec lequel il faudra compter et j'espère que Marvel exploitera son talent à bon escient très vite.


Captain Krakoa affronte successivement Captain America, Deadpool, Black Widow, Psylocke et Monet sans qu'aucun de ces derniers n'en viennent à bout. Pire : Malicia apprend que la bombe nucléaire qu'il a installé dans le campus ne peut être désamorcée...


Ce sera, je vous le promets, une critique sans spoilers. J'ai illustré cette entrée avec des planches qui ne révèlent pas l'identité de Captain Krakoa ni l'issue de l'histoire. Tenez-vous en conséquence éloigné des sites d'infos spécialisés comics vo si vous ne voulez pas en savoir plus.


Pour ma part, cette conclusion me satisfait pleinement. Gerry Duggan est vraiment un scénariste parfait pour animer cette formation avec des héros traditionnels et des mutants, tout en se distinguant de celui qui avait lancé l'idée (Rick Remender).


Duggan promet d'ailleurs un "never the end..." à la toute dernière page qui peut faire espérer à un retour du titre dans le futur et Marvel serait bien inspiré de le laisser faire car il y a de la place pour une série comme ça, quel que soit ce que l'éditeur réserve aux mutants en 2024. Et d'ailleurs, même avant qu'une série Uncanny Avengers ne soit lancée, des X-Men ont grossi les rangs des Avengers, il n'y a pas besoin de prétexte pour continuer.

Comme je l'écrivais dans la critique de X-Men #29, Duggan a une façon bien à lui de procéder pour construire ses intrigues : au lieu de partir des personnages héroïques, il réfléchit au(x) vilain(s) qui poseront le plus de problème à ces derniers. Et dans le cas présent, comme pour X-Men, il a opposé aux Uncanny Avengers des ennemis coriaces.

Dans ce dernier épisode, tout va très vite : c'est de l'action non-stop, avec des affrontements musclés, où personne ne retient ses coups. Jusqu'au bout, l'issue est incertaine et d'ailleurs le récit se termine sur une note plutôt mitigée. C'était prévisible vu que Fall of the House of X et Rise of the Powers of X se chargera d'apporter une fin à Fall of X.

La vraie question à se poser, c'est : est-ce que cette mini-série, comme toutes les autres qui ont été lancées durant Fall of X, apporte quelque chose de plus à cette période ? Disons que Uncanny Avengers prouve que les Avengers et les X-Men sont unis, solidaires dans la crise actuelle. Et d'une manière générale, on peut affirmer que Orchis a marqué une sorte de tournant attendu.

En effet, après de nombreuses années à assister à des empoignades entre super-héros (depuis Civil War 1), un vrai grand méchant a émergé et si c'était d'abord une menace pour les mutants, les derniers mois ont vu le danger ressenti par toute la communauté super-héroïque. Il est juste dommage que, alors que pour une fois Marvel avait l'opportunité et la légitimité pour développer ça sur une majorité de leurs productions, il ne l'a pas fait.

Avec une organisation comme Orchis, c'était le moment ou jamais de tester les Fantastic Four, Spider-Man et un tas d'autres personnages conte un adversaire commun, qui les mettait tous en péril. Au lieu de ça, Marvel a préféré cantonner la menace Orchis aux mutants, étendant seulement la situation aux Avengers dans Invincible Iron Man (normal puisque c'est une autre série écrite par Duggan) et Uncanny Avengers. Je pense que l'éditeur a loupé une belle occasion, semblable en envergure à Secret Invasion ou à la période Dark Reign.

Mais le bon point demeure que les héros, unis dans Uncanny Avengers, ont un vrai vilain à affronter et ne cherche plus un prétexte pour se mettre sur la tronche entre eux. Gerry Duggan a fait un boulot impeccable de ce point de vue et le final le prouve avec efficacité et une certaine démesure que d'aucuns trouveront exagérée mais que j'ai pour ma part bien apprécié.

Et si Duggan s'est lâché, c'est parce qu'il savait pouvoir compter sur un artiste capable de rendre justice à son script. Javier Garron aura accompli une prestation remarquable (même s'il a été remplacé sur un numéro, mais par un excellent fill-in). Son trait très expressif, très détaillé, est impressionnant quand on voit sa capacité à enchaîner.

Garron me fait penser à ce que disait le regretté George Pérez quand il s'amusait de la lenteur des dessinateurs de la génération actuelle, à la peine avec les deadlines, alors que lui, réputé pour sa générosité graphique et sa productivité, a longtemps prouvé qu'on pouvait, en travaillant à l'ancienne qui plus est, rendre vingt pages par mois sans rien sacrifier à l'exigence.

En ce sens, avec Garron, Marvel tient une pépite sur laquelle il aurait tort de ne pas compter. Il s'est fait connaître sur Avengers de Jason Aaron en succédant à Ed McGuinness, tenant la baraque comme un chef. Il a enchaîné avec ces épisodes Uncanny Avengers presque sans avoir pu souffler, et donne une leçon à nombre de ses confrères avec des planches de haute volée. Il fait partie, avec Carmen Carnero, des talents émergeants à qui l'éditeur devrait confier de gros projets, des séries en vue - pour peur évidemment qu'elles soient bien écrites aussi.

Je renouvelle donc le souhait de relire des aventures de Uncanny Avengers dans le futur, si possible toujours écrites par Duggan. Qui va poursuivre désormais avec X-Men et surtout Fall of the House of X.

vendredi 17 novembre 2023

UNCANNY AVENGERS #4, de Gerry Duggan et Javier Garron


Ce pénultième épisode de Uncanny Avengers en relation avec Fall of X est une fois de plus une lecture réjouissante : Gerry Duggan donne au lecteur ce qu'il faut d'action pour le divertir et accorde assez de soin à la caractérisation pour s'attacher aux personnages. Javier Garron est de retour en grande forme avec des planches très dynamiques et détaillées. Un sans-faute ? Presque...


Tandis que Ben Urich dévoile publiquement au Dr. Stasis qu'il reste un témoin humain du massacre commis lors du Hellfire Gala, la division Unité remonte, grâce au traceur posé sur les Fenris, la piste du Front de Libération Mutant. Mais Captain Krakoa a reçu l'ordre de faire taire Urich...


Comme j'ai (peut-être) eu l'occasion d'en parler auparavant, je suis quelques Youtubeurs qui causent comics. Parmi ceux-ci Max Faraday qui travaille dans une librairie du Nord de la France et qui se distingue pour son amour des comics des années 90, notamment les débuts d'Image Comics. C'est un type qui n'a pas sa langue dans sa poche, qui fait de petites vidéos spontanées.


Comme ces derniers jours il a prévenu ses abonnés qu'il serait absent, il a posté sa dernière vidéo, préenregistrée, ce mardi où il explique pourquoi, selon lui, le niveau a baissé. Je n'ai pas été d'accord avec ce qu'il a dit et je lui ai laissé un commentaire pour argumenter (mais je n'ai pas l'impression qu'il réagit beaucoup aux commentaires).


Bref, pour résumer son propos, le problème se situerait, notamment chez Marvel, par le fait que les séries ne disposent ni de scénaristes ni de dessinateurs suffisamment excitants, même s'il y a des talents qu'il estime sous-exploités. Pour ma part, je trouve que c'est un jugement déséquilibré.

Et Uncanny Avengers en est un exemple parfait. Gerry Duggan n'est effectivement pas ce que je qualifierai de grand scénariste. Il est inspiré de manière inégale mais sur ces derniers mois, en ayant orienté largement la course des mutants depuis le dernier Hellfire Gala, il a démontré sa capacité à se dépasser, sans nul doute parce qu'il est maître du jeu.

Donc, on peut dire qu'en ce moment Duggan se situe dans une fourchette haute chez Marvel : ses histoires sont d'une qualité remarquable, elles collent au statu quo, proposent un divertissement efficace. Cet avant-dernier épisode de Uncanny Avengers le prouve : il y a beaucoup d'action, du spectacle et encore des pistes bien creusées dans l'intrigue.

L'essentiel du numéro oppose dans une baston musclée et même sanglante la division Unité au nouveau Front de Libération Mutant. Les héros ont envie d'en découdre et les membres mutants de l'équipe tranchent dans le vif, notamment Psylocke déchaînée. Captain America reprend le leadership du groupe et distribue les rôles tout en étant lui-même en première ligne à la fin.

Ben Urich est également utilisé à bon escient, à la fois dans sa partie journalistique qui met dos au mur le Dr. Stasis et dans une partie plus délicate où il est la cible de Captain Krakoa. A la fin, ces deux lignes narratives se rejoignent de manière fluide et percutante à la fois.

Le "presque" sans faute que je mentionnais en intro concerne essentiellement l'identité du Captain Krakoa qui est dévoilée à la toute dernière page. Je ne vous la spoilerai pas, mais comme c'était l'hypothèse la plus souvent évoquée, la voir se confirmer déçoit quelque peu. J'aurai aimé être plus surpris (sans pour autant avoir en tête un candidat particulier).

Visuellement, l'épisode bénéficie avec Javier Garron d'un artiste qui n'est pas encore une superstar mais qui a suffisamment de talent et de potentiel pour le devenir (même si on peut estimer que Marvel mise déjà beaucoup sur lui après lui avoir confié la partie graphique des Avengers de Aaron). On ne peut pas, comme le suggère Max Faraday dans sa vidéo, réduire Garron à un artiste peu excitant juste parce qu'il ne jouit pas de la reconnaissance d'un Bryan Hitch par exemple (Hitch, lui-même, a ramé avant d'être consacré grâce à The Authority et The Ultimates).

Tout ça fait donc de cette mini-série une production digne de considération et c'est aussi au lecteur d'assumer sa responsabilité en ne se cantonnant pas au fait que les comics ne sont bons que parce que des vedettes les réalisent. Duggan et Garron, ce n'est sans doute pas aussi ronflant que Millar et Hich, Johns et Reis, mais ce qu'ils font ensemble a d'évidentes qualités.

Pour ma part, et j'ai eu déjà l'occasion de l'écrire dans ce blog, il y a une équité dans le succès ou l'échec d'un comic-book. Si les lecteurs ne soutiennent pas une série et ensuite se plaignent qu'elle soit annulée, il faut qu'ils comprennent que sans bonnes ventes c'est le sort réservé à tout titre, et donc il ne suffit pas de se lamenter. Chacun d'entre nous a une responsabilité : il faut acheter les comics et en parler autour de soi pour que d'autres aient envie de les acheter et les lire.

Cela n'exonère pas l'auteur, l'artiste, l'équipe éditoriale, qui doivent aussi livrer une histoire de qualité. La question du prix est devenue aussi un enjeu, pas seulement à cause de l'inflation mais parce qu'on est en droit d'attendre d'en avoir pour son argent. Perso, ça ne me dérange pas de payer plus si le contenu est plus substantiel (comme par exemple pour le premier épisode de G.O.D.S. et ses 10 $ pour plus de 60 pages). Mais quand il s'agit d'acheter un floppy à 4,99 $, je suis exigeant et je n'hésite plus à arrêter les frais si vraiment le compte n'y est pas.

Mais ce qui est sûr, c'est que je n'achète ni ne lis un comic-book pour la célébrité de ses auteurs. Je préfère une BD bien foutue par des inconnus qu'une plus faible par des stars. Donc, non, le souci ne provient pas de la notoriété des auteurs. Uncanny Avengers, je radote, est une excellent comic-book et je doute qu'il ait été meilleur fait par des gens plus renommés. Il justifie son prix et qu'on suive son histoire jusqu'au bout, qui plus est parce que cette histoire ne dure que cinq mois.

La nostalgie pas plus que la curiosité fondée sur le star-system ne garantissent les bons comics. Penser que avant c'était mieux ou que réalisé par des vedettes est un gage de qualité est une erreur : avant aussi il y avait autant de bons que de mauvais comics comme aujourd'hui, et les vedettes de demain se trouvent immanquablement dans les quasi-inconnus ou seconds couteaux d'aujourd'hui. Il en va de cela comme de la lecture même d'un livre : c'est en tournant les pages qu'on le sait, pas en relisant sans cesse ses anciens mensuels.

vendredi 22 septembre 2023

UNCANNY AVENGERS #2, de Gerry Duggan et Javier Garron


Il y a décidément quelque chose de spécial qui se passe quand Gerry Duggan écrit Uncanny Avengers : le scénariste y est à son meilleur et ce second épisode le prouve une fois encore avec un épisode riche, intelligent, captivant. Javier Garron dessine tout ça avec une excellence redoutable.


Captain America blessé par Captain Krakoa, les Uncanny Avengers ne peuvent pas arrêter le nouveau Front de Libération Mutant qui repart avec une tête nucléaire. De retour à leur QG, Malicia annonce qu'elle prend la direction de l'équipe. Steve Rogers rencontre Ben Urich qui pense qu'il y a eu des témoins humains ayant survécu au massacre du Hellfire Gala, ce qui accablerait Orchis...
 

Alors que cette semaine, en prévision de la New York Comic Con, Marvel a commencé à faire fuiter quelques teasers (comme The Resurrection of Magneto, Avengers Twilight ou le retour de Ultimate Spider-Man), on a surtout eu la confirmation de la fin de l'âge de Krakoa à l'issue de Fall of X.
 

A cette occasion, Kieron Gillen et Gerry Duggan écriront The Fall of the House of X/The Rise of Powers of X (qui aboutiront sans doute au lancement d'une nouvelle série New X-Men, déjà déclarée). On verra en 2024 si les mutants en ont fini avec Krakoa ou si c'est une autre étape de leur statut vis-à-vis de la Nation X bâtie sur l'île.


Mais ce qui semble certain, c'est que Gerry Duggan va continuer à jouer un rôle important pour le futur des mutants (ça, c'est la bonne nouvelle, car je suis moins heureux de savoir que Gillen sera encore de la partie).

Et si c'est le Duggan de Uncanny Avengers qui écrit New X-Men, alors ce sera très bien car ce deuxième épisode de la mini-série est tout à fait excellent. Le scénariste livre un numéro très dense, où il se passe beaucoup de choses, où il y a de quoi lire mais aussi réfléchir pour la suite.

Un motif se dessine dans cet épisode : celui de la perte de contrôle. Ainsi Captain America voit son leadership discuté par Malicia, Psylocke, Penance et Vif-Argent. Leur arguement se tient d'ailleurs : si d'aventure leur mission voyait un Avenger, qui plus est aussi emblématique que Captain America, mourir, alors les mutants en porteraient la responsabilité aux yeux de l'opinion publique, déjà bien manipulée par Orchis.

Certes, Marvel n'a pas fait dans la nuance avec les manoeuvres de propagande de Orchis puisqu'on a le sentiment que les humains détestent désormais sans exception les mutants depuis le Hellfire Gala. On peut avoir du mal à imaginer qu'une nation entière comme les Etats-Unis (et le monde par extension) abondent dans le sens d'Orchis alors même que des héros non-mutants aident ces derniers. Mais disons que c'est un parti-pris et qu'on va attendre de voir comment Fall of X va progresser : si effectivement, à la fin, les mutants redeviennent une espèce honnie de tous, ce défaut de nuance serait dommage.

Pour en revenir au contenu de l'épisode, ce twist dans l'équipe des Uncanny Avengers fournit une scène épatante pour Deadpool. Duggan a beaucoup écrit le personnage dans sa propre série et l'a incorporé à ses Uncanny Avengers la première fois qu'il animait la série. Jusqu'à présent, il l'a toujours utilisé dans sa fonction de bouffon, de mercenaire à grande gueule. Mais là, il lui donne un dialogue formidable de justesse quand il fait remarquer à Malicia et sa bande que ce sont des losers en repoussant Captain America, le type qui les a toujours soutenus, qui n'a jamais reculé devant l'obstacle, qui est un bien meilleur chef que tous les mutants (hormis sans doute Cyclope, stratège hors pair).

Surtout ce passage révèle à quel point Malicia méconnaît Captain America qui sait ce que c'est que de combattre le Mal incarné (hier les nazis, aujourd'hui Orchis), sa propagande, et qui n'hésitera pas à donner sa vie pour le vaincre.

La perte de contrôle est aussi du côté des méchants car on voit Stasis et M.O.D.O.K. s'interroger sur le plan de Captain Krakoa, leur créature, qui a volé une tête nucléaire sans leur dire pourquoi. Même si on ignore toujours qui a usurpé l'identité de Captain Krakoa, il semble qu'il trace sa propre route. Cela signifie-t-il que Stasis et MODOK ont mésestimé leur pantin ? Tout ça en tout cas ouvre une piste passionnante.

Enfin, quand Ben Urich suggère à Steve Rogers que des humains auraient survécu au massacre du Hellfire Gala, c'est encore une ligne narrative captivante qui pourrait mener à une crise pour Orchis. Duggan fait feu de tout bois et il le fait bien, disposant ses pions avec beaucoup de finesse, accrochant le lecteur. C'est vraiment très bon.

Et ça l'est encore plus grâce au dessin de Javier Garron : je veux vraiment attirer votre attention sur la qualité du travail de cet excellent artiste. La précision de son trait, son expressivité, la richesse de ses détails, contribuent à rendre la lecture encore plus dense. Voilà un gars qui ne s'économise pas et après un premier épisode déjà très fouillé, il prouve qu'il en a encore sous le crayon.

Les team books sont des exercices difficiles pour les dessinateurs qui doivent animer plusieurs personnages, veiller à les rendre tous distincts, composer des plans et des scènes plus complexes. Duggan a intégré, comme il l'avait suggéré, un dernier membre aux Uncanny Avengers avec Black Widow et Javier Garron ne faiblit pas. Ce casting abondant, la diversité des décors, des ambiances, rien ne lui fait peur. Si, après ça, Marvel ne le place pas sur une grosse série en 2024, c'est à n'y rien comprendre.

Bref, Uncanny Avengers, c'est de la balle, un gros kif. Et franchement ça pourrait facilement être prolongé après Fall of X puisque le principe même de cette équipe dépasse l'intrigue en cours.

vendredi 18 août 2023

UNCANNY AVENGERS #1, de Gerry Duggan et Javier Garron (+ FCBD 2023 : X-Men / Uncanny Avengers)

Bon... J'ai craqué et je me suis procuré le n°1 de Uncanny Avengers, qui sera une mini-série en cinq numéros (et plus si affinités ?) publiée en complément de Fall of X. Gerry Duggan l'écrit et comme, par le passé, ce fut un de ses meilleurs travaux, j'y vais confiant. Il est soutenu au dessin par l'excellent Javier Garron (qui vient juste d'achever le run de Jason Aaron sur Avengers).

Pour être le plus complet abordable possible, j'ouvre cette critique en revenant sur l'exemplaire du Free Comic Book Day de cette année qui fournit une introduction bien pratique avec un segment consacré aux X-Men (dessiné par Joshua Cassara) et un autre aux Uncanny Avengers (déjà dessiné par Garron), et dont l'action se déroule le soir du Hellfire Gala 



L'exemplaire du FCBD 2023 annonçant le retour de Uncanny Avengers débute par un segment de X-Men dont l'action se situe lors du Hellfire Gala, juste avant le massacre commis par Orchis, lorsqu'une alarme du Treehouse des X-Men retentit et incite Cyclope à aller voir ce qui cloche...
 

Il tombe sur un intrus qui va dérober l'armure de Captain Krakoa et tente de l'en empêcher. Mais son adversaire le domine, s'empare de l'armure et jette Cyclope du haut de l'arbre auquel il met le feu. On a découvert dans X-Men #25 que Cyclope avait été récupéré par Orchis et remis au Dr. Stasis qui le torture pour lui soutirer des infos sur l'endroit où se cachent des mutants. 

Joshua Cassara illustre ces pages avec son style brut et explosif habituel, parfait pour rendre compte de l'agressivité de l'intrus.


On enchaîne avec la partie annonçant véritablement le retour du titre Uncanny Avengers. le nouveau Captain Krakoa attaque le Capitole et tue plusieurs membre d'une commission d'enquête sur les mutants. En apprenant la nouvelle, Captain America se rend sur place mais il tombe dans une embuscade tendue par Orchis d'où le tire Malicia. Avant que celle-ci n'entende l'appel à l'aide du Pr. Xavier sur l'île de Mykines suite au massacre commis par Nimrod, Moira X et compagnie... 

Javier Garron est déjà très en forme et produit des planches hyper dynamiques, grouillant de détails avec des personnages très expressifs.
 

Et nous voilà arrivé au n°1 de Uncanny Avengers (vol. 4). Gerry Duggan orchestre la renaissance de l'Unity Squad où humains et mutants s'allient pour trouver et punir les responsables du massacre mutant. Javier Garron est l'artiste associé à ces cinq nouveaux épisodes qui démarrent sur les chapeaux de roues sur une quarantaine de pages.


Tandis que Ben Urich au "Daily Bugle" réfléchit aux événements de ces derniers jours, Psylocke et Penance libèrent de nuit des mutants capturés par Orchis pour être traités ou bannis sur Mars/Arakko. Captain America surgit pour leur proposer d'intégrer son équipe auc côtés de Deadpool, Quicksilver et Malicia en lien avec Emma Frost, Tony Stark et la résistance mutante. De son côté, Captain Krakoa recrute aussi...


De 2015 à 2017, après l'event Secret Wars (de Jonathan Hickman et Esad Ribic), Gerry Duggan est désigné pour écrire Uncanny Avengers après deux premiers volumes écrits par Rick Remender. Ce dernier a quitté Marvel pour se consacrer à des creator-owned, sans doute aussi frustré que ses projets pour Marvel aient été stoppés net par Secret Wars (après que d'autres, nombreux, n'aient jamais vu le jour).


Même si Duggan n'a rien à voir avec Remender, il va réussir à relancer le titre avec beaucoup d'efficacité, d'abord avec Ryan Stegman puis Pepe Larraz comme artistes. Il y injecte de l'humour (avec Deadpool, dont il a été le scénariste le plus prolifique) et surtout il étend le concept en intégrant aux Avengers et X-Men présent un membre des Fantastic Four (la Torche Humaine) et des Inhumains (Synapse).


Duggan aura réussi son travail le plus abouti à mon sens (même si son run, plus bref, sur Guardians of the Galaxy ne manque pas de charme, mais a été un peu gâché par l'event Infinity Wars en 2018). Aujourd'hui, il est devenu un des hommes forts de "la maison des idées" qui lui fait confiance pour animer deux poids lourds : X-Men et Invincible Iron Man.
 

Son retour sur Uncanny Avengers me tentait trop pour que je fasse l'impasse, même si au départ je compter le zapper, n'étant pas très chaud pour tous les tie-in à Fall of X. De fait, il ne s'agit pas d'une relance sur le long terme mais seulement pour cinq épisodes - même si, une fois Fall of X terminé, on pourrait très bien imaginer qu'une idée pareille survive.

Dans le flot de mini-séries attachées à Fall of X, Uncanny Avengers est peut-être la plus organique dans le sens où, comme on le voit dans une des premières scènes de l'épisode, alors que Captain America est face à Psylocke et Penance venus délivrer des griffes d'Orchis des mutants, Steve Rogers invite les deux femmes à venger les leurs, tués lors du Hellfire Gala, tout en incarnant à ses côtés l'union humain-mutant.

Dans le FCBD, Duggan met en place une situation explosive avec un usurpateur choisi par le Dr. Stasis et M.O.D.O.K. pour reprendre le rôle de Captain Krakoa. Pour rappel, lors de la première saison de X-Men par Duggan et Larraz, Stasis piégeait Cyclope et le faisait tuer devant des témoins civils. Pour garder secret le protocole de résurrection des Cinq, le Conseil de Krakoa trouvait un subterfuge : Cyclope restait mort aux yeux du public mais endossait le masque de Captain Krakoa pour continuer à opérer avec son équipe de X-Men.

Qui est ce nouveau Captain Krakoa ? Duggan ne le révèle pas et on peut donc spéculer à loisir. J'ai ma propre idée, mais je ne la dévoile pas (mais si vous voulez me faire part de la votre, n'hésitez pas à laisser un commentaire). On sait en revanche que c'est un individu bien entraîné vu la correction qu'il inflige d'abord à Cyclope puis à Captain America. Peut-être a-t-il bénéficié de quelques améliorations génétiques de la part de Stasis et MODOK...

Ce qui est surtout bien vu et qui correspond parfaitement à la méthode du scénariste, telle qu'il l'a dévoilée récemment en interview , c'est que tout repose sur l'apparence. Captain Krakoa enrôle des mutants qui croit avoir affaire à Cyclope et pense partir pour une mission vengeresse en qualité de nouveau Front de Libération des Mutants. Et ce ne sont pas des enfants de choeur : Blob, Wildside, les jumeaux Fenris !

L'Unity Squad de Captain America est moins universelle que la précédente animée par Duggan : on y trouve trois mutantes (Malicia, Psylocke/Kwannon, Penance), Deadpool (qui peut aussi être assimilé à un mutant), Quicksilver (qui a longtemps cru en être un... Avant que Remender retconne ses origines, à lui et sa soeur Scarlet Witch). Captain America est le seul Vengeur. Pas d'Inhumain, pas de Fantastic Four. Même si Duggan a teasé un dernier membre à venir...

Suivant la tonalité brutale du Hellfire Gala et X-Men #25, Duggan écrit un épisode violent, brutal, sombre. La deuxième loi sacrée de Krakoa ("D'humains tu ne tueras") n'a plus cours, même s'il s'agit pour les mutants de tuer uniquement ceux qui les ont agressés. Et à ce sujet, si on peut s'étonner que Steve Rogers s'allie avec Psylocke et Penance après qu'elles aient trucidé plusieurs agents d'Orchis, Duggan répond par le biais du héros qu'il sait ce que c'est de lutter contre des fascistes. C'est la guerre et il y a des morts de chaque côté.

Javier Garron est devenu une valeur sûre de Marvel. Après avoir brillé sur Secret Warriors (dont j'ai parlée récemment), il est devenu l'artiste régulier le plus productif du run de Jason Aaron sur Avengers. 

Ce dessinateur espagnol fait penser à Brad Walker et Kevin Maguire : du premier, il a le goût des images fournies, détaillées, avec des compositions dynamiques ; du second, il a le talent pour rendre les personnages très expressifs. Chaque page vous en donne pour votre argent et il met un point d'honneur à valoriser les héros dans toute leur splendeur. Ainsi Psylocke en tueuse ninja terriblement efficace, Captain America en force tranquille, Quicksilver en bolide : les pouvoirs sont représentés de manière très puissante avec un sens de l'ellipse (quand Pietro transporte l'équipe dans les égoîts) ou au contraire de la décomposition des mouvements (lorsque le bouclier de Captain America ricoche en assommmant plusieurs membres d'Orchis) assez extraordinaires.

Vous l'aurez compris, j'ai retourné ma veste en m'apercevant qu'elle était doublée de vison (même si c'est un peu trop chaud pour la saison). Mais cette relance (fusse-t-elle éphémère) de Uncanny Avengers est réellement accrocheuse. Et Fall of X a quelque chose de définitivement séduisant dans sa dimension désespérée. J'ignore sur quoi ça va déboucher, mais finalement cet électrochoc chez les mutants rebat les cartes franchement.

mardi 20 juin 2023

Collection Marvel Gold - Carrefour : SECRET WARRIORS, de Matthew Rosenberg et Javier Garron


Et voici donc la dernier album que j'ai acheté dans la collection Marvel Gold disponible dans les hypermarchés Carrefour pour 3,99 E. Le programme est curieux dans la mesure où il débute par un épisode de Secret Warriors issu du run de Jonathan Hickman (ici dessiné par Alessandro Vitti), qui plus est rattaché à l'event Siege (2010). Qui n'a absolument aucun rapport avec la suite, écrite par Matthew Rosenberg et majoritairement dessinée par Javier Garron à l'occasion de l'event Secret Empire (2017-2018) et sur laquelle je vais concentrer mes commentaires.



Les cinq premiers épisodes de l'album sont des tie-in à Secret Empire, un event écrit par Nick Spencer. Pour vous resituer : un cube cosmique a transformé Steve Rogers/Captain America en agent de l'Hydra. Pendant des mois, le héros va manipuler tout le monde jusqu'à ce que les Etats-Unis passent sous la coupe de l'organisation terroriste avec la complicité des agents du SHIELD. Un dôme isole New York du reste du pays avec ses super-héros tandis que d'autres justiciers sont coincés dans l'espace. Les mutants ont trouvé refuge à new Tian. 

Lorsque la série Secret Warriors redémarre sous la direction de Matthew Rosenberg, Captain America a fait exécuter Phil Coulson qui a découvert sa trahison.


Cet événement va entraîner l'agent Daisy Johnson alias Quake à vouloir venger son mentor et à former une équipe constituée d'inhumains dans laquelle on trouve Ms Marvel, Moon Girl et Devil Dinosaur, Enfer et Karnak. Celui-ci la convainc de retrouver un jeune inhumain, Leer, qui leur permettra de renverser l'Hydra. Ceci fait, l'équipe apprend que Leer est le fils de Karnak et que son pouvoir lui permet d'augmenter la puissance d'autres inhumains depuis qu'il a subi des expériences du Fauve Noir... A qui l'a livré son propre père !


Matthew Rosenberg est un auteur très inégal, davantage apprécié pour ses comics indés (4 Kids walk into a bank ; What's the furthest place from here ?) que pour ses productions chez les Big Two (Hawkeye : Freefall, Astonishing X-Men). D'où cette agréable surprise de le voir si bien écrire Secret Warriors. Le titre n'a alors plus rien à voir avec celui initié par Jonathan Hickman presque dix ans auparavant, même si on retrouve Daisy Johnson/Quake au générique.

L'excellence du script tient moins dans son intrigue, qui nécessite de connaître les tenants de Secret Empire (au demeurant un event médiocre), qua par la caractérisation de ses héros et la dynamique de leur équipe. On dit souvent qu'il faut de la tension entre les membres d'un groupe pour qu'un team-book fonctionne mais ici ils détestent tous franchement. Daisy s'engueule régulièrement avec Kamala Kahn, Enfer agace tout le monde, Moon Girl est plus intelligente que les autres, Karnak agit comme un sociopathe, et pour couronner le tout ils sont accompagnés par un T-Rex rouge !

Pour illustrer ça, Javier Garron est magistral. Depuis, le dessinateur a pris du galon (en collaborant sur Avengers de Jason Aaron), mais à l'époque c'est un autodidacte déjà impressionnant, produisant des planches regorgeant de détails, ne se ménageant jamais pour des scènes de groupes très peuplées, animant l'action avec tonus, et se payant même le luxe de découper ça avec efficacité et inventivité.

Surtout, même si cette version de Secret Warriors aura une durée de vie très courte (12 n° parus), elle témoigne encore (comme souvent dans cette collection Marvel Gold) des efforts de l'éditeur pour imposer les inhumains même si ça n'aura pas pris auprès des lecteurs. Pourtant, encore une fois, il y avait un réel potentiel, à défaut ici d'avoir un ou deux personnages suffisamment populaires pour avoir une fanbase solide.


Le deuxième arc publié dans cet album comprend les épisodes 8 à 12. A la fin du premier récit, on découvrait donc que Karnak, tracassé par la disparition des brumes tératogènes qui procurent leurs pouvoirs aux inhumains, n'avait pas hésité à livrer Leer, son propre fils, à des savants fous comme le Fauve Noir pour trouver une parade.

Il a également confié son rejeton à Mr. Sinistre, alias Nathaniel Essex, le généticien mutant. Après la séparation des Secret Warriors au terme de Secret Empire, Karnak s'est rapproché de Ahura, le fils de Flèche Noire et Medusa, qui préside la société Ennelux, afin de financer de nouvelles recherches de Sinistre en lui fournissant de nouveaux cobayes... Comme la soeur de Enfer !


A l'équipe qui se reforme pour aider Enfer s'ajoute alors la mutante Magik, qui, elle, traque Sinistre. Cette addition permet d'élever d'un cran supplémentaire les sources de conflits internes dans le groupe puisque mutants et inhumains ne s'entendent pas et que Ilyana Rasputin n'est pas du genre commode. L'intrigue, hélas ! s'effiloche en voulant créer une mini-guerre civile entre les deux races, en exposant la trahison de Enfer (prêt à tout pour sauver sa soeur), celle de Karnak. Dommage.

Qui plus est Javier Garron commence à fatiguer et Marvel doit solliciter deux artistes pour l'assister. Will Robson livre des pages au style trop naïf pour soutenir la comparaison, puis Ramon Bachs intervient pour le dernier épisode.

Cet ultime chapitre montre comment Moon Girl attire chez elle les Secret Warriors (Magik comprise) pour les forcer à se réconcilier autour d'un jeu de société et à l'occasion de son anniversaire. Cela ne fonctionne qu'à moitié mais Karnak en conclut que Lunella Lafayette devrait un jour gouverner tous les inhumains. Marvel n'a pas donné suite à cette piste.

Voilà, c'était le dernier tome de cette collection qu'il me restait à commenter. Je ne me suis pas procuré les cinq autres, qui m'intéressaient moins ou pas du tout (spécialement X-Force période Rob Lefield...). Mais il faut saluer ces opérations mises en place par Panini pour tenter d'attirer de nouveaux lecteurs ou permettre à des habitués de s'approvisionner à bas prix (on a quand même là des albums de plus de 280 pages, certes en softcovers, avec souvent des arcs complets, et parfois de séries méconnues). Ce serait d'ailleurs bien que Panini, comme Urban Comics avec sa gamme Urban Nomad, s'engage dans des rééditions à bas prix au sein d'une collection aux sorties régulières plutôt que sur des opérations ponctuelles.

vendredi 12 août 2016

Critique 981 : STAR-LORD #1-2-3, de Sam Humphries et Javier Garron


STAR-LORD : YEAR ONE, PART 1 - FREE FALLING est le premier épisode de la série, écrit par Sam Humphries et dessiné par Javier Garron, publié en Janvier 2016 par Marvel Comics.
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Peter Quill a dix ans quand il assiste au meurtre de sa mère, qui l'a élevé seule, tuée par les extra-terrestres Badoon. Huit ans plus tard, grâce à une amie de la famille, Lisa Chang, commandant à la NASA, il espère devenir astronaute pour se venger.
Afin d'exaucer son rêve, il voudrait faire partie de l'équipage de l'Astérion I, un gigantesque vaisseau destiné à une expédition colonisatrice, et dont la technologie est inspirée d'un Warbird Kree que les Avengers ont légué à l'agence spatiale.
Manque de chance pourtant : s'il réussit à semer ses poursuivants, Peter n'arrive pas à redémarrer le Warbird, perdu dans l'espace...
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STAR-LORD : YEAR ONE, PART 2 - SPACE PIRATES OF THE GALAXY est le deuxième épisode de la série, écrit par Sam Humphries et dessiné par Javier Garron, publié en Février 2016 par Marvel Comics.
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Tandis qu'il tente de réparer le Warbird Kree à bord duquel il a quitté la Terre pour traquer les assassins aliens de sa mère, le jeune Peter Quill, 18 ans, est abordé par des pirates de l'espace, les Ravageurs de Yondu.
Il prend temporairement l'avantage sur ce dernier avant que la situation ne se retourne contre lui. Négociant avec son adversaire, il intègre sa bande... Comme agent d'entretien !
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STAR-LORD : YEAR ONE, PART 3 - INTO THE GREAT WIDE OPEN est le troisième épisode de la série, écrit par Sam Humphries et dessiné par Javier Garron, publié en Mars 2016 par Marvel Comics.
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Peter gagne la confiance de Yondu en lui parlant de l'Astérion I dont le pirate souhaite alors s'emparer. Si les Ravageurs y arrivent, Peter recevra en retour leur aide pour traquer les Badoon, les extra-terrestres qui ont tué sa mère huit ans auparavant...

Traduite en français dans la revue "All-New Les Gardiens de la Galaxie", je n'ai pas tout de suite accroché à cette série, écrite par un scénariste qui ne m'avait jamais convaincu auparavant (il était déjà l'auteur du titre antérieur à celui-ci, Legendary Star-Lord). Pourtant, après trois numéros, le charme a opéré et la lecture est de plus en plus agréable - suffisamment pour que je décide d'en rédiger une critique.

L'idée de départ est élémentaire : Sam Humphries, plutôt que d'imaginer des aventures parallèles à Peter Quill à côté de la série Guardians of the Galaxy de Bendis et Schiti, a choisi de nous raconter la jeunesse du héros et comment il a fini par devenir Star-Lord.

Pour réussir à rendre intéressante une origin story, il faut sinon de l'originalité, en tout cas du rythme, et c'est un point gagné ici : les scènes s'enchaînent sans temps mort, les rebondissements défilent, on est résolument dans le registre du récit initiatique sur un ton léger et entraînant. Un fulgurant flash-back rappelle la tragédie fondatrice du héros (la mort de sa mère, tuée apparemment sans raison - en vérité, mais cela, Peter Quill l'ignore, parce qu'elle a été la maîtresse d'un noble de la planète Spartax, J'son, ennemi des Badoon). Puis on effectue un saut dans le temps de huit ans : Quill a alors 18 ans et, à cause de son tempérament indiscipliné, est assigné à des corvées humiliantes à la NASA.

Il s'enfuit en commettant un premier méfait (le vol d'un vaisseau spatial, une prise de guerre des Avengers), annonciateur de sa carrière de brigand, se fait capturer par les Ravageurs de Yondu, sauve sa tête, remplit de nouvelles tâches avilissantes, jusqu'à ce qu'il négocie une promotion en livrant une cible à son nouveau chef.

Humphries écrit le personnage avec brio, traduisant parfaitement la rébellion de cet adolescent qui aspire surtout à sillonner l'univers et se venger mais qui tombe entre de mauvaises mains, comprend trop tard qu'il a vendu le sort d'un équipage humain à des canailles pour réaliser son objectif égoïste. Il y a dans le scénario un mélange réjouissant d'humour et de péripéties qui parlera aussi bien au fan de comics qu'au lecteur de BD franco-belges comme Valérian.

La série profite aussi grandement de son artiste et je dois avouer que, même si j'avais déjà entendu parler un peu de lui auparavant, Javier Garron est la grande révélation de ce Star-Lord. Son dessin est d'abord très expressif, avec des personnages très animés, une galerie de seconds rôles incroyablement élaborée (avec un lot important d'extra-terrestres). Aussi bien : il traite les environnements avec une quantité de détails impressionnante, qu'il s'agisse du design des vaisseaux spatiaux (aussi bien dans leurs aspects extérieurs que pour leurs décorations intérieures), les villes, les objets, les costumes (il suffit d'observer le look de Yondu, chargé de colliers, bracelets, bagues, tatouages...).

Ces planches fournies donnent de quoi occuper le regard, mais son découpage reste dynamique (voir la scène de la course-poursuite entre Yondu, Peter et Jacques), et la colorisation de Antonio Fabela (assisté par Frank d'Armata sur les deux premiers épisodes) est superbe.

Rafraîchissante, mouvementée, drôle, touchante aussi, cette jeunesse de Star-Lord mérite vraiment qu'on la suive.
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Ces épisodes sont disponibles en vf dans la revue "All-New Les Gardiens de la Galaxie" n° 1 à 3.