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jeudi 29 décembre 2022

THE MAGIC ORDER 3 #6, de Mark Millar et Gigi Cavenago

 

C'est la fin du troisième volume de The Magic Order. Mais la suite ne se fera pas attendre puisque le premier épisode du volume 4 paraîtra le 25 Janvier prochain. Mark Millar et Gigi Cavenago concluent donc avec un épisode double (de 40 pages) qui, comme on pouvait s'y attendre, laisse beaucoup de portes ouvertes mais réserve aussi son lot de surprises.



1991. Alors que Salomé quitte Leonard Moonstone, il reçoit la visite de Madame Albany venue lui réclamer l'Orichalcum qu'elle espérait recevoir en héritage.


Condamné au bannissement pour avoir utilisé la magie noire, Regan Moonstone quitte Cordelia après qu'on lui ait retiré tous ses pouvoirs et interdit à la communauté de rentrer en contact avec lui à l'avenir.


Salomé et Leonard gagnent le pôle Nord pour y attendre et affronter le Puzzle, qui a tué le père de Salomé. Mais celle-ci réserve un très mauvais tour à son ancien mari...


... Quant à Sammy Liu, au courant du sort réservé à Regan, il est surpris par la visite que lui rend Rosie Moonstone...

Comme d'habitude, j'ai veillé à ne rien spoiler d'essentiel, même si avec le début du volume 4 dans un mois, je serai certainement obligé de revenir rapidement sur des éléments que j'ai cachés ici. Il faut dire que Mark Millar est un homme pressé qui multiplie les projets pour 2023 et même 2024.

Outre des adaptations de ses comics pour Netflix (The Magic Order au premier rang, mais aussi Huck), et de nouveaux titres (The Ambassadors, la suite de Prodigy - et j'espère celle de Empress), Millar a d'ores et déjà annoncé travailler sur une histoire de Superman à laquelle il pense depuis longtemps et pour laquelle DC n'a pas tardé à montrer son vif intérêt (ce sera au mieux en 2024 et évidemment ça promet d'être "énorme" comme aime le dire l'écossais).

Mais cette accélération se manifeste surtout dans le rythme de parution de The Magic Order, que Millar a conçu comme une saga en cinq actes. Cette année, on a eu droit aux volumes 2 et maintenant 3, avant le 4 dans un mois.

Comme je l'avais prédit, la conclusion du volume 3 est très ouverte et laisse beaucoup de pistes en suspens, qui vont certainement fournir du matériel pour les deux prochains actes. On peut légitimement trouver cela frustrant, surtout après le volume 2 qui semble du coup un peu accessoire (même si on peut rester réservé à ce sujet car il est bien possible qu'il ait contenu des éléments réutilisables). Néanmoins, c'est aussi en ne réglant pas tout  qu'on mesure l'ambition du scénariste pour ce projet où six épisodes à chaque fois ne suffisent pas/plus à englober une histoire complète.

Sur ce qu'on peut dire sans rien "divulgâcher", ce qui frappe le plus, c'est l'isolement de plus en plus prononcé dans lequel est plongée Cordelia Moonstone. Elle a désormais perdu ses deux frères (Gabriel dans le volume 1, Regan maintenant). Regan coupable d'avoir invoqué la magie noire à des fins personnels est banni de l'Ordre Magique mais surtout privé de ses pouvoirs. Plus personne n'a la droit d'entrer en contact avec lui ni lui avec son ancienne communauté.

Conséquences immédiates : Cordelia est donc seule à la barre de l'Ordre Magique et court chercher du réconfort auprès de Francis King, l'ensorceleur introduit dans le volume 2, son ex-amant toxico actuellement en réhab'. Il est donc certain que Francis aura un rôle important dans la suite, sans qu'on sache s'il sera un soutien fiable au vu de son passé de drogué. Et puis il y a Rosie, la fille de Gabriel, dont Regan avait la charge et qui est donc confiée à d'autres magiciens. Sauf que la gamine ne semble nullement affectée par la situation et réserve une sacrée surprise à la fin de cet épisode... Mais chut !

Je vais par contre rester plus discret sur ce qui arrive à Leonard Moonstone et Salomé. Voilà un rebondissement que personne n'a vu venir et qui est glaçant. Salomé a en tout cas bien caché son jeu, tout en établissant de sinistres prédictions (aucun des enfants Moonstonne ne survivra à la quarantaine). La manière dont Millar nous a roulés dans la farine avec ce personnage est brillante.

Enfin, on revoit in extremis Sammy Liu, introduit comme un personnage important dans le premeir épisode de ce volume et qu'on n'a guère revu ensuite. Lui aussi va être aux premières loges dans la suite qui arrive et reçoit une visite imprévisible à la fin. La toute dernière page va complètement vous cueillir, je vous préviens, et surtout prouve que Millar avait tout prévu depuis le début du volume 1. Quand il affirme que The Magic Order est son magnum opus au sein du Millarworld, il ne ment pas car jamais jusqu'à présent il n'a construit une intrigue aussi élaborée sur autant d'épisodes, et avec une telle adresse.

Visuellement, Gigi Cavenago aura impressionné sans temps mort. Encore une fois, il produit des planches exceptionneles, sans jamais que le niveau ne baisse. Le passage à une pagination augmentée n'a aucun effet sur la qualité graphique de ce prodigieux artiste italien.

Fréquemment, il nous gratifie de splash-pages à tomber à la renverse, comme des ponctuations qui répondent spectaculairement à l'imagination débridée de Millar. Alors que sur le volume 1, Coipel s'était un peu éteint sur la fin, et que Immonen ensuite avait livré une prestation impeccable mais un chouia trop sage (avec il est vrai un scénario plus faible), Cavenago, lui, a donné tout ce qu'il avait - et encore a-t-on le sentiment qu'il en avait encore sous le pied !

J'espére vraiment que Millar retravaillera avec lui car c'est  un régal à lire. Ces dessinateurs italiens sont des tueurs et cela me fait penser à la vague espagnole dans les années 90 qui avait vu exploser des artistes ayant ensuite fait leur nid aux Etats-Unis (comme Carlos Pacheco, Salvador Larroca jusqu'à David Aja, Pepe Larraz et j'en passe). Millar l'a bien compris en attrapant dans ses filets Buffagni, Cavenago - et Marvel a intérêt à occuper Schiti s'ils ne veulent pas le voir collaborer avec l'écossais...

Même si je suis ravi de lire la suite très vite, j'espère que le pari sera gagnant, d'abord pour l'histoire proprement dîte, ensuite pour Dike Ruan (qui dessinera le volume 4 et qui a un énorme potentiel). Dans l'idéal, même si ça peut paraître bizarre, j'aurai presque préféré que ça attende quelques mois, pour respirer (et que le recueil de ce volume 3 soit dispo afin que chacun puisse être à jour). Mais on ne va pas se plaindre.

vendredi 25 novembre 2022

THE MAGIC ORDER 3 #5, de Mark Millar et Gigi Cavenago


Ce péultième épisode du volume 3 de The Magic Order file à toute allure et comble le lecteur de bout en bout. Plus que les précédents numéros, il suit une ligne unique et résoud une intrigue avec efficacité, comme si Mark Millar se recentrait. Gigi Cavenago impressionne toujours autant avec ses dessins, rehaussés par les couleurs flamboyantes de Valentina Napolitano.


Alors qu'elle va être dévorée par le démon Shavatan à qui l'a livré Sacha Sanchez, Rosie prévient l'Orde Magique de sa situation grâce à un double qu'elle s'est créé. Cordelia intervient in extremis.


Face à l'Ordre Magique, Sacha préfère fuir mais il est rattrapé par Regan Moonstone qui le défie. Il résiste étonnamment aux ripostes de Sacha et l'efface de l'existence avec un sort emprunté à son père.


Cette victoire inattendue éveille les soupçons de Cordelia qui en parle à Francis King, craignant que son frère n'ait eu recours à la magie noire - ce qui le condamnerait à être exclu de l'Ordre magique.


Cordelia avec d'autres membres de l'Ordre vont donc interroger Regan à la sortie de son cabaret pour en avoir le coeur net...

Le mois prochain prendra fin le troisième volume de The Magic Order et si ce cinquième et avant-dernier épisode résoud un des nombreux subplots de la "saison", on peut toutefois se demander comment Mark Millar va boucler les trois autres.

Car si on assiste à la fin de Sacha Sanchez, cet espèce de tueur à la solde de l'Ordre Magique, qui était convaincu que Rosie, la fille de feu Gabriel Moonstone, revenue des morts (dans le volume 1), était celle qui détruirait l'organisation dans le futur, il reste bien d'autres dossiers en suspens.

Mark Millar règle le cas de Sacha avec son efficacité coûtumière et Gigi Cavenago illustre tout ça avec une maestria incroyable. Si l'artiste italien impressionne depuis le début de sa prestation, il ne faut pas minorer la contribution de sa coloriste, Valentina Napolitano, qui acccomplit ici un travail tout à fait splendide.

Comme je l'ai évoqué en parlant de Kroma (de Lorenzo de Felici), le travail du coloriste est ingrat car (et je je me compte parmi ces oublieux) on a tendance à ne retenir que la "performance" du dessinateur. Certains fans de comics estiment même que la BD se porterait mieux sans la couleur ou qu'en tout cas un bon dessin se juge en noir et blanc, que la "vérité" du dessin est dans le noir et blanc.

Mon opinion à ce sujet a évolué avec les années, et notamment en m'adonnant au travail de la critique, qui m'a fait reconsidérer l'importance des contributeurs à un comic-book. Si effectivement je pense qu'un bon dessin doit s'évaluer en noir et blanc, sans artifices, il faut prendre en compte l'évolution du dessin lui-même et des outils dont dispose l'artiste.

Par exemple, aujourd'hui, énormément de dessinateurs se passent d'encreurs car il dessinent sur des tablettes graphiques mettant à leur service des fichiers très pratiques pour corriger le dessin, l' "encrer", prendre en charge les décors, etc. Certains poussent même jusqu'à effectuer leur colorisation pour contrôler complétement ce à quoi ressemblera leurs planches (par exemple Phil Noto, Greg Smallwood, Cliff Chiang...). Aux Etats-Unis, ça reste exceptionnel alors que dans la BD franco-belge il existe beaucoup d'artistes qui assument tout, du crayonné à la colorisation (mais le rythme de production n'est pas le même et il est évidemment plus difficile de tenir des délais mensuels en accomplissant tout).

Souvent, pour en revenir aux coloristes, ils sont là, dans les comics comme les lettreurs, en fin de processus. S'il existe des coloristes avec un style identifiable (par exemple Jordie Bellaire, Brad Anderson, Matt Wilson, Dave Stewart), la plupart est considérée comme interchangeable, le lecteur, même exigeant, n'y prête guère attention, tant que ça ne gâche pas le dessin/l'encrage.. 

Dans le cas de Gigi Cavenago, la contribution de Valentina Napolitano prend une importance spéciale car Cavenago, qui est un cover-artist virtuose, est aussi son propre coloriste habituellement. Si vous êtes curieux, allez sur Google images et tapez sans votre barre de recherche "Gigi Cavenago couvertures Dylan Dog" et vous verrez ce qu'il produit.

On pouvait donc craindre qu'en délégant la colorisation à Napolitano, le dessin de Cavenago serait moins puissant. Mais il n'en est rien et cet épisode le prouve magistralement, avec des pages et des scènes entières bluffantes, notamment le duel entre Sacha et Regan. La palette est vive mais exprime bien le déferlement d'énergies magiques à l'oeuvre et établit une ambiance fantastique à tout point de vue.

Ce qui est remarquable, c'est qu'après ça, Napolitano et Cavenago enchaînent avec une scène beaucoup plus banale, le discussion entre Francis King et Cordelia Moonstone, et ils calment le jeu, aussi bien dans les teintes employées que dans le découpage, non pas parce qu'ils sont moins motivés, mais pour souligner le contraste entre le combat et le dialogue. Et les dernières pages de l'épisode renouent avec un effort sublime de Napolitano et Cavenago pour représenter un décor urbain nocturne, les lumières au néon du cabaret de Regan, les phares des voitures, etc.

Reste que, pour revenir à des points plus basiquement narratifs, Mark Millar a encore bien des éléments à finaliser et un seul épisode pour le faire. Quid de Sammy Liu, le magicien milliardaire (lui aussi accusé d'avoir utilisé la magie à des fins personnelles) ? Quid du tueur traqué par Salomé et Leonard (le Puzzle) ? Qui du secret entourant l'oncle Edgar dans le château Moonstone ?

Je ne pense pas, en vérité, que Millar va solutionner tout ça dans le prochain épisode, mais en gardera sous le coude pour le volume 4 (qui arrivera en Janvier). Il n'y aura donc pas à patienter pour sauter d'un volume au suivant (ce qui me conforte dans l'idée que les volumes 3 et 4 sont intimement liés).

samedi 29 octobre 2022

THE MAGIC ORDER 3 #4, de Mark Millar et Gigi Cavenago


Ce troisième volume de The Magic Order est décidément bien décousu. Ce qui ne signifie pas qu'il est mauvais, mais disons difficile à décrypter tant Mark Millar semble ne pas suivre un mais plusieurs fils narratifs sans lien apparent. Gigi Cavenago, lui, éblouit encore une fois, notamment lors de quatre pages imitant à la perfection les épisodes de Creepy par Alex Toth.


Dans le château Moonstone, l'oncle Edgar massacre le plus vieux membre de la famille qui était sur le point de réintégrer le monde réel. Il laisse les fées sonner l'alarme.
 

Cependant, Sacha Sanchez entraîne Rosie Moonstone dans son repaire. Grâce à un vieux comic-book, ils accèdent à une dimension parallèle où il pourra former la fillette.


Mais Rosie devine alors l'intention de Sacha : il l'a emmenée là pour s'en débarrasser, estimant que le pouvoir qu'elle possède la condamne.


Cordelia Moonstone arrive au château où Edgar a trouvé dans la bibliothèque un ouvrage en relation avec son passé et lui rappelant qui il est vraiment...

Je peux me tromper, et il reste à Mark Millar deux épisodes dans ce troisième volume de The Magic Order pour le corriger le cas échéant, mais j'ai quand même l'impression que toutes les intrigues ouvertes depuis quatre mois ne seront pas résolues et vont plutôt, pour certaines, alimenter la prochaine mini-série de ce titre.

En effet, ce chapitre s'ouvre sur une découverte : le plus vieux membre de la famille Moonstone vivait encore dans le château, convalescent depuis 500 ans (!) mais désormais sur le point de réintégrer le monde normal. On n'avait jamais entendu parler de lui auparavant et cela donne donc l'impression que Millar le sort de son chapeau pour créér une scène choc puisque l'oncle Edgar, lui-même enfermé dans le château Moonstone, va le tuer d'une manière particluièrement atroce et semble-t-il gratuite. Le vieil homme a-t-il perdu la tête ? On le saura à la fin de l'épisode.

Mais, avant cela, ce qu'on vient de lire souligne à quel point ce troisième arc de la série a de quoi déconcerter. On a commencé par nous présenter Sammy Liu, un milliardaire japonais et membre de l'Ordre Magique, sans qu'il soit fait grand-chose de lui par la suite (en dehors du fait, non négligeable, que Cordelia Moonstone le soupçonne, à raison, d'avoir utilisé ses pouvoirs pour fire fortune). Puis on a retrouvé Leonard Moonstone qui, lui-même, retrouvait sa femme Salomé à qui il apprenait la mort de leur fils Gabriel, avant de mentionner leur premier fils, Perditus, échangé contre un sorcier chef de guerre lors d'un conflit passé.

Sur ce dernier point, Millar opère une connection à la fin du présent épisode et je pense raisonnablement que cela va alimenter la fin de ce volume 3 de The Magic Order. Le scénariste enrichit la mythologie de la série d'un côté tout en ayant l'air d'en dévoiler des pans inédits un peu trop opportunément. On aimerait croire que tout a été prévu ainsi dès le départ, mais on en doute un peu.

Plus sûrement, le coeur de cet épisode et l'autre ligne narrative essentielle de cet arc suit Rosie, la fille de feu Gabriel Moonstone. La petite, on s'en doutait après le volume 2, est elle-même une magicienne, aussi sinon plus puissante que son père. Sacha Sanchez, ce tueur à gages de l'Ordre Magique, a deviné son potentiel et lui a proposée de l'entraîner. Hélas ! pour la fillette, les intentions de l'homme sont toutes autres.

Tandis qu'on les suit dans une dimension parallèle, Gigi Cavenaggo entre en scène et tire une fois encore la série vers des sommets graphiques. En effet, pendant quatre pages où Rosie et le lecteur lisent un comic-book horrifique dans la veine des EC Comics,, l'artiste italien imite avec une perfection saisissante le style d'Alex Toth quand il produisait des histoires pour le titre Creepy (un recueil est disponible chez Dark Horse). Le récit raconte comment un pilote de course, à la suite d'un accident, perd ses deux mains. On lui greffe celles d'un pianiste prodige et il devient à son tour un musicien accompli, changeant de carrière pour se produire su scène. Mais partout où il joue, des crimes affreux ont lieu et bientôt il acquiert la certitude que le pianiste était aussi un tueur. Il assassine sa femme puis se suicide.

Cet interlude est génial, même s'il est totalement gratuit. Cavenago est tellement bon dans cet exercice qu'on croit réellement avoir affaire à des planches originales de Toth et Millar a concocté cette nouvelle avec un mimétisme sidérant par rapport à ce qu'on trouvait dans ces comcis des années 50. Rien que pour ça, The Magic Order 3 #4 est indispensable !

Mais le cliffhanger qui clôt l'épisode est aussi insensé quand on découvre qui est vraiment l'oncle Edgar, ce qui explique son crime sauvage. La confusion qui s'emparaît de nous au début se transforme en un tour de passe-passe virtuose qui prouvera aux sceptiques que Millar a encore un formidable talent de conteur, capable de nous cueillir complètement sans qu'on ait rien vu venir. 

Et finalement, c'est ce Millar qu'on préfère, celui qui invente des twists aussi tordus qu'efficaces, qui sert du caviar à ses artistes qui le lui rendent bien en produisant des planches hallucinates. Cavenago donne vie aux idées de Millar avec une maestria qui dépasse celles de Coipel et Immonen, car elle est plus baroque, plus folle, plus stylisée.

Qu'importe alors si c'est décousu et que sans doute le volume 4 poursuivra et conclura certains subplots : peut-être cela veut-il seulement dire que la série se mue en feuilleton et formera une grande fresque au-delà de son propre cadre (puisque Big Game, le crossover que prépare actuellement Millar avec Pepe Larraz impliquera The Magic Order, Night Club, Nemesis et un quatrième titre, dessiné apr Frank Quitely).

Vous avez dit alléchant ?

vendredi 30 septembre 2022

THE MAGIC ORDER 3 #3, de Mark Millar et Gigi Cavenago


La lecture de ce troisième épisode du troisième volume de The Magic Order m'a laissé perplexe. Mark Millar entraîne ses personnages et le lecteur dans des directions inattendues certes mais bien curieuses si on se souvient des débuts de l'histoire. Gigi Cavenago livre des planches une nouvelle fois somptueuses et c'est bien le seul point sur lequel il n'y a rien à redire.


Leonard Moonstone et sa femme Salomé se préparent à partir chasser le Puzzle, ce démon qui a tué le père de Salomé.


Regan retrouve Sacha qui a pris en charge sa nièce Rosie et ses deux amis, Darius et Becky à Baltimore. Il envoie les trois gamins traquer les trois frères Mendoza, mais l'un d'eux leur échappe.
 

Qu'à cela ne tienne pour Rosie qui continue à pister Paco Mendoza avec son amie Becky. Mais lorsqu'il les surprend, elles sont vite dépassées par le danger.


Sacha intervient alors pour les sauver puis il renvoie Becky chez elle. Avant d'offrir à Rosie de lui enseigner sa magie, de manière plus efficace et suivie que son oncle Regan...

La volume 3 de The Magic Order est vraiment bizarrement construit. Pas un épisode ne ressemble au précédent et on en vient à se demander ce que Mark Millar veut raconter exactement. Pour rappel, dans le premier numéro, on faisait connaissance avec Sammy Liu, un membre de l'Ordre, et hommes d'affaires soupçonné d'avoir utilisé sa magie pour faire fortune.

Puis le mois dernier, changement complet de direction : nous retrouvions Leonard Moonstone, invisible depuis la fin du volume 1, et nous faision connaissance avec sa femme, Salomé, à qui il venait apprendre la mort de leur fils Gabriel (survenue dans le volume 1). Mais on découvrait aussi qu'il avait eu un premier fils, Perditus, qu'il avait échangé contre une prise de guerre. Et Salomé s'apprêtait à traquer le Puzzle, un démon, qui avait tué son père.

Ce nouvel épisode ne développe aucune de ces deux précédentes pistes, même si l'épisode s'ouvre avec une très belle scène où Leonard et Salomé sont sur le départ. Mais ensuite, ni Sammy Liu, ni Ordre Magique. Mark Millar s'intéresse à Rosie, la fille de feu Gabriel, devenue la fille adoptive de Regan, son oncle.

Ce dernier ne s'en occupe guère, entre la gestion de son strip-club et ses coucheries avec des hommes de passage. Pourtant il veut l'initier à la magie car il compris que sa nièce avait un potentiel énorme (comme son père avant elle). Mais il lui assigne des devoirs bien dangereux pour une fillette en l'envoyant capturer les frères Mendoza, des dealers de magie capables de posséder des êtres humains. La gamine, malgré tout, est téméraire et ne se défile pas.

Un autre personnage, entrevu dans les deux précédents épisodes, veille : il s'agit de Sacha, un chasseur très puissant de l'Ordre Magique, qui désapprouve les méthodes de Regan mais qui a, lui aussi, évalué le potentiel de Rosie. Il va d'ailleurs la sortir d'un mauvais pas et lui offrir ses services. 

On comprend que Sacha poursuit son propre agenda, mais sans savoir ce qu'il a en tête. Ce serait pourtant bienvenu car on atteint la moitié de ce troisième volume. Et surtout parce que ça commence à faire beaucoup de lignes narratives à suivre, entre la chasse au Puzzle par Leonard et Salomé, les tensions entre l'Ordre et Sammy Liu, et désormais l'éducation de Rosie. Est-ce que tout ça va converger ? Et si oui, comment et à quand ? Ou bien Millar écrit-il ces intrigues parallèles pour les traiter de manière autonome, voire en en résolvant certaines pour le volume 4 (qui paraîtra l'an prochain) ? Impossible à dire, mais subsiste cette impression d'un arc dispersé, avec beaucoup de pistes à suivre.

Millar retombe souvent sur ses pattes, même si parfois ses histoires souffrent d'être un peu répétitives dans leur construction et leur dénouement (avec un dernier épisode explosif et expéditif). D'un côté, j'ai envie, comme souvent, de faire confiance à son expérience. De l'autre, je garde le souvenir mitigé du volume 2 de The Magic Order dont lui-même a reconnu qu'il était trop déséquilibré. J'espère quand même que le prochain numéro va débrouiller un peu tout ça.

Toutefois, tout n'est pas à discuter et on peut dire que cet épisode s'ajoute à la liste des plaisirs graphiques de la semaine. Après avoir profité des planches d'artistes aussi excellents que Alvaro Martinez, Greg Smallwood, Joshua Cassara et Tom Reilly, finir avec Gigi Cavenago, c'est quand même un régal.

L'italien produit encore des planches fantastiques, dans tous les sens du terme. Ses compositions sont toujours aussi dynamiques et spectaculaires et la manière qu'il a de réprésenter les forces occultes a quelque chose de réellement supérieur (par rapport à ce que proposèrent Coipel et Immonen). 

Un peu comme Goran Parlov, Cavenago ne s'embarrasse pas d'un découpage compliqué et sa complicité avec Millar est éclatante : ses cases sont de dimensions généreuses, elles occupent souvent toute la largeur de la page et même la moitié de la planche. Quand il ponctue le récit avec une pleine page, l'effet est saisissant. Quoiqu'il en soit, il y a une énergie folle dans cette narration, une puissance dûe à la facilité technique de l'artiste. Cavenago fait partie de cette catégorie de dessinateurs à qui rien ne fait peur, qui savent tout dessiner, et le lecteur se sent littéralement transporté.

Bref, cet épisode est déroutant, à l'image du volume. Maintenant, il reste trois épisodes pour en faire quelque chose de grandiose ou de raté. Car The Magic Order n'est pas un comic-book pour les tièdes par des tièdes : c'est tout l'un ou tout l'autre.

samedi 3 septembre 2022

THE MAGIC ORDER 3 #2, de Mark Millar et Gigi Cavenago


Eblouissant : c'est le qualificatif qui colle le mieux à ce deuxième épisode du Volume 3 de The Magic Order. Mark Millar revient sur le passé de Leonard Moonstone, de sa femme, de leur premier enfant, et confronte Sammy Liu à Cordelia. Ajoutez à cela des planches époustouflantes de Gigi Cavenago et vous verrez que je ne mens pas en étant si élogieux.


1982. Leonard Moonstone est invité à une orgie organisée par l'Ordre Magique. Il est abordé par Salomé, une puissante médium qui le choisit comme amant et père de ses enfants.


1984. L'Ordre Magique défait l'armée de Kolthur dont le bras-droit exige un sacrifice des magiciens en échange de la détention de leur roi sorcier. Salomé voit une de ses prédictions s'accomplir.


Aujourd'hui. Après être intervenu à Singapour contre des démons, Cordelia rappelle Sammy Liu à ses devoirs et l'interroge sur sa fortune, peut-être acquise grâce à ses dons magiques.


Toujours aujourd'hui. Salome se prépare pour tuer l'assassin de son père. Leonard l'interroge sur le prix qu'ils ont payé pour Kolthur en s'assurant que ce dernier ne comprendrait jamais ce qui lui est arrivé...

Vous voyez, c'est pour ce genre d'épisodes que j'aime toujours Mark Millar. OK, c'est une grande gueule, qui se vante d'attirer dans ses filets les meilleurs artistes avec l'argent de Netflix. Vous n'aimez peut-être pas Millar. Mais il reste quand même un scénariste capable de sortir des putains d'épisodes, en plus d'être un vrai amoureux des comics et un auteur à l'imagination toujours aussi fertile.

Parce qu'il faut quand même avoir un culot certain pour au deuxième épisode d'un nouveau Volume d'une série casser la narration et consacrer les trois quarts d'un numéro au passé d'un personnage qu'on n'avait plus vu depuis la fin du tome 1 de The Magic Order. Et arriver à surprendre avec ça.

J'avais déploré l'absence de Leonard Moonstone dans le Volume 2, alors que l'Ordre Magique était confronté à une menace terrible. Et je crois que Millar a compris qu'il avait oublié le patriarche Moonstone pour aller vers une résolution du conflit plus convenue, reproduisant le schéma du dénouement du Volume 1.

Alors, bien entendu, ça signifie que ce mois-ci, on voit moins Cordelia et les autres membres de l'Ordre, mais quand même, on est bien servi avec une séquence à Singapour de haute volée. Ayant remarqué la réapparition de créatures nécrophages censées être surveillées et repoussées le cas échéanrt par Sammy Liu, Cordelia mène un raid et confronte le magicien milliardaire introduit le mois dernier.

Millar, parce qu'il sait camper rapidement des personnages mémorables, n'a pas besoin de beaucoup de pages pour nous faire comprendre que Sammy Liu est mal vu par ses pairs et qu'en fait l'opération conduite à Singapour est l'occasion de soulever un lièvre. En l'occurrence : a-t-il bâti sa fortune en utilisant sa magie ? Il jure que non. Cordelia et Sacha savent qu'il ment. Et donc facile de deviner que ça va chier des bulles bientôt.

Mais, donc, l'essentiel de l'épisode est consacré au couple Leonard-Salomé. Fidèle à cette outrance qu'il apprécie, Millar situe leur rencontre en 1982 dans une orgie de l'Ordre. Salomé est décrite comme une femme très entreprenante et qui a un donc de voyance phénoménale. Elle a vu que Leonard serait son mari et le père de ses enfants. Mais aussi, surtout, que leur vie de famille serait émaillé de drames, de malédictions.

Effectivement, deux ans après, on assiste sur une double page (et ça suffit pour qu'on saisisse la tragédie en marche) à la réalisation d'une prédiction sinistre de Salomé. Les Moonstone sont une fratrie de quatre et non pas trois enfants, le premier enfant de Leonard et Slaomé s'appelait Perditus et a été échangé avec un roi sorcier, Kolthur, qui avait déclaré la guerre à la Terre et a perdu.

Que sont devenus Perditus et Kolthur ? On n'a droit qu'à une réponse et elle aboutit à un twist à la fin de l'épisode qui est proprement renversant pour ceux qui lisent la série depuis le début. Là aussi, ça promet un rebondissement à venir spectaculaire (peut-être pas forcément pour ce Volume d'ailleurs). Mais Millar a le don pour nous surprendre avec une révélation impossible à voir venir.

Cette intense jubilation à la lecture est appuyée par des dessins somptueux, et je pése mes mots, de Gigi Cavenago. Déjà avoir eu le plaisir de contempler les illustrations de Stuart Immonen après celles de Olivier Coipel était un cadeau. Mais l'italien impressionne et égale, voire surpasse parfois, ses prédécesseurs.

Qu'il représente une orgie sans sombrer dans la vulgarité, ou montre l'issue d'une guerre sur une double page prouve le talent hors norme de Cavenago. Mais que dire alors quand il met en scène le raide à Singapour, avec les couleurs flamboyantes de Valentina Napolitano ? Là, c'est la grande classe, et la manière dont sont représentées les manifestations magiques subjugue.

Cavenago enchaîne avec une discussions à bâtons rompus entre Cordelia et Sammy qui s'achève sur un gros plan expressif et électrique. Il y a une telle variété d'images, une telle palette, qu'on ne peut qu'être comblé. C'est un comic-book qui vous rappelle pourquoi on aime les comics.

En vérité, oubliez un moment vos préjugés ou vos reproches à l'encontre de Millar et savourez : il en a encore sous le capot et avec Cavenago, résister est inutile.

vendredi 29 juillet 2022

THE MAGIC ORDER 3 #1, de Mark Millar et Gigi Cavenago


Et revoilà The Magic Order, troisième volume de la saga écrite par Mark Millar. Le scénariste écossais est cette fois accompagné par le dessinateur italien Gigi Cavenago pour une nouvelle salve de six épisodes. Ce premier chapitre en dit peu sur l'histoire à venir mais introduit de nouveaux personnages, superbement mis en images.


Honk Kong. Le milliardaire Sammy Liu débarque de son paquebot volant pour assister au conseil d'administration de son entreprise. Il est également membre de l'Ordre Magique.


Floride. Sacha Sanchez se présente chez un couple âgé dont le fils est revenu à la vie 48 ans après sa mort sous forme de nourrisson. Mais il doit tous les tuer car ils sont sous l'emprise de gobelins.


Milwaukee. Cordelia quitte son nouvel amant, Salman, pour gagner le strip-bar de son frère Regan. Elle a convoqué une réunion de l'Ordre Magique pour évoquer le cas de Sammy Liu.


Loin de là. Leonard Moonstone accoste sur une île où sa femme Salomé tient un phare contre les démons. Il lui confirme la mort de leur fils Gabriel...

C'est un plaisir à chaque fois renouvelé de retrouver The Magic Order, et c'est déjà le troisième volume (sur une saga prévue pour en compter cinq au total) qui débute sa publication de mois-ci. De son propre aveu, dans sa newsletter, Mark Millar n'a pas été satisfait du précédent volume (sans préciser pourquoi) et il a promis que ces six nouveaux épisodes relèveraient le niveau.

On peut en effet arguer que le volume 2 donnait beaucoup (trop) de place aux méchants et pas assez à l'Ordre Magique, sévèrement ébranlé. En revanche, graphiquement, la prestation de Stuart Immonen était impeccable (il faut espérer que Millar annonce bientôt la suite de Empress avec l'artiste canadien).

La couverture et les premières pages introduisent un nouveau personnage, Sammy Liu, extravagant comme les aime Millar, puisqu'il est membre de l'Ordre et multimlliardaire (au moins). Il se déplace à bord d'un paquebot volant invisible (sauf à ceux à qui il souhaite le montrer) et il arrive à Honk Knog pour assister à un conseil d'administration. Il est sûr de lui, suffisant même, et on pense à un avatar de Tony Stark avec son physique (comme Iron Man il porte une fine moustache à la Errol Flynn et la couverture indique qu'il est un séducteur).

Mais déjà Millar change de décor et nous entraîne dans un endroit beaucoup moins glamour, chez un couple de petits vieux dont le fils est revenu à la vie. Sacha Sanchez (quel nom !) doit intervenir et il le fait sans ménagement. Par des touches suggestives, Millar nous renseigne sur cet espèce d'exorciste avec lequel on peut prendre rendez-vous via le dark web, donc l'individu travaille dans la clandestinité et pour de basses oeuvres.

Le récit se pose ensuite pour une scène plus longue (mais pas de beaucoup) et avec des visage familiers puisqu'on part pour Milwaukee dans le bar à strip-teaseuses de Regan Moonstone qui y reçoit sa soeur, Cordelia, mais aussi Sacha, Edith et quelques autres membres de l'Ordre. L'ambiance est tendue car Sacha est perturbé par le fait que la fille de Gabriel, qu'élève désormais Regan, fait ses devoirs sur le comptoir alors que des filles s'effeuillent sur scène. Juste avant que Regan n'arrive, il administrait une raclée à un client qui avait importuné une de ses filles et on le sent toujours à cran.

Pourtant Cordelia recadre les deux hommes et explique qu'elle les a appelés pour traiter du cas de Sammy Liu. On n'en saura pas plus mais il est évident que les activités du milliardaire doivent déranger l'Ordre d'une manière ou d'une autre. A suivre. L'épisode se termine avec des retrouvailles entre Leonard et Salomé Moonstone puis un cliffhanger concernant Edgar, le gardien du château Moonstone...

Il se dégage de cet ensemble quelque chose de très frustrant car Millar, à dessein, passe d'une scène à une autre, très rapidement, sans rien approfondir. Le rythme est donc très soutenu et le propos très évasif. Le seul moment vraiment prégnant concerne Leonard, grand absent du volume précédent, et Salomé, qu'on n'avait encore jamais vue (encore mois évoquée), au sujet de la mort de Gabriel (survenu dans le volume 1). Le scénariste en garde beaucoup sous le pied et tient à nous faire languir : c'est réussi.

Même si Olivier Coipel devait certainement à l'origine dessiner plus que le premier volume, on ne peut pas se plaindre du fait que la série ait vu ses plans changer. Déjà le renfort de Stuart Immonen a permis de vérifier que Millar ne comptait pas confier la mise en images à n'importe qui pour cette saga dont il a maintes fois répété qu'elle lui était chère.

Et donc il a convaincu Gigi Cavenago, cover-artist italien (notamment pour le fumetto Dylan Dog), de franchir le rubicon pour dessiner ces six nouveaux chapitres. Pour qui a eu la curiosité de chercher des pentures de ce prodige sur Google images, ce n'est pas une surprise de voir à quel point il est doué et ne dépareille pas aux côtés de Coipel et Immonen, même s'il n'a pas leur notoriété.

S'il a confié la colorisation à Valentina Napolitano, le trait souple et dynamique de Cavenago est bien là, intact. Son sens de la composition produit des cases incroyablement fortes, avec une fluidité remarquable. Il privilègie un découpage aéré avec peu de vignettes apr cases pour que ses perspectives soient le mieux mises en valeur. Et ainsi, chaque plan a une profondeur de champ exceptionnelle.

L'autre atout de Cavenago, c'est l'allure qu'il donne aux personnages. Déjà, il les place dans l'image de telle manière que le regard est immédiatement attiré vers eux, ensuite avec une facilité folle, il les dote d'un charisme unique. La classe tapageuse de sammy Liu ou le gabarit impressionnant de Sacha Sanchez frappent sans effort au milieu de décors savamment étudiés, qu'e ce soit l'intérieur luxueux d'un paquebot, les couloirs immaculées d'un building, ou l'appartement miteux d'un couple de petits vieux. L'intérieur du bar de Regan est également saisissant, avec dans la même image un premier plan avec le comptoir derrière lequel se trouve une trappe, un second plan avec la salle, et un arrière-plan avec une scène où dansent des effeuilleuses.

Cette densité d'informations visuelles donne presque le tournis car elle est inhabituelle dans un comic book américain où le cadre de l'action est souvent moins minutieusement décrit. Mais c'est la marque des grands dessinateurs de proposer tout ça sans que l'image ne soit encombré, sans que le regard du lecteur ne soit perdu, submergé. Et Cavenago sait aussi faire beaucoup avec peu comme il le prouve avec la scène du phare, merveille de suggestion.

On va certainement se régaler en suivant ces six épisodes car visuellement ça envoie du bois. Et Millar lui-même veut se racheter d'un précédent volume qui ne l'a pas satisfait. Et le meilleur, c'est que, à peine en aura-t-on fini avec ce récit que le quatrième tome arrivera début 2023 (avec cette fois Dike Ruan au dessin). Vous avez dit "vivement" ? Moi, oui.

lundi 21 mars 2022

DES NOUVELLES NOUVELLES TOUTES FRAÎCHES : SPECIAL MILLARWORLD !

 


Etant abonné à la newsletter de Mark Millar, j'ai pu découvrir en avance les planches que je vais vous présenter (même si, depuis, elle circulent sur les réseaux sociaux, comme, par exemple, le compte Twitter de Panini Comics).


Mark Millar avait prévenu dans son précédent billet qu'il allait lâcher des previews dont on ne se remettrait pas et le scénariste écossais n'a pas menti. Qu'on soit fan ou non de son Millarworld, on ne peut que s'incliner devant l'incroyable régiment d'artistes qu'il réussit à attirer dans ses filets. Il faut aussi dire que les conditions sont très avantageuses car Millar est désormais financé par Netflix (à qui il a vendu son label) et que, même avant cela, il partageait tous les profits à égalité entre lui et ses dessinateurs (jackpot assuré quand on sait que ses comics sont adaptés ensuite en film ou en série télé, avec des produits dérivés à la clé).
Après avoir fait une pause durant 2021, Millar avait promis que 2022 serait son grand retour, avec des partenaires prestigieux et des histoires originales mais aussi des suites à quelques-uns de ses titres. Tout ça sera disponible en v.o. chez Image Comics, et en v.f. chez Panini Comics.


On commence donc par Prodigy vol. 2 : The Icarus Society. Après les six premiers épisodes de 2019, Millar remet le couvert pour cette série qui suit Edison Crane, milliardaire surdoué et aventurier, mais dont les premiers exploits dessinés par Rafael Albuquerque m'avaient laissé sur ma faim. L'artiste a renoncé à réaliser cette suite et Matteo Scalera a recommandé à Millar son ami italien Matteo Buffagni (Ultimate Iron Man, Astonishing X-Men). De quoi me faire changer d'avis (parce que j'adore son style) ?






Prodigy vol. 2 débutera en Juillet prochain.


The Magic Order est, de l'aveu de Millar, son projet favori (avec Jupiter's Legacy). Alors qu'on découvrira la conclusion du vol. 2 dans quelques jours, le scénariste avait annoncé depuis un moment que le vol. 3 serait dessiné par l'italien Gigi Cavenaggo (succédant donc à Olivier Coipel et Stuart Immonen). Ce dernier n'est pas encore très connu en France (encore moins aux Etats-Unis), mais c'est, je l'affirme sans détour, un génie, qui s'est illustré sur des couvertures de Dylan Dog notamment. Si vous ne me croyez pas, examinez ce qui suit :






The Magic Order vol. 3 commencera en Juillet 2022.
 

Mark Millar avait en revanche caché qu'il avait déjà écrit un quatrième acte à The Magic Order. On peut espérer le découvrir début 2023. Et pour le dessiner, il a débauché un artiste trè prometteur, qui a récemment travaillé pour Marvel sur l série Shang-Chi : Dike Ruan. Encore une bonne pioche si on en juge par les premières planches (non colorisées) :





Publication prévue en 2023.


J'avais posté dans une précédente entrée consacrée aux News Comics la première planche d'un projet qu'a écrit Mark Millar spécialement pour Travis Charest. Celui qui fut un des Image boys des années 90, reconnu par tous comme un dessinateur surdoué, a pâti ensuite de son incapacité à tenir les délais, jusqu'à devenir la risée du milieu lorsqu'il s'exila en Europe pour illustrer une histoire des Méta-Barons de Jodorowsky qu'il n'a jamais achevée. Depuis Charest s'est reconverti en cover artist (pour la franchise Star Wars ou chez DC). Qui d'autre que Millar pouvait être assez fou pour le convaincre de revenir sur des planches intérieures, en lui laissant tout le temps de travailler ? On ignore encore tout de l'histoire que Charest illustre ni quand elle sortira mais ce sera un événement et un festin visuel comme ce qui suit le montre :
 



Date de sortie indéterminée. Mais qu'est-ce que c'est beau !


J'ai, je l'avoue, été très déçu que le troisième volume de Jupiter's Legacy, Requiem, ne soit pas dessiné par Frank Quitely (bon, Tommy Lee Edwards, c'est bien aussi, mais c'est pas pareil). L'artiste étant très discret (même s'il est depuis peu sur Twitter), il fallait compter sur Millar pour avoir de ses nouvelles. Et quelle bonne nouvelle de savoir que les deux hommes vont réunir leurs talents. Pas de titre ni de pitch pour l'instant, mais, comme avec Charest, ça promet d'être énorme !






On attend ça avec impatience !


Et pour fermer le ban, la surprise du chef ! Figurez-vous que Mark Millar a écrit quelque chose pour Karl Kerschl. L'artiste, dont on attend toujours les nouveaux épisodes de Isola (depuis Février 2020 !), aura, je l'espère, à coeur de se faire pardonner avec cette collaboration inattendue dont deux pages ont filtré :



Il m'en reste encore. Je vous le mets quand même ?

Mark Millar a conclu sa newsletter avec d'autres annonces : l'artiste de Night Club (son histoire de vampires) sera révélé en Mai. Il a achevé le script du volume 2 de Nemesis (Steve McNiven reveindra-t-il pour le dessiner ?). La suite de Empress est toujours d'actualité (avec Stuart Immonen j'espère !). Il a débauché deux artistes vedettes de Marvel et DC pour deux mini-séries encore secrètes. Et, last but not least, Olivier Coipel va dessiner un autre titre pour le Milarworld (en 2023).

Je sais pas pour vous, mais, moi, j'en salive d'avance (pas pour tout, mais presque). N'hésitez pas à commenter si ça vous inspire. Et à bientôt pour de nouvelles aventures !