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mardi 6 novembre 2018

THE TERRIFICS ANNUAL #1, de Gene Luen Yang, Mark Russell, James Asmus et Joe Bennett, Evan Shaner, José Luis


The Terrifics n'a pas une année d'existence (et la série dépassera-t-elle ce stade ?) que DC publie un Annual. L'initiative laisse encore plus dubitatif quand on constate que Jeff Lemire, le scénariste du titre, n'y participe pas... Alors que deux récits reviennent sur des points déterminants ! Car ce numéro comporte trois segments et non une grande histoire détachée de l'intrigue en cours... Tout cela est bien curieux mais cependant bien emballé par quelques auteurs notables.


- Masquerade (Ecrit par Gene Luen Yang et dessiné par Joe Bennett) - Les Terrifics participent à la fête d'Halloween dans un campus financé par Simon Stagg. Qui, lui, est occupé par une expérience exploitant l'ADN de Plastic Man. Et qui, bien sûr, tourne mal. C'est la panique qui gagne la fête dont beaucoup de participants sont des clones - parmi lequel celui du fils de Plastic Man dont s'est éprise Phantom Girl...

On ouvre cet Annual par le récit qui renvoie à la couverture (signée Emanuela Lupacchino). Il s'agit d'un chapitre se déroulant avant que Metamorpho recouvre forme humaine, comme c'est le cas dans l'arc narratif en cours dans la série régulière.

Gene Luen Yang, qui s'est notamment illustré en écrivant un peu du Superman durant les "New 52", met en scène une intrigue très convenue sur le schéma de l'expérience qui tourne mal avec comme responsable Simon Stagg et comme cibles les Terrifics - en particulier Plastic Man (dont l'ADN a été manipulé) et Phantom Girl (pour des raisons sentimentales - que Lemire pourrait développer, s'il en a le temps et l'envie, puisqu'elle tombe amoureuse du fils de son co-équipier). Si ce n'est pas follement original, il y a du rythme, c'est déjà ça.

Joe Bennett (qui trouve le temps de participer ici tout en dessinant Immortal Hulk pour Marvel) met ce scénario en images. Le résultat ne serait pas désagréable s'il n'était pas encré par trois personnes différentes, dont aucune n'apporte une plus-value. Bennett n'est déjà pas un graphiste renversant, mais avec des finitions pareilles, toutes surchargées de détails inutiles (pour donner du volume et des textures), c'est juste passable.

Bof.

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- Origin of the Specious (Ecrit par Mark Russell et dessiné par Evan Shaner) - Java, l'homme de main néandertalien de Simon Stagg, secrètement amoureux de Sapphire, se remémore ses origines quand les Homo Sapiens apparurent et signèrent le déclin définitif des siens. La source d'une solide rancune contre l'homme moderne à l'heure où Java prépare sa vengeance...

Les deux autres segments de cet Annual ont le mérite d'éclaircir des points laissés dans le flou par Lemire dans la série. Aussi est-on surpris qu'il ne se soit pas chargé de les écrire (faute de temps, car il est très occupé entre ses commandes pour DC, Marvel, et Black Hammer chez Dark Horse ?).

Mark Russell, en tout cas, s'attache respectueusement au cas de Java, l'improbable homme de main préhistorique de Simon Stagg. On vient de découvrir, dans le dernier épisode de The Terrifics, que c'est lui qui se cachait derrière le masque du Dr. Dread, ennemi de Tom Strong et menace des héros comme du Multivers. Mais pourquoi est-il si méchant ?

Le récit explique de manière très fantaisiste comment les néandertaliens ont été supplantés par les homo sapiens, mais plus que la véracité historique, c'est ce qu'a perdu Java alors qui explique son ressentiment. Cela lui donne aussi une sorte de mélancolie touchante, pas évidente pourtant à percevoir. Ajoutez-y un zeste de dépit amoureux (puisqu'il est épris, sans que ce soit réciproque, de Sapphire Stagg, la fiancée de Rex Mason/Metamorpho) et vous comprendrez qu'il en a gros sur la patate.

Surprise : c'est Evan Shaner, le seul des créateurs de la série (avec Lemire et Ivan Reis) à participer au numéro, qui dessine ce segment. Son style élégant, délicat même, n'est a priori pas le plus indiqué pour une histoire d'hommes des cavernes, mais il s'en tire très bien. Et ça permet de patienter avant de découvrir, dans quinze jours, son premier épisode de Supergirl (Shaner sera le fill-in de Kevin Maguire).

Beau et instructif.

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- The Message (Ecrit par James Asmus et dessiné par José Luis) - Où l'on découvre dans quelles circonstances, alors qu'il explorait le Dark Multiverse, Tom Strong a échappé de peu à la mort en affrontant un Titan. Puis comment il a laissé le message vidéo trouvé plus tard par Phantom Girl puis les Terrifics...

C'est un autre flash-back qui ferme le ban puisqu'on découvre comment tout a commencé, avant même la formation des Terrifics, quand Tom Strong a initié, sans le savoir, leur aventure.

James Asmus, ex-grand espoir chez Marvel, anime donc le héros de Alan Moore et Chris Sprouse pour une partie très mouvementée et spectaculaire, avec le géant endormi sur lequel Mr. Terrific, Metamorpho et Plastic Man trouveront Phantom Girl dans le Dark Multiverse. Puis le message alarmant de Strong sur le sort des dimensions. L'ensemble est bien mené mais si en définitive dispensable car Lemire avait résumé tout cela sans le montrer.

José Luis revient pour la troisième fois sur le titre en illustrant ce chapitre. Il rend, comme d'habitude, un travail propre, soigné, qui évoque Reis sans la maestria de ce dernier. Comme on dit, il fait le job, et ça tombe bien, c'est ce qu'on lui demande.

Au final, en dehors du segment concernant Java, qui éclaire vraiment sur les motivations du personnage, cet Annual n'a rien d'indispensable. C'est davantage un complément de programme qu'un épisode spécial digne de ce nom. 

dimanche 26 mai 2013

Critique 397 : A + X # 003, de Jason Aaron, James Asmus, Pasqual Ferry et Billy Tan



A + X est une anthologie mensuelle, déclinée après la fin de la saga Avengers vs X-Men, publiée en 2012 par Marvel Comics. Chaque numéro contient deux récits complets de 10 pages chacun, réalisés par une équipe artistique différentes, et chaque histoire réunit un Vengeur et un X-Man (A pour Avengers, X pour X-Men).
Ce 3ème numéro, paru en Décembre 2012, propose un épisode avec La Panthère Noire et Tornade, écrit par Jason Aaron et dessiné par Pasqual Ferry, et un autre avec Hawkeye et Gambit, écrit par James Asmus et dessiné par Billy Tan.
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Black Panther + Storm. Séparé d'Ororo Munroe à cause des évènements d'Avengers vs X-Men (Namor, possédé par la force du Phénix, a dévasté le Wakanda), T'Challa est poussé par ses conseillers à choisir une nouvelle épouse. Mais Storm perturbe les rendez-vous amoureux de son ancien mari...

A la lecture de cet épisode (très) anecdotique, il semble évident que c'est d'abord l'affection qu'il porte au couple formé par Black Panther et Storm qui a inspiré Jason Aaron. Le scénariste s'amuse à réconcilier les amants que AvX a séparé, et son humour, qui fait merveille sur la série Wolverine & The X-Men, se retrouve ici (plus dans l'enchaînement des situations que dans des dialogues fadasses).
Dommage, cependant, qu'il n'ait pas pris plus de soin à orchestrer ces retrouvailles autour d'une bonne bagarre - en lieu et place, on a juste droit à un rapide affrontement de la Panthère Noire contre des agents de l'AIM puis contre un chasseur en plein safari.

Pasqual Ferry (qui signera un prochain épisode de W&TXM), artiste inégal et trop rare, se montre plus à son avantage, et on aimerait bien, après avoir vu ses planches, qu'il développe avec Aaron une vraie série autour de T'Challa (même si ce n'est pas à l'ordre du jour).

Superficiel et léger, mais très beau et assez amusant. 
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Hawkeye + Gambit. Alors qu'il assiste, en plein air, à une représentation théâtrale, Gambit entreprend de sauver des griffes d'un démon une jeune actrice. Jusqu'à ce qu'Hawkeye s'en mêle et que les deux hommes ne se chamaillent pour les faveurs de la belle...

James Asmus, qui vient d'écrire une nouvelle série consacrée au mutant louisianais Gambit (déjà promise à l'annulation après 17 épisodes), organise sa rencontre avec le tombeur de ses dames côté Vengeurs, Hawkeye. 
Hélas ! tout cela manque cruellement de piquant, et le prétexte à cet épisode est même assez navrant. Qui plus, quand on lit l'excellente série actuelle consacrée à l'archer, on mesure à quel point Asmus ne retient que le cliché du personnage (un dragueur vaniteux).

La partie graphique est calamiteuse : Billy Tan n'a jamais été un grand dessinateur, certes, mais avec un encreur solide, il lui est arrivé de produire des pages efficaces. Depuis qu'il a décidé de s'en priver (et alors qu'il était sur le point de faire ses valises pour aller chez DC), son travail révèle toutes ses faiblesses : trait mal assuré, personnages laids, découpage paresseux...

Ratage total.
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Bilan : Après un n°2 jubilatoire, l'anthologie dévoile les faiblesses inhérentes au concept : en l'absence de vraies propositions scénaristiques et visuelles, on tombe vite dans la banalité. Seul Pasqual Ferry est digne de félicitations.