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jeudi 22 février 2024

FIRE POWER #25-30 - EPILOGUE (Robert Kirkman / Chris Samnee)

Ce mercredi est sorti le 30ème et dernier épisode de Fire Power, que j'avais cessé de lire au n°24. Avant la parution du tome 6 la semaine prochaine, je vous propose un retour de lecture sur cet ultime arc narratif. Evidemment, ce qui suit comporte quelques spoilers (mineurs) donc à vous de voir si vous préférez profiter de l'histoire tout de suite ou plus tard.


Wei Lun vient de révéler à Owen Johnson qu'il a autrefois tué ses parents biologiques alors qu'ils avaient quitté le temple du poing de feu pour rejoindre le clan de la terre écorché.. Owen choisit de régler cela plus tard car il lui faut entraîner ses alliés pour combattre Maître Shaw et son dragon.


Shaw et son dragon quittent justement Hong Kong pour les Etats-Unis afin de prouver sa supériorité. Direction : Chicago...


Ma Guang échoue à maîtriser le pouvoir du feu et Kellie se sent inutile en vue de la bataille à venir. Elle a aussi peur pour Owen et leurs enfants, Doug et Haley. A Chicago, Shaw et son dragon sème la dévastation. Grâce à ses serpents, il asservit les militaires qui tentent de le repousser puis de négocier...


Kellie Johnson parvient à créer des boules de feu d'une puissance insoupçonnée. Peu après cette bonne nouvelle pourtant, les nouvelles en provenance de Chicago lui parviennent et elles ne sont pas bonnes.


Shaw contrôle la ville dont les habitants fuient, n'étant plus protégés par l'armée. Owen décide de précipiter les manoeuvres et de partir à l'attaque avec les hommes et les femmes prêts au terme de l'entraînement qu'il a prodigué.


C'est la bataille de Chicago. Dans un premier temps, Owen et son armée libèrent les militaires de l'emprise des serpents. Puis il affronte Shaw en duel mais sans réussir à le dominer. Heureusement, il reçoit le renfort de Wei Lun, Kellie, Doug et Haley.


Les épreuves changent tout le monde. Après avoir, semble-t-il, réussi à terrasser le dragon, qui ravage un quartier entier de la ville, les Johnson découvrent parmi les civils morts un de leurs proches...


Shaw est capturé et ses serpents tués. Perdant son pouvoir, il vieillit prématurément mais a le temps de confier à Ma Guang le secret pour tuer le dragon qui s'est réveillé et quitte Chicago pour rejoindre son repaire.


Un avion de ligne est mis à la disposition de Owen et ses troupes. Kellie, Doug, Haley, Wei Lun et Ma Guang sont du voyage pour rattraper le dragon.


Ma Guang révèle au groupe qu'il a hérité du feu de Shaw, seul capable de blesser gravement le dragon. Mais cela suffira-t-il vraiment à en venir à bout ? Et si oui, à quel prix ?

La publication de ces six derniers épisodes s'est étalée de Juillet 2023 à Février 2024. L'explication se trouve dans la longueur de deux des numéros : le #25 compte 44 pages et le #30 une soixantaine. Cela fera donc du tome 6 de la série un copieux volume, disponible dès la semaine prochaine, le 28 Février, en VO (et peu après certainement chez Delcourt).

Pour ma part, j'avais cessé de lire Fire Power au n°24, lassé par la décompression excessive de la narration de Robert Kirkman. J'estimais aussi que le scénariste abusait de Chris Samnee à qui il demandait de livrer des pages très exigeantes mais indignes de son immense talent. A l'heure qu'il est, l'artiste a déjà commencé à travailler sur un nouveau projet mais attend avant de communiquer à ce sujet. Néanmoins, il y a peu de chance de retrouver Samnee sur du work for hire chez un des Big Two, même s'il signe les couvertures de la série Titans (de Tom Taylor) et les variants de Shazam !. Tout ce que j'espère, c'est qu'il ne va pas rempiler avec Kirkman...

Vous l'aurez deviné : il n'y a pas de miracle dans cet épilogue. Les défauts que je pointais restent présents et pesants et on lit ces épisodes en attendant en vain que Kirkman leur donne plus de consistance. Cela n'a jamais lieu, tout est désespérément dilaté, décompressé, jusqu'à l'écoeurement. Le moindre rebondissement est exploité ad nauseam, la caractérisation est grossière, les coups de théâtre sont misérables.

Pour résumer le malaise, il suffit de suivre ce que fait Kirkman avec le dragon qu'on croit terrassé durant l'épisode 28, qui se veut épique, mais qui se résume à une succession de splash pages certes spectaculaires visuellement mais d'une indigence narrative embarrassante avec comme contrepoint aux images de la bataille de Chicago les lettres envoyées par Doug Johnson à son grand-père.  Un moyen assez putassier de tirer des larmes au lecteur et qui s'achève sur une scène qui se veut poignante mais qui est en vérité tellement téléphonée qu'elle produit l'effet inverse. Le pire étant que dans l'épisode suivant, les conséquences de cette scène sont expédiées de manière cavalière, comme si Kirkman s'en fichait...

Que l'on loue Kirkman pour les succès que furent The Walking Dead ou Invincible, soit. Je ne vais pas juger ce que je n'ai pas lu (la vision de la première saison de l'adaptation en dessin animé d'Invincible m'a suffi). Mais qu'on accorde du crédit à un auteur aussi piteux que celui qui commet les scripts de Fire Power, voilà qui franchement me dépasse. C'est mauvais, il n'y a rien à sauver. Et pourtant, sur la foi du tome 0, le Prologue, la série avait un potentiel, une bonne série B. Mais c'est comme si le sujet était constamment survolé, les ellipses jamais comblées, l'objectif improbable. Qu'a voulu raconter Kirkman avec Fire Power ? Avait-il seulement un propos à tenir ? J'en doute. Quel lecteur en retiendra quoi que ce soit ? Relira tout ça ?

Au fil de ces six épisodes, trop longs, trop laborieux, l'acquisition du pouvoir du feu par divers personnages à des moments extraordinairement opportuns relève de la paresse créative et parfois du plagiat (voir le sens donné aux couleurs des différents feux créés par ceux qui le peuvent : on est dans un mix qui évoque clairement Green Lantern, Powers Rangers et autres combinaisons de héros associés à des pouvoirs et des codes couleurs). Et même la boucle que forme le récit à sa toute fin, qui aurait pu être émouvante, tombe à plat, là encore trop prévisible, trop convenue. C'est désespérant, vous dis-je.

Que Samnee ait consacré presque quatre ans de sa carrière à un projet pareil me dépasse. D'un côté, il est compréhensible qu'il ait voulu tenter l'aventure du creator-owned, qui plus est en s'associant à un scénariste responsable de deux séries à succès. Mais de l'autre, pour quel résultat ? Samnee n'a jamais déçu et il produit encore des planches, des épisodes de haute volée. Mais quand on l'a apprécié sur Thor the Mighty Avenger, Daredevil, Black Widow, Captain America, on ne peut se satisfaire de Fire Power. En comparaison, son autre titre avec sa femme Laura, Jonna and the Unpossible Monsters (j'essaierai d'y revenir bientôt puisque là aussi, c'est bouclé), possédait quelque chose d'éminemment plus sympathique, personnel, quoique tout aussi peu mémorable. E si, tout simplement, Samnee avait surtout besoin d'un vrai bon scénariste pour se transcender ? Mais on ne trouve pas un partenaire de jeu comme Mark Waid facilement (d'ailleurs, ce dernier s'est trouvé un nouvel artiste, Dan Mora, aussi performant que le fut Samnee)...

Kirkman est depuis occupé avec son univers Energon et sa série Void Rivals et ses titres attachés (la relance des franchises Transformers, G.I. Joe), entre deux procès que lui font ses anciens collaborateurs (Tony Moore à qui il déniait la co-création de The Walking Dead, Bill Crabtree qu'il a voulu priver de royalties sur Invincible). C'est un personnage apparemment aussi peu inspiré que peu honnête.

Croisons les doigts pour que le nouveau projet de Samnee soit d'une autre trempe : il n'a rien perdu de son talent, mais a gâché trop d'années.

jeudi 15 juin 2023

VOID RIVALS #1, de Robert Kirkman et Lorenzo de Felici

Voici un comic-book que je n'ai pas acheté mais qu'on m'a prêté... Et que j'ai couru acheter ensuite ! Void Rivals est en effet la nouvelle série écrite par Robert Kirkman, avec lequel je n'ai pas été tendre sur Fire Power et que je n'avais donc aucune raison de suivre sur un nouveau projet, et dessinée par Lorenzo de Felici, dont j'ai adoré Kroma et que j'avais hâte de retrouver. Après Oblivion Song, ils se retrouvent et signent ce qui restera certainement comme un des meilleurs premiers épisodes de 2023 !



Darak, un soldat agorrien, s'échoue le premier sur un planétoïde avant que Solila, une combattante zertonienne, qui s'est aussi crashée là, ne le voit. Ils se battent puis conviennent de s'entraider pour repartir. Leurs tentatives, dont l'une avec l'épave d'un autre vaisseau, échouent. Ils ôtent leurs casques et là, surprise !


Alors que Fire Power reviendra le mois prochain (mais j'hésite à craquer, même si je me connais, je suis faible et je vais avoir besoin de mon fix de Samnee), en Juin, Robert Kirkman lance sa nouvelle série régulière sur son label Skybound : Void Rivals.


Il retrouve pour cela le dessinateur de son précédent projet, Oblivion Song, l'italien Lorenzo de Felici, qui, lui, entre temps, a signé une magnifique mini-série, Kroma. Void Rivals a été vendue aux retailers US avec la promesse qu'ils garderaient le secret sur le twist de ce premier épisode et le buzz a fait le reste : pas de doute, ce sera un énorme carton.


Pourtant, je n'étais pas chaud pour Void Rivals, malgré Lorenzo de Felici. En effet, je ne suis pas un bon client pour Kirkman : je n'ai jamais lu Invincible, ni The Walking Dead, ni Outcast, et quand il s'est allié à Chris Samnee pour Fire Power, passée l'excitation des premiers arcs, la lassitude m'a gagné.

Kirkman est pour moi comme Mark Millar : un scénariste efficace doublé d'un excellent commerçant. Mais là où j'apprécie souvent Millar pour ses pitchs rondement développés, sans me leurrer sur leur qualité (très variable), Kirkman me tente moins. Je me fiche de ses histoires de zombies, de sa relecture super-héroïque, de la saga de son exorciste. Je vais sans doute malgré tout me laisser tenter par le Compendium Oblivion Song (regroupant en un seul volume softcover la totalité des 36 épisodes du titre en Août) et je craquerai bêtement le mois prochain pour le retour de Fire Power parce que je n'arrive pas à me sevrer de Chris Samnee.

En tout logique, je n'avais donc pas précommandé le n°1 de Void Rivals, mais un ami l'avait fait, l'a lu et me l'a passé en me promettant que c'était génial. Toujours pas convaincu, je me suis plongé et l'épisode englouti, bon sang, c'était vrai : c'est génial ! C'est comme on dit une idée qu'on aimerait avoir comme scénariste, une idée toute con, minimaliste au possible mais avec un énorme potentiel.

Avant d'aller plus loin, connaissez-vous ce film ? 



Hell in Pacific de John Boorman (1968) raconte comment deux soldats, l'un américain (joué par Lee Marvin, dont ce fut la seconde collaboration avec Boorman après Point Blank - Le Point de Non-Retour, adapté de Parker de Richard Stark, plus tard devenu un album de Darwyn Cooke), l'autre japonais (incarné par Toshiro Mifune), échouent en plein conflit sur une île. Les deux ennemis comprennent qu'ils ne survivront qu'en s'entraidant. Jusqu'à ce qu'une découverte ravive leurs différends...

Ce film est un chef d'oeuvre méconnu, avec seulement ces deux acteurs. Ce n'est jamais chiant, mais palpitant, la situation est simple mais intense, et Boorman l'exploite et la filme de manière magistrale, les deux acteurs sont incroyables.

Hé bien, ça ne m'étonnerait pas que Robert Kirkman ait vu Duel dans le Pacifique avant d'écrire Void Rivals car le postulat est identique. Deux soldats extraterrestres échouent sur un planétoïde perdu. Leurs vaisseaux sont bons pour la casse. Ils commencent par se mettre sur la tronche, se reprochant mutuellement d'être là où ils sont. Puis comprennent qu'il va falloir qu'ils s'entraident pour survivre. Avant de faire une découverte saisissante qui risque bien de tout changer pour eux et même pour la guerre dans laquelle ils étaient engagés.

Parfois, les idées les plus élémentaires, les plus dépouillées, sont comme pour le dessin les meilleures. C'est le fameux "less is more" d'Alex Toth, tout enlever jusqu'à ce qu'il ne reste plus que le coeur, l'essentiel. Pas besoin de toujours tout compliquer, complexifier, la base suffit. C'est dans la contrainte que nait l'intérêt de l'exercice et oblige l'auteur et l'artiste à se surpasser. Et Void Rivals, c'est exactement ça : un exercice de style tellement simple qu'il devient une sorte de prouesse forçant le scénariste Kirkman et le dessinateur de Felici à aller au bout d'eux-mêmes. Une métaphore aussi de ce qui arrive à leurs héros.

Car Darak et Solila échappent à la dichotomie vilain-gentil. En vérité, on ne sait pas lequel est dans le bon camp, ni même s'il y a un bon camp. Ce sont deux soldats ordinaires, on ne connait rien de leurs grades, de leurs origines, pourquoi ils se battent. Juste qu'ils se sont échoués sur un bout de caillou dans l'espace, loin de tout, du champ de bataille. Ils se méfient l'un de l'autre, et leur réaction face à cette situation est diamétralement opposée : Darak ne veut pas baisser les bras et trouver un moyen de repartir avec Solila qui, elle, est à la fois abattue et furieuse.

Les dialogues servent cette situation avec là aussi beaucoup de simplicité. Kirkman ne se lance pas dans de grandes tirades sur la vie, la mort, la guerre, ses deux personnages s'expriment naturellement, ils sont perdus, ils ont peur, ils sont en colère, ils reprennent espoir, ils le perdent... C'est ce qui rend la série universelle : tout le cadre, science-fiction, space opera, est un prétexte pour alimenter des péripéties, des rebondissements. Mais en vérité, comme dans Duel dans le Pacifique, ce sont juste deux soldats, mieux deux individus contraints par les circonstances à s'allier et à considérer l'absurdité de ce qui leur arrive.

Il y a du Samuel Beckett là-dedans, quelque chose de théâtral et en même temps de profondément viscéral, d'abstrait et de concret. Lorenzo de Felici s'en saisit et son graphisme, prodigieux, rend compte de tout ça, là encore, toujours, très simplement. Pendant les 9/10ème de l'épisode, Darak et Solila ressemblent davantage à des robots qu'à des humanoïdes, ils ne quittent pas leurs armures, leurs casques, ce sont des créatures sur lesquelles on peut tout projeter, étrangement familières grâce à ça et en même temps bizarres. Elles feront penser par leur design à Rom le chevalier de l'espace (pour ceux qui ont lu ça dans "Strange" - et, en passant, bonne nouvelle, Marvel vient de conclure un deal pour republier la série de Bill Mantlo et Sal Buscema en omnibus en 2024).

De Felici l'a prouvé avec Kroma, c'est aussi un dessinateur génial pour créer des environnements. Là, c'est le dénuement complet, absolu. Cette planète est déserte, c'est un caillou désolé, perdu au milieu de nulle part, le pire endroit où s'échouer. Pourtant, l'artiste le traite comme un cadre qui réussit à être surprenant : puisqu'apparemment rien ne s'y trouve, tout peut s'y trouver. La découverte d'une fosse avec une épave devient un événement (et ça l'est encore plus quand on découvre ce qu'est cette épave, mais chut !).

Pour ne rien gâcher, les planches de de Felici sont mises en couleurs par Matheus Lopes, le partenaire habituel de Bilquis Evely et Matias Bergara. Autant dire que c'est beau. Lopes, lui aussi, fait de ce planétoïde quelque chose d'insoupçonnable au premier regard, avec des nuances différentes pour chaque zone explorée. C'est une sorte de prouesse là encore parce qu'en fait, en réalité, il n'y a rien d'extraordinaire là où se déplacent Darak et Solila, mais Lopes arrivent à nous faire croire que, au contraire, par une teinte spéciale, on va assister à quelque chose d'extraordinaire. Parfois, c'est vraiment le cas, parfois pas du tout, mais notre attention est constante grâce à ses couleurs, mais aussi au découpage, aux angles de vue, à la valeur des plans.

Bon, et maintenant, si vous allez plus loin, c'est à vos risques et périls, donc :


Comme j'en parle plus haut, pour vendre sa série aux retailers de comics, un scénariste comme Kirkman doit trouver un argument qui convaincra lesdits détaillants à mettre en avant son produit, à le conseiller. Kirkman n'est pas qu'un auteur, c'est aussi le propriétaire d'un label au sein de Image Comics, Skybound. Ce label abrite ses créations (comme Top Cow le fait pour celles de Marc Silvestri, Todd McFarlane Productions pour McFarlane, Wildstorm pour Jim Lee - qui l'a vendu à DC - , etc) et celles d'autres auteurs.

McFarlane s'est diversifié avec des figurines, des statuettes par exemple. Skybound rachète des licences et récemment a fait pris à IDW Publishing les licences Transformers et G.I. Joe pour leurs adaptations en comics. Donc, à la rentrée, on trouvera des séries avec ces personnages chez Skybound et à la fin de Void Rivals, on a cette page d'annonces :
   

Et c'est du lourd ! Joshua Williamson, Daniel Warren Johnson, rien que ça ! Mais c'est pas tout ! Car Void Rivals s'inscrit dans un univers partagé, The Energon Universe, dont feront partie Transformers et G.I. Joe et d'ailleurs dans ce premier épisode on croise le temps d'une scène un Cybertron (en fait l'épave trouvée par Solila). Donc à terme ça signifie que des personnages de la création de Kirkman apparaîtront dans Transformers et GI Joe et réciproquement - même si le scénariste a tenu à rassurer les lecteurs de Void Rivals que ce titre pourrait se lire sans être obligé de suivre ce qui se passe à côté (mais bon, Transformers par Daniel Warren Johnson, quand même, ça pourrait me tenter).

Voilà. Quoique vous décidiez de faire, Void Rivals en tout cas, c'est de la bombe et ça mérite de passer outre les réserves que peut vous inspirer Robert Kirkman.

vendredi 28 octobre 2022

FIRE POWER #24, de Robert Kirkman et Chris Samnee


C'est donc le dernier épisode de Fire Power que je critiquerai. J'espérai que ce n°24 me donnerait quelques regrets quant à ma décision d'arrêter de suivre cette série, mais le miracle n'a pas eu lieu. Pire : c'est soulagé que je stoppe après avoir lu cet épisode médiocre.


Chen Zul évacue ses soldats par hélicoptère tandis que la bataille fait rage entre Owen et Shaw dont il a terrassé le dragon. Mais Wei Lun refuse de partir sans son élève.


Le duel qui oppose Owen à Shaw est disputé et Owen prend l'avantage contre toute attente. Wei Lun assiste à la défaite de Shaw, étonné et ravi même si Owen est à bout de force.


Mais c'est alors que le dragon se réveille et menace à nouveau. Wei Lun tente de raisonner Owen alors que ce derneir veut en finir. Il se résoud, à contrecoeur, à battre en retraite.


L'éhlicoptère de Chen Zul décolle. Owen sait qu'il en faudrait plusieurs comme lui pour vaincre Shaw et son dragon. Si seulement ses parents n'avaient pas été tués par Chou Feng. Et justement, à ce sujet, Wei Lun a un aveu à faire...

A la fin de cet épisode, avant le courrier des lecteurs, Amanda LaFranco, l'editor de Fire Power, après quelques mots flatteurs sur ce qu'on vient de lire, prévient que la série va faire un break jusqu'en 2023, mais sans préciser la date exacte de son retour. Elle explique que Chris Samnee est épuisé, mais aussi que le prochain épisode correspondra au n°25 et qu'il comptera le double de pages.

On aura remarqué que, déjà, ce #24 est sorti deux mois après le 23, et on peut comprendre que Samnee soit sur les rotules, lui qui dessine deux séries mensuelles (son creator-owned Jonna and the Unpossible Monsters connaîtra sa conclusion en Décembre) et pendant tout le mois d'Octobre il produit chaque jour un dessin original pour le #Batober #Inktober comme chaque année qu'il poste sur Twitter (j'y consacrerai une entrée quand le 31ème dessin aura été publié).

Hier, en parlant de A.X.E. : Judgment Day, déjà je mettai en garde contre la charge de travail que les scénaristes infligent aux dessinateurs. Mais Kieron Gillen, s'il a beaucoup demandé à Valerio Schiti, n'a pas démérité et surtout un event ne dure que quelques mois. Dans le cas de Fire Power, j'ai eu le sentiment depuis longtemps que Samnee portait à bout de bras la série que Robert Kirkman écrivait paresseusement.

Fire Power #24 est l'archétype de ce mode de fonctionnement et je serai très curieux de voir à quoi ressemble le script de Kirkman quand on constate l'indigence du peu de texte qui en reste alors que Samnee assume un travail écrasant à grands coups de scènes spectaculaires et énergivores.

La question qui me taraude surtout, c'est quel plaisir tire Samnee à dessiner une série aussi médiocre. Car Fire Power est mal écrite, mal foutue, et repose principalement sur son dessin. Ce n'est pas non plus l'originalité du sujet qui peut le motiver à ce point puisqu'on a là rien d'autre qu'un ersatz de Iron Fist, avec des seconds rôles grossièrement caractérisés et un héros qui échoue lamentablement à s'imposer dans les moments critiques, le tout ponctué de coups de théâtre téléphonés (dont celui de cet épisode tellement cliché qu'il vous fait soupirer d'affliction).

Qu'est-ce qu'on lit au juste ici ? Une interminable baston avec des boules de feu où quand le méchant est à terre, son dragon reprend du poil de la bête opportunément, et où les héros sont obligés de battre piteusement en retraite. Les fameux autres maîtres appelés en renfort ont fait long feu (c'est le cas de le dire) face au surpuissant Maître Shaw et sa bestiole qu'on croyait pour de bon neutralisé après que Owen lui ait grillé la gueule se réveille pour remettre une pièce dans la machine, un prétexte grossier pour rallonger la sauce, ajouter un arc (au moins) à la série.

J'ai plus que donné sa chance à Fire Power et si j'ai persisté aussi longtemps, c'était uniquement pour Chris Samnee. J'ai de la peine pour lui, et ça me manquera sûrement de ne plus lire une série régulière qu'il dessinera. Mais les comics sont ainsi : vous pouvez adorer un artiste, il arrive un moment où vous ne pouvez plus le suivre parce qu'il s'est associé à un scénariste calamiteux ou qu'il s'est embarqué dans un projet qui ne vous passionne pas. Je ne suis pas un complétiste maladif qui veut tout avoir d'un auteur, c'est une défaite critique de procéder ainsi. Mais la déception est à la hauteur de l'affection et l'admiration que j'ai pour Samnee car j'espérai vraiment que, depuis son départ de Marvel, il se serait investi dans un projet de meilleure facture.

J'aurai, c'est vrai, préféré qu'il signe chez DC, comme il l'a longtemps fait croire, ou du moins qu'il ne se commette pas avec Kirkman en qui j'avais peu confiance (n'étant tombé sous le charme ni de The Walking Dead ni d'Invincible) et qui, de ce point de vue, ne m'a pas déçu. J'ai toujours défendu le fait que les comics n'existaient que par l'alliance d'un scénariste et d'un dessinateur, mais quand je vois comment procède Kirkman avec Samnee, c'est clairement de l'arnaque car il ne travaille pas avec et pour lui, il l'exploite en lui infligeant des épisodes affligeants et trop exigeants. Mais bon, si Samnee y trouve son compte, tant mieux pour lui...

Actuellement, quand je découvre chaque jour le dessin que Samnee produit pour son #Batober #Inktober, c'est terrible de voir à quel point il est bon pour s'emparer de l'univers de Batman et si DC lui confiait une mini-série sur son Black Label (il avait pitché un projet auquel l'éditeur n'a pas donné suite), ce serait tellement mieux. Mais ça n'arrivera sans doute jamais. Avec Fire Power, Samnee est co-propriétaire des personnages et la série a sans doute assez de succès pour lui assurer de meilleures rentrées d'argent que s'il rempilait pour une major pour du work-for-hire, même dans une collection prestigieuse où il aurait carte blanche.

Cette semaine, coïncidence totale mais révélatrice, je dis adieu à plusieurs titres, soit parce qu'ils touchent naturellement à leur fin, soit parce que, comme ici, je les abandonne. C'est la vie d'un lecteur de comics et il ne faut jamais se forcer à lire quelque chose. Mais si on m'avait dit que je ne lirai plus de Samnee un jour, j'aurai bien ri. Ce jour est pourtant venu.

jeudi 25 août 2022

FIRE POWER #23, de Robert Kirkman et Chris Samnee (Critique réécrite !)


Pourquoi réécrire une critique ? Parce qu'on est vraiment pas satisfait de ce qu'on a rédigé la première fois. La semaine dernière, je suis parti en vrille car j'étais déçu et en colère après avoir lu Fire Power #23. Depuis, ça m'a travaillé, et pour avoir la paix, j'ai donc décidé de réécrire ma critique. Sans changer d'avis, mais en souhaitant être plus nuancé.


Les soldats de Chen Zul menés par Owen Johnson se jettent dans la gueule du dragon.


Les maîtres atterrissent et encerclent Shaw qui engage le combat.


Owen s'accroche à a queue du dragon. Shaw corrige ses anciens pairs.


Owen tente le tout pour le tout piur terrasser le dragon.

Quatre lignes pour résumer un épisode, ça peut paraître succinct. Mais quand l'épisode offre si peu de matière à résumer, alors il n'y a que ça à écrire. C'est bien là tout le problème de ce n°23 de Fire Power, qui sera, je le précise d'emblée, l'avant-dernier épisode que je critiquerai, ayant décidé d'arrêter les frais le mois prochain avec la fin de cet arc narratif.

Comme je le disais en préambule, la semaine dernière, j'avais rédigé la critique de cet épisode, déçu et surtout furieux. Résultat : je me suis emporté, je suis même parti en vrille en pointant le fait que Fire Power glissait inexorablement dans les pires travers des premiers comics d'Image au début des 90's.

Mais ce que j'ai écrit (et depuis effacé) ne m'a pas plu. On ne doit jamais écrire sous le coup de la colère. On n'a pas à faire partager son aigreur à ceux qui viennent chercher un avis sur un blog. Il faut rester mesuré, factuel, analytique, autant que faire se peut. Je n'étais surtout pas content donc de ma copie. Et j'ai décidé de réécrire la critique de cet épisode, à tête reposée.

Cela ne signifie pas que j'ai changé d'avis sur la qualité de l'épisode : je pense toujours qu'il est décevant, que Robert Kirkman se moque du monde, que Chris Samnee fait le plus gros du boulot avec un script minimaliste, que la narration est inutilement décompressée, et qu'en vérité on n'en est pas là par hasard.

Pour ainsi dire, c'est devenu un problème récurrent : à chaque fin d'arc, Fire Power déçoit. Et si on examine la série de près, on se rend compte que le souci vient de la conception de son héros. owen Johnson ne veut justement pas être un héros et Kirkman s'est lancé un défi fou de cosntruire une série sur un protagoniste qui marche à reculons, qui tente à tout prix d'esquiver les coups, qui a tourné le dos non seulement à son passé mais aussi, surtout, à son destin.

Est-ce que ça peut marcher ? Oui, si, au bout d'un certain moment, et après une vingtaine d'épisodes, je crois que tout le monde s'accordera à dire que ce moment est venu, Owen Johnson accepte son destin, sa mission et embrasse son rôle de héros. Mais Kirkman, lui, pense autrement et continue à l'écrire comme un personnage réticent, n'agissant qu'en dernier recours. Du coup, souvent, à la fin des arcs, il intervient rarement de manière décisive, son pouvoir fait rarement la différence.

Cette fois, cependant, reconnaissons-le, Kirkman place Owen devant un obstacle tel qu'il ne peut l'esquiver. Et cet 23ème épisode gratifie le lecteur de scènes spectaculaires où Owen doit vraiment se sortit les doigts et ne plus retenir ses coups. Le cliffhanger de l'épisode confirme que la bataille n'est pas fini et que le n°24 mettra en scène un duel peut-être encore plus crucial

Mais ce qui déçoit, ce qui agace, ce qui met en colère dominent. Pour en revenir à la brièveté du résumé de cet épisode, c'est bien qu'il suggère une écriture trop décompressée et s'appuyant trop sur le génie graphique de Samnee. Vingt pages pour raconter qu'un dragon bouffre des dizaines de soldats, que Shaw met une raclée aux vieux maîtres, et que Owen envoie une méga boule de feu dans la gueule du dragon pour le terrasser, je vous trouve ça un peu court. Ou trop long. En tout cas, ça ne me convient pas.

Depuis l'apparition du dragon et de Maître Shaw, la série patine. On a eu droit à des épisodes spectaculaires, mais si on est honnête, il ne s'est pas passé grand-chise, l'histoire n'avance plus. Il ya eu le recrutement des maîtres masi ça a été fastidieux et finalement peu convaincant quand on voit comment Shaw les surpasse. On a l'impression que Kirkman a abattu sa carte maîtresse et depuis il ne sait plus comment avancer, alors il décompresse pour arriver à produire un nouvel arc en six épisodes. Mais c'est long, c'est lent.

Que reste-t-il ? Samnee ! Kirkman a de la chance : comme Mark Millar, il sait s'entourer de dessinateurs capables de transcender ses scripts, de leur donner une plus-value graphique, d'en mettre plein les yeux au lecteur. Samnee ne ménage pas ses efforts (encore moins quand on sait qu'il est toujours à l'oeuvre sur son creator-owned, Jonna and the Unpossible Monsters, chez OniPress, mais plus pour longtemps car le titre va se conclure au #12). Il fait ce qu'il sait faire mieux que tout le monde : s'emparer d'un scénario et le mettre en images avec une énergie affolante.

Mais (encore un "mais") on a un peu mal pour Samnee (si on a aimé ses travaux chez Marvel avec Mark Waid, qui lui donnait des scripts un peu plus fournis). Parce qu'il se tape un boulot énorme avec des splash, des doubles pages, avec un dragon, des décors dévastés, des figurants à foison, des engins énormes. Tout ça à animer de manière dynamique et soignée. Franchement, je ne sais pas comment il fait, où il trouve la force, car en plus n'oublions pas qu'il dessine à l'ancienne, pas sur tablette graphique. Samnee doit avoir le poignet droit en compote et le bras douloureux en dessinant autant (sans parler de problèmes dorsaux). Le dessin, à ce rythme, avec ce volume de travail, c'est vraiment physique, sportif. Et là, c'est un peu comme si Kirkman disait à Samnee : "tu me fais l'ascension du Tourmalet sans t'échauffer et sans ravitaillement.".

Bon, Samnee est un grand garçon et il est crédité comme co-créateur de Fire Power, il savait dans quoi il s'embarquait (même s'il a peut-être sous estimé la charge de travail que représente de dessiner deux séries, dont l'une comme Fire Power avec des scènes aussi énergivores). Mais j'ai mal pour lui. Tout ça donne l'image d'un artiste livré à lui-même, collaborant avec un scénariste qui en fait beaucoup moins que lui (c'est souvent le cas, mais ici, c'est flagrant : je serai curieux de voir le script de cet épisode qui doit se résumer à des indications du genre "double page : le dragon détruit le dirigeeable en bouffant tout l'équipage". Débrouille-toi avec ça !).

J'ai vraiment été, je crois, très patient avec Fire Power depuis plus de deux ans. Mais la vérité, c'est que je n'ai jamais retrouvé le plaisir que m'avait procuré son Prologue. Il y a eu des épisodes fabuleux, mais le plus souvent grâce à Samnee. L'écriture de Kirkman n'est pas mauvaise, disons qu'elle ne me convient pas. Je n'attends plus rien de Fire Power, il m'arrive même plutôt de m'ennuyer en le lisant ou de redouter le prochain épisode. S'entêter à continuer, juste pour profiter du dessin de Samnee, n'est donc plus raisonnable. L'aventure s'arrêtera pour moi au #24 le mois prochain.

vendredi 8 juillet 2022

FIRE POWER #22, de Robert Kirkman et Chris Samnee


Après trois épisodes bien longuets, Robert Kirkman et, dans une moindre mesure, Chris Samnee se réveillent pour ce 22ème épisode de Fire Power. L'histoire se remet à bouger et nous gratifie même d'un beau final prometteur. De quoi attendre la fin de cet arc (pour Septembre) avec confiance ?


Wei Lun et Owen Johnson ont retrouvé Maître Hwang sous l'emprise du Serpent et doivent l'affronter. Mais Maïtre Shun intervient pour aider son ami à recouvrer ses esprits.


De retour sur l'île du Clan de la Terre Ecorchée, Owen doit expliquer à Doug et Hailey pourquoi ils ne peuvent l'accompagner à Honk Kong combattre Maïtre Shaw et le dragon.


L'armée levée par Chen Zul est derrière Owen et les Maîtres. Ils embarquent à bord des dirigeables et partent pour Honk Kong.


Maïtre Shaw voit approcher Owen et ses alliés. Il envoie le dragon les abattre. Mais Owen réserve une surprise au monstre et à son acolyte...

J'avoue que, le mois dernier, j'étais découragé : Fire Power me décevait de plus en plus, ss narration trop décompressée avait raison de ma patience et l'intrigue elle-même ne m'excitait plus. Je ne vais pas dire que tout ça s'est envolé miraculeusement avec cet épisode, mais reconnaissons qu'il y a du mieux.

Au fond, je n'ai pas été convaincu que le surgissement du dragon des entrailles du Poing de Feu ait été une si bonne chose pour la série. Ce fut un grand moment... Sur le moment. Mais ensuite, Robert Kirkman a semblé ne pas savoir quoi faire de ce coup de théâtre et son scénario était au point mort. Fire Power ne tenait plus debout que grâce au talent de Chris Samnee.

Il n'est ni bon ni sain qu'une bande dessinée soit si dépendante de son artiste et je redoute, hélas ! que ce mal ne soit pas soigné. Kirkman ne ma paraît avoir dans son jeu les cartes suffisantes pour développer Fire Power comme le blockbuster qu'il souhaiterait en faire. Même si je n'ai pas lu Invincible ou The Walking Dead, ses deux hits, j'en ai au moins eu des échos sur leur progression, basé sur des concepts aussi simples qu'ici mais plus consistants et surtout avec un terme en ligne de mire.

On ne peut pas en dire autant de Fire Power qui est une série butant trop régulièrement sur des chutes libres de rythme et des ficelles narratives trop épaisses pour convaincre, sans compter des personnages taillés à la serpe. Il n'y a qu'à penser aux années passées entre le Prologue et le début de la série régulière, tout ce pan du passé du héros qui reste inconnu et auquel le scénariste ne fait pas mine de s'intéresser, sinon pour suggérer que ce sont des seconds rôles qui fournirait leur lot de surprises (comme le secret concernant Wei Lun, évoqué par Chen Zul et Ling Zan).

Au lieu de ça, Fire Power avance, certes, et souvent cahin-caha, mais sans but réel, sans dessein clair. On a eu un premier volume censé culminer avec l'affrontement entre le Temple du Poing de Feu et le Clan de la Terre Ecorchée dont Owen Johnson devait être la pièce maîtresse. Pour quel résultat . Une grande bataille désordonnée où Owen a été très discret, pour ne pas dire absent, transparent.

Puis il y a eu cette saga avec les serpents aboutissant au retour de Maître Shaw et l'apparition du dragon. Au moins le premeir volume voyait un vainqueur, mais le deuxième acte s'est conclu sur un cliffhanger spectaculaire mais frustrant. Depuis la reprise de la série, du surplace, avec beaucoup, beaucoup (trop) de pages sur le dragon et beaucoup, beaucoup (trop) d'atermoiements de la part des héros. Ceci soulignant cela : Owen n'a jamais montré une carrure de véritable héros, capable de se transcender dans les moments critiques, de se révéler en leader, en combattant de première ligne.

C'est ce manque de charisme qui fait mal à la série. Et surtout l'absence d'objectif des vilains successifs. Chen Zul a voulu vaincre Wei Lun, mais pour quoi au fond ? Et désormais quel est le but de Maître Shaw avec son dragon ? Depuis quatre épisodes, il est resté planté à Honk Kong, ce qui ne fait pas beaucoup pour quelqu'un prétendant conquérir le monde (même si le monstre a détruit des avions, des porte-avions et une partie importante de la ville).

Je suis sévère, certes, mais j'attendais que Chris Samnee s'engage dans un projet un chouia plus ambitieux que ça, plus abouti, plus fin. Il y a donc, malgré tout, du mieux : les Maîtres sont rassemblés, l'armée de Chen Zul est levée, et la grande bataille contre Shaw et le dragon vient de débuter. Comme Kirkman l'a fait à la fin des deux précédents volumes, cet affrontement va certainement occuper les deux prochains épisodes, ses arcs narratifs comptant toujours six numéros, et on peut donc s'attendre à un climax (du moins espérons-le) au #24 en Srptembre.

Chris Samnee va devoir encore sortir le grand jeu et comme, par ailleurs, il vient d'annoncer que son autre série, Jonna and the Unpossible Monsters s'achéverait au #12, en Septembre aussi, il aura des journées encore bien chargées. J'en viens à souhaiter que Fire Power connaisse un dénouement à la fin de cet arc, parce que je ne suis pas motivé pour aller au-delà, malgré le plaisir que j'ai à lire Samnee. Mais j'y crois à peine (à cause de cette allusion à un secret au sujet de Wei Lun, qui devrait servir d'argument à un arc ensuite, et aussi à la forte possibilité que le combat contre Shaw ne soit pas résolu au #24).

Bref, beaucoup d'incertitude, peu d'espoir : ça sent la fin, pour moi en tout cas.

vendredi 3 juin 2022

FIRE POWER #21, de Robert Kirkman et Chris Samnee

 

Bon, comment dire ? C'est pas ça. C'est plus ça. Fire Power pique vtaiment du nez, et ça fait maintenant des mois que ça dure, depuis la reprise du titre. La narration hyper-décompressée de Robert Kirkman me fait limite piquer du nez à la lecture. Chris Samnee tient la baraque, mais il semble livré à lui-même dans cette intrigue rebattue, qui ne progresse plus. C'est décourageant.



Honk-Kong. Maître Shen défie Maître Shaw dans les décombres de la ville ravagée par le dragon. Si Shen parvient à donner le change, il préfère se retirer finalement, laissant Shaw frustré et méfiant.
 

Cependant, Kellie Johnson et ses enfants ont élu domicile sur l'île de Chen Zul où elle téléphone aux parents d'Owen pour tenter de les apaiser. De son côté, Ling Zan évoque un secret lié à Wei Lun.


Wei Lun a accompagné Owen jusque chez Maître Ping qui, avant d'accorder son renfort à l'armée de Chen Zul, veut avoir la preuve du pouvoir d'Owen.


Ensemble, les trois se rendent ensuite jusque chez Maître Hwang. Celui-ci vit dans un endroit retiré et sordide où il attend leur visite. Sans leur souhaiter la bienvenue...

Qu'est-ce que j'aurai aimé vous écrire que Fire Power #21 était bien. Mais je ne le peux pas. C'est même tout le contraire : cette série est en train de sombrer. Et le pire, c'est que, quelque part, je m'y attendais. Je m'y étais presque préparé.

Pourquoi ? Voilà quelques mois, depuis que la série a repris, après la pause marquée par ses auteurs (le temps pour Chris Samnee de reprendre des forces), que ça ne va plus du tout. Lorsque Fire Power s'est mis en suspens, on a eu droit à un (double) coup de théâtre qui en vérité n'en était pas vraiment un avec le retour à la vie de Maître Shaw et surtout le réveil du dragon endormi sous le Temple du Poing de Feu. Des apparitions spectaculaires qui firent basculer l'histoire dans une autre dimension, beaucoup plus spectaculaire, d'une envergure mondiale.

Il ne s'agissait plus alors d'attendre que la suite de la série se résume à des luttes de clans comme pendant les deux premiers actes. Désormais, il existait un grand méchant, très puissant, qui partait à la conquête du monde et contre lequel les boules de feu d'Owen Johnson ne suffirait pas.

Premier souci : depuis la reprise de Fire Power, il y a trois mois, tout est l'arrêt ou quasiment, en tout cas ça n'avance plus guère. Tout à sa démonstration de force, Robert Kirkman nous livre des non-épisodes où le lecteur est presque sommé de s'extasier devant le dragon, ses ravages, épicétout. On en est encore là ce mois-ci avec le monstre qui coule un porte-avion et dézingue quelques coucous de l'armée américaine après une bagarre entre Maître Shaw et Maître Shen (qui ne sert strictement à rien d'un point de vue dramaturgique).

Deuxième souci : puisqu'il faut bien, malgré tout, envisager une sortie de crise, Kirkman engage son héros dans une quête visant à rassembler des Maîtres. Leur réunion, en plus de renforcer l'armée de Chen Zul et des disciples du Temple du Poing de Feu, doit censément venir à bout du dragon et de Shaw. Censément, mais pas sûrement. Pour boucler la boucle et nous prouver qu'il sait où il va depuis le début, ces Maîtres sont ceux mentionnés lors de la première confrontation entre Owen et Wei Lun lorsque le premier arriva au tempel (c'était dans Fire Power ; Prelude) : donc on va voir à quoi ressemblent Maître Chan, Ping, Shun, Hwang (on fait déjà connaissance avec Shun, Ping et un peu Hwang ce mois-ci).

Troisième souci : parce que tout ça est apparemment encore trop simple, Kirkman nous tease un secret concernant Wei Lun, ignoré de Owen mais connu de Chen Zul et sa fille Ling Zan. Vu les visages graves arborés par les deux derniers, ça doit être du sérieux. Mais qu'est-ce que le scénariste va encore sortir ? Déjà, Wei Lun avait dissimulé à Owen qu'il avait rallié le Clan de la Terre Ecorchée. S'il a encore fait des cachotteries à Owen, je vois mal comment celui-ci le tolérerait. Surtout, ça ressemble beaucoup au "syndrome de Charles Xavier" chez les X-Men avec la figure du mentor qui a l'armoire remplie de cadavres mais à qui on pardonne toujours tout.

Si on fait la synthèse de tout ça, de toute façon, c'est chiant à lire, pour le dire crûment. Trois épisodes pour ça, c'est beaucoup trop décompressé, et surtout on ne voit absolument en quoi ces Maîtres apportent une aide. Si encore ils manifestaient des pouvoirs surnaturels (comme les boules de feu de Owen), mais non. Shun est un bretteur super vif, Ping on ne sait pas, et Hwang on verra (peut-être !) le mois prochain. En attendant Chan (comme on attend Godot ?). Et que cache donc ce vieux filou de Wei Lun (qui ne va sûrement pas arranger tout ça) ? Sans oublier certainement de nouvelles frappes impressionnantes du dragon (pour occuper quelques pages dans les prochains numéros).

Mais la gêne la plus marquante provient sans doute du travail de Chris Samnee. Si je lis encore Fire Power, je ne cache pas que c'est grâce à lui. Même ostensiblement essoré par la production de ses deux séries (quand bien même Jonna and the Umpossible Monsters devrait s'achever au #15), le dessinateur donne tout et livre des planches à la hauteur de sa réputation.

Le découpage est survolté et sous influence manga très nette. Beaucoup, mais vraiment beaucoup de lignes de vitesse, et donc moins de décors, dans les scènes d'action. Samnee en rigole dans le dialogue habituel en postface du numéro avec Kirkman : il adore les lignes de vitesses et dessiner des ruines. Mais le lecteur, le fan, se désole un peu de voir ce grand artiste réduit à des mises en scène où son talent de narrateur est si mal exploité.

Comble du comble, on voit même Samnee utiliser un copier-coller lors d'une scène. Comme il ne le fait pratiquement jamais, ça se remarque vite, et en plus c'est mal fait (d'ailleurs Samnee le reconnaît à demi-mots dans la postface). Il remercie par ailleurs Matt Wilson, ce qui est louable car le coloriste fluidifie de manière exceptionnelle des scènes qui seraient très communes sans lui.

Samnee est vraiment livré à lui-même. Il tient la baraque sans pouvoir s'appuyer sur un script à l'évidence très sommaire. Les dessinateurs, généralement, préfèrent que les scénaristes ne les assomment pas d'indications pour les scènes d'action et comme il n'y a pratiquement que ça (les scènes plus calmes, s'appuyant sur les dialogues, ne brillant pas par un génie éclatant mais plutôt par des ficelles grosses comme des cables), Samnee a les coudées franches. Mais enlevez ces scènes de l'épisode et il reste quoi ? Pas grand-chose. C'est vite lu (ce qui n'est pas un défaut), mais aussi vite oublié (et là, c'en est un), car sans substance.

Kirkman rédigeant des arcs narratifs en six numéros, il reste trois épisodes pour que cet arc s'achève (même si ça ne signifiera certainement pas la résolution de l'intrigue en cours). Je n'espère plus de miracles. Mais franchement, je doute d'aller au-delà car lorsqu'une série ne vous fait plus saliver d'impatience, mieux vaut la lâcher avant de la lire juste apr complétisme.

jeudi 5 mai 2022

FIRE POWER #20, de Robert Kirkman et Chris Samnee


Comme je l'avais prédit (mais c'était facile à voir), ce nouvel arc de Fire Power est (très, mais alors très) décompressé. Robert Kirkman donne du biscuit à Chris Samnee, tant et plus qu'on a vraiment le sentiment que le scénariste se repose entièrement sur son dessinateur. Comme ce dernier n'est vraiment pas un manche, on en prend plein la vue. Mais pour l'histoire, on repassera...



Le dragon dévaste Honk Kong. L'armée envoie ses avions pour tenter de terrasser la bête, mais sans résultat. Maître Shaw laisse même fuir les engins pour que les pilotes témoignent de leur impuissance.


De leur côté, dans la montagne, les membres du Temple et du Clan reprennent leurs esprits, délivrés de l'emprise du serpent. C'est l'heure de faire les comptes.


Au même moment, en ville, Maître Shaw fait une nouvelle démonstration de puissaance lorsque les autorités l'approchent pour négocier. Mais il impose vite sa supériorité, affligé par ce qu'on lui offre.


Chen Zul met à disposition de Owen tous ses hommes. Mais ce dernier doute que cela suffise à vaincre un tel ennemi. En ville, Shaw fait face à un nouvel adversaire...

Normalement, j'aurai adoré cet épisode. Pensez : Chris Samnee en est l'écrasante vedette et nous gratifie d'une collection de pages qui sont toutes époustouflantes. Colorisées par Matthew Wilson, elles sont magnifiées, avec des nuances extraordinaires (pour les scènes dans la montagne) ou des contrastes puissants (pour les scènes à Honk Kong). C'est vraiment magnifique.

On a rarement vu Samnee dans un registre aussi purement spectaculaire. On associe davantage ce dessinateur à l'action plus teerre-à-terre, héritage de ses runs sur Daredevil, Black Widow, Captain America. Même sur Fire Power, il surtout excellé dans la représentation d'un kung fu certes acrobatique, accompagné de manifestations pyrotechniques, mais rien ne présageait de ce qu'il produit ici, depuis le début de cet arc, avec l'apparition du dragon et son lot de destructions massives.

Bien entendu, l'expérience et le talent brut de Samnee lui permet de s'emparer de ce registre avec une aisance insolente et les morceaux de bravoure mis à sa disposition par le script sont somptueusement servis. On reste plusieurs fois bouche bée devant la beauté et l'intensité des scènes mises en image par Samnee, de ses compositions parfaitement équilibrées, de la divertisité de son expression.

Mais deux questions font immanquablement surface devant cette démonstration.

La première, récurrente, est de savoir si Fire Power aurait le même attrait sans Samnee ? J'en doute fort car l'histoire a été cousue main pour lui et donc il est logique que le dessinateur se soit approprié ce matériau en le ciselant, en le modelant, en le perfectionnant. Toute l'esthétique de Fire Power provient de la geste "Samnee-esque", ce mélange fabuleux de dextérité et de maîtrise, de dosage et de folie, ce festival graphique où le style et la technique sont unis comme rarement.

La seconde est de savoir si cela suffit. Et j'en doute encore plus. Car le souci que révèle cet épisode (mais qui était déjà patent dans les deux précédents numéros), c'est qu'on a l'impression non pas que Samnee vampirise la série, la cannibalise même, mais qu'en dehors de lui, elle n'est pas vraiment très écrite.

Robert Kirkman en effet est étrangement absent de cette proposition tant il semble avoir laissé les clefs à son artiste. Vous allez me dire, il peut le faire avec une telle pointure. Mais je vous répondrais que ce serait déplacer le problème. Et ce problème, qui en est un sans l'être par nature, c'est la décompression narrative.

Personnellement, ça ne m'a jamais dérangé de lire un récit décompressé. J'aurai même mauvaise foi à prétendre le contraire après avoir loué l'écriture d'auteurs comme Bendis ou Ellis ou Straczynski par exemple. Mais ce n'est jamais gênant tant qu'on sent chez un scénariste un propos, un attachement aux personnages, le potentiel d'une intrigue. Toutes choses absentes de cet épisode et de cet arc (jusqu'à présent).

Car, enfin, que lit-on depuis trois épisodes ? Un dragon démesuré à surgi d'un temple désormais en ruines et dévaste une ville pendant que des champions de kung-fu, occasionnellement dotés d'autres talents, reprennent leurs esprits, dans la douleur. Et... Et c'est tout ! C'est peu.

Il va quand même falloir à un moment que Kirkman se réveille et se rappelle que toute la maestria de Samnee ne suffit pas à raconter une histoire. Pour l'instant, on dirait plutôt que le dessin meuble un script vide, empilant des moments chocs, mais sans substance ni objectif. Trois épisodes pour lire que Owen Johnson doute qu'une armée de combattants ne va sans doute pas suffire à vaincre un maître des arts martiaux et son dragon, bon, ça, on l'avait deviné depuis un moment. Trois épisodes pour voir Maître Shaw en maître du monde illuminé, tandis que Maître Shen attend de le défier. Trois épisodes pour placer une blagounette sur la jalousie de Kellie Johnson (ce serait d'ailleurs bien, là aussi, que Kirkman développe ce triangle amoureux Owen-Kellie-Lin Zang).

C'est frustrant, et même limite horripilant. Depuis le début, en vérité, Fire Power est victime d'un sévère problème de rythme et de substance. Kirkman s'est toujours appuyé sur Samnee, voire même soulagé. Mais au bout de vingt épisodes, même le fan le plus indulgent est en droit d'attendre plus. Si Samnee y  trouve son compte et du plaisir, ça peut durer longtemps, mais ce yo-yo incessant sur la tenue narrative de la série va (re)commencer à être usant...

vendredi 8 avril 2022

FIRE POWER #19, de Robert Kirkman et Chris Samnee


Après un break de quatre mois, Fire Power revient et reprend pile là où on avait laissé l'histoire. Robert Kirkman a renversé la table avec le cliffhanger spectaculaire de son dernier numéro et Chris Samnee continue de le suivre dans ce qui est maintenant bien plus qu'une histoire de kung-fu, de clans rivaux. Le résultat est grandiloquent et très inégal.


Terrés dans une crevasse, Owen, Kellie, Doug, Haley, Reggie et Wei Lun observent, sidérés, l'envol du dragon, chevauché par Maître Shaw, au-dessus de ce qui fut le Temple du Poing de Feu.


Dans la ville la plus proche, Maître Shun traverse un marché et neutralise prestement un voleur. Il est remercié par la victime. Un grondement retentit : le dragon fonce sur l'agglomérationet la dévaste.


Owen, sa famille, Reggie et Wei Lun sortent de leur cachette, résolus à tout faire pour arrêter, sans savoir comment Maître Shaw. Mais Chen Zul et les sujets du Serpent les attendent au tournant.


Un combat s'engage. Le serpent de Chen Zul mord Owen, qui perd le contrôle de lui-même. Doug et Haley réussissent à sauver leur père, qui a compris qu'il leur faut des renforts...

Disons-le d'emblée : il faut s'attendre à un nouvel arc à la narration décompressée, même si Robert Kirkman dispose déjà quelques pions pour le futur proche de la série. En effet, si on compte le nombre de scènes et qu'on le compare à la progression de l'histoire, cet épisode n'avance guère, comme si le scénariste voulait profiter du moment.

On ne peut guère lui reprocher : en effet, il y a quatre mois, lors de la parution de Fire Power #18, il nous laissait comme deux ronds de flan avec l'apparition du légendaire dragon endormi dans les fondations du Temple du Poing de Feu. Un événement considérable qui faisait basculer toute la série dans une nouvelle dimension, au-delà des rivalités entre clans et de bastons épiques à coups de kung-fu.

Ce monstre surgi des profondeurs inscrivait la série dans un registre beaucoup plus épique et il est logique que Kirkman veuille insister sur ce point en montrant bien l'état de sidération que peut provoquer une telle créature et ce qu'elle apporte au scénario. Vous allez me dire que ce n'est pas le premier dragon qu'on croise dans une fiction (en BD, en série télé, au ciné), mais par rapport aux boules de feu et des serpents vénéneux, c'est sans commune mesure avec ce que proposait jusqu'à présent Fire Power.

Donc, en un sens, il est justifié que l'auteur insiste sur la stupéfaction commune et simultanée des personnages et du lecteur. Le souci se situe davantage dans le temps qu'y consacre Kirkman car, passée l'entrée en scène du dragon, honnêtement, on n'a guère avancé dans cet épisode. Et il faut donc s'attendre à ce que ce se soit comme ça encore un petit peu car le scénariste veut souligner à quel point l'événement ne se cantonne pas au Temple, à la ville la plus proche, mais bien au monde entier, via une double page où on voit les médias mondiaux relayer ce fait extraordinaire.

Hormis cela, donc, rien de bouleversant. L'épisode semble se dérouler en temps réel, il se lit vite, san ennui, sans grande émotion non plus. On a droit à un dialogue touchant mais convenu entre Owen et sa fille Haley (qui espérait tant découvrir là où son père s'était formé et craque nerveusement devant l'accumulation de catastrophes), puis ensuite on a une baston avec les sujets du Serpent. Surtout, on fait connaissance, de manière encore superficielle, avec Maître Shun, dont on sait (parce qu'il a les honneurs de la couverture et d'une scène entière, très efficace) qu'il aura un rôle important pour la suite.

Mais Kirkman ne force pas son talent et sort même de son chapeau une petite surprise concernant Doug, le fils de Owen et Kellie, qui tombe à plat parce que trop prévisible et providentielle.

Chris Samnee n'a pas dû beaucoup profiter du hiatus de la série pour se reposer puisqu'il continue de dessiner Jonna and the Umpossible Monsters (co-écrit avec sa femme Laura) et que Kirkman se repose encore une énième fois beaucoup sur lui pour donner du relief à cet épisode du retour.

Samnee ne se ménage pas avec des doubles pages et des pleines pages, par ailleurs magnifiques, mais qui mettent en évidence un script plutôt maigre. Du coup, si doué soit-il, on le sent parfois livré à lui-même quand il doit composer une scène de baston entre Owen, Wei Lun et Shen Zul qui est franchement mal découpée. C'est si surprenant de la part de Samnee qu'on le remarque tout de suite, mais c'est comme si, soudain, il n'avait plus la solution pour rendre cette bagarre aussi énergique, aussi bien construite. Les angles de vue sont maladroits, les valeurs de plans idem : ça ne fonctionne pas car on ne sent pas l'impact des coups, la voltige acrobatique à laquelle il nous avait habitués quand il confrontait ces as du kung-fu - et alors que la scène avec Maître Shun dans le marché est au contraire un moment de pure virtuosité.

En outre, j'ai pu noter quelques cases mal encrées, ou encrées à la va-vite, avec des épaisseurs dans le trait inégales qu'on peut là encore mettre sur le compte d'un travail précipité. Une autre (mauvaise) surprise de la part de Samnee, qui est pourtant parfait d'habitude dans ce domaine.

Bref, c'est un come-back en demi-teinte. OK, il y a le dragon et Maître Shun. Mais le reste manque de piment. La série est à un vrai tournant car Kirkman l'engage dans une direction plus franchement et simplement spectaculaire. Sera-ce sa limite ? Ou un moyen de se transcender ? On devrait être fixé d'ici la fin de cet arc (donc vers le #22).