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jeudi 27 octobre 2022

A.X.E. : JUDGMENT DAY #6, de Kieron Gillen, Valerio Schiti et Ivan Fiorelli


A.X.E. : Judgment Day, c'est (presque) fini. Avant le n° Omega, qui conclura vraiment cet event le mois prochain, la mini-série centrale s'achève ici. Hélas ! un peu comme d'habitude, Kieron Gillen ne convertit pas les bonnes idées et les promesses faîtes en un dénouement original et audacieux, s'embourbant dans un final qui ne veut pas finir. Valerio Schiti, fatigué, ne dessine que 24 pages, laissant les huit dernières à son compatriote Ivan Fiorelli.


Captain America commande l'évacuation des terriens dans les cités éternels, encore intouchées par la dévastation du Progéniteur. Celui-ci tente désormais d'atteindre la Machine pour détruire la planète.


Cependant, le commando qui a infiltré le Céleste, accède à son coeur et fait face à une créature qui pilote le géant et désigne qui réussit ou échoue à son test. Mais Ajak s'oppose à ce qu'il soit tué.


Pour tenter de convaincre le Céleste que l'humanité est capable de changer, Sersi se sacrifie en avouant le secret des Etenrels au sujet de leur résurrection. La population cesse ainsi de haïr les mutants.


Troublé, le Céleste suspend son geste destructeur devant la Machine et son pilote se tourne vers Ajak pour savoir si, à son tour, il est digne du test auquel il a soumis la Terre.
 

Ajak reçoit les pouvoirs du Céleste et restaure le monde à l'état qui était le sien avant le Jugement Dernuier. Tout en faisant comprendre à chacun que, désormais, chaque jour sera un test pour s'améliorer...

On a presque envie de dire, après avoir lu ce sixième et dernier épisode de A.X.E. : Judgment Day qu'il est normal d'être déçu. C'est quasiment dans l'ADN des events de décevoir le lecteur qui les suit parce que ce genre de sagas promet énormément, et en vérité promet trop pour ce qu'il peut tenir. Celui-ci n'échappe pas à la règle.

Au fond, Kieron Gillen avait de bonnes idées mais pas assez de lattitude. Les planètes n'étaient pas suffisamment alignées pour que son propos porte autant qu'il l'a sans doute souhaité. Quand, au même moment où Judgment Day paraissait, Jason Aaron achève son run sur Avengers avec une histoire vendue comme la plus importante du titre, c'est comme si Marvel se tirait une balle dans le pied en publiant deux events, dont l'un ne disait pas son nom mais en possédait l'allure. Or, pour qu'un event comme Judgment Day réussisse son coup, il faut que tout le monde joue le jeu et Marvel n'a pas voulu contraindre Aaron à se plier à l'histoire de Gillen.

Du coup, le meilleur moyen d'évaluer les qualités et les défauts de Judgment Day est peut-être de vérifier quel impact a eu cet event sur les A.X.E., soit les Avengers, les X-Men et les Eternels.

Commençons donc par les Avengers. Et disons-le simplement : ils n'ont servi à rien dans cette histoire. Annoncés comme les arbitres du conflit initial entre Eternels et mutants, ils n'ont absolument jamais pesé dans la balance, ménageant la chèvre et le chou car ayant des amis dans les deux camps et cherchant à être des conciliateurs dans une guerre qui les dépassait. Pire, sans doute : Gillen a sombré dans des clichés réucrrents et désormais bien usés avec Iron Man dans le rôle du mec qui fait tout foirer (la conscience déglinguée du Progéniteur est le résultat de sa programmation, à égalité avec Ajak), tandis que Captain America caractérisé comme le symbole de paix et de justice n'a jamais dépassé sa qualité de symbole, transparent dans l'action, inutile dans les moments cruciaux (alors que le précédent épisode s'achevait sur sa résurrection, ce qui en fait le premier humain ramené à la vie par des mutants, pour conduire les héros à la victoire. On ne saura jamais pourquoi lui et pas Cyclope, autrement plus concerné et efficace). Les autres Avengers n'auront strictement servi qu'à remplir des images sans rien apporter, qu'il s'agisse de Thor, Captain Marvel ou Starbrand (qui pourtant est censé être l'incarnation d'un système de défense planétaire).

Ensuite, les X-Men : avec le recul, on est déçu des prémisses de Judgment Day qui n'a fait que recycler les mutants en éternels persécutés. Pointés du doigt par Druig, décimés par le Céleste et Uranos, les X-Men ont semblé longtemps perdu dans une intrigue que Destinée sentait venir depuis un moment pourtant. Cette contradiction mine tout le projet d'où surnagent des mutants inattendus, comme Diablo, mais où sont empêtrés d'autres, comem Mr. Sinistre dont on ne saisit jamais pourquoi il a été kidnappé par Makkari et Ajak ni pourquoi il fait partie du commando qui nfiltre le Céleste (Gillen adore Sinstre, mais il faudrait quand même qu'il se calme là-dessus ou au moins qu'il soit plus clair sur le rôle qu'il veut lui donner - ce sera plus sûrement pour son prochain event The Sins of Sinister, même si, du coup, j'hésite beaucoup à le suivre).

Enfin, les Eternels : évidemment, logiquement même, ce sont les plus affectés par l'event. De l'attaque fomentée par Druig à l'aveu de Sersi jusqu'à la transformation de Ajak, on a envie de dire que, même s'ils finissent l'histoire dans la peau des méchants, difficilement récupérables (ce qui devrait être confirmé par A.X.E. : Judgment Day Omega), tout tourne surtout autour d'eux. Mais là encore, le compte n'y est pas vraiment. Les teasers sur les Déviants-Mutants, le sort du Céleste, la réconciliation et les excuses finales de Zuras en passant par le retour de Eros/Starfox, tout cela rappelle le gloubi-boulga de la série Eternals de Gillen qui avait bien commencé pour se ramasser pitoyablement dans un second arc poussif. Je n'ai pas compris l'objectif de Gillen à leur sujet mais le résultat est là : à peine revenus, les Eternels vont retourner dans leur purgatoire, après un film lamentable et un comic-book bancal.

Plus long que les précédents épisodes, ce dernier épisode a renoué avec les écueils de précédents events, avec des destructions massives, des actes de bravoure plus bravaches qu'efficaces (tout le passage avec l'arsenal donné aux humains jusqu'à la page avec Orchis (dont le renfort a été aussi inutile qu'expédié). La créature, que j'ai appelé le pilote du Céleste, a un rôle nébuleux au possible et le twist final quand il se fait juger par Ajak ressemble à un artifice de la part d'un scénariste ne sachant plus comment terminer ce qu'il a entrepris. Gillen avait promis qu'il ne finirait pas en promettant, selon la formule consacrée, que "rien ne serait plus comme avant", mais plutôt en laissant les héros avec l'obligation d'être différemment héroïques. Bon, ben, c'est clairement raté, même si les mutants vont désormais ressuciter des enfants malades ou mourants. Mais pour le reste du casting, cela se résume à un débat sur le ton de la balgue chez les Avengers qui se demandent s'il est opportun de garder leur QG dans un Céleste mort, et pour les Eternels à des excuses rapides et pour Druig à partager la cellule d'Uranos. On n'a pas le sentiment que tous ces héros en sortent changés ou avec la volonté de changer.

Un dernier point concerne les six humains vendus par Gillen et Marvel comme les six individus les plus importants de l'Histoire. Bon, là aussi, on se demande pourquoi ces six quidams ont mérité cette qualification car ils n'ont eux aussi servi à rien, sinon pour l'une d'elle à boire un café avec Captain America, puis retrouver leur vie d'avant sans se rappeler de rien. Décidément, ces teasers sont aussi déplacés que mensongers.

Visuellement, on sent que Valerio Schiti était au bout de ses forces. Il produit encore des planches épiques, impressionnantes, soutenues par les couleurs vibrantes de Marte Gracia. Mais il était temps que ça se finisse. L'italien a tout donné, mais une fois encore sans disposer d'un script à la hauteur de son immense talent (vivement qu'on en sache plus sur son projet avec Jonathan Hickman pour l'année prochaine). Il faudra aussi qu'un jour editors, scénaristes et artistes se réunissent autour d'une table pour que les deux premiers comprennent que les events sont des laminoirs pour les dessinateurs, qui se trouvent à animer des épisodes surpeuplés, des actions spectaculaires jusqu'à la saturation, qui sur le papier sont très excitants mais épuisants à représenter. Si même Schiti n'y arrive plus, alors ce serait dans doute judicieux que tout le monde se calme et pense histoire avant de penser blockbuster.

Schiti donc laisse l'épilogue de l'épisode à Ivan Fiorelli, soit huit pages sur 32. Fiorelli n'est pas un artiste déplaisant à lire et donc on lui sait gré de nous livrer des planches honorables. Néanmoins, après Schiti, ça fait quand même bizarre car leurs styles ne se ressemblent pas du tout. Et je pense surtout que cet épilogue aurait plus eu sa place dans ce fameux n° Omega car il consiste en une succession de saynètes au ton diamètralement opposé à ce qui précéde. Mais c'est aussi la responsabilité de l'editor et du scénariste de penser à ça en offrant à la mini-série centrale de l'event une vraie conclusion plutôt que de penser en termes de n° Alpha et Omega pour l'encadrer.

C'est dommage car Judgment Day a été agréable à lire, avec des tie-in très bons (pour ceux que j'ai lus du moins, notamment Immortal X-Men et surtout X-Men : Red). Après, le décalage entre la lecture à chaud de chaque chapitre et le bilan qu'on en tire à la fin du dernier épisode est implacable et répète trop d'erreurs du passé pour satisfaire. C'est ce qu'il y a de plus rageant : faire une course excellente mais rater l'arrivée.

jeudi 13 octobre 2022

IMMORTAL X-MEN #7, de Kieron Gillen et Lucas Werneck - Tie-in A.X.E. : Judgment Day

 

J'attendais cet épisode de Immortal X-Men avec une certaine appréhension entendu que Diablo n'a pas été bien traité depuis House of X/Powers of X, comme si aucun scénariste ne savait comment l'écrire et respecter le personnage tel que l'avait créé Dave Cockrum. Kieron Gillen réussit là où tous les autres se sont cassés les dents et ce septième numéro est également le meilleur travail de Lucas Werneck.


Lors d'une séance du Conseil de Krakoa, Diablo devine que Destinée ne dit pas tout sur l'issue du Jour du Jugement. Et il l'enlève donc pour appliquer un plan pouvant sauver mutants et humains.


Ensuite, il obtient de Charles Xavier et Hope de rassembler les krakoans pour un grand sacrifice qui doit leurrer le Céleste quand il détruira l'île.


Puis, ceci fait, Captain America est ressucité, devenant ainsi le premier non-mutant à bénéficier de ce privilège. Mais avec un objecif bien précis...


Diablo n'a pas terminé : il se téléporte, avec l'aide de Magik, dans la station Orchis où il réussit, par la ruse, à convaincre Moira et Nimrod de s'allier aux mutants et aux héros contre l'Ancêtre...

Si je devais désigner mon X-man favori, ce serait sans doute Diablo. Il s'est toujours distingué à mes yeux, depuis que j'ai lu Giant-Size X-Men de Len Wein et Dave Cockrum car, alors que les autres mutants de la seconde génération recrutés par Charles Xavier, avaient tous une apparence normale, Kurt Wagner était ce curieux elfe à la peau bleue. Il n'était pa comme les autres, il avait ce côté inquiétant, démoniaque, démenti par son caractère amical, sympathique.

Pourtant, Cockrum exprimera souvent par la suite ses désaccords sur la manière d'écrire ce mutant qu'il adorait particulièrement et qu'il avait d'abord imaginé pour Legion of Super-Heroes chez DC, inspiré par Erroll Flynn et les films de cape et d'épee. Il détestait par exemple qu'on fasse de lui un héros aussi religieux au détriment de son attitude charmeuse et bondissante. Il avait raison : à part dans Excalibur, et spécialement lors du run d'Alan Davis, Diablo a rarement ressemblé à l'idée initiale de son créateur.

Depuis le début de l'âge de Krakoa (terme utilisé pour définir la refondation de la franchise X par Jonathan Hickman), ça n'a pas été beaucoup mieux, même si Hickman semblait vouloir revenir aux fondamentaux lors de HoX 6-7. Mais ensuite, le scénariste est retombé dans les clichés d'un Kurt Wagner curaillon projetant d'ouvrir une église et fonder une religion sur Krakoa. Je n'ai pas lu Way of X ni Legion of X de Si Spurrier, mais je n'ai aps l'impression que quoi que ce soit ait été corrigé dans la bonne direction.

Immortal X-Men #7 m'a donc fait plaisir car Kieron Gillen me rend en quelque sorte le Diablo que j'aime, celui de Cockrum. L'épisode procède, logiquement, par bonds, au gré des actions entreprises par Kurt Wagner qui force Destinée à lui confier ses visions sur ce va entreprendre l'Ancêtre (Progenitor en vo).

L'épisode reprend des bouts de A.X.E. : Judgment Day #5 pour nous aider à situer l'action et développer ce que l'event ne peut que survoler. On notera que Gillen s'est vraiment bien employé, comme Gerry Duggan et Al Ewing, à faire des tie-in de vrais compléments au titre central, et pas seulement des numéros dispensables, collés à la saga pour satisfaire au staff éditorial. A chaque fois, ces trois scénaristes ont apporté un plus, détaillé des actions, en s'appuyant sur des personnages intéressants dans ce contexte.

Ainsi, revit-on la mort de Captain America et Diablo devant le Céleste, puis leur résurrection, mais encore et surtout assiste-t-on au dévoilement de ce que l'event ne disait pas comme la mise en scène destinée à leurrer l'Ancêtre sur le sort des krakoans (dont une majorité a accepté de se sacrifier). Une data page nous explique aussi de manière très claire qu'en réalité il y a non pas une mais deux missions pour contrer ce jugement dernier : d'une part, comme on l'a vu dans A.X.E. : Judgment Day #5, il y a cette équipe qui infiltre le Céleste pour le détruire, et d'autre part, une autre expédition au centre de la Terre, dans la Machine éternelle qu'il faut protéger de l'Ancêtre.

Et sur ce dernier point, cet épisode introduit un renfort aussi inattendu que captivant puisque Diablo va aller chercher Moira X et Nimrod, les ennemis jurés de Krakoa. J'espère vraiment qu'une fois l'event terminé, cela aura des conséquences sur les relatiosn entre les deux camps, d'autant que, en passant, le Céleste détruit la station Orchis et que Diablo sauve Moira et Nimrod juste avant que cela ne se produise...

Au dessin, j'attendais aussi beaucoup de Lucas Werneck qui m'a peu impressionné depuis le début et parce que rares là aussi sont les artistes à bien dessiner Diablo. Bonne surprise (bis) : l'artiste brésilien livre sa meilleure copie.

Il reste quelques maladresses, mais l'ensemble des planches est d'un niveau très supérieur à ce que j'ai eu l'habitude de voir de sa part. Toutefois, il réussit à représenter Kurt dans toute sa classe, sa malice et son mouvement.

Mon seul (et gros) regret, c'est le costume dont est désormais affublé Diablo. Marvel devrait le savoir : à chaque fois qu'on a essayé de relooker Diablo, ça n'a pas fonctionné. Mais actuellement, c'est n'importe quoi : il porte une sorte de long manteau rouge sans manches sur une justaucorps noir mais avec ses bottes et ses gants d'origine. Je ne comprends pas ce design qui est laid, n'apporte rien, alors que celui de Cockrum est indémodable, épuré, classe. Je n'aime pas tellement non plus Kurt avec sa moustache et sa barbichette actuelles, mais à la rigueur je m'en accomoderai si on lui rendait son costume originel.

Kieron Gillen a en tout cas bien pensé l'écriture de A.X.E. : Judgment Day, c'est la première fois depuis longtemps (Secret Wars de Hickman ?) que j'ai cette impression d'un event sur lequel on a fiché la paix au scénariste. Immortal X-Men a en tout cas prouvé (comme X-Men : Red) qu'on pouvait produire des tie-in utiles et intelligents dans ce contexte. 

samedi 8 octobre 2022

X-MEN : RED #7, de Al Ewing et Madibek Musabekov - Tie-in A.X.E. : Judgment Day


X-Men : Red #7 est un chef d'oeuvre. C'est le meilleur comic-book que j'ai lu cette semaine et Al Ewing s'impose mois après mois comme l'auteur le plus captivant de la franchise X. Cette fois, en l'absence de Stefano Caselli, le titre est dessiné par Madibek Musabekov, un inconnui ne devrait pas le rester longtemps.


Au centre de la Terre, dans la Machine des Eternels. Magneto s'éteint dans les bras de Tornade en lui demandant de veiller sur Charles Xavier qui pourrait être amené à prendre des décisions terribles.


Arakko. Isca l'imbattable, prétendant remplacer Tornade, est défiée par le Roi Pêcheur qui lui fait prendre conscience qu'elle n'appartient plus à la communauté à force d'avoir toujours changé de camp.


Tornade, toutefois, a pris conscience de son échec et cède sa place à Lodus Logos pour siéger à la place de feu Magneto dans le Grand Cercle réformé.


Cependant, dans la station du Dongeon, Wiz-Kid accède au journal de bord d'Abigail Brand et découvre ses secrets. Qui motivent Cable à prendre des mesures radicales...

Cette semaine, par jeu, j'ai voulu passer en revue mes lectures par ordre alphabetique de leurs titres. Et le hasard a voulu qu'ayant commencé par Ant-Man écrit par Al Ewing, je termine par X-Men : Red également signé par ce scénariste. 

Si Ewing m'a déçu sur Ant-Man, il m'a une fois de plus impressionné sur X-Men : Red, qui confirme sa place de série la plus intéressante de la franchise mutante. Et ce septième épisode est rien moins qu'un chef d'oeuvre, un vrai tournant, un sommet.

L'épisode s'ouvre par la mort de Magneto. J'avoue que je ne croyais pas que cela arriverait, surtout à l'occasion d'un épisode attaché à l'event A.X.E. : Judgment Day, et plus généralement depuis que Jonathan Hickman depuis House of X/Powers of X a rendu toute disparition d'un mutant dépassée. 

Mais il semble bien que ce bon vieux Magneto ait connu sa dernière heure (même si je doute qu'il ne renaisse pas un jour). Ewing a voulu, c'est évident, mettre en scène cette mort dde telle manière que le lecteur n'ait aucun doute sur sa réalité, qu'il ne s'agit pas d'un coup dans l'eau, une simple péripétie. Et le scénariste avait d'ailleurs préparé son affaire puisque, précédemment, Magneto détruisait son module Cerebro miniature avec sa dernière mise à jour de son esprit, renonçant ainsi à sa résurrection par les Cinq de Krakoa pour se conformer à la tradition arakki où les guerriers acceeptent la possibilité de leur mort.

Cette scène est vraiment extraordinairement écrite et mise en images. Magneto acceepte son sort, non pour devenir un martyr, mais parce qu'il accepte sa fin. Il a une ultime requête adressée à Tornade à ses côtés à cet instant : prendre soin de/surveiller Charles Xavier, qui va désormais se trouver très isolé au sein du Conseil de Krakoa, après le départ d'Apocalypse, le revirement d'Emma Frost, l'arrivée de Destinée. Par ailleurs, la situation des mutants (aux prises avec les Eternels, Orchis, Feilong, etc) est préoccupante et Xavier pourrait avoir à faire de choix radicaux pour sauver Krakoa, entraînant la "mutanité" dans une direction potentiellement fatale.

On reconnaît un épisode extraordinaire, supérieur à la moyenne, à sa capacité à enchaîner les temps forts, à prendre le lecteur à la gorge. Et ce n'est effectivement pas fini car ce qui reste du Grand Cercle d'Arakko, décimé par l'assaut d'Uranos et de l'armée éternelle, est l'occasion pour Isca l'imbattable d'avancer ses pions.

Elle prétend diriger la plnaète en profitant de la faillite de Tornade et parce qu'elle ne perd, littéralement, jamais. L'argument est suffisamment imparable pour être pris au sérieux. Comment évincer quelqu'un qui, effectivement, invincible ? Physiquement, ce seriat signer son arrêt de mort. Alors Ewing dégaine une nouvelle scène renversante.

On a fait connaissance avec les membres des Sièges Nocturnes, sorte de cabinet secret longtemps dissous, petit comité d'éminences grises chez les Arakki, et reformés par Sunspot avec le Roi Pêcheur et Syzia des ombres. Le Roi Pêcheur se dresse devant Isca pour un match peu commun où il s'agit de se mesurer à l'aune de la notion de perte, de défaite.

Ewing a recours à une data page, un procédé qu'il a toujours employé avec sagesse et parcimonie. Mais là, c'est particulièrement pertinent et brillant car Isca se remémore les fois les plus marquantes où son pouvoir l'a conduit à changer de camp pour rester dans celui des vainqueurs, multipliant les opportunismes et les trahisons et aussi les sacrifices. L'occasion aussi de rappeler que Isca est originaire d'Amenth, ce pays de démons, et qu'aujourd'hui, finalement, elle n'est de nulle part, ni de Krakoa, ni d'Arakko, ni d'Amenth. Elle a voulu être partout, tout le temps à la bonne place, mais elle n'est plus d'ici ou d'ailleurs. Donc  elle comprend, défaite, qu'elle ne peut prétendre gouverner Arakko ni autre part.

Quelle sortie de scène ! Ewing est vraiment fort. Là encore, on peut douter que Isca ne reviendra pas (et on peut sans doute imaginer qu'Abigail Brand tentera de la recruter), mais tout de même, que c'est malin comme façon d'éjecter ce personnage. Et ce n'est toujours pas fini.

Avant de poursuivre, un mot quand même sur les dessins, tout aussi excellents que le script. A chaque fois que Stefano Caselli n'est pas là, il y a une appréhension car c'est un formidable artiste, qui complète à merveille Ewing. Il s'est absenté pour illustrer le retour de Hack/Slash dans l'anthologie Image !, sur des scénarios de Tim Seeley.

Marvel, plutôt que d'appeler un dessinateur de rechange en interne, donne sa chance à un inconnu : Madibek Musabekov. Renseignement pris, j'ai appris qu'il avait jusqu'à présent officié sur des licences chez Dynamite Comics (Red Sonja). Mais quelle bonne pioche !

Musabekov ne rate pas son entrée dans la cour des grands et produit de superbes planches, très complètes. Il soigne les décors, s'aproprie avec aisance les personnages et se révèle un narrateur très doué. Quand il doit mettre en scène la mort de Magneto, son découpage est d'une précision impeccable qui ajoute à l'emotion du moment. Le résultat esst intense, poignant.

La scène avec Isca est également un joyau, tout aussi électrique, et on appréciera l'expressivité du dessin, Musabekov dessinant parfaitement les émotions qui traversent les protagonistes, en particulier l'assurance et la hargne de Isca.

Ce qui suit et conclut l'épisode donne envie que ce dessinateur devienne sinon l'artiste titulaire de la série, en tout cas le remplaçant officiel de Caselli, qu'il suppléé avec un vrai bonheur. Car Ewing va en profiter pour reconfigurer l'avenir du gouvernement d'Arakko dans la foulée. Tornade reconnaissant qu'elle s'est trop dispersée entre Krakoa et Arakko pour empêcher la catastrophe actuelle, renonce à sièger à la présidence du Grand Cercle. Elle préfère s'installer à la place de Magneto, à la fois pour lui rendre hommage mais aussi aprce que c'est la place de la perte, du deuil. Lodus Logos, l'artiste devient le nouveau gouverneur d'Arakko et ce choix est inspiré, le personnage incarnant un avenir plus serein et mesuré, insensible à la corruption ou à l'éparpillement, un vrai sage. Le Grand Cercle, ayant perdu pour toujours trois des siens, se résoud à n''en avoir plus que six - Sunspot, le Roi Pêcheur et Syzya des ombres déclinant l'offre de remplacer les disparus.

Madibek Musabekov nous gratifie d'une image sublime (voir ci-dessus) lorsque Tornade s'installe à la place de Magneto avec en arrière-plan un nuage qui prend la forme du casque du mutant tombé contre Uranos.

La conclusion de l'épisode est un tremplin prometteur pour la suite, qui ne dépendra plus de l'agenda de A.X.E. : Judgment Day, avec Wiz-Kid et Cable, ce dernier prêt à en découdre avec Brand dont il découvre les secrets.

Autant dire que X-Men : Red va encore nous régaler dans les mois qui viennent.

jeudi 22 septembre 2022

A.X.E. : JUDGMENT DAY #5, de Kieron Gillen et Valerio Schiti


Le troisième et dernier acte de A.X.E. : Judgment Day débute avec ce cinquième épisode de l'event écrit par Kieron Gillen et dessiné par Valerio Schiti. La Terre vient d'être condamnée par le Céleste et rien ne semble plus pouvoir empêcher ce sort funeste. De fait si le scénario passe par des figures imposées, la fin de cette saga demeure imprévisible.
 

La sentence du Progéniteur est tombée : la Terre va disparaître. Téléporté devant le géant par Diablo, Captain America le défie une dernière fois et se fait réduire en cendres.


La mort de Captain America motive les héros - X-Men, Avengers, Eternels - à livrer un assaut de la dernière chance. En pure perte : le Céleste repousse l'attaque sans pitié.


Puis il s'en prend à la planète dont il rase les villes, les pays, les continents. Puis il concentre ses efforts pour atteindre la Machine Erernelle, son dernier système de défense.


Pourtant, une poche de résistance a échappé à sa colère et grâce aux Cinq de Krakoa, un groupe de héros est ressucité pour infiltrer le Céleste afin de le détruire de l'intérieur...

Passées les premières pages qui semblent bizarrement décalées dans la chronologie du récit (puisque l'épisode précédent se terminait sur l'apocalypse et qu'on débute cet épisode dans une sorte de relatif répit), Kieron Gillen inflige plusieurs électrochocs au lecteur.

Jusqu'à présent relativement discret dans A.X.E. : Judgment Day, les Avengers et surtout Captain America vont jouer un rôle plus consistant. Steve Rogers, pourtant déjà jugé indigne par le Progéniteur, part le défier une nouvelle fois, dans un discours dont il a le secret, conclu par une formule qui donne toujours le frisson. Aussitôt après, le Céleste pulvérise le héros et Daiblo, qui l'avait transporté là.

Sur Krakoa, les Eternels, les Avengers et les X-Men réfléchissent à un plan pour éliminer le Céleste et s'accordent pour lancer un assaut groupé, comptant sur la réunion de leurs forces pour terrasser cet adversaire hors du commun. Il y a du lours dans les trois équipes si on s'en tient à Thor, Phénix (Echo), Jean Gery, Starbrand, etc. D'autres personnages se joignent à cette super team, de façon assez dérisoire (Spider-Man, Moon Knight - on sent bien à ce moment-là que Gillen a reçu des consignes éditoriales pour placer ces personnages). Les Fantastic Four font même une apparition éclair, ils resteront les grands oubliés d'une histoire dans laquelle ils auraient eu toute leur place (mais comme ils étaient moins en retrait dans Empyre, sans doute a-t-on jugé chez Marvel qu'il y avait déjà assez de monde à s'occuper).

Peeut-être plus encore que la mort expéditive de Captain America, ce qui va surprendre, c'est à quel point Gillen ne fait pas de quartier. Il rappelle, ce faisant, que les Célestes sont bien les créatures de l'univers Marvel les plus puissantes, plus puissantes même que Galactus ou Odin. Le scénariste insiste là-dessus en consacrant plusieurs pages à la défaite des héros, à l'inéluctabilité de cette débâcle. Tout était joué et perdu d'avance. Même tous ensemble, les héros n'avaient aucune chance.

Les planches de Valerio Schiti appuient ce propos sans que le doute soit permis. Si l'artiste italien, toujours dans une forme tonitruante, nous gratifie de deux somptueuses spalsh-pages, avec le passage obligé de celle où une masse impressionnante de personnages s'élancent comme un seul homme dans la bataille. Si c'est une sorte de figure imposée par le genre même des events, il n'en reste pas moins que Schiti passe l'épreuve avec succès, l'image est vraiment spectaculaire, bien composée, et il s'en dégage un véritable héroïsme, une dimension épique jubilatoire.

Ensuite, vient l'attaque proprement dîte et là encore Schiti donne tout ce qu'il a : la puissance dégagée par les coups portés, les répliques du Céleste, l'impact de ces échanges, tout est vraiment énorme. Mais très vite on sent que c'est en pure perte, l'ennemi est trop énorme, trop fort, trop impitoyable. Les héros décédent dans des circonstances étonnament violentes et sadiques, car le Progéniteur veut, comme tout dieu, appliquer sa sentence avec créativité. On voit par exemple la tête de Cyclope exploser littéralement, Captain Marvel s'éteindre frappée apr un cancer fulgurant, Jean Grey, Phénix, Starbrand être pulvérisées.

Marte Gracia use de couleurs vives, avec des rouges, des oranges, pour suggérer le feu apocalyptique déployé par le Céleste. C'est encore plus impressionnant quand le géant incendie Krakoa, des villes entières, rien n'échappe à son regard terrible (pas même uen fusée qui tente de quitter la Terre et qu'il fait exploser d'un regard).

La radicalité de ces pages détonent car elle nous fait croire à la fin du monde. Le nombre de victimes est impressionnant, mais ce qui l'est encore plus, c'est sans doute la rapidité avec laquelle le Céleste réussit à tuer tout ce monde, sans avoir l'air de produire une véritable effort. Dans Uncanny Avengers, Rick Remender avait tenté quelque chose de similaire mais des personnages comme Malicia (ayant absorbé les pouvoirs de tous les héros) et Sentry réussissaient à repousser un céleste, trucidé ensuite par Thor, Havok et Sunfire, puis siphonné par Kang. Gillen, lui, avec Schiti, a voulu montrer que ce n'était pas possible et l'Ancêtre est instoppable.

Est-ce donc vraiment fini ? Il reste encore une épisode et on imagine mal la Terre disparaître complètement. Forcément il y a un loup, une ruse, une dernière carte à jouer. Au début de l'épisode, lorsque X-Men, Avengers, Eternels discutent stratégie à Krakoa, leur plan est soumis à Destinée qui estime qu'il n'y a qu'une chance pour que leur riposte réussisse. On découvre comment à la toute fin.

Là, Gillen va sûrement diviser et susciter des débats enflammés parmi les lecteurs car d'une part il établit une poche de résistance qui a miraculeusement échappé à vigilance du Céleste (un peu facile, mais bon, passons) et, d'autre part, il permet aux Cinq de Krakoa de ressuciter quelques personnages pour une opération très risquée mais décisive. Hormis le fait que les ressucités ne satisferont pas tout le monde (et là encore on peut supposer que le scénariste n'a peut-être pas eu complètement le choix), c'est surtout le fait que les Cinq ramènent à la vie des non-mutants qui interroge - d'abord parce que ça contrevient aux lois mutantes, et qu'ensuite il y aura forcément des conséquences post-Judgment Day (ou s'il n'y en a pas, ce serait très maladroit).

Quoiqu'il en soit, Gillen et Schiti proposent un épisode étonnant, polémique, radical - de quoi offrir un sixième et dernier épisode très prometteur et un après event qui risque d'ébranler vraiment beaucoup plus que le sort des mutants. Rendez-vous le 26 Octobre pour la conclusion de cet event qui n'aura vraiment pas été comme les autres.

vendredi 16 septembre 2022

A.X.E. : JUDGMENT DAY #4, de Kieron Gillen et Valerio Schiti


Ce quatrième numéro de A.X.E. : Judgment Day marque la fin du deuxième acte de l'histoire écrite par Kieron Gillen et dessinée par Valerio Schiti. Dans cette partie du récit, le Progéniteur a jugé digne ou pas plusieurs héros et humains tandis que, pour tenter de renverser la situation, les Eternels ont libéré Eros/Starfox. Cela sera-t-il suffisant ?


Eros/Starfox peut manipuler les émotions, mais le frère de Thanos refuse de mentir au Progéniteur. Il s'emploie donc à convaincre les dirigeant siégeant à l'O.N.U. de faire cause commune.


Ce mouvement n'échappe pas à Druig qui décide d'en finir avec les mutants de Krakoa en invoquant une nouvelle fois le Grand Esprit. Mais Sersi permet aux mutants télépathes de l'infiltrer.


Résultat : le Grand Esprit déstitue Druig de son poste de Prime Eternel. En réponse à cet affront, il relâche Uranos. Mais Magneto et Tornade arrivent pour tuer le massacreur d'Arakko.


Eros/Starfox s'adresse alors au Progéniteur au nom des terrierns et des Eternels pour le convaincre qu'ils vont bâtir un monde meilleur ensemble. Le Céleste rend son jugement dernier...

C'est vraiment cette construction en trois actes qui aura (jusqu'à présent) fait la différence (avec la complémentarité entre l'intrigue principale et ses tie-in) dans l'event écrit par Kieron Gillen. En découpant son récit en trois fois deux épisodes, le scénariste a imprimé un tempo strict mais aussi permis au lecteur d'attendre à chaque fois un climax.

Après donc un premier temps consacré à l'offensive menée par Druig contre les mutants, ce deuxième temps a été celui marqué par les jugements rendus par le Progéniteur réveillé par Ajak, Makkari, Iron Man et Mr. Sinistre. Encore une fois, sur plusieurs pages en "gaufriers" de quatre cases, on assiste au verdict prononcé en faveur ou en défaveur de plusieurs personnages, super-héros ou simples humains. Et à la fin, c'est la Terre, dans sa globalité, qui est sur la sellette. 

Je ne vous dévoilerai pas ce jugement dernier, mais en même temps le suspense sera de courte durée puisque le prochain épisode de A.X.E. : Judgment Day paraîtra dès la semaine prochaine (tandis que le grand final sortira la première quinzaine d'Octobre avant un n° Omega qui conclura l'ensemble - certainement en établissant un nouveau statu quo pour les Eternels).

Parfois on est franchement étonné par les avis rendus par le Céleste. Ainsi Thor est épargné car il est digne de brandir Mjolnir, ce qui revient à dire qu'il doit son salut à son arme qui a été celle de son père. En revanche, concernant Daredevil, Gillen s'aligne sur ce qu'écrit actuellement Chip Zdarsky dans la série consacrée à l'homme sans peur, engagé dans une croisade dépassant les limites morales. Plus convenus, les cas de Miles Morales ou Ms. Marvel assurent à la nouvelle génération un sauf-conduit. Quant aux fameux six individus à travers le monde et désignés par l'éditeur comme les six personnages les plus importants du moment (sans qu'on sache encore pourquoi), ils sont condamnés ou sauvés de manière aléatoire.

Mais Kieron Gillen s'attache surtout au premier plan de Eros/Starfox. La dernière fois que l'ex-Avenger et Eternel avait fait parler de lui remonte au run de Donny Cates sur Guardians of the Galaxy quand Hela tenta de transférer la conscience de Thanos (le frère de Eros) dans le corps de Starfox. L'expérience tourna court grâce à l'intervention de Gamora et ses acolytes. Et on a découvert dans le précédent numéro de Judgment Day que Eros était depuis détenu dans l'Exclusion, la prison des Eternels (sans doute pour s'assurer que rien de la conscience de Thanos ne l'avait infecté maus aussi pour se protéger de ses propres pouvoirs).

Et justement, il est temps de rappeler que Starfox, en plus de voler et d'être super fort, manipule les émotions. C'est un hédoniste qui influence les individus sur les notions de plaisir personnel et de plaisir qu'ils peuvent prodiguer aux autres. Sersi comptait là-dessus pour que les humains deviennent plus aimables et convainquent le Progéniteur de les épargner. Sauf que Eros sait que le Céleste ne tomberait pas dans ce panneau...

On le voit alors rencontrer et parlementer avec d'éminents gouvernants dans le monde entier puis s'adresser aux représentants siègeant à l'ONU. IL réussit, grâce à ses efforts diplomatiques, à réaliser une sorte d'union sacrée pour que tous bâtissent un monde meilleur, susceptible de convaincre le Progéniteur de leur bonne volonté.

Tout n'est pas réglé pour autant car Druig observe ces manoeuvres et riposte. Gillen orchestre alors une série de péripéties visuellement impressionnantes que Valerio Schiti convertit en planches somptueuses. L'artiste italien subjugue en plusieurs occasions et pas seulement pour son relooking très David Bowie période glam-rock de Starfox mais par le dynamisme de son découpage, de ses compositions et son esthétisme appuyé par les couleurs magnifiques de Marte Gracia.

La nouvelle forme adoptée par le Grand Esprit, l'infiltration opérée par Sersi pour que les mutants renversent Druig, donnent à admirer des images fortes, intenses, spectaculaires. Mais Schiti les représente d'une manière toujours très évocatrice et pas pour le simple plaisir d'en mettre plein la vue. Ce n'est pas que l'illustration brillante du script, c'est une réinterprétation qui habille les mots de Gillen et les transforme en scènes mémorables.

Le scénario ne flêchit pas, le rythme est vif, avec une alternance de plans très variés dans leurs dimensions, leur valeur. Lorsque Uranos est lâché, sa puissance effrayante rencontre celle, toute aussi saisissante, du duo Magneto-Tornade. C'est aussi à ce moment précis qu'on comprend pourquoi il faut avoir lu impérativement X-Men : Red #6 avant Judgment Day #4 car Magneto rencontre littéralement son destin. 

Schiti s'est inspiré d'un tableau classique (Ivan le Terrible et son fils, le 16 Novembre 1581, par Ilva Repine) pour l'image iconique de Tornade entourant de ses bras la dépouille de Magneto et c'est assez fort et subtil à la fois de caser une telle référence dans un blockbuster Marvel où les dessinateurs ont souvent trop fort à faire avec un casting fourni et des morceaux de bravoure visuels pour en plus glisser des hommages artistiques.

Le cliffhanger est réellement terrifiant et avec encore deux épisodes à venir, on se demande vraiment, pour la première fois depuis un bail, comment ça va finir. Mais on en saura plus la semaine prochaine dans cet event écrit de main de maître et dessiné avec virtuosité. Ce serait terriblement décevant que le dénouement ne soit pas à la hauteur après que les deux premiers tiers de cette saga aient été si bien conduits....

jeudi 15 septembre 2022

X-MEN : RED #6, de Al Ewing et Stefano Caselli - TIE-IN A.X.E. : JUDGMENT DAY (à lire avant A.X.E. : Judgment Day #4 !)


Comme je le mentionne dans le titre de cette critique, assurez-vous de lire X-Men : Red #6 avant A.X.E. : Judgment Day #4 (dont je vous parlerai demain) car cet épisode justifie l'état d'un  personnage majeur dans l'event. Al Ewing avait promis le mois dernier une sorte de match retour au carnage perpétré par Uranos sur Arakko e,t avec Stefano Caselli, il tient sa promesse. Avec panache.


Absente lors de l'attaque contre Arakko, Tornade est de retour sur le terrain, résolue à se faire pardonner en détruisant ce qui reste de l'arsenal laissé derrière lui par l'Eternel.


Cependant, Magneto résiste toujours de son côté lorsqu'il reçoit le renfort de Sunspot en compagnie du Roi Pêcheur et de Sizia. Ce trio restaure à cette occasion une formation oubliée d'Arakko.


En effet, les Sièges de la Nuit étaient composés comme une sorte de cabinet de l'ombre, conseillant le Grand Cercle avant que Genesis, sous l'influence d'Annihilation, le le dissolve.


Aujourd'hu, cette instance va guider la réplique arakki. Et Tornade rejoint Magneto pour mener cette contre-offensive avec une cible toute désignée : Uranos.

C'est, peut-être (on le verra à la fin de l'event), ce qui fera la différence entre A.X.E. : Judgment Day et d'autres events Marvel : la complémentarité entre l'intrigue centrale et ses tie-in. De ce point de vue, les titres X ont parfaitement joué le jeu, et X-Men : Red le premier.

Pour mieux apprécier l'ampleur du massacre commis par Uranos, le précédent épisode formait une addition parfaite au premier numéro de l'event. Il convient à présent d'absolument lire X-Men : Red #6 avant Judgment Day #4 pour comprendre le sort d'un des acteurs majeurs de la nation X.

Magneto a survécu à l'assaut d'Uranos mais il est mal en point : l'Eternel lui a littéralement arraché le coeur et le maître du magnétisme ne tient debout qu'en utilsant son pouvoir à son maximum. Il lui faut encore lutter contre un monstre fait de plastique avec le renfort de Lodus et Xilo.

Mais cet épisode s'attache aussi au retour de Tornade sur Arakko : quand Uranos a frappé, elle se trouvait sur Krakoa, siégeant avec le Conseil, et elle s'en veut en considérant les dégâts. L'armée d'Uranos est toujours en train de dévaster son royaume et la résistance sur place s'affaire pour la contrer.

Ewing s'emploie à montrer les forces en présence et la difficulté à contenir l'arsenal éternel qui ravage Arakko. Le scénariste supprime quasiment tous les dialogues pendant une bonne partie de l'épisode pour s'appuyer sur une voix-off qui relate les positions des héros. Nova, Sunspot, Wrongslide, Khora,  sont aux avant-postes. Il y a aussi un astronaute humain en mission sur Mars qui sauve deux enfants arakki, ce qui confère au récit une touche plus normale, moins fantastique, et plus émouvante.

Lorsque Tornade rejoint Magneto et lui permet de subsister en lui fournissant une partie de son énergie électro-magnétique, la scène est magnifiquement mise en images par Stefano Caselli qui la transforme en un de ces moments épiques, bigger than life, jubilatoires. C'est aussi l'occasion pour les arakki d'apprécier la solidarité, l'esprit d'équipe, le sacrifice, le don de soi, dans une chorégraphie quasiment amoureuse. Si vous n'aviez jamais envisagé Tornade et Magneto comme un couple en puissance, vous changerez d'avis après cela (même s'il n'est pas sûr que Ewing concrétise cette union ensuite).

Il y a une richesse grisante dans ce chapitre qui embrasse avec panache l'envergure du conflit sans jamais oublier les personnages en route. On ressent parfaitement l'enormité de la tâche de ces arakki, de naissance ou d'adoption, face à une machine de mort effrayante, qui reste active même après le départ de son chef.

La narration capte aussi les nuances des sentiments d'un large casting, sans oublier personne : on assiste à la réusrrection d'Abigail Brand sur Krakoa (et peut-être que là, par contre, cela aura des conséquences par la suite car ce faisant, elle est redevable aux mutants qu'elle trahit par ailleurs en s'étant alliée à Orchis ou en reformatant le SWORD). On voit aussi Wiz-Kid et Cable déambuler en apesanteur dans la station du SWORD et Cable réclame à Wiz-Kid des explications sur les manigances de Brand.

Mais le climax de l'épisode se trouve dans l'effort fourni par Ewing pour apporter des pierres à l'édifice mythologique d'Arakko. Le scénariste a bien l'intention de faire de ce peuple autre chose qu'un supporting cast pour quelques X-Men exilés sur l'ex-planète Mars. On apprend donc les origines et l'évolution des Night Seats, une sorte de shadow cabinet, en marge du Grand Cercle d'Arakko, formés par trois sages. Durant la longue histoire d'Arakko et au gré des humeurs de Genesis, notamment quand elle subit l'influence d'Annihilation, ces trois sages furent congédiés et leur comité dissous.

Le Roi Pêcheur, qui en fit partie, a instruit Sunspot à leur sujet et il convoque Sizia pour le compléter. Ce secret bien gardé resurgit au plus fort de la crise et si cela contrarie d'abord Magneto, qui aurait aimé être dans la confidence (surtout après lui avoir ouvert la porte de son palais), il l'accepte vite car l'heure n'est pas au refus des alliances.

Srefano Caselli fournit un travail remarquable. Son trait expressif permet de savourer les émotions qui traversent les héros au coeur de la tempête tout en nous gratifiant d'images spectacualires. Il faut en profiter puisque l'artiste va prendre congé de la série au moins jusqu'en Décembre (il va illustrer le retour de l'héroîne de la série Hack/Slash écrite par Tim Seeley dans l'anthologie Image ! pour le 30èe anniversaire de l'éditeur indépendant).

X-Men : Red est une sacrée bonne série, qui conserve un niveau exceptionnel même en devant marcher dans les pas d'un event.

jeudi 8 septembre 2022

IMMORTAL X-MEN #6, de Kieron Gillen et Lucas Werneck - A.X.E. : JUDGMENT DAY TIE-IN

 

Après deux précédents épisodes plutôt réussis (consacrés à Exodus et Emma Frost), Immortal X-Men pique à nouveau un peu du nez. Toujours en liaison avec l'event Judgment Day (l'action se situe après le 3ème numéro), ce chapitre se penche sur le cas de Sebastian Shaw. Kieron Gillen perd beaucoup de temps avant d'en arriver au coeur du sujet. Et Lucas Werneck, de retour, livre une copie moyenne.


Le Conseil de Krakoa est réuni. Plusieurs de ses membres ont été jugés par le Progéniteur, mais tous ne sont pas disposés à révéler s'ils ont passé le test avec succès ou pas. Sebastian Shaw prend la parole.


Shaw part pour New York avec l'objectif de protéger son business et de sauver sa peau à tout prix. C'est alors qu'il est jugé par le Progéniteur se manifestant sous la forme d'Emma Frost. Il échoue au test.
 


Reconnu pour ses talents de négociateur, le Roi Noir du Club des Damnés part pour New York afin de négocier avec un représentant des Eternels, Eros/Starfox, récemment sorti de sa prison.


En attendant de savoir ce que leurs communautés pensent de leurs palabres, Shaw se rend dans la cave du Club des Damnés de New York et y invoque une puissante alliée...

Pour Kieron Gillen, Immortal X-Men à l'heure de Judgment Day représente une occasion d'ausculter le Conseil de Krakoa en temps de crise. C'était déjà le cas avant cet event, me direz-vous et vous n'aurez pas tort, mais désormais le gouvernement mutant est sur les charbons ardents et cela permet de révéler le caractère profonde de chacun. Pour un peu, on souhaiterait que cette situation perdure afin que l'intensité de la série soit conservée.

C'est pourquoi je me demande si, une fois tous les membres du Conseil examinés par la série, Immortal X-Men aura encore une raison d'exister. Il restera bien encore des intrigues de palais à inventer pour le scénariste, c'est certain, mais la formule qui veut qu'à chaque épisode il se penche sur un personnage différent risque quand même d'être difficile à tenir sur le long terme. Et c'est pour cela que je pense m'arrêter au n°12 quand l'intégralité de la table aura été examinée.

Pour l'heure, ce n°6 est consacré à Sebastian Shaw. Dans son run sur Marauders, Gerry Duggan en avait fait un personnage plus tordu et détestable que jamais, mais qui essuya des revers cinglants après avoir tenté de tuer Kitty Pryde et de doubler Emma Frost.

Gillen suit en cela Duggan : Shaw est donc le personnage qu'on adore détester par excellence. Mais Gillen veut tout de même essayer de nuancer cela en sondant le passé de Shaw au moment où les mutants sont jugés par le Céleste. Et disons que ça fonctionne moyennement.

Souvent, cela revient à chercher sinon des excuses du moins une justification au comportement d'un salaud. Ici, en deux flashbacks lourdingues, on apprend que Sebastian était méprisé déjà enfant par son père, un affairiste en difficulté, et que, devenu adulte et richissime, Sebastian s'était recueilli sur la tombe paternelle en montrant avec orgueil qu'il avait réussi contre toute attente et ne s'arrêterait pas là.

Bon, était-ce bien nécessaire ? A mon avis, non. C'est grossier, manichéen au possible, on s'en fiche complètement. Quand Gillen est le plus juste, c'est précisèment quand il ne cherche pas à expliquer Shaw autrement que ce qu'il a toujours profondément été : un businessman et un négociateur. Pour le pouvoir et l'argent, il est prêt à tout car il sait que cela assurera sa survie, même si la Terre est détruite par un Céleste. Shaw veut récupérer son trône, être le Roi Noir du Club des Damnés, quelqu'un qui compte au sein du Conseil de Krakoa, ou sinon il est prêt à s'allier avec quiconque lui permettra de s'en tirer (Orchis ou la mystérieuse entité qu'il convoque à la fin de l'épisode).

Plutôt que nous infliger un trop long début d'épisode avec Destinée ou les débats du Conseil de Krakoa et les cachotteries de ceux qui ont déjà passé le test du Céleste, Gillen aurait gagné à aller droit au but et à développer le dialogue, ici à peine effleuré, entre Shaw et Eros par exemple.

Lucas Wernneck revient donc dessiner la série. Entretemps, le jeune artiste brésilien vient d'être inclus par Marvel dans la promotion 2023 des "stormbreakers", ces talents sur lesquels l'éditeur mise pour l'avenir (il est entouré ce Martin Coccolo, Elena Casagrande, Nic Klein, Jan Bazaldua, C.F. Villa, Chris Allen et Federico Vicentini).

Malgré tout, je continue de trouver Werneck très moyen. Il ne sait pas composer une image correctement, ses enchaînements sont maladroits, il ne varie quasiment ses angles de vue, son découpage est mou. 

Qu'il s'agisse d'animer une scène d'action (le jugement d'Exodus) ou un dialogue avec une tablée de personnages, on a l'impression dérangeante qu'il pose d'abord les personnages puis qu'il cadre ensuite au petit bonheur la chance en espérant que cela formera une page correcte. Sauf que c'est tout le contraire : on a plutôt le sentiment de voir des acteurs surjouer dans un théâtre, impression renforcée par la voix-off qui commente l'action et en souligne le peu d'impact dramatique.

Werneck préfère ostensiblement dessiner de jolies femmes, mais narrativement c'est d'une pauvreté accablante. Et si c'est sur des dessinateurs comme lui (ou Bazaldua) que mise Marvel, ça ne sent pas bon (même si Klein  Coccolo, Casagrande sont bien supérieurs).

Le mois prochain, j'espère que l'épisode consacré à Diablo ( Nightcrawler) fera honneur à l'elfe (même si je ne me fais pas trop d'illusions, étant donné que personne - excepté Rainbow Rowell dans She-Hulk - ne semble se souvenir du personnage tel que l'avait créé Dave Cockrum).

jeudi 1 septembre 2022

X-MEN #14, de Gerry Duggan et C.F. Villa - A.X.E. : JUDGMENT DAY TIE-IN


Deuxième épisode d'affilée à être lié à l'event Judgment Day, X-Men 14 s'en détache pourtant assez nettement puisqu'il faut attendre les ultimes pages pour avoir une scène en rapport avec la saga de Kieron Gillen. Gerry Duggan s'attache surtout à deux mutants qu'il aime visiblement beaucoup, aidé par le dessinateur C.F. Villa, mais le résultat est très contrasté.


Des extraterrerstes pensant toujours que la Terre est mise à prix par Cordyceps Jones tentent de la détruire en provoquant une éruption solaire. Prévenue par Cyclope, Jean Grey organise la riposte.


Iceberg créé en orbite un bouclier de glace pour intercepter les jaillessement solaires en s'alignant sur les trajectoires prévues par Forge. L'impact est amorti mais tout n'est pas réglé.


Firestar doit ensuite faire fondre les blocs de glace qui menacent de s'effondrer sur des zones habitées. Revenu sur la terre ferme, Iceberg en profite pour passer un message grâce à une journaliste.


Cyclope se rend au Pôle Nord pour défier le Progéniteur et lui dire qu'il n'accepte d'être jugé que par une personne : Jean Grey. Troublé, le Céleste déclare Scott Summers digne de vivre.

A lui seul; cet épisode pourrait facilement résumer tout ce qu'on aime chez Gerry Duggan en pointant aussi ses maladresses, notamment dans la manière d'écrire les X-Men. Mais avant d'en arriver là, un mot sur le lien de X-Men #14 avec A.X.E. : Judgment Day.

Pour être tout à fait honnête, en dehors du fait qu'on voit les X-Men défendre Krakoa contre les Hex (et ce bien que l'Ancêtre leur ait ordonné de se retirer de l'île dans Judgment Day #3), et des trois dernières pages, on a le sentiment très net que Gerry Duggan a fait le mnimum syndical pour rappeler que sa série est impactée par la saga actuelle.

En effet, que lit-on ? Une histoire auto-contenue sur des pirates de l'espace qui croit toujours que la destruction de la Terre est l'objet de paris sur Gameworld et qui, pour empocher le jackpot, provoque une éruption solaire supposée détruire notre planète. Sans qu'on sache comment, Cyclope et Magik sont au courant et déboulent dans le vaisseau de ces gredins pour les neutraliser, mais pas assez vite car ils ont déjà largué une bombe dans l'étoile.

Jean Grey est avertie par Cyclope de la situation et organise une parade à cette catastrophe. C'est alors l'occasion pour Duggan de mettre sur le devant de la scène un de ses mutants favoris, nouvellement intégré aux X-Men, Iceberg. Enfin... "Nouvellement", c'est une façon de parler puisque Bobby Drake a été un des cinq membres originaux de la formation. Mais disons que depuis le dernier Hellfire Gala, il fait à nouveau partie de l'équipe vedette.

Malgré son ancienneté et sa puissance (c'est un mutant oméga), Iceberg n'a que rarement été exploité à sa juste mesure. Il a fallu que Brian Michael Bendis en fasse un mutant gay pour qu'à nouveau il soit au centre des discussions. Un choix discutable (et discuté) depuis All-New X-Men puisque, à la même époque, dans Wolverine & the X-Men (de Jason Aaron), Bobby embrassait goûlument Kitty Pryde et était courtisé par la Shi'ar Warbird sans compter qu'il sympathisait sans ambiguïté avec Firestar.

Perso, ça ne me gêne absolument pas que Iceberg soit gay, mais encore faut-il que ça soit logiquement expliqué - ce qui n'est pas le cas chez Bendis qui semble avoir décidé cela dans son coin et pour des raisons d'inclusivité. Toutefois est-il que les auteurs depuis, sans doute sur ordre de l'éditeur, ont confirmé ce choix et cela aboutit parfois à des moments particulièrement lourdingues.

C'est le cas ici. Si Duggan met en scène de manière vraiment formidable Iceberg dans toute sa puissance avec des scènes spectaculaires, quand il s'agit de faire passer un message sur l'homosexualité du personnage et le fait qu'être mutant et gay, c'est une sorte de double peine, à l'arrivée, c'est grotesque. On a droit à une data page reproduisant la déclaration que Bobby Drake fait à une journaliste dans laquelle il dit les difficultés qu'il a eu à assumer sa "mutanité" et son homosexulaité, mais qu'il est maintenant en paix avec ça et veut devenir un exemple aussi bien pour les mutants que pour que les homos.

Avait-on vraiment besoin de ça ? Encore une fois, que Iceberg soit gay m'indiffère (même si je trouverai toujours ça artificiellement imposé au personnage). Mais cette insistance à l'écrire comme le mutant gay qui se pose en défenseur LGBTQ+ et qui dresse un parallèle entre être mutant et être homo, je trouve ça d'une lourdeur, d'une maladresse effarantes. C'est aussi peu subtil que lorsque les acteurs de cinéma ou de télé faisaient la folle pour camper un gay. Tous les homos ne se baladent pas avec un drapeau arc-en-ciel sur les épaules, ils s'en fichent, ils veulent juste ne pas être insultés, réprimés, respectés. Il me semble que c'est là une façon de s'exprimer très américaine en soulignant le genre, l'orientation sexuelle, la race : tu n'es plus noir, tu est afro-américain, tu n'es pas homo, tu es LGBTQ+, tu n'es pas gros, tu as une surcharge pondérable. Comme disait Desproges (ou Coluche ?), tu n'es pas con, tu es non-comprenant.   

C'est dommage parce qu'à la fin de l'épisode, Duggan fait tout le contraire et réussit une scène simple, intense, puissante, et là tout à fait connectée à Judgment Day avec Cyclope et le Progéniteur. Un vrai truc qui claque, qui est parfaitement juste, désarmant, d'une adresse formidable. Une de ces scènes qui rendent Cyke vraiment cool. Sans avoir besoin d'écrire ça en caractères gras.

Visuellement, C.F. Villa achève son intérim sur la série en beauté. Naturellement doué pour l'action, le dessinateur s'éclate avec un épisode qui, comme le précédent, multiplie les scènes décapantes, avec un rythme soutenu.

Villa n'est pas l'artiste du siècle, et on peut comprendre que Marvel préfère miser sur un de leurs "stormbreakers", Joshua Cassara, pour illustrer X-Men. Pourtant, Villa ne démérite pas, il a eu deux épisodes et il a envoyé du bois, on sent qu'il a pris du plaisir et la lecture a été jubilatoire. Il mérite vraiment sa chance sur un titre sur lequel il resterait plus longtemps (mais, qui sait, il reviendra peut-être vite car Cassara ne me paraît pas capable d'enchaîner beaucoup d'épisodes).

Voilà pour ce tie-in bancal, parfois ballot, parfois brillant, dessiné avec panache. Le prochain numéro renouera avec les aventures des X-Men hors Judgement Day et le retour des Enfants de la Voûte...