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lundi 6 novembre 2023

UNCANNY X-MEN, TOME 6 : LE PROCES DE HENRY McCOY, de Brian Michael Bendis, Mahmud Asrar, Sara Pichelli, Chris Bachalo, Stuart Immonen, Kris Anka, Frazer Irving et David Marquez


Il est 22 heures 03, ce lundi 6 Novembre 2023, et je termine cette rétrospective sur les X-Men par Brian Michael Bendis avec cette troisième critique en une journée ! Le Procès de Henry McCoy est donc à la fois le sixième tome d'Uncanny X-Men et la fin du run du scénariste sur les titres mutants. On y trouve donc l'épisode 32 dessiné par Chris Bachalo, les 33-34 dessinés par Kris Anka, le 35 dessiné par Valerio Schiti et le 600 dessiné par Sara Pichelli, Mahmud Asrar, Stuart Immonen, Kris Anka, Chris Bachalo, Frazer Irving et David Marquez.


De retour à leur QG après la lecture du testament de Charles Xavier, Emma Frost, Magik et Cyclope réunissent leurs recrues. Scott leur annonce qu'ils poursuivront leur apprentissage à l'école Jean Grey. Magik entraîne alors Kitty Pryde ailleurs tandis que les esprits s'échauffent. Fabio Medina assomme Cyclope car, comme Hijack, il s'estime trahi par leur mentor. Revenu à lui, Cyclope a une discussion franche avec Emma au sujet de leur relation et ils se séparent. Havok rend visite à son frère, seul désormais, et le questionne sur sa révolution puis lui suggère d'en faire quelque chose de positif et inattendu.


Magik a emmené Kitty sur l'île aux monstres pour y récupérer un mutant. Elles gagnent une grotte où elles trouvent Bo, une fillette abandonnée là par son père et pourvue de pouvoirs lumineux. Magik la dépose à l'école Jean Grey où elle est prise en charge. Puis elle avoue à Kitty être heureuse de leur réunion. Kitty, elle, pense qu'il leur faut maintenant se réconcilier avec Colossus.


Dazzler obtient de Maria Hill l'accès au dossier de Mystique qu'elle accepte de livrer au SHIELD en échange de l'impunité pour les Uncanny X-Men. Une semaine plus tard, Mystique est arrêtée à Madripoor. Dazzler fête ça en se produisant sur scène tandis que, dehors, les recrues des Uncanny X-Men profitent du show tout en décidant de désobéir à Cyclope et de ne pas entrer à l'école Jean Grey.


Au lieu de ça, ils interviennent en tant qu'équipe pour neutraliser la mutante Animax. Ce fait d'armes leur vaut une popularité immédiate, notamment pour Fabio Medina/Godlballs. Mais pris à parti par des anti-mutants, il est gravement blessé. Triage le sauve et l'équipe reconnaît qu'ils ont besoin d'être formés et donc d'intégrer l'école Jean Grey.

Ces trois épisodes sont en apparence anecdotiques mais en grattant, on comprend pourquoi, au final, Uncanny X-Men est plus réussi que All-New X-Men. La gestion des personnages, les story-arcs, l'intensité des relations entre les héros, leurs adversaires (qui sont eux-mêmes en vérité), tout ça est bien plus inspiré et tenu.

Cela peut surprendre car Brian Michael Bendis s'est souvent montré à son avantage en animant des séries sur de jeunes héros, comme Ultimate Spider-Man. Mais il faut bien reconnaître qu'il a été maladroit avec les jeunes X-Men amenés à notre époque, en favorisant trop le personnage de Jean Grey dont il a fini par faire une insupportable gamine intrusive et en nouant autour d'elle des changements incongrus comme sa romance avec le jeune Hank McCoy, ou la révélation absurde de l'homosexualité de Bobby Drake, même si à côté il a été plus touchant avec la liaison de Angel et X-23 et les tourments du jeune Scott Summers.

Avec Uncanny X-Men, il n'est pas tombé dans ces pièges car il a articulé sa série autour des quatre personnages les plus impactés par Avengers vs X-Men (quand bien même il manque à l'appel Colossus et Namor). Avec Cyclope, Emma Frost, Magik et Magneto, il tenait quatre protagonistes au fort caractère mais cassés par leur expérience avec le Phénix et qui étaient obligés de vivre clandestinement tout en recrutant des élèves.

Des héros clandestins, ça rappelle bien sûr la meilleure période de New Avengers, post-Civil War quand Luke Cage et tous ceux qui refusaient le registration act de Iron Man prirent le maquis puis furent traqués par les Dark Avengers de Norman Osborn/Iron Patriot jusqu'à Siege. Dans ce registre, Bendis excelle à décrire des justiciers tiraillés entre leur envie de faire le bien et la nécessité de ne pas se faire prendre, en permanence menacés par des représentants de la loi.

A cela, il a associé des menaces variées et efficaces, souvent spectaculaires, avec des gimmicks accrocheurs et mystérieux jusqu'à ce qu'ils décident de les résoudre, comme le Fauve Noir et ses super-Sentinelles, Mystique, Maria Hill et le SHIELD, le mutant oméga Matthew Malloy, Dormammu, etc. Les recrues de Cyclope et compagnie offraient des profils tout aussi divers et même si certains ont ensuite disparu des radars (comme Hijack, Benjamin Deeds, Triage), d'autres ont su perduré (comme Eva Bell, devenu une des Cinq de Krakoa au même titre que Goldballs, désormais Egg).

Chris Bachalo a signé beaucoup d'épisodes, tous visuellement très puissants et soignés. Malheureusement, Marvel ne lui a jamais trouvé de suppléants dignes de ce nom, ou plutôt a fait des choix discutables en ne conservant pas Frazer Irving, Marco Rudy ou en installant Mike Del Mundo à la place du médiocre Kris Anka. Cela se confirme encore ici où Bachalo signe l'épisode 32, magnifique, tandis que Anka enchaîne avec les 33 et 34 sans saveur au plan esthétique, avant que Valerio Schiti ne relève le niveau pour le 35.

Mais, à présent, passons à la fin du run proprement dite, avec l'épisode 600, un numéro double avec quelques guests de poids et une série de scènes qui bouclent dignement la boucle.


Les jeunes X-Men sont à nouveau au complet maintenant que Scott est revenu de son périple dans l'espace aux côtés de son père. Jean estime que le groupe a besoin de repos. Hank s'éloigne et elle rattrape pour lui confirmer ses sentiments et ils s'embrassent tandis que Scott les observe de loin.


Dans l'école Jean Grey, le Fauve est convoqué par Tornade et il est surpris en voyant tous les X-Men, étudiants compris, l'attendre. Mais il comprend vite que ses amis veulent qu'il réponde de ses actes qui, depuis longtemps, divisent la mutantité. Lui répond qu'il a tout fait, au contraire, pour éviter une catastrophe après le passage du Phénix. Le ton monte, il tourne les talons.


C'est alors qu'à la télé une allocution en direct du Capitole à Washington détourne l'attention des X-Men. Cyclope s'adresse aux journalistes à une foule de curieux en expliquant que son projet révolutionnaire est de remédier à la division entre les mutants et surtout à restaurer l'idéal de Charles Xavier, la cohabitation entre homo sapiens et homo superior. Magneto se joint à lui, fier qu'il embrasse l'utopie de leur ami commun.
Plus tard, dans la soirée, Eva Bell surgit dans le laboratoire du Fauve et lui explique ses voyages dans différentes lignes temporelles où on exigeait d'elle qu'il y ait un procès contre lui. Mais Hank McCoy refuse d'en entendre davantage. Eva s'éclipse et le Fauve quitte l'école Jean Grey.

C'est donc une brillante conclusion qu'écrit là Bendis. Une sorte de synthèse intelligente et nuancée, même si, en vérité, c'est aussi à partir de là qu'il aurait pu (dû ?) enchaîner avec une série X-Men (adjectiveless) sur la grande réunion mutante et la suite du parcours du Fauve moderne. S'il n'y avait eu Secret Wars, l'event de Jonathan Hickman et Esad Ribic qui mit au pas tout l'univers Marvel pendant de nombreux mois et redistribua les cartes à la fin.

Mais avant d'en dire plus, comment en est-on arrivé à ce 600ème épisode ? J'ai fait les comptes : le premier volume d'Uncanny X-Men a compté 544 épisodes, le deuxième 20 et celui-ci, le troisième, 35, ce qui donne 599. + 1 = 600. 

Pour encore mieux situer cet épisode, il arrive chronologiquement donc après All-New X-Men 41, Uncanny X-Men 35, X-Men 26 et Amazing X-Men 19.

Les pages avec les All-New X-Men sont dessinées par Stuart Immonen, qui, comme d'habitude, fait un superbe boulot. Celles du "procès" sont signés Sara Pichelli, très bien. Chris Bachalo se charge de la scène du Capitole avec le discours de Cyclope, impeccable. David Marquez signe quelques autres planches du "procès". Kris Anka met en images les retrouvailles de Kitty, Magik et Colossus, bof. Mahmud Asrar hérite de la scène la plus gênante où les deux Iceberg discutent de leur sexualité (avec les propos de Bobby adulte qui explique ne jamais avoir réfléchi s'il était gay car accaparé par ses missions en tant qu'X-Man... Mon Dieu !). Et enfin Frazer Irving ferme le ban avec l'échange entre Eva Bell et le Fauve.

Tout ça est fort beau (sauf Anka). Et surtout j'ai toujours trouvé ça chouette que les artistes présents au début d'une série reviennent passer pour le final, donc c'est extra de relire une dernière fois du Immonen, du Bachalo...

Bendis, en dehors donc de la scène avec les deux Iceberg gay/pas gay (ou je sais pas, faut que je réfléchisse... Mais bon sang, ce que c'est naze !), écrit des moments touchants, nuancés, et intenses. Parmi ses meilleurs, tous titres confondus. Après ça, All-New X-Men aura droit à deux autres volumes (par Dennis Hopeless et Mark Bagley puis Cullen Bunn et Jorge Molina & RB Silva). Uncanny X-Men attendra plus longtemps pour revenir, avec un run écrit surtout par Matthew Rosenberg et dessiné par Salvador Larroca, juste avant la révolution initiée par Jonathan Hickman, Pepe Larraz et RB Silva avec House of X/Powers of X.

J'espère que ce retour en arrière sur une période controversée mais intéressante, atypique, des mutants vous aura plu et motivé pour la (re)découvrir. 

samedi 4 novembre 2023

ALL-NEW X-MEN, TOME 6 : UN DE MOINS, de Brian Michael Bendis, Stuart Immonen, Sara Pichelli et David Marquez


Ce sixième tome de All-New X-Men est l'antépénultième de la série écrite par Brian Michael Bendis. C'est également dans cet album que l'on peut admirer une dernière fois le travail époustouflant de Stuart Immonen qui quitte le titre au #29. Avant cela, pour l'épisode 25, David Marquez ouvre les festivités avec à sa suite un cortège d'invités prestigieux. Et Sara Pichelli clôt le bal au n°30.


Le Fauve a du mal à dormir cette nuit-là. Un intrus dans sa chambre le tourmente au sujet de ses récentes actions et en particulier le fait qu'il a déplacé dans le temps les cinq premiers X-Men, déclenchant par là un bouleversement profond dans le continuum espace-temps. Qui pourrait aussi condamner les mutants à un avenir terrible ou radieux...


Loin de là, dans le QG des Uncanny X-Men, Jean Grey a également une nuit agitée et se réveille en sursaut. Cyclope qui passait par là entre dans sa chambre et elle se confie sur l'évolution de ses pouvoirs, son récent voyage dans l'espace, le départ de Scott avec les Starjammers. Au matin, Angel voit partir X-23 et tente de la retenir mais elle persiste. S'enfonçant dans la forêt, elle est attaquée et blessée. Quand elle revient à la base, elle s'effondre et prévient les autres qu'un métamorphe se cache parmi eux : la Confrérie des Mauvais Mutants du futur est de retour.
 

Dans le futur, Mystique accouche du fils qu'elle a eu avec Charles Xavier et l'abandonne. Adolescent, il tue accidentellement sa mère en découvrant ses pouvoirs psychiques. Puis il retrouve son demi-frère, Raze, fruit de l'union de Wolverine et Mystique. Ce même Raze, de nos jours, a pris l'apparence de X-23 et blesse Triage. La Confrérie des Mauvais Mutants pénètre dans le QG des Uncanny X-Men et le fils de Xavier neutralise tout le monde par une attaque télépathique.


Seuls Cyclope, Emma Frost et Jean Grey résistent à cet assaut mais Jean est agressée sur le plan astral par le fils de Xavier. Dans le futur, il guérit le Fauve de sa folie et conçoit avec lui une machine à remonter le temps grâce à laquelle avec Deadpool, Iceberg, Molly Hayes, Xorn, et Raze, il compte éliminer les premiers X-Men. X-23, rétablie grâce à son facteur régénérateur, revient au QG, prête à en découdre.


X-23 permet aux X-Men de reprendre le dessus sur la Confrérie tandis que Xavier affronte Jean sur le plan astral. Blessé par X-23, il fuit mais ne va pas bien loin. Le SHIELD embarque la Confrérie qui, dans le futur, reçoit une lettre leur indiquant comment se débarrasser des X-Men. Angel emmène X-23 se détendre en ville.


Tandis que Angel et X-23 passent la nuit ensemble en ville, Emma Frost décide d'entraîner Jean Grey à contrôler ses pouvoirs. La jeune fille se prête à l'exercice à contrecoeur et les autres recrues des Uncanny X-Men observent la scène avec appréhension. Mais sont aussi étonnés que soulagés quand Emma et Jean finissent par s'enlacer en rigolant. Sur ces entrefaîtes, le Blackbird des X-Men de l'école Jean Grey atterrit pour que Cyclope les suive afin d'assister à la lecture du testament de Charles Xavier.

Comme vous pouvez le constater, ce tome se termine pratiquement sur la même scène que le tome 4 d'Uncanny X-Men avec Cyclope qui est convoqué à la lecture des dernières volontés de Charles Xavier. On peut au moins apprécier la manière dont Brian Michael Bendis synchronise ses deux séries.

Mais avant cela, cet album s'ouvre sur le 25ème épisode de la série. On peut sourire au fait que désormais les éditeurs fêtent comme un événement qu'une série arrive à 25 numéros, mais on notera surtout que cela relève d'une manie à relancer fréquemment des titres plutôt de laisser leur numérotation intacte. Qui plus est, ce n'est pas 25 épisodes étalées sur autant de mois puisque All-New X-Men sortait pratiquement deux fois par mois, donc il s'est passé finalement peu de temps depuis son lancement.

Bref, Marvel a permis à Brian Michael Bendis d'organiser une sorte de fiesta. Mais celle-ci a un drôle de goût puisqu'elle repose sur une nuit agitée pour le Fauve moderne à l'école Jean Grey. Il reçoit la visite, comme on le découvre à la fin de ce chapitre plus long qu'à l'ordinaire, de Uatu le Gardien, venu le tourmenter. Comme d'habitude, cet observateur qui prétend ne jamais interférer avec les humains ne peut s'empêcher de les tracasser activement.

Toutefois, ce qui suit n'est pas anodin et éclaire d'un jour intéressant ce que le Fauve est devenu depuis un moment et n'a cessé d'être depuis. Que ceux qui pestent contre son traitement durant l'ère de Krakoa où il a carrément sombré pour devenir un fou furieux relisent cet épisode et même d'autres arcs narratifs avant. Cela fait en vérité des années que Hank McCoy déconne franchement, en voulant remédier à l'extinction des mutants durant Messiah Complex (où il a demandé de l'aide à des gens peu recommandables) ou en déplaçant les premiers X-Men à notre époque.

Bendis brosse un tableau assez exhaustif de cette dérive en montrant où elle pourrait mener les mutants, soit vers un avenir très sombre, soit un futur plus radieux. David Marquez signe les premières pages de l'épisode avant que ne lui succèdent des artistes aussi variés que Bruce Timm, David Mack, Skottie Young, Robbi Rodriguez, Lee Bermejo, Kent Williams, Art Adams, J.G. Jones, Ronnie del Carmen, J. Scott Campbell, Marie Wicks, Jason Shiga, Dan Hipp, Max Wittert, Jake Parker, Jill Thompson, Paul Smith !

Puis la série reprend son cours avec un arc qu'on peut diversement apprécier, selon qu'on a aimé ou pas la Confrérie des Mauvais Mutants du futur apparue dans X-Men : Battle of the Atom. A la fin de ce crossover, un de leurs membres (Xorn alias Jean Grey) périssait mais le fils de Charles Xavier, Raze, Iceberg et le Fauve disparaissaient en profitant de la confusion créée par l'intervention du SHIELD.

Les revoilà donc pour terminer ce qu'ils avaient entrepris : se débarrasser des premiers X-Men qu'ils jugent coupables de leur futur apocalyptique. Faute de les avoir renvoyés à leur époque, ils sont déterminés cette fois à les tuer. Et ils ne font pas de quartier.

Si je n'avais pas aimé Battle of the Atom, j'ai en revanche bien aimé lire cet arc en huis clos qui a une belle intensité et des éclairs de violence remarquables. L'affrontement est sans merci et pousse les deux camps dans leurs retranchements. Bendis réussit à caser des scènes fortes comme lorsque Triage, le guérisseur, se rend compte qu'il peut ressusciter ou que Jean fait jeu égal avec le fils de Xavier dans le plan astral. X-23 a aussi l'occasion de briller alors que le crossover avec les Gardiens de la Galaxie l'avait vue noyée dans une masse de personnages.

Et puis Bendis écrit un moment d'une belle subtilité au tout début, avant que les hostilités ne démarrent, entre Cyclope et Jean Grey. La jeune fille se confie à la version adulte de Scott Summers et on sent un trouble s'emparer d'elle en même temps qu'une gêne chez son interlocuteur qui ne profite pas de la situation. On peut reprocher bien des choses à Bendis, mais pas de louper ce genre d'échange, ô combien casse-gueule.

Les quatre épisodes de l'arc One Down (Un de moins en vf) sont donc dessinés par Stuart Immonen qui achève là son passage sur la série. En relisant ces numéros à l'occasion de cette rétrospective, je me suis rappelé la joie de lire des planches d'Immonen chaque mois alors, et je reste nostalgique de cette période où on pouvait se régaler avec le travail de l'artiste canadien, un des meilleurs dans son domaine. Pourquoi ne produit-il plus de monthly comics ? On peut admettre qu'il ait beaucoup donné et souhaite désormais de préserver, mais il n'a que 63 ans et c'est terriblement frustrant.

L'épisode 30, qui conclut ce tome, est dessiné par Sara Pichelli et c'est joliment fait. Elle hérite d'un numéro calme et elle s'y investit avec raffinement. Quel gâchis de voir ce qu'elle est devenue depuis...

Une page se tourne donc et quelque part, je crois que Bendis aurait dû en rester là avec All-New X-Men tant les deux derniers tomes sont en deçà. Mais ça, on reparlera dans de prochains articles...

vendredi 3 novembre 2023

ALL-NEW X-MEN, TOME 5 : LE PROCES DE JEAN GREY, de Brian Michael Bendis, Stuart Immonen, Sara Pichelli et David Marquez


Paru en 2014, les six épisodes de ce tome 5 concernent en réalité comme la couverture l'indique le deuxième crossover impliquant All-New X-Men après Battle of the Atom. Cette fois, Brian Michael Bendis organise la rencontre entre les X-Men originaux et Les Gardiens de la Galaxie, autre titre qu'il signait alors. On trouve donc les épisodes 22 à 24 de All-New X-Men tous dessinés par Stuart Immonen et les épisodes 11 à 13 de Guardians of the Galaxy dessinés par Sara Pichelli (avec Immonen pour le 12 et David Marquez pour le 13).
 

Après un échange tendu avec Scott sur sa relation amoureuse avec Hank McCoy et l'impact de celle-ci sur leur groupe, Jean Grey est enlevée par un commando Shi'ar malgré l'intervention de Kitty Pryde et des autres jeunes X-Men. Peu après, le vaisseau des Gardiens de la Galaxie (avec Star-Lord, Gamora, Drax, Groot, Rocket Raccoon et Angela) atterrit devant le QG des Uncanny X-Men.


Plusieurs dirigeants galactiques sont réunis à l'initiative de Gladiator, en charge de l'empire Shi'ar. Il a appris que Jean Grey était de retour et il craint que cela n'aille avec le retour du Phénix, donc avec la destruction de mondes habités. Il convainc ses partenaires de la capturer et de la juger pour ses crimes potentiels. Les Gardiens de la Galaxie interceptent cette discussion et décident d'éviter un drame.


Avec les jeunes X-Men, les Gardiens partent sauver Jean Grey retenue sur Chandilar, le monde -trône des Shi'ar. Mais un croiseur de l'armée impériale tente de les intercepter. Les Starjammers leur viennent en aide et le jeune Cyclope découvre que son père, Corsaire, est toujours en vie à cette occasion. Oracle, membre de la garde impériale, explique à Jean ce qui l'attend pour son procès.


Tandis que Cyclope tente d'intégrer ce que représente le retour de son père dans sa vie et ce qu'encourt Jean, cette dernière est présentée par Gladiator à l'audience comme l'ancienne et future responsable d'abominations commises par le Phenix. J-son, le père de Star-Lord et dirigeant de Spartax, décide de défendre la jeune femme. La séance est interrompue et tandis que Gladiator et J-son s'espliquent, Jean en profite pour s'évader.


Grâce à Angela, un vaisseau Shi'ar est pris d'assaut par les Gardiens et les Starjammers et ainsi ils peuvent se poser sur Chandilar en trompant la vigilance de l'armée. Mais leur arrivée ne passe pas inaperçu bien longtemps et quand ils partent délivrer Jean, la garde impériale et Gladiator les attend, pensant qu'ils ont déjà récupéré la fugitive. Une bataille éclate.
 

Jean Grey resurgit pour faire cesser les hostilités en acceptant de plaider coupable à son procès. Mais avant de se présenter à nouveau devant la cour, elle interroge Gladiator sur la légitimité de la juger pour des crimes qu'elle n'a pas commis autrefois ni dans l'avenir. Oracle appuie ces arguments et Gladiator se résigne. Tout le monde est libre de quitter Chandilar mais Cyclope décide de repartir avec les Starjammers pour profiter de son père tandis que Kitty et Star-Lord promettent de rester en contact.

Quand il écrit ce crossover, Brian Michael Bendis est déjà depuis longtemps un des scénaristes vedettes de Marvel. On peut même affirmer que, pendant un temps, il en fut sinon le principal architecte, en tout cas l'auteur le plus prolifique : à son actif, il a le plus grand nombre d'épisodes rédigés pour le titre (New) Avengers, mais aussi un run acclamé sur Daredevil, un autre historique sur Ultimate Spider-Man (dont il dira toujours que c'est ce qu'il a préféré animer).

Lorsqu'il met fin à son passage sur la franchise Avengers, il surprend son monde en signant pour piloter la franchise mutante. En effet, depuis l'event House of M au terme duquel il se sert de Scarlet Witch pour décimer la population des X-Men, Bendis passe pour un scénariste qui n'aime pas ces personnages chéris des fans. Et pour ne pas calmer l'appréhension de tous, Marvel lui accorde le droit d'écrire deux titres : Uncanny X-Men et All-New X-Men qui se répondent.

Tout en continuant à produire des épisodes de Spider-Man : Miles Morales, Bendis hérite des Gardiens de la Galaxie, et là encore, ça ne fait pas plaisir à tout le monde, notamment ceux, bruyants sur les réseaux sociaux, qui ont érigé le run de Dan Abnett et Andy Lanning comme un modèle indépassable. Pourtant, Bendis va inspirer l'incarnation des héros de l'espace au MCU telle que la filmera James Gunn.

Il était alors inévitable que Gardiens et X-Men partagent une histoire et ce sera Trial of Jean Grey. Le pitch est très curieux : Jean Grey est accusée de crimes qu'elle n'a pas pu encore commettre puisque cette version de la jeune mutante est antérieure à celle qui sera l'hôte de l'oiseau de feu. Gladiator y tient donc un rôle particulièrement antipathique de procureur en monde Minority Report, mais en même temps les Shi'ar n'ont jamais brillé par leur empathie ni leur sens de la mesure.

Le rythme du récit est très soutenu et Bendis a sans doute fait en sorte que le lecteur ne puisse surtout pas trop cogiter au sujet des énormités de son intrigue. Par exemple, alors que Corsaire, alias Christopher Summers, avait trouvé la mort dans la saga Rise and Fall of the Shi'ar Empire de Ed Brubaker, le voilà qui resurgit en pleine santé et le scénariste justifiant cela par une pirouette.

Ce qui frappe aussi, c'est le nombre ahurissant jusqu'à l'absurde de personnages convoqués par Bendis en six épisodes : les 5 X-Men originaux + leur nouvelle recrue X-23, Kitty Pryde, les 6 Gardiens de la Galaxie (Bendis a dû incorporer Angela, création de Neil Gaiman récupéré par Marvel), les 5 Starjammers, et les innombrables membres de la garde impériale Shi'ar. N'en jetez plus, la coupe est pleine, elle déborde même !

Dans ces conditions, autant dire qu'aucun personnage ou presque n'a la possibilité de briller, d'exister même. Ici, tous sont des pantins dans une histoire déjà passablement farfelue résumée dans une baston finale presque comique tant le lecteur a du mal à distinguer qui est qui dans la mêlée. Mais ça, Bendis s'en fiche : il a désigné sa favorite depuis le début de son run sur All-New X-Men et c'est Jean Grey. A elle les meilleures scènes, les plus mémorables, les plus tranchantes, les plus décisives, jusqu'à une manifestation de ses pouvoirs encore inédite et troublante (un gimmick dans la série où il ne se passe jamais beaucoup de temps avant qu'elle ne se découvre un nouveau don).

Sans doute la meilleure manière d'apprécier ce récit est de ne pas le prendre trop au sérieux, d'en accepter d'emblée les grosses ficelles, la surpopulation, la résolution expédiée. Si vous aimez lire des épisodes remplies de rebondissements, de bastons, de héros costumés, c'est un régal, régressif certes, mais amusant. Sinon, ne cherchez pas, passez votre chemin. Ce n'est franchement pas fameux mais c'est rigolo.

Et c'est beau à lire. Surtout grâce à Stuart Immonen qui, reposé après avoir laissé filer quelques épisodes sur le tome précédent, revient plus remonté que jamais. Il lui faut de l'énergie pour mettre en scène ce défilé incroyable de personnages dans des décors aussi variés, et il ne déçoit jamais. Mieux même : comme Sara Pichelli est déjà essouflée sur l'épisode 12 des Gardiens, Immonen la supplée, et pas sur des planches faciles ou anodines.

Pichelli a du mal à enchaîner déjà à cette époque (et ça ira en empirant), donc David Marquez (qui l'a déjà remplacé sur Spider-Man : Miles Morales) va à son tour contribuer à achever l'épisode 13 des Gardiens.

Cette fin de crossover va quand même bousculer All-New X-Men, davantage, c'est un comble, que cette histoire de procès qui ne se tiendra pas. En effet, Cyclope décide de ne pas rentrer avec ses camarades sur Terre et de partir avec son père pour sillonner l'univers : Marvel a une idée derrière la tête et Greg Rucka avec un débutant nommé Russell Dauterman lanceront ensuite le titre Cyclops consacré aux aventures cosmiques du jeune Scott avec les Starjammers.

Le procès de Jean Grey qui avait donc débuté avec une engueulade entre Jean et Scott se conclut avec la séparation du couple emblématique des X-Men. De quoi impulser une nouvelle dynamique au titre qui va fêter en grande pompe son 25ème numéro. Mais ça, ce sera pour une prochaine critique.

SCARLET WITCH #10, de Steve Orlando et Sara Pichelli


And it's a wrap ! Scarlet Witch #10 est le dernier épisode de la série écrite par Steve Orlando qui, pour l'occasion, renoue avec la dessinatrice Sara Pichelli. Avoir tenu dix mois, c'est presqu'un exploit, mais ça ne suffira pas à effacer le gâchis qu'on ressent pour ce comic-book qui promettait tant au début et finit tristement.


C'est l'heure de vérité pour Wanda qui fait face à Hexfinder, la chasseuse de sorcières, dont le peuple a péri parce qu'il n'a pas été entendu par les magiciens quand il était menacé. Joseph a trahi Scarlet Witch qui l'avait pourtant recueilli. A quel prix ?


Quand la série Scarlet Witch a débuté en Janvier dernier, j'étais enthousiaste car Steve Orlando, pourtant pas un scénariste qui m'avait jamais impressionné, imposait avec élégance et détermination sa vision d'un personnage bien maltraité depuis des lustres.


Loin, très loin de Wanda la cinglée qui avait failli éradiquer la race mutante ou qui avait provoqué la dissolution des Avengers, entre autres faits d'armes, Scarlet Witch devenait à nouveau l'héroïne de sa propre vie et de son propre mensuel, sans dépendre de son amant du moment (Vision, Doctor Voodo) ou d'une équipe qui l'accueillait dans ses rangs.


On pouvait aussi saluer l'effort de Steve Orlando de la confronter non plus à son passé et de refuser d'en faire une victime sans cesse en quête d'expiation mais luttant pour aider ceux qui en avaient le plus besoin, au coeur d'un commerce original et contre des ennemis inédits.

Même Sara Pichelli, dont la carrière a été un long et éprouvant naufrage depuis des années, semblait retrouver l'inspiration dans ses dessins et on se mit à croire que Scarlet Witch serait un sleeper pour Marvel, un succès surprise, un peu à la manière du Hawkeye de Matt Fraction et David Aja en son temps.

Puis la réalité rattrapa la sorcière rouge et son public : Pichelli céda la place à Russell Dauterman pour un épisode, consacrant une fois de plus le cover-artist dans un rôle qu'il a hélas ! abandonné, celui d'artiste régulier d'un titre mensuel. On ne revit plus Pichelli que pour quelques pages ici et là dans les numéros suivants, alors qu'un remplaçant, Lorenzo Tammetta, s'imposait comme un artiste à suivre.

Orlando toutefois commençait lui aussi à ne plus briller avec autant d'éclat. En soulignant la puissance de Wanda Maximoff, il en fit surtout sa propre adversaire puisqu'aucun de ses ennemis n'était en vérité en mesure de la vaincre. Ennemis qui, par ailleurs, ne convainquaient plus : trop interchangeables, trop accessoires. Personne ne les connaissait et pour cause, ils étaient créés pour l'occasion, et du coup tout le monde finit par s'en foutre.

On aurait aimé voir Scarlet Witch avoir raison d'opposants plus sérieux, plus connus, pour vraiment croire, continuer à croire qu'un peu de suspense subsistait dans ses histoires, mais Orlando s'y refusait. Ou parce que Marvel lui refusait l'accès à des vilains plus coriaces, plus célèbres. Les épisodes se succédaient et notre intérêt décroissait. Le retour de Joseph, le clone de Magneto, ne fit pas illusion et on s'étonnait même alors que Wanda n'ait pas davantage pleuré son "père" dans sa série après sa mort tragique lors de Judgment Day, dans les pages de X-Men : Red.

Quand la méchante Hexfinder fit son apparition, par ailleurs maladroitement mise en scène, comme si personne n'y croyait, c'était trop tard pour redresser la barre. Parlons peu, parlons bien : ce dixième épisode est pathétique.

On se contrefiche de ce qui s'y joue puisque tout est littéralement joué d'avance. En effet, des génies de la communication chez Marvel ont annoncé l'annulation de la série puis son relaunch en mini-série en 2024 sous le titre Scarlet Witch & Quicksilver (ça sent le succès...). Une manière fort peu habile de dire au lecteur : "ne vous en faîtes pas, puisqu'elle revient, ça veut dire que cette Hexfinder n'aura pas fait le poids".

Comment tomber plus bas ? En misant sur le retour providentiel de Sara Pichelli ? N'y comptez pas : l'artiste italienne n'est désormais, c'est certain, plus que l'ombre de ce qu'elle fut quand, il y a bien longtemps, elle co-créé Miles Morales avec Brian Michael Bendis. Elle fit un temps illusion en dépannant encore Bendis sur Guardians of the Galaxy. Mais à présent, que reste-t-il de Pichelli sinon une déception profonde envers laquelle on en a assez d'être patient et indulgent ?

Les dessinateurs italiens formés à l'exigeante école des fumetti sont réputés pour leur productivité et leur capacité à s'adapter dans le monde des comics. On ne compte plus le nombre de transalpins à avoir traversé l'Atlantique ces dernières années (et ce n'est pas fini car comme l'a déclaré C.B. Cebulski, le big boss de Marvel Comics, de nouveaux vont émerger). Mais Pichelli semble s'être noyée, perdu. Les planches qu'elle livre là sont indignes de ce qu'elle a pu produire, tout est bâclé, sans énergie, sans conviction. C'est moche. C'est triste.

Bref, la magie a cessé d'opérer et avec elle, le potentiel pour faire de Scarlet Witch un sleeper, la Zatanna de Marvel. Combien de temps avant qu'un scénariste ne la renvoie à ses tourments ? Comme son incarnation dans le MCU semble être définitivement morte (un autre gâchis, qui plus est car elle était jouée par la formidable Elizabeth Olsen), il ne fait pas bon s'appeler Wanda Maximoff.

jeudi 19 octobre 2023

SCARLET WITCH #9, de Steve Orlando, Lorenzo Tammetta et Sara Pichelli

 

Ce n'est pas un épisode comme les autres que ce dixième de la série Scarlet Witch : en effet, la série va se terminer le mois prochain et même si Steve Orlando et Lorenzo Tammetta reviendront l'an prochain pour quatre épisodes de Scarlet Witch & Quicksilver, c'est du pareil au même. En outre, Marvel se mord la queue en ayant annoncé la fin du titre, ce qui annule tout suspense pour ce numéro et le prochain...



Alice Gulliver, détective occultiste, prévient Wanda que plusieurs sorciers et magiciens ont disparu récemment sans laisser de traces. Elle prépare un endroit pour héberger ceux qui sont menacés puis invite Joseph à l'accompagner dans son quotidien...


Ce n'est ni la première encore moins la dernière fois que Marvel "divulgâche" une série en cours de publication, mais cette fois, on n'a pas fait le choses à moitié. En effet, après avoir annoncé la fin subite de Scarlet Witch au #10, au diable le suspense sur l'issue du titre et de l'intrigue en cours.


Mais ça ne devait pas suffire et on vient d'annoncer que, comme la série avait quand même reçu un bon accueil critique, on lui accordait une prolongation sous la forme d'une mini en quatre numéros l'an prochain sous le titre Scarlet Witch & Quicksilver. Question : qui, chez Marvel, rédige les communiqués sur les arrêts et lancements des séries en se fichant ouvertement de gâcher tout effet de surprise chez le lecteur ?


Scarlet Witch n'a pas été sans défauts, ils se sont révélés progressivement avec cette construction trop répétitive et une caractérisation maladroite : en gros, des épisodes done-in-one dont l'héroïne surpuissante résolvait les affaires trop facilement pour qu'on doute d'elle.

Mais enfin Steve Orlando manifestait une sincère sympathie pour Wanda Maximoff et pour la première fois depuis une éternité, un scénariste ne l'écrivait pas comme une femme complètement délirante, toujours au bout du précipice, incapable de distinguer la réalité de ses fantasmes. Cela a sans doute pesé dans le fait qu'elle soit à nouveau une membre des Avengers de Jed MacKay.

Les intrigues étaient d'un niveau très inégale mais le lecteur y trouvait son compte sans souci. On pouvait même rêver pour Scarlet Witch d'une nouvelle carrière à la Zatanna. Par ailleurs, graphiquement le titre a bénéficié de prestations artistiques très bonnes, à commencer par Sara Pichelli au début (même si ensuite l'italienne a disparu de la circulation puis est revenue mais seulement pour signer quelques pages - ici elle est encore créditée mais je n'ai pas réussi à savoir quelles pages elle avait pu réaliser), Russell Dauterman (qui en plus de superbes covers nous a gratifiés d'un sublime épisode) et enfin Lorenzo Tammetta, une révélation qui ne devrait pas avoir de mal à retrouver du boulot.

Depuis le n° 8 on a vu apparaître Hexfinder, une chasseuse de sorcières aux motivations troubles, mal définies 'en dehors du fait justement de vouloir débarrasser le monde des sorciers), et Steve Orlando a décidé de clore son run avec cette antagoniste qui, on l'a appris le mois dernier, est la complice de Joseph, le clone de Magneto recueilli par Wanda (sans qu'on comprenne vraiment ce qu'il y gagne).

La relation entre Wanda et Iosef (comme elle l'appelle) est au coeur de l'épisode du mois puisqu'il suit Wanda dans plusieurs missions où sa présence permet de résoudre des litiges de manière rapide. Orlando convoque des personnages comme Omega the Unknown, Ganymède (déjà vue au début de la série), Hippolyte (elle aussi figurant dans les premiers épisodes), Swamp Thing et Jennifer Kale, Doctor Druidd, Doctor Voodoo, mais aussi Luna, la fille de Crystal et Vif-Argent (également là), ou encore Alice Gulliver (dont j'ai entendu parler dans le run de Jason Aaron et Chris Bachalo sur Doctor Strange).

Tammetta délivre de superbes planches, ses meilleures depuis son arrivée sur la série, avec des compositions spectaculaires et détaillées. C'est très agréable à lire... Si on ne se rappelle pas à chaque page que, en définitive, tout ça compte pour du beurre et que l'épisode ne sert en fait à rien jusqu'aux ultimes pages avec la trahison effective de Iosef (je spoile, mais Marvel l'a fait avant moi).

Le dixième et dernier épisode verra donc s'affronter Hexfinder et Scarlet Witch et la première perdra puisque, sans ça, il n'y aurait pas de future mini Scarlet Witch & Quicksilver. Editorialement, c'est affligeant : comment un éditeur peut-il à ce point saborder ses propres comics, quand bien même a-t-il prévu des les arrêter ? Et le pire, je le répète, c'est que ce n'est ni la première ni la dernière fois...

samedi 9 septembre 2023

SCARLET WITCH #8, de Steve Orlando, Lorenzo Tammetta et Sara Pichelli


La (sublime) couverture (de Russell Dauterman) promettait beaucoup de choses pour ce huitième épisode de Scarlet Witch. Autant le dire tout de suite : Steve Orlando n'est pas à la hauteur. Et d'ailleurs la série affiche clairement ses limites ici (et aussi rétrospectivement). Lorenzo Tammetta dessine encore la majorité des planches, Sara Pichelli ne signant que sur les deux dernières.


Un nouveau "client" emprunte la porte magique de Wanda : il s'agit de Arkin le faible, en provenance du royaume de Jotunheim, dont le peuple en refusant de se soumettre à Malekith lors de la Guerre des Royaumes a été décimé. Aujourd'hui Loki règne sur Jotunheim et Arkin s'estime floué. Scarlet Witch accepte d'aller parler au dieu de la malice...


Le danger pour une série, quelle qu'elle soit, c'est d'être vendue sur la promesse d'une couverture flatteuse. Car s'il faut se garder de juger un livre à sa couverture, il n'en reste pas moins que c'est la couverture qui, la première, capte notre attention sur le livre.


En ayant Russell Dauterman come cover-artist, Scarlet Witch bénéficie d'un des spécialistes les plus élégants et les plus féconds dans cet exercice à tel point qu'il a quasiment abandonné le dessin de pages intérieures). Et quand on voit la couverture de cet épisode, on est saisi par sa beauté et ce qu'elle suggère.


Autant dire que, derrière, Steve Orlando a intérêt à proposer un scénario en béton pour que le lecteur ne soit pas déçu. Jusqu'à présent, l'auteur a réussi avec Scarlet Witch un de ses meilleurs efforts, ne déviant quasiment jamais du format done-in-one et réhabilitant un personnage qui a été depuis ses débuts bien malmené.

Mais en faisant le compte de ces huit épisodes déjà parus, on se rend compte (comme le relaunch de Fantastic Four par Ryan North) que le titre commence à afficher ses limites. Et même que ce nouveau chapitre les éclaire de façon frappante. Il ne s'agit pas de dire que c'est mauvais ou désagréable à lire (ça l'est moins que ne le fut Fantastic Four), mais à l'évidence la série stagne.

Comme d'habitude l'épisode s'ouvre par l'arrivée d'un nouveau "client" dans l'emporium de Scarlet Witch. Cette fois il s'agit d'un géant de Jotunheim dont le peuple, ayant refusé de se soumettre à Malekith lors de la Guerre des Royaumes (écrite par Jason Aaron dans son run sur Thor), a payé le prix cher. A l'issue du conflit, Loki a hérité du trône mais Arkin le faible se sent floué de ne pas pouvoir représenter ses semblables. Scarlet Witch accepte donc de négocier avec Loki.

Déjà on observe que la mécanique de la série ne varie pas d'un iota. C'est toujours la même amorce narrative, avec un personnage venant demander de l'aide à Wanda Maximoff - un personnage inventé pour l'occasion, qu'on ne reverra plus ensuite, qui n'a aucune caractérisation : autant dire que c'est davantage un prétexte qu'un personnage.

Steve Orlando a fait de Scarlet Witch une héroïne surpuissante, peut-être son incarnation la plus puissante. Dans ce cas de figure, la préoccupation de l'auteur est de trouver à l'héroïne des adversaires à sa hauteur, et évidemment là, pas question de jouer la demi-mesure. Orlando a là encore privilégié des créations originales mais avec Loki au programme, lui et Wanda s'attaquent à du lourd. On s'attend donc à un duel serré et trouble comme l'indique la couverture.

Mais toute puissante qu'elle est, voir Scarlet Witch jeter d'emblée un sort à Loki qui l'oblige à dire la vérité est tout de même étonnant. Difficile de croire que le dieu de la malice puisse ainsi être soumis par une terrienne alors que lui a une pratique de la magie vieille de plusieurs millénaires. Par ailleurs, l'intérêt d'un personnage comme Loki, c'est qu'on ignore tout le temps s'il est du bon ou du mauvais côté : c'est le dieu de la malice, c'est un joueur, un affabulateur, un manipulateur. Ce qui aurait été amusant, c'est de le voir donc ruser avec Scarlet Witch, et même, pourquoi pas, d'initier une romance entre eux (puisque, aux dernières nouvelles, Wanda avait une liaison avec Doctor Voodoo mais que celui-ci semble aux abonnés absents).

L'essentiel de l'épisode est une longue scène de danse où Lorenzo Tammetta, profitant que les quartiers où réside Loki n'ont pas une décoration fournie (c'est même ascétique à ce point et là aussi, c'est bizarre parce qu'on imaginerait plutôt le personnage dans un intérieur un peu plus ornementé, en rapport avec son caractère facétieux, pas dans une espèce de cave glacée), zappe tout arrière-plan, laissant à Matt Wilson le soin (c'est le cas de le dire) de meubler.

Tammetta est plus inspiré pour faire bouger ses deux personnages de manière suffisamment gracieuse pour que leur danse ait l'air vraisemblable et aboutisse à ce possible baiser montré sur la couverture (je ne vous spoilerai pas sur la réalité de ce bécot). Mais bon, ça reste quand même léger et c'est tout de même agaçant tous ces comics où les artistes ne s'embarrassent plus de dessiner de décor.

Sara Pichelli, elle, joue toujours les figurantes : comme le mois dernier, elle ne s'acquitte que des deux dernières pages, et là aussi, ça commence à devenir gênant de lire un comic-book où son nom est crédité comme artiste alors qu'elle produit si peu de matériel.

Pour en revenir au contenu, Orlando introduit à la fin un énième personnage original et révèle la duplicité d'un autre. Tout ça est en vérité cousu de fil blanc. Mais surtout, avec une Scarlet Witch imbattable, invaincue, le suspense est mort-né : on devine que, même si la partie s'annonce difficile, elle va quand même l'emporter.

Bien des critiques et des lecteurs estiment que Marvel a un problème avec les personnages surpuissants, que l'éditeur et ses auteurs résolvent souvent en finissant par réduire les capacités de ces héros ou carrément en les tuant (ou en en faisant des vilains coriaces). Orlando semble être tombé dans ce piège et si son portrait de Wanda échappe aux clichés qui l'ont longtemps définie (mi-folle, mi-victime), en revanche la Sorcière Rouge et le format de ses épisodes sont en train de la précipiter dans une autre impasse. Ajoutez à cela que la série va bientôt (comme d'autres) augmenter et je pense que je vais bientôt l'arrêter - non sans regrets mais pour toutes les raisons ici développées.

samedi 5 août 2023

SCARLET WITCH #7, de Steve Orlando, Lorenzo Tammetta et Sara Pichelli + Jonathan Hickman


Ce septième épisode de Scarlet Witch affiche un programme plutôt dense. Encore une fois Steve Orlando fait de l'excellent boulot avec le personnage mais il enrichit progressivement le background de la série. Au dessin, cette fois, les choses sont claires : Lorenzo Tammetta signe la quasi-totalité des planches à l'exception des deux dernières qui sont l'oeuvre de Sara Pichelli.


Tandis que Wanda doit composer avec le choc du retour de son père, Magneto (ou presque), Scarlet Witch doit aider Nelson Gruber, un bibliothécaire avec le pouvoir de donner vie aux livres et qui a été chassé du royaume du Magicien d'Oz...
 

Evidemment, si vous ne voulez pas être spoilé sur un élément important survenu à la fin de l'épisode précédent et expliqué au début de celui-ci, passez votre chemin immédiatement ou continuez à vos risques et périls. C'est bon ? Alors, en avant !


Steve Orlando avait conclu l'épisode 6 de Scarlet Witch en faisant réapparaître Magneto, qu'on avait également pu apercevoir déjà à la fin de l'épisode 5. Mais, me direz-vous, c'est impossible : Magneto est mort durant l'event A.X.E. : Judgment Day et n'a pu être ressuscité car il avait fait en sorte que cela soit impossible et, depuis les événements du Hellfire Gala 2023, les Cinq de Krakoa ont disparu on-ne-sait-où.
 

C'est là qu'on voit que Steve Orlando a bien révisé son histoire des X-Men parce qu'en vérité, bien sûr, il ne s'agit pas du vrai Magneto. Mais de son clone, Joseph, créé par la mutante Astra dans les pages de X-Men (vol. 2) #46 (1995) ! Il a les mêmes pouvoirs magnétiques, le même visage, mais des souvenirs beaucoup plus éparses. Lui aussi est mort puis est revenu à la vie (une vieille tradition mutante...) et le voilà qui débarque chez Wanda.

Bien sûr, une fois la surprise passée, elle commence à se demander ce qu'elle va de lui qui n'a nulle part où aller et sait que dans la situation actuelle Orchis l'arrêterait en le prenant pour le vrai Magneto. Elle lui offrira donc le gîte et le couvert tant qu'il le désirera - en attendant peut-être qu'il se rende utile auprès de la résistance mutante (dont je vous reparlerait bientôt - stay tuned !).

En attendant, Wanda a un autre client qui a surgi de sa porte magique. Et cette affaire ne manque pas de piquant puisqu'il s'agit d'un bibliothécaire avec le pouvoir de donner vie aux histoires. Et il a ainsi matérialiser le pays du Magicien d'Oz dont la sorcière l'a banni !

Steve Orlando est vraiment très à l'aise avec le format qu'il a installé sur la série, des histoires auto-contenues le plus souvent, résolues en un épisode. Il mène ces mini-intrigues sur un tempo soutenu avec une imagination débridée et une caractérisation nuancée. Comme d'habitude, il excelle spécialement à animer Scarlet Witch qu'il a totalement purgé de son passé douloureux pour en faire une sorcière surpuissante, altruiste et ayant repris sa vie en main. Pour une fois, on rêverait que DC s'en inspire pour une série sur Zatanna...

Mais l'épisode est aussi réussi parce que la manière dont Scarlet Witch résout le problème montre bien que rien n'est aussi simple qu'il y paraît. En effet, ici, il n'y a pas une victime et un bourreau, un gentil opprimé et un méchant oppresseur, tout est plus équivoque. Il y est question de la corruption par le pouvoir, un sujet que connaît justement très bien Wanda. Et Orlando est malin dans sa façon de suggérer ça, sans le souligner lourdement. Comme souvent, les affaires que règle Wanda la renvoient à ses expériences de femme, d'héroïne, ou de vilaine : c'est aussi pour ça, grâce à ça, qu'elle se montre si compétente et efficace.

Depuis le mois dernier, la série a à son générique deux artistes. Mais j'étais incapable de dire qui faisait quoi, même si j'avais deviné que le rôle de Sara Pichelli était désormais secondaire; C'est confirmé ici. Lorenzo Tammetta est bien devenu l'artiste régulier du titre, signant même la page écrite par Jonathan Hickman en relation avec son futur projet G.O.D.S. (qui dévoile ses personnages dans plusieurs séries tout au long du mois d'Août) même si ça n'a aucun rapport avec l'histoire de l'épisode (mais on peut supposer que Scarlet Witch sera impliqué dans ce projet, tout l'est Doctor Strange, et le seront Thor, Moon Knight et d'autres héros en relation avec des divinités).

Tammetta est une révélation : ses planches ne lésinent pas sur les décors, ce qui est toujours appréciable mais si aussi rare dans les comics de super-héros (où le dessinateur en arrive régulièrement à les négliger au profit des personnages et de leurs actions les plus spectaculaires). Son découpage est sage mais fluide. Lorsqu'il doit représenter les manifestations d'énergie, il aime visiblement créer des effets de fondus enchainés où il supprime les espaces entre les cases pour dynamiser la scène. 

Bien entendu, Tammetta est encore perfectible sur certains points : par exemple il a tendance à donner la même expression à ses personnages, avec une moue caractéristique. Mais ça n'ôte rien aux qualités de son graphisme, qui est expressif et solide techniquement.

Quid de Pichelli alors ? Hé bien, elle ne réalise que les deux dernières pages. C'est vraiment le minimum syndical et je me demande combien elle touche pour ça. Est-ce vraiment tout ce qu'elle peut faire désormais ? En tout cas, je me demande ce qui se passe avec elle car elle semblait bien revenu en ayant enchaîné les quatre premiers numéros, et on pouvait espérer qu'après le #5 (dessiné par Russell Dauterman - qui nous gratifie comme toujours d'une couverture superbe) elle serait repartie comme en 40. Sauf que non. Alors bien sûr, elle est créditée comme artiste, même si je trouve que c'est limite mensonger.

Ce bémol mis à part, Scarlet Witch continue d'être un des rares titres Marvel actuels à mériter l'attention. Au point qu'il fera partie des séries jugées assez commercialement attractives dont le prix va passer à 4,99 $ en Octobre (Marvel doit penser que le pouvoir d'achat de ses lecteurs augmente en même temps que leur tarif...).

jeudi 13 juillet 2023

SCARLET WITCH #6, de Steve Orlando, Lorenzo Tammetta et Sara Pichelli


La série Scarlet Witch reprend pleinement ses droits après son Annual paru le mois dernier (et qui servait surtout à annoncer l'event Contest of Chaos, qu'écrira Stephanie Phillips). Steve Orlando revient du coup à un récit complet avec début, milieu et fin en une vingtaine de pages. Sara Pichelli est créditée au dessin mais aussi Lorenzo Tammetta.



Ganymède de l'Archisorité apparaît dans l'Emporium et expose son cas à Wanda : ses "soeurs" ont toutes été massacrées par des Skrulls et elle est poursuivie par des Krees, désormais alliés aux premiers. Scarlet Witch l'emmène auprès de Hulking, qui consulte les archives de l'alliance et cible les coupables de ce massacre qu'il autorise à être punis...


Même si les deux dernières pages renvoient directement à ce qu'on découvrait à la toute fin de l'épisode 5 (et que je ne spoilerai donc pas), beaucoup, comme moi, se réjouiront sans doute de voir Scarlet Witch revenir à sa forme initiale avec un récit complet en vingt pages.


Ce format a particulièrement bien réussi au titre et est maîtrisé par Steve Orlando, scénariste qui semble avoir besoin d'un cadre précis pour produire avec qualité. D'autres seront peut-être moins contents avec cette formule, rare dans les comics actuels qui préfèrent feuilletonner par arcs.


En tout cas, quoi qu'on préfère, il est évident que Scarlet Witch fera partie des réussites lancées par Marvel en 2023. Alors que l'éditeur a exploité une manière de démarrer des séries avec des héros au trente-sixième dessous en espérant que le lecteur attendra assez longtemps pour connaître la raison de cette déchéance, ici on renoue avec un personnage qui en a bavé mais qui reprend sa vie en main.

C'est sans doute ce que Orlando a le mieux imposé : faire de Wanda Maximoff non plus une sorcière sujette à des crises cycliques la menant au bord de la folie (quand elle n'y sombrait pas corps et bien) mais une femme puissante qui s'est réconciliée avec elle-même et le monde qui l'entoure. Et avec un job de super-héroïne à plein temps ingénieux puisque, désormais, c'est elle qui vient en aide à ceux qui sont désespérés (une autre preuve de sa solidité psychologique reconquise).

Ce gimmick qui consiste à faire de chaque épisode l'enquête à résoudre du mois a quelque chose de très sympa : on sait que ça ne va pas prendre un temps fou à se régler ni à se lire, le scénariste est inspiré par son personnage principal, et pourtant il est impossible de prévoir où la série va aller.

Cette fois, Scarlet Witch va aider une guerrière traquée par des skrulls et des krees (qui sont désormais des alliés) et, pour ce faire, elle va s'adresser à son "fils", Wiccan (Billy Caplan), lui-même marié à Hulkling (Dorrek VIII, ex Theodore Altman, mi-skrull, mi-kree). L'histoire des fils de Scarlet Witch (outre Wiccan, il y a aussi Speed (Thomas Sheperd) a nourri la mythologie du personnage puisqu'elle les a réincarnés à partir des enfants qu'elle a eus avec Vision.

Ensuite ils ont fait partie des membres fondateurs de Young Avengers, puis Wiccan et Hulkling (lui-même fruit des amours du kree Captain Mar-Vell et de la princesse skrull Anelle) se sont mariés. Hulkling a unifié les skrulls et les kree dont il est désormais l'empereur. Ces qualités seront précieuses dans l'histoire de cet épisode, alimentant la tension dramatique puis dénouant l'affaire criminelle dans laquelle Ganymède est impliquée.

Le déroulement du récit est classique, ce qui le distingue, c'est l'intensité des réactions de Ganymède qui atterrit chez Wanda en se demandant si elle n'est pas une ennemie, qui continue à le croire quand elle est présentée à Hulkling (et que Wiccan est prêt à l'affronter). Orlando est doué pour caractériser tous les personnanges et en inventer à chaque épisode. On peut d'ailleurs noter qu'il en créé pratiquement à chaque fois et on peut alors se poser la question de savoir si on les reverra (il mentionne également Scythia, l'adversaire de Scarlet Witch dans les épisodes 4-5).

Visuellement, ce numéro est, disons, curieux et sujet à caution. Deux artistes sont crédités, dont Sara Pichelli, la dessinatrice des quatre premiers épisodes. Pourtant, je vais être franc, je n'ai pas réussi à reconnaître une seule planche de sa part (à part peut-être les deux dernières, mais sans garantie). Si c'est bien le cas, ça signifie que l'italienne a une nouvelle fois fait défaut à une série et là, ça commence à faire beaucoup. Depuis quand Pichelli a-t-elle produit plus de quatre épisodes d'affilée ?

C'est d'autant plus lamentable qu'elle affichait une bonne forme sur ses quatre numéros et on pouvait espérer que Scarlet Witch marquerait son vrai grand retour. Mais quand Russell Dauterman l'a suppléée au n°5, c'était déjà surprenant (même si ce fut un plaisir de relire du Dauterman sur un épisode entier). Et là, donc, elle partage l'affiche avec son compatriote Lorenzo Tammetta.

Je ne connaissais pas son travail, en me renseignant j'ai appris qu'il avait signé un numéro de Murderworld, puis de Nightcrawlers (pour l'event Sins of Sinister). Il est cependant évident qu'il a dessiné la majorité des planches de l'épisode (si ce n'est la totalité) car la manière dont sont réalisés les personnages, notamment au niveau de leurs visages, est différent de ce que fait Pichelli. Et ce n'est pas un reproche car Tammetta affiche une technique solide, une belle expressivité, et une narration dynamique. C'est bien simple : il arrive sur la série comme s'il l'avait déjà dessinée auparavant. Il n'y a rien à redire, c'est du très bon taf, et ma foi, si Pichelli n'est plus de la partie, Marvel lui aura trouvé un parfait remplaçant.

Le prochain épisode promet beaucoup et va certainement expliquer un gros mystère apparu à la fin du #5. De quoi ne pas lâcher Scarlet Witch de sitôt !