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dimanche 1 mai 2016

Critique 878 : SPIROU N° 4072 (27 Avril 2016)


Cette semaine démarre la pré-publication pour dix (très longues) semaines du nouveau tome de Buck Danny "Classic" : autant vous prévenir tout de suite, je ne parlerai pas de cette sombre daube, écrite et dessinée avec les pieds, à la philosophie gerbante. Par contre, il faut mieux se réjouir du supplément pour les abonnés signé Nicoby, indiqué sur le bandeau.

J'ai aimé :

- Dent d'ours : Amerika Bomber (3/6). Werner provoque le crash de l'avion d'Hannah. Ils sont récupérés, indemnes, par des SS qui les conduisent au château de Fürstentein, la dernière base des nazis en déroute...
Yann explique encore une fois dans l'interview qui précède l'épisode à quel point il s'appuie sur une documentation fournie pour ses histoires : ainsi a-t-il découvert le château de Fürtenstein sur lequel circulent encore bien des légendes. Ces dix nouvelles pages sont à nouveau palpitantes, avec un cliffhanger terrible, et bien entendu des illustrations fantastiques de Henriet, avec la colorisation non moins fabuleuse de sa femme, Usagi.

- Une aventure de Spirou et Fantasio : Fantasio se marie (6/9). Invité avec Seccotine chez Fantasio et sa future épouse Clothilde, Spirou pique une colère quand son ami lui apprend à qui il a emprunté de l'argent pour ses noces...
Feroumount lève un peu le pied sur l'action dans ce nouvel épisode mais sans que le résultat faiblisse : on a encore droit à des scènes très toniques, avec des dialogues merveilleusement rythmés et découpés graphiquement avec brio. L'intrigue conserve tout son attrait et le projet reproduit l'inspiration avec laquelle Bonhomme a su revisiter Lucky Luke récemment.

- Six-Coups : Vegas. Anne-Claire et Jérôme Jouvray reviennent avec un récit complet de leur série western : ces six pages, mettant en scène Albert et Mitty s'alliant à un escamoteur (le susnommé Vegas), sont très drôles et mises en image avec une admirable fluidité. 

- L'Atelier Mastodonte. Les deux doubles strips de la semaine, dus à Toulmé et Trondheim, sont aussi moyens que ceux des dernières semaines. Les deux bandes de Trondheim rappellent d'ailleurs, de manière troublante, à quel point des cadres de la série (Alfred, Neel, Tebo) ne produisent plus rien depuis un moment et en montrent d'autres très discrets en ce moment (Nob, Mathilde Doumecq). Espérons que cela les incite à ranimer un titre qui pique dangereusement du nez...

- Tash & Trash. Signe de la pauvreté de ce numéro : même le strip de Dino est moins drôle que d'habitude, même si on sourit quand même.

- Dad. Nob aussi n'est pas au mieux de sa forme ! Les soucis acnéiques de son héros ne produisent pas des gags aussi efficaces qu'à l'accoutumée. Ce qui amusera surtout, c'est de suivre ce que fait Bébérinice pendant ce temps et le soutien plein de bonne volonté mais maladroit de Efix... (voir ci-dessous). 

En direct de la rédak donne la parole à Denis Pic Lelièvre, qui anime Pic et Zou et leurs drôles d'inventions (que je zappe souvent, dois-je admettre). La semaine prochaine, après une très longue absence (bien que son auteur se soit consacré à d'autres projets), Mélusine revient !
Les aventures d'un journal évoque la curieuse carrière de Maurice Maréchal, qui fut dessinateur de BD, puis instituteur et à nouveau dessinateur une fois à la retraite, et de son héroïne Prudence Petitpas.

Mention spéciale à la rubrique BD Boutik qui signale la sortie de La légèreté, de Catherine Meurisse, rescapée de la tuerie de "Charlie Hebdo" : son interview est bouleversante et l'album très prometteur.

En bonus pour les abonnés, on a donc droit à un épatant mini-récit de Nicoby avec ses héros Marc et Pep découvrant les méfaits d'un boulanger dans Mystère et boule coupée.

Enfin, même si ce n'est pas mentionné dans ce numéro, sachez que le journal de "Spirou" proposera un hommage à René Hausman, mort Jeudi, le 8 Juin prochain. 

dimanche 24 avril 2016

Critique 872 : SPIROU N° 4071 (20 Avril 2016)


Les Minions sont en couverture cette semaine : quatre pages leur sont réservées à l'intérieur. Mais la vraie bonne nouvelle, c'est l'aventure inédite des Tuniques bleues, réalisée par un tandem original...
 La semaine de Spirou par Josema
est bien vue. Animal Lecteur de Salma + Libon 
propose aussi un strip savoureux.

J'ai aimé :

- Dents d'ours : Amerika Bomber (2/6). Tandis qu'Hannah est résolue à accomplir sa dernière mission en compagnie de Werner, le général Donovan briefe ses troupes sur deux opérations importantes : "Paperclip", qui vise à récupérer des savants nazis, et "Alsos", qui concerne la préparation d'une réponse atomique contre les russes...
Dans l'interview qui précède cet épisode, Yann revient sur ses motivations pour prolonger les aventures de ses héros : disposant d'une abondante documentation sur le sort des savants nazis après-guerre, il l'exploite pour son histoire et c'est palpitant. La série bénéficie toujours du graphisme superbe de Henriet, particulièrement brillant dans les scènes aériennes (mais pas seulement !).

- Une aventure de Spirou et Fantasio : Fantasio se marie (5/9). Détournés provisoirement de leur objectif (récupérer une partie du collier "Clair de Lune"), Spirou et Seccotine conviennent d'une trêve avec la femme flic acariâtre qui poursuit la même mission...
Feroumont continue de m'enchanter avec cette aventure qui allie merveilleusement la comédie et l'action sur un rythme effrénée : le dynamisme de ses dessins répond à une caractérisation savoureuse des personnages et l'intrigue se développe en conservant son lot de surprises. Un pur régal !

- Les Tuniques bleues : The end by Richard Badhead and Ben McZid. Chesterfield est pris au piège dans les marais dont Blutch a réussi à se délivrer grâce à son cheval. Pour tenter d'aider son acolyte, il se livre à un bien curieux effeuillage...
Sans doute inspiré par les hors-série de Spirou et Fantasio et le récent one-shot de Matthieu Bonhomme avec Lucky Luke, Dupuis prépare un album où plusieurs binômes créatifs vont livrer leurs versions des Tuniques bleues. On commence donc avec Zidrou au scénario et l'excellent Eric Maltaite (tout juste sorti du tome 2 de Choc) pour un récit complet de 7 pages : le résultat est très drôle et efficace, magnifiquement mis en images. C'est très prometteur si la suite (notamment avec Jérôme Jouvray) est au même niveau.

- Capitaine Anchois. Floris livre encore cette semaine deux gags : le premier en une page raille l'addiction aux tablettes numériques, le second se moque des discothèques enfumées. Dans les deux cas, on rigole bien.

- La Galerie des Illustres : Julien Maffre. Le jeune et talentueux dessinateur de Stern (un western dont le héros est un croque-mort, comme Undertaker de Dorison et Meyer, mais bien différent) rend hommage à plusieurs personnages emblématiques de la revue et revient sur ses lectures et sa vocation. Sa planche originale est superbe : un artiste à suivre !

- Beasts ! Giemsi revient pour mon plus grand plaisir avec un nouveau gag en une page où la formule "rira bien qui rira le dernier" prend tout son sens.

- Happy Birds. Trondheim et Piette semblent avoir renoncé à produire des strips qui sortiraient leur série, sympathique au demeurant, de son argument principal : c'est un peu décevant, mais le résultat demeure élégant visuellement et plutôt malicieux malgré tout.

- L'Atelier Mastodonte. Là aussi, le titre piétine sensiblement ces temps-ci : Toulmé produit à son tour un gag sur Tofépi, qui enchaîne, mais c'est moyennement drôle. Re-saisissez-vous, les gars !

- Tash & Trash. Dino semble avoir été inspiré à sa manière, tranchante, par la journée de la Terre pour ce strip hebdomadaire.

- Game Over. Un nouveau gag bien noir par Midam : après ça, vous ne ferez plus jamais sauter un bouchon de champagne sans arrière-pensée ! 

- Dad. Papa se bat toujours contre ses problèmes d'acné et Roxane et Bébérinice s'en mêlent. Nob ne force pas son talent mais gagne quand même.

En direct de la rédak donne la parole à Zidrou à propos de son épisode des Tuniques bleues. La semaine prochaine (et pour dix épisodes !...Soupir...), retour de Buck Danny (forcément, après avoir eu Spirou et Fantasio, Choc, Lucky Luke, il fallait s'attendre à un Printemps moins glop pour les pré-publications).
Les aventures d'un journal revient sur la carrière curieuse de Lagas : une quinzaine d'années dans le journal de "Spirou", aucun album publié, puis au début des 80's, reconversion comme peintre.

Les abonnés reçoivent en supplément un stripbook : Le papa de Suzanne, une pépite signée Madaule, décidément très en forme depuis qu'il a abandonné ses Givrés !

dimanche 17 avril 2016

Critique 867 : SPIROU N° 4070 (13 Avril 2016)


Un an après la fin du premier cycle et la pré-publication du tome 3, Dent d'Ours revient pour six semaines. Les femmes en blanc sont également présentes sur le bandeau (ce qui est tout de suite moins enthousiasmant).

J'ai aimé :

- Dent d'Ours : Amerika Bomber (1/6). Bien que blessé, Max/Werner monte dans l'avion d'Hannah, toujours résolue à attaquer les américains malgré la défaite des nazis...
Yann et Alain Henriet avaient conçu leur série comme une trilogie qui pourrait être prolongée en cas de succès, c'est donc logiquement qu'ils entreprennent un nouveau cycle (même si on ignore combien de tomes il comptera). L'intrigue reprend par un scène onirique et cauchemardesque très spectaculaire, qui prouve le savoir-faire du scénariste pour accrocher d'entrée le lecteur. Les dessins sont au diapason, avec notamment une vue panoramique et aérienne de New York à couper le souffle, mais l'élégance du trait et la qualité des finitions continuent à faire de Dent d'ours une des plus belles BD de la revue.
Tout ça s'annonce donc fort bien.

- Une aventure de Spirou et Fantasio : Fantasio se marie (4/9). La mariée du défilé se fait la belle avec une des trois parties du collier "Clair de Lune", dont la complice est la voleuse surprise chez Suzanne Gallantine. Spirou et Seccotine se lancent à leur poursuite mais une femme flic très teigneuse est sur l'affaire aussi...
Encore un épisode particulièrement réjouissant ! Feroumont est en très grande forme et accomplit un sans-faute dans cette histoire trépidante : son talent pour le découpage impressionne dans la séquence de la poursuite, et l'expressivité de ses personnages est jubilatoire. Sans être injuste, c'est supérieur avec ce que propose la série-mère (par Yoann et Vehlmann).

-Autour d'Odile. Madaule est encore une fois impeccable dans ce gag très simple mais savoureux.

- Beasts ! Giemsi revient, après une (trop) longue absence pour un gag en une page dont la chute est vraiment mordante.

- L'homme qui tua Lucky Luke (10/10). Lucky Luke quitte Froggy Town après avoir entendu les frères Anton et Laura Leggs. Promettant de prendre soin de lui, il abandonne aussi la cigarette pour le brin d'herbe...
Bonhomme conclut son histoire avec brio : un des signes de cette réussite est que, même après dix semaines, le récit est toujours resté mémorable et d'une qualité constante. Graphiquement très impressionnant, cet hommage à Morris restera comme un des temps forts de 2016. J'en écrirai une critique plus synthétique bientôt.

- Capitaine Anchois. Floris produit deux gags cette semaine : un en une page toujours aussi malicieux et idiot, et un strip sarcastique implacable.

- Happy Birds. Trondheim et Piette livrent trois nouveaux strips qui ne font pas décoller leur série mais amusent quand même. Gare quand même au surplace qui guette...

- L'Atelier Mastodonte. Je mentionne la série par sympathie, mais ces deux doubles strips, par Tofépi (toujours au coeur des gags) et Obion, sont très faibles. Le titre accuse un sérieux coup de moins bien en ce moment et le rebond se fait attendre.

- Tash & Trash. Par contre, s'il en est un qui ne me déçoit jamais, c'est Dino : son strip est encore une pépite d'ironie (ça ne console pas de l'absence de Dad mais Nob revient la semaine prochaine, remplacé cette fois-ci par Les Minions - voir ci-dessous :). 

En direct de la rédak rend visite une nouvelle fois à Arthur de Pins, en pleine production du long métrage Zombillenium. La semaine prochaine, Les Minions ont droit à la couverture et quatre pages.
Les aventures d'un journal se souvient d'une série oubliée (et visiblement oubliable), Martin Lebart, écrite par Charles Jadoul et dessinée par Arthur Piroton, qui s'inspira de Paul Meurisse pour représenter un personnage.

Les abonnés ont en supplément un guide sur les artistes madrilènes : la capitale ibérique regorge de talents, confirmés ou en devenir.

dimanche 10 avril 2016

Critique 861 : SPIROU N° 4069 (6 Avril 2016)


Tamara revient pour un 15ème tome : c'est toujours aussi lourdingue et mauvais (et ça vient d'être adapté pour le cinéma !)... Heureusement, pour compenser, Le Club des Huns est aussi de retour comme l'indique le bandeau.
 Le strip d'Animal Lecteur
par Salma et Libon épingle intelligemment
les différentes éditions d'album (à des prix exorbitants) :
une dérive commerciale au détriment 
d'une conception démocratique de la BD...

J'ai aimé :

- Une aventure de Spirou et Fantasio : Fantasio se marie (3/9). Seccotine et Spirou sont sur la piste de la voleuse du collier "Le Clair de Lune". Après une visite express au Musée du Bijou, les voilà obligés d'enquêter au coeur d'un défilé de haute couture...
Ce troisième chapitre est toujours aussi jubilatoire et réserve une hilarante séquence où Spirou doit déambuler au milieu d'un essaim de mannequins court vêtues (voir ci-dessus), permettant aussi d'admirer avec quel brio Feroumont réussit à croquer des filles sans les cloner. Mais l'excellence de l'auteur passe aussi par sa faculté à passer de l'aventure à la comédie : on ne s'ennuie pas une seconde, on rit de bon coeur. C'est un régal !

- Lady S : La faille (6/6). L'attentat des cubains contre Guantanamo est déjoué par l'intervention de la CIA. Anton quitte à nouveau Shania pour repartir avec Orion, le chef du Circat. Mais une terrible surprise attend Conrad et Shania à leur hôtel...
Fin de l'histoire et Philippe Aymond a gardé un joker dans son jeu avec un dénouement spectaculaire et dramatique, qui donne très envie de découvrir le prochain tome. Cette post-publication aura été un plaisir : je n'aurai jamais acheté l'album, mais Aymond a repris seul la série avec de la qualité, aussi bien narrativement que graphiquement.

- Autour d'Odile. Madaule s'intéresse au sort du chevalier épris d'Odile, devant lequel se dresse le dragon : un gag encore une fois très réussi, à la chute cuite à point...

- Le Club des Huns : Qui veut l'appeau ? Attila a fait voler le sac de flûtes d'Hamelin dans l'espoir de découvrir avec laquelle il pourra attirer des tigres... Dab's est très en forme avec ce mini-récit de trois pages à l'humour toujours réjouissant et délirant.

- Boni : Le chocolat de Pâques. Quatre strips rigolos de Ian Fortin, avec une mention spéciale au dernier - toujours très plaisant de voir cette brute épaisse de Bruno complètement désarmée.

- Capitaine Anchois. Floris développe un gag en deux pages sur les ronflements du capitaine : le remède est encore pire que le mal, sauf pour le lecteur qui sera ravi.

- L'Homme qui tua Lucky Luke (9/10). Tandis que les hommes de Froggy Town sont à leur poursuite, les frères Bone se rendent à Lucky Luke et commencent à passer aux aveux...
Qu'ajouter à ce qui a déjà été dit ? L'album, paru depuis le 1er Avril, reçoit un accueil critique et public enthousiaste plus que mérité, et l'avant-dernier épisode de la pré-publication confirme l'exceptionnelle qualité du travail de Matthieu Bonhomme. Le récit a conservé toute sa tension et le dénouement ne devrait pas manquer de panache. Visuellement, c'est fabuleux : le découpage est remarquable, le soin apporté aux ombres et lumières sublime... Vraiment bluffant !

- Happy Birds. Pekko revient, toujours en tenailles entre sa gloire et ses déboires : il ne manque pas grand-chose aux strips de Trondheim et Piette pour combler leurs fans, juste peut-être que la série décolle vers plus de folie, révèle une dimension supplémentaire pour échapper à une légère routine. Mais c'est déjà très bien.

- L'Atelier Mastodonte. Je mentionne le titre un peu par habitude, plus que par conviction car les strips d'Obion et de Tofépi ne sont pas fameux. L'arrivée de Tofépi en particulier ne produit pas des effets comiques bien inspirés. Tout cela stagne en ce moment (comme Happy Birds). Mais j'ai bon espoir que le rebond arrive vite.

- Tash & Trash. Dino, lui, ne connaît pas de baisse de régime : son strip hebdo est toujours aussi bien foutu.

- Game Over. Un gag à la bougie par Midam : rien de génial, mais quand même une imagination peu commune pour concevoir les pires supplices.

- Dad. La contrariété et les soucis accablent le Papa de manière vraiment... Epidermique ! Nob est cruel, mais il est surtout toujours drôle (voir ci-dessous). Et pour les mordus comme moi, vous pouvez aussi vous procurer le premier tome de La Cantoche (des gags parus dans "J'aime lire").

En direct de la rédak donne la parole à Darasse à propos de Tamara (on apprend que Zidrou cesse d'écrire la série après ce tome 15, laissant seule aux commandes Louise... La propre fille de Darasse. Vive le népotisme !). La semaine prochaine, le tome 4 Dent d'Ours de Yann et Henriet commence sa pré-publication.
Les aventures d'un journal revient sur un épisode des Schtroumpfs en 1980, à une époque où, déjà, Peyo était devenu davantage un marchand (à la limite de l'escroc, il faut le dire) qu'un auteur. Si l'article se veut bienveillant, c'est raté. Mais c'est instructif et édifiant.

Les abonnés ont en en supplément une mini-bibliothèque des mini-récits du journal de "Spirou" à confectionner (facile : même moi j'y suis arrivé !).

mercredi 6 mai 2015

Critique 611 : SPIROU N° 4020 (29 Avril 2015)


C'est un autre numéro un peu particulier que ce 4020 puisque la rédaction et les auteurs saluent le départ à la retraite de Blandine Masuy, assistante à la rédaction. Le sommaire retrouve toutefois ses habitudes et la "une" met à l'honneur les Cavaliers de l'Apocadispe, et en bandeau le retour de Nicoby. 

J'ai aimé :

- Dad. Nob adresse un clin d'oeil irrésistible à Walking dead... Et un gag sur les droits d'auteur tout aussi bien senti. J''ai beau chercher, je n'ai jamais été déçu par ce titre qui a vraiment la grâce : l'écriture, les dessins, tout est parfait.

- Dents d'Ours : Werner (7/9). Werner est démasqué par les SS tandis qu'Hannah est repérée par ses ennemis...
Comme précédemment, seulement quatre petites pages : c'est très frustrant, mais Yann tient si bien son affaire qu'on reste accroché. Henriet produit toujours des planches de très belle facture, que la colorisation de sa femme Usagi sublime.

- Visite de courtoisie. Nicoby est un auteur (trop) rare dans les pages de la revue, comme en témoigne à nouveau ce petit récit de quatre pages : une histoire sur un papy très filou, qui tape l'incruste chez son fils et sa bru. L'hommage à Blandine Masuy est délicieux et le résultat impayable.

- Ma grand-mère est une sorcière : Le contrôle. Une contrôleuse de la caisse de retraite vient rendre visite à Mamita : elle devrait se méfier, ce n'est jamais bon d'agacer une sorcière... Bouzard y va, lui aussi, de son salut à Blandine et livre deux pages très drôles, avec une chute épatante.

- Boni : Le cheval mécanique. Ian Fortin livre quatre nouveaux strips remarquables : son humour est économe, mais il sait tirer le maximum de chaque situation en trois cases par bande. La revue a été bien inspirée de le recruter.

- Les Cavaliers de l'Apocadispe font un beau cadeau. Libon dit, lui aussi, au revoir à Blandine mais ne s'en contente pas en imaginant une nouvelle aventure hilarante avec ces trois héros crétins. Les dessins (qu'il assure comme pour Animal lecteur, qu'on trouve chaque semaine à côté du sommaire) participent au régal : minimaliste mais d'une efficacité redoutable.

- Rob. James et Boris Mirroir entraînent leurs deux héros sur un court de tennis : l'occasion de réparties bien amusantes sur le sport et la différence entre en regarder et le pratiquer.

- Le Club des Huns. Dab's, absent du n° précédent, a pris le temps de produire deux nouveaux doubles strips croquignolets avec sa bande de barbares baltringues : toujours aussi tordants (avec mention au deuxième gag).

- Zizi chauve-souris. Suzie sait se montrer impitoyable, mais Trondheim et Bianco dévoilent aussi (au deuxième strip) une facette plus tendre de leur héroïne. La série prouve ainsi qu'elle reste drôle tout en étant subtilement inattendue.

- L'Atelier Mastodonte. Benoît Féroumont et Pascal Jousselin sont aux manettes cette semaine : on est donc gâtés, et les deux doubles strips sont également bons (retour de l'oncle Freddy et malentendu sur des efforts de la rédaction).

En direct de la rédak donne la parole à la fameuse Blandine Masuy (et le lecteur a droit à un chouette portrait par Féroumont), puis à Fred Neidhardt (sur les coulisses du faux inédit de Spirou). La semaine prochaine, c'est Passe moi l'ciel qui sera à la "une" !
Les aventures d'un journal revient sur les débuts du mythique Yvan Delporte en 1950 (appelé en renfort sur Jean Valhardi) et ceux de Blandine (née cette même année). C'est vraiment sympa d'avoir salué ainsi cette collaboratrice.

Et j'espère que vous êtes abonné comme moi parce que le supplément de ce numéro est vraiment exceptionnel : une splendide carte de "joyeuse retraite" dessiné par le génial Al Séverin (qui est apparemment, et heureusement, revenu sur sa décision d'arrêter sa carrière).

Critique 610 : SPIROU N° 4019 (22 Avril 2015)

Malgré le retard pris dans mes lectures et mes critiques, j'ai tenu à parler du numéro de Spirou d'il y a quinze jours (avant que j'ai été contraint d'arrêter d'alimenter mon blog). Bien entendu, je posterai aussi une entrée sur le n° de la semaine dernière.


C'est donc un numéro spécial, au sommaire largement bouleversé, que la rédaction a sorti à l'occasion de la Journée Mondiale de la Terre. L'occasion aussi d'une superbe couverture par Tome & Janry.

Le sommaire comporte deux parties, avec la suite des séries en cours de pré-publication, et quasiment tout le reste où les auteurs se sont adaptés au thème.
J'ai aimé :

- Dents d'Ours : Werner (6/9). Jadis, Werner prend dans des circonstances tragiques l'identité de son meilleur ami Max, agressé avec son père par des membres des Jeunesses hitlériennes. Hanna apprend la mort d'Hitler mais refuse d'en rester là et s'envole à bord de l'aile volante pour sa dernière mission...
L'épisode est encore très bref (4 pages) mais néanmoins décisif : Yann y place des informations importantes qui impacte considérablement l'intrigue. Très efficace. Comme d'habitude, les dessins d'Henriet sont magnifiques, avec des personnages expressifs, des décors soignés. On aimerait vraiment que la revue propose des chapitres plus longs au lieu de morceler ainsi l'histoire.

Après ça, on passe au dossier consacré à la Journée Mondiale de la Terre, abordé diversement par plusieurs auteurs. J'ai surtout aimé :

- Dad. Nob réussit à glisser subtilement et sans sacrifier l'humour de sa série une allusion aux préoccupations écologiques via le personnage de Roxane. Y a pas à tortiller : c'est génial, sans se donner de grands airs, et divinement dessiné.

- Givrés ! Amalric et Madaule décalent légèrement mais habilement le centre de leur série pour évoquer le réchauffement climatique et son impact sur la banquise. Résultat : 3 pages ironiques mais bien senties, avec une chute... Glaçante.

- Le Royaume. Avec Nob, Benoît Féroumont est un des auteurs complets que j'ai découvert depuis que je suis abonné à la revue et que j'apprécie le plus, en déplorant qu'il ne produise pas plus régulièrement. Il livre là un gag en une planche savoureux.

- Nourrir la planète sans pesticides. Fred Neidhardt (qui a réalisé le faux épisode inédit de Spirou façon Rob-Vel) nous présente Pascal Poot, un agriculteur aux méthodes atypiques et révolutionnaires. Deux planches qu'il faudrait faire lire au ministre de l'agriculture et à la commission européenne pour qu'ils comprennent que d'autres modes de production, aussi économiques, existent.

- Interview express. Marie Gloris Bardiaux Vaïente (pour le script) et Jean-Paul Krassinsky (pour les dessins) ont réalisé deux planches au procédé très simple (la retranscription illustrée de questions posées aux passagers d'un TGV) mais rudement malin : pas de moralisme là-dedans, mais quelques réflexions instructives qui prouvent que l'écologie n'est pas mal perçue par les citoyens, simplement considérée avec pragmatisme.

- Le Labo : Urgence climatique. Jean-Yves Duhoo nous emmène au GIEC (Groupe d'experts Intergouvernemental pour l'Evolution du Climat) : la leçon est très clairement exposée, les Schtroumpfs jouent les guest-stars, et on en sort vraiment éclairé sur les enjeux de la prochaine conférence sur le climat qui aura lieu à Paris à la fin de l'année.

- Boni : Anti-pollution. Le lapin et son père de Ian Fortin sont au coeur de quatre strips très drôles et piquants sur la pollution : plus que jamais, un auteur à surveiller car même dans un exercice imposé il conserve toutes ses qualités.

- Rob. La série de James et Boris Mirroir est un espace tout indiqué pour causer écologie puisque le robot et son maître sont des emblèmes de la société de consommation : les deux doubles strips de la semaine ne déçoivent pas, pertinents sans perdre leur ironie.

- L'Atelier Mastodonte. Pour la peine, on a droit cette semaine à deux pages (quatre doubles strips) et pas par n'importe qui : Benoît Féroumont présente son oncle à la bande et leur fait la leçon avec malice, Jérôme Jouvray râle sur les contraintes écolos que veut imposer la rédaction, Obion signe en deux cases une épatante métaphore, et Mathilde Domecq se moque de l'emportement de Frédéric Niffle. Là encore, la faculté d'adaptation des auteurs est épatante : la série ne perd pas son ADN mais exploite astucieusement le sujet.

- Tash & Trash. Dino livre un strip absurde et réjouissant avec ses deux créatures : bref, mais percutant.

Les autres contributeurs font preuve de bonne volonté, mais pas toujours d'inspiration (à l'image d'Isa, qui n'avait vraiment pas besoin de parler du pathétique Claude Allègre ou de Matthieu Sapin qui évoque sa rencontre avec Nicolas Hulot sur un ton qui se veut à la fois badin et concerné sans être ni amusant ni avisé).

En direct de la rédak donne la parole à quelques auteurs ayant participé au numéro, qui expliquent leur approche du thème : un bon complément. Et la semaine prochaine, les Cavaliers de l'Apocadispe préparent quelque chose de pas banal (on va rigoler) !
Les aventures d'un journal revient sur un précédent numéro, en 2007, qui sensibilisait les lecteurs à l'écologie et qui permet aux auteurs d'alors de bien se marrer.
A noter aussi que la rubrique BD Boutik propose une sélection d'albums sur le sujet (dont l'excellent Auto-Bio de Cyril Pedrossa, un des premiers livres dont j'ai parlé sur ce blog).

Les abonnés ont eu droit à un bonus décevant (un poster ludique de Pic Lelièvre), pas à la hauteur de l'événement. Dommage.

dimanche 19 avril 2015

Critique 607 : SPIROU N° 4018 (15 Avril 2015)


Le retour d'Imbattable assure un bon moment de lecture. Les héroïnes des Nombrils figurent sur le bandeau, pour, elles aussi, un court récit.
(La semaine de Spirou : un édito très marrant cette semaine !)

J'ai aimé :

- Dad. Papa prend le frais dans un square avec Bébérinice: ne croyez jamais que c'est simple de surveiller un bébé ! Nob est toujours au sommet : en quatre bandes et 11 cases, il brode des péripéties drôles et tendres, avec une chute "smoutch" à souhait. Les dessins sont merveilleux.

- Dent d'ours : Werner (5/9). Et si Werner n'était pas celui qu'on croyait : le secret sur sa véritable identité et son passé se trouvent dans un drame de jeunesse...
Encore un épisode très bref (4 pages) mais Yann y dévoile un twist vraiment épatant, qui relance complètement l'intrigue, ses enjeux : on peut toujours déplorer le rythme de cette pré-publication mais malgré tout, ce récit est prenant. Et les dessins de Henriet sont superbes, même quand il est privé d'avions.

- Ma grand-mère est une sorcière : La disparition. Frudule a perdu, comme chaque année à la même période, sa grand-mère, Mamita, et sollicite l'aide de ces deux nigauds de Thierry et Clint.
Guillaume Bouzard renoue avec sa meilleure veine dans ce court récit (4 pages) : sur un argument très simple, il nous mène par le bout du nez. C'est une série bizarre, au graphisme décalé, mais dont la légère étrangeté fait tout le charme.

- Boni : Les monstres en dessous du lit. Ian Fortin réalise quatre nouveaux strips très rigolos, qui ne manqueront pas d'évoquer, par son thème, un gag récurrent de Calvin & Hobbes, mais sans imiter Bill Watterson. La chute de la dernière bande est irrésistible.

- Imbattable : Le retour du Plaisantin. La Némésis d'Imbattable a trouvé un moyen de s'évader de prison, mais Imbattable va se dresser sur son chemin.
Pascal Jousselin, à chaque nouvel épisode de sa série, joue en virtuose avec les règles du découpage, sans la lignée des expérimentateurs comme Marc-Antoine Matthieu ou Fred, avec une malice supplémentaire : cette fois encore, il mystifie le lecteur, qui devra lire en transparence les deux dernières planches (sur les 6 que compte l'aventure) pour apprécier l'astuce. C'est bluffant, aussi bien en ce qui concerne la narration que la prouesse graphique.

- Minions. Didier Ah-Koon et Renaud Collin ne sont pas toujours inspirés avec leurs lutins jaunes, mais le gag de cette semaine renoue avec leurs meilleures trouvailles : tous ceux qui auront joué au "catcher" dans une foire foraine apprécieront...

- Le Club des Huns. Les hommes d'Attila sont d'humeur taquine et le pauvre Bruno en fait les frais avant que le chef prenne cher : Dab's est très en forme encore une fois. Sa troupe de barbares aussi bête que leur leader produisent des gags désopilants que le dessin économe sert à merveille.

- Zizi chauve-souris. Pas simples, les retrouvailles entre le mentor de Suzie et sa grand-mère : Trondheim et Bianco ont l'art et la manière de nous faire marrer avec trois fois rien, jouant sur le comique de répétition en orfèvres.

- L'Atelier Mastodonte. Trondheim et Bianco, encore eux, se rappellent du dernier festival d'Angoulême : une épreuve de patience pour le premier, le décadence pour le second. Pas le meilleur cru de la série (d'autant que la situation commence quand même à dater), mais les mésaventures de Bianco sont quand même croquignolettes.

- Tash & Trash. / Captaine Anchois. Dino et Floris à leur top : une rupture poilante et un jeu avec les pirates qui dégénère mais dans les deux cas, des strips imparables

En direct de la rédak donne la parole à Delaf et Dubuc, les auteurs des Nombrils : dommage que leur BD ne soit pas aussi intéressante que leur discours... La semaine prochaine, numéro spécial pour la journée mondiale de la Terre (avec donc un sommaire qui sera un peu chamboulé).
Les aventures d'un journal revient sur la carrière d'Arthur Piroton, le mythique dessinateur de Jess Long : j'ai eu la chance, il y a longtemps (dans les années 80) de rencontrer cet artiste fabuleux, et ça me fait plaisir de voir que Spirou lui rende hommage, vingt après sa mort.

Les abonnés ont droit à un beau Fan-Art : Les Tuniques Bleues, avec des contributions, entre autres, de Bonhomme, Henriet, Dab's, et Jousselin.

dimanche 12 avril 2015

Critique 603 : SPIROU N° 4017 (8 Avril 2015)


Yoko Tsuno revient et a donc droit aux honneurs de la "une" : la série de Roger Leloup a quand même pris un coup de vieux, 44 ans après sa création...

J'ai aimé :

- Dad. Roxane réécrit les contes de fée de que son père raconte à Bébérénice : toujours pas crédible, mais plus tonique. Nob ne quitte pas les sommets où il est confortablement installé pour son 65ème gag.

- Les aventures de Spirou. Suite et fin du poisson d'Avril bluffant concocté par Fred Neidhardt : tout se termine de manière délirante, mais on saluera le travail de l'artiste qui a su amuser la galerie en rendant un hommage très soigné à Rob-Vel.

- Dent d'ours : Werner (4/9). Hanna choisit Werner/Max pour la seconder dans le cadre du "projet A". Le jeune homme se souvient des persécutions subies par lui et sa famille à cause des jeunesses hitlériennes.
L'histoire suit son cours, cahin-caha : on aimerait aimer davantage ce récit au rythme inégal même si Yann sait intriguer le lecteur. En revanche, les dessins de Henriet sont toujours magnifiques et rattrapent en quelque sorte la narration. A voir quand même si cela tiendra sur les 5 épisodes restants (c'est la limite d'une pré-publication aussi longue).

- Boni : La petite sortie en famille. Ian Fortin, après ses premiers strips où son drôle de héros subissait beaucoup, rectifie le tir en en faisant un personnage plus malicieux : ça reste un bonheur.

- Le Club des Huns. De l'art de donner l'assaut et de celui de l'hémistiche : Dab's continue à dérouler tranquillement mais de façon réjouissante ses doubles strips et prouve qu'il est aussi à l'aise avec le gag visuel qu'avec l'humour qui s'appuie sur le texte.

- Rob. James et Boris Mirroir explorent la libido de leur robot quand il se fait draguer : c'est toujours aussi absurde et réussi, ça ne ressemble à rien mais c'est ça qui est bien.

- Zizi chauve-souris. Trondheim et Bianco mettent en scène avec toujours un humour acide la tentative de retrouvailles entre le coach de Suzie et sa mère : trois strips où le dessin expressif et les dialogues féroces se marient à merveille.

- L'Atelier Mastodonte. Les cafards ont envahi l'atelier : Trondheim refuse d'y retourner tant que le problème n'est pas réglé, Jousselin le rassure (aux dépens de Caillez). Pas du meilleur niveau pour cette série, mais quand même agréable (et sans crainte pour la suite, vu la faculté de rebond du titre).

En direct de la rédak donne la parole à Arthur de Pins en pleine production de son dessin animé adapté de sa BD Zombillenium (apparemment, l'artiste va continuer à donner régulièrement des nouvelles de ce projet ambitieux). Et, joie, la semaine prochaine, Imbattable est de retour !
Les aventures d'un journal revient sur le n° 2000 de la revue dans laquelle démarra la pré-publication de La Soupe aux Schtroumpfs, auquel Marc Wasterlain participa activement mais pour qui l'expérience s'avéra très ingrate.

Pour agrémenter ce n° plutôt moyen, les abonnés ont droit à un stripbook narrativement inventif (mais hélas ! pauvrement dessiné) : Andy & Angie - Happy bofday. 

dimanche 5 avril 2015

Critique 598 : SPIROU N° 4016 (1er Avril 2015)


Tiens, tiens : une histoire inédite de Rob-Vel publiée juste pour le numéro qui sort le 1er Avril... Tout ça ressemble fort à un poisson d'Avril ! Mais il faut reconnaître que le canular a été très bien préparé (avec un teasing il y a plusieurs semaines et un article dans ce numéro, imaginant les conditions dans lesquelles ont été retrouvées ces planches) et extraordinairement bien réalisé (en l'occurrence par Fred Neidhardt, qui signe les bandeaux de la page Les aventures d'un journal), qui a su imiter à la perfection le style du papa de Spirou. Bravo !

J'ai aimé :

- Une aventure de Spirou. J'avoue avoir été mystifié par cette blague car je connais très mal le travail de Rob-Vel et que ça me plaisait de croire qu'un inédit avait été miraculeusement exhumé. L'histoire en soi, qui trouve sa conclusion dans le n° 4017, n'a rien de renversant, même si son étrangeté (due au fait qu'elle aurait été inspiré par le film de Todd Browning, Freaks) est savoureuse. 
Le soin avec lequel le graphisme a été imité est sidérant, mais Fred Neidhardt a peut-être un peu exagéré ses dialogues pour que son canular soit parfait. Quoiqu'il en soit, voilà un poisson d'Avril diabolique joué !

- Dad. Le papa veut relancer sa carrière de comédien et s'entretient avec une conseillère d'une agence du spectacle... Qui préférerait le placer comme baby-sitter ! Nob semble à l'abri de tous les faux pas, depuis que j'ai découvert sa série, il n'a jamais faibli : excellent comme d'hab' (comme Dad) !

- Dent d'ours : Werner (3/9). Hanna a pu s'entretenir avec Hitler et découvrir quel était le mystérieux "projekt A", qu'elle va diriger. Mais qui sera son compagnon de vol à bord de l'aile volante HO 229 ?
Yann et Henriet ont beau développer une histoire romanesque à souhait, elle est quand même fondée sur des faits réels puisque l'Allemagne nazie, en pleine débâcle, avait bien prévu de bombarder New York avec des ailes volantes. Raconté de l'intérieur, cet épisode est palpitant. Et visuellement, il est magistralement dessiné, avec des personnages bien campés, des décors soignés et des coucous minutieusement designés.

- Boni : Le grand-papa de Boni. Où l'on fait la connaissance du grand-père du lapin, très agacé par Boni, même s'il pense tendrement à lui en secret. Ian Fortin réussit quatre strips très rigolos, avec ce graphisme acidulé délicieux.

- Adeline : Disco inferno. Claire, une copine d'Adeline, vient d'être larguée par son mec : elle choisit de guérir son blues en sortant en boîte de nuit. Alex Lopez est en forme avec ce récit court (5 pages), qui, s'il exploite le même filon que ses précédents épisodes (Adeline se tourne en ridicule), doit beaucoup à son dessin tonique.

- Givrés. Amalric et Madaule n'avaient pas livré un bon gag depuis quelque temps : en épinglant l'hypocrisie de leurs héros, ils rectifient le tir et aboutissent à une chute bien vue.

- Ma grand-mère est une sorcière : Cache-cache party. Guillaume Bouzard a un univers vraiment bien à lui, bien frappé mais marrant : ces deux pages confirment que chacune de ses productions procure un bon moment en Absurdie.

- Le Club des Huns. Être chef, c'est donner l'exemple en lançant l'assaut : Attila va le regretter... Mais pas le lecteur à qui Dab's offre deux doubles strips toujours aussi piquants (comme le pal).

- Rob. Le robot a tapé dans l'oeil de Mlle Shirley, et James et Boris Mirroir adressent un clin d'oeil réussi à Gaston et Mlle Jeanne. Faire référence à Franquin est toujours périlleux, sauf quand on a du talent, comme c'est le cas ici.

- Zizi chauve-souris. Au programme cette semaine : tuer avec une éponge ! Trondheim et Bianco délirent mais le résultat est toujours réjouissant.

- L'Atelier Mastondonte. Choisir un pseudo empêche-t-il de choper la grosse tête ? Et les cafards vont-ils avoir raison de l'atelier ? Jérôme Jouvray et Pascal Jousselin vous répondent (même si les sales bêbêtes vont certainement alimenter la série un petit moment) et c'est drôle (mention à Jouvray).

- Tash & Trash. Dino, après son petit coup de mou de la semaine dernière, retrouve des couleurs avec un strip toujours aussi minimaliste mais plus relevé. 

En direct de la rédak donne la parole à Bruno Dequier qui est en train de terminer le prochain tome de Louca, dont la pré-publication démarrera avec le n° double "spécial vacances" (n° 4029-4030). Et Yoko Tsuno revient, elle, la semaine prochaine : séquence nostalgie en prévision pour la création de Roger Leloup.
Les aventures d'un journal revient sur les poissons d'Avril de la revue, en particulier les annonces d'adaptation au cinéma de Spirou - deux projets, bien réels, sont actuellement en préparation (un long métrage sur le Petit Spirou et un autre avec Spirou et Fantasio).

Les abonnés ont droit à un manuel de farces concocté par Pic Lelièvre (auteur de Pic & Zou) : c'est approprié. 

mercredi 1 avril 2015

LES COUVERTURES DU MOIS : AVRIL 2015

Ne perdons pas de temps ce mois-ci et dévoilons les 11 couvertures qui ont retenues mon attention dans les sorties prévues en Avril.

 REBELS #1 
par Tula Lotay 
(Dark Horse Comics)
 CONVERGENCE : HAWKMAN #1 
par Rafael Albuquerque 
(DC Comics)
EI8HT #3
par Rafael Albuquerque
(Dark Horse Comics)
SAGA #27
par Fiona Staples
(Image Comics)
 BLACK WIDOW #17
par Phil Noto
(Marvel Comics)
 DAREDEVIL #15.1
par Chris Samnee
(Marvel Comics)
 DAREDEVIL #15
par Chris Samnee
(Marvel Comics) 
 HOWARD THE DUCK #2
par Joe Quinones
(Marvel Comics)
 S.H.I.E.L.D. #5
par Julian Totino Tedesco
(Marvel Comics)
 SILVER SURFER #11
par Mike Allred
(Marvel Comics)
SPIDER-WOMAN #6
par Javier Rodriguez
(Marvel Comics)

Comme d'hab', n'hésitez pas à commenter cette sélection - et à citer d'autres couvertures que vous auriez aimé y voir.

dimanche 6 avril 2014

Critique 431 : REVUES AVRIL 2014

 X-MEN 10 :

- X-Men : La Bataille de l'Atome #6-10 :  All-New X-Men #17 / X-Men #6 / Uncanny X-Men #13 / Wolverine et les X-Men #37 / Epilogue.

 (Extrait de All-New X-Men #17.
Texte de Brian Michael Bendis, dessin de Stuart Immonen.)

Dans le futur, les mutants convainquent Alison Blaire alias Dazzler de se présenter à la Présidence de la République. Elle remporte les élections mais est assassinée lors de son discours d'investiture : c'est la drame qui va scinder les mutants en deux camps. Xorn/Jean Grey, le petit-fils de Charles Xavier, le Fauve, Molly Hayes et Iceberg ont ainsi décidé de renvoyer à leur époque d'origine les tout premiers X-Men, c'est ce que découvrent Magie, le jeune Hank Mcoy et le jeune Bobby Drake lorsqu'ils rencontrent les autres X-Men du futur...
(Extrait de X-Men #6.
Textes de Brian Wood, dessins de David Lopez.)

Doutant de la bonne foi des X-Men du futur depuis leur apparition, Wolverine leur livre quand même les premiers X-Men. Mais la situation dégénère lorsqu'ils apprennent que Bobby et Hank sont partis avec Magie enquêter dans le futur.
 (Extrait de Uncanny X-Men #13.
Textes de Brian Michael Bendis, dessins de Chris Bachalo.)

Les Uncanny X-Men arrivent alors à l'école Jean Grey avec Magie, Hank, Bobby et les autres X-Men du futur pour tenter de régler la situation. En tentant de renvoyer les premiers X-Men dans le passé, le vieux Fauve échoue inexplicablement...

(Extrait de Wolverine et les X-Men #37.
Textes de Jason Aaron, dessins de Guiseppe Camuncoli.)

Les X-Men du futur prennent la fuite en enlevant les premiers X-Men, avec un nouveau plan en tête : provoquer un affrontement entre humains et mutants qui forcera ces derniers à comprendre que les autorités gouvernementales veulent leur perte à tout prix.

(Extrait de X-Men : Battle of the Atom #2.
Dessins de Esad Ribic.)

Les X-Men du futur attirent le SHIELD jusqu'à la base militaire où a eu lieu le tout premier affrontement entre les X-Men et Magneto. Les héliporteurs du SHIELD sont piratés et lâchent leurs armes secrètes anti-mutants : une nouvelle génération de Sentinelles.
Le dénouement de cette aventure va profondément affecter les mutants...

C'est le second acte du crossover impliquant les séries All-New X-Men, X-Men, Uncanny X-Men et Wolverine et les X-Men.
Si la première partie péchait par un rythme un peu faiblard et une exposition un peu laborieuse de la situation, celle-ci souffre des défauts opposés : les évènements se bousculent à une cadence infernale, avec un casting pléthorique, jusqu'à une conclusion expéditive.
En comptant tous les personnages de toutes les équipes en action, X-Men du passé, du présent et du futur, on arrive en effet à une distribution qui avoisine les trente et à ce jeu, il y a de la casse. Il faut s'accrocher pour ne pas être perdu en route, surtout lorsque plusieurs incarnations d'un même personnage se retrouvent dans une scène. A l'évidence, les concepteurs de ce crossover (Jason Aaron et Brian Wood) ont eu les yeux plus gros que le ventre, et quand il s'est agi de mettre tout ce monde en scène, personne n'a su comment s'en sortir. Le dénouement est même fatiguant, s'étirant péniblement sur une trentaine pages confuses, avec pas moins de trois auteurs, cinq dessinateurs et six encreurs !
Le trop est l'ennemi du bien et Battle of the Atom en est le parfait exemple.

Pourtant, au milieu de ce gloubiboulga, il y avait quelques bonnes idées, dont certaines sont esquissées et qui seront peut-être exploitées plus tard : on y voit Quentin Quire (personnage de l'ére Morrison des New X-Men, désormais une des vedettes de Wolverine et les X-Men de Aaron) en possession du pouvoir du Phénix, on apprend que Wolverine a eu d'autres enfants, que Shogo (le bébé adopté par Jubilee) ou Wiccan (des Young Avengers) ou Colossus sont amenés à occuper des rôles importants (dans ce dernier cas, il semble que son retour du côté des gentils soit imminent dans la série Amazing X-Men, qui sera traduite dans cette revue à partir du mois prochain).
Il apparaît aussi que, comme cela était suggéré dans les Uncanny X-Men de Brian Bendis, le SHIELD a effectivement mis sur pied de nouvelles Sentinelles : une révélation qui va certainement impacter les relations entre l'agence et les mutants de tous bords.
Mais hélas ! ces bons points sont noyés dans une intrigue trop tarabiscotée, qui sert mal le 50ème anniversaire des X-Men (puisque c'était l'intention initiale).

Reste la partie visuelle, qui est également très inégale.
Stuart Immonen sort du lot en réalisant une nouvelle fois des merveilles sur ANXM : un épisode qui ne lésine guère sur les pleines et doubles pages, pas son meilleur effort, mais avec des images fortes, des personnages expressifs, un vrai dynamisme, une exécution soignée.
David Lopez est aussi très en forme sur X-Men : il y a là un beau mix d'élégance dans le trait et d'énergie dans l'action, et on est encore dans une succession de bonnes séquences sur le plan narratif.
Les choses se maintiennent à un niveau potable avec Chris Bachalo sur UXM, même si plus les pages défilent, plus le degré de finition est aléatoire (il faut dire qu'avec cinq encreurs, on ne peut guère s'illusionner sur la cohérence esthétique).
Puis c'est la dégringolade absolue et irréversible : Guiseppe Camuncoli enchaîne des pages d'une médiocrité indigne sur W et LXM, soulignée par un encrage gras et bâclé d'Andrew Currie.
Camuncoli qu'on retrouve ensuite sur 8 pages de l'épilogue, toujours aussi peu inspiré. Esad Ribic rend une copie aussi mauvaise sur les 14 pages qu'il réalise (décors aux abonnés absents, finitions approximatives). Kris Anka s'exprime sur 3 pages sans montrer quoi que ce soit de meilleur. Bachalo revient illustrer deux pages à la va-vite. Et Immonen termine le boulot, visiblement à bout de souffle (même si ces ultimes pages contiennent le vrai twist de la saga).

Bilan : pas glorieux - empêtrée dans un récit boursouflé, cette saga s'avère une déception. Même si les cartes sont un peu redistribuées à la fin, subsiste un sentiment de "tout ça pour ça". Les dessins ne sauvent pas les meubles, même si Immonen et Lopez se détachent. Dommage.

dimanche 9 juin 2013

LA COUVERTURE DU MOIS "FORUM COMICS" : AVRIL - MAI - JUIN 2013

J'avais complètement oublié de poster les résultats des votes pour La Couverture du Mois "Forum Comics" depuis le mois de Mars. Il est temps de corriger ça avec cette triple dose couvrant les mois d'Avril, Mai et Juin.
Le procédé n'a pas changé : je pioche dans les sollicitations de tous les éditeurs américains (Marvel, DC, Image, Dark Horse, Boom !, Aspen, etc) et j'établis une sélection. Il s'agit de couvertures avec un graphisme original, qui donnerait envie d'acheter la série ou accroche le regard. Ensuite, les membres inscrits sur Forum Comics votent, je m'abstiens (car je ne veux pas être juge et parti). Après une période de trois semaines, le verdict tombe.
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AVRIL 2013 (8 couvertures, 11 votants) :

 1/ Fables #128 (Joao Roas / DC) : 3 voix.
 2/ Animal Man #19 (Jae Lee / DC) : 2 voix.
 3/ Sex #2 (Piotr Kowalski / Image) : 2 voix.
 4/ Venom #34 (Declan Shalvey / Marvel) : 2 voix.
 5/ I Love Trouble #5 (Mark Robinson / Image) : 1 voix.
 6/ The Massive #11 (John Paul Leon / Dark Horse) : 1 voix.
 7/ G.I. Joe : Cobra Files #1 (Michael Lark / IDW) : 0 voix.
 8/ Young Avengers #4 (Jamie McKelvie / Marvel) : 0 voix.

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MAI 2013 (14 couvertures, 17 votants) :

 1/ X-Men #1 (Olivier Coipel / Marvel) : 5 voix.
 2/ Uncanny X-Force #5 (Kris Anka / Marvel) : 4 voix.
 3/ X-Men Legacy #10 (Mike Del Mundo / Marvel) : 3 voix.

 4/ Animal Man #20 (Jae Lee / DC) : 3 voix.
 5/ Conan #16 (Massimo Carnevale / Dark Horse) : 1 voix.
 6/ All-New X-Men #11 (Stuart Immonen / Marvel) : 1 voix.
 7/ Mister X #1 (Hamid Baharami / Dark Horse) : 0 voix.
 8/ Batwoman #20 (J.H. Williams III / DC) : 0 voix.
 9/ G.I. Joe : Cobra Files #2 (Michael Lark / IDW) : 0 voix.
 10/ Half Past Danger #1 (Stephen Mooney / IDW) : 0 voix.
 11/ East of West #3 (Nick Dragotta / Image) : 0 voix.
 12/ Mara #6 (Ming Doyle / Image) : 0 voix.
 13/ Sex #3 (Piotr Kowalski / Image) : 0 voix.
14/ Young Avengers #5 (Jamie McKelvie / Marvel) : 0 voix.

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JUIN 2013 (16 couvertures, 15 votants) :

 1/ Fearless Defenders # 5 (Mark Brooks/Marvel) : 6 voix.
 2/ Mister X #2 (Hamid Baharami/Dark Horse) : 2 voix.
 3/ Lazarus #1 (Michael Lark / Image) : 2 voix.
 4/ Thor : God of Thunder #9 (Esad Ribic / Image) : 2 voix.
 5/ Superior Spider-Man #11 (Guiseppe Camuncoli / Marvel) : 1 voix.
 6/ Gambit #14 (Stéphane Roux / Marvel) : 1 voix.
 7/ Peanuts #9 (Charles M. Schulz / Boom !) : 1 voix.
 8/ Charismagic #2 (Amanda Conner / Aspen) : 0 voix.
 9/ The Massive #13 (John Paul Leon / Dark Horse) : 0 voix.
10/ Astro City #1 (Alex Ross / DC) : 0 voix.
 11/ Batman : Lil' Gotham #3 (Dustin N'Guyen / DC) : 0 voix.
 12/ Looney Tunes #213 (Robert Pope / DC) : 0 voix.
 13/ Superman-Batman #1 (Jae Lee / DC) : 0 voix.
 14/ Peter Panzerfaust #11 (Tyler Jenkins / Image) : 0 voix.
 15/ Fury Max #13 (Dave Johnson / Marvel) : 0 voix.
16/ Hawkeye #11 (David Aja / Marvel) : 0 voix.