jeudi 25 mars 2010

Critique 138 : FRESHMEN 1 - OPERATION BIZUTAGE, d'Hugh Sterbakov, Seth Green et Leonard Kirk

Freshmen est une série parodique publiée par Top Cow (Delcourt pour la v.f.) en 2005-2006 (pour le volume 1). C'est une création originale de Seth Green (interprète de Oz dans le feuilleton télé Buffy contre les vampires) et Hugh Sterbakov, illustrée par Leonard Kirk.
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En entrant à la fac', Annalee doit faire à de multiples désillusions : elle est obligée de partager une chambre avec trois autres étudiantes dans le centre scientifique de l'université sans partager aucune affinités avec elles. Il y a là : Paula , jeune femme dodue et commère ; Renée, une bimbo caractèrielle se disputant constamment avec son fiancé Brady ; et "Cacophonie", une gothique solitaire.
Elles voisinent avec les garçons : Liam, un amish naïf ; Jacques, un français arrogant ; Kenneth "Norrin", passionné de comics attiré par Annalee ; Charles, jeune black et fervent défenseur de l'écologie ; Elwood, petit génie en informatique ; Ray, obsédée par les filles ; et Jimmy, un rêveur.
Une fête est organisée par les élèves des classes supérieures, et lors de la soirée, une explosion a lieu dans un laboratoire de la fac'. Cet accident, qui passe d'abord inaperçu, dôte les bizuths d'étranges pouvoirs en rapport avec ce qu'ils pensaient à ce moment. Ainsi Liam peut produire des tremblements de terre en faisant vibrer son estomac, Annalee se plonger (et manipuler) les pensées des gens, Charles communiquer avec les végétaux, Elwood intoxiquer tous cex qui respirent ses rots alcoolisés, ou Paula rendre n'importe qui amoureux d'elle… Même le castor mascotte de l’école hérite d'une intelligence prodigieuse !
C'est ce rongeur et "Norrin" (le seul à n'avoir pas "profiter" de l'accident) qui convainquent les étudiants de former une équipe de super-héros, les freshmen !
Mais le Dr Théodore Tomlinson, professeur de sciences et concepteur de l'Ax-Cell-Erateur qui a explosé, est lui aussi résolu à utiliser leurs talents pour, à sa manière, faire le bien de l'humanité...
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Freshmen appartient à une catégorie de comics rare : celle de la parodie. Mais l'exercice dépasse la moquerie facile pour aboutir à une comédie certes régressive mais très bien conçue et qui fournit une lecture fort agréable, avec son lot de péripéties et un groupe de personnages attachants.
A l'origine, la série est le fruit des efforts d'Hugh Sterbakov, scénariste de séries télé (Robot Chicken), et de Seth Green, comédien (vu dans Austin Power) - même si c'est Sterbakov qui a rédigé le script. Fans de comics, ils nous offrent une relecture ludique des clichés des histoires de super héros.
Ils se sont visiblement beaucoup amusés (et à nous amusent beaucoup) avec les pouvoirs dont ils ont affublés leurs protagonistes : tantôt grotesques (les rots d’Elwood grisant autrui), tantôt parfaitement inutiles (Jacques collectant des glands comme un écureuil), ils sont la source de gags efficaces.
Mais ils savent aussi respecter les codes et s'en servir pour animer un récit enlevé, avec des séquences troublantes (le voyage intérieur d'Annalee dans les pensées de Paula) ou spectaculaires (les affrontements avec les sbires du Dr Tomlison).
Le déroulement de l'intrigue évoque des classiques comme les X-Men (avec les amants télékinésistes, l'héroïne télépathe), les FF (avec "Norrin", une référence au Surfeur d'Argent, Liam qui fait penser à Ben Grimm) ou Batman (avec un récit articulé autour des ambitions du Dr Tomlinson).
Freshmen joue la carte de la dérision mais on sent chez ses auteurs un respect et un amour pour le genre, allant jusqu'à réutiliser certaines répliques fameuses (comme le célèbre «de grands pouvoirs impliquent de grandes responsabilités » de Spider-Man).
Le début est un peu lent mais l’histoire accélère dès le deuxième chapitre, mixant avec bonheur humour, action et émotion. Construite comme un récit initiatique où chaque chapitre est une étape supplémentaire franchie par les héros, la série s'autorise même quelques audaces narratives en changeant plusieurs fois de narrateurs. Et la fin ouverte donne envie d'en savoir plus (y a-t-il eu d'autres étudiants pourvus de pouvoirs ? Comment vont évoluer les relations entre plusieurs Freshmen, comme Paula et Jacques ou Annalee et "Norrin" ?), même si ces six premiers épisodes forment un tout complet et suffisant.
Ce n'est pas aussi décapant et débridé que Nextwave d'Ellis et Immonen, mais tout à fait concluant.
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Les dessins du vétéran Leonard Kirk (Agents of Atlas) sont un régal - c'est d'ailleurs d'abord pour lui que j'ai acquis cet album.
Son trait, élégamment encré par Andrew Pepoy (déjà vu à l'oeuvre sur Fables), fait merveille dans tous les registres, conférant de l'expressivité aux personnages comme du dynamisme aux scènes d'action.
Il ne surligne aucun effet et évite ainsi à cette production de sombrer dans la vulgarité facile (même lorsqu'il s'agit de suggérer qu'un des héros est pourvu d'un pénis démesuré...).
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Freshmen a tout du "sleeper" : une bande dessinée qui ne paie pas de mine mais qui, finalement, possède une énergie irrésistible. Une curiosité, certes, mais qui mérite qu'on s'y arrête.

mercredi 17 mars 2010

Critique 137 : GOTHAM CENTRAL - UNRESOLVED TARGETS, d'Ed Brubaker, Greg Rucka, Michael Lark et Stefano Gaudiano

Gotham Central : Unresolved Targets rassemblent les épisodes 12 à 15, écrits par Ed Brubaker et Greg Rucka, et 19 à 22, écrits par Ed Brubaker, de la série dessinée par Michael Lark et Stefano Gaudiano.
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- Soft Targets (Gotham Central 12-15) raconte commnt les policiers de Gotham se trouvent dans la ligne de mire du Joker, engagé dans une série de meurtres. Le maire de la ville est assassiné et bientôt le criminel met en ligne sur Internet, grâce à des webcams, les sites qu'il vise. Un éprouvante guerre des nerfs commence alors qui trouvera son dénouement lorsque le Joker se rend aux autorités après avoir élaboré un plan diabolique aux conséquences dramatiques pour deux des membres du G.C.P.D..
- Unresolved (Gotham Central 19-22) relate comment un ancien dossier sur un meurtre collectif impliquant le Châpelier Fou est réouvert. Cette affaire est l'occasion pour le flic déchu, Harvey Bullock, d'être réhabilité car il suspecte le Pingouin d'en être le cerveau.
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Les deux histoires contenues dans Unresolved Targets mettent en évidence les deux meilleurs aspects de Gotham Central, en réussissant à porter les qualités de la série plus haut encore que dans le volume 1 (In The Line Of Duty HC).
Dans le premier récit, Soft Targets, alors que le Joker sème la panique en ville, nous voyons comment la police de Gotham est constamment entre deux feux, au centre de batailles opposant Batman et ses ennemis les plus fous.
Ed Brubaker et Greg Rucka orchestrent cette partition avec un brio éblouissant : la tension de l'histoire ne faiblit jamais, l'atmosphère anxiogène est superbement restituée, à travers des scènes aux dialogues d'une prodigieuse habileté.
L'autre trouvaille richement exploitée est d'avoir situé cette course contre la montre en hiver, à l'époque des fêtes de Noël : le contraste entre la convivialité de cette période et l'épouvante qui s'abat sur les habitants et les forces de l'ordre donne lieu à des séquences mémorables d'une intensité électrique, comme lorsque les précautions des policiers se heurtent aux intérêts du nouveau maire, qui souhaite rassurer le public en organisant une arrestation aussi spectaculaire qu'inutile de fans du Joker.
La complémentarité de Brubaker, avec son art de bâtir des intrigues palpitantes et surprenantes, et de Rucka, avec le soin qu'il apporte à chaque personnage, leurs sentiments, leurs relations, font vraiment de Gotham Central un chef-d'oeuvre de la production DC de ces dix dernières années.
La seconde histoire, Unresolved, rédigée par le seul Brubaker, est d'une facture plus classique mais d'une puissance tout aussi remarquable : elle s'articule autour d'un motif typique de la "série noire", celui de la rédemption d'un flic que ses méthodes ont dans le passé conduit à son exclusion.
Harvey Bullock était mentionné dans In The Line Of The Duty, mais les raisons de sa disgrâce restaient nébuleuses : on les découvre ici, en même temps qu'un personnage inoubliable, à la carrure impressionnante et à la trajectoire empreinte d'un fatalisme digne des meilleurs romans de David Goodis.
Cet anti-héros renvoie aussi à l'autre figure qui hant la série sans presqu'y apparaître, l'ex-commissaire Jim Gordon, le fidèle allié de Batman (totalement absent lui de ces quatre chapitres) : avec Harvey Bullock, c'est une époque révolue du G.C.PD. qui est aussi évoquée, dont il ne reste quasiment plus rien - à peine ce passé conserve-t-il pour témoin Renee Montoya.
Brubaker se sert de cette différence éthique et générationnelle incarnée par Bullock pour souligner l'évolution du commissariat à travers la détective Josie MacDonald, jeune recrue qui ne comprend pas l'indulgence des anciens partenaires de ce flic déchu alors que, dans le même temps, ils se méfient de l'agent de la brigade scientifique Jim Corrigan, un modèle d'intégrité professionnelle selon elle.
Encore une fois, les personnages densifient l'intrigue et l'intrigue enrichissent les personnages : peu de comics exploitent aussi adroitement la narration, les enjeux dramatiques et ses acteurs, sans sacrifier aucun de ces trois éléments.
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Michael Lark va aussi à partir de ces épisodes entamer une fructueuse collaboration avec l'encreur-finisseur Stefano Gaudiano : leur rencontre, qui a produit des planches magnifiques dans le récent run de Brubaker sur Daredevil, sonne déjà comme une évidence tant les deux artistes se complètent déjà à merveille.
On a peut-être affaire là au tandem qui sait aujourd'hui le mieux représenter ce qu'on pourrait appeler des "street-level stories", des récits urbains d'un réalisme saisissant : leur Gotham city est le développement de celle qu'avait cartographié David Mazzucchelli dans Batman : Year One, évoquant New York (comme le soulignait Lawrence Block dans la préface du volume 1) tout en lui donnant une identité visuelle unique.
Il faut aussi saluer avec quel talent ils dessinent l'abondant casting de la série (24 rôles listés dans le "who's who" ouvrant l'album) : chaque personnage, même celui qui ne fait qu'une brêve apparition, est dôté d'un physique, d'une allure, immédiatement reconnaissable, dont se dégage une humanité troublante. C'est aussi ainsi que la mort de certains d'entre eux devient un moment fort car le lecteur non seulement sait exactement qui est la victime mais a pu s'attacher à elle et mesure la vulnérabilité de ces "simples mortels" pris dans les conflits entre un justicier déguisé en chauve-souris et des psychopathes aussi excentriques qu'infâmes.
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En se concentrant sur les épisodes de l'équipe formée par Brubaker-Rucka/Lark-Gaudiano, ce recueil softcover conserve sa cohérence esthétique et narrative. Mais surtout il confirme l'exceptionnelle excellence d'une oeuvre à (re)découvrir de toute urgence : oui, Gotham Central est vraiment un "masterwork" !

lundi 8 mars 2010

Critique 136 : AGENTS OF ATLAS, de Jeff Parker et Leonard Kirk


Agents of Atlas est une série limitée publiée en 2006-2007 par Marvel Comics. Le projet a ceci de particulier que le groupe de super-héros qu'il met en scène sont en vérité des personnages apparus dans de vieux comics datant des années 50, à l'époque où Marvel s'appelait encore Atlas Comics. Leurs débuts en tant qu'équipe (quoique dans une composition différente) remontent au numéro 9 de What if... ? (Juin 1978).
C'est à partir de l'idée originellement traitée dans ce fascicule que les actuels Agents of Atlas, ex-Secret Avengers, ont été réinventés par le scénariste Jeff Parker et le dessinateur Leonard Kirk.
Comme d'autres éditeurs, Marvel a donc eu l'idée de réintégrer à sa continuité des héros "au placard" depuis des dizaines d'années (même si on avait pu les revoir entretemps dans Avengers Forever, de Kurt Busiek, Roger Stern et Carlos Pacheco) : ce recueil regroupe les 6 numéros de la mini-série parue fin 2006-début 2007 et ramenant sur le devant de la scène des personnages comme l'espion Jimmy Woo, la déesse Venus, l'atlante Namora, l'extra-terrestre Marvel Boy, l'anthropoïde Gorilla Man et le robot M-11.
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Le récit démarre lorsque Jimmy Woo, un vétéran du SHIELD, lassé d'être cantonné à un travail de bureaucrate, attaque la base secrète d'une mystérieuse organisation avec un commando. Mais l'assaut aboutit à un massacre et le SHIELD récupère son corps gravement brûlé.
Prévenu de la situation, Ken Hale alias Gorilla Man vient au chevet de son ami et mène un raid imprévu pour récupérer le corps de Woo avec la complicité du robot M-11 et de l'alien Marvel Boy alias Bob Grayson.
Woo redevient grâce à une opération miraculeuse le jeune homme qu'il était dans les années 50 et décide de reprendre ses investigations en recomposant son équipe. C'est ainsi qu'il retrouve Venus puis Namora tout en découvrant les succursales, partout dans le monde, et dans des secteurs d'activité les plus variés, de l'organisation qui a tenté de le tuer.
Ce qu'il ignore, c'est son enquête est connue et suivie par son adversaire, qu'un agent double est présent dans le groupe, et que c'est son destin qui va se jouer dans cette partie d'échecs : il s'agit en effet moins d'un ennemi à abattre que d'une surprenante question de succession...
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Le premier atout, le plus immédiat en tout cas, de ce comic-book, ce sont ses dessins : signés Leonard Kirk, ils évoquent indéniablement ceux de Stuart Immonen, par le dynamisme du cadrage, l'expressivité des personnages, et l'efficacité du trait.
Le livre est attirant avec cet esthétisme qui respecte le côté rétro des héros tout en les mettant en scène de manière énergique, tout à fait moderne : Kirk réussit à transformer ce qui aurait pu être un handicap (utiliser des personnages de seconde zone aux looks désuets et décalés) en avantage (leurs apparences sortent du lot et leurs designs finement retravaillés les distinguent à la fois de ceux des icônes "Marveliennes" de l'univers classique ou de leurs versions plus "réalistes" de la gamme "Ultimate").
Leonard Kirk n'est pas un débutant - il a travaillé auparavant chez DC, avec Peter David sur la série Supergirl, ou Geoff Johns sur la JSA - mais son style a une vraie fraicheur et affiche une belle maîtrise comme le prouve sa faculté à représenter un grande variété de décors, d'ambiance et d'émotions.
Il est dommage qu'il ne soit resté que 6 épisodes sur le titre auquel il a donné une identité séduisante, mais plus encore cet artiste mériterait d'être placé sur une série exposée pour être reconnu du plus grand nombre.
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Une fois accroché par l'aspect purement visuel, ce qui finit d'embarquer le lecteur dans cette entreprise, ce sont la force du scénario et l'habilité de son auteur. Jeff Parker a su préserver le meilleur des deux époques réunies pour son intrigue : l'aura "naïve", presque primitive, propre à ses héros (re)surgissant des années 50, sans jamais les traiter comme des pantins dépassés, et un récit à la fois haletant, mystérieux et étonnant, dont les éléments sont parfaitement disposés pour que jamais le lecteur ne décroche.
La dynamique de groupe est en particulier magnifiquement soignée : chaque membre a un fort caractère, et leurs origines, parfaitement intégrés au déroulement de l'histoire, alimente l'ensemble avec une fluidité et un impact exemplaire.
Si brillants que soient de nombreux auteurs actuels, le souci qu'ils ont de donner un certain réalisme (bien qu'il faille employer ce terme avec du recul quand on parle de super-héros) se fait quelquefois au détriment d'un bon emploi de leurs pouvoirs.
Jeff Parker combine avec une facilité dignes des classiques le soin de la caractérisation et une utilisation ingénieuse des pouvoirs de ses Agents, en réservant à chacun son morceau de bravoure. Le cas de Venus est éloquent : capable d'influencer totalement les individus par sa voix et dôté d'un physique à la mesure de la Déesse dont elle a pris le nom, elle pourrait n'êtrre qu'un cliché ambulant. Mais ce personnage a gagné en relief et en ambiguïté, révélés lors d'une scène épique où ses camarades sont affectés par son pouvoir altéré par son état émotionnel.
Des figures aussi éculées et facilement sujettes à la parodie comme le singe intelligent ou l'homme robot profitent également de l'inventivité avec laquelle Parker les réécrit en jouant sur le tempérament "rentre-dedans" de l'un et impénétrable de l'autre.
Autres héros délicats à manier, l'extra-terrestre (en fait originaire de la Terre) comme Bob Grayson ou la princesse atlante Namora se révèlent passionnants : le premier possède une fêlure qui le rend attachant, la seconde une fougue altière digne de son prestigieux cousin (qu'on aimerait revoir aussi bien traité...).
Quant à Jimmy Woo, son déphasage profite pleinement à l'énigme qui sert de colonne vertébrale au récit : une autre idée lumineuse !
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Cet album est idéalement élaboré puisqu'en plus d'un arc complet et auto-suffisant, il contient deux autres parties exemplaires : d'abord, on a droit à une galerie de sketches magnifique, agrémentée de commentaires de l'éditeur et du scénariste (recueillis par http://www.comicbookresources.com/), et ensuite la réédition des épisodes originaux où sont apparus pour la première fois les personnages principaux (datant de 1947 à 1956 avec des dessins, entre autres, de Bill Everett et John Romita Sr), plus le fameux What If #9 de 1978.
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Avec ces postfaces à la fin de chaque épisode, Agents of Atlas ressemble à ce classique incontournable qu'est Watchmen d'Alan Moore et Dave Gibbons : une sacrée référence pour un livre qui s'impose comme un des projets les plus récréatifs de Marvel.

Critique 135 : UMBRELLA ACADEMY 2 - DALLAS, de Gerard Way et Gabriel Bã



Umbrella Academy 2 : Dallas rassemble les six nouveaux épisodes de la série, faisant directement suite à Apocalyse Suite, plus un court récit extrait de Dark Horse Presents 12, tous écrits par Gerard Way et illustrés par Gabriel Bã, publiés en 2008-2009 par Dark Horse.
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Juste après l’Apocalypse avortée de l'orchestre Verdammten, dont Vanya Hargreeves était devenue l'instrument une fois transformée en White Violin, et au cours de laquelle leur mentor Pogo a trouvé la mort, les cinq autres enfants adoptifs du Monocle ont le moral dans les chaussettes.
Rumeur a perdu sa voix, Spaceboy devient obèse avachi devant la télé, Séance tente d'oublier le drame dans diverses frivolités. Mais Kraken, lui, enquête sur les voyages temporels de Numéro 5, traqué par une mystérieuse organisation, la Tempus Aeternalis - dont la mission consiste à "corriger" des "anomalies" historiques...
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Après un premier opus particulièrement réussi et prometteur, récompensé d'un Eisner Award, le retour d'Umbrella Academy était attendu avec un mélange d'excitation et d'appréhension. Ses auteurs allaient-ils transformer l'essai ?
Ne faisons pas durer le suspense et répondons tout de suite affirmativement à cette interrogation, en ajoutant même que ce deuxième tome est peut-être encore plus abouti et délirant que le précédent.
Gerard Way a certes improvisé, avouant dans la postface de l'album n'avoir qu'une vague idée de scénario, mais cela l'a libéré. Sa famille de super héros (7 êtres extraordinaires nés le même jour et pris en charge par un excentrique savant richissime dans le but de sauver le monde) présentée, le chanteur de My Chemical Romance s'est surpassé dans l'extravagance en développant des éléments comme les monstres mécaniques, les extra-terrestres, les voyages dans le temps, et autres créatures et inventions du même acabit.
La folie assumée et totale du récit est irrésistible et le rythme effrénée ne laisse pas le loisir de se questionner sur l'aspect "too much" de l'entreprise. On finit cette lecture avec le même sentiment qu'à la fin du tome 1, en ne sachant pas plus que l'auteur comment, la prochaine fois, il pourra aller encore plus loin, faire si fort. Mais cette incertitude fait partie intégrante du charme foutraque de la série.
Alors que La Suite Apocalyptique reposait sur une alternance de séquences au passé et au présent et sur les retrouvailles du groupe de héros à l'âge adulte, Dallas se concentre davantage sur le personnage énigmatique de Numéro 5 et les conséquences de ses actions sur la véritable Histoire de l'humanité au XXème siècle.
En dévoilant la véritable nature de ce protagoniste au corps d'enfant mais aux capacités de génie et de tueur imbattable, la dynamique de l'équipe est redéfinie : d'abord sous le choc de la perte de leur ami, le singe Pogo, elle se rassemble une nouvelle fois mais traversée par des tensions encore plus vives et transformée physiquement et psychologiquement.
Way maltraite ses créatures de manière si radicale que cela provoque plus le rire que la plainte, comme lorsqu'il fait de l'orgueilleux Spaceboy un dépressif bouffi par la junk-food ou de Séance une espèce de fashionista ahuri. Les blessures qu'il a infligées aux autres académiciens les ont dôtés d'unn caractère encore plus prononcé, comme Rumeur et Kraken dont la curiosité vis-à-vis de N°5 sert de véritable moteur à l'intrigue.
C'est de la caractérisation sauvage, à la hussarde, mixée à un sens de la narration plutôt remuant, mais je défie quiconque de s'ennuyer avec ces procédés !
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Si les expérimentations scénaristiques pourront déconcerter, en revanche, le dessin de Gabriel Bá devrait mettre tout le monde d'accord tant l'artiste argentin s'est une nouvelle fois surpassé.
Grâce un découpage ultra-dynamique et des inventions graphiques à la fois simples et efficaces (comme ce passage au paradis, ou la représentation du Vietnam), il donne une énergie fabuleuse au récit, s'émancipant de ses influences "Mignolesques".
Ce n'est plus une révèlation mais la confirmation d'un des talents les plus singuliers, sans lequel cette BD n'aurait assurèment pas le même charme.
Il faut aussi saluer la contribution de Dave Stewart dont la palette de couleurs vives convient idèalement à ce projet et à la personnalité de ses auteurs.
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Prévue pour former une vaste fresque, Umbrella Academy a encore bien des merveilles et bizarreries à proposer : souhaitons à Way et Bà de rester aussi inspirés après ces deux premiers volets de belle facture.

samedi 6 mars 2010

Critiques 134 : REVUES VF MARS 2010

X-MEN 158 :

- X-Men 512 : Les origines de l'espèce.
Je n'avais pas prévu d'acheter cette revue, n'en étant pas par ailleurs un lecteur régulier. Et puis, après l'avoir feuilleter, j'en ai fait l'acquisition, séduit par ce que j'y avais vu.
En premier lieu : cet épisode "king-size" des X-Men.
Matt Fraction a consacré au Club-X, la formation rassemblée par le Fauve pour remédier à l'extinction des mutants, ce long chapitre après les avoir traité en parallèle de la série régulière depuis quelque temps. Les voilà à pied d'oeuvre après avoir élaboré un plan qui consiste à aller dans le passé pour enquêter sur la naissance de la race mutante moderne. Leur cible est plus précisèment les parents du Dr Nemesis, basés à San Francisco en 1906.
L'attrait initial de cet épisode a été visuel : Yanick Paquette et Karl Story, le duo qui m'avait régalé sur la mini-série Terra Obscura (spin-off du Tom Strong d'Alan Moore), signent presqu'une quarantaine de planches magnifiques, comme les X-Men en mériteraient plus fréquemment (faute de quoi, on a droit à Greg Land, et trop rarement à Terry Dodson...).
La qualité des décors est bluffante, reconstituant le San Francisco du début du XXème siècle avec des éléments empruntés au "steampunk" (cet espèce de "rétro-futurisme" dont La ligue des gentlemen extraordinaires est le plus bel exemple récent).
Mais la beauté des personnages féminins est également toujours au rendez-vous avec Paquette, aussi à l'aise avec son casting masculin (en particulier avec le Fauve, Archangel ou le Dr Takiguchi).
L'encrage est d'un niveau exemplaire, à la mesure de ce qu'on peut attendre de celui qui a travaillé avec Chris Sprouse, et la colorisation de Justin Ponsor est somptueuse.
Narrativement, Fraction, qui a réussi à me faire lâcher Iron Man (bien "aidé" par Salvador Larroca), démontre sa déconcertante faculté à écrire des histoires bien plus inspirées quand il s'occupe des mutants.
La caractérisation des personnages, le rythme du récit, l'humour sous-jacent, évoquent parfois le meilleur d'un Warren Ellis. C'est un vrai régal.
Il faut espérer que l'auteur sera aussi brillant quand il sera aux commandes de Thor (qu'il va reprendre avec Pasqual Ferry - une nouvelle enthousiasmante).
- X-Men Legacy 225 : Le repli.
Le titre animé par Mike Carey m'est vraiment étranger et on l'entame avec méfiance, vu les critiques qu'il a récolté.
Pourtant, même en prenant le train en marche, cet épisode n'est pas déplaisant : on y voit un Charles Xavier, désormais écarté de ses élèves, déjouant avec efficacité la sécurité et les théories d'Exodus et ses Acolytes, engagés dans une croisade pro-mutants.
J'ai apprécié le traitement du Pr X abordé sous son meilleur angle, celui d'un redoutable stratège, capable de trouver la parade face à des adversaires supérieurs en nombre et en puissance. Ce personnage gagnerait à être utilisé plus souvent comme ceci pour avoir une place de premier choix dans le Marvelverse, au-delà de la communauté des mutants (comme Brian Bendis s'en était servi dans ses Illuminati).
Graphiquement, le travail du français Phil Briones est efficace à défaut d'être toujours impeccable : en s'encrant lui-même, son dessin reste inégal mais son découpage nerveux compense. C'est agréable à défaut d'être vraiment très bon ou même beau.
- New Mutants (vol.4) 1 : Le retour de la Légion (1).
Après plusieurs tentatives de relances, l'équipe originale des Nouveaux Mutants créée par Chris Claremont et Bob McLeod, qui fit les beaux jours de Titans (surtout lors d'épisodes mémorables illustrés par Bill Sienkewicz), renaît sous l'impulsion du talenteux Zeb Wells et du prometteur Diogenes Neves.
Il ne s'agit cependant que d'une introduction, à la fois frustrante et excitante, mais la recomposition du groupe est au coeur de l'intrigue puisqu'Ilyana Raspoutine (la soeur de Colossus) réapparaît et que deux autres membres sont portés disparus.
Ce (nouveau) début est réussi : Wells confirme tout le bien qu'a laissé voir sa mini-série Dark Reign : Elektra. Son écriture fluide et soutenue embarque le lecteur sans problème, avec uune équipe dont le rassemblement donne lieu à des scènes courtes mais intenses et énigmatiques, parfois empreintes d'humour. Les dernières pages donnent une irrésistible envie d'en savoir plus (même si je vais certainement attendre un tpb).
Diogenes Neves réalise de forts belles planches : sa manière de croquer les personnages, élégante et expressive, fait penser parfois à Olivier Coipel, et il soigne ses décors. Le découpage est simple, directe, très appréciable.
L'encrage fin de Cam Smith et Ed Tadeo et les couleurs de John Rauch contribuent également à la réussite esthétique de l'épisode.
Bilan : allez-y en confiance, c'est un numéro de belle facture.
MARVEL ICONS 59 :


- Iron Man 13 : Dans la ligne de mire (6).
Feuilleter cet épisode m'a suffi : je n'en peux plus de ces planches mochissimes et je ne compte pas sur un sursaut scénaristique pour rendre l'histoire plus intéressante.

J'ai donc décidé de zappper cette purge. Et donc de la critiquer.

- Les Nouveaux Vengeurs 53 : Bas les masques (3).
Enfin débarrassé de Bachalo, la lecture de nouveau chapitre consacré à la recherche du nouveau Sorcier Suprême est beaucoup plus agréable.

L'équipe arrive à la Nouvelle-Orléans où Madame Masque la reçoit à coups de bazooka. Là où se trouve la méchante au visage de métal, the Hood n'est pas loin : nous l'avions vu surgir chez Daimon Hellstrom, le Fils de Satan à la fin du précédent épisode, et leur affrontement va tenir ses promesses.
Pourtant, l'oeil d'Agamotto semble avoir choisi un autre successeur au Dr Strange...

Ce numéro est très réussi : Brian Bendis imprime un rythme soutenu à l'action et livre quelques dialogues vraiment drôles, où Spidey tient la vedette (un échange savoureux avec Luke Cage après que son épouse ait avoué avoir craqué sur lui au lycée, ou ce passage avec Ms Marvel et Mme Masque menaçant une otage : "Je compte jusqu'à trois. - Moi aussi, je compte jusqu'à trois. - Et si on comptait tous jusqu'à cent ?").
Le rôle de chaque Vengeur est bien défini, avec un Wolverine pressé d'en découdre, Spider-Woman soucieuse d'être efficace, Ronin et Mockingbird forcés de rester en retrait (en attendant de trouver où poser le quinjet), Cage ruant dans les brancards, ou "Bucky Cap" ("Ne m'appelle pas Bucky Cap !" répond-il au tisseur) n'hésitant pas à faire feu.
Cet arc qui a démarré mollement s'emballe de manière prometteuse.

Graphiquement, Billy Tan rend également une très bonne copie, très à l'aise dans les scènes de combat qu'il découpe avec vivacité et lisibilité.
-Captain America (vol. 5) 49 : La fille du temps.
Ed Brubaker prend du champ avec son héros pour s'intéresser à un personnage qui avait un peu disparu : Sharon Carter. Et le scénariste fait de cette parenthèse un fort bon épisode.

Hantée par son implication dans la mort de Steve Rogers, la relation compliquée avec ses parents disparus, et la passé en général, elle découvre surtout qu'elle était enceinte lors de sa captivité et est assaillie par d'inquiètants cauchemars avec Crâne Rouge et Arnim Zola.

Le scénariste excelle à transcrire le malaise qui saisit son héroïne, limitant au strict minimum les apparitions du seul personnage costumé dans son entourage (Sam Wilson, le Faucon). Des scènes courtes mais sutiles donnent au récit un tempo soutenu sans sacrifier la finesse avec laquelle l'ambiance est développée.

Visuellement, Luke Ross fournit de superbes pages - sans doute ses meilleures depuis son arrivée sur la série. L'encrage élégant de Rick Magyar et la colorisation irréprochable de Frank d'Armata confèrent à l'épisode une vraie classe.

- Fantastic Four 566 : Le maître de Fatalis (1).
L'épilogue du dyptique écossais suggérait par une ellipse que l'existence des FF avait connu de violents soubresauts et ce nouvel arc va nous éclairer à leur sujet.

Mark Millar lance, avec son énergie coûtumière, plusieurs pistes intriguantes : un Gardien d'une dimension parallèle est retrouvé sauvagement tué et Red et Jane se penchent sur l'affaire qui a certainement un lien avec l'arrivée en Latvérie des maîtres de Fatalis, le Marquis de la Mort et le Nouvel Apprenti, visiblement mécontent de leur disciple.
Pendant ce temps, Ben Grimm répond impulsivement aux provocations de l'ex-fiancé de sa dulcinée, dont les motifs d'affection semblent soudain plus troubles et fragiles...

Le début de ce nouveau récit est prenant, davantage grâce à la menace redoutable que représentent les maîtres de Fatalis (dont on a eu précédemment un aperçu de la puissance) que, il faut bien le dire, à cause des déboires sentimentaux de la Chose.
Millar met en place un danger suffisamment conséquent pour qu'on s'interroge sur la façon dont nos héros vont y faire face.

C'est l'occasion pour Bryan Hitch de produire des pages, pleines et doubles, impressionnantes, restituant tout à fait l'importance de ce qui va se jouer dans la suite. Le dessinateur a parfois été inégal depuis son arrivée sur le titre mais il retrouve sa pleine (dé)mesure et c'est prometteur.

Bilan des courses : un numéro très recommandable !
WOLVERINE 194 :

- Old Man Logan (Conclusion).
La fin de l'odyssée de Mark Millar et Steve McNiven est enfin publiée en vf, après trois mois d'interruption, dûs aux retards de la série aux Etats-Unis. Mais j'ai envie de dire que ça valait le coup d'attendre car pour ceux qui comme moi ont apprécié les 7 chapitres précédents, ce 8ème remplit son contrat.

Après avoir accompagné Clint Barton à travers une Amérique futuriste dominée par les super-vilains, Logan est revenu précipitamment chez lui pour découvrir que le gang Hulk a exterminé sa famille. Cinquante ans après s'ête juré de ne plus sortir les griffes, Wolverine renaît, résolu à faire payer les assassins de sa femme et enfants.

Millar boucle la boucle en mettant en scène un duel apocalyptique entre deux personnages qui s'étaient déjà rencontrés en se battant. Les énigmes du récit ayant été dévoilées - ce qe transportait Hawkeye, l'identité de son client, pourquoi Logan s'était retiré - , c'est l'heure des réglements de comptes.
Durant 35 pages, le scénariste nous propose un affrontement dément et barbare, sanguinolent à l'extrème, à la croisée des comics super-héroïques, du western, de l'épouvante, mais aussi de la parodie et du grand-guignol.
Si l'on n'accepte pas ces partis-pris, et que plus généralement on est allergique au style outrancier et farceur de Millar, ou qu'on a l'estomac fragile, mieux vaut passer son chemin : cela évitera les lamentations habituelles des détracteurs de l'auteur, se plaignant sans cesse de sa communication tapageuse et de ses histoires bravaches aux dialogues à la fois expéditifs et provocateurs.
En revanche, si l'on a envie d'une virée dans le grand Huit, à la fois absurde, régressif mais assumé, crépusculaire et monstrueusement beau, alors ce Giant-Size Old Man Logan est fait pour vous. Ce sont des pages comme on n'en lit que peu dans une vie de fan de comics, un spectacle ahurissant, qui flirtent avec les limites d'un genre et qui vous laissent un sentiment curieux de sidération et d'incrédulité.

Je ne crois pas, pour ma part, qu'on puisse produire un tel projet, suscitant des réactions aussi épidermiques, et être un scénariste nul, réductible à du tintamarre publicitaire. Millar me fait davantage penser à un gamin facétieux qui torture les jouets d'une grande compagnie et fait tourner en bourrique les geeks.
Par ailleurs, l'homme a montré son goût des extrèmes - et un talent indéniable - comme lorsqu'il signe un récit aux antipodes de ce run sur Wolverine avec 1985.
Concepteur roublard et cynique qui privilégie ce qui lui rapporte (ses creator-owned l'enrichissent plus que ses commandes pour Marvel) ou Dr Jekyll & Mr Hyde aux commandes de son propre univers polychrome ? Millar est peut-être d'abord un agitateur d'idées qui en en dérangeant certains révèle la complexité de son job et de son média.

Il sait aussi s'entourer de fabuleux artistes, qui doivent quand même trouver quelques qualités à ses scripts. Steve McNiven est devenu son partenaire emblématique et avec Old Man Logan, il a franchi un palier dans la virtuosité qu'on n'avait que soupçonner dans l'event Civil War.
Cet ultime épisode de la saga est l'occasion de lire des planches hallucinantes et hallucinées par un dessinateur qui consacre visiblement un temps fou à chaque image : le texte, économe, laisse tout le loisir pour s'attarder de longs moments aux détails incroyables qu'il y met et qui donne à ses cases l'apparence de gravures baroques.
Sans McNiven, cet opéra de feu et de sang n'aurait assurèment pas le même impact - et cela laisse entrevoir de grandes choses pour Nemesis, son prochain projet avec Millar.
L'artiste est méritant mais il est aussi soutenu par des complices fameux, comme Dexter Vines dont l'encrage est prodigieux ou Morry Hollowell dont la colorisation est sublime. Prenez le temps de considérer le tout dernier plan, une splash-page iconique et renversante.

Cela n'engage que moi mais cet Old Man Logan restera comme un grand moment.

- Wolverine : Graves répercussions.
Le magazine se clôt par ce mini-épisode... Qui est aussi dispensable que différent de celui annoncé au sommaire.

Ecrit par un Todd Dezago transparent et mal dessiné par l'ignoble Steve Kurth, on ne voit pas bien à quoi il peut servir sinon à faire que la revue compte bien ses 48 pages. Mais Panini peut nous épargner ce genre de bonus, on ne leur en voudra pas.

Je n'ai pas prévu beaucoup d'achats en kiosque ce mois-ci, mais ce numéro de Wolverine a de quoi combler le manque.