samedi 24 septembre 2022

JANE FOSTER &THE MIGHTY THOR, de Torunn Gronbekk et Michael Dowling

 

Ce pénultième épisode de Jane Foster & the Mighty Thor déçoit un peu. Torunn Gronbekk semble un peu embarrasée au moment de (presque) conclure, comme si elle mesurait la (trop ?) grande ambition de son histoire par rapport au nombre d'épisodes dont elle dispose. Michael Dowling livre de belles planches, mais s'en sort mieux.



Transpercé par deux flèches, Thor gît dans les bras de Jane Foster. Le désespoir l'étreint et autour d'elle, tout la renvoie aux moments douloureux de son passé.


Asgard est à feu et à sang. La cité des dieux subit les assauts des elfes noirs menés par Kurse. Lady Sif perçoit en outre la présence du traître Tyr Odinson et en avise Beta Ray Bill.


Tandis que Jane Foster tente de se ressaisir face aux cauchemars qui l'assaillent, Thor se rétablit. Il la rassure et l'amour qui les unit a raison de l'environnement hostile du royaume des rêves où ils sont.
 

Tyr fait face à Lady Sif et invoque les esprits des morts pour terrasser la résistance asgardienne. Puis il s'avance sur le Bifrost à la rencontre de celui qui a conduit cette bataille et s'en est nourri...

Le rideau va bientôt se baisser sur cette mini-série et comme souvent dans le cas de celles produites par Marvel, on retrouve cette impression de précipitation et de manque d'espace. Contrairement à DC qui s'engage dans des histoires en huit, dix, douze chapitres, même si ce n'est pas toujours un calcul gagnant, mais qui laissent aux auteurs le temps de développer leurs arguments.

L'ambition, ce n'est pas ce qui a manquée à Torunn Gronbekk et on ne peut que la féliciter de ne pas nous avoir servi une intrigue au rabais, juste pour meubler et/ou surfer sur la sortie d'un film (en l'occurrence le très discutable Thor : Love and Thunder). Mais la scénariste aurait certainement préféré avoir plus de temps et donc de lattitude pour écrire ce qu'elle avait à dire.

Comme depuis le début, l'épisode utilise une narration parallèle : d'un côté, la guerre sur Asgard lancée par Kurse, les elfes noirs et Tyr, missionnés par un énigmatique personnage dont on ignore toujours l'identité et le mobile ; de l'autre, les retrouvailles de Jane Foster et Thor.

La bataille sur Asgard est sans doute celle qui souffre le plus du format de cette mini-série. Gronbekk n'a pas eu froid aux yeux en se lançant dans une entreprise pareille parce qu'elle a voulu que cette attaque soit vraiment épique et que Lady Sif, Beta Ray Bill et les Valkyries soient en réelle difficulté face à leurs ennemis. Pourtant, on sent bien qu'en plusieurs occasions, depuis quatre épisodes, la scénariste aurait aimé mettre en scène ce conflit comme une pièce plus importante, en lui accordant plus de pages.

Au lieu de ça, elle doit aller d'un personnage à un autre, d'un duel à un autre : Ruña contre Kurse, Lady Sif contre Tyr, Beta Ray Bill et Tori contre les elfes, et d'autres guerriers emportés par les bombes trous noirs lancés sur la cité céleste. Cela donne l'impression d'assister à une zapping où tout est survolé mais rien n'est creusé. Par exemple, il y a une scène où Tyr invoque l'esprit des morts, parmi lesquels celui qui a maudit jadis les valkyries : à ce moment, Kurse et Ruña s'affrontent sur un bâteau volant et Ruña se jette dans le vide en entraînant avec elle Kurse, autant pour le tuer que pour échapper à l'esprit qui fond sur elle.

Le souci, c'est que cette action spectaculaire et dramatique est noyée dans un ensemble d'autres actions et la dimension sacrificielle du geste de Ruña manque alors d'intensité. Idem quand Lady Sif se jette contre Tyr sans l'affronter vraiment, du couo il a la voie libre pour atteindre le Bifrost où l'attend un personnage important. Quant à Beta Ray Bill, il fait juste de la figuration, ce qui est un comble pour le ministre de la défense d'Asgard.

L'autre partie du récit, avec Jane et Thor, est plus aboutie, simplement parce qu'elle s'éparpille moins. L'environnement du royaume des rêves et la façon dont il éprouve Jane donnent lieu à des scènes poignantes, où Jane revit les moments les plus douloureux de son passé, depuis la mort de sa mère jusqu'au cander qui faillit l'emporter elle-même.

Toutefois, ce qui est étrange dans cette histoire, c'est à quel point Thor en aura été absent. Quand il aura été recherché par Jane jusqu'au moment où elle le retrouve, le Mighty Thor du titre aura été transparent. Sans doute que son heure viendra dans le dernier épisode, mais c'est frustrant car j'avais imaginé quelque chose de plus tendu, axé autour du fait que Jane a été la Puissante Thor un temps et qu'elle semble regretter de ne plus l'être (même si elle a hérité de grands pouvoirs en sa qualité de Valkyrie).

Michael Dowling fait ce qu'il a à faire et ses planches conservent une belle allure. Ce n'est pas un artiste vraiment à l'aise avec l'action, le grand spectacle, son découpage manque cruellement de dynamisme. Mais son dessin est agréable à lire, toujours lisible, avec des compositions très étudiées.

Quand il doit mettre en images la bataille d'Asgard, il fait des efforts louables et là aussi, avec quelques pages supplémentaires, il aurait peut-être pu épater davantage. En tout cas, il y avait du potentiel. Il intègre par ailleurs bien les effets infographiques à ses planches et si son trait à quelque chose d'un peu froid, ce n'est pas trop dérangeant.

Mais on sent bien qu'il préfère les moments plus instropectifs comme en témoignent les pages dans le royaume des rêves. Car Dowling est inspiré par Jane Foster : il a du mal à la représenter diminuée, malade, il lui conserve une beauté même dans ses pires souvenirs, une sorte de noblesse, de dignité. Déjà, quand il dessinait des épisodes de Black Cat (écrits par Jed MacKay), il réussissait très bien à animer les personnages féminins, mieux que les masculins.

Les couleurs de Jesus Arbutov offrent des contrastes soignés, entre le bruit et la fureur asgardiens et la douceur du royaume des rêves. Son travail s'accorde très harmonieusement au trait de Dowling.

On va voir comment tout ça se termine, surtout en prenant en compte le personnage qui apparaît à la toute dernière page, qu'on n'a pas vu depuis longtemps (ce qui singifie peut-être que Marvel a des plans pour lui).

MES PREMIERES FOIS (Saison 2) (Netflix)


Avant de terminer mes critiques comics de cette semaine, faisons une pause pour parler de la saison 2 de Mes Premières Fois que j'ai visionné ces derniers jours (et alors que je suis en train de terminer la saison 3). Disponible sur Netflix depuis 2021, elle compte encore dix épisodes et reste toujours aussi enthousiasmante, grâce à la prodigieuse Maitreyi Ramakrishnan, soutenue par une belle troupe d'acteurs, dont certaines nouvelles têtes.


De retour chez elle après avoir dispersé les cendres de son père, Devi trouve sur le pas de sa porte Paxton avec lequel elle accepte une soirée en tête-à-tête romantique. Devi consulte ses amies Fabiola et Elenaor pour déterminer qui de Ben ou Paxton lui convient le mieux. Mais elle choisit de ne pas choisir et de fréquenter les deux garçons en même temps à leur insu. Kamala intègre l'équipe d'assistants du Dr. Elgin Peters mais elle est cantonnée à des tâches ingrates par Evan, le chef du groupe. En prévision de son départ en Inde, Nalini cède contre une bonne somme sa patientèle au Dr. Jackson avec lequel elle est pourtant en mauvais termes.


Devi prépare sa soirée romantique avec Paxton mais la nouvelle se répand et elle doit modifier ses plans pour organiser une grande fête à laquelle Elenaor invite par accident Ben. La situation dégénère quand Ben et Paxton découvrent le double jeu de Devi et rompent avec elle. Paxton est percuté par un invité en voiture en quittant la maison et, transporté à l'hôpital, il en ressort avec un bras cassé. Nalini arrive en Inde mais ses parents préférent vaquer à leurs occupations mondaines que de la recevoir tandis que sa belle-mère, Nirmala, lui explique qu'elle est désormais trop occidentalisée pour supporter la vie ici.


Suite à sa blessure, Paxton ne peut plus nager avec l'équipe du lycée et voit ses chances d'intégrer une bonne université compromises. Pour se faire pardonner, Devi accepte de l'aider et il en profite pour lui donner à faire ses devoirs. Cependant, pris de remords,  il s'excuse et pardonne à Devi, qui continue à le soutenir pour faire remonter sa moyenne générale.
 

Nalini revient d'Inde avec Nirmala dans ses bagages et annonce à Devi et Kamala que le retour au pays est annulé. Devi, heureuse de ce revirement, n'en profite pas longtemps car une nouvelle élève indienne, Aneesa, intègre sa classe et sympathise avec Ben. Kamala, de son côté, s'épanche sur sa situation au sein de l'équipe d'assistants auprès de Prashant qui lui conseille de faire profil bas.


Rappelée à l'ordre par la principale du lycée, Devi doit faire des efforts en éducation sportive et accepte, à contrecoeur, de partiiciper à une course de cross en relais. Elle fait équipe avec Ben et Aneesa en comptant briser leur couple naissant. Lorsqu'elle les perd de vue, elle lance alors une rumeur comme quoi Aneesa aurait échoué au lycée de Sherman Oaks parce qu'elle souffre d'anorexie. Fabiola, elle, profite de l'occasion pour présenter Eve à sa mère qui les encourage à se présenter comme reines du bal de promo à la fin de l'année.


La principale du lucée est mise au courant par Aneesa de l'ignoble rumeur qui court à son sujet et confie à Devi le soin d'enquêter. Pour ne pas être confondue, elle accable Zoe et Shira, les deux commères, qui sont suspendues. Sans le soutien de Devi, les notes de Paxton baissent à nouveau et il le lui reproche, elle répond séchement qu'elle n'a pas que ça à faire et qu'il doit se prendre en main. Kamala découvre que Evan s'est approprié ses notes pour un article sur le point d'être publié. Comprenant qu'elle a commis deux fautes (en repoussant Paxton et en lançant la rumeur contre Aneesa), Devi se dénonce : elle est exclue pour une semaine. Nalini apprend à sympathiser avec le Dr. Jackson lors du pot de départ en retraite d'une collègue.


Ben s'invite chez Devi, consignée dans sa chambre, ans ordinateur ni portable, par sa mère, pour qu'elle empêche Aneesa de quitter Sherman Oaks. Bien qu'ayant interdiction de quitter sa chambre et de pénétrer dans le lycée, Devi va s'excuser publiquement devant Aneesa, démentant la rumeur qu'elle a lancée. Nalini convainc la mère d'Aneesa de la laisser étudier à Sherman Oaks. Kamala corrige l'article d'Evan en y ajoutant son nom, le menaçant d'une malédiction s'il trouve à y redire. Nalini embrasse le Dr. Jackson après lui avoir confié son désarroi face au comportement incontrôlable de Devi.


Ben et Aneesa reprennent leur relation et Devi s'y résigne. Fabiola découvre que Malcolm trompe Elenaor et tente, avec Devi, de la prévenir, mais sans succès. Devi est raccompagnée chez elle par Paxton et surprend sa mère dans al voiture du Dr. Jackson qui l'a reconduite.


N'admettant pas que sa mère puisse avoir une relation avec un autre homme que feu son père, Devi la suit quand, un soir, elle a rendez-vous avec le Dr. jackson. Mais repérée, elle est ramenée à la maison où Nirmala oblige Nalini et sa fille à parler de la mort de Mohan et de leurs sentiments à ce sujet. Devi en parle ensuite au Dr. Ryan, sa psy, et fond en larmes quand la thérapeute lui explique qu'elle n'a jamais fait vraiment son deuil, préférant multiplier les excentricités plutôt qu'affronter cette perte. Eleanor apprend par texto que Malcolm la quitte, vexé qu'elle ne lui fasse pas confiance. A la nuit tombée, Paxton se glisse dans la chambre de Devi et l'embrasse.


Devi demande à Paxton d'être soncavalier pour le bal de promo mais il refuse car il préfère garder leur liaison secrète. Ben l'apprend et réconforte Devi qui préfère rompre. Eve et Fabiloa son élues reines de la promo. Trent, le meilleur ami de Paxton, invite Elenaor à danser avec lui après qu'elle ait confié à Ben que Devi l'a toujours préféré à Paxton mais qu'elle n'a pas voulu briser son couple avec Aneesa. Kamala fuit el dîner organisé par Nirmala et Nalini auquel sont conviés Prashant et ses parents pour rejoindre le bal de promo où elle sympathise avec Manesh, un des professeurs. Devi quitte la soirée lorsque Paxton y arrive et l'invite finalement à danser.

On ne s'ennuie jamais avec Devi Vishwakumar ! Cette deuxième saison était celle de tous les dangers pour la série qui, après une première salve de dix épisodes jubilatoires, devait faire aussi bien, sinon mieux. Et le défi est relevé avec panache par l'équipe d'auteurs guidée par les producteurs Mandy Kaling et Lang Fisher.

A la fin de la première saison, Devi avait séduit Ben et Paxton, mais sa mère avait annoncé son intention de rentrer avec elle et Kamala en Inde car plus rien ne la retenait en Amérique depuis la mort de son mari, Mohan. Ces deux lignes narratives sont être développées pendant une partie des dix nouveaux épisodes avant que les scénaristes n'établissent un nouveau statu quoi, n'introduisent de nouveaux personnages et ne développent de nouvelles situations explosives.

Bien entendu, le ton est toujours résolument comique mais la série se fait également plus nuancée, voire plus trouble au fur et à mesure des excentricités commises par Devi. Le plus souvent, la nature gaffeuse de la jeune fille emporte l'adhésion et provoque une franche hilarité, jusqu'à ce qu'elle dépasse les limites en se somportant odieusement avec une autre élève.

Dans un premier temps, donc, on rit beaucoup et franchement en suivant une mécanique directement inspirée du vaudeville dans le cadre su lycée de Sherman Oaks. Devi refuse de choisir entre Ben et Paxton, le premier est un partenaire intellectuellement stimulant, tandis que le second a du charme à revendre. C'est en quelque sorte le meilleur des mondes, sauf qu'il ne faut pas qu'ils apprennent qu'ils fréquentent la même fille en même temps.

Les contorsions irrésistibles auxquelles se livre Devi pour dissimuler son double jeu atteignent leur sommet lors de la fête qu'elle doit organiser en catastrophe alors qu'elle avait seulement prévu de dîner en tête-à-tête avec Paxton. Non seulement, elle doit gérer plusieurs dizaines d'invités, tous des lycéens en chaleur, ignorant tout de la situation, mais Ben est accidentellement convié à cette party par Elenaor. Evidemment, l'issue de la soirée est inévitable : Devi est démasquée et ses deux amants rompent sur-le-champ avec elle. Mais, poour ne rien arranger, en quittant la fête, Paxton se fait renverser par une voiture et finit à l'hôpital avec un bras cassé qui va l'empêcher de nager et donc de maintenir sa moyenne générale à un niveau correct.

En parallèle Nalini part en Inde pour préparer son installation. C'est l'occasion de faire connaissance, brièvement, avec ses parents, de riches notables qui préfèrent les mondanités à leur fille, mais aussi et surtout avec Nirmala, la mère de Mohan. Le bilan de ce voyage est sans appel : Nalini ne reçoit aucun soutien de ses parents et sa belle-mère lui fait comprendre qu'elle est trop occidentalisée pour s'habituer à nouveau à la vie ici.

La mère et la fille sont en quelque sorte au même point : toutes deux en situation d'échecs et forcées de réviser leurs plans. Mais si Nalini se reprend vite et invite même Nirmala à s'installer en Amérique chez elle, Devi n'est pas au bout ses peines. En effet, avec l'arrivée de Aneesa, une nouvelle élève dont s'éprend Ben, c'est une nouvelle étape à négocier.

La série bascule dans quelque chose de moins franchement aimable quand Devi lance une rumeur affreuse au sujet de Aneesa. Soudain, notre adolescente si sympathique et drôle dévoile un aspect d'elle-même beaucoup plus sordide et il n'est pas question de lui pardonner. D'ailleurs, elle sera punie à la mesure de sa faute morale en étant exclue du lycée pendant une semaine, mais aussi ignorée par ses meilleurs amies, et assignée à domicile par sa mère.

Dans le petit monde de Devi, les souffrances des autres sont négligées. Ainsi Kamala affronte un assistant sexiste et un prétendant pleutre, qui lui conseille de faire profil bas. Comme notre attention pour Devi a décliné, la série peut consacrer un peu plus de temps aux seconds rôles et ainsi la romance entre Fabiola et Eve s'officialise mais aussi celle, plus ambiguë, entre Eleanor et Malcolm, un ancien enfant star de la télé qui intrègre Sherman Oaks. Nalini aussi n'existe plus seulement en tant que mère : elle se rapproche du Dr. Chris Jackson, un collègue dont elle méprise l'arrogance puis dont elle apprend qu'il a étudié auprès de la même enseignante qu'elle, qui est également père d'un garçon aussi difficile que Devi, et dont le charme opère progressivement.

Tout est alors en place pour la dernière partie de la saison : Devi s'excuse publiquement devant Aneesa, retourne au lycée, convainc sa mère de parler à celle d'Aneesa pour qu'elle ne quitte pas Sherman Oaks. La jeune fille semble avoir mûri après avoir accumulé les gaffes et les dérapages. Elle fend même l'armure devant sa psy au cours d'une scène vraiment émouvante où la thérapeute lui fait comprendre qu'elle préfère afficher une fantaisie de façade plutôt qu'affronter franchement la mort de son père et faire son deuil. C'est la dimension initiatique de la série qui voit une ado insouciante mais mal dans sa peau et fragile dans sa tête devenir progressivement plus sensée, plus responsable, plus adulte.

De fait, la fin de cette saison 2 est moins drôle, elle cherche moins à faire rire, elle calme le jeu et ce n'est pas plus mal. Les personnages et les situations y gagnent en épaisseur, il ne s'agit plus seulement de chroniquer des affaires de coeur et de distraire le spectateur, mais de mettre en scène cette période délicate où on quitte l'enfance sans être encore un adulte. Ben devient moins insupportablement arrogant, Paxton autre chose qu'un simple beau gosse fantasmé mais sans substance, Eleanor est moins farfelue, Fabiola s'assume, et la petite nouvelle, Aneesa, est désormais là pour durer.

Si la relation entre Nalini et Chris Jackson reste en suspens au terme des dix épisodes, Kamala en revanche se dirige droit vers une troisième saison beaucoup plus compliquée. Et on verra que le couple Paxton-Devi n'est pas à l'abri de tempêtes futures.

La distribution est toujours aussi excellente et, comme j'ai pu le vérifier en consultant des interviews collectives du casting dans des vidéos du YouTube, on voit que ces jeunes acteurs ressemblent beaucoup à leurs personnages. On notera évidemment l'arrivée très intéressante de Megan Suri dans le rôle de Aneesa, et de Common  dans celui du Dr. Jackson. Poorna Jagannathan dans celui de Nalini gagne en nuances. Et bien entendu Maitreyi Ramakrishnan emporte toute sur son passage : non seulement elle a un talent comique ébouriffant, mais aussi de plus de charme et de finesse. C'est de l'or en barre, cette jeune fille !

Cette deuxième saison relance les dés efficacement et je peux déjà dire que la suivante poursuit sur cette très bonne lancée. Il faut en profiter puisque, c'est confirmé, la série prendra fin avec une quatrième salve de dix épisodes (certainement diffusée en 2023).

vendredi 23 septembre 2022

X-TERMINATORS #1, de Leah Williams et Carlos Gomez


X-Terminators a tout du plaisir coupable, mais c'était l'intention de Leah Williams qui a même été poussée à se lâcher par le staff éditorial de la franchise X. Le choix de Carlos Gomez pour dessiner cette mini-série en cinq épisodes va dans le même sens en résumant l'idée : de jolies filles, de l'action, pas de prise de tête.


Dazzler rompt avec son dernier boyfriend, Alex, après avoir découvert son infidélité. Pour oublier cette mauvaise passe, elle invite des amies mutantes à se soûler en ville.


Jubilé emmène Boom-Boom chez Mr. B's et les trois filles commandent des boissons puis vont se défouler sur la piste de danse. Mais Tabitha Smith tombe subitement malade.


Alex réapparaît et Dazzler comprend qu'il les a droguées avec la complicité de la barmaid. Accompagnés de sa bande de vampires, l'amant éconduit engage le combat.


Les trois filles, séparées,  se réveillent dans un labyrinthe, confrontées à diverses menaces. Elles se réunissent et entreprennent de fuir lorsqu'elles croisent une quatrième mutante de le connaissance...

Dans une interview récente, Leah Williams racontait la genèse de X-Terminators : on pouvait ainsi apprendre la liberté étonnante qu'on lui avait laissée pour développer cette mini-série en cinq épisodes. La scénariste voulait se défouler, lâcher les chevaux, écrire sur des mutantes, employer des gros mots et oser plonger dans le gore.

Et c'est exactement ce qu'on a dans ce premier épisode qui commence par un flashback : Alison Blaire vient de découvrir que son boyfriend l'a trompé et le fiche à la porte. Désireuse de tourner rapidement la page, elle invite en ville des copines mutantes pour se prendre une cuite.

A partir de là, évidemment, tout va dégénèrer. C'est convenu, certes, mais il n'empêche, qu'est-ce que c'est bon ! X-Terminators ne prétend pas réinventer la roue et sans doute certains elcteurs ne trouveront ça pas drôle ni intéressant. Mais j'ai beaucoup aimé car on sent l'amusement des auteurs et ce n'est pas bâclé pour autant.

C'est un équilibre délicat à trouver : écrire une histoire pour s'éclater, sans complexe ni prétention, sans raconter n'importe quoi et surtout sans le faire n'importe comment. Leah Williams est une scénariste qui souffle le chaud et le froid : je connais peur son oeuvre mais j'avais aimé son chapitre de l'anthologie X-Men : Black, avec une histoire sur Emma Frost (dessinée par Chris Bachalo). En revanche, Trial of Magneto m'était tombé des mains.

La contrainte d'un tel projet, c'est de susciter la curiosité des lecteurs avec des personnages féminins d'une part et des mutantes peu ou pas utilisées. Leah Williams n'a donc pas accès à des X-girls populaires, comme Malicia, Tornade, Jean Grey, Emma Frost, Kitty Pryde. Mais elle réussit à faire de ce handicap un atout car, sans vedettes, elle peut inventer une intrigue plus folle, plus débridée, plus imprévisible.

En même temps, elle n'est pas réduite à un casting de troisième zone : ses X-Terminators sont des héroïnes cultes. On a donc Dazzler (qui reste dans les coeurs de tous ceux qui ont commencé à lire du X-Men du temps de Claremont et Byrne), mais aussi Jubilé (pour ceux qui adorent la période Claremont et Jim Lee) et Boom-Boom (pour ceux qui sont nostalgiques des débuts de X-Force ou de Nextwave). A la fin une quatrième mutante vient se greffer à l'affaire - et Marvel, comme souvent, se spoile tout seul en l'intégrant à la couverture (il s'agit donc de Laura Kinney/Wolverine).

Le prétexte à cette réunion est facile et l'ennemi est tout sauf original. Mais Leah Williams s'en moque doublement, d'abord parce que c'est pour amorcer son histoire et ensuite ça lui permet d'ironiser sur la période vampire de Jubilé (qui a été abondamment raillée par les fans). Une fois passée cette introduction (un peu longue, mais l'épisode est aussi plus consistant, avec sa trentaine de pages), la suite se déroule pied au plancher.

Carlos Gomez a été choisi pour illustrer cette aventure, et c'est tout sauf un hasard : on peut comparer cet artiste à Terry Dodson (mais sans une épouse qui l'encrerait mal), pour son goût assumé pour les jolies femmes aux courbes pulpeuses. Récemment, il a brillé sur une autre mini-série (America Chavez : Made in the U.S.A.), il travaille vite et bien, influencé manifestement par Stuart Immonen.

Pour Gomez, le défi était de donner ce qu'on attend de lui (du "good babe art" en somme et une narration graphique énergique), mais avec une touche de gore. Car Dazzler, Jubilé et Boom-Boom se défendent méchamment dans cette histoire. Leurs adversaires sont des monstres et des vampires sacrifiables à l'envi, et le scénario ne fait pas dans la dentelle pour les expédier ad patres.

C'est l'aspect plaisir coupable de X-Terminators : voir trois jolies filles démonter des créatures moches et belliqueuses dans de grosses gerbes d'hémoglobine. Il y a un côté série B, limite Z, qui s'avère très jouissif car c'est superbement dessiné et écrit avec une belle vigueur. Le féminisme du projet n'est pas ici exprimé de manière lourdement militante, mais avec du fun, comme s'il fallait mieux en rire et se revendiquer d'un girl power rigolard. 

J'ai pris un énorme plaisir à cette lecture et tout ce que j'espère, c'est que ça va continuer sur cette lancée. Les héroïnes ont des interactions savoureuses et avec le renfort de Wolverine, ça peut être encore plus épicé. Quant à Carlos Gomez, si après ça, il n'hérite pas d'une série régulière (et ma foi, ce serait très cool que Marvel et Leah Williams fasse de X-Terminators une ongoing), ce serait diablement frustrant.

BATMAN - SUPERMAN : WORLD'S FINEST #7, de Mark Waid et Dan Mora


Quel bonheur de retrouver chaque mois cette série ! Mark Waid et Dan Mora (de retour après sa courte absence le mois dernier) reviennent avec un nouvel arc déjà jubilatoire : comme l'indique la couverture, on fait ici connaissance avec un personnage inédit, dont le parcours évoque fortement celui de Superman. C'est beau, malin et jouissif.


David Sikela vit sur une planète condamnée et ses parents le placent dans une capsule pour le sauver. Projeté dans l'espace, il assiste à la fin de son monde et traverse le multivers.
 

David atterrit sur notre Terre et Batman, Robin et Superman se rendent sur le lieu du crash. Mais le garçon manifeste des pouvoirs dangereux, réveillés par le stress. Superman l'apaise.


Après quelques examens à Kandor, David Sikela rejoint Gotham où Batman a trouvé les Sikela de notre Terre. Mais ils ont perdu leur fils quand il était encore enfant. David est affligé.


Superman est prêt à prendre David sous son aîle mais Robin a une meilleure idée et l'emmène voir des amis de leur âge qui pourront le soutenir dans l'épreuve qu'il traverse...

Comment Mark Waid fait-il ? Avec lui, tout sonne si juste, c'est un petit miracle, et le début de cette nouvelle histoire vient à nouveau le prouver. Un nouvel arc débute pour Batman -Superman : World's Finest où il est question d'une intrigue qui renvoie aux origines du man of steel.

La couverture nous présente the Boy Thunder, un personnage inédit, et comme l'action de la série se situe dans le passé (puisque Dick Grayson est encore Robin), c'est une petite retcon. Mark Waid, qui, autrefois, réécrivit (comme d'autres avant et après lui) le passé de Superman (dans Birthright, dessiné par Leinil Yu), s'amuse ici à imaginer ce qui arriverait si un adolescent débarquait sur Terre dans les mêmes conditions que celles de Kal-el.

David Sikela provient d'une Terre parallèle qui a explosé, mais ses parents ont réussi à lui épargner cette fin tragique en l'expédiant dans une capsule spatiale. Différence notable : le garçon n'a pas pas fait que traverser l'espace, il a parcouru le multivers et fini par atterrir sur notre Terre (la Terre-0). Jusqu'à présent, ce genre de périple était en quelque sorte la spécialité des speedsters, comme Flash.

De manière identique, David développe des pouvoirs considérables très rapidement et Superman l'emmène dans la cité miniaturisée de Kandor pour qu'il passe quelques examens. On fournit au jeune homme un costume permettant de contenir ses capacités. Pendant ce temps Batman mène son enquête et fait une découverte déchirante pour David...

A ce stade, évidemment, impossible de savoir où Mark waid va nous mener. Toutes les hypothèses sont possibles : David peut devenir un héros ou un méchant en fonction de sa capacité de résilience ? Plus globalement, Waid va-t-il chercher à l'installer dans la continuité en procédant à une retcon officielle (un oprocédé qui n'aurait rien d'exceptionnel dans l'écriture du DCU) ? Ou bien ce nouvel arc narratif aboutira-t-il à un simple passage de ce personnage dans le passé dans lequel se situe la série, tout en restant un souvenir marquant pour les protagonistes ?

Ce qui est sûr, c'est que Waid réussit un épisode dense et mené sur un rythme très soutenu. les émotions se succèdent à toute allure sans pourtant qu'on ait le sentiment que ça aille trop vite. Les parallèles dressés entre Superman et David sont habilement mis en scène, et si Batman apparaît un peu en retrait, son rôle reste déterminant. Surtout Robin devient bel et bien le troisième membre de World's Finest, et l'apparition finale des Teen Titans (dans leur formation originelle, des années 60, avec Aqualad, Kid Flash, Speedy et Wonder Girl) joue à fond sur l'effet madeleine de Proust (comme c'était le cas dans la mni-série Robin & Batman de Jeff Lemire et Dustin Nguyen, sortie il y a quelques mois sur le DC Black Label).

Après son absence le mois dernier, Dan Mora revient pour notre plus grand ravissement (bien que Travis Moore ait fait office d'intérimaire de luxe). L'artiste va bientôt pouvoir se consacrer pleinement au titre puisque son autre série (Once & Future, écrite par Kieron Gillen, chez Boom ! Studios) touche à sa fin).

Encore une fois, on ne peut qu'admirer l'énergie du dessin de Mora, alors qu'il abat quarante planches mensuelles. C'est impressionnant. Mais on sent surtout qu'il trouve son inspiration dans l'amour qu'il porte à ces personnages et à la série elle-même. Et ça, àa transpire à chaque page, où rien n'est bâclé.

Comme Waid, Mora semble avoir à coeur de mettre en scène un Superman qui soit convaincant, séduisant. On prétend souvent que le man of steel est démodé - d'ailleurs, c'est cet argument qui est fréquemment exprimé par Warner Bros. pour justifier que le krytonien n'ait plus de film programmé (et donc que Henry Cavill ne revienne pas).

Mais le miracle que réalisent Waid et Mora, c'est de ne jamais considérer Superman comme un personnage sacré, ce qui est le meilleur moyen pour effectivement le pétrifier. Au contraire, il est expressif, le parfait contrepoint d'un Batman ombrageux, cérébral. Superman, c'est le coeur, la lumière, et si tous les scénaristes qui l'animent le comprenaient ainsi, tous les lecteurs verraient à quel point Superman est intemporel, à quel point il fonctionne aussi bien aujourd'hui que jadis. Il ne faut pas traiter Kal-el comme une statue du commandeur, mais comme un héros certes puissant mais aussi plus qu'humain - ce qui ne signifie pas surhumain, au-dessus des humains, mais intégré aux humains, désormais plus humain que kryptonien.

C'est ce Superman qu'on voit là, et l'effet est souligné par la présence de David Sikela, qui montre vraiment à quel point Superman est un être compassionnel, touchant, et pas une sorte de demi-dieu, un übermensch. Un traitement si juste d'un personnage est la preuve qu'il est entre les meilleurs mains.

Si certains comics s'épuisent vite, à cause d'histoires peu inspirées, de personnages mal animés, d'egos d'auteurs encombrants, Batman - Superman : World's Finest donne à voir combien Mark Waid et Dan Mora sont des auteurs-artistes intelligents et talentueux, d'abord soucier de bien faire, ce qui reste encore le meilleur moyen de produire des comics plaisants pour le plus grand nombre.

jeudi 22 septembre 2022

A.X.E. : JUDGMENT DAY #5, de Kieron Gillen et Valerio Schiti


Le troisième et dernier acte de A.X.E. : Judgment Day débute avec ce cinquième épisode de l'event écrit par Kieron Gillen et dessiné par Valerio Schiti. La Terre vient d'être condamnée par le Céleste et rien ne semble plus pouvoir empêcher ce sort funeste. De fait si le scénario passe par des figures imposées, la fin de cette saga demeure imprévisible.
 

La sentence du Progéniteur est tombée : la Terre va disparaître. Téléporté devant le géant par Diablo, Captain America le défie une dernière fois et se fait réduire en cendres.


La mort de Captain America motive les héros - X-Men, Avengers, Eternels - à livrer un assaut de la dernière chance. En pure perte : le Céleste repousse l'attaque sans pitié.


Puis il s'en prend à la planète dont il rase les villes, les pays, les continents. Puis il concentre ses efforts pour atteindre la Machine Erernelle, son dernier système de défense.


Pourtant, une poche de résistance a échappé à sa colère et grâce aux Cinq de Krakoa, un groupe de héros est ressucité pour infiltrer le Céleste afin de le détruire de l'intérieur...

Passées les premières pages qui semblent bizarrement décalées dans la chronologie du récit (puisque l'épisode précédent se terminait sur l'apocalypse et qu'on débute cet épisode dans une sorte de relatif répit), Kieron Gillen inflige plusieurs électrochocs au lecteur.

Jusqu'à présent relativement discret dans A.X.E. : Judgment Day, les Avengers et surtout Captain America vont jouer un rôle plus consistant. Steve Rogers, pourtant déjà jugé indigne par le Progéniteur, part le défier une nouvelle fois, dans un discours dont il a le secret, conclu par une formule qui donne toujours le frisson. Aussitôt après, le Céleste pulvérise le héros et Daiblo, qui l'avait transporté là.

Sur Krakoa, les Eternels, les Avengers et les X-Men réfléchissent à un plan pour éliminer le Céleste et s'accordent pour lancer un assaut groupé, comptant sur la réunion de leurs forces pour terrasser cet adversaire hors du commun. Il y a du lours dans les trois équipes si on s'en tient à Thor, Phénix (Echo), Jean Gery, Starbrand, etc. D'autres personnages se joignent à cette super team, de façon assez dérisoire (Spider-Man, Moon Knight - on sent bien à ce moment-là que Gillen a reçu des consignes éditoriales pour placer ces personnages). Les Fantastic Four font même une apparition éclair, ils resteront les grands oubliés d'une histoire dans laquelle ils auraient eu toute leur place (mais comme ils étaient moins en retrait dans Empyre, sans doute a-t-on jugé chez Marvel qu'il y avait déjà assez de monde à s'occuper).

Peeut-être plus encore que la mort expéditive de Captain America, ce qui va surprendre, c'est à quel point Gillen ne fait pas de quartier. Il rappelle, ce faisant, que les Célestes sont bien les créatures de l'univers Marvel les plus puissantes, plus puissantes même que Galactus ou Odin. Le scénariste insiste là-dessus en consacrant plusieurs pages à la défaite des héros, à l'inéluctabilité de cette débâcle. Tout était joué et perdu d'avance. Même tous ensemble, les héros n'avaient aucune chance.

Les planches de Valerio Schiti appuient ce propos sans que le doute soit permis. Si l'artiste italien, toujours dans une forme tonitruante, nous gratifie de deux somptueuses spalsh-pages, avec le passage obligé de celle où une masse impressionnante de personnages s'élancent comme un seul homme dans la bataille. Si c'est une sorte de figure imposée par le genre même des events, il n'en reste pas moins que Schiti passe l'épreuve avec succès, l'image est vraiment spectaculaire, bien composée, et il s'en dégage un véritable héroïsme, une dimension épique jubilatoire.

Ensuite, vient l'attaque proprement dîte et là encore Schiti donne tout ce qu'il a : la puissance dégagée par les coups portés, les répliques du Céleste, l'impact de ces échanges, tout est vraiment énorme. Mais très vite on sent que c'est en pure perte, l'ennemi est trop énorme, trop fort, trop impitoyable. Les héros décédent dans des circonstances étonnament violentes et sadiques, car le Progéniteur veut, comme tout dieu, appliquer sa sentence avec créativité. On voit par exemple la tête de Cyclope exploser littéralement, Captain Marvel s'éteindre frappée apr un cancer fulgurant, Jean Grey, Phénix, Starbrand être pulvérisées.

Marte Gracia use de couleurs vives, avec des rouges, des oranges, pour suggérer le feu apocalyptique déployé par le Céleste. C'est encore plus impressionnant quand le géant incendie Krakoa, des villes entières, rien n'échappe à son regard terrible (pas même uen fusée qui tente de quitter la Terre et qu'il fait exploser d'un regard).

La radicalité de ces pages détonent car elle nous fait croire à la fin du monde. Le nombre de victimes est impressionnant, mais ce qui l'est encore plus, c'est sans doute la rapidité avec laquelle le Céleste réussit à tuer tout ce monde, sans avoir l'air de produire une véritable effort. Dans Uncanny Avengers, Rick Remender avait tenté quelque chose de similaire mais des personnages comme Malicia (ayant absorbé les pouvoirs de tous les héros) et Sentry réussissaient à repousser un céleste, trucidé ensuite par Thor, Havok et Sunfire, puis siphonné par Kang. Gillen, lui, avec Schiti, a voulu montrer que ce n'était pas possible et l'Ancêtre est instoppable.

Est-ce donc vraiment fini ? Il reste encore une épisode et on imagine mal la Terre disparaître complètement. Forcément il y a un loup, une ruse, une dernière carte à jouer. Au début de l'épisode, lorsque X-Men, Avengers, Eternels discutent stratégie à Krakoa, leur plan est soumis à Destinée qui estime qu'il n'y a qu'une chance pour que leur riposte réussisse. On découvre comment à la toute fin.

Là, Gillen va sûrement diviser et susciter des débats enflammés parmi les lecteurs car d'une part il établit une poche de résistance qui a miraculeusement échappé à vigilance du Céleste (un peu facile, mais bon, passons) et, d'autre part, il permet aux Cinq de Krakoa de ressuciter quelques personnages pour une opération très risquée mais décisive. Hormis le fait que les ressucités ne satisferont pas tout le monde (et là encore on peut supposer que le scénariste n'a peut-être pas eu complètement le choix), c'est surtout le fait que les Cinq ramènent à la vie des non-mutants qui interroge - d'abord parce que ça contrevient aux lois mutantes, et qu'ensuite il y aura forcément des conséquences post-Judgment Day (ou s'il n'y en a pas, ce serait très maladroit).

Quoiqu'il en soit, Gillen et Schiti proposent un épisode étonnant, polémique, radical - de quoi offrir un sixième et dernier épisode très prometteur et un après event qui risque d'ébranler vraiment beaucoup plus que le sort des mutants. Rendez-vous le 26 Octobre pour la conclusion de cet event qui n'aura vraiment pas été comme les autres.